Blog

L’avortement tue 25 fois plus que la Covid-19

FEMME AVEC UN MÉDECIN

© Iryna Rahalskaya – Shutterstock

L’avortement tue 25 fois plus que la Covid-19

Alors que les chiffres de l’IVG ne cessent d’augmenter partout dans le monde, l’Argentine vient de légaliser l’avortement en adoptant l’une des législations les plus permissives.

Avec plus de 40 millions d’avortements en 2020, l’avortement est la première cause de décès dans le monde, loin devant toutes les autres. Pourtant, les grandes instances mondiales telles l’ONU, l’OMS et le FMI font peser une pression constante sur les pays qui autorisent le moins l’avortement. Ce chiffre est issu du Worldometer, un site web qui compile en temps réel des statistiques mondiales sur la santé, la population, les ressources ou les décès. Le 31 décembre dernier, son compteur affichait un peu plus de 42,6 millions d’avortements depuis le 1er janvier. À titre de comparaison, en 2020, le même site a recensé 13 millions de décès dus aux maladies transmissibles et 8,2 millions de décès à cause du cancer. Quant au coronavirus, selon l’Université John Hopkins, il a tué 1,8 million de personnes.

Une loi « nouvelle génération »

Malgré ces chiffres vertigineux, les tentatives pour faire entrer l’IVG dans le droit se multiplient. C’est ainsi que l’Argentine a légalisé l’avortement le 30 décembre dernier, jusqu’à 14 semaines de grossesse. Or, cette loi est très différente des lois européennes qui ont dépénalisé l’IVG au XXe siècle, elle « fait partie d’une nouvelle génération de lois plus audacieuses sur l’avortement » analyse le C-Fam, le Center for Family & Human Rights.

En effet, à la différence des lois IVG plus anciennes, cette nouvelle loi « ne se contente pas de dépénaliser l’avortement » dans certaines circonstances limitées « comme la plupart des pays européens », elle va beaucoup plus loin. Elle entend « élever l’avortement au rang d’un droit de l’homme », qui l’emporterait « sur tous les autres droits humains ». Une affirmation qui va à l’encontre du Consensus de Genève (octobre 2020) et de la Conférence du Caire (2014), selon lesquels il n’existe « aucun droit international à l’avortement ». Pourtant, c’est en vertu de ce « droit à l’avortement » que la loi argentine autorise l’IVG dès l’âge de 13 ans sans consentement parental.

Pressions internationales

Autre nouveauté, la loi argentine montre une « forte composante mondiale », se réclamant des traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, et soumettant le système de santé argentin à l’OMS . En outre, elle introduit la théorie du genre, en faisant référence à des « personnes gestantes » et non plus à des « femmes enceintes ». Enfin, la loi contient un délit d’entrave très strict, avec un droit à l’objection de conscience réduit au minimum.

Sept projets de loi ont déjà été rejetés en Argentine avant que celui-ci n’aboutisse. Depuis les années 1990, le pays subit de fortes pressions de l’ONU pour légaliser l’avortement. En 2018, c’est le FMI qui a imposé la légalisation de l’IVG comme condition à la révision de la dette de l’État. De fait, la promesse a été tenue, puisque l’Argentine a débuté depuis peu les discussions avec le FMI et la Banque mondiale en vue de renégocier sa dette.

Source: ALETEIA, le 23 janvier 2021 par Henrianne de Pontbriand

24.01.2021 – L’agenda du pape François bouleversé par une sciatique

PAPIEŻ FRANCISZEK W MASECZCE

ANDREAS SOLARO/AFP/East News

L’agenda du pape François bouleversé par une sciatique

En raison de « la réapparition de sa sciatique », le pape François ne présidera pas la messe du dimanche de la Parole le 24 janvier 2020 et va reporter les vœux diplomatiques.

En raison de « la réapparition de sa sciatique », le pape François ne présidera pas la messe du dimanche de la Parole le 24 janvier 2020, reporte les vœux diplomatiques (prévus 25 janvier) et ne célèbrera pas les vêpres de clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (prévues aussi le 25 janvier), annonce Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le 23 janvier. Il dirigera en revanche la prière de l’Angélus le 24 janvier.

Pour la messe dominicale de la Parole de Dieu, célébrée dans la basilique Saint-Pierre, le pontife sera remplacé par Mgr Rino Fisichella. Le cardinal Kurt Koch sera en charge la cérémonie œcuménique qui doit se tenir à la basilique Saint-Paul-hors-les-murs. En revanche, le pape François dirigera bien la prière de l’Angélus depuis la bibliothèque du Palais apostolique le 24 janvier, annonce le Bureau de presse du Saint-Siège. Aucune date n’est encore prévue pour le report des vœux diplomatiques.

Source: ALETEIA, le 23 janvier 2021

Jésus, l’Église et le Royaume

christ en gloire
© Renata Sedmakova – shutterstock – Le Christ en gloire, fresque de Niccolo Circignani Il Pomarancio (1588) dans la basilique Santi Giovanni e Paolo à Rome.

