L’enfance de la grande comédienne provençale, Eve Lavallière, a été tragique. Son père ouvrier, joueur, buveur et coureur, abat son épouse à coups de revolver sous les yeux de la jeune fille, réfugiée sur un balcon et qui échappe à grand peine au massacre, tandis que son malheureux père se suicide.
Mais tout cela c’est du passé. Le succès l’emporte et elle dira bientôt : « Je ne sais plus ce que c’est que d’avoir froid », tant le luxe où elle vit est raffiné. Son appartement aux meubles noir et or, sa salle de bain avec piscine, sa chambre féerique, les marbres de sa salle à manger sont célèbres à Paris.
Heureusement, même dans ses égarements, Eve Lavallière ne perd pas de vue la Sainte Vierge dont elle portera la médaille jusqu’au dernier soupir. Et au lendemain de chacun de ses succès, elle envoie régulièrement des fleurs à la Mère de Dieu.
Un jour de 1917, en vacances dans un château qu’elle a loué, elle entend prêcher un curé de campagne. La grande comédienne se moque du prêtre, qui n’a évidemment pas son talent pour parler en public. Mais huit jours après, la voilà comme terrassée par Jésus-Christ.
Après sa conversion, elle passe dix-sept mois à Lourdes, au pied de l’Immaculée, refuge des pécheurs. Elle, l’élégante, s’habille comme une petite pensionnaire. Elle, la riche, va s’habituer à vivre pauvre avec une malle et deux valises. Elle a trouvé le Christ et elle lui parle comme une pauvre pécheresse parlerait à l’homme qui va la sortir de sa misère. Elle, la grande amoureuse, aime désormais le Christ et fait pour Lui ce qu’elle n’a jamais fait pour aucun homme : elle renonce à elle-même.
Elle, bien portante, tombera malade : il faudra un jour lui coudre la paupière de l’œil gauche à vif sans l’endormir … « J’ai soif d’arriver là-haut, de voir Jésus », dit-elle. Elle connaîtra volontairement la salle commune d’hôpital. Elle, dont les journaux à grand tirage parlaient, se fait oublier peu à peu. Car il suffirait d’un mot pour qu’elle redevienne riche et entourée. Un journaliste américain vient la trouver : « Voici un chèque en blanc à votre nom. Inscrivez-y la somme que vous voudrez et dictez quelques-uns de vos souvenirs, » lui dit-il. Eve répond : « Mon âme n’est pas à vendre. » Et pourtant elle n’a plus rien que Léonie, son amie fidèle, aussi pauvre qu’elle. Elle meurt le 10 juillet 1929, fidèle à ce Christ découvert douze ans plus tôt.
D’après Frère Albert Pfleger, mariste. Recueil Marial N° 12, 1980
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Un fait inimaginable s’est produit le mois dernier. Comme il est intervenu quelques jours avant la publication de la dernière lettre de liaison, il n’a pas été possible d’en parler à ce moment-là. Ce n’était ni un oubli, ni une négligence, mais simplement le manque de temps pour avoir toutes les informations nécessaires.
Une statue de Notre-Dame de Fatima remise à M. Poutine
En effet, une statue de Notre-Dame de Fatima a été remise à M. Vladimir Poutine en personne, le 1er juin dernier. Voici comment cela s’est passé.
Cette statue était arrivée à Moscou après un pèlerinage à pied de Fatima à Moscou, puis Kazan entre 2021 et 2025. Ce pèlerinage avait été organisé par l’UNEC (Union Nationale pour l’Enfant et la Famille). Un petit groupe de pèlerins a fait le trajet de Fatima à Kazan en portant une statue de Notre-Dame de Fatima sur leurs épaules, dans le but d’obtenir la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie par le Saint-Père. Initialement, le pèlerinage était prévu du 19 mars au 14 octobre 2020, sur un parcours d’environ 5 000 km, traversant 13 pays. Mais l’épidémie de Covid puis la guerre en Ukraine ont contraint les organisateurs à le retarder d’un an, à en modifier le parcours et à le fractionner en plusieurs étapes de deux à trois mois. Le pèlerinage a effectivement pu commencer en juin 2021. En voici un court descriptif :
– 2021 : Fatima – Lourdes, via Saint Jacques de Compostelle : 1 300 km (4 juin – 6 août) – 2022 : Marienthal – Lourdes, via Rocamadour et La Salette : 1 300 km (21 mars – 17 juin) – 2023 : Marienthal – Kristdala/Suède : 1 300 km (19 mars – 5 juin) – 2024 : Kristdala – Moscou : 1 800 km (20 avril – 21 juillet)
Il a ensuite été décidé d’ajouter un tronçon supplémentaire Moscou – Kazan en 2025 : 800 km (10 juin – 21 juillet, jour de la fête nationale de ND de Kazan).
