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Sainte Vierge Marie, apprends-nous à attendre

Sainte Vierge Marie, apprends-nous à attendre

Sainte Marie, Vierge de l’attente, donne-nous de ton huile, parce que nos lampes s’éteignent. Vois : nos réserves se sont consumées. Ne nous envoie pas chez d’autres marchands.

Allume à nouveau dans nos âmes les anciennes ardeurs qui nous brûlaient de l’intérieur, quand il suffisait d’un rien pour nous faire tressaillir de joie : l’arrivée d’un ami lointain, le rouge du soir après l’orage, le crépitement de la bûche qui en hiver surveillait les retours à la maison, le son des cloches carillonnant les jours de fête, l’arrivée des hirondelles au printemps, l’arrondi tendre et mystérieux du ventre maternel, le parfum de lavande qui faisait irruption quand on préparait un berceau. Si aujourd’hui nous ne savons plus attendre, c’est parce que nous sommes à court d’espérance. Ses sources se sont asséchées.

Nous souffrons d’une crise profonde du désir. Et, désormais satisfaits des mille succédanés qui nous assaillent, nous risquons de ne plus rien attendre, pas même ces promesses surnaturelles qui ont été signées avec le Sang du Dieu de l’Alliance. (…)

Sainte Marie, Vierge de l’attente, donne-nous une âme de veilleur. Arrivés au seuil du troisième millénaire, nous nous sentons malheureusement plutôt fils du crépuscule que prophètes de l’Avent. Sentinelle du matin, réveille dans nos cœurs la passion de fraîches nouvelles à porter à un monde qui se sent déjà vieux. (…) Face aux changements qui secouent l’histoire, donne-nous de sentir sur notre peau les frissons des commencements. Fais-nous comprendre qu’il ne suffit pas d’accueillir : il faut attendre. Accueillir est parfois un signe de résignation. Attendre est toujours un signe d’espérance.

Rends-nous pour cela ministres de l’attente. Quand le Seigneur viendra, ô Vierge de l’Avent, qu’il nous surprenne, grâce à ta complicité maternelle, la lampe à la main.

Mgr Tonino Bello (1)

(1) Don Tonino Bello (1935-1993), prélat catholique italien, a été évêque de Ruvo di Puglia de1982 à 1986, puis évêque de Molfetta de 1986 à son décès.

Voir aussi : http://site-catholique.fr/index.php?post/Priere-Mariale-de-Mgr-Tonino-Bello

Prions:

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source: une minute avec Marie

05.12.2021 – SAINT DU JOUR

Bx Filippo Rinaldi († 1931)

Prêtre s.d.b. et 3e successeur de don Bosco

Philippe Rinaldi, né le 28 mai 1856 à Lu Monferrato (Alessandria), fut conquis, à vingt-et-un an, par don Bosco. 

Devenu prêtre, il reçut la charge de former aspirants et novices. Don Michele Rua l’envoya en 1889 comme Directeur à Sarriá en Espagne ; appelé ensuite à être Provincial, il contribua de façon décisive au développement de l’Espagne salésienne

Nommé Vicaire Général de la Congrégation, il révéla encore davantage ses dons de père et la richesse de ses initiatives : soin des vocations ; formation de centres d’assistance spirituelle et sociale pour les jeunes ouvrières ; guide et soutien pour les Filles de Marie Auxiliatrice en un moment particulier de leur histoire. 

Il donna une grande impulsion aux Coopérateurs ; il institua les Fédérations mondiales des anciens élèves hommes et femmes. 

Travaillant avec les Zélatrices de Marie Auxiliatrice, il comprit et parcourut un chemin qui l’amena à créer une nouvelle forme de vie consacrée dans le monde, qui fleurirait ensuite dans l’Institut séculier des « Volontaires de Don Bosco ».

Élu Recteur majeur en 1922, il employa toutes ses énergies pour adapter l’esprit de Don Bosco aux temps nouveaux. « Au P. Rinaldi il ne manque que la voix de D. Bosco, il a tout le reste » disait le Père Francesia. 

Versé en salésianité et maître de vie spirituelle, il ranima la vie intérieure des Salésiens, la confiance absolue en Dieu, la confiance en la Vierge Auxiliatrice ; il demanda à Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) l’indulgence du travail sanctifié ; il prit un grand soin des missions en envoyant de nombreux jeunes apprendre la langue et les coutumes locales en vue d’une évangélisation plus efficace. 

Il est mort le 5 décembre 1931. Sa dépouille est vénérée dans la crypte de la Basilique de Marie Auxiliatrice. Sa mémoire se célèbre le 5 décembre.

Filippo Rinaldi a été béatifié, par saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), le 29 avril 1990, à Turin sur la place de la Basilique de Marie Auxiliatrice. 

Saint Filippo Rinaldi priez pour nous !

05.12.2021 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3,1-6. 

Evangile du jour du 06.12.2020 – Centre Romand de l'Apostolat Mondial de  Fatima

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : 
« Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis;
et tout être vivant verra le salut de Dieu. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

évêque et docteur de l’Église. – Sur Isaïe, III, 3 (Lire la Bible avec les Pères, t. 6: Isaïe; trad. Sr Isabelle de la Source; Éd. Médiaspaul 2000, p. 99)

« Préparez le chemin du Seigneur »

« Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse, qu’il se couvre de fleurs des champs. » (Is 35,1) Celle que l’Écriture inspirée appelle généralement déserte et stérile, c’est l’Église venue des païens. Elle existait autrefois, parmi les peuples, mais elle n’avait pas reçu du ciel son Époux mystique, je veux dire le Christ. (…) Mais le Christ est venu chez elle : il a été captivé par sa foi, il l’a enrichie du fleuve divin qui ruisselle de lui, ruisselle, car il est « source de vie, torrent de délices » (Ps 35,10.9). (…) Dès qu’il a été présent, l’Église a cessé d’être stérile et déserte ; elle a rencontré son Époux, elle a mis au monde d’innombrables enfants, elle s’est couverte de fleurs mystiques. (…) Isaïe continue : « Il y aura là une route pure, on l’appellera la voie sacrée » (v.8). La route pure, c’est la force de l’Évangile pénétrant la vie, ou, pour le dire autrement, c’est la purification de l’Esprit. Car l’Esprit enlève la tache imprimée dans l’âme humaine, il délivre des péchés et fait surmonter toute souillure. Cette route est donc appelée à juste titre sainte et pure ; elle est inaccessible à quiconque n’est pas purifié. Personne, en effet, ne peut vivre selon l’Évangile s’il n’a d’abord été purifié par le saint baptême ; personne donc ne le peut sans la foi. (…) Seuls ceux qui ont été délivrés de la tyrannie du démon pourront mener la vie glorieuse que le prophète illustre par ces images : « On n’y rencontrera pas de lion, ni aucune autre bête féroce » (v.9) là, sur cette route pure. Autrefois, en effet, telle une bête féroce, le diable, cet inventeur du péché, s’attaquait, avec les esprits mauvais, aux habitants de la terre. Mais il a été réduit à néant par le Christ, chassé loin du troupeau des croyants, dépouillé de la domination qu’il exerçait sur eux. C’est pourquoi, rachetés par le Christ et rassemblés dans la foi, ils marcheront d’un seul cœur sur cette route pure (v.9). Abandonnant leurs anciens chemins, « ils s’en détourneront pour arriver à Sion », c’est-à-dire à l’Église, « avec une allégresse qui n’aura pas de fin » (v.10) ni sur la terre, ni dans les cieux et ils rendront gloire à Dieu, leur Sauveur.