Jésus, l’Église et le Royaume

Par Fr. Jean-Thomas de Beauregard, op

Dès le début de sa prédication, Jésus convoque l’Église, comme le Royaume de Dieu déjà présent dans son mystère. 

Jésus serait-il un perroquet ? Son programme religieux est exactement le même que celui de son cousin Jean-Baptiste quelques mois avant lui : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 14-20). Et Jean-Baptiste lui-même ne faisait que reprendre la prédication du prophète Jonas à Ninive.

Si tout l’art de la pédagogie réside dans la répétition, Dieu est un merveilleux pédagogue ! Au demeurant, la répétition semble nécessaire à en juger par la médiocrité des résultats. Les appels à la conversion résonnent dans les couloirs de l’histoire, mais leur écho ne trouve dans nos cœurs qu’un désert où ils s’éteignent. Jésus appelle à la conversion en vue du Royaume, comme Jean-Baptiste et Jonas avant lui. Et pourtant, Jésus n’est pas un maillon dans la chaîne, le dernier épisode d’une série au succès d’ailleurs limité. Apparemment, Jésus dit la même chose que les patriarches et les prophètes avant lui, mais tout change avec lui. Jésus n’est pas seulement le messager, il est en personne le message qu’il annonce.

Jésus a-t-il changé d’avis ?

Il proclame : « Le règne de Dieu est tout proche. » Le règne, ou le royaume — c’est le même mot basiléia en grec qui est derrière — est tout proche. Il y a quelques années, toute une tendance de l’exégèse moderne affirmait que Jésus avait d’abord prêché l’avènement du Royaume, avant de changer d’avis. Jésus aurait eu une conception apocalyptique du Royaume, qu’il aurait attendu de manière imminente. Selon cette conception, l’avènement du Royaume aurait été un événement cosmique précédé de signes terribles, marquant peut-être la fin de l’histoire du monde. Jésus aurait donc partagé cette conception. Il aurait annoncé la venue de cet événement cosmique pour la venue duquel il appelait à la conversion. Mais constatant que le Royaume n’arrivait pas et que sa prédication rencontrait des obstacles sérieux au point de pouvoir anticiper sa condamnation à mort, Jésus aurait changé son fusil d’épaule en fondant l’Église pour perpétuer son action, en attendant l’avènement du Royaume reporté à plus tard. Dès 1902, Loisy avait popularisé cette idée : « Jésus annonçait le Royaume, et c’est l’Église qui est venue. »

Cette idée posait un grave problème doctrinal : cela supposait que Jésus se soit trompé, et non pas sur un détail, mais sur l’objet central de sa prédication, l’avènement du Royaume. On peut admettre que Jésus ait pu ignorer certaines choses, en tant qu’elles n’étaient pas directement liées à la Révélation. La vérité de l’humanité de Jésus permet de penser, par exemple, que Jésus n’a pas fait semblant d’apprendre à parler, à marcher, à l’école de la Vierge Marie. Le paradoxe est incroyable, que le Verbe de Dieu, sa Parole, doive apprendre d’une femme l’usage de la parole, mais on peut le concevoir. En revanche, il paraît très improbable et pour tout dire impossible que Jésus, qui s’est incarné pour révéler le dessein de Dieu sur l’humanité, se soit trompé sur quelque chose d’aussi central que l’avènement du Royaume.

Le Royaume est déjà présent

Aujourd’hui, l’immense majorité des exégètes est d’ailleurs revenue de ces idées plus idéologiques que réellement fondées dans les textes. Et l’Évangile de ce jour est éclairant, à cet égard : aussitôt que Jésus proclame l’avènement du Royaume, il appelle des disciples à sa suite, qu’il va progressivement enseigner, avant de leur confier le troupeau. Autrement dit, dès le début de sa prédication, Jésus convoque ce qui est déjà l’Église, jusque dans sa visibilité et, de manière inchoative, son caractère institutionnel. L’Église n’est pas un pis-aller, auquel Jésus se serait résigné faute de voir arriver le Royaume qu’il annonçait. L’Église n’est pas une réalité intermédiaire entre Jésus et le Royaume à venir. L’Église est, comme l’affirme le concile Vatican II, « le Royaume de Dieu déjà présent en mystère » (Lumen gentium, n. 3).

Entre la personne de Jésus, l’Église et le Royaume, il y a en fait une quasi-identité. Lorsque Jésus proclame à ses contemporains que le Royaume de Dieu est parmi eux, il affirme équivalemment que lui-même, Jésus, est parmi eux, et que l’Église qui est son corps est parmi eux. C’est parce que Jésus est, en sa personne, le Royaume qu’il annonce, qu’il peut appeler les disciples par cette invitation laconique : « Suis-moi ! » Jésus est seul à pouvoir dire : « Suis-moi ! » avec cette autorité, parce que Jésus est le seul à pouvoir dire avec légitimité comme YHVH au buisson ardent (Ex 3, 14) : « Moi, je suis. »

Pêcheurs d’hommes

Il faut être Dieu pour commander avec cette autorité et cette légitimité, et être suivi immédiatement. Jésus ne donne d’ailleurs guère plus d’explications à ses disciples sur le motif de leur appel. Tout au plus précise-t-il : « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Cette précision est révélatrice à la fois de la manière dont Dieu procède avec les hommes et de la nature même du Royaume. En effet, lorsque Dieu appelle, la réponse de l’homme suppose toujours un bouleversement mais jamais une négation complète de ce que l’homme était jusque-là. Ces hommes-là étaient des pêcheurs ? Dans le Royaume ils seront des pêcheurs d’hommes !

