Hommage au père Ragheed, martyr du fondamentalisme en Irak

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Le père Ganni Ragheed tué le 3 juin 2007 tué par des djihadistes

Le 3 juin 2007, des terroristes tuaient le prêtre de l’église chaldéenne du Saint-Esprit à Mossoul. Le père Ganni Ragheed, 35 ans, était menacé depuis des mois ainsi que trois jeunes diacres de sa paroisse. «C’est un martyr de l’Eucharistie, il a continué à célébrer la messe même pendant les persécutions» affirme son biographe et ancien élève Rebwar Basa dans un livre publié avec le soutien d’Aide à l’Eglise en détresse. 

Alessandro Di Bussolo – Città del Vaticano

«Quand je tiens l’hostie dans ma main, c’est le Christ qui me tient et nous tient tous ensemble dans son amour». C’est ce qu’affirmait en mai 2005 le père Ragheed, un Irakien de Karamless, un village de la plaine de Ninive, lors d’un Congrès eucharistique à Bari dans le sud de l’Italie, portant sur cette phrase des 49 martyrs d’Abitène, massacrés pendant la persécution de Dioclétien : «Sans dimanche, nous ne pouvons pas vivre».

Deux ans plus tard, le 3 juin 2007, le père Ragheed se fait enlever et tuer après avoir célébré la messe du dimanche suivant la Pentecôte dans son église de Mossoul, avec lui, trois jeunes diacres Basman Yousef Daud, Wahid Hanna Isho et Gassan Isam Bidawed. Les terroristes placent autour de leurs cadavres des voitures chargées d’explosifs afin que personne ne puisse s’approcher. Ce n’est que tard dans la nuit que la police de Mossoul parvient à désamorcer les bombes et à récupérer les corps.

Il refuse de fermer son église devant ses assassins

Certains témoins rapportent que le chef des terroristes s’est tourné vers lui avant de l’abattre : «Je vous ai dit de fermer l’église, pourquoi ne l’avez-vous pas fait ?». Le jeune prêtre lui aurait alors simplement répondu : «Je ne peux pas fermer la maison de Dieu».

En 2005 à Bari, le père Ragheed confiait que les terroristes «pensent à nous tuer physiquement ou au moins spirituellement, à nous noyer dans la peur». Sept ans avant l’arrivée de Daesh à Mossoul, il évoquait déjà la fuite de nombreuses familles en raison de la violence des fondamentalistes contre les jeunes chrétiens. «Dans les périodes de calme, tout est considéré comme acquis et le grand cadeau qui nous est offert est oublié. Par la violence du terrorisme, nous avons découvert que l’Eucharistie, le Christ mort et ressuscité, nous donne la vie. Et cela nous permet de résister et d’espérer» affirmait-il.

Le père Ragheed Ganni est né à Karamless le 20 janvier 1972. Il obtient un diplôme en ingénierie en 1993, avant de partir étudier la théologie à l’Université pontificale Saint-Thomas d’Aquin à Rome 1996 à 2003, obtenant une licence en théologie œcuménique. En plus de l’arabe, il parlait couramment l’italien, le français et l’anglais. Il a été correspondant pour l’agence Asia News de l’Institut pontifical pour les missions étrangères.

Fin de la phase diocésaine de béatification

Dix ans après son décès, le 22 avril 2017, le Pape François a porté l’étole rouge du père Ragheed lors d’une célébration en mémoire des nouveaux martyrs dans la Basilique de Saint-Barthélemy à Rome. Le 1er mars 2018, la Congrégation pour les Causes des Saints a approuvé le lancement de la cause de béatification du prêtre chaldéen et des trois diacres, demandée par l’évêque chaldéen de Detroit, Monseigneur Francis Kalabat. Le 27 août 2019, la phase diocésaine de la cause a été clôturée.

Le meurtre du père Ragheed suivi de l’enlèvement et de l’assassinat de Mgr Paulos Faraj Rahho en 2008 provoquèrent le départ de nombreuses familles chrétiennes de Mossoul, un signe avant-coureur du drame qui se joua en 2014 lorsque les jihadistes du groupe Etat islamique prirent le contrôle de la grande ville du nord de l’Irak, poussant la quasi-totalité des chrétiens de la ville à fuir.