Une pause par jour – 13 janvier 2019 | «Notre-Dame des 3 Vallées

LECTURES :

Livre de Baruch 5,1-9.

Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,
enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel.
Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,
car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms : « Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».
Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l’orient : vois tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.
Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal.
Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.
Sur l’ordre de Dieu, les forêts et les arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ;
car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice.

Prière universelle - 2e dim. Avent - 5 décembre 2021 - Réseau Mondial de  Prière du Pape


Psaume 126(125),1-2ab.2cd-3.4-5.6.

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

Psaumes 126:1-6 Cantique des degrés. Quand l'Éternel ramena les captifs de  Sion, Nous étions comme ceux qui font un rêve. Alors notre bouche était  remplie de cris de joie, Et notre langue


Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1,4-6.8-11.

Frères, à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais,
à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu’à maintenant, pour l’annonce de l’Évangile.
J’en suis persuadé, celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus.
Oui, Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus.
Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance
pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ,
comblés du fruit de la justice qui s’obtient par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.

2ème dimanche de l'avent c

LE VERDICT EST TOMBÉ : LE PAPE ACCEPTE DE DÉMETTRE L’ARCHEVÊQUE DE PARIS DE SA CHARGE ÉPISCOPALE

L'achevêque de Paris, Michel Aupetit

Il n’a fallu que huit jours depuis la parution le 25 novembre de l’article accusatoire du Point, pour que l’on en arrive à l’acceptation par le pape, le 2 décembre, de la démission de l’archevêque de Paris ! Face à un tel séisme, le peuple chrétien, déjà sous le coup du rapport Sauvé, doit chercher à comprendre. Sans se laisser impressionner par le manteau de la honte dont on veut couvrir l’Église…

C’est ce jeudi à midi que l’on a su la nouvelle, un semaine après que Mgr Michel Aupetit, ayant pris connaissance de l’article publié dans Le Point du 25 novembre, remettait sa charge épiscopale entre les mains du pape François. L’acte était parfait. Puisque c’est le pape qui nomme les évêques là où s’exercera leur pouvoir épiscopal de sanctifier, gouverner et enseigner cette partie du peuple de Dieu qu’est un diocèse, c’est à lui de juger et de démettre celui qui en est le titulaire. Il est le seul à déterminer la pertinence de son acte. Le peuple de Dieu n’a rien à dire !

LE PEUPLE CHRÉTIEN DOIT CHERCHER À COMPRENDRE

Rien à dire ne signifie pas ne rien comprendre. Pour le peuple chrétien de France, l’autorité morale de l’archevêque de Paris est plus forte que le périmètre de son autorité juridique. Si ce peuple n’a rien à dire, cela ne signifie pas qu’il ne doit rien comprendre. Du côté de Mgr Aupetit, il ne s’agit pas d’une décision émotionnelle. Préoccupé avant tout d’assurer, du mieux qu’il le pouvait, sa charge épiscopale que, de droit, il avait reçue du Christ lui-même par l’autorité du Pontife suprême, il a pris conseil auprès du cardinal Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, et de Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique en France. Les deux prélats lui auraient conseillé de remettre sa charge, afin d’éviter une plus grande division dans le peuple chrétien.


Si le peuple chrétien de France n’a rien à dire, cela ne signifie pas qu’il ne doit rien comprendre.


Mgr Aupetit le dit très bien dans sa lettre qui commente la décision du pape. Cette lettre est un modèle d’humilité, de grandeur et de sens ecclésial. Faisant allusion à cette histoire de relation ambiguë avec une femme, il ajoute : ce n’est pas pour ce j’ai fait ou n’ai pas fait, avant de recevoir la charge du diocèse de Paris, que je remets ma charge au pape – si cela était, j’aurais démissionné bien avant – mais pour le bien du diocèse. Le pape François a donc pris rapidement sa décision, afin d’éviter une plus grande division chez les catholiques de France !

Rien à dire, rien à comprendre exige-t-il de ne pas ouvrir la bouche ? Le peuple de France a-t-il quand même le droit de dire sa tristesse ou sa souffrance ? L’archevêque est condamné pour sa brutalité et son absence d’écoute, qui se seraient manifestées, entre autres, dans l’affaire du collège Saint-Jean-de-Passy et surtout dans l’affaire de la paroisse Saint-Merry. Mais était-ce la décision de l’archevêque d’envoyer les huissiers, en plein congé scolaire, au directeur de Saint-Jean-de-Passy, pour lui annoncer son congédiement comme directeur de l’établissement ? Cette décision, l’archevêque ne l’a connue que la veille au soir de son exécution. Est-ce une faute grave de la part de Mgr Aupetit de fermer le Centre pastoral de Saint-Merry, qui semblait avoir adopté le style de son premier curé, Daniel Duigou, célèbre pour ses fantaisies liturgiques et ses théories morales radicalement contraires à l’enseignement de l’Église ? Il prétendait aider les «pauvres», les divorcés remariés, les homosexuels, les adeptes du LGBT, non pour leur permettre de trouver une voie de vérité, mais pour les conforter dans leur comportement ! Mgr Aupetit a-t-il été insensible à la charité apostolique du cardinal Marty, fondateur de la paroisse et de son centre pastoral, en la confiant à l’œuvre de Sant’Egidio, dont on sait le charisme d’assistance aux pauvres ? A-t-il fait une faute, alors que les deux curés précédents avaient été contraints de démissionner, incapables de continuer à recevoir les insultes et les sarcasmes venus des directeurs de ce centre ?

Mais il y a l’histoire de cette femme qui porte le scandale et qu’une certaine presse ressort, trop heureuse de donner un peu de sexe en pâture à ses lecteurs. Alors qu’il était vicaire général à Paris, Mgr Aupetit aurait fait une erreur de distribution de courrier à sa secrétaire, lui donnant une lettre à envoyer, sans se rendre compte que ce qu’il donnait était écrit pour la femme avec laquelle il aurait eu des relations «intimes et ambiguës». Cela passe comme du caramel sur une tartine. Quelle secrétaire avait donc Michel Aupetit, qui n’aurait pas fait connaître à son patron direct cette erreur ? Comment aurait-elle gardé cette lettre et l’aurait-elle remise à un membre plus élevé de sa hiérarchie ? Et le vicaire général ne s’en serait pas aperçu ? Si cette secrétaire a vraiment fait cela, elle a trahi son chef immédiat ! Et la chose n’aurait été connue qu’en 2020, alors que l’accident de distribution daterait de 2012 ? Il y a un certain nombre d’invraisemblances dans cette histoire !

Mgr Aupetit a répondu discrètement. Sans nier l’existence d’une femme qui, à un moment donné, est intervenue dans sa vie, il semble nous laisser entendre que cette dernière a tenté de prendre trop d’importance. Ce qui est bien loin d’être rare. Il n’y a pas que les prêtres «célibataires» qui abusent des femmes consentantes. Il y a aussi – et ô combien ! – des femmes qui harcèlent les prêtres. S’il y avait eu relations sexuelles clandestines, le prêtre en aurait-il d’abord parlé à son chef hiérarchique et non à son confesseur ? Mgr Aupetit nie complètement toute relation d’intimité sexuelle. Pourquoi ne pas l’entendre et se délecter de cette petite histoire grasse qui salit l’archevêque et renforce le parti pris médiatique contre lui ?

