Dimanche de la Sainte Trinité: « Le merveilleux mystère d’où nous venons et vers lequel nous allons »

Icône De L’Hospitalité D’Abraham, Dite De La Sainte-Trinité, Copie De L’îcône D’André Roublev @ Wikimedia Commons

Dimanche de la Sainte Trinité: « Le merveilleux mystère d’où nous venons et vers lequel nous allons »

« Vivre la communion avec Dieu et entre nous »

« Nous sommes la demeure vivante de la Très Sainte Trinité »: Mgr Francesco Follo rappelle cette vérité chrétienne à l’occasion de la fête de la Sainte Trinité, dimanche prochain, 7 juin 2020.

Mgr Follo commente ainsi les lectures de la messe pour cette fête: « Gardons également à l’esprit que ce dimanche de la Trinité nous fait non seulement célébrer le merveilleux mystère d’où nous venons et vers lequel nous allons. Il nous rappelle la vocation que nous tous avons tous, celle de vivre la communion avec Dieu et de vivre la communion entre nous sur le modèle de la communion divine.  »

Il lance cette invitation: « La meilleure façon pour comprendre et vivre le Dieu-Trinité est de le prier et de refléter l’Amour qu’Il est dans nos vies. »

Comme lecture patristique, Mgr Follo propose une page de saint Athanase.

AB

Nous sommes la demeure vivante 

de la Très Sainte Trinité

             Prémisse

La Trinité est un mystère lumineux: « De même que dans trois soleils, contenus l’un dans l’autre, il y aurait une seule lumière par compénétration intime » (Saint Jean Damascène). La révélation de la Très Sainte Trinité se résume de manière simple et profonde dans la courte phrase de la première lecture de Saint Jean: « Dieu est amour ». Il ne l’est pas uniquement par rapport à nous ou à l’univers créé. Il l’est en lui-même, dans son intimité, essentiellement, infiniment, éternellement. D’ailleurs l’amour est vraiment lui-même dans la relation avec un autre qui le constitue. Pour être charité, l’amour doit tendre vers l’autre (Saint Grégoire le Grand).

« Dieu est tout et seulement amour, amour très pur, infini et éternel. Il ne vit pas dans une splendide solitude, mais il est source inépuisable de vie qui se donne sans cesse et se communique. Nous pouvons en quelque sorte en avoir une certaine intelligence en observant à la fois le grand univers : notre terre, les planètes, nos étoiles, les galaxies ; est le petit univers : les cellules, les atomes, les particules élémentaires.

Dans tout ce qui existe, le « nom » de la Sainte Trinité est en un certain sens imprimé, parce que l’être tout entier, jusqu’aux dernières particules, est en relation, et brille ainsi à travers la relation avec Dieu, brille finalement à travers l’Amour créateur. Tout vient de l’amour, tend à l’amour et bouge sous l’impulsion de l’amour, naturellement avec différents degrés de conscience et de liberté » (Benoît XVI). Cet amour vit en nous. « Nous sommes la demeure vivante de la Très Sainte Trinité où tout trouve Dieu, écoute Dieu, espère et aime Dieu, parce que l’âme en grâce participe au pouvoir du Père, à la lumière de la vérité du Fils, dans l’élan de l’amour du Saint-Esprit » (Cornelio Fabro, pretre et philosophe italien, né le 24 aout 1911 et mort le 4 mai 1995).

Gardons également à l’esprit que ce dimanche de la Trinité nous fait non seulement célébrer le merveilleux mystère d’où nous venons et vers lequel nous allons. Il nous rappelle la vocation que nous tous avons tous, celle de vivre la communion avec Dieu et de vivre la communion entre nous sur le modèle de la communion divine.

« Nous sommes appelés à vivre non pas l’un sans l’autre, au-dessus ou contre l’autre, mais les uns avec les autres, pour les autres et dans les autres. Cela signifie accueillir et témoigner de la beauté de l’Évangile; vivre l’amour mutuel et envers tout le monde, partager les joies et les souffrances, apprendre à demander et accorder le pardon, valoriser les différents charismes sous la conduite des pasteurs » (Pape François). En bref, nous avons la tâche de construire l’Église-Communion, reflétant le splendeur de la Trinité et évangélisant non seulement avec des mots, mais avec la force de l’amour de Dieu qui demeure en nous.

