LE VERDICT EST TOMBÉ : LE PAPE ACCEPTE DE DÉMETTRE L’ARCHEVÊQUE DE PARIS DE SA CHARGE ÉPISCOPALE

L'achevêque de Paris, Michel Aupetit

Il n’a fallu que huit jours depuis la parution le 25 novembre de l’article accusatoire du Point, pour que l’on en arrive à l’acceptation par le pape, le 2 décembre, de la démission de l’archevêque de Paris ! Face à un tel séisme, le peuple chrétien, déjà sous le coup du rapport Sauvé, doit chercher à comprendre. Sans se laisser impressionner par le manteau de la honte dont on veut couvrir l’Église…

C’est ce jeudi à midi que l’on a su la nouvelle, un semaine après que Mgr Michel Aupetit, ayant pris connaissance de l’article publié dans Le Point du 25 novembre, remettait sa charge épiscopale entre les mains du pape François. L’acte était parfait. Puisque c’est le pape qui nomme les évêques là où s’exercera leur pouvoir épiscopal de sanctifier, gouverner et enseigner cette partie du peuple de Dieu qu’est un diocèse, c’est à lui de juger et de démettre celui qui en est le titulaire. Il est le seul à déterminer la pertinence de son acte. Le peuple de Dieu n’a rien à dire !

LE PEUPLE CHRÉTIEN DOIT CHERCHER À COMPRENDRE

Rien à dire ne signifie pas ne rien comprendre. Pour le peuple chrétien de France, l’autorité morale de l’archevêque de Paris est plus forte que le périmètre de son autorité juridique. Si ce peuple n’a rien à dire, cela ne signifie pas qu’il ne doit rien comprendre. Du côté de Mgr Aupetit, il ne s’agit pas d’une décision émotionnelle. Préoccupé avant tout d’assurer, du mieux qu’il le pouvait, sa charge épiscopale que, de droit, il avait reçue du Christ lui-même par l’autorité du Pontife suprême, il a pris conseil auprès du cardinal Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, et de Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique en France. Les deux prélats lui auraient conseillé de remettre sa charge, afin d’éviter une plus grande division dans le peuple chrétien.


Si le peuple chrétien de France n’a rien à dire, cela ne signifie pas qu’il ne doit rien comprendre.


Mgr Aupetit le dit très bien dans sa lettre qui commente la décision du pape. Cette lettre est un modèle d’humilité, de grandeur et de sens ecclésial. Faisant allusion à cette histoire de relation ambiguë avec une femme, il ajoute : ce n’est pas pour ce j’ai fait ou n’ai pas fait, avant de recevoir la charge du diocèse de Paris, que je remets ma charge au pape – si cela était, j’aurais démissionné bien avant – mais pour le bien du diocèse. Le pape François a donc pris rapidement sa décision, afin d’éviter une plus grande division chez les catholiques de France !

Rien à dire, rien à comprendre exige-t-il de ne pas ouvrir la bouche ? Le peuple de France a-t-il quand même le droit de dire sa tristesse ou sa souffrance ? L’archevêque est condamné pour sa brutalité et son absence d’écoute, qui se seraient manifestées, entre autres, dans l’affaire du collège Saint-Jean-de-Passy et surtout dans l’affaire de la paroisse Saint-Merry. Mais était-ce la décision de l’archevêque d’envoyer les huissiers, en plein congé scolaire, au directeur de Saint-Jean-de-Passy, pour lui annoncer son congédiement comme directeur de l’établissement ? Cette décision, l’archevêque ne l’a connue que la veille au soir de son exécution. Est-ce une faute grave de la part de Mgr Aupetit de fermer le Centre pastoral de Saint-Merry, qui semblait avoir adopté le style de son premier curé, Daniel Duigou, célèbre pour ses fantaisies liturgiques et ses théories morales radicalement contraires à l’enseignement de l’Église ? Il prétendait aider les «pauvres», les divorcés remariés, les homosexuels, les adeptes du LGBT, non pour leur permettre de trouver une voie de vérité, mais pour les conforter dans leur comportement ! Mgr Aupetit a-t-il été insensible à la charité apostolique du cardinal Marty, fondateur de la paroisse et de son centre pastoral, en la confiant à l’œuvre de Sant’Egidio, dont on sait le charisme d’assistance aux pauvres ? A-t-il fait une faute, alors que les deux curés précédents avaient été contraints de démissionner, incapables de continuer à recevoir les insultes et les sarcasmes venus des directeurs de ce centre ?

Mais il y a l’histoire de cette femme qui porte le scandale et qu’une certaine presse ressort, trop heureuse de donner un peu de sexe en pâture à ses lecteurs. Alors qu’il était vicaire général à Paris, Mgr Aupetit aurait fait une erreur de distribution de courrier à sa secrétaire, lui donnant une lettre à envoyer, sans se rendre compte que ce qu’il donnait était écrit pour la femme avec laquelle il aurait eu des relations «intimes et ambiguës». Cela passe comme du caramel sur une tartine. Quelle secrétaire avait donc Michel Aupetit, qui n’aurait pas fait connaître à son patron direct cette erreur ? Comment aurait-elle gardé cette lettre et l’aurait-elle remise à un membre plus élevé de sa hiérarchie ? Et le vicaire général ne s’en serait pas aperçu ? Si cette secrétaire a vraiment fait cela, elle a trahi son chef immédiat ! Et la chose n’aurait été connue qu’en 2020, alors que l’accident de distribution daterait de 2012 ? Il y a un certain nombre d’invraisemblances dans cette histoire !