POURQUOI CETTE DÉCISION ET SON ACCEPTATION SI RAPIDE ?

Devant cette connaissance partielle des faits, peut-être avons-nous le droit de poser des questions… Pourquoi cette décision ? Pourquoi cette rapidité à l’accepter ? Nous n’aurons jamais la réponse. Mgr Aupetit la connaît, mais elle restera dans son cœur et son intelligence jusqu’à sa mort. Il n’ouvrira pas son cœur, il taira sa souffrance, parce qu’il est un vrai serviteur de l’Église. Il est d’abord un serviteur du Christ, un Christ qui se tait («Jesus tacebat» Mc 14, 61-64 ; Mt 26, 63) devant le Sanhédrin. Il parle devant Pilate, qui n’écoute rien et sort du tribunal. Il ne saura jamais la vérité et il condamne dans les ténèbres, enfermé dans sa peur.


Monseigneur Aupetit n’ouvrira pas son cœur, il taira sa souffrance, parce qu’il est un vrai serviteur de l’Église.


L’Église de France aurait-elle peur, puisque c’est face à elle que se tait l’archevêque, maintenant émérite, du diocèse de Paris ? Elle n’a pas peur des faits ! Le Rapport Sauvé est bien là pour prouver que l’Église n’a pas peur des faits, ni même de la «vérité» des faits, puisqu’elle accuse à grand renfort de raisonnements, disant que c’est son propre gouvernement systémique qui est la cause des abus sexuels !

De quoi aurait-elle peur ? Peut-être d’elle-même ? Aurait-elle peur de rendre un témoignage à la vérité en disant ce qu’elle est, c’est-à-dire une, sainte, catholique. Aurait-elle une certaine gêne de dire qu’il n’y a pas que des prêtres pédophiles en elle, qu’il y a une très grande partie des prêtres qui sont fidèles à leur sacerdoce ? Serait-elle gênée d’affirmer haut et fort qu’elle est voulue par le Christ pour le salut des âmes ? Craindrait-elle de secouer le manteau de la honte dont on veut la couvrir ?. Le peuple chrétien, lui, attend, il attend qu’elle parle ! Et qu’elle parle d’elle-même !

On peut se rappeler ce mot de Mgr Aupetit, prononcé lorsqu’il était l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC-BFMTV le mardi 15 juin 2021 à 11:27 : «Si nous étions sûrs de notre culture et de notre religion, nous n’aurions pas peur». Mgr Aupetit est un homme qui n’a pas peur ! Peut-être faisait-il peur à ceux qui n’aiment pas être tirés de leur peur. Qui osera dire que cet article du Point est une grave injustice ?

Aline Lizotte

Photo : Guillaume Poli / CIRIC

Source: SMART READING PRESS, le 3 décembre 2021

Athènes: Rencontre avec les évêques

Depuis Athènes, Grèce, Rencontre du Pape François avec les évêques, prêtres, religieux, religieuses, séminaristes et catéchistes dans la Cathédrale de St. Dionysius.

Devant la communauté catholique de Grèce, l’appel à la confiance du Pape François

Dernier rendez-vous public du Pape François à Athènes, sa rencontre avec les évêques, prêtres, religieux et religieuses catholiques dans la cathédrale catholique Saint-Denys-l’Aréopagite. Le Saint-Père est revenu sur l’important témoignage que la petite communauté catholique offre en Grèce. «Etre une Église petite fait de nous un signe éloquent de l’Évangile», a t-il notamment souligné. 

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

«Je suis heureux de vous rencontrer sur cette terre qui est un don, un patrimoine de l’humanité sur lequel reposent les fondations de l’Occident » a lancé le Saint-Père, revenant ensuite sur la foi de cette petite communauté catholique. «Au cœur de ce riche patrimoine, ici, au début du christianisme, un « laboratoire » de l’inculturation de la foi a été inauguré, dirigé par la sagesse de nombreux Pères de l’Eglise, dont la sainteté de vie et les écrits restent un phare lumineux pour les croyants de tous les temps».

Une foi profondément liée aux racines grecques , grâce à l’Apôtre Paul, «celui qui a inauguré la rencontre entre le christianisme des origines et la culture grecque» a souligné le Saint-Père. C’est lui, a-t-il précisé, «qui a ouvert ce « laboratoire de la foi », qui a fait la synthèse de ces deux mondes. Et il l’a fait ici même, comme le racontent les Actes des Apôtres». François est ainsi revenu sur la période où Paul arrive à Athènes pour en tirer des enseignements pour aujourd’hui. Deux attitudes de l’Apôtre qui sont «utiles à notre actuelle élaboration de la foi», a-t-il expliqué.

La première est d’abord une attitude de confiance : «Pendant que Paul prêchait, certains philosophes commencent à se demander ce que ce « charlatan » (v. 18) veut enseigner». Emmené à l’Aréopage, Paul est sommé d’expliquer son enseignement. «Ces circonstances de sa mission en Grèce sont importantes, également pour nous. L’Apôtre se retrouve dans une impasse» a rappelé le Saint-Père. «Dans notre parcours, nous ressentons peut-être nous aussi souvent la fatigue et parfois la frustration d’être une petite communauté, ou une Eglise avec peu de ressources, avançant dans un contexte qui n’est pas toujours favorable» a poursuivi le Pape.

Aller de l’avant avec confiance

Malgré cette adversité, Paul ne s’est pas laissé aller à la tentation de se plaindre. «Telle est l’attitude du véritable apôtre : aller de l’avant avec confiance, en préférant l’appréhension des situations inattendues à l’habitude et à la répétition». Le Pape a ainsi invité ses hôtes à avoir confiance, «car être une Église petite fait de nous un signe éloquent de l’Évangile». «À nous, en tant qu’Église, il n’est pas demandé d’avoir un esprit de conquête ou de victoire, la gloire des grands nombres ou la splendeur mondaine» a-t-il poursuivi, mais plutôt «d’être le levain qui fermente, caché patiemment et silencieusement dans la pâte du monde, grâce à l’œuvre incessante de l’Esprit».

«Bénissez la petitesse et accueillez-la, a encore dit le Souverain Pontife, elle vous dispose à faire confiance à Dieu et à Dieu seul. Être minoritaires – et dans le monde entier l’Église est minoritaire – ne veut pas dire être insignifiants, mais parcourir la voie ouverte par le Seigneur, qui est celle de la petitesse : de la kénose, de l’abaissement, de la condescendance».

La deuxième attitude Paul à l’Aréopage d’Athènes est celle de l’accueil. «C’est la disposition intérieure nécessaire à l’évangélisation : ne pas vouloir occuper l’espace et la vie de l’autre, mais semer la Bonne Nouvelle dans le terreau de son existence, en apprenant d’abord à accueillir et à reconnaître les semences que Dieu a déjà mises dans son cœur, avant notre arrivée» a précisé François. «Évangéliser, ce n’est pas remplir un vase vide, c’est avant tout mettre en lumière ce que Dieu a déjà commencé à accomplir» a-t-il poursuivi. Voilà «l’extraordinaire pédagogie dont l’Apôtre fait preuve devant les Athéniens. Il ne leur dit pas “vous vous trompez complètement” ni “maintenant je vais vous enseigner la vérité”, mais il commence par accueillir leur esprit religieux».