1) Vivre et cohabiter

La foi chrétienne a deux grands Mystères : l’Unité et Trinité[1] de Dieu et l’Incarnation, passion, mort et résurrection de Jésus Christ.

Toutefois, malgré l’importance que la Trinité revêt pour notre foi, on a souvent l’impression que pour beaucoup celle-ci n’est rien de plus qu’une vérité à laquelle il faut croire, un mystère absolument incompréhensible, sur lequel on ne se pose pas beaucoup de questions.

La Trinité est un dogme qui peut paraître loin et ne pas toucher la vie. Au contraire celle-ci est la révélation du secret du vécu de la vie, de la sagesse sur la vie, sur la mort, sur l’amour, et elle nous dit : en tout premier, c’est un lien de liberté, c’est-à-dire une communion d’amour.

Un seul Dieu en trois personnes: Dieu n’est pas en soi solitude, mais communion, l’océan de son essence vibre d’un infini mouvement d’amour, réciprocité, échange, rencontre, famille, fête. Quand « au commencement » Dieu dit: « Faisons l’homme à notre image et ressemblance », l’image dont il parle n’est pas celle du Créateur, pas celle de l’Esprit, ni celle du Verbe éternel de Dieu, mais elle est toutes ces choses à la fois.

Face à la révélation de la Trinité, il ne nous est pas demandé seulement le silence mais aussi la stupeur et la joie, car il s’agit, oui, d’une réalité inaccessible, infiniment plus grande que nous, mais aussi d’une réalité lumineuse: elle éclaire l’homme dans son esprit et dans son cœur, dans la contemplation et l’action.

Cette révélation ne vient pas simplement satisfaire notre besoin de connaître Dieu; elle touche directement au destin de l’homme et de la création. Le salut, en tant que communion d’amour entre Dieu et l’homme, reflète les caractères des deux interlocuteurs qui la constituent: Dieu et l’homme. Alors l’homme ne peut être compris sinon à partir de Dieu: fait à l’image de Dieu, il est façonné sur le Christ, image parfaite de Dieu (Col 1,15). Les questions et réponses sur Dieu sont donc d’une importance fondamentale pour comprendre l’homme.

En connaissant le Père (l’Aimant[2]), le Fils (l’Aimé) et l’Esprit (l’Amour), nous entrevoyons que, dans son intimité la plus profonde, Dieu est dialogue, une vie d’amour entre trois Personnes. C’est ici que réside l’originalité de la conception chrétienne de Dieu, et c’est ici que l’homme trouve l’explication la plus vraie sur lui-même. L’homme sent que la nostalgie de la communauté, de la solidarité et du dialogue ne peut être supprimée; il en a besoin pour vivre et grandir, il en a besoin plus que de l’air qu’il respire. Mais ce n’est qu’à la lumière de la Trinité que cette constatation acquiert cette profondeur insoupçonnable: nous sommes faits pour nous rencontrer, pour dialoguer et aimer, parce que nous sommes « à l’image de Dieu », et que Dieu est, justement – d’après ce que nous comprenons – une communauté d’amour.

