31.05.2026 – HOMÉLIE DE LA FÊTE DE LA SAINTE TRINITÉ – JEAN 3, 16-18

L’esprit avec lequel on se regarde

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Il est beaucoup question de jugement dans cet Évangile qui célèbre la Trinité, qui nous dit que le Christ n’est pas venu pour juger le monde mais pour qu’il soit sauvé, qui précise surtout que c’est notre manque de foi qui juge.

L’interdiction de juger nos semblables est un commandement évangélique. Le Christ interdit clairement à ses disciples de porter un jugement condamnatoire sur autrui, surtout lorsque ce jugement est hypocrite. Il ne s’agit pas d’abolir notre discernement, mais de rejeter l’attitude hautaine qui consiste à condamner le prochain tout en ignorant ses propres défauts.

Le texte fondateur est celui du Sermon sur la montagne : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera » (Matthieu 7, 1-2). S’en suit la parabole de la paille et de la poutre. L’apôtre Jacques va plus loin en montrant que juger son frère, c’est usurper la place de Dieu : « Un seul est à la fois législateur et juge, celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre. Pour qui te prends-tu donc, toi qui juges ton prochain ? » (Jacques 4, 12). Ainsi, l’interdiction chrétienne de juger est avant tout un appel à l’humilité et à la miséricorde : celui qui juge les autres se condamne lui-même, car il sera jugé avec la même sévérité.

Si les hommes ne doivent pas juger, c’est précisément parce que le jugement appartient à Dieu seul. Le Père a confié toute autorité de juger à son Fils, Jésus-Christ, qui jugera avec une parfaite justice (v. Jean 5, 22-23, 27, 29). Il n’est pas venu pour juger, mais pour sauver. Ce n’est que finalement qu’il jugera.

L’Évangile de Matthieu décrit de façon saisissante ce jugement dernier sous la forme de la séparation des brebis et des boucs : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. (…) Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle » (Matthieu 25, 31-33, 46).

Le critère de ce jugement n’est donc pas une liste de règles religieuses, mais l’amour concret vécu envers les plus petits : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25, 40). Ce qui nous juge, c’est le regard d’amour que nous avons été incapables de poser ; l’esprit d’amour divin que nous n’avons pas su incarner, le contraste spirituel que nous présenterons finalement face au Christ. Il ne faut pas tant voir le jugement dernier comme un tribunal qui jaugera nos bonnes et mauvaises actions que comme la comparaison ultime de notre éclat face au Christ, comme l’évaluation finale de notre propre transfiguration. Le jugement de Dieu n’est que la révélation, dans l’éclat de son amour, de la part d’ombre qui nous reste. Le drame sera si elle nous obscurcit tout entier.

Ceci peut nous aider à comprendre les relations trinitaires que nous sommes appelés à vivre. L’Esprit Saint, c’est l’Esprit d’amour entre le Père et le Fils qui se donnent pleinement l’un à l’autre. En cela, il incarne toute la personne de Dieu. Ainsi, dans l’amour trinitaire, n’y a-t-il aucun jugement puisqu’entre le Fils et le Père, il n’y a nulle part d’ombre, aucun contraste, le même rayonnement. L’amour trinitaire, l’amour divin est un amour qui, en soi, ne juge pas.

L’espérance chrétienne est ainsi que le jugement des hommes n’est que final ; qu’au regard de Dieu, nous conservons toujours la capacité de changer, de nous convertir ; que, tant que nous sommes vivants, une transfiguration de notre être est toujours possible, à mesure d’ailleurs que nous nous laisserons emporter par l’Esprit Saint. Il est, par essence, l’Esprit d’amour entre le Père et le Fils. Il est l’Esprit d’amour sans ombre qu’il nous convient d’avoir entre nous.

Tous les jugements qui échappent au plein amour sont essentiellement injustes. Nos petits jugements, toujours, projettent l’ombre de nous-mêmes, la poutre dans notre œil alors que nous prétendons ôter la paille dans l’œil d’autrui. Au contraire, ce sont nos actes d’amour sans jugement qui rendent le mieux compte de notre rayonnement intérieur.