Un cœur animé par le désir de communion

Le Pape a rappelé que le style de l’Apôtre était de proposer et non d’imposer, il a su accueillir la sensibilité religieuse de ses interlocuteurs. L’attitude de Paul «commence donc par l’accueil de l’autre : n’oublions pas que « la grâce suppose la culture, et le don de Dieu s’incarne dans la culture de la personne qui la reçoit »» a-t-il souligné, citant son encylique Evangelii Gaudium. «Aujourd’hui, il nous est demandé, à nous aussi, d’adopter une attitude d’accueil, un style d’hospitalité, un cœur animé par le désir de créer une communion entre les différences humaines, culturelles et religieuses» a ainsi expliqué François.

En cette terre grecque, saint Paul a montré sa confiance sereine en Dieu, et c’est ce qui l’a rendu accueillant envers les aréopagites qui se méfiaient de lui. «Grâce à ces deux attitudes, il a annoncé ce Dieu qui était inconnu à ses interlocuteurs»  a encore expliqué le Saint-Père. Parmi eux certains devinrent croyant comme Denys, à qui cette cathédrale catholique d’Athènes est dédiée.

«Je vous souhaite de tout cœur de poursuivre l’œuvre de cet historique laboratoire de la foi», a conclu le Pape «et de le faire avec ces deux ingrédients, la confiance et l’accueil, pour goûter l’Évangile comme une expérience de joie et de fraternité». Avant de prendre congé de ses hôtes, François a assuré à cette communauté catholique de Grèce qu’il la portait dans son cœur et sa prière.

Source: VATICANNEWS, le 4 décembre 2021

À Athènes, de jeunes chrétiens Syriens en quête d’un avenir de paix

Elias et Khegam, réfugiés syriens à Athènes.Elias et Khegam, réfugiés syriens à Athènes. 

À Athènes, de jeunes chrétiens Syriens en quête d’un avenir de paix

Le retour du Pape François à Lesbos marquera sans conteste l’acmé de son 35e voyage apostolique ; la question des migrants et réfugiés constitue de fait le fil rouge de ce déplacement en Méditerranée. Ils sont encore nombreux aujourd’hui dans les îles égéennes, mais également dans les grandes villes de la péninsule hellénique, dont la capitale, Athènes. Nous sommes allés à la rencontre de deux jeunes Syriens qui y sont accueillis dans un petit centre de l’Église arménienne catholique.

Manuella Affejee – envoyée spéciale à Athènes

Non loin du quartier pittoresque et touristique de Plaka qui se déploie au pied du majestueux Acropole, l’ordinariat arménien catholique de Grèce offre une atmosphère d’emblée familiale et chaleureuse à ses visiteurs. L’accueil, ici, n’est pas un vain mot mais fait véritablement partie de l’ADN de cette maison. Elle fut en effet fondée en 1921 pour être le refuge des Arméniens de Turquie ayant fui le génocide qui décima une grande partie d’entre eux.

Un point de chute pour les réfugiés syriens chrétiens

L’immigration arménienne s’étant tarie au fil des ans, l’ordinariat ralentit ses activités liées à l’accueil des réfugiés, pour se concentrer sur sa vie paroissiale. En 2015-2016, l’afflux de personnes migrantes venant essentiellement du Moyen-Orient, via la Turquie, permet à l’ordinariat de renouer avec sa vocation première. Son responsable, Mgr Joseph Bezezian, raconte avoir reçu un jour l’appel d’une ancienne paroissienne à Alep. Elle lui raconte que son fils a fui la Syrie et se retrouve en Grèce, seul et démuni. Le prêtre lui propose volontiers l’hospitalité ; un autre jeune se présente une semaine plus tard, puis un autre. C’est ainsi que le petit centre se verra héberger jusqu’à une quarantaine de personnes, toutes chrétiennes, malgré des moyens limités.

La plupart viennent de Syrie, à l’instar d’Elias et de Kegham, 22 ans chacun. Le premier est originaire de Hama, arrivé à Athènes depuis 2 ans après une odyssée de 22 semaines ; le second vient d’Idleb, après être passé par le Liban, la Turquie d’où il s’est embarqué à bord d’un canot pneumatique surchargé pour traverser la mer Égée. Il se trouve à Athènes depuis 2 semaines seulement.

L’impossibilité d’un avenir serein en Syrie

Leur histoire est celle de nombreux jeunes Syriens de leur âge. Depuis 11 ans, Elias et Kegham ne connaissent que le bruit des bombes, la destruction et les privations. Leurs familles sont restées au pays, eux se sont exilés pour fuir l’obligation du service militaire. Kegham pointe de son côté une pression de moins en moins tenable à Idleb : « Il y a du racisme envers les chrétiens, comme minorité, nous n’avons pas les mêmes droits… Cela devenait inutile que je reste en Syrie ». Le départ, pour lui et Elias, s’est imposé comme une douloureuse évidence. Leur sourire timide se teinte de tristesse lorsqu’ils évoquent leur pays et surtout leurs familles. « Nos parents, nos amis… Ce sont eux qui nous manquent le plus, même si on s’adapte à tout », avoue simplement Kegham.

Les deux jeunes Syriens, avec une dizaine d’autres, sont suivis par une équipe de 4 personnes, dont Mgr Bezezian ; l’ordinariat peut également compter sur un avocat qui pourvoit à une assistance légale ainsi que sur deux autres volontaires, en charge d’une aide médicale, le cas échéant. Pour faciliter leur intégration, des cours de grec et d’anglais leur sont proposés. Car certains pensent rester en Grèce, en dépit d’un contexte économique bien sombre. Elias, par exemple, suit actuellement une formation culinaire, en prévision de l’ouverture d’une boulangerie par l’ordinariat. Kegham aimerait plutôt aller en Allemagne, y travailler pour ensuite organiser la venue de sa famille en Europe et lui être ainsi réunie.

« Je ne me sens plus seul »

Les deux Syriens participeront à la rencontre du Pape avec les jeunes, lundi 6 décembre au matin ; plutôt réservés, ils ne sauraient trop expliquer ce qu’ils en attendent. Une chose est sûre : la venue de l’évêque de Rome -qu’ils n’ont jamais vu qu’en photo- ses paroles fortes sur les migrants et réfugiés les touchent au premier chef. « Notre réalité est mise en lumière », lâche Elias ; « je ne me sens plus seul, quelqu’un fait attention à moi, parle de moi », avoue pour sa part le jeune Kegham.

Cette attention manifestée par le Pape et l’Église universelle durant ces jours, est déjà vécue au quotidien par Elias et Kegham. La toute petite église arménienne catholique d’Athènes est devenue leur fragile point d’ancrage, et leur permet de se sentir, après tant d’épreuves, comme à la maison, comme en famille.

Source: VATICANNEWS, le 4 décembre 2021

USA – La Cour suprême maintient les espoirs des pro-vie

La Cour suprême maintient les espoirs des pro-vie

Les neuf juges de la Cour suprême des États-Unis ont entendu les arguments des parties dans l’affaire Dobbs. À la lumière des questions des juges, la possibilité de renverser Roe ou, à tout le moins, d’approuver la loi du Mississippi interdisant l’avortement après 15 semaines reste ouverte. Dans ce dernier cas, le vote du juge Roberts pourrait être le vote décisif.