2) La vie est amour

La vocation à la communauté est la trace de la Trinité dans l’homme et « Tu vois la Trinité quand tu vois l’amour » (Saint Augustin[3]) que le pape émérite Benoît XVI explique ainsi: « En effet, l’Esprit est la puissance intérieure qui met leur cœur au diapason du cœur du Christ, et qui les pousse à aimer leurs frères comme Lui les a aimés » (Lett. Enc. Deus Caritas est, n. 19). L’Esprit nous introduit au rythme même de la vie divine, qui est une vie d’amour, en nous faisant participer personnellement aux relations qui s’écoulent entre le Père et le Fils. Si Paul, en énumérant les fruits de l’Esprit, met l’amour à la première place, cela a un sens: « voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, etc. » (Gal 5,22). Et, comme par définition l’amour unit, cela signifie avant tout que l’Esprit est créateur de communion au sein de la communauté chrétienne, comme nous disons au début de la messe en utilisant l’expression de saint Paul: « … que la communion du Saint Esprit [soit celle qui est opérée par lui] soit avec vous » (2 Cor 13,13). Mais d’un autre côté, il est vrai aussi que l’Esprit nous stimule à nouer des relations de charité avec tous les hommes. Donc, quand nous aimons nous faisons une place à l’Esprit, lui permettons de s’exprimer pleinement.

Plus que sur le Mystère des Trois Personnes, les textes de la liturgie d’aujourd’hui attirent, en effet, davantage notre attention sur la réalité d’amour qui est contenue dans ce premier et suprême Mystère de notre foi. Le Père, le Fils et le Saint Esprit sont Un, parce qu’ils sont amour et que l’amour est la force vivifiante absolue, que l’unité créée par l’amour est encore plus « unité » qu’une unité purement physique. Le Père donne tout au Fils : le Fils reçoit tout du Père avec reconnaissance ; et le Saint Esprit est comme le fruit de cet amour réciproque entre le Père et le Fils.

Donc, le passage tiré aujourd’hui de l’Evangile de Saint Jean nous fait réfléchir et contempler l’étonnante profondeur et gratuité de l’amour du Père qui nous donne son Fils. En se faisant chair[4] Celui-ci touche l’homme dans sa réalité concrète quelle que soit sa situation. Dieu a assumé la condition humaine pour la guérir de tout ce qui la sépare de Lui, pour nous permettre de l’appeler, en son Fils Unique, « Abbà, Père » et être de vrais fils de Dieu. Saint Irénée affirme: « C’est la raison pour laquelle le Verbe s’est fait homme et le Fils de Dieu, Fils de l’homme : afin que l’homme, en entrant en communion avec le Verbe et en recevant ainsi la filiation divine, devienne fils de Dieu » (Adversus haereses, 3, 19,1: PG 7,939).

Le Verbe de Dieu s’est fait chair non pas par obligation juridique, mais par exigence de libre amour, grâce à une surabondance d’amour. La Trinité n’est rien d’autre que ce mystère surabondant d’amour qui, du ciel, s’est déversé sur la terre, surmontant chaque frontière, chaque limite. Dieu nous fait don de son Fils aimé, mais n’oublions pas que ce don est pour tous : pour le monde entier.

Si bien que Saint Jean, dans ce même passage de l’Evangile du jour, poursuit en disant que Dieu a envoyé son Fils pour sauver le monde, pas pour le juger. Mais ceci n’enlève rien au fait que la présence du don détermine une crise : le don du Père peut être accueilli ou refusé.

3) La vie c’est accueillir la Vie

Quelle est notre vocation ? Celle de vivre la vie trinitaire : il n’y a pas d’autre vocation que celle-ci. Chacun de nous est appelé à vivre la vie de Dieu. Et la vie de Dieu c’est la Très Sainte Trinité. C’est notre vocation. Notre vocation n’est pas de faire école, défaire avancer un laboratoire, de travailler à la maison, de nous occuper des enfants ; notre vocation n’est même pas de prier. Notre vocation c’est Dieu lui-même, c’est être en Lui, vivre en Lui. Notre vocation nous appelle à croire à l’amour, à l’accueillir, à le vivre.

Qui, au moins une fois dans la journée, ne fait pas le signe de croix ou ne récite pas le Notre Père ? Ces Gestes indiquent notre appartenance naturelle à Dieu, qui veut faire de nous des êtres divins, comme Lui. Et ça, les saints l’avaient très bien compris, en incarnant dans leur vie le modèle d’amour trinitaire sur les routes du monde, pauvrement comme St François d’Assise, paternellement avec Saint Pio de Pietrelcina, charitablement comme Mère Teresa de Calcutta, de manière cachée, derrière les grilles d’un monastère de clôture comme sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, familièrement comme les Epoux Martin parents de la Sainte de Lisieux.