Mgr Aupetit a répondu discrètement. Sans nier l’existence d’une femme qui, à un moment donné, est intervenue dans sa vie, il semble nous laisser entendre que cette dernière a tenté de prendre trop d’importance. Ce qui est bien loin d’être rare. Il n’y a pas que les prêtres «célibataires» qui abusent des femmes consentantes. Il y a aussi – et ô combien ! – des femmes qui harcèlent les prêtres. S’il y avait eu relations sexuelles clandestines, le prêtre en aurait-il d’abord parlé à son chef hiérarchique et non à son confesseur ? Mgr Aupetit nie complètement toute relation d’intimité sexuelle. Pourquoi ne pas l’entendre et se délecter de cette petite histoire grasse qui salit l’archevêque et renforce le parti pris médiatique contre lui ?

POURQUOI CETTE DÉCISION ET SON ACCEPTATION SI RAPIDE ?

Devant cette connaissance partielle des faits, peut-être avons-nous le droit de poser des questions… Pourquoi cette décision ? Pourquoi cette rapidité à l’accepter ? Nous n’aurons jamais la réponse. Mgr Aupetit la connaît, mais elle restera dans son cœur et son intelligence jusqu’à sa mort. Il n’ouvrira pas son cœur, il taira sa souffrance, parce qu’il est un vrai serviteur de l’Église. Il est d’abord un serviteur du Christ, un Christ qui se tait («Jesus tacebat» Mc 14, 61-64 ; Mt 26, 63) devant le Sanhédrin. Il parle devant Pilate, qui n’écoute rien et sort du tribunal. Il ne saura jamais la vérité et il condamne dans les ténèbres, enfermé dans sa peur.


Monseigneur Aupetit n’ouvrira pas son cœur, il taira sa souffrance, parce qu’il est un vrai serviteur de l’Église.


L’Église de France aurait-elle peur, puisque c’est face à elle que se tait l’archevêque, maintenant émérite, du diocèse de Paris ? Elle n’a pas peur des faits ! Le Rapport Sauvé est bien là pour prouver que l’Église n’a pas peur des faits, ni même de la «vérité» des faits, puisqu’elle accuse à grand renfort de raisonnements, disant que c’est son propre gouvernement systémique qui est la cause des abus sexuels !

De quoi aurait-elle peur ? Peut-être d’elle-même ? Aurait-elle peur de rendre un témoignage à la vérité en disant ce qu’elle est, c’est-à-dire une, sainte, catholique. Aurait-elle une certaine gêne de dire qu’il n’y a pas que des prêtres pédophiles en elle, qu’il y a une très grande partie des prêtres qui sont fidèles à leur sacerdoce ? Serait-elle gênée d’affirmer haut et fort qu’elle est voulue par le Christ pour le salut des âmes ? Craindrait-elle de secouer le manteau de la honte dont on veut la couvrir ?. Le peuple chrétien, lui, attend, il attend qu’elle parle ! Et qu’elle parle d’elle-même !

On peut se rappeler ce mot de Mgr Aupetit, prononcé lorsqu’il était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC-BFMTV le mardi 15 juin 2021 à 11:27 : «Si nous étions sûrs de notre culture et de notre religion, nous n’aurions pas peur». Mgr Aupetit est un homme qui n’a pas peur ! Peut-être faisait-il peur à ceux qui n’aiment pas être tirés de leur peur. Qui osera dire que cet article du Point est une grave injustice ?

Aline Lizotte

Photo : Guillaume Poli / CIRIC

Source: SMART READING PRESS, le 3 décembre 2021

« Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris », le message de Mgr Aupetit

Capture d’écran YouTube / Diocèse de Paris

« Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris », le message de Mgr Aupetit

Alors que le pape François a accepté la démission Mgr Michel Aupetit ce jeudi 2 décembre, l’archevêque de Paris a adressé un message aux fidèles de son diocèse.

Le pape François a accepté la démission de Mgr Michel Aupetit ce jeudi 2 décembre. L’archevêque de Paris avait remis sa charge « entre les mains du Saint-Père » la semaine dernière après des révélations parues dans la presse sur sa gouvernance et sa vie privée. Mgr Georges Pontier, archevêque émérite de Marseille, est nommé administrateur apostolique de Paris. Voici le message adressé par écrit et en vidéo par Mgr Aupetit aux fidèles de son diocèse après avoir pris connaissance de la décision du souverain pontife.

« Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris.

Que le Nom du Seigneur soit béni ! »

Cette phrase de Job m’habite, au moment où je reçois cette acceptation de la remise de ma charge de la part du Saint Père. Les événements douloureux de la semaine passée, sur lesquels je me suis déjà exprimé, m’avaient amené à remettre ma mission dans les mains du Pape François pour préserver le diocèse de la division que provoquent toujours la suspicion et la perte de confiance.