Jésus nous appelle à une vie nouvelle dans son Royaume, mais c’est bien nous, avec notre histoire personnelle et tout ce que nous sommes, qu’il appelle.

Selon l’adage reçu de saint Thomas d’Aquin, la grâce ne supprime pas la nature mais la guérit et la surélève. Jésus nous appelle à une vie nouvelle dans son Royaume, mais c’est bien nous, avec notre histoire personnelle et tout ce que nous sommes, qu’il appelle. Et le Royaume est bien une réalité tout autre car c’est une réalité de grâce, mais le Royaume se coule dans la réalité de nos vies. C’est bien ainsi qu’il faut comprendre l’exhortation de saint Paul (1 Co 7, 29-31) à vivre « comme si » ces réalités auxquelles nous tenons et qui nous façonnent n’étaient pas : non pas pour les nier, mais pour les configurer à la réalité nouvelle du Royaume qui, en Jésus, transfigure toute chose.

Trois réalités mystiquement identiques

En appelant ses disciples, Jésus qui est le Royaume en personne, façonne l’Église comme « le germe et le commencement du Royaume » (Lumen gentium, n. 5). Entre le germe et la fleur, entre le commencement et la fin, il n’y pas deux réalités séparées, mais différents états d’une même réalité. Jésus, l’Église et le Royaume, ce sont donc trois réalités distinctes quant au point de vue formel adopté, mais mystiquement identiques. En Jésus, par l’Église, le Royaume est déjà là. Ce mystère n’attend que sa manifestation plénière. À chacun de participer à ce dévoilement en répondant à l’appel du Christ.

Source: ALETEIA, le 24 janvier 2021

La Prière Mariale de Saint François de Sales

La Prière Mariale de Saint François de Sales :

« Ayez mémoire et souvenance, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que je suis votre fils ;

que vous êtes puissante et que je suis un pauvre homme vil et faible.

Je vous supplie, très douce Mère, que vous me gouverniez et me défendiez dans toutes mes voies et actions.

Ne dites pas, gracieuse Vierge, que vous ne pouvez ; car votre bien-aimé Fils vous a donné tout pouvoir, tant au ciel comme en la terre.

Ne dites pas que vous ne devez ; car vous êtes la commune Mère de tous les pauvres humains et particulièrement la mienne.

Si vous ne pouviez, je vous excuserais disant : il est vrai qu’elle est ma mère et qu’elle me chérit comme son fils, mais la pauvrette manque d’avoir et de pouvoir.

Si vous n’étiez ma Mère, avec raison je patienterais disant : elle est bien assez riche pour m’assister ; mais hélas, n’étant pas ma mère, elle ne m’aime pas.

Puis donc, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que vous êtes puissante, comment vous excuserais-je si vous ne me soulagez et ne me prêtez votre secours et assistance ?

Vous voyez, ma Mère, que vous êtes contrainte d’acquiescer à toutes mes demandes.

Pour l’honneur et la gloire de votre Fils, acceptez-moi comme votre enfant, sans avoir égard à mes misères et péchés.

Délivrez mon âme et mon corps de tout mal et me donnez toutes vos vertus, surtout l’humilité.

Enfin, faites-moi présent de tous les dons, biens et grâces, qui plaisent à la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Ainsi soit-il. »

Saint François de Sales (1567-1622)

Francois-de-Sales.jpg

Sous la plume de saint François de Sales, la genèse d’un best-seller

SAINT FRANCIS SALES
© Pascal Deloche / Godong / Photononstop – Vitrail de saint François de Sales à Combloux.

Sous la plume de saint François de Sales, la genèse d’un best-seller

Né dans la noblesse savoyarde, François de Sales (1568-1622) renonce à son héritage et ses titres pour devenir prêtre. Sa grande humanité lui permet de toucher un grand nombre de personnes, des illettrés aux plus grands intellectuels. C’est de ce désir de ramener tous les cœurs à la foi qu’est né son ouvrage le plus célèbre, encore aujourd’hui, Introduction à la vie dévote.

Annecy, 1608. Une fois de plus, François fait les cent pas devant la fenêtre de son bureau du palais épiscopal. L’inspiration n’est décidément pas son amie, dernièrement. L’évêque de Genève pensait profiter de l’heure qui lui reste avant sa prochaine audience pour se lancer dans la planification de l’ouvrage que lui réclame son entourage depuis quelque temps. Mais voilà trois quarts d’heure qu’il fait face à une page blanche, l’esprit embrouillé par les nombreux devoirs auxquels un évêque doit penser.