De tous les saints, Marie est la créature la plus proche de la Très Sainte Trinité : fille du Père, Mère du Fils, Epouse du Saint Esprit. La Vierge Marie, dans sa docile humilité, s’est faite humble servante de l’Amour : elle a su accueillir la volonté du Père en concevant son Fils par œuvre du Saint Esprit. En Elle, le Tout Puissant a pu ériger un temple digne de Lui, faisant de ce temple un modèle et une image pour l’Eglise, maison de communion pour chaque homme et chaque femme.

Aide-nous Marie, reflet de la trinité, à grandir dans la foi et à accueillir dans notre vie le mystère trinitaire, un mystère qui nous parle d’amour, d’accueil et de communion.

Que les Vierges consacrées dans le monde soient pour nous un exemple, elles qui, dans le quotidien de leur vie, veillent sur l’appel à la sainteté en menant une existence simple, par le biais d’un travail « profane ». Par leur style de vie dans le monde, elles marquent la présence du Christ dans la vie quotidienne, pour transformer le monde selon le Cœur du Dieu trine. Ces femmes font cela en mettant en pratique les conseils évangéliques. En effet « la vie consacrée, par conséquent, est appelée à approfondir continuellement le don des conseils évangéliques par un amour toujours plus sincère et plus fort dans une dimensiontrinitaire : amour du Christ, qui appelle à l’intimité avec lui ; amour de l’Esprit Saint, qui dispose l’âme à accueillir ses inspirations ; amour du Père, origine première et but suprême de la vie consacrée. Elle devient ainsi confession et signe de la Trinité, dont le mystère est montré à l’Église comme modèle et source de toute forme de vie chrétienne. » (Saint Jean Paul II, Ex. Ap. Post-Sinodale Vie Consacrée, n. 21)

LECTURE PATRISTIQUE

Saint Athanase, Évêque (296 – 373)

De la Lettre 1 à Sérapion, 28-30 

PG 26, 594-595. 599)

Lumière, splendeur et grâce de la Trinité

Étudions la tradition antique, la doctrine et la foi de l’Église catholique. Le Seigneur l’a donnée, les Apôtres l’ont annoncée, les Pères l’ont gardée. C’est sur elle, en effet, que l’Église a été fondée et, si quelqu’un s’en écarte, il ne peut plus être chrétien ni en porter le nom.

Il y a donc une Trinité sainte et parfaite, reconnue comme Dieu dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit; elle ne comporte rien d’étranger, rien qui lui soit mêlé de l’extérieur ; elle n’est pas constituée du Créateur et du créé, mais elle est tout entière puissance créatrice et productrice. Elle est semblable à elle-même, indivisible par sa nature, et son activité est unique. En effet, le Père fait toutes choses par le Verbe dans l’Esprit Saint, et c’est ainsi que l’unité de la sainte Trinité est sauvegardée. C’est ainsi que dans l’Église est annoncé un seul Dieu, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous. Au-dessus de tous, comme Père, comme principe et source ; par tous, par le Verbe ; en tous, dans l’Esprit Saint.

Saint Paul,  écrivant aux Corinthiens, à propos des dons spirituels, rapporte toutes choses à un seul Dieu, le Père, comme à un seul chef, lorsqu’il dit : Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit ; les ministères dans l’Église sont variés, mais c’est toujours le même Dieu, qui fait tout en tous. Car les dons que l’Esprit distribue à chacun sont donnés de la part du Père par le Verbe. En effet, tout ce qui est au Père est au Fils ; c’est pourquoi les biens donnés par le Fils dans l’Esprit sont les dons spirituels du Père. Quand l’Esprit est en nous, le Verbe qui nous le donne est en nous, et dans le Verbe se trouve le Père. Et c’est ainsi que s’accomplit la parole :  Nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de lui. Là où est la lumière, là aussi est son éclat ; là où est son éclat, là aussi est son activité et sa grâce resplendissante.

