« Il appartient à la Vierge Marie d’avoir conçu le Christ en son sein, mais c’est le partage de tous les élus de le porter avec amour dans leur cœur.
Certes, la conception du Christ dans le sein de Marie a été une grande merveille, mais ce n’est pas une moindre merveille que de le voir devenir l’hôte de notre poitrine.
Ici encore, mes frères, considérons quelle est notre dignité et notre ressemblance avec Marie. La Vierge a conçu le Christ dans ses entrailles de chair, et nous le portons dans celles de notre cœur. Marie a nourri le Christ en donnant à ses lèvres le lait de son sein, et nous pouvons lui offrir le repas varié des bonnes actions qui font ses délices. »
Saint Pierre Damien
Sermon 45, sur la nativité de la bienheureuse Vierge Marie
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Cet été, Fatima met les jeunes au défi de se découvrir dans la lumière de Dieu
« Into the Light » est une proposition de cinq jours pour les jeunes de 18 à 25 ans, du 5 au 9 août.
Cet été, le sanctuaire de Fatima propose aux jeunes de 18 à 25 ans une expérience de découverte et de transformation intérieure à partir de la spiritualité de Fatima. « Into the Light » est le nom de la proposition d’immersion, prévue pour la période du 5 au 9 août, et qui mettra les jeunes au défi de parcourir un chemin de rencontre, de réflexion, de service et de prière, accompagnés par la richesse symbolique de la lumière, avec l’aide de l’Évangile et du message de Fatima.
« Pendant cinq jours, les participants seront mis au défi de relire leur propre vie, d’approfondir les horizons de leur vocation et de renforcer leur relation avec Dieu et avec les autres, dans un environnement marqué par la simplicité, la proximité et le partage », peut-on lire dans la présentation de la proposition, qui est dynamisée par le Département d’accueil et de pastorale du Sanctuaire de Fatima.
En plus des moments de réflexion personnelle, de prière et de célébration, la rencontre permettra la découverte du patrimoine et de la spiritualité de Fatima et offrira des expériences de bénévolat et des occasions de convivialité fraternelle.
« Into the Light » se veut « une occasion de ralentir, d’écouter, de se laisser interpeller par la vie de Marie et des petits bergers, de reconnaître ses propres ombres et de faire un pas dans la ‘lumière qui est Dieu’, de se laisser reconfigurer par sa présence et de trouver de nouveaux sens pour sa propre vie et sa mission ».
L’auteur du protévangile de Jacques (récit apocryphe) présente les parents de Marie, Anne et Joachim habitant Jérusalem, dans le quartier proche du temple. Ils sont de la tribu sacerdotale ; grandement éprouvés à cause de leur stérilité et dans leur entourage, ils sont souvent méprisés et contredits. Plutôt riches, ils sont généreux et compatissants, ils donnent à pleine main aux pauvres. Pleins de confiance en Dieu, ils ont toutes les qualités pour être visités par Dieu.
Dans une perspective apparemment assez différente, Marie est, selon les Pères syriaques, « Fille de pauvres », « humble fille de pauvres gens », « celle qui était parmi les gens d’humble condition », et, dans la continuité avec de telles origines, elle est devenue « celle qui a gardé l’humilité qui rend pauvre en esprit. »
Dans un regard spirituel, les deux perspectives se rejoignent : les parents de la Vierge Marie préparent la « Béatitude des pauvres ».
A.Gila Dans Il pensiero dei Padri della Chiesa su s. Maria e la Beatitudine dei poveri in Santa Maria « Regina Martyrum » Quaderno di spiritualità dell’ordine dei Frati servi di Maria Provincia di Piemonte e Romagna, Anno IV – N°2 (11) – 2001, p.21-27
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Les lectures de ce dimanche nous invitent à nous rattacher aux biens qui demeurent. Nous avons entendu le témoignage du jeune roi Salomon (1ère lecture). Il aurait pu demander au Seigneur de longs jours, de nombreuses richesses ou encore la mort de ses ennemis. Mais il a compris que le plus important n’est pas là. Il demande « un cœur attentif pour qu’il sache gouverner le peuple et discerner le bien et le mal ». Il demande à Dieu le don de bien servir l’alliance entre Dieu et son peuple. Tout cela n’a rien à voir avec la gloire personnelle, les richesses, la considération et les honneurs.