La statue de Notre-Dame de Fatima aura ainsi parcouru près de 8 000 km en 362 jours de marche répartis sur cinq années, traversant neuf pays, malgré le Covid, la guerre en Ukraine, les intempéries, des obstacles de toute nature. À l’arrivée à Kazan, pour que la statue reste en Russie, elle a été confiée à une famille américano-australienne de dix enfants vivant à Moscou depuis plusieurs années. Cette famille l’a elle-même confiée à une autre famille de dix enfants, française cette fois, la famille Sorlin qui vit aussi en Russie depuis une dizaine d’années.
Le 1er juin 2026 eut lieu à Moscou une cérémonie officielle pour la remise de la médaille « Mère héroïne » par le président Vladimir Poutine à plusieurs mères de famille de dix enfants, dont Mme Isabelle Sorlin. Après la remise de médaille, son mari, M. Fabrice Sorlin put adresser quelques mots de remerciement au président et lui a offert la statue de Notre-Dame de Fatima. Avant de pouvoir l’introduire dans le Kremlin, la statue dut être remise aux services de sécurité pour inspection, deux jours avant la cérémonie, soit le 30 mai, fête de sainte Jeanne d’Arc en France. Ainsi, même si elle n’est probablement pas installée dans le bureau du président, une statue de Notre-Dame de Fatima est entrée au Kremlin 97 ans après la révélation de Notre-Dame à sœur Lucie que, pour accorder la paix au monde, Dieu demandait au pape, en union avec les évêques de monde entier, de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Cet événement, encore inimaginable il y a quelques années, nous incite à revenir sur cette demande du Ciel.
Les demandes de Notre-Dame concernant la Russie
Car la Russie a une place très particulière dans le message de Fatima, et par conséquent dans le cœur de la Sainte Vierge. En effet, la Russie est mentionnée trois fois dans le secret du 13 juillet 1917 :
Pour l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la RUSSIE à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la RUSSIE se convertira et l’on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la RUSSIE qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix.
La Sainte Vierge indique clairement, et sans aucune interprétation possible, que la paix dans le monde dépend de la conversion de la Russie, laquelle sera obtenue par sa consécration au Cœur Immaculé de Marie faite par le pape.
En 1917, Notre-Dame ne fit qu’une annonce : « Je viendrai demander … » Et effectivement, douze ans plus tard, le 13 juin 1929, à Tuy, Notre-Dame confia à sœur Lucie : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen. » Puis l’année suivante, le 29 mai 1930, sœur Lucie eut une autre communication du Ciel :
Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, Sa Sainteté promettant, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice.
Son confesseur lui ayant demandé des précisions sur cette révélation, elle lui écrivit le 12 juin 1930, pour lui confirmer mot pour mot ce que lui avait dit la Sainte Vierge. Parallèlement, le 19 mars 1930, alors que sœur Lucie n’avait encore rien révélé du secret de Fatima, Pie XI organisa à Saint-Pierre de Rome une cérémonie pour réparer les exactions commises par la Russie. Puis le 30 juin suivant, il décida que les prières après la messe prescrites par Léon XIII seraient désormais dites pour la conversion de la Russie.
En août 1931, à Rianjo, sœur Lucie reçut une autre révélation :
Comme je demandais à Dieu la conversion de la Russie, de l’Espagne et du Portugal, il me sembla que sa divine majesté me dit : « Tu me consoles beaucoup en me demandant la conversion de ces pauvres nations. Demande-la aussi à ma Mère, en lui disant souvent : Doux Cœur de Marie, soyez le salut de la Russie, de l’Espagne et du Portugal, de l’Europe et du monde entier. Et d’autres fois : Par votre pure et Immaculée Conception, ô Marie, obtenez-moi la conversion de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier. Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du Roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie. » Notre-Dame se plaignit également de cette inaction, comme en témoigne un écrit de sœur Lucie de 1936 : Plus tard, par le moyen d’une communication intime, Notre-Dame me dit, en se plaignant : « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande… ! Comme le Roi de France, ils s’en repentiront et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. »
Ainsi, le Ciel conditionne la paix dans le monde à la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Et sœur Lucie ne cessera de le répéter. Dans une lettre du 21 janvier 1935 au père Gonçalvès, elle dit : « Parlant avec Lui, il me semble qu’il est disposé à user de miséricorde envers la pauvre Russie, comme il l’a promis il y a cinq ans, et qu’il désire beaucoup la sauver. » Le 18 mai 1936, elle lui écrivit :
D’une manière intime, j’ai parlé à Notre-Seigneur de ce sujet, et, il y a peu de temps, je lui demandais pourquoi il ne convertirait pas la Russie sans que sa Sainteté fasse cette consécration : — Parce que je veux que toute mon Église reconnaisse cette consécration comme un triomphe du Cœur Immaculé de Marie, pour ensuite étendre son culte et placer, à côté de la dévotion à mon Divin Cœur, la dévotion à ce Cœur Immaculé. — Mais, mon Dieu, le Saint-Père ne me croira pas, si vous ne le mouvez vous-même par une inspiration spéciale. — Le Saint-Père ! Priez beaucoup pour le Saint-Père. Il la fera, mais ce sera tard ! Cependant le Cœur Immaculé de Marie sauvera la Russie, elle lui est confiée.