C’est cela encore que Paul enseignait dans la seconde lettre aux Corinthiens : Que la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. En effet, la grâce et le don accordés dans la Trinité sont donnés de la part du Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. De même que la grâce accordée vient du Père par le Fils, ainsi la communion au don ne peut se faire en nous sinon dans l’Esprit Saint. C’est en participant à lui que nous avons l’amour du Père, la grâce du Fils et la communion de l’Esprit Saint.

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NOTES[1] Le mystère trinitaire est à la base de la foi chrétienne, mais paradoxalement, même si la foi des premiers chrétiens était en fait déjà trinitaire (cf. Mt 28,16 e 1 Cor), le mot Trinité n’apparaît qu’à la fin du IIème siècle ap. Jc avec Théophile d’Antioche, pour indiquer le mystère qui est à la fois Un et révélé en trois Personnes: le Père, le Fils, le Saint Esprit.

2 Et St Augustin écrit avec émotion dans son « De Trinitate » : « Pour le chrétien, croire en Dieu signifie proclamer avec les lèvres et le cœur que Dieu est Amour. Cela signifie donc reconnaître que Dieu n’est pas solitude : pour aimer, il faut être au moins deux, dans un rapport si riche et fécond qu’il s’ouvre à tout ce qui est autre. Le Dieu d’amour est communion entre l’Amant, l’Aimé et l’Amour reçu et donné, le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Croire en cet Amour éternel signifie croire que Dieu est Un en Trois Personnes, dans une communion si parfaite qu’elles ne font qu’un dans l’amour, et en même temps dans un rapport si réel, subsistant dans l’essence divine unique, qu’elles sont en fait Trois à donner et à recevoir l’amour, à se rencontrer et à s’ouvrir à l’amour : « En vérité, tu vois la Trinité, si tu vois l’amour » (Augustin, De Trinitate, 8, 8, 12). « Voici qu’ils sont trois : l’Amant, l’Aimé et l’Amour » (ib., 8, 10, 14).[3] Nous ne serons jamais assez reconnaissants à Augustin d’avoir centré son discours sur la Trinité sur la parole de Jean: “Dieu est amour” (1 Jn 4,10). Dieu est amour : c’est pourquoi, conclut Augustin, il est Trinité ! “ L’amour suppose quelqu’un qui aime, ce qui est aimé et l’amour en soi”- Le Père est, dans la Trinité, celui qui aime, source et commencement de tout; le Fils est celui qui est aimé; le Saint Esprit est l’amour avec lequel ils s’aiment.[4] “le Verbe se fit chair” (Jn 1,14). Ici le mot “chair”, dans le langage juif, indique l’homme dans son intégralité, tout l’homme, mais sous l’aspect de sa caducité et temporalité, de sa pauvreté et contingence.

Traduction d’Océane Le Gall

Source: Zenit.org, le 5 juin 2020

Dimanche de la Sainte Trinité: « Le merveilleux mystère d’où nous venons et vers lequel nous allons »

Les nombreuses grossesses de la Grotte du Lait

La fuite de la Sainte Famille en Égypte fut provoquée par un ange apparu en songe à Joseph l’avertissant que le roi Hérode chercherait à tuer l’enfant Jésus pour conserver le pouvoir. Joseph, Marie et Jésus ont tout de suite fui en Égypte, mais au début de leur voyage, ils ont trouvé un refuge contre les soldats d’Hérode dans une grotte pendant le massacre des Innocents. Cette grotte miraculeuse est aujourd’hui connue sous le nom de la Grotte du Lait.

« Un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. » (Mt 2, 13-14)

La tradition raconte que la Sainte Famille s’y est reposée avant de poursuivre son voyage en Égypte, pour permettre à la Vierge d’allaiter Jésus affamé. Une goutte de lait de Marie serait tombée sur le sol de la grotte, changeant miraculeusement la couleur de la grotte, qui serait passée du brun jaunâtre à un blanc pur.