Ce texte biblique nous interpelle et nous renvoie à nous-mêmes : est-ce vraiment le discernement que nous demandons au Seigneur ? Trop souvent, nous nous attachons à la satisfaction immédiate de nos désirs. En ce dimanche, nous pouvons laisser retentir en nous la prière de Salomon. Cette prière pourrait être la nôtre en ce temps de vacances. Le Seigneur est là pour nous offrir le seul vrai trésor. Malheureusement, nous avons peut-être trop tendance à choisir la pacotille. Mais le Seigneur ne cesse de nous supplier : « Revenez à moi de tout votre cœur ».
C’est aussi ce message que l’apôtre Paul nous transmet à sa manière dans la seconde lecture. Il s’adresse à des chrétiens qui risquent de se décourager à cause des difficultés qu’ils rencontrent. Alors, il les renvoie à l’essentiel : il leur rappelle qu’ils sont engagés sur la route par Dieu lui-même. Ce cheminement s’est déroulé en plusieurs étapes : la préparation lointaine, l’appel, le bouleversement de la conversion. Au terme de cette route, nous sommes appelés à un avenir de gloire. Nous ne devons pas craindre de marcher hardiment à la suite du Christ. En lui, nous sommes établis dans une authentique relation à Dieu. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle.
Dans l’Évangile, Jésus nous propose des paraboles, des images, qui, précisément, nous parlent du Royaume de Dieu. Ce Royaume est comparable à un trésor caché dans un champ. L’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède et il achète le champ. Comment cet homme cet homme a-t-il pu trouver ce trésor caché dans un champ ? Il n’y a pas 36 solutions : il était en train de travailler le champ. Le Seigneur nous offre un trésor extraordinaire que l’on doit trouver à force de travail.
Ce travail, c’est celui que Dieu a demandé à l’homme dès le début de la Création. Dieu a confié la terre à l’homme pour qu’il la travaille. Travailler? Ça veut dire scruter la Parole de Dieu. Pour les rabbins (chefs religieux), la terre c’est d’abord la Parole de Dieu. Il nous faut la scruter, chercher, creuser jusqu’à ce qu’on ait trouvé le seul vrai trésor qui donne sens à notre vie.
Alors, nous dit Jésus, on vend tout pour acheter le champ. Mais ce que Dieu veut nous donner ne s’achète pas. Ce don est toujours gratuit et sans mérite de notre part. Pour comprendre cette parole, il nous vaut lire l’appel d’Isaïe (ch. 5) : « Venez acheter sans argent ». Quand il dit « sans argent, ça ne veut pas dire sans un effort personnel. Il s’agit de recevoir de Dieu à l’issue d’un travail que nous avons fait. L’important c’est de nous mettre continuellement dans une attitude de recherche et d’accueil. Ce n’est pas pour rien que Jésus a dit : « Cherchez et vous trouverez. »
Si nous ne creusons pas le champ, nous ne trouverons pas de trésor. Si nous ne cherchons pas, nous ne trouverons pas la perle précieuse. Cette recherche, c’est le désir de connaître qui est Dieu. Nous devons le chercher avec droiture. Si nous cherchons la lumière et la vérité de notre vie, nous finirons par la trouver. Mais cela ne sera possible que si nous fermons nos oreilles aux rumeurs destructrices et à toutes les chansons du mal qui empoisonnent nos existences ; il importe que nous ouvrions nos yeux aux merveilles de tendresse, de générosité et de réconciliation qui naissent chaque jour, parfois tout près de nous. C’est là que nous trouverons le Seigneur, notre seul vrai trésor.
Suite à cette découverte, l’Évangile nous dit que l’homme a tout vendu pour acheter. Comment ne pas penser à l’appel de Jésus au jeune homme riche : Tu as trouvé un trésor, tu m’as trouvé, tu veux me suivre : vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres. C’est en donnant aux pauvres qu’on achète la présence du Seigneur. C’est en se débarrassant de tout ce dont on n’a pas besoin, en le vendant et en le donnant aux pauvres qu’on va recevoir ce don précieux qu’est la présence du Christ.
Le projet de Dieu sur notre vie est merveilleux. Mais il nous appartient de le découvrir. Nous devons pour cela abandonner nos idées qui sont trop petites et trop limitées et adopter celles de Dieu. C’est dans la méditation de sa Parole, Ancien et Nouveau Testament, que nous trouverons. Et surtout, n’oublions pas ce trésor qui nous rassemble chaque dimanche. C’est là que le Seigneur rejoint les communautés réunies en non nom. En communion les uns avec les autres, « exultons de joie, il est au milieu de nous ». Amen.
