MOZAMBIQUE – Destruction totale de la mission de Nangololo occupée en octobre par les insurgés

MOZAMBIQUE – Destruction totale de la mission de Nangololo occupée en octobre par les insurgés

 « Tout est détruit » indique le Père Edegard Silva, missionnaire brésilien de La Salette, qui a pu constater les dommages subis par la mission de Nangololo, sise dans le district de Muidumbe, qui avait subi une attaque, avait été occupée et détruite par des groupes armées qui sèment la terreur et la mort dans la province de Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique.


« Le 30 octobre, les terroristes sont revenus occuper le district de Muidumbe où se trouve notre mission – rappelle le missionnaire. L’ensemble de la population s’est enfui dans la brousse. Nous nous sommes réfugiés à Pemba – indique-t-il. Au cours de cette période, l’ensemble de la zone est demeurée sous le contrôle des insurgés qui ont quitté la mission catholique le 19 novembre.


Ce n’est qu’alors qu’il a été possible de vérifier ce qui s’était passé. Le Père Silva écrit que « tout est détruit : la maison où nous vivions a été réduite en cendres… Tous les équipements ont été brûlé, le siège de la Paroisse détruit, la station radiophonique de la communauté incendiée, la maison des religieuses détruite ».


Les nouvelles qui arrivent à Pemba n’évoquent pas seulement la destruction des édifices de la mission, de l’église, de la station radiophonique (voir Fides 16/11/2020) et de la maison des religieuses. Elles font également état des intenses souffrances de la population face à la violence des insurgés et aux massacres perpétrés par ces derniers à l’encontre des civils.

« Le long du parcours, ont été découverts de nombreux corps en décomposition et retrouvés des lieux de massacres. Les actions des terroristes sont violentes. Diverses personnes ont été décapitées, les maisons incendiées et détruites » indique le Père Silva. « Plusieurs personnes ne sont pas parvenues à trouver leurs familles. On parle de massacres et de plus de 500.000 évacués ». La situation humanitaire est aggravée par une épidémie de choléra et par le Covid-19.


Le Père Silva rappelle l’importance de la « solidarité internationale » face à ce scénario de guerre et de destruction afin de répondre aux besoins de logement et en nourriture, médicaments, eau, tentes, bâches de 500.000 personnes ».


Les insurgés qui sèment la mort et la destruction dans la nord du pays s’appellent Al Shabaab et sont affiliés au prétendu « Etat islamique » depuis 2019. Ils rejettent la société laïque existante et veulent fonder une société gouvernée par la loi islamique, la charia. En outre, ils veulent fonder un califat. Le prétendu « Etat islamique » indique le Mozambique et le Congo comme province dudit Etat en Afrique centrale maisz les insurgés évoquent également un califat swahili à installer en Afrique orientale – Mozambique, Tanzanie et Kenya.

Source: Agence Fides, le 15 janvier 2021

IRAQ – Installation d’une statue de Notre-Dame sur l’église de Qaraqosh utilisée comme armurerie par les djihadistes

ankawa.com

IRAQ – Installation d’une statue de Notre-Dame sur l’église de Qaraqosh utilisée comme armurerie par les djihadistes

Lorsque le Pape François visitera la ville de Qaraqosh, il sera accueuilli par la grande statue de Notre-Dame qui vient d’être installée sur le clocher de l’église de Notre-Dame al Tahira (toute pure). Du clocher du sanctuaire, la statue domine la ville sise dans la plaine de Ninive qui fait partie de celles touchées par la visite apostolique du Pape prévue du 5 au 8 mars prochains.


L’installation de la statue, intervenue le 11 janvier, prend une forte connotation symbolique comme signal de renaissance de la ville irakienne, habitée un temps par une population en grande partie faite de chrétiens syro-catholiques et qui avait été sous le joug du prétendu « Etat islamique » de 2014 à 2016. Le complexe de Sainte Marie al Tahira, avec ses deux églises – l’une antique remontant au XIII° siècle et l’autre moderne, construite au cours de la première moitié du XX° siècle – est le lieu de culte le plus connu et le plus représentatif de l’ensemble de la ville.

C’est notamment pour cette raison que les djihadistes l’avaient transformée de 2014 à 2016 en installation militaire, l’utilisant notamment comme polygone de tir et dépôt d’armes. Au cours de l’occupation djihadiste et après cette dernière, l’église a été mise à sac et dévastée. Sa restauration, débutée depuis longtemps, a été idéalement achevée au travers de l’installation de la statue de Notre-Dame sur le clocher du sanctuaire.


Les djihadistes du prétendu « Etat islamique », qui avaient déjà pris Mossoul, enlevèrent Qaraqosh dans la nuit du 6 au 7 août 2014, contraignant à une fuite précipitée des dizaines de milliers de chrétiens habitant la ville. Ceux-ci trouvèrent en grande partie refuge dans la zone d’Erbil et ailleurs dans la région autonome du Kurdistan irakien. La libération de Qaraqosh a eu lieu en octobre 2016. Depuis lors, les initiatives et appels visant à favoriser le retour des chrétiens dans la ville n’ont pas obtenu les résultats escomptés.