La Grotte du Lait est rapidement devenue un lieu de pèlerinage pour les premiers chrétiens, qui croyaient que le mélange de la craie d’une douce blancheur de la grotte mélangée à leur nourriture ou leur boisson pouvait aider la fertilité et la production de lait maternel. Les couples ayant des difficultés à concevoir venaient de toute la chrétienté à la Grotte du Lait dans l’espoir que la poudre blanche les aiderait à avoir un enfant. À la fin du IVe siècle, une petite chapelle a été construite autour de la grotte pour honorer sa vertu miraculeuse.

En 1872, l’actuelle chapelle de la Grotte du Lait a été construite sur le site de cette première chapelle, dont il reste quelques fragments du sol d’origine. La chapelle est située à Bethléem, à une courte distance au sud de la basilique de la Nativité.

Aujourd’hui, les pèlerins visitant la Grotte du Lait peuvent recevoir un petit sac de « lait en poudre » distribué par les Frères gardiens de la grotte. Les couples qui veulent bénéficier de ses bienfaits doivent ensuite se préparer par une neuvaine de quarante jours, en consommant chaque jour une petite quantité de poudre et en disant une prière spéciale pour demander à Dieu la naissance d’un enfant. Chaque année, les Frères reçoivent des photos de nouveau-nés et des lettres de milliers de couples attestant de la nature miraculeuse de la poudre et de la façon dont elle les a aidés à concevoir.

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Billy Ryan, January 11, 2018

Ucatholic

Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Mariedenazareth.com, le 6 juin 2020

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06.06.2020 – Saint du jour

Saint Norbert
Archevêque, Fondateur de l’Ordre des Prémontrés 
(1080-1134)

Norbert, né en 1080, près de Cologne, fut engagé dès son jeune âge dans la cléricature ; mais il fréquentait plus la cour que l’Église et reculait devant les Ordres sacrés, afin de suivre la voie des plaisirs.

Il avait déjà trente-trois ans, quand, traversant à cheval une belle prairie, accompagné d’un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela car Norbert entendit une voix céleste lui dire : « Pourquoi me fuis-tu ? Je te destinais à édifier mon Église, et tu scandalises mon peuple. » En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à Dieu : « Seigneur, que demandez-vous de moi ? » Et la réponse à sa question lui fit comprendre qu’il devait quitter le monde et vivre dans la pénitence.

La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l’on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe.

Norbert obtint du Pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses œuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication : il marchait nu-pieds, même en plein hiver, au milieu de la neige, n’avait pour vêtement qu’un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent ; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement : on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités.

Cependant Dieu réservait à Norbert la gloire de fonder l’Ordre des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l’établir (Prémontré, près de Laon). Saint Augustin lui ayant apparu, une Règle d’or à la main, il comprit qu’il devait adopter pour son Ordre la règle de ce grand docteur. Il fut lui-même la règle vivante de ses frères.

En 1126, se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance : Norbert fut obligé d’accepter l’archevêché de Magdebourg, et il eut désormais, outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d’abondants fruits de salut. Rien, du reste, n’avait changé dans sa vie, et jusqu’à sa mort il mena dans son palais la vie d’un moine dans sa cellule.

Quelques abbayes de Prémontrés :
– Abbaye Notre-Dame de Leffe 
– Abbaye Saint-Michel de Frigolet 
– Abbaye Saint-Martin de Mondaye 
– Abbaye de Pont-à-Mousson

Saint Norbert priez pour nous !

06.06.2020 – Evangile du jour

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,38-44. 