Le chapelet en streaming connaît un succès inattendu
Un frère carmélite brésilien qui récite le rosaire à 4 heures du matin est devenu le streamer le plus regardé du pays, attirant des millions de spectateurs vers de longues diffusions axées sur la prière, la repentance et l’enseignement catholique. Le père Gilson Pupo Azevedo, plus connu sous le nom de Frère Gilson, a dominé le classement des diffusions en streaming au Brésil en 2025, devançant les commentateurs sportifs, les personnalités du jeu vidéo et les prédicateurs évangéliques dans une culture numérique habituellement dominée par le divertissement.
Le succès fulgurant de ce prêtre de 39 ans a surpris les commentateurs, car ses émissions n’utilisent pas d’effets spéciaux et ne suivent pas le format TikTok . Vêtu de son habit de carmélite, le Frère Gilson apparaît en ligne chaque jour avant l’aube, invitant ses fidèles à prier le rosaire en direct sur YouTube. Ce qui a commencé comme une pratique de dévotion s’est transformé en un mouvement spirituel national.
En 2024, environ 700 000 spectateurs ont suivi simultanément ses diffusions en direct du rosaire tôt le matin. En 2025, l’audience a dépassé le million de personnes lors de certaines émissions. Contrairement à de nombreux influenceurs en ligne, Frère Gilson affirme qu’il n’y avait pas de stratégie élaborée à l’origine de son succès. Il attribue plutôt la popularité de son émission à une « évangélisation simple, authentique et fidèle ».
Les responsables de l’Église au Brésil affirment que l’attrait du frère réside dans son message clair et cohérent . Mgr Devair Araújo da Fonseca, évêque de Piracicaba, a déclaré que de nombreux catholiques étaient revenus aux sacrements après avoir entendu Frère Gilson prêcher ouvertement sur la repentance et la conversion. Des personnes se sont présentées à la confession en citant des examens de conscience inspirés par les diffusions en direct, notamment des adultes en quête de confirmation et des Catholiques en situation matrimoniale irrégulière, a précisé l’évêque.
Malgré cette plus grande visibilité, le frère reste fermement ancré dans l’enseignement de l’Église. « Il enseigne ce que l’Église enseigne », affirme M. Azevedo.
Le succès de Frère Gilson remet également en question les idées reçues sur la consommation des médias numériques.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Des chapelets de pain pour survivre au cœur de la sinistre prison de Hanoi (II)
Dans l’enceinte brutale de la sinistre prison dite du Hanoi Hilton pendant la guerre du Vietnam, où les prisonniers de guerre américains ont enduré la torture, l’isolement et des souffrances inimaginables, un petit objet est devenu une puissante source d’espoir : un chapelet entièrement fait de pain.
Pour de nombreux prisonniers, ces chapelets étaient bien plus que de simples objets de dévotion. Dans un environnement marqué par la peur, la solitude et la souffrance, ils leur rappelaient que Dieu ne les avait pas abandonnés.
Le Hanoi Hilton, officiellement connu sous le nom de prison de Hoa Lo, est devenu tristement célèbre pendant la guerre du Vietnam pour le traitement brutal infligé aux prisonniers américains. De nombreux prisonniers de guerre ont témoigné par la suite que la foi, la prière et la fraternité avaient été essentielles à leur survie. Ces chapelets de pain faits à la main symbolisaient la résilience face au désespoir. Ils incarnaient le courage sans armes, la prière sans église et l’espoir caché derrière les murs de la prison.
À bien des égards, ce prisonnier catholique anonyme qui a fabriqué ces chapelets incarnait l’héroïsme discret de la foi — offrant un réconfort spirituel à ses codétenus tout en risquant lui-même des sanctions.
Des histoires comme celle de Bill continuent de résonner car elles révèlent quelque chose de profondément humain et profondément chrétien : même dans les lieux de ténèbres, la foi trouve le moyen de survivre. Le chapelet de pain témoigne non seulement de la dévotion catholique, mais aussi de la force inébranlable de l’esprit humain.
