La solidarité des évêques européens avec le Liban

Des volontaires distribuent des pelles pour nettoyer les débris à BeyrouthDes volontaires distribuent des pelles pour nettoyer les débris à Beyrouth (AFP or licensors)

La solidarité des évêques européens avec le Liban

Les évêques européens solidaires des Libanais après les explosions qui ont ravagé le port et une partie de la ville Beyrouth le 4 août. Dans un message au nom de l’épiscopat européen, le cardinal Jean-Claude Hollerich, président de la COMECE, adresse ses condoléances au peuple libanais et appelle l’Union européenne à l’aider pour surmonter la catastrophe.

Entretien réalisé par Marie Duhamel- Cité du Vatican

«L’Église catholique dans l’Union européenne se tient aux côtés du peuple libanais ainsi que des nombreux réfugiés qui ont fui la violence et qui ont été accueilli fraternellement par ce petit mais si généreux pays qui joue un rôle-clé pour la paix dans toute la région du Proche-Orient» : le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et président de la COMECE, a adressé dans un message en anglais publié le 5 août ses condoléances aux Libanais victimes d’une double explosion sur le port de Beyrouth.


«Nous partageons les mots et la prière du Pape François pour le Liban pour qu’à travers l’implication de ses éléments sociaux, politiques et religieux il puisse faire face à ce moment extrêmement tragique et douloureux»
, poursuit-il, en référence aux mots du Saint-Père notamment lors de l’audience générale.

L’Union européenne appelée à aider

Du point de vue de l’urgence humanitaire, il salue la réponse de l’Union européenne qui apporte une assistance immédiate. «Nous invitons l’UE à poursuivre son travail aux côtés du gouvernement et du peuple du Liban, incluant toutes les communautés religieuses» alors que le pays est secoué par une crise politique, économique et sociale profonde, sans compter la présence de la Covid-19 et un contexte régional très instable.

«Nous sommes profondément liés au Liban. C’est nécessaire que ce soit surtout l’Europe qui exprime sa solidarité et qui la fasse vivre par des actes concrets en faveur de ce pays en détresse profonde» a confié le cardinal Hollerich à Vatican News. De plus, «la paix au Liban est importante pour la sécurité de l’Europe. Le Liban est comme une porte d’entrée de l’Europe et s’il y a le feu à la porte d’entrée de la maison, il faut l’éteindre.»

Source: VATICANNEWS, le 6 août 2020

Six ans après la prise de Qaraqosh, l’espoir fragile des chrétiens d’Irak

Messe en l'église Saint Jean, 23 décembre 2018Messe en l’église Saint Jean, 23 décembre 2018 (AFP or licensors)

Six ans après la prise de Qaraqosh, l’espoir fragile des chrétiens d’Irak

Il y a 6 ans débutait un long calvaire pour les chrétiens d’Irak avec l’arrivée de l’État islamique dans la Plaine de Ninive. Aujourd’hui, les villes tombées entre ses mains sont libérées, mais l’avenir de la communauté chrétienne reste compromis. Éclairage d’Antoine Fleyfel, directeur de l’Institut Chrétiens d’Orient à Paris.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

6 août 2014: une nuit tragique et sanglante, au cours de laquelle la ville de Qaraqosh est prise par l’État islamique. Puis toute la plaine de Ninive se transforme au fil des attaques en nouveau fief pour les djihadistes, jetant sur les routes de l’exil des milliers de chrétiens. Beaucoup d’entre eux trouvent refuge au Kurdistan irakien voisin, ou dans des pays occidentaux comme la France.

En octobre 2016, Qaraqosh est libérée, puis Mossoul en 2017, mais les traces des destructions sont encore bien visibles et les chrétiens se font rares. Si quelques-uns sont revenus, les effectifs de cette communauté millénaire baissent dangereusement: ils étaient 1,5 millions en Irak en 2003, et seraient moins de 120 000 aujourd’hui, selon un dernier rapport de l’AED. L’association lance d’ailleurs l’alarme: leur nombre pourrait atteindre 23 000 d’ici quatre ans. La communauté chrétienne passerait alors de la catégorie des “vulnérables” à la catégorie critique des “menacés d’extinction”.