J’ai reçu cette lourde charge du diocèse de Paris en essayant de m’en acquitter avec ferveur et dévouement. Je rends grâce à Dieu, qui m’a fait depuis toujours le don d’un regard bienveillant sur mes semblables et d’amour des personnes, qui m’avait conduit dans un premier temps à l’exercice de la médecine. Prendre soin est quelque chose de profondément ancré en moi et les difficultés relationnelles entre les hommes ne l’entament pas.

Je suis heureux d’avoir servi ce diocèse avec des équipes magnifiques, clercs, laïcs, consacrés, totalement dévoués au service du Christ, de l’Église et de leurs frères. Il y a trop de personnes à remercier pour que j’en fasse une liste exhaustive.

Le jour de mon entrée au séminaire, j’ignorais totalement où cela allait m’entraîner, mais la confiance en Jésus-Christ qui m’habitait alors, continue de me rendre totalement disponible, pour le suivre où il voudra.

J’ai, bien sûr, été fortement troublé par les attaques dont j’ai été l’objet. Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu d’avoir le cœur profondément en paix. Je remercie les très nombreuses personnes qui m’ont manifesté leur confiance et leur affection depuis ces huit jours. Je prie pour ceux qui, peut-être, m’ont souhaité du mal comme le Christ nous a appris à le faire, lui qui nous aide bien au-delà de nos pauvres forces. Je demande pardon à ceux que j’aurais pu blesser et vous assure tous de mon amitié profonde et de ma prière, qui vous seront toujours acquises.

Le diocèse de Paris est habité d’un profond dynamisme. Il est en route pour une nouvelle façon de vivre la fraternité à partir de notre baptême commun, dans une synodalité sans posture entre les différents états de vie. J’ai une totale confiance dans ce qui a été initié avec les vicaires généraux et les différents conseils qui m’entourent. Cet élan ne retombera pas et je demande à tous d’œuvrer pour que s’accomplisse, dans le souffle du Saint Esprit, ce qui a été commencé.

Je vous reste totalement uni et marche avec vous vers l’accomplissement du Salut.

Je ne peux que redire le message de ma toute première homélie : « Ne regardez pas l’archevêque, regardez le Christ ! ».

Michel Aupetit

Source: ALETEIA, le 3 décembre 2021

Message de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, à propos de la remise du rapport de la CIASE.

Message de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, à propos de la remise du rapport de la CIASE.

Chers frères et sœurs, chers amis,

Comme vous le savez nous attendions le rapport de la CIASE qui a été rendu public aujourd’hui. Nous l’avions demandé pour faire la vérité car nous la devions absolument aux personnes victimes et à tous les fidèles.

Je méditais cela ce matin avec le psaume de la messe Ps 129 : « Des profondeurs je crie vers toi Seigneur ».

Cette vérité nous l’avons découverte avec vous tous. Elle est bien au-delà de ce que nous croyions savoir, elle est effrayante.

Depuis plusieurs années, nous avons pris des mesures pour prendre au sérieux cette épouvantable tragédie mais nous voyons que nous avons encore bien du chemin à faire pour accueillir la souffrance des victimes, les accompagner dans leur reconstruction, et rendre plus sûre la maison commune. L’analyse des causes exposées par le rapport de M. Sauvé nous oblige à regarder de près les facteurs qui ont permis de tels abus. Nous aurons besoin de vous tous pour nous éclairer et nous aider dans les réformes nécessaires. Nous avions demandé à la CIASE de nous donner des recommandations. Nous allons les étudier attentivement avec tous les évêques de France afin de décider ce qui convient de mettre en œuvre.

Croyez bien que je partage votre profonde tristesse devant ces terribles révélations. Je vous invite à prier pour les personnes victimes dont la vie est brisée. Je vous demande aussi de prier pour tous les prêtres, diacres et laïcs afin qu’ils continuent à œuvrer avec dévouement. Nous sommes tous profondément attristés par ces révélations.

Chers frères et sœurs, chers amis, je vous assure de ma profonde communion dans le Christ.

+Michel Aupetit
Archevêque de Paris

Source: L’Eglise Catholique à Paris, le 5 octobre 2021

Des profondeurs je crie vers Toi – Psaume 129

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel ! 
Que ton oreille se fasse attentive 
Au cri de ma prière !


Si tu retiens les fautes, Seigneur, 
Seigneur, qui subsistera ? 
Mais près de toi se trouve le pardon 
Pour que l’homme te craigne.


J’espère le Seigneur de toute mon âme ; 
Je l’espère, et j’attends sa parole.


Mon âme attend le Seigneur, 
Plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. 
Plus qu’un veilleur ne guette l’aurore, 
Attends le Seigneur, Israël.


Oui, près du Seigneur, est l’amour ; 
Près de lui, abonde le rachat. 
C’est lui qui rachètera Israël 
De toutes ses fautes.

Mgr Aupetit invité d’honneur du pèlerinage de l’Ile Madame

Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris

Mgr Aupetit invité d’honneur du pèlerinage de l’Ile Madame

L’archevêque de Paris sera présent à ce rassemblement diocésain qui, depuis un siècle, fait mémoire des prêtres qui furent déportés sur cette île charentaise, durant la Révolution française et le régime de la Terreur.