À une époque où de nombreuses personnes à travers le monde souffrent encore de persécutions, d’emprisonnement et de privations en raison de leurs croyances, cette histoire nous rappelle que de petits actes de courage peuvent devenir de profonds signes d’espoir. Au cœur de l’une des prisons les plus sombres de la guerre du Vietnam, un simple chapelet fait de pain est devenu un rappel sacré que la foi ne peut être emprisonnée. Et des décennies plus tard, son histoire continue de parler.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Le rosaire est la prière de Marie. Nous avons à nouveau besoin de cette prière aujourd’hui ; nous devons renouveler notre foi en son pouvoir de transformer nos cœurs, en cette période de divisions tendues au sein de notre société, Le rosaire est une école du cœur, une prière de pèlerin. Il nous donne le rythme du voyage de la vie, les grains marquant les étapes du chemin que nous parcourons dans la foi, nous entraînant toujours plus profondément dans le mystère de notre vie en Jésus-Christ.
Chaque dizaine commence par la prière que Jésus nous a enseignée, la prière qui ouvre nos cœurs à la volonté d’amour de notre Père pour nos vies. Les mystères qui défilent devant nous sont toutes des scènes dont Marie elle-même a été témoin dans la vie de son Fils.
Avec elle, nous suivons l’Enfant né de ses entrailles à travers les joies de la vie familiale, à travers sa mission d’apporter la lumière de l’amour de Dieu au monde, à travers les douleurs de sa passion et de sa mort, et la gloire de sa résurrection et la promesse d’une vie nouvelle.
Alors que nous méditons sur les mystères de la vie du Christ, notre esprit dérive souvent vers les préoccupations de notre propre vie — nos soucis se transforment en prières pour nos familles et nos amis, notre travail et notre monde — puis nous revenons à la contemplation des scènes de l’Évangile.
Et à l’instar de la prière que Jésus nous a enseignée, le rosaire nous ouvre les yeux pour voir le monde tel que notre Père le voit, et il nous ouvre les yeux sur notre responsabilité dans son plan de rédemption. En priant le rosaire en tant qu’enfants de Dieu, nous comprenons peu à peu que la vie ne tourne pas autour de nous, mais qu’il s’agit de faire la volonté de notre Père et de servir nos frères.
D’après Mgr José H. Gomez, Angelus News, 6 mai 2026
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Camille de Lellis Prêtre et fondateur des : « Clercs réguliers ministres des infirmes » (Camilliens)
Camillo da Lellis, naît à Bucchianico près de Chieti dans les Abruzzes, le 25 mai 1550 ; il fut privé de sa mère dès le berceau. Malgré les heureux présages donnés par un songe qu’avait eu sa mère avant sa naissance, il eut une enfance peu vertueuse ; sa jeunesse fut même débauchée. Jusque vers l’âge de vingt-cinq ans, on le voit mener une vie d’aventures ; il se livre au jeu avec frénésie, et un jour en particulier il joue tout, jusqu’à ses vêtements.
Sa misère le fait entrer dans un couvent de Capucins, où il sert de commissionnaire. Un jour, en revenant d’une course faite à cheval, pour le service du monastère, il est pénétré d’un vif rayon de la lumière divine et se jette à terre, saisi d’un profond repentir, en versant un torrent de larmes : « Ah ! Malheureux que je suis, s’écria-t-il, pourquoi ai-je connu si tard mon Dieu ? Comment suis-je resté sourd à tant d’appels ? Pardon, Seigneur, pardon pour ce misérable pécheur ! Je renonce pour jamais au monde ! »
Transformé par la pénitence, Camille fut admis au nombre des novices et mérita, par l’édification qu’il donna, le nom de « frère Humble ». Dieu permit que le frottement de la robe de bure rouvrît une ancienne plaie qu’il avait eue à la jambe, ce qui l’obligea de quitter le couvent des Capucins. Lorsque guéri de son mal, il voulut revenir chez ces religieux, saint Philippe de Néri, consulté par lui, lui dit : « Adieu, Camille, tu retournes chez les Capucins, mais ce ne sera pas pour longtemps. » En effet, peu après, la plaie se rouvrit, et Camille, obligé de renoncer à la vie monastique, s’occupa de soigner les malades et d’édifier des hôpitaux.
Il est frappé par la détresse des autres malades et s’engage comme infirmier. L’indifférence de ses collègues, des mercenaires ou repris de justice, vis-à-vis des malades le bouleverse. Il ressent le besoin de réunir autour du Crucifix des hommes qui partagent son amour des malades. Il est guidé, en cette démarche, par son père spirituel, saint Philippe Néri. En prenant soin des malades, ce sont les plaies du Christ qu’il soigne. Sa charité rayonnante lui attire de jeunes disciples. Ces volontaires, qui se réunissent pour prier ensemble et rivalisent de tendresse envers les malades, constituent le noyau initial des « Clercs Réguliers Ministres des Infirmes » que l’on appellera par la suite les « Camilliens » ou « Serviteurs des Malades ».
C’est en 1586 que le pape Sixte V (Felice Peretti, 1585-1590)reconnaît la Congrégation et autorise le port de la grande Croix rouge sur leur soutane. La mission de ces nouveaux religieux est « l’exercice des œuvres spirituelles et corporelles de miséricorde envers tous les malades, tant dans les hôpitaux et prisons que dans les maisons privées, partout où il faudra. »
Partout où se déclare une peste, il accourt ou envoie ses frères. Il finit par mourir d’épuisement à Rome, le 14 juillet 1614.
Camillo da Lellis a été béatifié le 7 avril 1742 et canonisé le 29 juin 1746 par Benoît XIV(Prospero Lorenzo Lambertini, 1740-1758).
Il est déclaré patron céleste des hôpitaux et des malades en 1886 par Léon XIII (Gioacchino Pecci, 1878-1903) et proclamé patron céleste des soignants en 1929 par Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939). Saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978), en 1974, en a fait le protecteur particulier du service de santé de l’armée italienne. « La musique que je préfère, c’est celle que font les pauvres malades lorsque l’un demande qu’on lui refasse son lit, l’autre qu’on lui rafraîchisse la langue ou qu’on lui réchauffe les pieds. »
L’enfance de la grande comédienne provençale, Eve Lavallière, a été tragique. Son père ouvrier, joueur, buveur et coureur, abat son épouse à coups de revolver sous les yeux de la jeune fille, réfugiée sur un balcon et qui échappe à grand peine au massacre, tandis que son malheureux père se suicide.
Mais tout cela c’est du passé. Le succès l’emporte et elle dira bientôt : « Je ne sais plus ce que c’est que d’avoir froid », tant le luxe où elle vit est raffiné. Son appartement aux meubles noir et or, sa salle de bain avec piscine, sa chambre féerique, les marbres de sa salle à manger sont célèbres à Paris.
Heureusement, même dans ses égarements, Eve Lavallière ne perd pas de vue la Sainte Vierge dont elle portera la médaille jusqu’au dernier soupir. Et au lendemain de chacun de ses succès, elle envoie régulièrement des fleurs à la Mère de Dieu.
Un jour de 1917, en vacances dans un château qu’elle a loué, elle entend prêcher un curé de campagne. La grande comédienne se moque du prêtre, qui n’a évidemment pas son talent pour parler en public. Mais huit jours après, la voilà comme terrassée par Jésus-Christ.
Après sa conversion, elle passe dix-sept mois à Lourdes, au pied de l’Immaculée, refuge des pécheurs. Elle, l’élégante, s’habille comme une petite pensionnaire. Elle, la riche, va s’habituer à vivre pauvre avec une malle et deux valises. Elle a trouvé le Christ et elle lui parle comme une pauvre pécheresse parlerait à l’homme qui va la sortir de sa misère. Elle, la grande amoureuse, aime désormais le Christ et fait pour Lui ce qu’elle n’a jamais fait pour aucun homme : elle renonce à elle-même.
Elle, bien portante, tombera malade : il faudra un jour lui coudre la paupière de l’œil gauche à vif sans l’endormir … « J’ai soif d’arriver là-haut, de voir Jésus », dit-elle. Elle connaîtra volontairement la salle commune d’hôpital. Elle, dont les journaux à grand tirage parlaient, se fait oublier peu à peu. Car il suffirait d’un mot pour qu’elle redevienne riche et entourée. Un journaliste américain vient la trouver : « Voici un chèque en blanc à votre nom. Inscrivez-y la somme que vous voudrez et dictez quelques-uns de vos souvenirs, » lui dit-il. Eve répond : « Mon âme n’est pas à vendre. » Et pourtant elle n’a plus rien que Léonie, son amie fidèle, aussi pauvre qu’elle. Elle meurt le 10 juillet 1929, fidèle à ce Christ découvert douze ans plus tôt.
D’après Frère Albert Pfleger, mariste. Recueil Marial N° 12, 1980
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.