En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

Marc 12 38 44aw

COMMENTAIRE :

Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

carmélite, docteur de l’Église – Poésie « Vivo sin vivir en mí » (Œuvres complètes; trad. par Mère Marie du Saint-Sacrement; les Éd. du Cerf, 1995, p. 1221)

« Elle a tout donné »

Je vis mais sans vivre en moi ; Et mon espérance est telle Que je meurs de ne pas mourir. Je vis déjà hors de moi Depuis que je meurs d’amour ; Car je vis dans le Seigneur Qui m’a voulue pour lui. Quand je lui donnai mon cœur, Il y inscrivit ces mots : Je meurs de ne pas mourir. (…) Ah ! qu’elle est triste la vie, Où l’on ne jouit pas du Seigneur ! Et si l’amour lui-même est doux La longue attente ne l’est pas ; Ôte-moi, mon Dieu, cette charge Plus lourde que l’acier, Car je meurs de ne pas mourir. Je vis dans la seule confiance Que je dois un jour mourir, Parce que, par la mort, c’est la vie Que me promet mon espérance. Mort où l’on gagne la vie, Ne tarde pas, puisque je t’attends, Car je meurs de ne pas mourir. Vois comme l’amour est fort (Ct 8,6) ; Ô vie, ne me sois pas à charge ! Regarde ce qui seul demeure : Pour te gagner, te perdre ! (Lc 9,24) Qu’elle vienne la douce mort ! Ma mort, qu’elle vienne bien vite, Car je meurs de ne pas mourir. Cette vie de là-haut, Vie qui est la véritable, – Jusqu’à ce que meure cette vie d’ici-bas – Tant que l’on vit on n’en jouit pas. Ô mort ! ne te dérobe pas. Que je vive puisque déjà je meurs, Car je meurs de ne pas mourir. Ô vie, que puis-je donner À mon Dieu qui vit en moi Si ce n’est de te perdre, toi, Pour mériter de le goûter ! Je désire en mourant l’obtenir, Puisque j’ai si grand désir de mon Aimé Que je meurs de ne pas mourir.

LECTURES :

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,1-8.

Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne :
proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire.
Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau.
Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques.
Mais toi, en toute chose garde la mesure, supporte la souffrance, fais ton travail d’évangélisateur, accomplis jusqu’au bout ton ministère.
Moi, en effet, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu.
J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.
Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.

Examinez ! Pasteur Léopold Guyot – En Jesus-Christ


Psaume 71(70),8-9.14-15ab.16-17.22.

Je n’avais que ta louange à la bouche, tout le jour, ta splendeur.
Ne me rejette pas maintenant que j’ai vieilli ; alors que décline ma vigueur, ne m’abandonne pas.
Et moi qui ne cesse d’espérer, j’ajoute encore à ta louange.
Ma bouche annonce tout le jour

tes actes de justice et de salut ;
Je revivrai les exploits du Seigneur
en rappelant que ta justice est la seule.
Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse,

jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.
Et moi, je te rendrai grâce sur la harpe pour ta vérité, ô mon Dieu ! Je jouerai pour toi de ma cithare, Saint d’Israël !

Tu me feras vivre à nouveau ( Psaume 70 )

Sauvées du génocide grâce au chapelet

Immaculée Ilibagiza a grandi dans un village rwandais, avec ses parents et trois jeunes frères. Elle faisait des études de génie électrique et mécanique à l’Université nationale du Rwanda. Lorsqu’elle est rentrée chez elle pour les vacances de Pâques, le président du pays a été assassiné et cet évènement a déclenché un immense génocide, le 6 avril 1994. Le papa d’Immaculée l’a envoyée dans la maison d’un voisin, pasteur protestant, où elle s’est cachée.

Lorsque les membres de la majorité ethnique Hutu sont venus fouiller la maison du pasteur, Immaculée a prié et demandé à Dieu que les soldats n’ouvrent pas la porte de la salle de bain. Après sa prière, elle s’est évanouie et s’est réveillée cinq heures plus tard lorsque le pasteur a ouvert la porte.

Celui-ci a dit aux femmes que les hommes avaient fouillé toute la maison, cherchant même dans les valises qui auraient pu cacher des bébés, mais quand un des soldats est arrivé tout près de la porte des toilettes, il a dit au pasteur : « Bon, nous vous faisons confiance. Vous êtes un type bien. Il n’y a personne ici », puis il est parti.