Un «génocide culturel et civilisationnel»

Antoine Fleyfel, est théologien et philosophe franco-libanais, directeur de l’Institut Chrétiens d’Orient à Paris. Il évoque les perspectives d’avenir pour les chrétiens irakiens: «Le danger de la disparition des chrétiens d’Irak est sérieux», estime-t-il, énumérant un faisceau d’indicateurs qui vont «contre l’avenir» de cette communauté.

Mais il y a aussi des signes d’espoir, tels que la «solidarité»d’associations, des efforts diplomatiques, la reconstruction en cours de certaines villes comme Qaraqosh, le retour des exilés.  

«Le drame se joue au niveau de la culture», déplore-t-il ensuite, rappelant que les chrétiens d’Irak sont «la plus ancienne communauté nationale chrétienne», datant de la fin du 1er siècle. «Le départ de ces chrétiens est un grand appauvrissement culturel pour l’Irak» et constitue aussi une perte sur le plan du dialogue entre les différentes confessions religieuses, car les chrétiens ont joué et jouent encore «un rôle de pont entre les sunnites et les chiites». «On peut parler d’un génocide culturel et d’un génocide civilisationnel, c’est pour cela qu’il faut absolument tenir à ce que ces gens demeurent sur place», plaide Antoine Feyfel, qui appelle à bâtir «un véritable État en Irak».

Source: VATICANNEWS, le 6 août 2020

L’importance du chapelet ou d’une croix sur son lit d’hôpital

L’importance du chapelet ou d’une croix sur son lit d’hôpital

Le père Joe McNerney, aumônier d’hôpital à plein temps dans le diocèse de Portsmouth en Angleterre, se dit frappé par l’importance pour les patients atteints du coronavirus de pouvoir tenir un chapelet ou une croix pendant leur séjour à l’hôpital. Avant la crise du COVID-19, l’aumônerie de santé était un ministère un peu en marge.

« Je pense que nous comprenons maintenant l’importance de l’aumônerie hospitalière, non seulement en cette période de pandémie, mais aussi quand cette crise sera passée. Il faut que les séminaristes soient formés à ce ministère au cours de leurs études » affirme-t-il, ajoutant que « toute la façon de faire de l’aumônerie a énormément changé » depuis la pandémie.

Les mesures préventives strictes prises pour les patients atteints par ce virus font que « tout ce que ces patients voient, ce sont nos yeux, tout le reste est couvert. Nous réalisons à quel point on communique qui nous sommes à travers l’expression du visage—le sourire, la lueur des yeux. Tout ce qui peut véhiculer le fait qu’on se soucie de l’autre en tant que personne. »

« C’est un grand réconfort d’avoir entre les mains quelque chose qui vous relie à votre foi catholique, à votre communauté catholique. C’est quelque chose de très important », dit-il. « Malheureusement, à cause de la situation, nous ne pouvons pas donner la communion. Si un patient est intubé, on ne peut pas le faire. Le sacrement des malades joue un rôle important. Mais la présence permanente de quelque chose de tangible – un chapelet ou une croix –  peut apporter un vrai réconfort ».

Le père McNerney fait remarquer qu’au début de la pandémie il était parfois difficile aux aumôniers catholiques d’approcher les patients atteints du coronavirus dans les grands hôpitaux. Mais il n’a entendu parler d’aucun cas où des catholiques soient morts du COVID-19 sans recevoir les derniers sacrements. « Je ne dis pas que cela n’est pas arrivé. Je ne sais pas. Mais parfois, il faut être inventif dans la façon dont on exerce son ministère. On doit être préparé à ce que j’appelle la ‘liturgie-express’. Cela demande un peu d’inventivité », a-t-il déclaré.

Les opinions du père McNerney sont reprises par le père Mark Elliott Smith, qui s’est porté volontaire pour être aumônier au NHS Nightingale, l’hôpital de campagne de Londres spécialisé dans le coronavirus. A la question de savoir si l’Église a été mise à l’écart pendant la crise, il répond : « Ici, du moins, absolument pas. En fait, il me semble plutôt que le Nightingale valorise la contribution d’un aumônier ».