Source: Agence Fides, le 15 janvier 2021

Lectures de dimanche : « l’Évangile est une Présence à contempler »

Evangile, Sainte-Marthe © L'Osservatore Romano
Evangile, Sainte-Marthe © L’Osservatore Romano

Lectures de dimanche : « l’Évangile est une Présence à contempler »

Les trois verbes de la vocation

Par MGR FRANCESCO FOLLO

« Venez et vous verrez : l’Évangile est une Présence à contempler avec les yeux du cœur » : c’est le thème de la méditation de Mgr Francesco Follo, pour les lectures de dimanche prochain, 17 janvier 2021 (IIe dimanche du temps ordinaire – Année B – 1S 3,3-10.19; Ps 39; 1Co 6,13-15.17-20; Jn 1,35-42).

« Se rapprocher de Dieu c’est devenir une cathédrale vivante », écrit l’observateur permanent du Saint-Siège à l’Unesco à Paris, qui médite notamment sur les trois verbes de la vocation, « qui n’est pas un métier ».

1) La vocation : l’invitation à rester avec le Christ pour en partager la vie et la tâche.


Après la célébration du Baptême de Jésus qui a conclu la période de Noël dimanche dernier, la liturgie présente aujourd’hui un passage du premier chapitre de l’Évangile de Jean pour compléter la narration des événements qui ont marqué la manifestation de Jésus comme Messie et Fils de Dieu, qui appelle à le suivre, en habitant avec lui. Et, n’oublions pas, on n’habite que là où l’on est aimé : la maison de l’un est l’affection de l’autre. L’habitation, la maison n’est pas comme la tanière ou la bergerie pour l’animal qui y se réfugie ou s’abrite. Le foyer est le lieu des véritables rapports de la vie humaine, de l’intimité, des affections. Demander au Christ « où habites-tu ?» signifie lui demander « qui es-tu ? ». Cela signifie lui demander son identité, cela signifie lui demander « d’où viens-tu et où vas-tu ? » Quel est ton monde, le monde vrai et intérieur que tu as construit et que tu es toi-même en train de construire. Comme Jean et André, nous demandons à la Parole faite chair : « Où habites-tu ? Où es-tu chez toi ? Quel est ton mode de vie, qui es-tu vraiment ? C’est ça ce qui nous intéresse ». Et le Christ répond à nous aussi : « Venez et vous verrez ». Par conséquent, si nous ne marchons pas derrière lui, à sa suite, nous ne connaîtrons pas la réponse pour « voir » avec les yeux du cœur.
Ce n’est pas un hasard, si même pour les deux autres lectures de la messe de ce dimanche, le IIe du temps ordinaire, la vocation est le thème central comme écoute de la volonté d’amour de Dieu et comme chemin pour demeurer dans l’Amour dont nous devenons membres. Nous avons tous été appelés à suivre une « vocation » à réaliser dans notre vie de tous les jours. Nous sommes tous appelés à vivre notre vocation de fils de Dieu dans le Fils unique dans l’apparente banalité de la vie quotidienne. Nous sommes tous appelés à être avec le Christ, avant de faire quelque chose pour le Christ.
Le plus bel exemple à cet égard nous est offert par la Vierge Marie qui, avant de “faire des œuvres” de mère, “était” et “est” encore mère. Et les apôtres aussi dont nous parle l’Évangile de ce jour, avant de faire quelque chose pour le Christ, furent avec le Christ. A Jean et André qui lui demandaient : “Maître, où habites-tu ?”, Jésus répondit : “Venez et vous verrez”, c’est-à-dire qu’il leur proposa d’“être” avec Lui, avant de “faire” quelque chose avec Lui.
Ce n’est pas un hasard non plus si la liturgie du temps ordinaire demande que le prêtre porte les ornements verts, pour signifier le temps vert de notre vie. Il s’agit d’un temps chargé d’espoir, qui accompagne et illumine le quotidien que nous devons “passer” à la suite du Christ.
Le temps ordinaire n’est pas un temps mineur, c’est le temps dans lequel le Mystère de la vie du Christ et de notre vie en Lui s’écoule sous nos yeux de manière ordinaire et nous, nous sommes appelés à le recevoir et à le comprendre, pour parcourir la voie du salut, en Jésus Christ, notre Voie.
Chaque existence est déjà un appel : Dieu nous a sauvés de l’abîme vertigineux du néant et, en nous offrant l’être, il nous a donné aussi un projet à accomplir, un dessein à réaliser qui est même gravé “sur ses paumes” (Isaïe 49). C’est là le sens de notre vie : être avec Dieu et collaborer au grand projet qu’Il nourrit de toute éternité pour chacun de nous.
Nous sommes souvent tentés de croire que la vocation que Dieu nous donne, est un devoir pénible, une vertu obligatoire et ennuyeuse. Non. Dieu adresse aux hommes un appel à tisser un lien d’amour avec Lui. Il les invite dans sa demeure, les accueille de nouveau dans sa maison quand ils reviennent à son amour. Et non seulement ils peuvent rester avec Lui mais Lui reste dans leur cœur. La philosophie de l’homme dans la quête éternelle de sa maison est la nostalgie de sa patrie, de sa maison natale, comme l’a écrit le philosophe et écrivain allemand Novalis (1772 -1801) : “la philosophie est la nostalgie de retour à la maison”. Eh bien l’Évangile d’aujourd’hui montre comment on arrive à cette maison. En suivant le Christ, en Lui demandant où il habite et en demeurant avec Lui.
L’effet le plus admirable de cette démarche est que nous devenons sa demeure. Car se rapprocher de Dieu c’est devenir une cathédrale vivante. En recevant sa Présence en nous, nous comprenons la grandeur de la condition “humaine” à laquelle nous sommes appelés. La Bible abonde d’histoires de vocation : à titre d’exemple, Abraham, Moïse, David, chacun des prophètes, le petit Samuel dont il est question dans la première lecture d’aujourd’hui (1 Samuel 3,3-10), la Vierge Marie, les apôtres.
Chacun sous des formes différentes, mais nous avons tous en commun de recevoir cette invitation à donner à notre existence la valeur suprême de s’ouvrir à la relation avec Dieu, en disant comme Marie : “Amen, Fiat, que tout se passe pour moi comme tu l’as dit”.