Trois ans plus tard, dans une lettre au père Aparicio datée du 19 mars 1939, elle rappela l’importance d’associer la consécration de la Russie à la dévotion au Cœur Immaculé de Marie : « De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, dépendent pour le monde la paix ou la guerre. »
On peut se demander pourquoi une telle prédilection du Ciel pour la Russie. La réponse se trouve probablement dans ce qu’écrivit dom Guéranger, une cinquantaine d’années avant les apparitions de Fatima, dans son Année liturgique, à la fête de saint Josaphat (14 novembre). Ces lignes n’ont pas perdu de leur actualité :
La Russie catholique, c’est la fin de l’Islam et le triomphe définitif de la Croix sur le Bosphore, sans péril aucun pour l’Europe ; c’est l’empire chrétien d’Orient relevé avec un éclat et une puissance qu’il n’eut jamais ; c’est l’Asie évangélisée, non plus seulement par quelques prêtres pauvres et isolés, mais avec le concours d’une autorité plus forte que Charlemagne. C’est enfin la grande famille slave réconciliée dans l’unité de foi et d’aspirations pour sa propre grandeur. Cette transformation sera le plus grand événement du siècle qui la verra s’accomplir, et changera la face du monde.
La conversion de la Russie
Ici, il convient d’apporter une précision sur ce qu’il faut entendre par conversion. Pour le Vatican, il s’agit simplement du retour à l’orthodoxie. Dans le livre La dernière voyante de Fatima, le cardinal Bertone, alors Secrétaire d’État, explique :
La consécration de la Russie ne voulait pas dire pour sœur Lucie capturer la grande Russie chrétienne au profit de la catholicité. Ce n’était pas son intention. Il s’agissait de consacrer la Russie à la Vierge pour que redevienne chrétienne, pleine de dévotion à Marie, cette Russie trahie et souillée par la révolution communiste, abattue par le retour de l’athéisme athée. (…) Une fois le communisme dissous, ressurgit la religiosité du peuple russe, religiosité marquée par la dévotion mariale. Il n’était pas besoin de la plier à un catholicisme rigoriste. Le pape slave a eu la sagesse de la respecter telle qu’elle était.
Pour le cardinal Bertone, il faudrait donc consacrer la Russie pour qu’elle reste dans le schisme ! Sœur Lucie et le père Alonso ont toujours été d’un avis totalement opposé. Voici ce qu’écrivit le père Alonso :
Lucie a toujours pensé que la conversion de la Russie ne s’entend pas seulement d’un retour des peuples de Russie à la religion chrétienne orthodoxe, en repoussant l’athéisme marxiste des Soviets, mais qu’elle se réfère simplement et pleinement à sa conversion totale et intégrale par un retour à l’unique et vraie Église catholique, romaine.
C’est parfaitement conforme à ce qu’enseigne Pie XI dans Mortalium animos(6 janvier 1928) :
Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on voit certains nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission. De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l’athéisme.
Il faut donc continuer à prier pour la conversion de la Russie, conversion qui n’interviendra que lorsque le pape l’aura consacrée au Cœur Immaculé de Marie. C’est pourquoi, il est profondément regrettable de voir que, dans beaucoup de communautés traditionnelles, les prières pour la conversion de la Russie après les messes basses sont souvent omises. Il y a donc un lien très fort entre la conversion de la Russie, la sauvegarde de la Chrétienté et le triomphe du Cœur Immaculé de Marie. Par conséquent, cette consécration a une importance capitale. Ainsi, la Russie a-t-elle une place très particulière dans le plan divin. C’est une volonté divine qu’il convient de respecter. Voilà pourquoi il est important que le Saint-Père consacre ce pays au Cœur Immaculé de Marie, en respectant scrupuleusement les demandes de Notre-Dame. Aucune des consécrations faites jusque-là, y compris celle de François qui a été la plus complète, n’a rempli toutes les conditions : le pape n’a jamais promis de reconnaître la dévotion des premiers samedis et aucun acte de réparation n’a été fait.