Le père Smith partage l’avis de son confrère pour que tous les séminaristes reçoivent une formation approfondie en aumônerie hospitalière.

Adapté de : Catholic News Agency

Prions:

Je vous salue, Marie pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source: https://www.uneminuteavecmarie.com/2020/aout/semaine-32/2020-08-07/

07.08.2020 – SAINT DU JOUR

Saint Gaétan de Thiene, († 1547)

Prêtre et fondateur de :
L’« Ordre des Théatins » 

Gaetano, troisième enfant de Gaspard, comte de Thiene et de la comtesse Maria Porto, naît à Vicence, qui faisait alors partie de la République de Venise, en octobre 1480. 

C’est en souvenir d’un de ses oncles, chanoine et professeur à l’Université de Padoue (mort en 1465), qu’il reçut au baptême le prénom de Gaétan. Orphelin de père dès l’âge de deux ans, il fut éduqué par sa mère, fille spirituelle des dominicains de Santa Corona de Vicence, qui l’encouragea dans la voie de la sainteté.

Après avoir fait ses humanités à Vicence, il fréquenta l’Université de Padoue où il conquit le doctorat in « utroque jure » (17 juillet 1504). La même année, il reçut la tonsure des mains de l’évêque de Vicence, Pietro Dandolo. Très soucieux de l’éducation religieuse et de la promotion sociale des paysans vivant sur les terres que sa famille possédait à Rampazzo (province de Vicence), il y érigea en 1505, avec son frère Battista, une église dédiée à sainte Marie-Madeleine pour qui la Renaissance avait une grande dévotion.

En 1506, il travailla comme diplomate à la cour du Pape Jules II (Giuliano Della Rovere,1503-1513) où il aida à la réconciliation avec la République de Venise. À la suite du décès de sa mère, il fut rappelé à Vicence, où il fonda un hôpital pour les incurables. Il était alors tout autant préoccupé par le soin des âmes que par celui des corps. Il décida de regrouper des personnes qui seraient décidées à partager un idéal monastique avec un ministère actif. 

La mort du Pape Jules II, en 1513, lui permit de quitter la cour pontificale et de fonder un ordre basé sur ces idéaux : l’« Oratoire de l’Amour Divin ». Gaétan ne fut ordonné prêtre qu’en 1516. La nouvelle congrégation fut approuvée par Clément VII (Giulio de’ Medici, 1525-1534) en 1524. L’un de ses compagnons, Giovanni Pietro Carafa, futur pape sous le nom de Paul IV et alors évêque de Chieti, qui se dit Theate en latin, qui en fut le premier supérieur, est à l’origine du nom que la congrégation a porté par la suite. 

L’« Ordre des Théatins » prit les apôtres comme modèles et contribua puissamment à la réforme des mœurs au XVIe siècle. Les premières maisons de la congrégation furent fondées à Naples en 1533 et à Venise en 1540.

Gaétan était déjà âgé quand il tomba malade, à Naples ; il refusa un matelas et voulut mourir sur la cendre et le cilice ; il refusa aussi un médecin extraordinaire, disant : « Je suis un pauvre religieux, qui ne vaut pas la peine d’être assisté. » 

Marie vint elle-même chercher son âme le 07 août 1547. Ses restes sont à la basilique Saint Paul le Majeur de Naples.

Gaetano de Thiene a été béatifié le 23 novembre 1624, par le pape Urbain VIII (Maffeo Barberini, 1623-1644), et canonisé le 12 avril 1671, par le pape Clément X (Emilio Altieri, 1670-1676), en même temps que Rose de Lima, François Borgia, Louis Bertrand et Philippe Benizi.

Pour un approfondissement:
>>> Biographie de Saint Gaétan 

Saint Gaétan de Thiene priez pour nous !

07.08.2020 – EVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,24-28. 