Première de couverture du livre sur le père Ragheed

Première de couverture du livre sur le père Ragheed

Entretien avec le père Rebwar Basa, auteur d’une biographie sur son ancien professeur à l’université de Bagdad. Elle fut publiée en 2017 en partenariat avec Aide à l’Église en détresse.

Nous pouvons certainement le définir comme un nouveau martyr de l’Eucharistie, parce que, tout d’abord, l’Eucharistie est au centre de la vie de tout chrétien et surtout de la vie d’un prêtre. Le père Ragheed a célébré la messe même dans les moments les plus difficiles, quand sa vie était menacée. Son église a été attaquée à plusieurs reprises, il a perdu des proches, des fidèles, et malgré cela il a continué à célébrer. Parce qu’il savait que sans l’Eucharistie il n’y a pas de vie pour un chrétien. Il n’y a pas d’unité, pas de communion avec le Christ et avec toute l’Église. C’est pourquoi le père Ragheed a toujours célébré avec joie, donnant un grand témoignage même dans les moments de persécution. Pendant 5 ans, il a résisté et sa dernière action a été la Sainte Messe : il a donné la communion à ses fidèles et immédiatement après, il a été tué avec trois diacres. Ainsi, il a donné son sang pour Jésus, pour l’Église et pour ses fidèles. Il est donc vraiment un martyr de l’Eucharistie.

Que reste-t-il de la vie et du témoignage jusqu’au martyre du père Ragheed ?

Ceux qui l’ont connu, mais je dirais toute l’Église chaldéenne et le pays entier, nous sentons redevables au père Ragheed qui a aimé l’Irak et l’Église, et qui a donné sa vie pour elle et son peuple. Nous le remercions et essayons toujours de suivre son exemple. Pour nous, il est un symbole de la manière d’être de vrais chrétiens, de servir, de donner sa vie, d’aimer même les ennemis et d’être des protagonistes qui défendent les droits de l’homme, les pauvres, les opprimés et ceux qui ont besoin d’aide.

«Quand je tiens l’hostie dans ma main, c’est le Christ qui me tient et nous tient tous ensemble dans son amour», a dit le père Ragheed. Est-ce que son martyre à unis les chrétiens de Mossoul ?  

Il est certain que le sang des martyrs unit les chrétiens comme le corps et le sang du Christ unissent tous les chrétiens dans la célébration de l’Eucharistie. Le père Ragheed est un symbole d’unité comme tous les martyrs de l’Église. Ces dernières années, en Irak, il y a eu de nombreux martyrs des Églises chaldéenne, syro-catholique, syro-orthodoxe, etc. Nous, les chrétiens d’Irak, sommes reconnaissants de leur témoignage, pour leur sacrifice, et nous nous souvenons d’eux comme témoins du Christ et non comme membres de telle ou telle Église. Même les ennemis des chrétiens ne se soucient pas de savoir si l’on appartient à l’Église catholique ou orthodoxe ou protestante : ils s’attaquent aux chrétiens parce qu’ils sont chrétiens. C’est pourquoi, de ce point de vue également, nous devons être plus unis, fidèles aux martyrs qui ont donné leur sang pour le Christ et nous devons travailler à surmonter les divisions pour regarder ce qui nous lie. Le sang du Christ nous unit et fait de nous un seul corps. Le sang des martyrs nous unit lui aussi. Il aussi la semence des nouveaux chrétiens.

Quelle est la situation des chrétiens en Irak et à Mossoul, maintenant que l’État islamique a été vaincu ?

Malheureusement, la situation en Irak reste dramatique, surtout pour les minorités, y compris les chrétiens. À Mossoul, la souffrance est encore plus grande car presque tout a été détruit. Lentement, les chrétiens et les autres minorités essaient de reprendre leur vie en main, mais il y a hélas encore tant de haine, tant de divisions. Hier, dans le village du père Ragheed (Karamless, ndlr), où il a été enterré, des ennemis ont brûlé les champs de blé des chrétiens. Ce n’est pas un bon signe. Les chrétiens de la plaine de Ninive essaient néanmoins de continuer et de reconstruire. Nous avons foi en Dieu, qui n’abandonne pas les pauvres et les opprimés : la justice et la paix doivent enfin advenir.