Institué en 1910, ce pèlerinage commémore des évènements longtemps oubliés. En 1794, quelques 800 prêtres français ayant refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé sont emmenés vers les ports de l’Atlantique avant leur déportation vers le bagne. Ils seront finalement entassés dans deux anciens navires négriers, les deux-associés et le Washington. Destinés à partir pour la Guyane ou les côtes d’Afrique, ces bâtiments ne quittèrent pourtant pas le Golfe de Gascogne, d’où leurs noms de «pontons de Rochefort». Houspillés et maltraités, les prêtres n’en continuèrent pas moins de mener une activité religieuse en secret.

Plus de 500 prêtres, laissés à l’abandon dans les cales des deux navires, mourront de typhus et du scorbut. En 1995, saint Jean-Paul II reconnut le martyre de 64 d’entre eux. «Beaucoup plus furent fidèles au Christ jusqu’au sacrifice de leur vie. Ces martyrs nous le rappellent en 2021: les catholiques d’aujourd’hui sont aussi appelés à la fidélité et au pardon», précise le diocèse de la Rochelle, organisateur du rassemblement, dans un communiqué.

La 111e édition de ce pèlerinage aura lieu le 26 août et c’est donc Mgr Michel Aupetit qui le présidera, aux côtés de l’évêque de la Rochelle et Saintes, Mgr Georges Colomb. La journée s’ouvrira avec un temps de confession et de réconciliation puis à 11h, Mgr Aupetit célèbrera la messe, avec tous les prêtres du diocèse. L’après-midi sera consacrée à la procession vers la Croix des Galets, lieu emblématique de l’ile, où se tiendra ensuite une autre célébration.

L’an dernier, les célébrations avaient été présidées par le nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore.

Source: VATICANNEWS, le 9 août 2021

France: dépôt de plainte de l’archevêque de Paris après les événements de la « Marche des Otages »

Marche des Otages, Capture YouTube, DR Diocèse de Paris

Marche Des Otages, Capture YouTube, DR Diocèse De Paris

France: dépôt de plainte de l’archevêque de Paris après les événements de la « Marche des Otages »

« Entrave à la liberté d’expression et de manifestation » et « atteinte à la liberté de culte »

L’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, a déposé plainte, le 4 juin 2021, ainsi que le curé de la paroisse Notre-Dame des Otages, pour « délit d’entrave à la liberté d’expression et de manifestation » et pour « délit d’atteinte à la liberté de culte ».

L’archevêque avait immédiatement condamné l’agression, samedi 29 mai, dans le 20e arrondissement de Paris, de quelque 300 catholiques qui participaient à un pèlerinage à la mémoire de 50 otages fusillés il y a 150 ans pendant la « Commune », en mai 1871, rue Haxo, dont l’archevêque, dix prêtres et séminaristes: « les Martyrs de la rue Haxo« .

« Un groupe nous a lancé des insultes ‘à bas les Versaillais’ et a proféré des menaces de mort puis lancé des projectiles », a témoigné le curé, l’abbé Stéphane Mayor, qui participait à la procession, organisée par cinq paroisses, et conduite par l’un des évêques auxiliaires de Paris, Mgr Denis Jachiet.

L’itinéraire suivait la « Marche des otages » depuis le lieu de l’ancienne prison de la Roquette (Square de la Roquette, 11arr.), où l’archevêque de Paris d’alors, Mgr Georges Darboy, a été exécuté le 24 mai 1871, jusqu’à l’église Notre-Dame des Otages (20arr.). La procession a dû prendre fin à l’église Notre-Dame de la Croix de Ménilmontant où les participants se sont réfugiés en attendant l’arrivée des renforts de la police.

Plusieurs personnes ont été blessées et l’une d’entre elles a été hospitalisée. Le parquet de Paris a ouvert une enquête notamment pour « violences volontaires ». La procession était déclarée et autorisée par la préfecture de Paris.

Dans Le Figaro, l’archevêque a quant à lui déploré une « violence aveugle (…) absolument inacceptable dans un État de droit » et un déficit de « sécurité ».

COMMUNIQUÉ DU DIOCÈSE DE PARIS (FRANCE)

Paris, le 4 juin 2021

À la suite des événements intervenus lors de la procession religieuse du 29 mai 2021 (Marche des Otages), Monseigneur Michel AUPETIT, Archevêque du diocèse de Paris et Monsieur l’abbé Stéphane MAYOR, curé de la paroisse Notre-Dame des Otages, ont porté plainte contre X, le 4 juin 2021, entre les mains de Monsieur le Procureur de la République de Paris pour :

  • le délit d’entrave à la liberté d’expression et de manifestation, à l’aide de menaces, coups, violences, voies de fait, destructions et dégradations, réprimé à l’article 431-1 du Code pénal ;
  • le délit d’atteinte à la liberté de culte réprimé à l’article 31 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des églises et de l’Etat.

https://www.paris.catholique.fr/communique-suite-aux-evenements.html

Source: ZENIT.ORG, le 5 juin 2021

Procession attaquée à Paris: Mgr Aupetit s’inquiète pour l’État de droit

Mgr Michel Aupetit, lors du Chemin de Croix du Vendredi Saint, le 2 avril 2021.Mgr Michel Aupetit, lors du Chemin de Croix du Vendredi Saint, le 2 avril 2021. 