2) Les trois verbes de la vocation qui n’est pas un métier


Les lectures de la messe d’aujourd’hui montrent que la vocation se caractérise par trois verbes : appeler, écouter, répondre.
Appeler. Excepté les rares appels directs, la vocation se produit par l’intermédiaire d’autres hommes, comme on le voit dans l’épisode d’aujourd’hui : pour les deux disciples du Baptiste, c’est lui l’intermédiaire, qui leur désigne l’Agneau de Dieu ; pour Pierre, c’est son frère André ; pour Samuel enfant, c’est son “tuteur” Eli.
Écouter, comme il le fit le petit Samuel qui répondit à Dieu qui l’appelait par son nom : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ».
Répondre en allant habiter auprès de Celui qui nous dit, comme à Jean et André : “Venez et vous verrez”.
Revenons au passage de l’Évangile d’aujourd’hui, où il nous est raconté que, remarquant Jean et André qui le suivaient, Jésus se retourna et demanda : “Qu’est-ce que vous cherchez ?”. Jésus ne posa pas cette question pour se renseigner, mais pour provoquer la réponse et les amener à prendre conscience de leur propre recherche. Jésus oblige l’homme à s’interroger sur les raisons de son propre chemin.
La recherche doit être mise en question. Il y a, effectivement, recherche et recherche. Il y a celui qui cherche vraiment Dieu et qui, en réalité se cherche lui-même.
Donc, la première condition est de vérifier continuellement l’authenticité de sa propre recherche de Dieu. La deuxième est de ne pas chercher à comprendre la vocation comme une recherche visant à ordonner le monde ni à trouver sa place dans le monde, parce que la vocation n’est pas le fruit d’un projet humain ou d’une stratégie d’organisation. Elle est vocation à l’Amour reçu et offert. La vocation n’est pas un choix, c’est être choisi : “Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis” (Jn 15, 16).


3) La vocation au bonheur1 à travers un exode


Dans l’Évangile de Marc on lit : “Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit : Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. (…) Jésus le regarda et se prit à l’aimer ; il lui dit : « Une seule chose te manque : va, ce que tu as vends-le, et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens, suis-moi.” (Mc 8, 34-35 ; 10,21).
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus, en d’autres termes, répète cette invitation à Jean et André pour qu’eux aussi se mettent en route à sa suite. Dans les deux cas, le Christ demande de parcourir avec Lui le nouvel exode, qui n’est pas uniquement de libération du mal et de tout autre esclavage physique ou moral, mais pour la liberté, la vérité2, l’amour, la joie qui nous tiennent tant à cœur.
Un exemple de saint qui accepta totalement de faire cet exode avec le Christ, c’est celui de Saint François d’Assise (1182 –1226), qui exprima son expérience de libération et de vocation par ces paroles connues sous le nom de La Prière simple :
Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je
mette votre lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer,
car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.
Des siècles avant, un autre saint exprima l’expérience d’être appelé de manière très profonde. Il s’agit de Saint Augustin d’Hippone (354 – 430), dont la vocation-conversion fut obtenue par la prière et les larmes de sa mère, Monique. Dans les Confessions, écrites pour raconter sa vocation et rendre gloire à Dieu pour sa miséricorde, ce grand Saint affirme que “le poids de l’amour élève vers le haut” (Pondus meum amor meus – Confessions, XIII, 9, 10). Autrement dit, l’évêque d’Hippone ajoutait : “En quelque lieu que j’aille, c’est l’amour qui m’y porte”.
Lui aussi avait trouvé l’amour et non seulement il ne voulait pas le perdre, mais il voulait lui rester fidèle pour toujours.
Pendant des années il avait cherché la vérité et l’amour. Quand il l’eut rencontré dans la personne du Christ, il resta fidèle à jamais.
A lui aussi, le Christ dit “que cherches-tu ?”, et à sa réponse interrogative : “Maître où habites-tu ?” la réponse est encore “viens et tu verras”.