Quand vous êtes-vous rendu en Irak pour la dernière fois ?

Il y a environ 5 ans. Maintenant, je suis curé de la paroisse des chrétiens chaldéens de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne. Je suis au service de plus de 1300 familles chrétiennes dans cette région. J’essaie toujours d’être proche d’eux, il n’est pas facile de suivre les fidèles qui sont dispersés dans quatre diocèses, mais je fais tout ce que je peux. Et surtout, je sais que beaucoup de ces chrétiens ont été persécutés. Certains ont perdu des êtres chers en Irak et maintenant ils sont ici et essaient d’être toujours fidèles à leur tradition, à leur langue araméenne et aussi aux chrétiens qui ont donné leur vie pour garder la foi.

La pandémie de Covid-19 a-t-elle uni la nation ou la divise-t-elle encore davantage ?

La pandémie peut évidemment être une raison d’unité en Irak, comme dans le monde entier, mais elle peut aussi être un facteur supplémentaire de division et d’égoïsme. L’Église en Irak est solidaire de la société et suit toutes les indications de l’État. Grâce à Dieu pour nos chrétiens en Irak, la situation est stable en ce qui concerne la pandémie. Nous espérons que la lutte contre la Covid-19 est une occasion de réfléchir à ce qui nous unit en tant qu’êtres humains et enfants de Dieu, c’est-à-dire de défendre les droits de l’homme et d’aider les pauvres. Nous prions donc pour cela, mais malheureusement dans les pays où il y a des conflits, où il y a de la pauvreté et de nombreux problèmes politiques et économiques, il n’est pas facile de contrôler la situation sanitaire. Mais s’il y a unité, nous pourrons parvenir à surmonter l’urgence.

Source: Vaticannews, le 4 juin 2020

« C’est elle qui sauvera la France et le monde »

« C’est elle qui sauvera la France et le monde »

En 1936, Marthe Robin, la stigmatisée de Châteauneuf-de-Galaure reçoit une prophétie du Seigneur annonçant une immense effusion de l’Esprit, précédée d’un grand désert et d’une purification. C’est à travers le prisme de la France que cette Pentecôte universelle est évoquée, mais elle concerne bien sûr le monde entier :

« La France va descendre jusqu’au fond de l’abîme, jusqu’au point où l’on ne verra plus aucune solution humaine de relèvement. Elle restera toute seule, délaissée de toutes les autres nations qui se détourneront d’elle, après l’avoir conduite à sa perte. Elle ne restera pas longtemps dans cette extrémité. Elle sera sauvée, mais ni par les armes, ni par le génie des hommes, parce qu’il ne leur restera plus aucun moyen humain…

La France sera sauvée, car le Bon Dieu interviendra par la Sainte Vierge. C’est elle qui sauvera la France et le monde… Le Bon Dieu interviendra par la Sainte Vierge et par le Saint Esprit : ce sera la Nouvelle Pentecôte, le second avènement du Saint Esprit. »

Père Joël Guibert

Prêtre du diocèse de Nantes, en Bretagne (France)

Extrait (page156) de son livre L’Heure est venue, publié aux éditions Téqui (Paris), en mai 2018

« C’est elle qui sauvera la France et le monde »

« C’est elle qui sauvera la France et le monde »

En 1936, Marthe Robin, la stigmatisée de Châteauneuf-de-Galaure reçoit une prophétie du Seigneur annonçant une immense effusion de l’Esprit, précédée d’un grand désert et d’une purification. C’est à travers le prisme de la France que cette Pentecôte universelle est évoquée, mais elle concerne bien sûr le monde entier :

« La France va descendre jusqu’au fond de l’abîme, jusqu’au point où l’on ne verra plus aucune solution humaine de relèvement. Elle restera toute seule, délaissée de toutes les autres nations qui se détourneront d’elle, après l’avoir conduite à sa perte. Elle ne restera pas longtemps dans cette extrémité. Elle sera sauvée, mais ni par les armes, ni par le génie des hommes, parce qu’il ne leur restera plus aucun moyen humain…

La France sera sauvée, car le Bon Dieu interviendra par la Sainte Vierge. C’est elle qui sauvera la France et le monde… Le Bon Dieu interviendra par la Sainte Vierge et par le Saint Esprit : ce sera la Nouvelle Pentecôte, le second avènement du Saint Esprit. »