François lâche un soupir en regardant à présent d’un œil distrait les brouillons des lettres envoyées à Madame de Charmoisy. Sa parente, il y a quelque temps déjà, lui avait demandé de l’initier à la vie de prière. Mais il ne s’attendait pas à ce que ses lettres connaissent un tel succès auprès des amis de sa cousine. Parvenues jusqu’aux oreilles d’un jésuite, ce dernier a demandé à François d’en faire un ouvrage. L’entourage de l’évêque s’est empressé d’insister, et le voilà face à sa page blanche.

Le temps manque, des affaires plus urgentes l’attendent… Entre reformater les lettres en ouvrage et trouver des citations latines et grecs, la charge de travail est monstrueuse. Pourtant, l’évêque ne peut s’empêcher de penser que cette œuvre est importante.

On frappe alors à la porte du bureau. C’est le père Gauthier, son secrétaire, qui vient lui apporter des documents. Mais en poussant la porte, un courant d’air se faufile dans le bureau et fait voler quelques lettres.

– Mille pardons, Monseigneur ! dit le secrétaire, confus, en s’empressant de les ramasser. Je ne voulais pas vous déranger dans votre travail.

– Travail est un bien grand mot pour ce que je fais là, répond François en riant. Je ne sais même pas par où commencer.

– Je n’en doute pas. Adapter le contenu aux consacrés et grands lettrés n’est point tâche facile.

François se fige aux mots de son secrétaire. L’adapter aux hommes lettrés ? Là n’est pourtant pas le but de ces lettres. Au contraire. Madame de Charmoisy n’est certes pas illettrée, mais elle n’est pas savante non plus. Elle est des gens du monde qui ne sont pas experts en théologie ou latinistes, mais qui veulent tout autant que lui se rapprocher de Dieu.

– La vie de prière n’est pas un privilège des consacrés, murmure-t-il.

Sur ce, François se précipite à son bureau et reprend sa plume. Au diable le latin et le grec ! Cet ouvrage sera accessible à tous ceux parlant la langue française. Et ceux sont les saints qui ont vécu dans le monde qui serviront d’exemples. Les ermites et les moines qui se sont retirés sont trop éloignés.

Comme possédé par l’inspiration, François rédige, reprenant les lettres à sa cousine en faisant des liens habiles entre chaque points. Il traite d’abord de l’aspect pratique et comment passer du désir de Dieu à la recherche active et concrète. La deuxième et troisième partie traiteront de la recherche de la perfection et de la pratique des vertus. Ensuite, il faudra apprendre aux fidèles à identifier et vaincre les obstacles à la prière. Enfin, tous doivent pouvoir renouveler leur ferveur afin de toujours rester dans la grâce de Dieu par la prière.

Les idées fusent, la plume file et sans relâche, l’évêque surchargé rédige. Cette fois, les lettres sont adressées à Philothée (celle qui aime Dieu), qui incarne toute personne cherchant le Seigneur. Pour François de Sales, Dieu est pour tous, en tout temps. Libre aux hommes de venir à Lui, mais qu’aucun qui vienne ne soit repoussé par trop d’esprit !

En choisissant de s’adresser à tous les chercheurs de Dieu, il rend non seulement la tâche moins laborieuse, mais accomplit également son désir de propager et renforcer la foi du Christ parmi les laïcs.

L’Introduction à la vie dévote est complétée en 1609. Connaissant un succès phénoménal, elle est réimprimée quarante fois du vivant de l’évêque de Genève. Saint François de Sales s’éteint le 28 décembre 1622 à Lyon. Sa canonisation a lieu en 1665, et il est déclaré docteur de l’Église par Pie IX en 1877. L’homme qui écrivait sans cesse pour tous les fidèles est aujourd’hui le saint patron des journalistes et des écrivains.

Source: ALETEIA, le 24 janvier 2021 par Aliénor Goudet 

Pourquoi un « Dimanche de la Parole de Dieu » ?

Livre Lectio Divina
Éditions des Béatitudes

Pourquoi un « Dimanche de la Parole de Dieu » ?

Par Marion Leauneau – Père Nicolas Bossu

Le dimanche de la Parole de Dieu, qui sera célébré ce 24 janvier dans toute l’Église, est une invitation à redécouvrir la tradition et la pratique de la « Lectio divina ».

Ce dimanche 24 janvier, l’Église célèbre le « Dimanche de la Parole de Dieu ». Pourquoi cette journée ? La Parole du Seigneur n’est-elle pas célébrée tous les dimanches lors de la messe ? Marion Launeau et le père Nicolas Bossu LC, auteurs de Lectio divina pour chaque dimanche (Éditions des Béatitudes, janvier 2020) expliquent comment la vivre.