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »
Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

Matthieu 16,24-28

COMMENTAIRE :

Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

moniale bénédictine. – Le Héraut, Livre III, SC 143 (Œuvres spirituelles, trad. P. Doyère, éd. du Cerf, 1968, p. 137, 141, 143, rev.)

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix » (Mt 16, 24)

Pendant le répons (…) « Voici que vient le Seigneur, notre Protecteur, le Saint d’Israël », Gertrude comprit que si quelqu’un s’appliquait dans son cœur à mettre sa volonté absolue à désirer que toute la conduite de sa vie, dans les joies comme dans les adversités, obéisse à la très adorable volonté de Dieu, il rendrait au Seigneur, par une telle disposition, moyennant la grâce de Dieu, le même honneur que rend au Souverain celui qui pose sur sa tête la couronne impériale. (…) Elle vit le Seigneur avançant sur un chemin, agréable certes par la beauté des feuillages et des fleurs, mais étroit et âpre entre d’épais buissons d’épines. Le Seigneur semblait avancer derrière une croix qui, écartant les épines de chaque côté, frayait un passage commode et il se retournait avec un visage serein vers ceux qui le suivaient, les encourageant et disant : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive… » (Mt 16, 24) Elle comprit par ces paroles que chacun a pour croix sa propre épreuve. Par exemple, la croix des uns est de devoir, sous l’aiguillon de l’obéissance, agir contrairement à leur désir ; celle des autres, de voir le poids des infirmités mettre obstacle à leur liberté ; et ainsi de chacun. Cette croix, chacun doit la porter en acceptant, en toute volonté, de souffrir ce qui le contrarie, et tout en s’y appliquant du mieux qu’il peut, en ne négligeant rien par ailleurs de ce qu’il sait être à la louange de Dieu.

bonne nouvelle du jour - Page 20

LECTURES .

Livre de Nahoum 2,1.3.3,1-3.6-7.

Voici sur les montagnes les pas du messager qui annonce la paix. Célèbre tes fêtes, ô Juda, accomplis tes vœux, car le Mauvais ne recommencera plus à passer sur toi : il a été entièrement anéanti.
Le Seigneur revient. Avec lui, la splendeur de Jacob comme celle d’Israël, alors que les pillards les avaient pillés et avaient ravagé leurs vignobles.
Malheur à la ville sanguinaire toute de mensonge, pleine de rapines, et qui ne lâche jamais sa proie.
Écoutez ! Claquements des fouets, fracas des roues, galop des chevaux, roulement des chars !
Cavaliers qui chargent, épées qui flamboient, lances qui étincellent ! Innombrables blessés, accumulation de morts, cadavres à perte de vue ! On bute sur les cadavres !
Je vais jeter sur toi des choses horribles, te déshonorer, te donner en spectacle.
Tous ceux qui te verront s’enfuiront en disant : « Ninive est dévastée ! Qui la plaindra ? » Où donc te trouver des consolateurs ?

Citations Espèce Est Sanguinaire - Pot de Citations


Livre du Deutéronome 32,35cd-36ab.39abcd.41.

« Oui, proche est le jour de leur ruine,
imminent, le sort qui les attend. »
Car le Seigneur fera justice à son peuple,
il prendra en pitié ses serviteurs.

« Voyez-le, maintenant, c’est moi, et moi seul ;
pas d’autre dieu que moi ;
c’est moi qui fais mourir et vivre,
si j’ai frappé, c’est moi qui guéris.

« Si j’aiguise l’éclair de mon épée,
si ma main brandit le jugement,
je tournerai la vengeance contre mes rivaux,
je réglerai leur compte à mes adversaires. »

août 2016 : Tous les messages (Page 4) - Chorale Belgo-Burundaise CSFA

Comment la Transfiguration nous introduit à l’adoration du corps de Jésus

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P Deliss I Godongo – Ostensoir

Comment la Transfiguration nous introduit à l’adoration du corps de Jésus

Lors de la Transfiguration, Jean regarde le corps transfiguré de Jésus et adore, tandis que Pierre s’agite et propose d’installer trois tentes. Devant Jésus transfiguré comme devant Jésus au Saint-Sacrement, l’adoration devrait être l’élan spontané de notre cœur.