Nécessité des diverses conditions
La consécration de la Russie n’est pas la seule condition demandée par le Ciel pour nous accorder la paix. Dans ses Réflexions sur un acte de consécration, le père Joseph de Sainte Marie insistait sur l’indispensable union entre les demandes de la Sainte Vierge :
Il est extrêmement important de bien voir que celle-ci [la consécration de la Russie] ne représente qu’un des trois éléments constitutifs de l’appel de Fatima. Les deux autres (…) sont celui de la conversion, faite de prière et de participation au sacrifice rédempteur du Christ, et celui de la « dévotion réparatrice » – essentiellement eucharistique et mariale – des cinq premiers samedis du mois. (…) En observant, d’une part, qu’aucune d’elles ne peut suffire sans les deux autres et, d’autre part, que les unes s’adressent en propre à la hiérarchie tandis que les autres concernent tous les baptisés sans distinction, on voit dès maintenant que c’est par un effort de toute l’Église que ce message offre le salut au monde. (…) Cette considération ne permet ni de tout attendre de la seule consécration, ce qui serait peut-être la tentation de certains fervents de Fatima, ni de s’en remettre à la seule prière et pénitence des fidèles, ce qui pourrait être la tentation de la hiérarchie. Il faut et ceci et cela, le tout passant par le Cœur Immaculé de Marie. (…) Ni les pasteurs ne peuvent tenir aux fidèles un discours qui revienne à leur dire : « Vos prières et vos sacrifices suffisent », car ils ne suffiront jamais ; ni les fidèles ne peuvent dire aux pasteurs : « Votre acte de consécration fera tout », car il faut aussi la prière et le sacrifice de tous pour préparer ce « retour complet » des hommes à Dieu.
En ce qui concerne la consécration, il nous est difficile d’agir directement. Mais, comme il n’est pas concevable d’obtenir un bienfait au plan collectif si on ne fait pas d’abord ce qu’il faut au plan individuel, nous avons le devoir de prier à cette intention, comme il nous est demandé de prier et d’offrir des sacrifices pour la conversion des pécheurs. En particulier pratiquons avec ferveur et assiduité la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Il ne tient qu’à nous de la pratiquer et de la répandre : nous n’avons nul besoin d’une approbation de Rome pour le faire. Une telle attitude, outre qu’elle nous apportera les grâces de notre propre conversion et de notre salut éternel, peut fort bien procurer au pape les grâces nécessaires pour qu’il réalise avec les évêques du monde entier la consécration de la Russie, comme l’a demandée Notre-Dame, et reconnaisse la dévotion des premiers samedis du mois.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie Yves de Lassus
À propos des rosaires vivants
Plusieurs lecteurs ont à nouveau exprimé le souhait que des rosaires vivants soient réorganisés. Les réflexions sur une nouvelle organisation, destinée à fiabiliser la constitution de ces rosaires, se poursuivent. Nous espérons qu’elles aboutiront rapidement. Dès qu’une organisation efficace aura été trouvée, nous vous avertirons et vous pourrez à nouveau vous inscrire pour participer à un rosaire.
« L’amour du Christ est une priorité à donner aux musulmans » (II)
Née en Algérie dans une famille musulmane, Nadia Piccarreta est arrivée, enfant, en France et s’est convertie en entendant le son des cloches. Elle veut réveiller tous les baptisés de France et nous exhorte à retrouver nos racines chrétiennes : « L’amour du Christ est une priorité à donner aux musulmans. »
B.V. Vous désirez réveiller les baptisés de France. Comment faire ? N. P. J’ai envie de réveiller tous ceux que Dieu place sur mon chemin. Tout baptisé devrait s’engager à parler de Jésus-Christ. On ne peut pas être indifférent à son message. C’est au quotidien en allant faire mes courses que j’annonce le Christ. Je sympathise avec la caissière du supermarché, la plus rebelle parfois. J’ai toujours dans mes poches des médailles miraculeuses, je fais une mini-catéchèse. La boulangère a fini par comprendre que j’étais chrétienne : « Madame, gardez mon pain, je reviens après la messe. » Les clients entendent le mot « messe », cela les réveille ! La dernière fois, une caissière avait une tête de mort autour du cou. Je lui ai dit : « Jésus, c’est mieux, non ? » Elle m’a répondu :« C’est qui, celui-là ? » Je me suis fait un plaisir de décliner l’identité de Jésus-Christ. La petite Bernadette de Lourdes disait à propos de ses rencontres avec la Vierge Marie : « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, mais je suis chargée de vous le dire. » Des occasions comme celle-ci se présentent toujours. Je suis désolée de voir le mutisme chez les Catholiques. La seule richesse de l’homme sur la Terre, c’est de croire au Sauveur et de l’annoncer.