Aleteia : nous célébrons ce 24 janvier le « Dimanche de la Parole ». Pourquoi le pape François a-t-il institué cette fête spéciale ?
Marion Leauneau : Le Pape a institué cette fête par une lettre apostolique (le 30 septembre 2019, ndlr) qui commence par cette citation de l’Évangile selon saint Luc : « Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures » (Lc 24, 45). Le document porte donc comme titre les premiers mots latins de cette citation, Aperuit illis. Toute l’intention pastorale du pape François est condensée dans ces mots : nos assemblées dominicales sont déjà centrées sur le Seigneur, qui vient dans l’Eucharistie, mais dans quelle mesure nos esprit sont-ils ouverts à l’écoute, la compréhension et l’application de la Parole de Dieu ? Le Pape est conscient que la plupart des catholiques (à la différence de certains protestants) connaissent mal la Parole. Ils ne peuvent alors agir justement, résister à la tentation, ni évangéliser. Cela explique largement qu’ils s’affadissent eux-mêmes et qu’ils n’annoncent plus la Bonne nouvelle autour d’eux.

Père Nicolas Bossu : Nous ressemblons souvent à ce premier groupe des Apôtres après la Résurrection : si nous allons à la messe, c’est que nous avons entendu des témoignages impressionnants, comme ces pèlerins d’Emmaüs qui reviennent tout bouleversés par leur rencontre avec le Seigneur (Lc 24). Nous sommes alors rassemblés comme communauté pour accueillir le Seigneur qui vient nous dire : « Paix à vous ! » (v.36). Mais lorsqu’il nous montre son Corps dans l’Eucharistie, nous sommes frappés par la grandeur du mystère comme les premiers disciples qui « ne croyaient pas encore et demeuraient saisis d’étonnement » (v.41). Inlassablement, par la liturgie de la Parole, le Seigneur vient « ouvrir nos esprits » pour que nous puissions recevoir l’Esprit…

Faut-il donc redécouvrir la Parole de Dieu ?
Marion Leauneau : Nous sommes comme les pèlerins d’Emmaüs : nous avons le cœur fermé ou triste. La liturgie de la Parole ouvre nos intelligences tellement rationalistes qu’elles en deviennent aveugles au surnaturel. Grâce à ce « dimanche de la Parole », nous allons essayer de revenir à l’essentiel : « Notre cœur n’était-il pas brûlant au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Écritures ? » (v.32). Alors l’Eucharistie viendra féconder un champ qui l’attend avec ferveur.

Comment écouter le Christ nous ouvrir les Écritures ?
Père Nicolas Bossu : 
Le Pape nous suggère plusieurs initiatives pastorales pour « vivre ce dimanche comme un jour solennel » : procession des Évangiles, homélie soignée, rite du lectorat, remise de Bibles aux fidèles… L’essentiel est de mettre en valeur la Parole de Dieu, ce dimanche plus que les autres, pour réveiller nos esprits un peu engourdis dans l’habitude et pas toujours très attentifs aux lectures : « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises ! » (Ap 2, 29).

Marion Leauneau : En animant des groupes de fidèles, et en parlant avec des collègues peu ou pas christianisés, je me suis rendue compte d’une immense soif de la Parole de Dieu mais aussi d’une difficulté à bien la comprendre. Comment pouvons-nous écouter distraitement les lectures de la messe sans les avoir auparavant lues et méditées ? Elles glissent rapidement sur nos esprits comme l’eau sur les rochers. À l’inverse, une bonne préparation à la liturgie de la Parole pendant la semaine nous permet de mieux vivre la liturgie du dimanche, comme nous y invite le pape François : « Il est bon que ne manque jamais dans la vie de notre peuple ce rapport décisif avec la Parole vivante que le Seigneur ne se lasse jamais d’adresser à son Épouse, afin qu’elle puisse croître dans l’amour et dans le témoignage de foi » (Aperuit illis, 2).

Quel est le rapport avec la pratique et la tradition de la Lectio divina ?
Père Nicolas Bossu :
 C’est un conseil du Pape lui-même ! François invite les fidèles à « continuer la lecture dans sa vie quotidienne, de l’approfondir et de prier avec la Sainte Écriture, [en pratiquant] de manière particulière la Lectio divina» (Aperuit illis, 3). Il s’agit de savourer la Parole en suivant quatre étapes, depuis la lecture (lectio) et la prière (oratio), jusqu’à la contemplation (contemplatio) et la mise en pratique (actio). On pourra lire par exemple le nº 87 de l’exhortation Verbum Domini où le pape Benoît XVI l’explique très bien. Pour que la lecture méditée devienne nourriture, elle doit déboucher sur la prière. Peu de chrétiens prennent le temps de faire oraison, c’est-à-dire de se tourner vers Dieu au quotidien en un mouvement d’amour en s’adressant à lui librement et en l’écoutant, après avoir entendu sa parole et reçu son Corps le dimanche.

Marion Leauneau : Pour les pasteurs, c’est une très bonne méthode de préparation des homélies. Pourquoi ne pas méditer tout au long de la semaine les lectures de la messe pour mieux les commenter ? Souvent, à la messe, je suis émue en voyant s’accomplir ce que le pape François décrit si bien : « Le prédicateur a la très belle et difficile mission d’unir les cœurs qui s’aiment : celui du Seigneur et ceux de son peuple. Le dialogue entre Dieu et son peuple renforce encore plus l’Alliance qu’il y a entre eux et resserre le lien de la charité. Durant le temps de l’homélie, les cœurs des croyants font silence et Le laissent leur parler » (Evangelii Gaudium, 143).