4) Le témoignage des Vierges consacrées dans le monde


La vocation de Jean et André fut suscitée par le témoignage de leur “vieux” maître, Jean le Baptiste, qui avait désigné Jésus comme “l’Agneau qui enlève les péchés du monde”, mais elle devint plus claire dans le dialogue avec le Christ : “Que cherchez-vous ?”, “ Maître, où habites-tu ? “Venez et vous verrez”.
A Jean et à André, comme à l’interminable cortège de personnes qui Le cherchent et Lui demandent : “ Où habites-tu ?”, Jésus répond par un impératif (“venez”) et par une promesse (“vous verrez”). La recherche n’est jamais finie. La découverte de Dieu n’est jamais terminée.
Jésus ne dit pas ce qu’ils ne verront ni quand. C’est en demeurant avec Lui que l’avenir se dévoilera et s’épanouira. Suivre Jésus ne signifie pas savoir à l’avance où Il nous conduit ; cela veut dire lui faire confiance, pleinement confiance. Cet abandon total est vécu de manière particulière par le Vierges consacrées. Ces femmes nous donnent le témoignage que la vocation consiste à reconnaître le Christ comme centre affectif de la vie humaine. A leur exemple, à la question du Christ “Qui, que cherchez-vous ?”, nous répondons : “Toi”, et dans le quotidien “oui” (fiat), elles se conforment à son dessein d’amour, en renouvelant fidèlement le “oui” prononcé entre les mains de l’évêque le jour de leur consécration. (Cf. rituel de Consécration des vierges, n° 14 : L’évêque : « N., le Seigneur vous appelle à le suivre. » Réponse de la candidate : « Me voici, Seigneur, puisque tu m’as appelée ».)
Nous savons tous que l’amour de Dieu pour l’homme est fidèle et éternel : “ Je t’ai aimé d’un amour éternel ”, dit Dieu à l’homme (Jr 31, 3). Les Vierges consacrées nous témoignent que même nous, nous pouvons vivre la vocation à l’amour de Dieu qui est lumière, bonheur, et épanouissement de la vie ici-bas et pour l’éternité.


Lecture Patristique


Saint Thomas d’Aquin
Ev. sec. Ioan., 1, 15, 1 s.
C’est maintenant le contenu du témoignage du Baptiste qui nous est exposé. Par ces paroles, non seulement il montre le Christ, mais il admire sa puissance. Isaïe avait dit: Il sera appelé l’Admirable. Et vraiment Il est d’une puissance admirable, cet Agneau qui, égorgé, tua le lion, ce lion dont il est dit: Votre adversaire le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Aussi ce même Agneau a-t-il mérité d’être appelé Lion vainqueur et glorieux — Il a vaincu, le Lion de la tribu de Juda.
Jean donne brièvement son témoignage: VOICI L’AGNEAU DE DIEU, soit parce que les disciples à qui il présentait ce témoignage étaient déjà suffisamment informés sur le Christ par tout ce qu’ils avaient entendu de Jean, soit encore parce que cela fait bien comprendre toute l’intention de Jean, qui était uniquement d’amener ses disciples au Christ. Et Jean ne leur dit pas: « Allez à Lui », pour que ses disciples ne paraissent pas faire une grâce au Christ en Le suivant, mais il met en lumière la grâce du Christ comme un bienfait pour eux s’ils Le suivent. C’est pourquoi il dit VOICI L’AGNEAU DE DIEU, c’est-à-dire voici Celui en qui est la grâce, et la puissance purificatrice des péchés. On offrait en effet un agneau en sacrifice pour les péchés, comme le dit l’Écriture


LES DEUX DISCIPLES L’ENTENDIRENT PARLER AINSI, ET ILS SUIVIRENT JESUS. JESUS SE RETOURNA, LES VIT QUI LE SUIVAIENT ET LEUR DIT: « QUE CHERCHEZ-VOUS? » ILS LUI REPON DIRENT: « RABBI (CE QUI SIGNIFIE MAITRE), OU HABITES-TU? » » VENEZ ET VOYEZ », LEUR DIT-IL. ILS VINRENT DONC ET VIRENT OU IL DEMEURAIT, ET ILS DEMEURERENT AUPRES DE LUI CE JOUR LA. C’ETAIT ENVIRON LA DIXIEME HEURE.


L’Évangéliste rapporte ici le fruit de ce témoignage. Il expose en premier lieu le fruit du témoignage de Jean et de ses disciples, ensuite celui de la prédication du Christ. Le premier point comporte deux parties. Dans la première, l’Évangéliste expose le fruit du témoignage de Jean, dans la seconde celui de la prédication d’un de ses disciples. Au sujet du fruit provenant du témoignage de Jean, l’Évangéliste indique d’abord sa formation première, puis son achèvement par le Christ.


L’Évangéliste dit d’abord: LES DEUX DISCIPLES qui étaient avec Jean L’ENTENDIRENT qui disait: VOICI L’AGNEAU DE DIEU, et ILS SUIVIRENT JESUS — littéralement: ils s’en allèrent avec Lui.
A ce sujet on peut faire, selon Chrysostome3, quatre remarques.