B.V. Comment expliquez-vous que l’islam progresse en France ?
N. P. Les Musulmans aiment la famille, ils aiment avoir de nombreux enfants. Ce sont des croyants. Dieu dit dans la Bible : « Soyez féconds, multipliez-vous, répandez-vous sur toute la Terre »(Genèse 1-8). Ce n’est hélas pas une culture française et cela endommage notre France, faute de les avoir évangélisés. C’est un échec, les Chrétiens n’ont pas su annoncer le Christ. Il ne faut pas être timide, il faut oser se montrer avec sa Bible à la main : il y a toujours une occasion de parler de Dieu et de la Vierge Marie à un Musulman. Ils seraient stupéfaits de voir un Chrétien croire en Dieu.
Les Musulmans sont ouverts au dialogue. Il est très facile d’aborder le nom de Dieu avec eux. J’ai eu l’occasion de parler avec un Musulman, au début du carême, puisque cette année, le ramadan a commencé en même temps que notre carême. J’ai évoqué notre temps liturgique et le sacrement de la confession. Il ne faut pas hésiter à citer les extraits de la Bible ou à offrir une médaille miraculeuse : la Vierge Marie est reconnue comme une femme sainte. Les échanges sont toujours intéressants. L’Esprit saint touche les cœurs. Dieu fera le reste. Les Musulmans ont besoin du Christ. Nous sommes privilégiés de le connaître. La foi chrétienne est un héritage précieux, c’est un don à transmettre au monde entier.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Ceux qui ont lu la Bible savent qu’elle établit un parallélisme fort entre parole et nourriture, notamment Ézéchiel (Ézéchiel 2,8 – 3,3) et Jean (Apocalypse 10,8-11) sont littéralement invités à mâcher un rouleau de textes. Il s’agit littéralement de manger la parole de Dieu. L’erreur serait de ne voir derrière ce lien qu’un symbolisme, un peu comme on dirait d’un étudiant qu’il avale ses cours. Personne n’imagine qu’il mâche du papier. Pourtant, vous aurez beau lire et relire la Bible, en particulier le Nouveau Testament, ça ne fera pas de vous un Chrétien. Il faudra que votre chair soit touchée, il faudra le baptême … C’est le sens de tous nos sacrements et la mesure de leur efficacité : que la chair soit divinement touchée.
Le christianisme est une religion holistique, qui nous implique tout entier – corps et âme. La particularité de la religion chrétienne, c’est l’incarnation : Dieu a pris chair, nous démontrant ainsi que le corps humain peut être sous l’emprise totale de l’Esprit Saint. Le christianisme est une spiritualité, certes, mais c’est aussi une religion qui implique fondamentalement le corps. Il faut qu’il soit intimement touché par l’Esprit. De là, notre préoccupation de la manière dont nous nous engageons corps et âme dans l’élan amoureux. De là, notre morale exigeante. Il y a, dans notre religion, une manière sainte d’aimer qui nous implique tout entier.
La première chose à retenir de l’incarnation divine, c’est que nous sommes charnellement aimés par Dieu. Le premier regard à poser sur notre corps n’est pas qu’il soit corruptible ou mortel – intrinsèquement attaché au péché et à la souffrance – mais qu’il est voulu, aimé, désiré par Dieu, qu’il est essentiellement bon et qu’il peut fondamentalement être sauvé. Nous sommes appelés à pleinement jouir de l’amour divin, non à le ternir, l’obscurcir, l’étouffer. On retrouve ce coté particulièrement charnel de l’amour de Dieu dans la racine hébraïque du mot « miséricorde » (Rahamim (רחמים), qui vient directement de Rehem (רחם) qui signifie « utérus », « matrice », « entrailles ». Quand nous parlons de miséricorde divine, nous parlons littéralement d’une tendresse viscérale, d’un Dieu pris aux tripes.