Votre livre est-il un outil pour guider sa Lectio divina ?
Père Nicolas Bossu : Lectio Divina pour chaque dimanche est en effet davantage qu’un Évangile commenté. D’abord parce que ce recueil prend en compte les quatre lectures à la lumière de l’exégèse ancienne et moderne. Ensuite parce que la partie méditation cherche à faire aimer profondément cette Parole, à désirer l’incarner au quotidien dans notre vie pour la gloire de Dieu et notre propre bonheur.

Marion Leauneau : Le premier volume couvre le carême et les jeudi et vendredi saints. Chaque dimanche, le livre propose deux textes complémentaires, et c’est là que réside son originalité. Il ne s’agit ni d’homélies toute faites ou de pieuses réflexions, ni de commentaires exégétiques trop spécialisés, mais de deux nourritures successives : « À l’écoute de la Parole », pour aider à lire, comprendre et assimiler les textes de l’Écriture. L’explication en est assez simple, sans tomber dans les disputes entre exégètes ou des considérations trop spécialisées, mais assez profonde pour ne pas passer à côté des thèmes essentiels. Ensuite, « Méditation », qui fournit un matériel spirituel pour aider les lecteurs à s’approprier concrètement la parole et à y trouver, dans la prière, la nourriture que le Seigneur veut leur donner. Plusieurs pistes sont fournies pour que chacun y trouve ce qui l’inspire le plus, comme point de départ d’une contemplation personnelle.

lectio divina

Lectio divina pour chaque dimanche, Carême et semaine sainte, par Marionn Leauneau, Nicolas Bossu, Éditions des béatitudes, Janvier 2020, 480 pages, 24,80 euros.

Source: ALETEIA, le 24 janvier 2021

Syrie: des patriarches orientaux demandent à Joe Biden la levée des sanctions

Camp de déplacés dans le nord-ouest d'Idlib, près de la frontière avec la TurquieCamp de déplacés dans le nord-ouest d’Idlib, près de la frontière avec la Turquie  (AFP or licensors)

Syrie: des patriarches orientaux demandent à Joe Biden la levée des sanctions 

Dans une lettre adressée au président américain tout récemment investi, plusieurs patriarches d’Orient le pressent de lever les sanctions qui étranglent la Syrie, au risque de se rendre «complice» de la crise humanitaire en cours.

La missive est signée par le patriarche syrien orthodoxe Ignace Ephrem II Karim, le patriarche syrien catholique Ignace Yousef III Younan, le patriarche melkite Youssef Absi et Michel Abs, secrétaire général du Conseil des Églises du Moyen-Orient.

Après les félicitations d’usage au président Biden pour son entrée en fonction, les chefs d’Églises centrent leur intervention sur les conséquences dramatiques générées par les sanctions imposées à Damas par les précédentes administrations américaines, -dont la dernière en date, la loi César, est entrée en vigueur en décembre. Celles-ci «rendent la situation grave en Syrie encore plus intenable, surtout dans le contexte de la pandémie de Covid-19, en bloquant l’aide, le commerce et les investissements nécessaires au fonctionnement du système de santé et de l’économie syrienne», déjà fragilisés par une décennie de guerre, constatent les patriarches.

Une « punition collective » du peuple syrien

Ressenties comme une «punition collective», ces mesures «plongent le pays dans une catastrophe humanitaire sans précédent». Considérée auparavant comme le grenier à blé de l’Orient, la Syrie peine aujourd’hui à nourrir ses habitants affamés, assène la lettre. La rudesse de l’hiver et la crise sanitaire que les hôpitaux ne peuvent contenir parachèvent ce tableau apocalyptique.

S’ensuit un appel solennel des patriarches au nouveau locataire de la Maison Blanche: «nous vous demandons instamment, Monsieur le Président d’aider les Syriens à atténuer la crise humanitaire qui menace de déclencher une nouvelle vague d’instabilité au Moyen-Orient et au-delà, en suivant les recommandations du rapporteur spécial des Nations unies ». Les intérêts nationaux légitimes des États-Unis peuvent être défendus sans pour autant punir collectivement le peuple syrien, concluent-ils.

Source: VATICANNEWS, le 23 janvier 2021

Méditation du 3ème dimanche du Temps Ordinaire : « le dimanche de la parole de Dieu »

2018.12.05 Bibbia con candela

Méditation du 3ème dimanche du Temps Ordinaire : « le dimanche de la parole de Dieu »

Le Père jésuite Eric Kambale nous introduit à la méditation avec les lectures du 3e dimanche du Temps Ordinaire de l’année liturgique B.

Chers frères et sœurs, en ce troisième dimanche du temps ordinaire de l ‘année liturgique B, « le dimanche de la parole de Dieu », les lectures proposées à notre méditation nous invitent à la conversion.

« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Ces paroles de Jésus tirées de l’Evangile selon Saint Marc (Mc 1, 14-20) s ‘adressent à nous aujourd’hui. Laissons-les nous accompagner au quotidien car chaque jour nous avons besoin de nous convertir afin de nous rapprocher de Dien, de sa Sainteté à laquelle il nous appelle tous.