Voici la première: Jean parle, le Christ se tait, et c’est à la parole de Jean que ses disciples se rassemblent autour du Christ. Cela correspond à un mystère. Le Christ est en effet l’époux de l’Église; Jean, l’ami de l’époux et son paranymphe. Le rôle du paranymphe est de remettre l’épouse à l’époux et, avec les paroles voulues, de livrer la dot. Il revient à l’époux de se taire, comme par réserve, mais, une fois qu’il a reçu l’épouse, de disposer d’elle comme il le veut. Ainsi Jean remet au Christ les disciples qui Lui sont fiancés par la foi. Jean parle, le Christ se tait; mais après les avoir reçus, Il les instruit avec soin.


La seconde remarque est celle-ci: lorsque Jean sou lignait la dignité du Christ en disant: Il existait avant moi, et moi, je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure4, personne ne s’est converti. Mais quand il a parlé des abaissements du Christ et du mystère de l’Incarnation, alors ses disciples ont suivi Jésus. Car les abaissements du Christ, ce qu’Il a souffert pour nous, nous émeuvent davantage. En ce sens on lit dans le Cantique des Cantiques: Ton nom est une huile répandue5. Il s’agit de la miséricorde avec laquelle Il a procuré le salut des hommes; aussi l’Écriture ajoute-t-elle aussitôt: Les jeunes filles t’aiment.

La troisième remarque de Chrysostome est la suivante. La parole de la prédication est comme une semence qui tombe en diverses terres. Dans l’une elle fructifie, dans l’autre, non. Ainsi, lorsque Jean prêche, il ne convertit pas au Christ tous ses disciples mais deux seulement, ceux qui étaient bien disposés. La jalousie, au contraire, anime les autres contre le Christ; aussi soulèvent-ils à son endroit une accusation: Pourquoi, tandis que les Pharisiens et nous, nous jeûnons sou
vent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ?6


Dernière remarque: ayant entendu son témoignage, les disciples de Jean ne se permirent pas de parler sur-le-champ à Jésus, mais pleins à la fois d’ardeur et de retenue, ils cherchèrent à s’entretenir avec Lui en particulier dans un endroit retiré — Il y a en effet pour toute chose un temps et un jugement.


1 Cf. Le catéchisme de l’Église catholique, IIIe Partie, art.2
2 Pape François, Les vocations comme témoignages de la Vérité, 14 mai 2014.Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
3 Ioannem hom., 18, PG 59, col. 115-118.
4 Jean 1, 27.
5 Ct 1, 3.
6 Mt 9, 14.

Source: ZENIT.ORG, le 15 janvier 2021

Causes des saints : Charles de Foucauld canonisé à la Pentecôte ?

Bienheureux Charles de Foucauld, vatican.va 20051113

Bienheureux Charles De Foucauld, Vatican.va 20051113

Causes des saints : Charles de Foucauld canonisé à la Pentecôte ?

D’après une source brésilienne liée aux petits frères de Jésus

Le bienheureux Charles de Foucauld pourrait être canonisé le dimanche 23 mai 2021, pour la fête de la Pentecôte. C’est du moins l’information publiée le 10 janvier par une source brésilienne liée aux petits frères de Jésus (congrégation inspirée du bienheureux français).

Mais la date des canonisations est traditionnellement annoncée par le pape lui-même, au cours d’un consistoire avec les cardinaux.

Le 26 mai 2020, le pape François a autorisé la Congrégation pour les causes des saints à publier deux décrets concernant notamment les miracles dus à Charles de Foucauld et César de Bus – qui peuvent donc être canonisés.

Charles de Foucauld est né à Strasbourg le 15 septembre 1858. Il se trouve orphelin dès l’âge de 5 ans, lit-on dans une note biographique publiée par Mgr Claude Rault, évêque de Laghouat (Algérie).

« Il commence une vie à la fois passionnante et tourmentée, écrit Mgr Rault. Pendant ses études secondaires, il perd la foi, troquant le goût de l’étude pour celui d’une vie facile et de joyeuses compagnies. … Lié à une compagne, il refuse de rompre avec elle lors de son envoi en Algérie et quitte l’armée. Apprenant que son régiment va partir en opération, il laisse son amie et est réintégré en Algérie ! Nous sommes en 1881. »

À l’âge de 24 ans, Charles de Foucauld quitte définitivement la vie militaire.  Entre 1882 et 1884, il réalise une expédition au Maroc. Là-bas, il vit des expériences spirituelles importantes: « L’islam a produit en moi un profond bouleversement, écrit-il. La vue de cette foi, de ces hommes vivant dans la continuelle présence de Dieu m’a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines. »

À la fin d’octobre 1886, il rencontre l’abbé Huvelin à Paris, se confesse et communie. C’est alors un début de la nouvelle vie.