Père Joël Guibert

Prêtre du diocèse de Nantes, en Bretagne (France)

Extrait (page156) de son livre L’Heure est venue, publié aux éditions Téqui (Paris), en mai 2018

04.06.2020 – Saint du jour

Saint Philippe Smaldone
« Apôtre des sourds-muets »
Prêtre et fondateur des
« Sœurs Salésiennes des Sacrés Cœurs » 

Filippo Smaldone vécut de 1848 à 1923, période qui fut marquée par des années où les difficultés et les tensions, au sein de la société italienne et dans l’Église, étaient particulièrement importantes. Premier des sept enfants de Antonio et Maria Concetta De Luca, il naît à Naples, dans le quartier populaire « Mercato » le 17 juillet 1848, année de la fameuse « insurrection de Naples ».  

Alors qu’il n’avait que douze ans, il assista à la chute politique de la monarchie des Bourbons, auxquels sa famille était fortement liée ; au moment de la conquête de Garibaldi, l’Église napolitaine vécut des moments dramatiques, spécialement avec l’exil de son archevêque, le Cardinal Sisto Riario Sforza.

Les temps n’étaient certainement pas favorables et ne promettaient rien de bon pour l’avenir, spécialement pour la jeunesse, qui subissait les changements difficiles d’une société fragile et sans cesse en mouvement sur les plans sociologique, politique et religieux. C’est précisément dans cette période de crise institutionnelle et sociale, que Filippo prit la décision irrévocable de se faire prêtre et de s’engager pour toujours au service de l’Église, envers laquelle se développaient de nombreuses oppositions et de multiples persécutions. Pendant qu’il était encore étudiant en philosophie, il voulut mettre son avenir ecclésiastique sous le signe du service charitable, se consacrant à l’assistance d’une partie importante de la population mise au ban de la société et souvent abandonnée en ces temps-là à Naples : les sourds-muets.

Il s’appliqua à exercer une intense activité caritative, dans laquelle il se distingua particulièrement, beaucoup plus que dans les études ; de ce fait, ses résultats scolaires, qui conditionnaient l’accès aux Ordres Mineurs, étaient insuffisants ; ceci entraîna son passage de l’archidiocèse de Naples à celui de Rossano Calabro, où l’archevêque, Mgr Pietro Cilento, l’accueillit à bras ouverts, considérant sa bonté et son grand esprit religieux. Malgré le changement canonique de diocèse – qui cependant dura peu puisque, en 1876, avec la permission de son évêque, il fut de nouveau incardiné à Naples, – il demeura cependant dans la ville de Naples où il continua ses études ecclésiastiques sous la direction d’un des Maîtres du Collège des Théologiens, tout en poursuivant avec zèle son service auprès des sourds-muets.

Il fut ordonné sous-diacre à Naples le 31 juillet 1870, par Mgr Pietro Cilento, qui l’appréciait énormément et voulut l’ordonner personnellement. Le 27 mars 1871, il fut ordonné diacre et, finalement, le 23 septembre 1871, avec la dispense d’âge canonique de quelques mois, car il n’avait pas atteint les 24 ans exigés pour le sacerdoce, il fut ordonné prêtre à Naples, avec une joie indicible au fond de son cœur plein de bonté et de douceur. Dès son ordination sacerdotale, il commença un fervent ministère, à la fois comme catéchiste dans des groupes de prière du soir, qu’il avait fréquentés avec grand profit, encore enfant, comme collaborateur dévoué dans plusieurs paroisses, spécialement de la paroisse S. Caterina in Foro Magno, ainsi que comme visiteur assidu et apprécié par les malades dans des cliniques, dans des hôpitaux et chez des particuliers. Par sa charité, il parvint au sommet de la générosité et de l’héroïsme au moment d’une grave peste qui frappa la ville de Naples ; il tomba lui-même malade jusqu’à l’épuisement et il fut sur le point de perdre la vie ; il fut cependant guéri par Notre-Dame de Pompéi (La Vierge de Pompéi), pour laquelle il eut toute sa vie une dévotion particulière.