Oui, convertissons-nous et croyons à la Bonne Nouvelle. Cet appel requiert de nous des attitudes concrètes. Reconnaître avant tout de quoi le Seigneur me demande de me détourner, de me convertir ? Quel chemin je suis invité à abandonner en vue d’emprunter le Vrai Chemin qu’est le Christ lui-même ?

La suite de l’évangile nous présente le modèle d’une adhésion totale et inconditionnelle au Christ. En effet, les apôtres répondent sans aucune hésitation à l’appel de Jésus. Laissant soudainement ce qu’ils faisaient, ce qu’ils avaient de plus cher, ils suivent le Christ. Puissions-nous également apprendre de leur promptitude à suivre le Christ comment ne pas laisser réalités de la vie, de quelle sorte qu’elles soient, reporter notre cheminement avec Christ au lendemain. Demandons au Seigneur la grâce de savoir répondre promptement aux appels qu’il nous lance dans nos milieux de vie. Et pardessus tout, son appel à aimer et à faire le bien sans attendre demain, car demain pourrait être trop tard.

C ‘est de cette même promptitude que les habitants de Ninive font aussi preuve dans la première lecture à l’écoute de la prédication du prophète Jonas (Jon 3, 1-10). Ils crurent en Dieu, annoncèrent un jeûne et prirent des vêtements de deuil. Et Dieu qui voit les cœurs contrits, renonce un châtiment dont il les avait menacés parce qu’ils s’étaient détournés de leur conduite mauvaise. Il s ‘étaient convertis. Les habitants de Ninive ont agi sans attendre car le temps est limité comme nous le rappelle Saint Paul dans la deuxième lecture (Co 7, 29-31).

Que le Seigneur nous aide à connaître son chemin et à le suivre.

Seigneur, enseigne-moi tes voies, Fais-moi connaître ta route. Amen.

Méditation du 3e dimanche du Temps Ordinaire de l’année liturgique B avec le Père Eric Kambale, SJ

Eric ed
KAMBALE Kanyali Éric, S.J.

Source: VATICANNEWS, le 23 janvier 2021

Mgr Gallagher: la doctrine sociale de l’Église et le nouveau pacte vert

Forêt amazonienne (photo d'illustration)Forêt amazonienne (photo d’illustration) 

Mgr Gallagher: la doctrine sociale de l’Église et le nouveau pacte vert

Dans son intervention devant la fondation “Centesimus Annus” sur la doctrine sociale, le secrétaire pour les Relations avec les États relance le thème du «dialogue constructif» entre la foi et les valeurs écologistes et rappelle l’engagement du Vatican dans la réduction des émissions nettes d’ici à 2050.

L’Osservatore Romano

La qualité de la relation entre l’enseignement social de l’Église, «fervent défenseur d’une écologie saine, profonde et respectueuse», et les différents pactes verts dépendra «des divers degrés de compatibilité qui peuvent être progressivement identifiés par les deux parties»: c’est ce qu’a déclaré Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États, lors de l’ouverture du cours de formation à la doctrine sociale de l’Église, organisé par la Fondation “Centesimus Annus – Pro Pontifice”, ce samedi 23 janvier.

Un dialogue constructif

Dans son intervention, l’archevêque, reprenant le thème général du cours – “La doctrine sociale de l’Église pour un nouveau pacte vert” – a examiné en profondeur ses implications «dans la pratique des États et dans l’évaluation du bien commun». Il a appelé à la mise en œuvre d’un «dialogue constructif» entre l’Église et les milieux environnementalistes, qui puisse inspirer des programmes écologiques et sociaux promus aux niveaux national et international. «Pour notre part, la précieuse valeur ajoutée que nous introduirons dans ce dialogue sera naturellement notre perspective chrétienne», a résumé le prélat en se référant au numéro 41 de l’exhortation apostolique post-synodale Querida Amazonia, qui affirme que «libérer les autres de leurs servitudes implique certainement de prendre soin de leur environnement et de le défendre, mais plus encore d’aider le cœur de l’homme à s’ouvrir avec confiance à ce Dieu qui, non seulement a créé tout ce qui existe, mais qui s’est aussi donné lui-même à nous en Jésus-Christ».

Peut-être, a noté M. Gallagher, «le véritable grand fossé qui divise les sensibilités politiques et culturelles actuelles est-il le choix fondamental entre faire confiance à Dieu ou aux seuls produits de l’action humaine. Nous choisissons de croire en l’Homme aimé de Dieu, appelé à être le gardien de son jardin et non son concurrent», a-t-il assuré.