Après sept années de recherche contemplative (en Terre Sainte, à la Trappe en France puis en Syrie), il quitte la vie monastique et arrive à Nazareth chez les Sœurs Clarisses (1897) : « Il y partage son temps entre le travail manuel, de longues heures d’adoration et de méditation de l’Écriture. C’est là que se mûrit sa vocation profonde. »

Il est ordonné prêtre le 9 juin 1901 dans le Diocèse de Viviers. Il demande à revenir au Sahara et il part à Beni Abbès, en Algérie, ou il restera pendant deux années. « Je veux habituer tous les habitants à me regarder comme leur frère, le frère universel », écrit-il.

« Charles de Foucauld, à travers ombres et lumières, nous a ouvert au sens de la fraternité universelle, écrit Mgr Rault. Cette dimension de toute vie évangélique est une urgence pour notre temps. Il nous invite à sortir de nos frilosités et de nos enfermements et à poursuivre le chemin tracé. »

En août 1905, père Charles s’installe à Tamanrasset, au sud de l’Algérie. Il y mène « une existence tiraillée entre la prière, l’étude, les contacts avec les Touaregs et une relation contestée avec les soldats français présents dans la région ». Il travaille sur les poésies touaregs (6000 vers transcrits et déchiffrés), et laisse un dictionnaire touareg de 4 volumes « qui fait encore autorité ».

Le 1er décembre 1916, fait prisonnier par un groupe de guerriers sénoussites, il est tué par son jeune gardien pris de panique.

Il a été béatifié le 13 novembre 2005 par le pape Benoît XVI.

Lors des voeux à la Curie romaine, le 21 décembre dernier, le pape François a offert à ses collaborateurs une biographie de Charles de Foucauld, qui fut un « maître de la crise », a-t-il dit.

Source: ZENIT.ORG, le 15 janvier 2021

Loi bioéthique: les évêques de France invitent les catholiques au jeûne et à la prière

Le Sénat français.Le Sénat français.  (AFP or licensors)

Loi bioéthique: les évêques de France invitent les catholiques au jeûne et à la prière

Le 19 janvier, la commission spéciale du Sénat examinera en deuxième lecture le texte relatif au projet de loi bioéthique, après le vote à l’Assemblée nationale en juillet 2020. Ce texte qui soulève de nombreuses questions et inquiétudes sur la prétention de la technique à tout résoudre. Les évêques de France invitent les catholiques au jeûne et à la prière, chaque vendredi durant un mois.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel – Cité du Vatican

«Améliorer la vie?», la nuance est dans le point d’interrogation. Elle montre que les débats concernant les lois de bioéthique posent des questions profondes, au conséquences anthropologiques certaines. Le texte soulève en effet des inquiétudes sur la prétention notamment de la technique à résoudre «tous les problèmes».

Face au bouleversement anthropologique induit par certaines dispositions de la loi bioéthique, les évêques de France invitent les catholiques au jeûne et à la prière durant les quatre prochains vendredis, les 15, 22, 29 janvier et 5 février. Ils mettent à la disposition du public un dossier intitulé « Que nos yeux s’ouvrent », comme support pour accompagner cette proposition spirituelle et expliquer la position de l’Église catholique sur ces enjeux de bioéthique. 

Pour sa part, le diocèse de Lille s’est mobilisé en produisant une série de quatre émissions. Intitulées «Améliorer la vie?»,  elles portent sur la PMA et la question de la filiation ou encore les conséquences des modifications du génome humain. Ces vidéos, disponibles sur la chaîne Youtube du diocèse, ont pour objectif d’éclaircir les enjeux des débats sur ces questions délicates. Elles sont présentées sur la forme d’un dialogue, avec l’intervention du sénateur Olivier Henno, rapporteur du projet de loi au Sénat, qui expose les points clés de la loi et son regard, couplée à celle de professionnels de la santé, qui partagent leurs questionnements et désir «d’améliorer la vie».

Un dialogue nécessaire

Si les États généraux de la bioéthique, organisés en amont du débat parlementaire ont permis d’aborder de nombreux sujets en profondeur, l’accélération du débat parlementaire sur ces questions, avec l’adoption de la loi par les députés l’été dernier, a suscité des interrogations, chez les chrétiens mais pas seulement. L’arrivée de la pandémie a réorienté les débats: certaines avancées de la loi sont-elles des priorités alors que le monde se débat avec le virus et que se pose avec acuité l’efficacité du système de santé français? L’Église catholique souhaite attirer l’attention sur ce que signifie cette pandémie et réaffirme la nécessité de repenser, plus que jamais, une écologie humaine intégrale. 

Le père Thierry Magnin, recteur de l’université catholique de Lille et spécialiste des questions de bioéthiques revient sur l’importance de repenser ces débats. 

Entretien avec le père Thierry Magnin

Source: VATICANNEWS, le 15 janvier 2021

Irak: la ville de Qaraqosh sous la bienveillance de la Vierge

L'installation de la statue de la Vierge, sur la cathédrale Al-Tahira, à Qaraqosh. (crédit: Loÿs de Pampelonne)
L’installation de la statue de la Vierge, sur la cathédrale Al-Tahira, à Qaraqosh. (crédit: Loÿs de Pampelonne) 

Irak: la ville de Qaraqosh sous la bienveillance de la Vierge

Une statue de la Vierge a été inaugurée sur le clocher de la cathédrale Al-Tahira de Qaraqosh, détruite par l’organisation de l’État Islamique. Une oeuvre porteuse d’espérance, réalisée par un artiste local.