Juger, finalement, c’est affirmer un éclat – tant l’éclat de celui qui juge que l’éclat que celui qui est jugé puisque le jugement se veut contraste. Ainsi s’arroger le droit de juger, c’est d’une part s’arroger l’éclat de Dieu, d’autre part figer l’autre dans son ombre. C’est se draper d’orgueil pour enfermer l’autre dans ses ténèbres, tout le contraire de la primauté du Salut voulue par le Christ. Finalement, faute d’éclat, c’est le refus d’affronter nos ombres – leur déni – qui nous pousse au jugement. Voilà qui nous donne un critère spirituel clair : si j’ai tendance à juger, c’est que j’ai tendance à vouloir m’aveugler sur mon péché, à trop facilement m’absoudre alors que je condamne volontiers autrui. En cela, je me juge moi-même. La propension humaine à juger est en effet un constat d’orgueil sévère – se prendre pour Dieu –, révélant ipso facto, par contraste précisément, le défaut d’Esprit Saint.

L’amour trinitaire est un amour parfait, lumineux, éclatant, sans ombre, ni jugement. Il est par essence, l’amour sous l’égide de l’Esprit Saint, l’Esprit avec lequel le Père et le Fils se regardent. Aujourd’hui est le jour pour prier que surgisse en nous de cet amour, dont nous constaterons la présence au fur et à mesure qu’il éteindra en nous la volonté de juger. Nous aurons alors le cœur sans partage et sans ombre.

Que l’amour du Père et du Fils surgisse en nous par l’Esprit. Ainsi, nous serons sauvés.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 27 mai 2026

31.05.2026 – HOMÉLIE DE LA FÊTE DE LA SAINTE TRINITÉ – JEAN 3,16-18

Dieu Père, Fils et Saint Esprit

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Au cours d’une séance de catéchisme, on demandait à la petite Bernadette de Lourdes de dire qui est Dieu. Il fallait qu’elle récite le texte appris par cœur dans son livre. N’y arrivant pas, elle a dit: « c’est quelqu’un qui nous aime ». Cette réponse n’a pas été acceptée par la catéchiste car ce n’était pas celle du livre. Et pourtant, Bernadette ne croyait pas si bien dire.

« Dieu c’est quelqu’un qui nous aime ». C’est exactement ce qui vient d’être lu dans les textes bibliques de ce dimanche. Le livre de l’Exode (1ère lecture) nous présente un Dieu libérateur qui fait alliance avec son peuple. Il veut en faire ses amis. Or voilà que le peuple a commis un péché très grave. Au lieu d’accueillir cette amitié avec Dieu, il s’en est détourné. II s’est fabriqué un dieu en forme de veau et s’est prosterné devant lui. Moïse intercède pour son peuple coupable. Et c’est alors que Dieu se révèle à lui sous un aspect jusque là inconnu. Le Seigneur grand et redoutable est en même temps tendre et miséricordieux, plein d’amour et de fidélité. C’est un Dieu sauveur. Son amour va jusqu’au pardon. C’est ainsi qu’il fait de nous son peuple.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous invite à accueillir l’amour qui est en Dieu et à nous laisser transformer par lui. Cela doit vraiment changer nos relations les uns avec les autres. Paul nous parle de « joie », de « perfection dans la charité ». C’est par notre manière de vivre ensemble comme des frères que nous dirons quelque chose de l’amour de Dieu. Nous ne pouvons pas témoigner d’un Dieu d’amour et de paix si nous restons fâchés avec quelqu’un. En ce dimanche, nous célébrons la solennité de la Sainte Trinité. C’est la fête de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit, Dieu qui est « Amour ». Nous sommes invités à nous ouvrir à une vie remplie de cet amour qui est vient de lui.

Dans l’Évangile de saint Jean, nous trouvons des paroles très fortes : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas mais il obtiendra la Vie Éternelle. » Ce monde dont parle saint Jean, c’est celui qui est mauvais. Les hommes sont pécheurs. Dieu aurait pu venir pour juger ce monde et détruire le mal. Il aurait pu punir les pécheurs. Au lieu de cela, il aime ce monde et lui envoie ce qu’il a de plus précieux, son Fils unique. Il l’a envoyé pour effacer les péchés des hommes par son sacrifice. Jésus lui-même nous a dit un jour qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous ouvre un passage vers ce monde nouveau qu’il appelle le Royaume de Dieu.

C’est ainsi que Dieu-Amour s’est révélé. Celui qui croit en lui est libéré du péché et de la mort. Il obtient la Vie Éternelle, la vie en communion avec lui. Si Dieu nous a créés, c’est pour être aimés de lui et pour aimer avec lui. Voilà une bonne nouvelle que nous avons à accueillir tous les jours de notre vie. Et c’est en regardant chaque jour vers la croix du Christ que nous en reconnaissons toute la portée. Nous n’aurons jamais fini de découvrir toute la grandeur de cet amour qui est en lui.