Procession attaquée à Paris: Mgr Aupetit s’inquiète pour l’État de droit

Samedi, une procession à la mémoire des otages fusillés le 26 mai 1871 lors du massacre de la rue Haxo a été interrompue en raison de l’agression de plusieurs catholiques par des activistes d’extrême-gauche. L’archevêque de Paris a réagi à ces incidents. 

Cyprien Viet – Cité du Vatican

La mémoire de la Commune de Paris, malgré 150 ans de distance, demeure un sujet de fracture au sein de la société française: ce samedi, l’agression faite sur des participants à une procession catholiques organisée à la mémoire des victimes du massacre de la rue Haxo, parmi lesquelles le père Michel Planchat, a montré combien les incompréhensions et les préjugés demeurent vifs dans une partie de la population.

Cette marche s’intégrait dans un ensemble d’évènements commémoratifs qui visaient à faire connaître le sort des religieux qui furent exécutés rue Haxo le 26 mai 1871, sans pour autant relancer le débat sur la Commune de Paris en tant que telle. Le père Yvon Sabourin, religieux de Saint-Vincent-de-Paul et postulateur de la cause de béatification du père Planchat, nous rappelait il y a quelques jours que l’enjeu de la procédure n’est pas de poser un jugement historique sur la Commune, mais de reconnaître le martyre de ces religieux, et donc le don de leur vie au nom du Christ.

Une procession gâchée par des « antifas »

Les pèlerins de samedi dernier devaient suivre le parcours des otages, depuis le square de la Roquette, où se situait autrefois la prison du même nom, jusqu’à l’église Notre-Dame-des-Otages, construite sur le lieu du massacre. Environ 300 personnes étaient rassemblées, avec un service d’ordre essentiellement assuré par quelques bénévoles, la préfecture n’ayant mobilisé que deux policiers pour sécuriser le parcours.

La marche a été rapidement perturbée par quelques militants d’extrême-gauche (des « antifas »), d’abord par de simples provocations verbales, puis des agressions physiques. Plusieurs personnes ont été blessées, dont un homme qui a été sérieusement blessé à la tête et hospitalisé. De nombreux participants à la procession ont dû se réfugier en l’église Notre-Dame-de-la-Croix de Ménilmontant, à mi-parcours, où la marche a donc pris fin prématurément.

«Jamais je n’aurais anticipé une telle violence. Ça a dépassé tout ce que j’imaginais», a confié à La Croix le père Stéphane Mayor, curé de Notre-Dame-des-Otages, qui a remarqué l’étrange ressemblance entre les injures et coups subis par les otages lors de leur marche du 26 mai 1871 et l’agression de samedi dernier. «C’était un état d’esprit saisissant de similitude, dans l’atmosphère. Nous avons été menacés de mort à coups de: « Tuez-les tous ! »» s’est-il ému.

Mgr Aupetit invite au pardon

L’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, s’est exprimé le lendemain lors de la messe célébrée en l’église Notre-Dame-des-Otages, à la mémoire des martyrs de la rue Haxo. «Nous sommes troublés [de voir] que ce que nous prêchons, un Dieu d’amour, puisse provoquer autant de colère, autant de haine», a-t-il remarqué. Il a exhorté les fidèles à réagir à cette manifestation en se rappelant de l’exemple des otages, qui «n’ont jamais manifesté de colère face à la colère, de haine face à la haine, mais au contraire un cœur paisible et pardonnant», à la suite de Jésus qui a vécu en faisant le bien.

Dans une tribune publiée lundi 31 mai par Le Figaro, Mgr Aupetit précise que ces catholiques ne n’étaient pas rassemblés «pour manifester, ni pour revendiquer des droits particuliers», mais simplement «pour assumer leur devoir, celui de rendre hommage à leurs martyrs et de demander leur intercession. L’acte de mémoire est la garantie de l’espérance d’un peuple», a-t-il souligné, en remarquant que «la violence aveugle que ces pèlerins ont subie de la part des « antifas » est absolument inacceptable dans un État de droit».

Tirer les leçons de cet incident

L’archevêque de Paris assure que le diocèse est en contact avec la préfecture de police «pour faire le bilan de cet événement déplorable dans une discussion claire et une nécessaire mise au point»«Nous ne revendiquons pas des privilèges particuliers, nous demandons simplement l’égalité de traitement avec les autres religions et communautés concernant la protection des personnes, et le droit d’exprimer notre foi dans la sphère publique, ainsi que nous l’autorise notre République laïque, dans la paix civile et le respect du bien commun», assure-t-il, en remerciant le ministre de l’Intérieur pour son message de soutien.

Il rappelle qu’aucun chrétien ne doit répondre à la violence par la violence. Le Christ l’a fermement dit à Pierre, qui voulait s’interposer face aux gardes venus l’arrêter: «Remets ton épée au fourreau, celui qui vivra par l’épée périra par l’épée», lui avait répondu Jésus, selon le récit rapporté par l’Évangile de Matthieu. «Le signe de la Croix est la source et le sommet de l’histoire des hommes. Au cœur même de l’injustice et de la haine surgit la parole du pardon», explique Mgr Aupetit. «C’est une grâce de le savoir dans la foi. C’est aussi un devoir pour nous, catholiques au cœur de la cité des hommes, de témoigner au milieu du monde de l’amour du Christ victorieux du mal.»