Le symbole est fort. Depuis mardi 12 janvier, la cathédrale syriaque-catholique Al-Tahira de Qaraqosh, principale ville chrétienne de la plaine de Ninive dans le nord de l’Irak, vit désormais sous le regard de Marie. La population locale a célébré la pose de la statue, indique l’agence d’information AsiaNews.it. Ce lieu de culte, encore en travaux actuellement, est cher aux fidèles de la région. Il avait été détruit par les djihadistes de l’organisation de l’État Islamique (EI) lorsqu’ils occupaient ce territoire en 2014. 

«Le clocher de cette église, la plus grande de la plaine de Ninive, a été rasé au moment de la libération, avec un missile ou une bombe, nous ne savons pas exactement», a déclaré à AsiaNews le père Paul Thabit Mekko, chef de la communauté chrétienne de Karamles, dans la plaine de Ninive. «Du clocher, continue le prêtre, il ne restait qu’une partie, qui a été reconstruite et, c’est une nouveauté, il a été décidé de placer une statue de la Vierge au sommet, comme nous l’avons fait il y a deux ans à Karamles».

Une oeuvre réalisée par un artiste local

La statue de la Vierge a été réalisée par un artiste chrétien local, un sculpteur appelé Thabit Michael. C’est lui qui avait également sculpté celle pour l’église de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Bagdad, lieu d’un massacre commis par Al-Qaïda en 2010.

Durant l’été 2014, l’EI a envahi Qaraqosh, détruisant les maisons, dévastant les églises, la bibliothèque et d’autres monuments de la ville. Des dizaines de milliers de familles ont dû abandonner précipitamment leurs maisons dans ce qui a longtemps été le centre chrétien le plus important de la plaine de Ninive. La ville a été libérée du joug djihadiste deux ans plus tard, en 2016.

«L’évangélisation sur notre terre, qui attend la visite du Pape François, au milieu des doutes et des incertitudes, explique le prêtre à AsiaNews, passe aussi par l’art, qui est fondamental pour le maintien de l’identité. Et Thabit Michael est non seulement un véritable artiste, mais aussi un chrétien dévoué à sa terre, qui veut la faire revivre aussi à travers ses œuvres. Il est également responsable de la statue de Notre-Dame dans la plus ancienne et la plus importante église de Mossoul, que nous espérons tous reconstruire après qu’elle ait été dévastée par l’organisation de l’État islamique». 

La ville de Qaraqosh fait partie des étapes prévues pour la visite du Pape François en Irak, du 5 au 8 mars prochains.

Source: VATICANNEWS, le 15 janvier 2021

Les chrétiens d’Irak appelés à prier pour la visite du Pape

Des chrétiennes irakiennes en prière dans une église de Bagdad lors de la messe de Noël, en 2019.Des chrétiennes irakiennes en prière dans une église de Bagdad lors de la messe de Noël, en 2019.  (ANSA)

Les chrétiens d’Irak appelés à prier pour la visite du Pape

Le patriarche chaldéen Louis Raphaël Sako demande aux paroisses de l’Église locale de prier pour le maintien de la visite du Pape François, prévue du 5 au 8 mars prochains.

Les chrétiens irakiens attendent le Pape François et prient pour que sa visite puisse avoir lieu début mars, aux dates prévues, et porte des fruits de dialogue et de paix grâce à la collaboration de tous. En effet, le pays ne cesse d’enregistrer des tensions surtout aux frontières avec la Syrie, mais aussi à l’intérieur du pays, notamment dans la région de Mossoul, capitale du soi-disant « État islamique », entre 2014 et 2017, où les traumatismes de l’oppression djhadiste sont encore vifs.

«Depuis quelque temps, nous vivons dans la peur, mais aussi dans l’espérance», a déclaré le patriarche de Babylone des Chaldéens, dès que le voyage du Pape a été officialisé, le 7 décembre dernier. Il affirmait voir dans cette annonce un signe de renaissance pour le pays, «un nouveau Noël».

Aujourd’hui, dans ce même esprit, le cardinal Louis Raphaël Sako a composé une prière demandant, par le biais du patriarcat, que les fidèles la récitent ensemble lors des messes tous les dimanches à partir du prochain, le 17 janvier.

«Seigneur notre Dieu, accorde au Pape François santé et prospérité afin qu’il puisse mener à bien cette visite tant attendue, écrit le cardinal Sako dans cette prière. Bénis ses efforts pour renforcer le dialogue et la réconciliation fraternelle et pour instaurer la confiance, consolider les valeurs de paix et de dignité humaine, en particulier pour nous, Irakiens, témoins des événements douloureux qui nous ont touchés.»

«Seigneur, notre créateur, éclaire nos cœurs de ta lumière afin que nous puissions voir la bonté et la paix et commencer à les réaliser», écrit le cardinal irakien avant de confier son peuple à la Vierge Marie, et de conclure avec cette supplication: «Que le Seigneur nous accorde la grâce de vivre en pleine communion nationale, en coopérant fraternellement pour construire un avenir meilleur pour notre pays et ses citoyens.»