Par son incarnation, le Christ fait du corps humain un temple saint – un lieu de prière où brille la présence effective de Dieu. Et, à bien sonder notre âme, nous savons que brûle en nous le désir d’un amour pur, d’une vie saine et d’un esprit saint, le désir d’aimer comme Dieu aime. C’est donc bien qu’il est présent en nous, que nous aussi l’avons dans la peau. Ainsi s’agit-il de prendre soin de notre corps, comme le don merveilleux qui nous unit à Dieu. Et ceci résume toute la morale chrétienne : nous sommes appelés à divinement respecter les corps, à commencer par le nôtre.
Dieu ne peut pas nous aimer charnellement sans se donner charnellement. C’est le propre d’un amour incarné. L’amour n’est pas que belles paroles, qui d’ailleurs ne sont rien si elles ne surgissent pas d’un cœur battant, des entrailles précisément. Faute d’incarnation, nous sommes réduits à adorer un Dieu bien loin dans le ciel, bien loin de nous embrasser, bien loin de pouvoir surgir dans nos vies. Le Christ est ce surgissement du cœur battant de Dieu dans le monde, qui non seulement vient nous toucher mais vient aussi mourir avec nous. Alors que notre cœur et notre esprit s’éteindront, Dieu voudra encore nous rejoindre.
Puisqu’il a fallu que le Christ meure pour nous prouver le jusqu’au-boutisme charnel de l’amour de Dieu, il nous transmet son Esprit, à travers les sacrements précisément : sacrement de notre personne par le baptême et la chrismation, vitalité par l’Eucharistie, le mariage et l’ordre ; restauration par l’onction des malades et la réconciliation. Les sacrements sont la manière charnelle avec laquelle Dieu se donne à nous désormais, la manière qu’il a de venir nous embrasser, de vouloir surgir dans nos vies, de s’immiscer en nous.
Beaucoup peinent à voir la présence réelle de Dieu dans les sacrements. C’est pourtant essentiel au coté charnel, incarné de notre religion. L’Esprit de Dieu est effectivement présent dans l’eau qui baptise, l’huile qui consacre, les époux qui se donnent pour la vie, le prêtre qui absout. L’Esprit d’amour divin est totalement présent dans l’Eucharistie, véritable actualisation du sacrifice du Christ en croix, là où il s’est donné pleinement pour notre restauration.
Mais cette action du don de son corps en nourriture, par pur esprit d’amour, se vit aussi en famille. Chaque repas que posent les parents sur la table de leurs enfants est le fruit de leur travail, de leur sueur convertie en salaire, du don de leur corps par amour. A chaque repas, ceux qui l’offrent sont fondés à dire : « Ceci est mon corps, livré pour vous ». De même lorsqu’on tend un billet à un mendiant : « Voici mon corps, livré pour vous ».
La mère qui donne la vie, le père qui se bat pour ses enfants, les amoureux l’un envers l’autre, savent qu’ils sont prêts à aller loin dans le don d’eux-mêmes par amour, jusqu’au sacrifice de leur corps voire, s’il le faut, au péril de leur vie. Beaucoup d’entre-nous sont prêts à se sacrifier par amour, notre désir est simplement que ce ne soit ni brutal, ni violent. Et c’est ce que l’Eucharistie présente : l’actualisation non violente du sacrifice du corps du Christ, que l’on retrouve dans le don total de soi comme simple nourriture.
Quand nous regardons les personnes aux corps usés, rompus par la vie, ne voyons pas tant l’usure du temps que celle de l’amour. Ne voyons pas le grand âge, les corps rompus comme une déchéance mais, au contraire, comme l’authentique témoignage de corps gracieusement offerts, rompus par l’amour. Voyons dans nos corps usés des eucharisties. « Ceci est mon corps, livré pour vous ».
Marchant allégrement sur les chemins de la vie ou rompu, à bout de souffle en croix, le Christ toujours se donne charnellement. Il se donne finalement comme le pain se donne, disparaissant totalement derrière le don pour n’être plus que don. Seul persiste alors l’Esprit derrière le don.
Que Dieu fasse de nos vies des eucharisties, des dons ultimes de nos corps par amour. Amen.
« Le mystère de la Pentecôte se déroule en présence de Marie »
Cette irruption de la divine Trinité en l’âme, c’est le mystère insondable de la Pentecôte. Ce mystère se déroule aux côtés de Marie, autour de Marie, en présence de Marie, avec Marie.
Cette habitation de la divine Trinité en elle, Marie va la communiquer aux Apôtres et, par eux, ensuite, à toutes les âmes qui voudront suivre le Christ. Tout ce qui s’est passé au jour de l’Ascension, Marie l’a gardé en son cœur. Instruite par l’exemple de son Fils, Marie a compris la volonté du Père sur elle. « Que ta volonté soit faite » : le fiat de l’Annonciation, le fiat de la Croix ont amené Marie au fiat de l’Ascension.