«Nous demandons simplement de pouvoir le faire en paix dans le respect de nos institutions et la protection d’un État de droit qui garantisse la pleine liberté de culte et la protection de tous ses citoyens», conclut Mgr Aupetit.

Le souvenir d’une tragédie presque oubliée

Le 26 mai 1871, une quarantaine de gendarmes et une dizaine d’ecclésiastiques furent exécutés rue Haxo, parmi lesquels le père Michel Planchat, religieux de Saint-Vincent-de-Paul qui fut un précurseur du catholicisme social. Avec quatre religieux de Picpus exécutés avec lui, il fait actuellement l’objet d’un procès en béatification. Suspendue durant plusieurs décennies, la procédure a été relancée en 2005.

Le massacre de la rue Haxo fut l’un des derniers épisodes de la Commune, avant son écrasement par les troupes versaillaises au terme de la Semaine sanglante, qui fit des milliers de morts, prenant l’ampleur d’une véritable guerre civile au cœur de Paris.

Source: VATICANNEWS, le 1er juin 2021

Homélie de Mgr Michel Aupetit – Messe de l’Epiphanie à St Germain l’Auxerrois

Homélie de Mgr Michel Aupetit – Messe de l’Epiphanie à St Germain l’Auxerrois

Saint-Germain l’Auxerrois (1er) – Dimanche 3 janvier 2021 

– Epiphanie du Seigneur

– Is 60,1-6 ; Ps 71,1-2.7-8.10-13 ; Ep 3,2-3.5-6 ; Mt 2,1-12

Je vous ai souhaité une bonne année en commençant cette messe et j’espère vraiment qu’elle sera bonne pour nous tous. Avec ce que nous avons vécu, nous pouvons nous poser la question de savoir si nous allons passer encore une année en étant confinés. En effet, cet évangile m’a fait penser à ce que nous avons à vivre aujourd’hui entre ceux qui resteront confinés quoiqu’il arrive et ceux qui seront toujours déconfinés, au moins dans leur tête.

Les mages, eux, sont totalement déconfinés. Ils osent se mettre en route et partir loin de chez eux pour découvrir un roi des Juifs qui a priori leur est étranger. Ce sont des savants, des mages philosophes capables de lire les signes dans le ciel, des astrologues avides de connaissance et capables de s’émerveiller. Ils représentent ceux qui cherchent Dieu avec toutes les ressources de l’intelligence et de la sagesse humaines. Certes, ils n’ont pas la révélation comme les scribes et les grands prêtres. Mais ils se sont mis en route. En revanche, les grands prêtres et les scribes qui, eux, ont la révélation, restent misérablement confinés. Ils ne bougent pas, ils ne vont pas voir l’enfant à la crèche bien qu’ils sachent exactement où le Messie doit naître.

Il y a un risque d’être confinés dans nos petites certitudes religieuses en restant incapables de nous émerveiller devant l’inattendu de Dieu. C’est sans doute cela être « confiné dans sa tête ».

Cette étoile mystérieuse n’intéresse pas les scribes. Pourtant l’événement cosmique avait été prophétisé par Balaam, un prophète païen : « Je vois un astre qui se lève issu de Jacob, un sceptre se dresse issu d’Israël » (Nb 24, 17).

Et nous ? Quelle est l’étoile qui nous fera sortir de notre confinement, qu’il soit physique ou religieux ? Cette étoile, c’est la foi comme nous le rappelle le Pape François : « La foi n’est pas une lumière qui dissiperait toutes nos ténèbres, mais la lampe qui guide nos pas dans la nuit et cela suffit pour le chemin ». Recevoir la foi qui est un don de Dieu, soit par le travail de la sagesse soit par l’accueil de la révélation, nous permet d’être déconfinés, de sortir de nos enfermements pour aller à la rencontre de la lumière, du Christ qui est la Lumière des nations.

Comment accueillir la foi ? Encore une fois le Pape François nous répond : « La foi consiste dans la disponibilité à se laisser transformer toujours de nouveau par l’appel de Dieu ».

Être déconfiné, c’est être disponible. Êtes-vous disponibles ?

Celle qui nous montre ce chemin de la foi, c’est la Vierge Marie. Marie est la « fille de Sion » du prophète Isaïe. Elle représente le peuple élu qui accueille son Messie et par elle, ouvre le salut à toutes les nations. Alors tous les peuples, tous ceux qui cherchent, qui se mettent en route, ceux qui sont les éternels déconfinés, pourront découvrir et s’émerveiller devant l’enfant de la crèche que Marie tient dans ses bras. Nous avons entendu saint Paul nous l’affirmer : « Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au même partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’évangile » (Ep 3,6).

Alors chers frères et sœurs, soyons les déconfinés de l’évangile, venons à la messe rencontrer le roi des rois et partons en mission pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut et de la vie éternelle ouverte à tous.

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.

Source: L’église catholique à Paris, le 3 janvier 2021

Mgr Aupetit: notre regard sur la mort doit être lié à la vie éternelle

Mgr Michel Aupetit vénérant la sainte couronne d'épines au cœur de la cathédrale Notre-Dame, le 10 avril 2020. Mgr Michel Aupetit vénérant la sainte couronne d’épines au cœur de la cathédrale Notre-Dame, le 10 avril 2020.   (AFP or licensors)

Mgr Aupetit: notre regard sur la mort doit être lié à la vie éternelle

L’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, médecin et prêtre, médite sur l’apprivoisement de la mort, fait inéluctable, ouvrant un chemin «pour choisir la vie au quotidien et reconquérir la paix de l’âme».

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Commémoration des défunts particulière cette année, endeuillée entre autres par toutes les victimes de la pandémie de Covid-19. Le Pape François a d’ailleurs assuré prier aujourd’hui «pour les victimes du coronavirus, pour ceux qui sont morts seuls, sans la caresse de leurs proches; et pour toutes les personnes qui ont donné leur vie au service des malades».

Le coronavirus venu ainsi jeter son ombre sur la question de la mort, la replaçant bien au-devant de la scène de sociétés qui l’avait parfois, souvent, peut-être, oubliée ou volontairement évacuée.

En cette période de la Toussaint, l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, a lui publié un livre à ce sujet. Paru aux éditions Artège, il s’intitule «La mort : méditation pour un chemin de vie». Cet ancien médecin apporte un regard apaisé et apaisant sur cette échéance finale qui nous guette tous, nous encourageant à méditer sur elle. Mgr Aupetit propose aussi de la regarder «comme le prolongement de la vie, la vie véritable, éternelle, celle qui est au-delà de la mort…»

Entretien avec Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris 

«Notre rapport à la mort a été modifié déjà à partir de la moitié du XXème siècle. La mort était plus ou moins intégrée dans nos existences, tandis qu’au fil du XXème siècle, on voit bien qu’il y a une évacuation de la mort. Autrefois, on portait le deuil volontiers, c’est-à-dire, faire savoir que l’on est dans cette souffrance de la perte d’un être cher. On ne porte plus le deuil, on cache les morts.

Et voilà qu’aujourd’hui que la mort revient en force, nous qui croyions l’avoir évacuée, avec un petit virus. Et les gens sont surpris, étonnés, et même, l’on perçoit une terreur irraisonnée qui se répand par rapport à la mort.

Le fait de regarder la mort en face nous apprend à vivre vraiment. La vraie question c’est comment on accepte la réalité. Il faut se reposer la question trop longtemps évacuée de la vie éternelle, de la vie après la mort. Comment réfléchit-on à la mort pour vivre aujourd’hui notre vie. La vie éternelle a été évacuée en même temps que notre vie corporelle. Une occasion donc de revisiter le sens de notre vie, de notre présence sur terre, comment l’habite-t-on en profondeur».

L’archevêque de Paris appelle ainsi à la juste prudence «entre l’indifférence qui existait il y a quelques années et la terreur actuelle». «La réponse que nous avons eue a été de nous protéger de la mort par tous les moyens. En réalité, nous nous sommes protégés de la vie. Les nous devons nous poser la question : la mort n’est-elle pas le révélateur de la vie ?

En réfléchissant sur l’exercice médical qui fut le mien, je m’aperçois que notre langage était impropre. Nous parlions de «sauver les vies». En réalité, nous sauvions de la mort. Nous permettions à une vie de continuer sa course en sachant toutefois que le dernier combat contre la mort serait perdu. Quand je considère ma vie de prêtre aujourd’hui, je vois bien que je ne lutte pas contre la mort, mais que je mets en relation la vie avec la Vie. C’est pourquoi, cette méditation sur la mort n’a pas d’autre but que d’apprendre à vivre, à vivre vraiment, à recevoir la ‘vie en abondance’», en conclut Mgr Aupetit. 

Source: VATICANNEWS, le 3 novembre 2020

Tweet de Mgr Michel Aupetit : C’est à la #messe que l’Église existe en vérité.

C’est à la #messe que l’Église existe en vérité. Voilà pourquoi les chrétiens les plus fervents souffrent profondément en ce temps où la pandémie mondiale nous a confinés et nous a empêchés de nous réunir autour de cette eucharistie.

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La communion et l’unité

L’Église célèbre l’eucharistie, et pourtant c’est l’eucharistie qui fait l’Église. L’Église est née, nous l’avons vu, du Christ en croix. À la messe, c’est cet unique sacrifice d’amour qui est rendu présent. C’est donc à la messe que l’Église existe en vérité. Le mot ecclesia(église) signifie assemblée. C’est bien à l’eucharistie que cette assemblée réalise l’Église. Voilà pourquoi les chrétiens les plus fervents souffrent profondément en ce temps où la pandémie mondiale nous a confinés et nous a empêchés de nous réunir autour de cette eucharistie. Dans le livre de la Didaché, il est rappelé au sujet de l’Eglise qu’elle est « groupée dans l’unité, comme les grains le sont dans le pain » (Didaché 9,4). C’est donc l’eucharistie qui fait l’unité de l’Eglise. Cette unité se réalise par la communion à l’unique corps de Jésus. Nous sommes tous différents quant à l’origine, la culture, la race, les opinions, et pourtant chacun de nous reçoit le même Jésus présent à la messe. En effet, l’unité n’est pas l’uniformité. Le pape saint Jean-Paul II dans sa lettre aux évêques du 24 février 1980 rappelle que l’eucharistie « Est un bien commun de toute l’Eglise, comme sacrement de son unité » (Dominae Cenae).

Le Symbole des Apôtres par lequel nous affirmons notre foi, parle de la communion des saints. Symbole en grec veut dire : qui unit. La communion des saints est en réalité, à l’origine, la communion aux choses saintes (sancta), c’est-à-dire à l’eucharistie. Comme une évidence, cette communion aux choses saintes réalise la « communion-unité » des personnes qui les reçoivent. Cela nous a donné la foi dans la « communion des saints (sancti) » que réalise la communion aux choses saintes (sancta). En effet, la réalité contenue dans l’eucharistie, étant sainte, sanctifie en les unifiant au Christ, ceux qui la reçoivent.

Ainsi, malgré nos différences, le Christ nous unit en lui : « Oui, j’en ai l’assurance, ni la mort ni la vie, ni les anges ni les principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Romains 8, 38-39).

Alors nous ressemblons à Dieu, qui est une communion d’amour entre les personnes distinctes du Père, du Fils et du Saint Esprit. En Dieu Unique, chaque Personne divine est distincte de par sa relation d’amour, en même temps que cette communion dans l’amour réalise l’unité divine. Puisque Dieu est Amour, il ne peut pas être solitaire. Puisqu’il est Unique, il faut une communion parfaite dans l’Amour qui accomplisse cette unité.

À la messe, nous sommes à l’image de Dieu.

L’archevêque de Paris a béni la ville avec le Saint-Sacrement

Mgr Aupetit bénissant la ville de Paris depuis le parvis de la basilique du Sacré-Cœur, le 9 avril.
Mgr Aupetit bénissant la ville de Paris depuis le parvis de la basilique du Sacré-Cœur, le 9 avril.

L’archevêque de Paris a béni la ville avec le Saint-Sacrement

En pleine période de pandémie, Mgr Michel Aupetit a présidé ce jeudi saint une cérémonie de bénédiction exceptionnelle de la ville de Paris depuis la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

Vatican News

En ce Jeudi saint qui marque l’ouverture du Triddum pascal, l’archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a présidé un moment de prière et de bénédiction de la capitale française, pour demander à Dieu de protéger la ville et ses habitants en ces temps de crise sanitaire. C’est depuis la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, où le Saint-Sacrement est adoré de manière continuelle depuis 1885, qu’a eu lieu à midi cette bénédiction exceptionnelle. Une cérémonie à laquelle participait notamment la maire de la capitale, Anne Hidalgo. 

Accompagné par les évêques auxiliaires et les vicaires généraux du diocèse, portant chacun un masque de protection, l’archevêque de Paris a prononcé quelques mots invoquant le coeur sacré de Jésus après une lecture de la lettre aux Hébreux et le chant «Ô vrai corps de Jésus»  entonné par les soeurs de Montmartre. 

Prière de confiance

Mgr Aupetit a ensuite récité une prière rédigée d’après la prière de confiance en ce temps d’épidémie du Secrétariat des Œuvres du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial et la prière du jubilé du centenaire de la basilique. La cérémonie s’est poursuivie avec les litanies du Sacré-Cœur chantées par les sœurs. L’archevêque de Paris a ensuite descendu les marches du parvis de la basilique en portant le Saint-Sacrement avant de bénir en silence la ville avec l’ostensoir. 

Voici le texte de la prière lue par Mgr Aupetit:

Seigneur Jésus, par ton Cœur Sacré,
Tu nous révèles la plénitude de ton amour.
Dans l’Évangile, Tu nous montres que la prière confiante obtient des merveilles de grâce.
Viens au secours de nos doutes.

Dans nos inquiétudes, augmente notre foi.
Donne-nous de croire fermement
que Tu nous aimes d’un amour infini.

En ces temps d’épidémie
où nous sommes empêchés de Te recevoir sacramentellement,
viens nous visiter pour nous fortifier dans l’épreuve.

Tu connais notre désir de T’aimer
et notre manque de fidélité.

Faibles et pécheurs, nous nous en remettons avec confiance
à Ton immense miséricorde.
Protège-nous et garde-nous dans la tendresse infinie de Ton Cœur.

Cœur Sacré de Jésus, plein d’amour et de bonté,
nous avons confiance en Toi.
Nous désirons aujourd’hui te confier particulièrement la ville de Paris.

Depuis cette basilique, jour et nuit,
ta miséricorde rayonne sur la ville, la France et le monde,
dans le sacrement de l’Eucharistie.

Viens bénir notre ville capitale et tous ses habitants,
particulièrement ceux qui sont le plus éprouvés par la maladie,
l’isolement, le manque de logement.

Assiste tous ceux qui souffrent des conséquences de la pandémie.

Soutiens ceux qui, de tant de manières, se mettent au service de leurs frères : les soignants, les priants,…

Accorde la santé aux malades, la force au personnel médical, le réconfort aux familles
et le salut à toutes les personnes qui ont trouvé la mort.

En cette Semaine Sainte où tu renouvelles pour nous le don de ton amour pour tous les hommes, viens bénir chacun,
et renouvelle-nous
dans la douceur et l’humilité de ton Cœur.

Amen.

Source: Vaticannews, le 10.04.2020