L’arrêt Roe v. Wade sera-t-il annulé ou restera-t-il en vigueur ? Depuis quelques jours, cette question, qui divise les Américains depuis près d’un demi-siècle, est plus pressante que jamais, à l’intérieur et à l’extérieur des frontières des États-Unis. Mercredi 1er décembre, la Cour suprême a entendu les arguments des parties impliquées dans l’affaire Dobbs contre Jackson Women’s Health Organization, qui oppose l’État du Mississippi aux organisations pratiquant l’avortement. L’administration Biden est du côté de ces derniers. L’objet du litige est le HB 1510, une loi qui interdit les avortements après 15 semaines de gestation, sauf en cas d’urgence médicale et d’anomalie grave du fœtus. La principale question qui se pose à la Cour est de savoir si toutes les interdictions d’avorter avant la viabilité, c’est-à-dire avant que la conception puisse survivre en dehors de l’utérus, sont inconstitutionnelles.

L’affaire Dobbs est considérée par les experts comme la plus importante depuis l’arrêt Casey v Planned Parenthood de 1992, qui a confirmé le droit à l’avortement introduit par Roe en 1973, mais qui, en ce qui concerne la possibilité pour les États d’introduire des restrictions, a remplacé la norme des trois trimestres (aucune restriction à introduire au cours du premier trimestre, certaines au cours du deuxième, interdiction possible au cours du troisième sauf pour des raisons de « vie ou de santé » de la mère) par une évaluation de la probabilité de survie de l’enfant.

Eh bien, après le débat général qui s’est déroulé le 1er décembre au matin, les parties ayant présenté leurs arguments dans le respect des délais impartis et répondu aux questions des neuf juges suprêmes, les commentateurs pro-vie conservent généralement, avec quelques distinctions, un optimisme prudent quant à la possibilité de renverser Roe ou du moins de le limiter, avec des effets en cascade sur l’ensemble du système d’avortement. Un scénario également considéré comme réaliste par l’autre camp, étant donné l’inquiétude exprimée par plusieurs médias libéraux après l’audience de la Cour suprême.

Cet optimisme prudent repose sur les questions et le raisonnement des juges nommés par les Républicains (6), qui ont les moyens, s’ils le souhaitent, de réécrire l’histoire judiciaire américaine en faveur de la vie. Du côté des conservateurs, le vote du juge Clarence Thomas, qui, bien avant Dobbs, avait souligné que rien dans la Constitution américaine n’empêche un État fédéral d’interdire l’avortement, semble acquis. À ses côtés, l’avocat le plus fiable du banc était Samuel Alito, qui, dans son interrogatoire, a pressé Julie Rikelman, représentante légale de la Jackson Women’s Health Organization et d’autres avorteurs, sur un point précis : l’incohérence et l’arbitraire de la loi dans l’établissement de la ligne avant et après laquelle il est légal ou non de prendre la vie d’un enfant à naître. Alito a également mis Elizabeth Prelogar, procureur général du gouvernement fédéral, en grande difficulté sur le principe du stare decisis (s’en tenir à ce qui a été décidé précédemment), lui faisant valoir qu’une décision « manifestement erronée » devrait être annulée à tout moment, sans autre considération. Le juge conservateur a rappelé le tristement célèbre arrêt Plessy contre Ferguson, un jugement de 1896 qui a confirmé la légitimité de la ségrégation raciale et qui, 58 ans plus tard seulement, a commencé à être démantelé (par l’affaire Brown et les suivantes).

Mais au-delà de Thomas et Alito, les attentions se sont principalement portées sur les trois juges conservateurs nommés par Trump qui ont jusqu’à présent, dans certains cas devant la Cour suprême, déçu les attentes, bien qu’avec des différences personnelles.

Neil Gorsuch, qui a voté avec les libéraux en 2020 dans un arrêt sur les droits LGBT, s’est limité à demander aux représentants du front des avorteurs quelle autre norme pourrait être adoptée, le cas échéant, si la Cour rejette le bassin juridique de la survie autonome du fœtus (limitant pratiquement l’avortement) et si, et si, dans ce cas, le principe de la « charge indue » déjà établi par Casey, c’est-à-dire le principe selon lequel les restrictions à l’avortement ne peuvent pas faire peser une charge indue sur la liberté d’accès à l’avortement d’une femme, pouvait continuer à être utilisé.

À propos de Brett Kavanaugh, le juge a reconstruit certaines des principales objections pro-vie – y compris le silence de la Constitution sur l’avortement – au système inauguré par Roe, et a dressé une liste des principaux arrêts qui ont fait jurisprudence et sans lesquels « le pays serait très différent ». Déchiffrer sa déclaration globale sans ambiguïté pourrait aboutir à un faux-fuyant, mais les commentateurs des deux côtés de l’allée ont vu dans ses mots une inclination à annuler Roe.

Amy Coney Barrett a noté que le stare decisis est important, mais « il existe certaines circonstances dans lesquelles l’annulation est possible ». M. Barrett a également demandé à M. Rikelman pourquoi les lois permettant à une femme qui ne veut pas être mère de mettre son bébé en adoption peu de temps après sa naissance ne sont pas envisagées.

Enfin, la position du président de la Cour, John Roberts, un juge nommé par Bush junior qui, après 16 ans de mandat et des jugements controversés, est désormais considéré comme un libéral, a été significative. Roberts n’a pas manifesté le désir d’annuler Roe, mais il a clairement indiqué que le statu quo sur l’avortement ne lui semble pas raisonnable. Interrogeant Rikelman, il lui a demandé pourquoi – si l’avortement est une question de « choix », c’est-à-dire « que les femmes devraient avoir la possibilité d’interrompre une grossesse » dans un délai donné – « le seuil de 15 semaines devrait-il être inapproprié ? ». Il a ajouté : « …il me semble que la capacité de survie n’a rien à voir avec le choix ». Roberts a poursuivi en disant que la norme de 15 semaines est celle de « la grande majorité des autres pays » qui autorisent l’avortement. Cependant, lorsque nous élevons la barre de l’avortement au point où le bébé peut survivre en dehors de l’utérus, « nous partageons cette norme avec la République populaire de Chine et la Corée du Nord ».

Même s’il n’est pas possible de renverser Roe, ce qui ne peut être exclu, cela pourrait au moins créer la première faille dans un système pervers en approuvant la loi du Mississippi. Le passage n’est pas évident car, comme on l’a observé, le processus de décision des juges ne correspond pas toujours aux impressions laissées lors de la phase d’interrogatoire. Et, bien sûr, les pressions extérieures doivent également être prises en compte. Dans l’intervalle, cependant, l’affaire Dobbs laisse l’espoir qu’une grande injustice peut, au mieux, prendre fin, ou au moins être limitée. Le verdict n’est pas attendu avant juin 2022.

Source: La Nuova Bussola, le 4 décembre 2021

Depuis Athènes, le Pape s’inquiète de la montée d’un «scepticisme démocratique» 

Le Pape François et la présidente grecque, le 4 décembre 2021, à Athènes. Le Pape François et la présidente grecque, le 4 décembre 2021, à Athènes.   (Vatican Media)

Depuis Athènes, le Pape s’inquiète de la montée d’un «scepticisme démocratique» 

S’adressant aux autorités grecques, dans le premier discours qu’il a prononcé après son arrivée à Athènes, le Pape les a exhortées à ne pas céder aux séductions de l’autoritarisme et à protéger la démocratie. Il a également demandé à la communauté européenne d’être un moteur de solidarité dans l’accueil des personnes réfugiées. 