Voici que Jésus est transfiguré sur le Thabor (Mt 17, 1-9). Autour de lui sont apparus Moïse et Élie. Devant eux, Pierre, Jacques et Jean assistent à la scène, ébahis. Dans l’Évangile, ce récit est encadré par les deux premières annonces de la mort du Christ. On comprend bien la pédagogie de Jésus : la Transfiguration est une manière, pour Jésus, d’annoncer à ses disciples qu’il va passer par la souffrance et la mort, mais que c’est pour mieux ressusciter dans la gloire. Il s’agit de préparer et fortifier les disciples dans la perspective de la Croix.

En vue du témoignage de la Résurrection

En réalité, les disciples sont surtout préparés par Jésus à sa Résurrection. Pierre et Jean, en particulier, doivent être sur le Thabor, pour attester le jour venu que Jésus ressuscité dans son corps glorieux était bien ce même Jésus qu’ils avaient vu transfiguré. Car ce sont eux qui seront en première ligne à la Résurrection, après Marie-Madeleine. À vrai dire, Pierre et Jean sont bien deux témoins majeurs, mais leur attitude à chacun n’est pas la même au cours de cette séquence où se succèdent la Transfiguration, la Cène, la Passion et la Résurrection. Dans ces quatre événements, il s’agit du corps de Jésus. Il s’agit ce que ce corps de Jésus provoque comme réaction chez Jean et Pierre.

Lors de la Transfiguration, Jean regarde le corps transfiguré de Jésus et adore, tandis que Pierre s’agite et propose d’installer trois tentes. Lors de la Cène, Jean se penche sur la poitrine de Jésus pour écouter les battements de son cœur, tandis que Pierre refuse d’abord de se faire laver les pieds puis réclame de se faire laver les pieds mais aussi la tête. Lors de la Passion, Jean reste au pied de la Croix pour contempler le corps de Jésus crucifié, tandis que Pierre a renié trois fois devant le corps de Jésus enchaîné avant de s’enfuir en pleurant. Lors de la Résurrection, Pierre et Jean ont tous les deux couru au tombeau, et cette fois-ci Jean n’a même pas besoin d’entrer pour voir et croire, tandis que Pierre doit se pencher pour constater que le corps de Jésus n’est plus là.

Prenons Jean pour guide

Bien sûr, Jean est un contemplatif, là Pierre est plutôt un actif. Au demeurant, ça n’empêche pas Jésus de choisir Pierre comme chef des Apôtres. Mais aujourd’hui, prenons Jean pour guide, car il s’agit de voir, de regarder, de contempler ce corps de Jésus transfiguré. Il n’y a rien à organiser, il n’y a pas à s’agiter, il faut se taire et contempler. L’activisme de Pierre en cet instant a quelque chose de déplacé. Avec tout le respect qui lui est dû, Pierre a un peu, en la circonstance, le comportement d’un adolescent d’aujourd’hui qui, lors d’une adoration eucharistique aux JMJ, chercherait à prendre un selfie de lui-même avec le pape François et le Saint-Sacrement en arrière-plan au lieu… d’adorer !

La pédagogie de l’adoration

Associer la Transfiguration à l’adoration eucharistique n’est pas arbitraire. Le mot « Thabor », qui désigne d’abord la montagne de la Transfiguration, désigne aussi le socle où l’on dépose l’ostensoir contenant le Saint-Sacrement. C’est peut-être ce qu’Élisabeth de la Trinitéavait dans le cœur, lorsqu’elle écrivait :

Je veux Vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière. Ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

Dans la petite chapelle du Carmel de Dijon, où l’hostie illuminée par la flamme des bougies était exposée dans un ostensoir dont les rayons d’argent faisaient comme un soleil, Élisabeth était comme transportée au sommet du Thabor, pour contempler avec saint Jean le corps transfiguré de Jésus.

Et devant Jésus transfiguré comme devant Jésus au Saint-Sacrement, l’adoration devrait être l’élan spontané de notre cœur. Qu’est-ce que l’adoration ? Écoutons encore la petite carmélite de Dijon :

L’adoration, ah ! c’est un mot du ciel. Il me semble qu’on peut la définir : l’extase de l’amour. C’est l’amour écrasé par la beauté, la force, la grandeur immense de l’Objet aimé ; il tombe en une sorte de défaillance, dans un silence plein, profond.

Dans la joie de ces vacances comme dans les épreuves qui nous frappent, nous sommes invités à fixer Jésus des yeux, à L’adorer au Saint-Sacrement.

Fixer Jésus des yeux

Imitons la fermeté d’Élisabeth : « Je veux vous fixer toujours. » Là encore, elle est du côté de saint Jean. Pierre, lui, a échoué à fixer Jésus des yeux. Lorsque Jésus l’a appelé à venir le rejoindre en marchant sur la mer, Pierre a fait quelques pas. Mais à l’instant même où Pierre a cessé de fixer Jésus des yeux, il a sombré, il a coulé. Cette année a été un temps d’épreuves : crise sanitaire, crise économique, scandales dans l’Église, sans compter les épreuves personnelles, les deuils. Si nous voulons marcher malgré tout, et ne pas couler, il nous faut fixer Jésus des yeux. Jésus est là, son corps transfiguré, qui s’offre à nos regards pour nous donner de rester debout et d’avancer.

Quelle grâce que de pouvoir regarder Dieu face-à-face ! Bien sûr, dans l’adoration eucharistique, nous ne voyons pas directement Jésus en sa divinité. Déjà pour les contemporains de Jésus, son humanité pouvait leur montrer sa divinité — c’est dans son corps, avec des gestes humains, qu’il accomplissait des miracles, jusqu’à ressusciter — mais aussi leur cacher cette divinité — comment Dieu pourrait-il revêtir une apparence aussi humble, aussi quelconque ?

Déjà du temps de l’Incarnation, il y avait un voile : il fallait un acte de foi et le don de la grâce pour que l’humanité de Jésus conduise les hommes à sa divinité, sans y faire écran. Dans le temps de l’Église où nous sommes, lorsque nous adorons Jésus au Saint-Sacrement, le voile subsiste, qui peut faire écran ou être traversé par la grâce. Il y a même deux voiles à traverser : il nous faut croire non seulement qu’en contemplant son humanité nous accédons à sa divinité, mais il nous faut croire déjà, en amont, que Jésus est réellement, substantiellement, charnellement présent sous les apparences du pain consacré.

Du visible à l’invisible

En adorant Jésus au Saint-Sacrement, puis en communiant à la messe, nous traversons deux voiles qui ne sont plus des obstacles mais le moyen même que Jésus a choisi pour nous permettre de nous unir à Lui. En adorant le Saint-Sacrement, nous passons du visible à l’invisible. Nous entrons, déjà, dans la gloire du Ciel. Nous voyons, déjà, ce que nous verrons au Ciel : Jésus-Christ en son humanité glorifiée par sa divinité. Ce que Pierre, Jacques et Jean ont seulement entrevu lors de la Transfiguration, nous le contemplons déjà. Ce que Pierre, Jacques et Jean contemplent aujourd’hui dans l’éternité nous est donné dans le temps.

La Transfiguration du Seigneur tombe au milieu des vacances. Et même ceux qui travaillent le font souvent sur un rythme moins effréné que pendant l’année. Profitons-en pour prendre le temps d’adorer le corps de Jésus au Saint-Sacrement. Déposons nos fardeaux, nos soucis, et fixons-le avec les yeux de Jean. Le Thabor n’est pas seulement en Palestine, il est partout où le corps eucharistique de Jésus est exposé à l’adoration des fidèles, il est partout où il y a des disciples pour se tenir dans le silence près du corps de Jésus. Pour nous unir à Pierre, Jacques et Jean lors de la Transfiguration, adorons Jésus au Saint-Sacrement avant de nous unir à lui dans la communion sacramentelle.

Source: ALETEIA, le 5 août 2020