Jésus a disparu à ses yeux de chair et c’est un mystère de séparation qu’il lui faut vivre ; un détachement plus pur et plus parfait encore que tous ceux qu’elle a vécus jusque-là. Marie n’hésite pas un instant. La voilà qui se hâte à nouveau, pour rassembler les Apôtres.
Les événements si déroutants auraient pu les disperser une fois encore. Mais Marie est celle qui contemple. Elle voit, au-delà des apparences.
Adorer avec Marie, Marie-Benoîte Angot, Editions le Sarment, p. 81
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
« Fatima n’est pas un point d’arrivée. Fatima est un point d’envoi »
Ce 13 mai, les pèlerins ont été mis au défi de réaliser l’expérience et le message de Fatima au monde.
Fatima a été présentée aujourd’hui par le président du pèlerinage international d’anniversaire de mai comme un « point d’envoi » aux quelque 180 000 pèlerins rassemblés dans l’enceinte de prière, qui ont été exhortés à être missionnaires.
« Il ne suffit pas d’admirer Fatima. Il faut vivre Fatima. Il ne suffit pas d’allumer une bougie. Il faut devenir lumière. Il ne suffit pas de passer par cet endroit. Nous devons laisser cet endroit passer par notre vie. « Fatima n’est pas un point d’arrivée. Fatima est un point d’envoi », a demandé le Patriarche de Lisbonne, D. Rui Valério, dans l’homélie de la Messe Internationale, en exhortant à des gestes concrets pour assumer la mission demandée.
« Nous partons pour apporter de l’espoir aux découragés, nous partons pour apporter la réconciliation là où il y a division, nous partons pour apporter la paix là où il y a violence, nous partons pour apporter la lumière là où il y a des ténèbres. N’ayez pas peur d’être léger. N’ayez pas peur d’être saints. N’ayez pas peur de montrer au monde la beauté de Dieu », a-t-il précisé.
Le patriarche de Lisbonne a décri la paix mondiale non seulement comme un accord politique, mais comme le résultat d’une transformation personnelle et intérieure.
« Le chrétien n’amène pas seulement des mots au monde. Il prend une lumière reçue. Prends un cœur transformé. Prenez une paix née de la contemplation. Par conséquent, Fatima n’est pas seulement un lieu de dévotion. Fatima est une école de transformation intérieure. Ici, nous avons appris que l’humanité ne retrouve son chemin que lorsqu’elle lève à nouveau les yeux vers Dieu », a déclaré le président de la célébration, en lançant aux pèlerins le défi de porter l’expérience de Fatima au monde.
« Tout ce que nous vivons ici – la prière, le silence, la conversion, la réconciliation, la communion – ne peut rester enfermé dans cette fosse d’Iria. Vous devez descendre à la vie. Vous devez entrer dans nos maisons, dans nos familles, dans nos villes et villages, dans notre travail, dans nos écoles et universités, dans nos relations, dans les blessures et les joies de la vie quotidienne ».
Le jour du neuvième anniversaire de la canonisation des Saints Petits Bergers, D. Rui Valério a souligné l’exemple de Francisco et Jacinta Marto, pour rappeler que « quand Dieu trouve un cœur disponible, une petite flamme peut éclairer le monde entier ».
En admirant la foule de pèlerins qui remplissaient l’enceinte de prière, le patriarche de Lisbonne a fait appel à la fraternité comme clé de la paix dans le monde.
« C’est l’une des plus grandes prophéties de Fatima pour notre époque : l’humanité ne trouvera la paix que lorsqu’elle découvrira à nouveau qu’elle est une famille. Personne n’est étranger ici. Personne n’est seul ici. Ici, nous sommes tous des enfants accueillis par la même mère », a-t-il conclu.
Roma a pointé son regard vers Fatima
Au moment de l’adoration eucharistique, les malades présents à Cova da Iria et à la maison étaient les destinataires d’une parole qui présentait Notre-Dame comme un guide et un refuge, dans les moments de plus grand découragement et de souffrance, et les saints petits bergers comme exemple de foi et de résilience.
« Comme les saints petits bergers François et Jacinta Marto, unissons notre souffrance à celle de Jésus sur la Croix, pour la paix, pour le salut du monde. Faisons de notre fragilité un lieu de rencontre, assumons comme les nôtres les paroles confiantes de Lucia dans son journal : « J’espère aussi dans la protection du Cœur Immaculé de Marie qui sera toujours mon refuge, mon guide, ma force, la lumière de mon chemin », a rappelé Sœur Inês Vasconcelos, de la Congrégation des Services de Notre-Dame de Fatima.