La présidente grecque a d’abord pris la parole lors de la cérémonie de bienvenue qui s’est tenue au palais présidentiel d’Athènes dans la matinée du samedi 4 décembre. Ekateríni Sakellaropoúlou a chaleureusement salué le Saint-Père, parlant du message «fort de foi et de fraternité» qu’il transmet, «En des temps difficiles, avec de grandes épreuves pour l’humanité, comme la crise migratoire avec les nombreux réfugiés, la pauvreté, le changement climatique et la pandémie, la contribution de la religion et de l’Église n’a pas seulement une importance existentielle et ne se limite pas aux seuls croyants», a-t-elle déclaré.

Le Pape François a ensuite rejoint le pupitre pour livrer un dense discours. «C’est un honneur pour moi d’être dans cette ville glorieuse. Je fais miennes les paroles de saint Grégoire de Nazianze : ‘’Athènes, ville d’or et dispensatrice de bienfaits… alors que je cherchais l’éloquence, j’ai trouvé le bonheur’’», a d’emblée commencé François, «Je viens en pèlerin dans ces lieux riches de spiritualité, de culture et de civilisation, pour puiser à ce même bonheur qui enthousiasmait ce remarquable Père de l’Église : la joie de cultiver la sagesse et d’en partager la beauté.» 

La Grèce, un pilier de l’humanité

Devant les autorités locales, le Saint-Père a rappelé l’importance de la Grèce dans la construction de l’humanité : «Sans Athènes et sans la Grèce, l’Europe et le monde ne seraient pas ce qu’ils sont. Ils seraient moins sages et moins heureux.» L’Acropole, visible de loin par les voyageurs, est «une référence incontournable à la divinité, un appel à élargir les horizons vers le haut.» Un lieu unique qui, en ces temps où nous sommes piégés par «la frénésie de mille courses terrestres et par l’avidité insatiable d’un consumérisme dépersonnalisant», invite à «nous laisser émerveiller par l’infini, la beauté de l’être, la joie de la foi. Les chemins de l’Évangile sont passés par ici, unissant l’Orient à l’Occident, les Lieux Saints à l’Europe, Jérusalem à Rome.»  

A Athènes, a continué François, le regard est donc tourné vers le haut mais également vers l’autre. «La mer, qu’Athènes domine, nous le rappelle. Elle oriente la vocation de cette terre placée au cœur de la Méditerranée pour être un pont entre les peuples. De grands historiens ont ici raconté avec passion les histoires des peuples voisins ou éloignés.» Ici est né la démocratie, a rappelé l’évêque de Rome, «Le berceau, des millénaires plus tard, est devenu une maison, une grande maison de peuples démocratiques : je pense ici à l’Union européenne et au rêve de paix et de fraternité qu’elle représente pour tant de peuples.» 

Le Pape François au palais présidentiel d'Athènes, le 4 décembre 2021.

Le Pape François au palais présidentiel d’Athènes, le 4 décembre 2021.

Plaidoyer pour la démocratie

«On ne peut cependant que constater avec inquiétude un recul de la démocratie», s’est ensuite inquiété le Saint-Père, «et pas seulement sur le continent européen. La démocratie exige la participation et l’implication de chacun, elle demande donc des efforts et de la patience». La démocratie est complexe, a-t-il rappelé, «alors que l’autoritarisme est expéditif et que les assurances faciles offertes par les populismes semblent tentantes.». «Dans de nombreuses sociétés, préoccupées par la sécurité et anesthésiées par le consumérisme, la fatigue et le mécontentement conduisent à une sorte de « scepticisme démocratique ». Mais la participation de tous est une exigence fondamentale ; non seulement pour atteindre des objectifs communs, mais parce qu’elle répond à ce que nous sommes: des êtres sociaux, uniques et en même temps interdépendants», a détaillé François.

Le Pape a également invité à «un changement de rythme», «alors que des peurs, amplifiées par la communication virtuelle, se propagent chaque jour davantage, et que des théories sont élaborées pour s’affronter aux autres», «aidons-nous à passer de l’esprit partisan à la participation; d’un engagement à soutenir uniquement son propre parti, à une implication active pour la promotion de tous».

Face aux nombreux défis actuels, de la pandémie au changement climatique, l’humanité a besoin d’«un multilatéralisme qui ne soit pas étouffé par des prétentions nationalistes excessives. La politique a besoin de cela pour faire passer les exigences communes avant les intérêts privés. Cela peut ressembler à une utopie, à un voyage sans espoir sur une mer agitée, à une odyssée longue et irréalisable». La traversée de la mer agitée est animée par le désir d’aller de l’avant, a ajouté François, profitant de l’occasion pour saluer l’Accord de Prespa signé entre la Grèce et la Macédoine du Nord. Ce texte, signé en juin 2018 entre les deux pays, a permis de résoudre un conflit de longue date entre les deux pays à propos du nom de la Macédoine depuis l’indépendance du pays en 1991.

Les fruits de l’olivier

L’olivier unit les différentes terres qui bordent la mer Méditerranée. «Il est triste de voir comment, ces dernières années, de nombreux oliviers centenaires ont brûlé, consumés par des incendies souvent provoqués par des conditions météorologiques défavorables, elles-mêmes causées par le changement climatique. Face au paysage meurtri de ce merveilleux pays, l’olivier peut symboliser la volonté de lutter contre la crise climatique et ses ravages.», a déclaré le Souverain pontife.

Après le déluge, l’olivier fut le symbole d’un nouveau départ, «En ce sens, j’espère que les engagements pris dans la lutte contre le changement climatique ne seront pas qu’une façade, mais qu’ils seront de plus en plus partagés, et sérieusement mis en œuvre.», a ajouté François, avant d’ajouter : «Qu’aux paroles succèdent les faits, pour que les fils ne paient pas l’énième hypocrisie de leurs pères. C’est en ce sens que résonnent les paroles qu’Homère met sur les lèvres d’Achille: ’’Celui qui cache sa pensée dans son âme et ne dit point la vérité m’est plus odieux que le seuil d’Hadès’’ (Iliade, IX, 312-313).»

Pour continuer, l’olivier représente dans les Écritures une invitation à la solidarité, «’’Lorsque tu auras récolté tes olives, tu ne retourneras pas chercher ce qui reste. Laisse-le pour l’immigré, l’orphelin et la veuve’’ (Dt 24, 20). Ce pays, disposé à l’accueil, a reçu sur certaines de ses îles un nombre de frères et sœurs migrants plus élevé que celui des habitants eux-mêmes, augmentant ainsi leurs difficultés, alors qu’ils ressentent encore les conséquences de la crise économique.»

Pourtant, l’Europe persiste à tergiverser, a déploré le Pape.

“La Communauté européenne, déchirée par les égoïsmes nationalistes, apparaît parfois bloquée et non coordonnée, au lieu d’être un moteur de solidarité. Si, à une certaine époque, les différences idéologiques ont empêché la construction de ponts entre l’Est et l’Ouest du continent, aujourd’hui, la question migratoire a ouvert des brèches entre le Sud et le Nord.”