Les engagements du Saint-Siège

À cet égard, l’archevêque a rappelé les propos du Pape François lors du sommet international qui s’est tenu en mode virtuel le 12 décembre dernier, et dans le cadre duquel l’engagement du Saint-Siège à adopter une stratégie de neutralité climatique a été annoncé. À cette occasion, le Souverain Pontife a indiqué comment, pour atteindre cet objectif, nous allons agir à deux niveaux: d’une part, l’État de la Cité du Vatican «s’engage à réduire les émissions nettes à zéro avant 2050, en intensifiant les efforts de gestion environnementale, déjà en cours depuis quelques années, qui rendent possible l’utilisation rationnelle des ressources naturelles telles que l’eau et l’énergie, l’efficacité énergétique, la mobilité durable, la reforestation, et l’économie circulaire également dans la gestion des déchets»; d’autre part, le Saint-Siège «s’engage à promouvoir l’éducation à l’écologie intégrale».

Du reste, a fait observer le secrétaire pour les Relations avec les États, «nous savons bien combien il est difficile, voire impossible, de revenir à l’époque préindustrielle; nous comprenons également que les progrès de la science et de la technologie nous aident à réduire les très graves problèmes environnementaux qui affligent le monde». Et pourtant, «nous ne pourrons jamais être des écologistes crédibles sans un regard critique sur l’idée moderne de progrès, comprise comme le développement linéaire rassurant des possibilités humaines par une évolution technologique illimitée». L’ironie tragique, selon Mgr Gallagher, est qu’une «telle culture, qui imagine le produit de l’homme comme l’instance suprême, salvatrice et définitive, finit alors par détruire inexorablement l’homme lui-même et son environnement».

L’archevêque n’a pas manqué de rappeler les références aux Saintes Écritures et aux enseignements du Magistère sur la question de l’environnement, avertissant qu’il serait limitatif de réduire «la pensée économique et sociale de l’Église à une invitation générique à la déférence envers les valeurs de liberté et de justice sociale», car en tant que chrétiens «nous ressentons l’appel à la charité et à la fraternité universelle comme une joyeuse observance de la volonté de Dieu».

À l’origine du “nouveau pacte vert”

En soulignant «le moment historique difficile que nous vivons à cause de la pandémie de Covid-19», le prélat a fait remarquer que, en raison de son importance et de ses intentions, le nouveau pacte vert est «un sujet qui mérite la plus grande attention, et il est bon de le considérer non pas comme une proposition au contenu défini» mais comme «un cadre d’idées dans lequel des unités distinctes peuvent être reconnues, aujourd’hui et demain, et qui nécessitera donc la rigueur d’évaluations spécifiques».

Réfléchissant ensuite sur l’expression “nouveau pacte vert”, il a rappelé qu’elle est née aux États-Unis pendant la récession de 2007 pour définir «un type de programme environnemental visant à libérer l’économie nationale de la dépendance au pétrole, grâce à l’utilisation accrue d’énergies alternatives». Par la suite, elle a pris «une vocation internationale, confirmée par l’utilisation de termes similaires dans les programmes environnementaux promus par les Nations unies et l’Union européenne». Cette dernière, par exemple, emploie l’expression de “pacte vert pour l’Europe”, une stratégie proposée le 11 décembre 2019 par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et qui envisage, entre autres, «la neutralité climatique dans les pays de l’Union européenne d’ici 2050, la protection des écosystèmes et de la biodiversité», le soutien à une agriculture sans pesticides, engrais et produits chimiques, ainsi que la promotion «des véhicules électriques, l’augmentation des investissements dans les technologies environnementales, les subventions financières aux entreprises pour la conversion écologique et la coopération internationale pour améliorer les normes environnementales mondiales».

Néanmoins, a-t-il ajouté, les grands pactes verts en cours de développement tendent à «représenter d’une part l’espoir d’une percée historique pour l’avenir du monde» et d’autre part «une insistance sur certains thèmes qui semblent restreindre plutôt qu’élargir la réflexion écologique, risquant de lui donner un aspect écologiste uniforme et aligné». En ce sens, il pourrait être «judicieux» de donner la préférence dans les pactes verts aux «contenus qui ont moins que les autres les traits d’une écologie intéressée». En effet, «une certaine attitude culturelle qui d’une part convainc par de bonnes intentions sociales, mais d’autre part déçoit parce qu’elle ne remet pas en cause la spéculation économique» est quelque peu déroutante.

Les paradoxes de la dialectique politique actuelle

«Au moins une partie du récit sociopolitique de notre époque sur la mondialisation est marquée par une double ironie: elle finit par éteindre le dialogue au lieu de le promouvoir et risque de diviser au lieu d’unir», remarque Mgr Gallagher. Et c’est précisément le Pape François, dans sa récente encyclique Fratelli tutti, qui met en garde contre les «pièges possibles d’une culture peut-être plus inclusive sur la forme que sur le fond».

À ce stade, poursuit-il, «il me semble utile de souligner un risque présent dans la dialectique politique actuelle»: le fait que «les plus critiques de la logique du profit finissent par la soutenir involontairement», alors que ses défenseurs «se font l’illusion qu’elle peut préserver les bonnes valeurs auxquelles ils prétendent être attachés». À cet égard, il est fondamental de constater que «l’économie mondialisée, comprise comme une expansion extrême d’une logique commerciale, n’a rien à voir avec la vocation universelle de l’Église et avec le souhait de fraternité et de paix mondiale».

Source: VATICANNEWS, le 23 janvier 2021