Mais la plus grande charge pastorale de don Filippo Smaldone était l’éducation des pauvres sourds-muets, auxquels il aurait voulu consacrer toute son énergie, avec des méthodes plus appropriées que celles qu’il voyait utiliser par d’autres éducateurs. Il souffrait beaucoup de constater que, malgré tous les efforts faits par beaucoup, l’éducation et la formation humaine et chrétienne de ces malheureux, considérés souvent comme des païens, ne portaient pas de fruits. À une époque, peut-être pour donner à son engagement sacerdotal un sens plus concret et plus précis, il envisagea de partir comme missionnaire dans les missions étrangères. Mais son confesseur, qui l’avait suivi continuellement depuis son enfance, lui fit comprendre que sa « mission » était parmi les sourds-muets de Naples. Dès lors, il se consacra totalement à l’apostolat parmi les sourds-muets, qui lui étaient chers. Il quitta la maison paternelle et alla vivre pour toujours parmi un groupe de prêtres et de laïcs, qui avaient l’intention de constituer une Congrégation de Prêtres Salésiens, sans pourtant réussir à réaliser leur rêve. Au fil du temps, il acquit une grande compétence pédagogique auprès des sourds-muets, et, petit à petit, il projeta de réaliser personnellement, si telle était la volonté du Seigneur, une institution durable, capable de se consacrer aux soins, à l’instruction et à l’assistance, humaine et chrétienne, de ceux qui sont atteints de surdité.

Le 25 mars 1885, il partit pour Lecce, afin d’ouvrir, avec don Lorenzo Apicella, un Institut pour sourds-muets. Il y fit venir quelques « religieuses », que lui-même avait formées, et il jeta ainsi les bases de la Congrégation des « Sœurs Salésiennes des Sacrés Cœurs » qui, ayant reçu la bénédiction et les encouragements des évêques successifs de Lecce, Mgr Salvatore Luigi dei Conti Zola et Mgr Gennaro Trama, eut un développement rapide et important. Il avait l’habitude de répéter : « Prenez l’Évangile pour guide et Jésus pour modèle. »

En raison du nombre croissant de personnes à accueillir et à assister, l’Institut de Lecce, comprenant des branches féminines et masculines, eut de plus en plus de maisons, jusqu’à acquérir le célèbre ancien couvent des Déchaussées, qui devint la résidence définitive et la Maison Mère de l’Institut. En 1897, fut créé l’Institut de Bari.

La compassion du Père Smaldone n’avait pas de limite. Il ne savait pas dire non à la demande de nombreuses familles pauvres ; aussi, commença-t-il à accueillir, en plus des sourds-muets, des filles aveugles, des petites filles orphelines et abandonnées. Plus largement, il était attentif à toutes les nécessités humaines et morales de l’ensemble de la jeunesse. Il ouvrit, donc, plusieurs maisons, en y adjoignant des écoles maternelles, des ateliers pour jeunes filles, des pensions pour étudiantes, dont une à Rome. Pendant la vie du Père Smaldone, malgré les rudes épreuves dont elles eurent à souffrir, soit de l’extérieur soit à l’intérieur même de l’Institut, l’Œuvre et la Congrégation connurent un développement discret, mais s’affermirent. À Lecce, le fondateur eut à mener une lutte acharnée contre l’administration communale très laïque et opposée à l’Église. Au sein de la Congrégation, il vécut avec amertume la délicate et complexe histoire de succession de la première Supérieure Générale, succession qui provoqua une longue Visite apostolique. Ces deux événements révélèrent l’âme vertueuse du Père Smaldone, et il fut évident que sa fondation était voulue par Dieu, qui purifie par la souffrance les œuvres nées en son nom et ses fils les plus chers.

Pendant environ une quarantaine d’années, le Père Filippo Smaldone poursuivit inlassablement et sans compter son œuvre caritative, sous de multiples formes, au soutien matériel et à l’éducation morale des sourds-muets, qui étaient chers à son cœur et envers lesquels il manifestait affection et attention, comme un père ; il s’attachait aussi à introduire ses Sœurs Salésiennes des Sacrés Cœurs dans la perfection de la vie religieuse.