Les personnes réfugiées sont «les protagonistes d’une terrible odyssée moderne», a-t-il continué. «J’aime rappeler que lorsqu’Ulysse débarqua à Ithaque, il ne fut pas reconnu par les seigneurs locaux, qui avaient usurpé sa maison et ses biens, mais par ceux qui avaient pris soin de lui. Sa nourrice comprit que c’était lui en voyant ses cicatrices. Les souffrances nous réunissent, et reconnaître que nous appartenons à la même humanité fragile nous aidera à construire un avenir plus intégré et plus pacifique.» François a invité à transformer «en une audacieuse opportunité ce qui semble être une épreuve malheureuse !»

La grande épreuve de la pandémie

Par ailleurs, la pandémie «nous a fait redécouvrir que nous sommes fragiles et que nous avons besoin des autres», a poursuivi le Saint-Père. La lutte contre la Covid-19 a demandé beaucoup d’efforts de la part des citoyens, «au milieu de tant d’efforts, cependant, un remarquable sens de la solidarité a émergé, auquel l’Église catholique locale est heureuse de pouvoir continuer à contribuer, convaincue qu’il s’agit là d’un héritage à ne pas perdre, alors que la tempête se calme lentement.» 

Rappelant le Serment d’Hippocrate, le Pape a ajouté que «le droit aux soins et aux traitements pour tous doit toujours être privilégié, afin que les plus faibles, notamment les personnes âgées, ne soient jamais rejetés. La vie est en effet un droit, et non la mort, qui doit être accueillie et non administrée.»

Bicentenaire de la Grèce

Les oliviers, centenaires et durables, qui résistent à l’épreuve du temps, rappellent «l’importance de préserver des racines solides, irriguées de mémoire. Ce pays peut être défini comme la mémoire de l’Europe, et je suis ravi de le visiter vingt ans après la visite historique du pape Jean-Paul II, et à l’occasion du bicentenaire de son indépendance.» François a rappelé les mots du gouvernement provisoire de l’époque, s’adressant aux catholiques : «Le Christ a commandé l’amour du prochain. Mais qui est plus proche de nous que vous, nos concitoyens, même s’il y a quelques différences dans les rites ? Nous avons une seule Patrie, nous sommes d’un seul peuple ; nous, chrétiens, sommes frères par la Sainte Croix», avant de commenter, «Être frères sous le signe de la Croix, dans ce pays béni par la foi et par ses traditions chrétiennes, est un appel pour les croyants au Christ à cultiver la communion à tous les niveaux, au nom de ce Dieu qui étreint chacun de sa miséricorde.»

Le Pape François au palais présidentiel d'Athènes, le 4 décembre 2021.

Le Pape François au palais présidentiel d’Athènes, le 4 décembre 2021.

Enfin, «de cette ville, de ce berceau de la civilisation, un message a surgi et surgira toujours, un message qui oriente vers le Haut et vers l’autre ; qui répond aux séductions de l’autoritarisme par la démocratie ; qui oppose à l’indifférence individualiste l’attention à l’autre, au pauvre et à la Création, qui sont les pierres angulaires essentielles d’un humanisme renouvelé, dont notre époque et notre Europe ont besoin», a conclu le Saint-Père. 

«O Theós na euloghi tin Elládha ! (Que Dieu bénisse la Grèce !)», a terminé François en langue grecque, avant de signer le livre d’or du palais présidentiel puis de rejoindre la nonciature apostolique.

Suite de la journée

À 16h, François effectuera une visite à Sa Béatitude Ieronymos II, archevêque d’Athènes et de toute la Grèce, qui l’avait accompagné à Lesbos en 2016. L’évêque de Rome et l’archevêque orthodoxe d’Athènes tiendront ensuite à 16h30 une rencontre publique accompagnés de leurs délégations respectives, en la Salle du Trône de l’archevéché orthodoxe, avec un discours du Pape. La fin de journée sera consacrée à la minorité catholique, avec à 17h15 la rencontre avec les évêques, prêtres, religieux et religieuses, séminaristes et catéchistes en la cathédrale saint Denys, toujours à Athènes. À 18h45, le Pape recevra les jésuites de Grèce à la nonciature apostolique.

Source: VATICANNEWS, le 4 décembre 2021

Athènes, Rencontre avec S.B. Ieronymos II et les suites

Athènes, Rencontre avec S.B. Ieronymos II et les suites

D’Athènes, Grèce, Rencontre de Sa Béatitude Ieronymos II avec le Pape François et leurs suites, dans l’archevêché orthodoxe.

François souligne les racines communes qui unissent catholiques et orthodoxes

La deuxième étape de la visite du Pape François en Grèce était dédiée à l’Église orthodoxe grecque. Accueilli par l’archevêque orthodoxe d’Athènes, Hieronymos II, l’évêque de Rome a développé une réflexion tournée vers le pardon et la réconciliation.

Vatican News

Le Pape a tout d’abord expliqué comment lui était venu ce projet de pèlerinage en Grèce. «En priant devant les trophées de l’Église de Rome, que sont les tombeaux des Apôtres et des martyrs, je me suis senti poussé à venir ici en pèlerin, avec beaucoup de respect et d’humilité, pour renouveler cette communion apostolique et nourrir la charité fraternelle», a expliqué l’évêque de Rome, saluant, à travers l’archevêque Hieronymos II, «le clergé, les communautés monastiques et tous les fidèles orthodoxes de Grèce».

 «Nous nous sommes rencontrés, il y a cinq ans, à Lesbos, dans l’urgence de l’un des plus grands drames de notre temps, celui de tant de frères et de sœurs migrants, qui ne peuvent être abandonnés dans l’indifférence et considérés uniquement comme un fardeau à gérer ou, pire encore, à déléguer à d’autres, a rappelé le Pape, évoquant sa visite du 16 avril 2016 sur l’île grecque. Nous nous retrouvons aujourd’hui pour partager la joie de la fraternité et pour regarder la Méditerranée qui nous entoure, non seulement comme un lieu qui inquiète et divise, mais aussi comme une mer qui unit.»

Reprenant, comme dans son discours au Palais présidentiel, l’image des «oliviers centenaires qui relient toutes ces terres», François a évoqué «les racines que nous partageons. Elles sont souterraines, cachées, souvent négligées, mais elles sont bien là et c’est sur elles que tout repose. Quelles sont nos racines communes qui ont traversé les siècles ? Ce sont les racines apostoliques», a expliqué le Pape, qui a tenu à honorer la place particulière de la Grèce dans la structuration du christianisme antique. «Ces racines, qui ont poussé à partir de la semence de l’Évangile, ont commencé à porter de grands fruits précisément dans la culture hellénique : je pense aux si nombreux Pères et aux premiers grands Conciles œcuméniques», a-t-il souligné.

La guérison après les divisions

Mais le Pape François n’a pas éludé les blessures de l’histoire. «Plus tard, malheureusement, nous avons grandi loin les uns des autres. Les poisons du monde nous ont contaminés, et l’ivraie de la suspicion a accru notre distance, et nous avons cessé de cultiver la communion», a regretté le Pape.

«À notre honte – je le reconnais au nom de l’Église catholique – des actions et des choix qui ont peu ou pas de rapport avec Jésus et l’Évangile, mais plutôt avec une soif de profit et de pouvoir, ont flétri la communion. Nous avons ainsi laissé les divisions compromettre la fécondité. L’histoire a du poids, et je ressens aujourd’hui le besoin de renouveler ma demande de pardon à Dieu et à mes frères pour les erreurs commises par beaucoup de catholiques», a redit François, dans la continuité des mots employés par Jean-Paul II lors de sa visite à Athènes en 2001.

«C’est cependant un grand réconfort d’être certains de savoir que nos racines sont apostoliques et que, malgré les déformations du temps, la plante de Dieu pousse et porte du fruit dans le même Esprit. Et c’est une grâce que les uns reconnaissent les fruits des autres et d’en remercier ensemble le Seigneur», a assuré François.

 «L’Esprit qui se répand dans nos esprits nous pousse à une fraternité plus intense, à nous structurer dans la communion. N’ayons donc pas peur les uns des autres, mais aidons-nous à adorer Dieu et à servir le prochain, sans faire de prosélytisme et en respectant pleinement la liberté de l’autre», a espéré le Pape.

«Comment pouvons-nous témoigner au monde de la concorde évangélique si nous, chrétiens, sommes encore séparés? Comment pouvons-nous proclamer l’amour du Christ, qui rassemble les gens, si nous ne sommes pas unis entre nous?», a demandé le Pape, qui a salué les initiatives académiques ayant permis d’établir des relations fructueuses entre universitaires catholiques et orthodoxes.

L’engagement commun dans la charité

L’Esprit Saint est aussi une «huile de consolation», qui «nous exhorte encore à prendre soin des plus faibles et des plus pauvres, et à porter leur cause, primordiale aux yeux de Dieu, à l’attention du monde. Ici, comme ailleurs, le soutien offert aux plus démunis a été indispensable pendant les périodes les plus difficiles de la crise économique. Développons ensemble des formes de coopération dans la charité, ouvrons-nous et collaborons sur les questions éthiques et sociales pour servir les hommes de notre temps, et leur apporter la consolation de l’Évangile. En effet, l’Esprit nous appelle, aujourd’hui plus encore qu’hier, à panser les plaies de l’humanité avec l’huile de la charité», a rappelé le Pape dans ce pays très éprouvé par la crise économique de 2008, qui a fait plonger une grande partie de la population dans la pauvreté.

François a espéré que catholiques et orthodoxes grecs pourront se tourner ensemble vers Jésus. «Les Apôtres, craintifs et hésitants, se réconcilièrent avec la déchirante désillusion de la Passion lorsqu’ils virent le Seigneur ressuscité devant eux. C’est dans ses blessures, qui semblaient impossibles à guérir, qu’ils ont puisé une nouvelle espérance, une miséricorde sans précédent ; un amour plus grand que leurs erreurs et leurs misères, qui les transformerait en un seul Corps, uni par l’Esprit dans la multiplicité de nombreux membres différents.»

Le Pape François a demandé à l’Esprit Saint d’aider catholiques et orthodoxes grecs «à ne pas être paralysés par la négativité et les préjugés du passé, mais à regarder la réalité avec un regard neuf. Alors, les tribulations du passé feront place aux consolations du présent, et nous serons confortés par les trésors de grâce que nous redécouvrirons chez nos frères», a-t-il espéré.

Apprendre du modèle orthodoxe de la synodalité

«Nous, catholiques, nous venons de nous engager dans un chemin visant à approfondir la synodalité et nous avons le sentiment d’avoir beaucoup à apprendre de vous, a également rappelé le Pape François. Nous le souhaitons sincèrement, certains que lorsque des frères dans la foi se rapprochent, la consolation de l’Esprit descend dans les cœurs.»

«Béatitude, cher Frère, que les nombreux et illustres saints de ces terres nous accompagnent sur ce chemin, ainsi que les martyrs, malheureusement plus nombreux aujourd’hui que par le passé. De confessions différentes sur cette terre, ils habitent ensemble dans le même Ciel. Qu’ils intercèdent pour que l’Esprit, l’huile sainte de Dieu, dans une Pentecôte renouvelée, soit répandu sur nous comme sur les Apôtres dont nous descendons: qu’il allume dans nos cœurs le désir de la communion, qu’il nous éclaire de sa sagesse et nous donne l’onction de sa consolation», a conclu l’évêque de Rome.

Source: VATICANNEWS, le 4 décembre 2021

Le Pape François est arrivé en Grèce

L'arrivée du Pape François en Grèce, le 4 décembre 2021.
L’arrivée du pape en Grèce, le 4 décembre 2021

Le Pape François est arrivé en Grèce

Deuxième étape de ce 35ème voyage apostolique, le Saint-Père a quitté dans la matinée du 4 septembre le territoire chypriote, il est arrivé vers 11h10 heure locale à l’aéroport d’Athènes, la capitale grecque. 

La Grèce devient le premier pays européen (en dehors de l’Italie) à avoir accueilli deux fois le Pape François, après sa visite du 16 avril 2016 à Lesbos. François marchera aussi sur les pas de saint Jean-Paul II, venu il y a 20 ans, en 2001.

Après la cérémonie de congé à 9h10 à l’aéroport international de Larnaka à Chypre, l’avion du Pape s’est envolé à 9h30 pour une arrivée à Athènes vers 11h10, heure locale. Comme le veut la tradition, le Saint-Père a envoyé un télégramme de congé au président de la République chypriote, Nicos Anastasiades : «Au moment de conclure ma visite apostolique à Chypre, je renouvelle ma profonde gratitude à votre excellence et au peuple chypriote pour leur accueil chaleureux et leur hospitalité. Avec l’assurance de mes prières pour la paix et la prospérité de la nation, j’invoque sur vous toutes les bénédictions de Dieu tout-puissant».

Programme en Grèce

Après l’accueil officiel à l’aéroport international, François se rendra au Palais présidentiel à 12h pour y rencontrer la présidente puis le Premier ministre, avant son discours aux autorités, à la société civile et au corps diplomatique, à 12h45.

À 16h, il effectuera une visite à Sa Béatitude Ieronymos II, archevêque d’Athènes et de toute la Grèce, qui l’avait accompagné à Lesbos en 2016. L’évêque de Rome et l’archevêque orthodoxe d’Athènes tiendront ensuite à 16h30 une rencontre publique accompagnés de leurs délégations respectives, en la Salle du Trône de l’archevéché orthodoxe, avec un discours du Pape. La fin de journée sera consacrée à la minorité catholique, avec à 17h15 la rencontre avec les évêques, prêtres, religieux et religieuses, séminaristes et catéchistes en la cathédrale saint Denys, toujours à Athènes. À 18h45, le Pape recevra les jésuites de Grèce à la nonciature apostolique.

Le dimanche 5 décembre, le Pape s’envolera pour Lesbos à 9h15, pour un atterrissage prévu à 10h10 à l’aéroport de Mytilène. Il visitera à 10h45 les réfugiés au Centre d’identification et de réception de Mytilène, où il prononcera un discours, ainsi que la prière de l’Angélus. Il reprendra l’avion pour Athènes à 12h15. Á 16h45, il présidera la messe dominicale au Megaron Concert Hall d’Athènes, avant de recevoir Ieronymos II à la nonciature apostolique à 19h pour une visite de courtoisie.

Le lundi 6 décembre, dernier jour de ce voyage apostolique, le Pape recevra le président du Parlement à 8h15 à la nonciature, avant de rencontrer les jeunes à 9h45 l’école Saint-Denys des sœurs ursulines à Maroussi, un quartier de la capitale grecque. Il y prononcera son dernier discours. La cérémonie de congé à l’aéroport d’Athènes est prévue à 11h15 et le décollage de son avion à 11h30, pour un atterrissage prévu à Rome-Ciampino à 12h35.

Source: VATICANNEWS, le 4 décembre 2021