Dans le dernier mot, l’évêque de Leiria-Fátima, D. José Ornelas, a remercié la présence de D. Rui Valério et a renforcé l’appel à la fraternité laissé par le président du pèlerinage.
« Que le Cœur de Marie transforme notre cœur. Avec Elle et comme Elle, nous confions à nos maisons, à nos communautés chrétiennes, à l’Église et au monde le message de Fatima, message de la Mère qui prend soin de tous, qui ne distingue pas les nationaux et les étrangers, pour construire un monde plus humain, marqué par l’amour de Jésus, dans la justice, dans la fraternité et dans la paix ».
À Rome, la fête liturgique de la Vierge Sainte Marie du Rosaire de Fatima a été commémorée par le pape Léon XIV lors de l’audience générale de mercredi. En saluant les fidèles de langue portugaise, le Saint-Père a pointé son regard vers la Cova da Iria, où se déroulait déjà la récitation du Rosaire, dans la chapelle des apparitions.
« Dans ce lieu, si cher à tous les chrétiens, se trouvent aujourd’hui de nombreux pèlerins, originaires des cinq continents : leur présence est le signe du besoin de consolation, d’unité et d’espoir des hommes de notre temps », a déclaré le Pape.
En ces deux jours du premier grand pèlerinage de 2026, 430 000 pèlerins, originaires des cinq continents, ont participé aux célébrations.
Constantinople (Istanbul) est dédiée à la Mère de Dieu
L’Église d’Orient fête le 11 mai, la Dédicace de la ville de Constantinople, « gardée par Dieu » et « dédiée à la protection de notre souveraine la Très Sainte Mère de Dieu ».
Lorsque Constantin le Grand eut entouré de murailles et considérablement agrandi la ville de Byzance, qu’il avait choisie pour capitale de l’Empire chrétien, le 11 mai 330, après avoir solennellement dédié la cité à la Toute-Sainte Mère de Dieu, il prit, avec le Patriarche, la tête d’une grande procession, à laquelle se joignirent le clergé et tout le peuple.
Parvenu au Forum, on érigea au sommet d’une colonne de porphyre la statue de l’empereur, après avoir déposé dans sa tête les précieux clous avec lesquels le Christ avait été crucifié, et à ses pieds les douze corbeilles qui avaient servi à recueillir les restes lors du miracle de la multiplication des pains. Cette fête fut dès lors célébrée chaque année avec faste, par une procession qui allait du Forum à Sainte-Sophie.
A de multiples reprises la Très-Sainte Mère de Dieu manifesta sa protection sur la ville impériale, qui était devenue, par ses magnifiques églises et ses innombrables reliques de saints, une anticipation de la Jérusalem céleste. En particulier, en 626, lors de l’attaque conjuguée des Avars et des Perses, l’Icône de la Mère de Dieu repoussa miraculeusement les ennemis. Sous Léon l’Isaurien, elle renouvela un miracle semblable en chassant les Sarrasins qui assiégeaient la cité depuis trois ans.
Et de même, en temps d’épidémies ou de calamités naturelles, elle ne cessa de montrer sa protection, jusqu’au jour où, conformément aux desseins insondables de la Providence, la Cité et l’Empire disparurent de la scène de l’histoire (1453), tout en demeurant pour les Chrétiens des symboles du Royaume à venir qui n’aura pas de fin.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
On se souvient qu’au XIIIè siècle, le roi de Castille, Alphonse X le Sage, avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et le mois de mai. Au siècle suivant, le bienheureux dominicain Henri Suso avait, durant l’époque des fleurs, l’habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge.
En 1549, un bénédictin, V. Seidl, avait publié un livre intitulé « Le mois de mai spirituel », alors que saint Philippe Néri exhortait déjà les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le mois de mai où il réunissait les enfants autour de l’autel de la Sainte Vierge pour le lui offrir, avec les fleurs du printemps.
Un peu plus tard, les Jésuites recommandaient que, la veille du premier mai, dans chaque appartement, on dressât un autel à Marie, orné de fleurs et de lumières, devant quoi, chaque jour du mois, la famille se réunirait pour réciter quelques prières en l’honneur de la Sainte-Vierge avant de tirer au sort un billet qui indiquerait la vertu à pratiquer le lendemain. Cette dévotion mariale s’est perpétuée de par le monde jusqu’à aujourd’hui.
Alors en ce mois de Mai, comme les enfants du moyen âge, offrons des fleurs et des prières à Marie !
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.