À Lecce, c’est d’abord dans la fonction de directeur de l’Institut et de fondateur des Sœurs salésiennes, qu’il fut unanimement reconnu, puis ce fut aussi grâce à un ministère sacerdotal important et varié. Il fut un confesseur assidu et estimé de prêtres et de séminaristes, ainsi qu’un confesseur et un directeur spirituel de plusieurs communautés religieuses. Il fonda aussi la Ligue Eucharistique des Prêtres adorateurs et des Dames adoratrices ; il fut encore Supérieur de la Congrégation des Missionnaires de Saint François de Sales pour les Missions populaires. Pour tout cela, il fut décoré de la Croix « Pro Ecclesia et Pontifice », compté parmi les chanoines de la Cathédrale de Lecce et décoré par les Autorités civiles.

Il termina ses jours à Lecce, supportant, avec une sérénité admirable, un diabète associé à des complications cardiaques et circulatoires et à une sclérose qui se généralisait. Le 4 juin 1923 à 21 heures, après avoir reçu le soutien spirituel et la bénédiction de son archevêque, Mgr Trama, il mourut saintement à l’âge de 75 ans, entouré de plusieurs prêtres, de sœurs et de sourds-muets.

Filippo Smaldone a été béatifié le 12 mai 1996, par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), et canonisé le 15 octobre 2006, à Rome place saint Pierre, avec trois autres bienheureux : Rafael Guízar Valencia (1878-1938)Rosa Venerini (1656-1728)Théodore Guérin (1798-1856),  par le pape  Benoît XVI (Homélie du Pape ).

Saint Filippo Smaldone priez pour nous !

04.06.2020 – Evangile du jour

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,28b-34. 

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements  ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’
Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

Commentaire de Marc 12,28b-34.

COMMENTAIRE :

Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

missionnaire des gens des ruesRéaliser dès cette terre l’amour pour lequel Dieu nous a créés (La joie de croire, éd. du Seuil, 1968, p. 71-72 ; rev.)

Les deux commandements de l’amour

C’est Dieu que nous aimons, c’est l’amour de Dieu le premier commandement ; mais le second lui est semblable, c’est-à-dire que c’est seulement à travers les autres que nous pouvons rendre amour pour amour à Dieu. Le danger, c’est que le deuxième commandement devienne le premier. Mais nous avons une preuve de contrôle, c’est d’aimer chaque homme, c’est d’aimer le Christ, c’est d’aimer Dieu dans chaque homme, sans préférence, sans catégories, sans exception. Le deuxième danger c’est que nous ne le puissions pas, et nous ne le pourrons pas si nous séparons la charité de la foi et de l’espérance. La foi et l’espérance, c’est la prière qui les donne. Sans prier, nous ne pourrons pas aimer. (…) C’est la foi et c’est l’espérance, dilatées par la prière, qui débarrasseront le chemin de notre amour de son obstacle le plus encombrant : le souci de nous-mêmes. Le troisième danger sera d’aimer non « comme Jésus nous a aimés », mais à la mode humaine. Et c’est peut-être le plus grand des dangers. (…) Ce n’est pas notre amour que nous avons à donner : c’est l’amour de Dieu. L’amour de Dieu qui est une personne divine, qui est le don de Dieu à nous, mais qui reste un don, qui doit pour ainsi dire nous traverser, nous transpercer pour aller ailleurs, pour aller dans les autres.

❤« Il n'y a pas de commandement plus... - Paroisse-Universitaire ...

LECTURES :

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-15.

Bien-aimé, souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, le descendant de David : voilà mon évangile.
C’est pour lui que j’endure la souffrance, jusqu’à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n’enchaîne pas la parole de Dieu !
C’est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent, eux aussi, le salut qui est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle.
Voici une parole digne de foi : Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons.
Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera.
Si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même.
Voilà ce que tu dois rappeler, en déclarant solennellement devant Dieu qu’il faut bannir les querelles de mots : elles ne servent à rien, sinon à perturber ceux qui les écoutent.
Toi-même, efforce-toi de te présenter devant Dieu comme quelqu’un qui a fait ses preuves, un ouvrier qui n’a pas à rougir de ce qu’il a fait et qui trace tout droit le chemin de la parole de vérité.

Une pause par jour – 7 juin 2018 | «Notre-Dame des 3 Vallées


Psaume 25(24),4-5ab.8-9.10.14.

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité
pour qui veille à son alliance et à ses lois.
Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ;
à ceux-là, il fait connaître son alliance.

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