Une chance à saisir pour l’Irak

Déjà au début du mois de décembre, le patriarche Sako, dans une lettre adressée au peuple irakien, avait demandé à ce dernier de se préparer adéquatement à la visite du Pape, qui ne sera pas un «voyage touristique», mais un pèlerinage chargé d’un «message de réconfort pour tous en un temps d’incertitude»«Nous devons en faire une occasion de grand retournement, afin que la foi et l’espérance en nous deviennent un engagement», avait-il souligné.

Le pèlerinage du Pape François en Irak, à l’invitation des autorités civiles et de l’église catholique locale, a été officiellement annoncé début décembre, marquant la reprise des voyages apostoliques, interrompus tout au long de l’année 2020 en raison de la pandémie de coronavirus.

Les dates prévues sont du 5 au 8 mars, avec comme étapes Bagdad, la plaine d’Ur, liée à la mémoire d’Abraham, la ville d’Erbil, ainsi que Mossoul et Qaraqosh, dans la plaine de Ninive. Quatre jours intenses pour se rapprocher d’un peuple qui a souffert et continue de souffrir de la guerre dans un pays qui a vu les chrétiens quitter lentement leurs terres.

Depuis 2019, le Pape François a évoqué à plusieurs reprises ce voyage comme une priorité de son pontificat. Saint Jean-Paul II avait également prévu de se rendre en Irak en 1999, alors que Saddam Hussein était encore au pouvoir, mais ce déplacement avait été annulé en raison de la situation politique.

Source: VATICANNEWS, le 15 janvier 2021

France-Isère : une statue de la Vierge n’a plus droit de séjour dans l’école du village

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École primaire de Laval-en-Belledonne (Isère) – Google street view

Isère : une statue de la Vierge n’a plus droit de séjour dans l’école du village

Une statue de la Vierge Marie située dans la cour de l’école primaire de Laval-en-Belledonne (Isère) va être à nouveau pivotée d’un quart de tour afin d’être dos à l’établissement scolaire et respecter ainsi « le principe de laïcité ».

La Vierge désormais persona non grata de l’école primaire de Laval-en-Belledonne (Isère). Le Parisien rapporte qu’une statue de la Vierge, installée bien avant la création de l’école de la commune par l’ancienne propriétaire des lieux, ne va bientôt plus avoir le droit de faire face aux élèves. L’histoire remonte au milieu du siècle passé. Une habitante du village, convaincue d’avoir eu une apparition de la Vierge alors qu’elle se promenait le long du ruisseau de la commune, édifie une statue de Marie sur un terrain lui appartenant.

Au moment de sa mort, la mairie préempte le terrain afin d’y construire une école. « Au tout départ elle se trouvait au milieu de la cour comme on peut l’imaginer dans une école privée », précise à Aleteia Patrick Le Bret, adjoint au maire de Laval-en-Belledonne. Puis, il a été décidé de la déplacer à la limite de la cour de récréation, avant que dans les années 1990, elle soit tournée d’un quart de tour, à mi-chemin entre la cour de récréation et la rue.

Nous avons décidé de nous mettre en règle là-dessus, loin de toute polémique.

C’est seulement il y a quelques mois, lors d’un déplacement des nouveaux élus du village au sein de l’école afin de se pencher sur les éventuels travaux de restauration, que la nouvelle directrice de l’établissement a soulevé la question de la présence de cette statue et a demandé s’il était possible de la décaler afin de respecter la loi de 1905. « Nous y pensions sans vraiment nous précipiter sur le sujet », reconnaît volontiers Patrick Le Bret. « Mais nous avons décidé de nous mettre en règle là-dessus, loin de toute polémique ».

Car dans le village de Laval-en-Belledonne, qui compte quelque 980 habitants, la discussion s’étaient un peu emballée au mois de décembre avec l’installation de nombreuses crèches dans le village. La mairie, confortée par un avis du Conseil d’État autorisant leur maintien s’il s’agissait d’une tradition, avait tranché en maintenant la présence de ces crèches. La question de cette statue, à la différence des crèches, apparaît pour l’équipe municipale beaucoup plus simple à trancher. « C’est une école publique et non privée. Respecter la laïcité dans cet établissement public garantit à chacun la liberté de la pratique religieuse. C’est une saine demande », reprend une nouvelle fois Patrick Le Bret. « Nous avons donc accédé à la demande de la directrice en la tournant à nouveau d’un quart en replaçant la limite de la cour afin qu’elle n’en fasse plus partie ».

Si certains peuvent s’émouvoir de cette décision, l’adjoint au maire y voit surtout l’occasion de remettre en valeur cette statue qui, désormais « regarde à nouveau le bon peuple divin ». Le diacre du village, qui a connu la dame à l’origine de cette statue, lui aurait confié de son côté, sous le sceau de l’humour, que cette dernière n’ayant elle-même jamais manifesté beaucoup d’intérêt pour les enfants, serait certainement ravie de ce changement..!

Source: ALETEIA, le 15 janvier 2021