C’est dans cette salle de bain qu’Immaculée a appris l’existence de Dieu et le pouvoir du chapelet. Sa première pensée n’était pas qu’elle était sauvée mais que Dieu existait bien. C’est alors qu’elle a commencé à lire la Bible et à prier le chapelet. 

Une fois libre, Immaculée a appris que toute sa famille avait été assassinée. Dans son désespoir, elle a entendu Dieu lui dire : « Le voyage de tes proches est fini sur la Terre, mais pas au Ciel. » Alors elle a compris qu’elle avait la liberté de choisir comment vivre sa vie et elle ne voulait pas choisir de haïr. En priant, elle entendit une fois de plus la voix de Dieu : « Si tu choisis l’amour, si tu choisis la bonté, je suis avec toi. »Découvrir plus sur mariedenazareth.com :

Témoignage d’Immaculée Ilibagiza, une survivante du génocide rwandais (Afrique de l’Est), donné à l’Université catholique de Washington (États-Unis) le 13 février 2020.

Rapporté par Renée Rasmussen

Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Source: https://us3.campaign-archive.com/?e=011dea2e3f&u=bbaf519c73482457368060b5b&id=f203d99b2f

Marie de Nazareth, le 5 mai 2020

05.06.2020 – Saint du jour

Saint Boniface
Archevêque de Mayence, martyr

Boniface, appelé d’abord Winfrid, naît en Angleterre, vers 673-680. Une maladie grave décida son père à le laisser partir dans un monastère. 

Devenu professeur après de brillantes études, Winfrid, par sa science et son éloquence, acquiert une réputation dont il est effrayé ; alors, refusant tous les honneurs, il tourne toute l’ambition de son zèle vers les contrées encore païennes de la Germanie, et n’a qu’un désir : devenir apôtre de l’Allemagne. 
En 718, il va s’agenouiller aux pieds de saint Grégoire II et reçoit de lui tous les pouvoirs apostoliques. Après avoir traversé, en exerçant sa charité pour les âmes, la Lombardie, la Bavière et la Thuringe, il va se joindre à saint Willibrord, apôtre des Frisons ; mais il s’enfuit dès que celui-ci veut lui conférer l’épiscopat. Winfrid évangélise alors la Thuringe, dont les sauvages forêts se couvrent bientôt de monastères et se peuplent de saints. 

La moisson est trop abondante, il lui faut des auxiliaires ; le Pape l’appelle à Rome, le sacre évêque et change son nom en celui de Boniface. L’apôtre, secondé par de vaillants missionnaires, travaille avec plus d’ardeur que jamais à étendre le règne de l’Évangile. Ses saintes audaces sont bénies du Ciel. 

Un jour, il fait abattre un arbre de superstition, qui servait d’idole à un peuple aveugle, et quand la foule en fureur va se jeter sur lui, un prodige vient soudain la calmer : l’arbre énorme se plie sous une main invisible et va tomber en quatre tronçons aux pieds du Saint. Le Christ avait vaincu ; des milliers de païens demandèrent le baptême. 

Boniface était de nouveau débordé par l’immensité de ses succès; il fait un appel à sa patrie, et bientôt de nombreux missionnaires viennent se joindre à lui. Archevêque, légat du Pape, Boniface ne s’attribue point la gloire de ses œuvres ; Dieu est sa seule force et son seul recours ; voilà le secret de ses conquêtes pacifiques. 

À ce héros, il ne manquait plus qu’un combat ; à ce triomphateur, il ne manquait plus qu’une victoire. Le 5 juin 754, jour de Pentecôte, Boniface se préparait à offrir le Saint Sacrifice, quand une foule armée se précipite vers lui en poussant des cris sauvages ; son entourage court aux armes ; mais Boniface sort de sa tente : « Cessez le combat, mes enfants, dit-il, voici l’heure de la délivrance ! » Bientôt l’apôtre tombe sous les coups de ces barbares avec tous ceux qui l’accompagnent. On le trouva criblé de blessures, tenant en main le livre de saint Ambroise : « Du bienfait de la mort ».Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :>>> Saint Boniface

Saint Boniface priez pour nous !