« Celui qui croit en lui échappe à la condamnation. Celui qui ne veut pas croire est déjà condamné parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu ». Les pécheurs qui croient en Jésus et se tournent vers lui obtiennent le pardon de leurs fautes et la force de n’en plus commettre. Celui qui ne veut pas croire refuse ce salut qui lui est offert.. Il se condamne. Comprenons bien, ce n’est pas Dieu qui manque d’amour. Le pécheur qui s’obstine et n’accueille pas cet amour se condamne lui-même. Il ne croit pas en cet amour qui s’est manifesté sur la croix. En organisant sa vie en dehors de Dieu, il court vers sa perte.

Certains croyants pensent connaître Dieu parce qu’ils ont suivi quelques années de catéchisme et qu’ils ont lu en diagonale les évangiles. C’est complètement ridicule. Si nous voulons entrer dans le mystère de la foi, il nous faut cheminer pas à pas avec Jésus, il nous faut accueillir sa parole chaque jour. Le Seigneur est là, il frappe à notre porte. C’est nous qui avons la clé pour lui ouvrir et l’accueillir dans notre vie.

Nos pauvres mots sont bien limités pour parler de ce dogme de la Sainte Trinité. Mais le plus important c’est la révélation d’un Dieu passionné d’amour pour l’humanité. Jésus nous parle du Père ; il nous apprend à le prier et à nous jeter dans ses bras comme le fils prodigue. Puis il nous envoie son Esprit Saint pour faire de nous des messagers de la bonne nouvelle.

En célébrant cette Eucharistie, nous nous tournons ensemble vers ce Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Ce Dieu qui est amour veut nous unir à lui et nous unir les uns aux autres. Heureux sommes-nous d’entrer dans cette communion d’amour. Prions ensemble pour que cette communion s’étende au monde entier, qu’elle dépasse les limites de l’Église pour faire de nous un peuple fraternel, heureux de rendre grâce. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 25 mai 2026

Les nombreux bienfaits du rosaire

Les nombreux bienfaits du rosaire

Il est 1h15 du matin et je suis complètement réveillée. Peut-être que la pièce est trop chaude ; l’appartement, avec ses grandes fenêtres, est chaud pendant six mois de l’année. Je rapproche le ventilateur du lit, jette les oreillers les plus durs à mes pieds et tente de changer le cours de mes pensées en allant me chercher un verre d’eau. Mais je suis toujours bien réveillée lorsque je retourne me coucher, les heures s’étirant avec morosité devant moi jusqu’au lever du soleil.

Alors je prie. Je prie le rosaire, la plus longue série de prières que je connaisse, pour qu’il me tienne compagnie pendant ces longues heures d’obscurité. Le rosaire est à juste titre décrit comme un « compendium de l’Évangile », un souvenir et une méditation sur la vie du Christ vue à travers les yeux de Marie, commençant par l’annonce de la grossesse de Marie et la petite enfance de Jésus (les mystères joyeux), le ministère du Christ (les mystères lumineux), les événements menant à la crucifixion (les mystères douloureux) et les événements suivant la résurrection (les mystères glorieux).

Je compte les prières sur mes doigts dans l’obscurité pour ne pas perdre le fil. Ces prières induisent un sentiment de calme et de paix, et la respiration ralentit à mesure que l’attention s’élargit vers le spirituel. Ces prières marquent aussi le rythme de la vie humaine ; en contemplant les événements de la vie du Christ, nous apprenons la charité envers les autres. Comme l’expliquait Jean-Paul II, comment pourrait-on contempler le Christ portant la croix et le Christ crucifié sans ressentir le besoin d’aider ceux qui sont accablés par le chagrin ou écrasés par le désespoir ?

Le rosaire n’est pas une fuite face aux problèmes du monde; il offre plutôt l’occasion de voir les besoins avec un regard responsable et généreux. Le rosaire nous donne la force d’affronter les difficultés et les défis avec espoir, et en sachant que nous ne sommes pas seuls.

La commémoration annuelle de la souffrance du Christ n’atténue pas, pour les croyants, la douleur de la cruauté qui lui a été infligée. Elle brise le cœur chaque année. Pourtant, en revivant la mort du Christ et la douleur de Marie, debout au pied de la croix, nous entrons dans la compréhension de la profondeur de l’amour de Dieu pour l’humanité et faisons l’expérience de sa puissance vivifiante.

Melissa Coburn, 22 mars 2026

theage.com.au

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie