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Se préparer à la Fête de l’Assomption de la Vierge Marie par un carême ?

Se préparer à la Fête de l’Assomption de la Vierge Marie par un carême ?

Autrefois, un « carême » était pratiqué dans l’Eglise latine pour préparer la fête du 15 août. Actuellement, ce carême ne se pratique essentiellement que dans les églises orientales, dont les églises catholiques de rite byzantin, lesquelles l’appellent carême de la dormition. Il a connu en orient différentes durées pouvant aller jusqu’à 40 jours. Il est actuellement de deux semaines commençant le 1er août et se terminant le 14 août.

Ce jeûne consiste actuellement dans les églises byzantines à ne prendre que des produits d’origine végétale, mais pas de vin ni d’huile, avec un allègement le dimanche et le jour de la Transfiguration. Il accompagne des prières quotidiennes à la Sainte Vierge. C’est une merveilleuse façon de se préparer à cette grande fête mariale que de le faire par le jeûne, d’autant plus que notre période en a vraiment besoin. Nous pouvons donc reprendre cette tradition.

Les vertus du jeûne sont multiples et ceux qui le pratiquent en voient souvent les fruits : apaisement des passions, paix intérieure, augmentation de la foi, délivrance de démons notamment. Il aide à la prière, la rend plus facile, favorise la contemplation et associé à la charité, nous ouvre les portes du Ciel.

Quelle prière faire durant cette période ? Le rosaire, est certainement une des prières préférées de notre Sainte Mère.

La mesure du jeûne c’est aussi de pouvoir faire son devoir d’état. Ce jeûne est particulier surtout parce qu’il se fait sous la conduite de la Vierge Marie qui adoucit toute chose.

Un oriental disait ainsi combien ce carême avait été pour lui un moment particulièrement heureux. Tout cela nous permet d’honorer notre Mère, qui nous introduit ainsi d’une manière unique auprès de son Fils, Notre Seigneur Jésus Christ. C’est aussi l’occasion de l’honorer comme reine et lui demander d’être notre avocate.

Abbé Jean-François BILLOT

Prions:

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source: une minute avec Marie

31.07.2021 – SAINT DU JOUR

Saint Ignace de Loyola
Prêtre et fondateur de la 
« Compagnie de Jésus » 
(1491-1556)

Ignace (en espagnol : Íñigo López de Loyola) naît au château de Loyola, en Espagne, le 24 décembre 1491 ; il est le dernier de 13 enfants de Beltran Ibañez de Oñaz et de Marina Sanchez de Licona.

Il fut d’abord page du roi Ferdinand V ; puis il embrassa la carrière des armes. Il ne le céda en courage à personne, mais négligea complètement de vivre en chrétien, dirigé uniquement par l’orgueil et l’amour des plaisirs. De ce chevalier mondain, Dieu allait faire l’un des premiers chevaliers chrétiens de tous les âges. 

Au siège de Pampelune, un boulet de canon brisa la jambe droite du jeune officier, qui en peu de jours fut réduit à l’extrémité et reçut les derniers sacrements. Il s’endormit ensuite et crut voir en songe saint Pierre, qui lui rendait la santé en touchant sa blessure. À son réveil, il se trouva hors de danger, quoique perclus de sa jambe. 

Pour se distraire, il demanda des livres ; on lui apporta la Vie de Jésus-Christ et la Vie des Saints. Il les lut d’abord sans attention, puis avec une émotion profonde. Il se livra en lui un violent combat ; mais enfin la grâce l’emporta, et comme des hommes de cette valeur ne font rien à demi, il devint, dans sa résolution, un grand Saint dès ce même jour. Il commença à traiter son corps avec la plus grande rigueur ; il se levait toutes les nuits pour pleurer ses péchés. Une nuit, il se consacra à Jésus-Christ par l’entremise de la Sainte Vierge, refuge des pécheurs, et lui jura une fidélité inviolable. Une autre nuit, Marie lui apparut environnée de lumière, tenant en ses bras l’Enfant Jésus.

Peu après, Ignace fit une confession générale et se retira à Manrèze, pour s’y livrer à des austérités qui n’ont guère d’exemple que dans la vie des plus célèbres anachorètes : vivant d’aumônes, jeûnant au pain et à l’eau, portant le cilice, il demeurait tous les jours six ou sept heures à genoux en oraison. Le démon fit en vain des efforts étonnants pour le décourager. C’est dans cette solitude qu’il composa ses Exercices spirituels, l’un des livres les plus sublimes qui aient été écrits par la main des hommes. Il fut ordonné prêtre à Venise en 1537.

Passons sous silence son pèlerinage en Terre Sainte et différents faits merveilleux de sa vie, pour rappeler celui qui en est de beaucoup le plus important, la fondation de la Compagnie de Jésus (1540), que l’on pourrait appeler la chevalerie du Christ et le boulevard de la chrétienté. Cette fondation est assurément l’une des plus grandes gloires de l’Église catholique ; sciences profanes et sciences sacrées, enseignement, apostolat, rien ne devait être étranger à la Compagnie d’Ignace.

Les vertus du fondateur égalaient ses grandes œuvres ; elles avaient toutes pour inspiratrice cette devise digne de lui : « Ad maiorem Dei gloriam! » (À la plus grande gloire de Dieu !).

Pour un approfondissement : 


>>> Ignace de Loyola

Saint Ignace de Loyola priez pour nous !

31.07.2021 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,1-12. 

01.08.2020 – EVANGILE DU JOUR – Centre Romand de l'Apostolat Mondial de  Fatima

En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, apprit la renommée de Jésus
et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Car Hérode avait fait arrêter Jean, l’avait fait enchaîner et mettre en prison. C’était à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe.
En effet, Jean lui avait dit : « Tu n’as pas le droit de l’avoir pour femme. »
Hérode cherchait à le faire mourir, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète.
Lorsque arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa au milieu des convives, et elle plut à Hérode.
Alors il s’engagea par serment à lui donner ce qu’elle demanderait.
Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner.
Il envoya décapiter Jean dans la prison.
La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère.
Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, qu’ils ensevelirent ; puis ils allèrent l’annoncer à Jésus.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157)

abbé cistercien – 3e Sermon pour la nativité de Jean Baptiste ; SC 202 (Sermons, t. 2; trad. sous la direction de P. Deseille ; Éd. du Cerf 1973; p. 343)

La grandeur de Jean le Baptiste

Ce qui a fait la grandeur de Jean, ce qui l’a rendu si grand entre les grands, c’est qu’il a mis le comble à ses vertus (…) en y ajoutant la plus grande de toutes, l’humilité. Alors qu’on le considérait comme le plus élevé de tous, il a mis au-dessus de lui, spontanément et avec l’empressement de l’amour, Celui qui est le plus humble de tous, et même tellement au-dessus de lui qu’il se déclare indigne de lui enlever ses sandales (Mt 3,11). Que d’autres donc s’émerveillent de ce que Jean ait été prédit par les prophètes, annoncé par un ange (…), né de parents si saints et si nobles, quoique âgés et stériles (…), qu’il ait préparé la voie du Rédempteur dans le désert, qu’il ait ramené les cœurs des pères vers les fils et ceux des fils vers les pères (Lc 1,17), qu’il ait été jugé digne de baptiser le Fils, d’entendre le Père, de voir le Saint Esprit (Lc 3,22), qu’enfin, il ait combattu jusqu’à la mort pour la vérité et que, pour être précurseur du Christ jusque dans le séjour des morts, il ait été martyr du Christ avant sa Passion. Que d’autres s’émerveillent de tout cela (…) Quant à nous, mes frères, c’est son humilité qui nous est proposée comme objet non seulement d’admiration, mais aussi d’imitation. Elle l’a incité à ne pas vouloir passer pour grand, alors qu’il le pouvait. (…) En effet, ce fidèle « ami de l’Époux » (Jn 3,29), qui aimait son Seigneur plus que lui-même, souhaitait « diminuer » pour que « lui il grandisse » (v. 30). Il s’efforçait d’augmenter la gloire du Christ en se faisant lui-même plus petit, exprimant par toute sa conduite ce que dirait l’apôtre Paul : « Ce n’est pas nous-mêmes que nous prêchons, mais le Seigneur Jésus Christ » (2Co 4,5).

LECTURES :

Livre du Lévitique 25,1.8-17.

Le Seigneur parla à Moïse sur le mont Sinaï et dit :
« Vous compterez sept semaines d’années, c’est-à-dire sept fois sept ans, soit quarante-neuf ans.
Le septième mois, le dix du mois, en la fête du Grand Pardon, vous sonnerez du cor pour l’ovation ; ce jour-là, dans tout votre pays, vous sonnerez du cor.
Vous ferez de la cinquantième année une année sainte, et vous proclamerez la libération pour tous les habitants du pays. Ce sera pour vous le jubilé : chacun de vous réintégrera sa propriété, chacun de vous retournera dans son clan.
Cette cinquantième année sera pour vous une année jubilaire : vous ne ferez pas les semailles, vous ne moissonnerez pas le grain qui aura poussé tout seul, vous ne vendangerez pas la vigne non taillée.
Le jubilé sera pour vous chose sainte, vous mangerez ce qui pousse dans les champs.
En cette année jubilaire, chacun de vous réintégrera sa propriété.
Si, dans l’intervalle, tu dois vendre ou acheter, n’exploite pas ton compatriote.
Quand tu achèteras à ton compatriote, tu tiendras compte des années écoulées depuis le jubilé ; celui qui vend tiendra compte des années qui restent à courir.
Plus il restera d’années, plus tu augmenteras le prix ; moins il en restera, plus tu réduiras le prix, car la vente ne concerne que le nombre des récoltes.
Tu n’exploiteras pas ton compatriote, tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur votre Dieu. »

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Une pause par jour – 3 août 2019 | «Notre-Dame des 3 Vallées


Psaume 67(66),2-3.5.7-8.

Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse,
que son visage s’illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
tu gouvernes les peuples avec droiture,
sur la terre, tu conduis les nations.

La terre a donné son fruit ;
Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l’adore !

Intention de prière du mois d’août : l’Eglise, la réforme, l’Evangile

Colombe de l'Esprit Saint, gloire du Bernin, Saint-Pierre de Rome, capture CTV
Colombe De L’Esprit Saint, Gloire Du Bernin, Saint-Pierre De Rome, Capture CTV

Intention de prière du mois d’août : l’Eglise, la réforme, l’Evangile

Editorial de Daniel Régent sj

« Prions pour l’Église, afin qu’elle reçoive du Saint-Esprit la grâce et la force de se réformer à la lumière de l’Évangile » : c’est l’intention de prière que le pape François propose aux fidèles, pour le mois d’août 2021. 

« Réformer, c’est donner une nouvelle forme », explique le p. Daniel Régent sj, directeur du Réseau Mondial de Prière du Pape en France, dans son éditorial mensuel : « Ce n’est pas un ravalement de façade pour se mettre au goût du jour. C’est une exigence intime de fidélité à l’Évangile qui prend forme. C’est une conjonction de la grâce divine qui est au travail et de la force des membres de l’Église pour accueillir et mettre en œuvre cette grâce. »

Édito du mois d’août 2021

L’Esprit Saint, acteur en chacun de nous, d’une Église en marche 

Le baptême donne au baptisé d’être membre de l’Église, animé de l’Esprit Saint. Lorsque nous prions pour l’Église, nous prions pour chacun de nous. Que la grâce fructifie en nous afin que nous nous tournions davantage vers Dieu et nos frères. C’est le sens du mot conversion. Sans conversion personnelle et communautaire, les réformes de l’Église sont vaines. Conversion personnelle et réforme de l’Église sont nécessaires l’une à l’autre.

Faut-il réformer l’Église ? La question est de garder vivante la mission confiée par le Seigneur aux disciples. Que l’Église reste aujourd’hui encore docile à l’Esprit de Pentecôte ! Cette docilité la conduit à se réformer sans cesse. Sans cette vie intérieure, l’Église n’est plus fidèle à elle-même. 

Réformer, c’est donner une nouvelle forme. Ce n’est pas un ravalement de façade pour se mettre au goût du jour. C’est une exigence intime de fidélité à l’Évangile qui prend forme. C’est une conjonction de la grâce divine qui est au travail et de la force des membres de l’Église pour accueillir et mettre en œuvre cette grâce.

Le Concile Vatican II n’a pas repris la manière de parler du Concile de Trente. À la lumière de l’Évangile, il a introduit un style nouveau, une manière d’être, d’écouter et de parler, qui s’inspire de celle de Jésus dans l’Évangile. Cette manière trouve aujourd’hui sa forme dans la synodalité. Ce mot signifie faire route ensemble. Que chacun puisse être écouté pour que rien ne se perde de ce que l’Esprit suggère aux Églises. Et que chacun, en écoutant les autres, se laisse toucher par l’Esprit pour consentir, parfois non sans mal, aux déplacements nécessaires et aux réformes de l’Église.

L’Église, née du côté ouvert de Jésus, est sainte. Elle est aussi faite des pécheurs que nous sommes. Les Actes des Apôtres témoignent de discussions parfois âpres. Cela n’a pas empêché l’Église de répondre et de prendre des décisions selon l’inspiration de l’Esprit Saint.

Marie, mère de l’Église, se trouvait au Cénacle avec les disciples. Par sa prière silencieuse, elle engendre l’Église de son Fils. En ce mois où nous fêtons son Assomption, nous nous tournons vers elle et nous unissons nos prières à la sienne. 

Source: ZENIT.ORG, le 30 juillet 2021

Journée contre la traite: de l’Asie à l’Amérique, une lutte pour la dignité humaine

L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 30 juillet «Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains».
L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 30 juillet «Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains».   (©yupachingping – stock.adobe.com)

Journée contre la traite: de l’Asie à l’Amérique, une lutte pour la dignité humaine

Ce vendredi 30 juillet marque la Journée mondiale des Nations unies contre la traite des êtres humains. Le réseau mondial de lutte contre la traite des personnes « Talitha Kum », qui compte plus de 3 000 religieuses et laïcs catholiques, lance diverses initiatives aux quatre coins du monde.

Andrea De Angelis – Cité du Vatican

Une créativité au service du bien, comme le Pape l’a demandé à plusieurs reprises afin de promouvoir la charité, de lutter contre la culture du gaspillage et de favoriser la protection des droits de l’homme. Dire non à l’exploitation des personnes, braquer les projecteurs sur un drame qui touche des femmes et des hommes dans tous les pays, tel est l’objectif de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains d’aujourd’hui, instituée en 2013 par l’Assemblée générale des Nations unies et célébrée chaque année le 30 juillet.

Soins et respect

S’occuper des autres. Prendre soin des personnes blessées, comme celles qui sont victimes de la traite des êtres humains. Aujourd’hui, Talitha Kum, le réseau international de la vie consacrée contre la traite des personnes, se penche sur cette prise en charge. Elle le fait en promouvant la campagne « Care Against Trafficking », lancée il y a une semaine, qui vise à montrer que les soins peuvent faire la différence à chaque étape du parcours de lutte contre la traite des personnes: soins aux personnes à risque, aux victimes et aux survivants. Comme une goutte d’eau dans un océan, cette campagne a déjà vu fleurir des initiatives aux quatre coins du monde, du continent asiatique à la Colombie.

Jeunes ambassadeurs

Sœur Gabriella Bottani, CMS, coordinatrice internationale de Talitha Kum, a présenté à Radio Vatican – Vatican News l’initiative née en Asie et qui entend semer des graines d’espérance, sur la base de l’expérience de ceux qui ont réussi à surmonter la tragédie de la traite, sans en effacer les blessures profondes, mais en démontrant qu’il est possible de recommencer. En résistant, en se battant et en cherchant toujours la lumière au bout du tunnel. Entretien.

Aujourd’hui est une date importante pour mettre en lumière un problème qui doit être abordé au quotidien. Votre initiative a déjà porté ses fruits, notamment sur le continent asiatique où les jeunes, ambassadeurs contre le trafic, seront les protagonistes.

Oui, aujourd’hui est un jour important car les réseaux asiatiques, surtout dans le Sud et le Sud-Est, ont identifié des jeunes qui, entrés en contact avec nos réseaux, ont accepté le défi d’entamer un processus pour devenir ambassadeurs. Des présences qui promeuvent une culture de l’attention pour lutter contre la traite des êtres humains. Avec nous pour mener à bien cette initiative, il y aura Joy Ezekiel qui est l’une des proches collaboratrices de Talitha Kum et qui accompagnera ce projet. Elle apportera une richesse importante, à savoir son expérience personnelle en tant que survivante à la traite.

Ambassadeurs, sentinelles, jeunes figures en première ligne de cette bataille. Quelle importance revêt le témoignage de ceux qui ont réussi à en sortir, pour connaître des histoires positives qui peuvent devenir un modèle pour ceux qui pensent peut-être qu’ils ne peuvent pas réussir?

C’est très important! Dans un contexte virtuel auquel nous sommes habitués, pensez à l’utilisation des réseaux sociaux, cela nous rappelle l’importance de la réalité. Une réalité difficile, violente et douloureuse, mais qui est aussi pleine d’espérance. Je crois que les jeunes devraient entendre ces témoignages, faire l’expérience de l’espérance comme moteur des rêves. Rêves qui sont utilisés par les trafiquants pour recruter des personnes. Mais le rêve est le rêve de Dieu pour chacun d’entre nous, c’est la beauté. Alors avoir avec nous une survivante qui nous rappelle l’importance de rester les pieds ancrés dans la réalité, avec une tête qui rêve et un cœur capable de réaliser nos désirs pour le bien, c’est vraiment fondamental, c’est beau.

Passons à la Colombie, où une page de cette même beauté s’écrit littéralement au fil de la plume…

J’ai été émue d’apprendre cette initiative dont, comme Talitha Kum, nous avons été informées par les sœurs colombiennes qui travaillent contre la traite. Une initiative qui étonne et implique à la fois ceux qui s’en occupent et ceux qui en sont victimes. Des personnes invitées à raconter leur vie en petites phrases, en poèmes. La poésie a une charge énorme, puissante et je suis vraiment impatiente, curieuse de pouvoir écouter ces écrits qu’ils vont nous donner.

Les mots du Pape

Une économie sans traite prend soin des personnes et de la nature, déclare le Pape François dans son message vidéo pour la 7ème journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des êtres humains. Il s’agit d’une «économie solidaire». Une économie sans traite est régie par «des règles de marché qui favorisent la justice et non des intérêts particuliers exclusifs», a poursuivi l’évêque de Rome.

La traite des êtres humains trouve un terrain fertile dans l’approche du capitalisme néolibéral, dans la dérégulation des marchés qui vise à maximiser les profits sans limites éthiques, sans limites sociales, ni environnementales. Si l’on suit cette logique, il ne reste que le calcul des avantages et des inconvénients. Les choix ne sont pas faits sur la base de critères éthiques, mais en fonction d’intérêts dominants, souvent habilement dissimulés sous un vernis humanitaire ou écologique. Les choix ne se font pas en regardant les personnes: les personnes sont des numéros, même pour être exploitées.

Une économie sans traite, concluait le Pape, est une économie courageuse qui répond à la crise d’une manière qui n’est pas myope et qui ne regarde pas seulement le court terme, mais aussi le long terme. Toujours mettre la personne au centre.

Source: VATICANNEWS, le 30 juillet 2021

Père Michel Briand, ancien otage à Haïti : « Le dépouillement permet de voir l’Essentiel »

Père Michel Briand, ancien otage à Haïti : « Le dépouillement permet de voir l’Essentiel »

Kidnappé à Haïti par un gang armé en avril 2021, le père Michel Briand a été otage près de trois semaines. De passage à Paris, il revient pour Aleteia sur cette épreuve qui a renforcé sa conviction : sans amour rien n’est possible.

Du haut de son mètre quatre-vingt, le père Michel Briand tranche avec l’environnement de la gare Montparnasse dans laquelle nous le retrouvons en cette pluvieuse fin du mois de juillet. Cheveux mi- longs, barbe blanche et lunettes rondes, on devine derrière son masque un sourire large et facile. Avec sa croix en bois autour du cou, ses robustes chaussures de marche et sa grosse valise, le père Michel Briand a tout de l’homme de passage. Il arrive tout droit de Bretagne où il a passé quelques semaines au centre de la Société des prêtres de Saint-Jacques dont il est membre et sera, dès le lendemain, dans un avion pour Haïti, le pays dans lequel le missionnaire vit depuis 36 ans. « C’est une histoire d’amour », répond-t-il lentement quand on lui demande pourquoi il y retourne une nouvelle fois. Car des épreuves sur place, le père Michel Briand en a traversé. 

Menacé de morts à plusieurs reprises dans les années 1990 – des hommes ont même tiré sur le presbytère dans lequel il dormait –, il était également avec les Haïtiens lors du terrible séisme de 2010. Agressé physiquement alors qu’il sortait de la banque quelques années plus tard, il a reçu deux balles dans le ventre, le père Michel Briand a finalement été kidnappé en avril 2021 par un gang armé. Il a passé près de trois semaines en captivité, avant d’être libéré. Un événement qui l’a fortifié dans sa foi, dans sa mission et dans sa conviction : « Tant que l’on n’aime pas, on ne peut pas pardonner. Et c’est quand on pardonne que l’on se sent libre dans son cœur et dans son corps ». Entretien.

Aleteia : Que s’est-il passé lors de votre enlèvement le 11 avril 2021 à Port-au-Prince ?
Père Michel Briand : Nous étions dix ce jour-là et nous devions aller à l’installation d’un de nos confrères prêtres. Sur le parcours, nous avons été interceptés par un gang d’une vingtaine de personnes bien armées. Ils nous ont ensuite fait entrer dans un chemin de terre. Il y avait entre cinq et huit voitures les unes derrières les autres. Après nous avoir dépouillé de tous nos biens (téléphones, argent…), le chef du groupe, surnommé « La mort sans jour », a pris le volant pour nous conduire là où nous avons été retenus en otage. On pensait dans un premier temps qu’ils allaient nous libérer très vite, comme cela avait déjà été le cas auparavant. Mais quand ils ont vu qu’il y avait deux étrangers, ils se sont dit qu’il y avait certainement quelque chose à en tirer.

Le soir, au crépuscule, nous récitions le chapelet. 

Comment s’est déroulée votre vie en captivité ?
Nous avons été bien traités. Ceux qui nous gardaient ont été bienveillants à notre égard. Tout ce que nous demandions, ils ont essayé de nous le fournir, que ce soit de l’eau, du dentifrice, des draps… Tout le temps qu’a duré la détention, nous avons communiqué avec nos geôliers qui étaient d’anciens détenus, évadés ou libérés, et qui étaient là pour faire un petit job, pour gagner assez d’argent afin d’entretenir leur famille. Ce n’était pas le cas du chef qui employait un langage très dur à notre égard, certainement pour montrer son autorité.

Comment viviez-vous votre foi ?
Rapidement nous avons essayé de vivre entre nous de manière positive et de témoigner d’une grande solidarité envers les personnes du groupe pour lesquelles cette épreuve était d’autant plus difficile. Cela est passé par une bienveillance et une attention toute particulière à ne pas se montrer hostile avec des paroles désobligeantes. Nous avons aussi pris le temps de prier ensemble. Nous faisions de temps en temps le bréviaire mais de mémoire car nous n’avions pas le livre entre nos mains. L’une d’entre nous avait la Bible et nous nous en sommes servis pour lire les psaumes tous ensemble. Nous avons lu les évangiles et un soir l’une des otages a même chanté la passion de saint Jean. C’était tout simplement magnifique. Le soir, au crépuscule, nous récitions le chapelet. Nous sentions au fil des jours que rien ne nous arriverait. Non seulement les geôliers nous sécurisaient en nous disant que rien de grave ne nous arriverait mais nous le sentions dans notre for intérieur.

Cela a donc été facile de prier tout au long de votre captivité ?
Oui. Il y a eu un incident néanmoins. Un jour un des gardiens m’a pris la Bible des mains. Je lisais Jérémie. Je n’ai pas réagi, en me disant qu’il en avait peut-être besoin pour sa conversion. On a cru comprendre dans ce geste qu’il pensait que nous agissions contre eux, qu’on se servait de la Bible pour les déstabiliser et mener une action contre eux. Trois jours après ils nous ont rendu la Bible.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile ?
Le plus dur a été le manque de liberté, le fait de savoir que sa vie est entre les mains de quelqu’un d’autre. Au fil des jours, nos kidnappeurs nous ont fait vivre un jeûne de plus en plus dur en restreignant la nourriture entre nous. Les derniers jours nous n’avions presque plus rien à manger. Parmi les six que nous étions vers la fin, deux étaient diabétiques. Un gardien nous a demandé ce qu’il pouvait faire pour nous et nous lui avons demandé une soupe. Le lendemain il nous en a apporté une que nous nous sommes partagés. Le jour d’après, une autre personne est venue en moto et nous a demandé comment on allait et la scène s’est reproduite une nouvelle fois avec une soupe de vermicelle. Le troisième jour, veille de notre libération, il est revenu afin de nous donner une soupe et des bananes. Ces personnes ont été des Simon de Cyrène qui se sont portés à notre secours. En nous donnant à manger, ils nous ont aidé à porter notre croix.

Un passage de la Bible vous a-t-il particulièrement accompagné pendant cette épreuve ?
Oui,j’ai beaucoup pensé à l’attitude de Jésus par rapport à ses agresseurs, à ceux venus lui faire violence. Comment se comporter pour ne pas entrer dans cette provocation de violence que l’autre nous impose ? Comment avoir constamment une parole aimante, bienveillante envers la personne qui nous agresse ?

On ne peut pas pardonner quelqu’un si on ne découvre pas l’amour de Dieu en nous pour pouvoir l ’aimer. 

Alors, comment faire ?
Par la paix et l’amour. Avant que nous soyons libérés, nous avons tous demandé dans nos prières, à chaque fois, à Dieu de pardonner nos agresseurs. On ne peut pas pardonner quelqu’un si on ne découvre pas l’amour de Dieu en nous pour pouvoir l ’aimer. Aimer quelqu’un, c’est arriver à faire cette démarche de pardon. Tant que l’on n’aime pas, on ne peut pas pardonner. Et c’est quand on pardonne facilement que l’on se sent libre dans son cœur et dans son corps. C’est en tout cas ce que j’ai personnellement vécu. Je n’ai jamais eu peur ou de crainte malgré le contexte.

Y a-t-il eu un moment particulièrement fort lors de votre captivité ou au moment de votre libération ?
Notre libération est arrivée par surprise, en pleine nuit. Et c’est là, au moment où on allait se séparer de nos ravisseurs, qu’un des chefs nous a fait une accolade en nous demandant de prier pour eux. Quelle surprise ! Je lui ai répondu que ce n’était pas à partir d’aujourd’hui – jour de notre libération – que nous allions prier pour eux mais que nous prions pour eux depuis le début de notre captivité. Chaque fois que l’on a prié, on l’a autant fait pour eux que pour d’autres personnes souffrantes.

Votre foi a-t-elle été renforcée par cette épreuve ?
Oui je le pense. Il y a d’abord le fait de se sentir protégé. J’ai eu plusieurs incidents dans le passé à Haïti et quand je fais la lecture de l’ensemble de ces événements je le sens. En 1994-1995, on avait tiré des rafales dans le presbytère où je vivais. Il s’agissait d’une mise en scène pour me faire peur. Puis quelques années plus tard, il y a eu le tremblement de terre de 2010 que j’ai vécu au milieu de la population. Nous avons passé une première nuit dehors ensemble dans un espace restreint où rien ne pouvait nous tomber dessus. Dans les semaines qui ont suivi, nous dormions à la belle étoile dans la rue. Plus tard, à la sortie d’une banque, on m’a tiré deux balles dans le ventre pour me prendre l’argent que je venais de retirer. Et puis maintenant ce rapt. Cela conduit à relativiser le sens de la vie. Être dépouillé comme lors du tremblement de terre, lorsque l’on m’a tiré deux belles et que j’ai manqué de mourir puis le rapt… Oui, j’ai vécu le dépouillement total, de tout bien matériel. Et cela m’a permis de voir l’Essentiel. Cet essentiel c’est ce qui peut nous habiter dans notre cœur. Notre cœur devient la seule et unique richesse de vie. Et je l’ai ressenti, je l’ai vécu et c’est cela qui apporte la joie de vivre, bien plus que de chercher à posséder les biens de la terre. Le tout est d’être aimé, de se sentir aimé et de pouvoir aimer de la même manière. Aimer devient une force qui permet de combattre toutes les difficultés, les épreuves…

Pourquoi retourner à Haïti une nouvelle fois après 36 ans ?
Haïti est un pays très dur. La peur se vit, se voit, se sent. C’est un pays d’autant plus dur que les conditions dans lesquelles vivent les Haïtiens nous agressent : mendicité, sollicitations incessantes… Et on n’y voit pas d’issue ! Les habitants sont victimes d’une société où les individus n’ont plus de valeur. Mais c’est aussi une histoire d’amour. Ce n’est pas l’agent qui sauvera le pays mais l’amour. Si les Haïtiens peuvent mettre de l’amour dans ce qu’ils sont et ce qu’ils font ils pourront faire des merveilles. À Haïti, tout le monde voudrait quitter le pays. Le rêve de chacun est d’avoir un visa et de partir ailleurs. Alors, voir quelqu’un qui a la possibilité de partir mais qui choisit de venir et de revenir à chaque fois les frappe ! Je reviens car je veux témoigner de cet amour et de cette espérance que les choses peuvent changer s’ils décider de changer.

Source: ALETEIA, le 29 juillet 2021

Ésotérisme 2.0: quand les jeunes s’essaient aux pratiques divinatoires

(Photo d'illustration)(Photo d’illustration) 

Ésotérisme 2.0: quand les jeunes s’essaient aux pratiques divinatoires

L’ésotérisme est à la mode, surtout chez les jeunes. Les rituels de magie et initiation aux arts divinatoires fourmillent sur le réseaux sociaux. Mais ces pratiques sont loin d’être anodines. Éclairage.

Entretien réalisé par Manuella Affejee – Cité du Vatican

Astrologie, divination, cartomancie, médiumnité: ces pratiques ésotériques ont le vent en poupe depuis quelques années et suscitent de plus en plus l’engouement des jeunes, notamment via les réseaux sociaux. Cet ésotérisme 2.0 se pare d’une couleur pop, presque glamour qui le ferait presque paraître inoffensif, alors qu’il recèle des dangers spirituels.

Le père Jean-Christophe Thibaut est prêtre du diocèse de Metz où il exerce un ministère de délivrance depuis une vingtaine d’années. Il est également l’auteur, sous le pseudonyme de Michaël Dor, de la tétralogie de La Porte des Anges (Éditions Médiaspaul) et des enquêtes de l’Abbé Nicolas Stock (Éditions Salvator). Il décrypte ce phénomène:Entretien avec le père Jean-Christophe Thibaut

Le phénomène n’est pas très nouveau. Il a commencé dans les années 1980, qui correspond à la fin du «Nouvel Âge», cette période marquée par de nouvelles spiritualités. Ce regain d’ésotérisme qu’on voit aujourd’hui est lié au fait que tout passe par l’individu. Nous sommes dans un monde très individualiste, chacun peut devenir une sorcière ou pratiquer tel ou tel art divinatoire, sans passer par un groupe, une structure ou un mouvement, comme autrefois.

Il faut reconnaître aussi que, depuis la crise du Covid, l’on note un développement énorme de tout ce qui touche à l’ésotérisme et je pense que cela est lié au fait que la science a montré ses limites. On peut y voir aussi une peur de l’avenir. Aux États-Unis par exemple, les consultations des voyants ont été multipliées par dix depuis le début de la crise.

Internet et les réseaux sociaux jouent-ils un rôle particulier dans cet ésotérisme personnalisé et à la carte?

Effectivement, cela passe par Instagram, Tik Tok, etc. C’est une sorte de «cocktail» avec de nouvelles spiritualités -issues pour beaucoup de thérapies alternatives ou des recherches de bien-être-, un peu de féminisme et d’écologie. L’on voit un retour en grâce de la figure de la sorcière, considérée à la fois comme l’ancêtre des féministes et des écologistes. C’est très «tendance» et l’on constate ce phénomène surtout en milieu urbain, chez des jeunes filles qui proposent des rituels magiques de sorcellerie pour s’attirer de bonnes grâces, se sentir bien, etc.

L’on valorise le côté ludique, esthétique voire «glamour» de certaines pratiques. Mais n’est-ce pas mésestimer le danger qu’elles peuvent receler?

Si, complètement. C’est présenté comme quelque chose d’anodin. Il ne faut pas oublier aussi que tous ces jeunes gens ont été baignés par Harry Potter lorsqu’ils étaient adolescents. C’est donc la continuité de ce phénomène où la magie était présentée comme quelque chose de plutôt positif et esthétisant.

Bien sûr, il y a toujours une méfiance envers la magie qu’on dirait «noire», encore que, aujourd’hui, les repères entre magie blanche et magie noire tendent à s’effacer. À la limite, peu importe ce que l’on cherche, même l’utilisation d’une certaine magie noire peut être considérée comme un acte de justice. Si quelqu’un vous veut du mal ou si vous avez des problèmes avec votre patron, il est légitime de pouvoir proposer un rituel.

Aujourd’hui, dans les grandes villes comme Paris, c’est très «tendance», d’inviter une cartomancienne, un médium ou une voyante lors de diners mondains. On retrouve un peu ce qui se faisait au XIXe siècle, lorsque le spiritisme était à la mode. (…)

Quel est le danger que vous percevez dans cet engouement?

La magie n’est pas anodine, la distinction entre blanche ou noire n’existe pas. D’ailleurs, dans la Bible, on met toujours en garde contre la magie. Il n’y a qu’à lire les Actes des apôtres pour voir que l’évangélisation s’est heurtée aux magiciens -l’exemple le plus connu est Simon le magicien- qui s’opposaient à elle.

Je vois beaucoup de gens marqués par l’ésotérisme qui veulent s’en sortir, parce qu’il y a toujours un moment où cela se retourne contre les personnes. Très clairement, avec la magie, on touche au monde démoniaque. Vous pouvez demander à tous les exorcistes ou ceux qui pratiquent un service de délivrance : la première porte de tout problème spirituel d’ordre démoniaque, c’est le fait de s’adonner à la magie, l’ésotérisme ou l’occultisme.

Cette soif de spiritualité des jeunes est quand même à exploiter. Ne pensez-vous pas qu’il existe là un terrain de mission spécifique qui s’ouvre pour l’Église?

Je pense qu’il ne faut pas en avoir peur. Au contraire, derrière ces recherches d’ésotérisme, se cache une soif du sens de la vie, une soif spirituelle.

La difficulté est que, généralement, la religion est considérée par la plupart de nos jeunes contemporains comme très contraignante, comme un ensemble de dogmes auxquels croire, sans réfléchir, pensent-ils. Or il faut les conduire vers le Dieu vivant en leur montrant qu’il y a des réponses, qu’ils pensent connaitre, mais qu’ils ne connaissent pas en réalité; il faut orienter cette recherche qu’ils portent vers un sens plus positif que celui qu’ils sont en train de prendre, et cela, sans savoir qu’ils sont sur un chemin de ténèbres.

Actuellement, j’ai environ une vingtaine de demandes par semaine émanant de personnes voulant me rencontrer car elles ont fait une mauvaise expérience d’ésotérisme ou d’occultisme.

Source: VATICANNEWS, le 30 juillet 2021

Il y a 8 ans… La disparition du père Paolo Dall’Oglio en Syrie

Le père Paolo Dall'Oglio, jésuite disparu en Syrie en juillet 20213. Le père Paolo Dall’Oglio, jésuite disparu en Syrie en juillet 20213.  

Il y a 8 ans… La disparition du père Paolo Dall’Oglio en Syrie

C’était le 29 juillet 2013, le jésuite italien a été enlevé à Raqqa, en Syrie. Cette année encore, de nombreuses initiatives sont prévues pour rappeler ce triste jour et renouveler l’invitation au dialogue, à la rencontre et à la conversion des cœurs que Dall’Oglio a promue chaque jour dans sa mission. 

Andrea De Angelis – Città del Vaticano 

Riccardo Cristiano, journaliste, vaticaniste et fondateur de l’Association des journalistes amis du père Dall’Oglio, a longtemps été correspondant au Moyen-Orient. Il évoque la figure du Père Paolo avec nous et souligne comment sa capacité d’écoute l’a rendu vraiment proche du peuple syrien. 

Au centre de la Source d’Ismaël (centre qui accueille des enfants mineurs, ndlr), vous parlerez du Père Paolo aux mineurs non accompagnés. Pourquoi est-il important de faire connaître sa figure aux jeunes ?

Je crois qu’il est important de parler de lui aux jeunes et à tout le monde en général. Il est particulièrement important pour les jeunes car le père Paolo était convaincu qu’il fallait construire une théologie interreligieuse au nom de sa foi. Il l’a construit à partir de la figure d’Ismaël, qui dans l’Islam est le fils d’Abraham, d’abord amené au sacrifice, puis qui ne l’est plus. Ismaël est expulsé de sa famille avec sa mère et entreprend un voyage dans le désert. Abraham voit dans les larmes de sa mère, qui ne trouve pas d’eau dans le désert pour étancher la soif de son fils, les mêmes larmes que Marie a versées sous la croix. Dans les pleurs d’Ismaël, il voit des pleurs évangéliques et cette histoire lui fait comprendre comment, puisqu’il y a un pacte au nom de l’élection, un pacte avec Dieu, il y a aussi un pacte au nom de la marginalisation. Au nom de l’exclusion. Les marginaux, les exclus sont les élus de Dieu et le symbole de ce pacte, de cette élection est précisément la figure du petit Ismaël. Une histoire qui nous fait comprendre ce que signifie trouver la clé pour présenter, même avec une pensée évangélique, ce qui n’est pas évangélique. Dans l’espoir de comprendre ensemble le mystère, son propre chemin, son propre sens dans le plan global de Dieu.

En écoutant vos paroles, je pense à la manière dont le père Paolo aurait promu, parlé, fait connaître l’encyclique Fratelli tutti. Avez-vous aussi pensé à cela parfois ?

J’y ai pensé de nombreuses fois et je dois dire que cette pensée m’accompagne très souvent, chaque fois que j’entends parler de la fraternité. J’aime souligner comment le père Paolo a consacré tant de temps à la fraternité. A ceux qui lui demandaient de convertir les musulmans, en tant que missionnaire dans ce qu’on appelle la Terre d’Islam, il répondait qu’en réalité il ne ressentait pas tant ce désir, que celui de se convertir à l’œuvre de Dieu dans chaque âme humaine. Nous avons besoin d’un nouveau prophétisme dans le dialogue, dans une expérience toujours nouvelle de l’action de l’Esprit de Dieu. Je pense que l’hospitalité est la marque de toutes les cultures religieuses du Moyen-Orient, et je la ressens dans la fraternité du Pape François. Je le trouve dans l’encyclique.

Pourquoi tant de témoins ont-ils dit, et répètent encore aujourd’hui, que le père Dall’Oglio était un ami du peuple syrien ?

Pour répondre à cette question, je veux partir de ce qu’il a écrit sur la mondialisation, à savoir qu’elle a fait beaucoup de mal aux Syriens. Aux musulmans et aux Syriens chrétiens. La raison en est l’arrivée de la télévision, où les femmes chrétiennes, par exemple, ont vu les images d’autres femmes chrétiennes de différents pays qui s’habillent différemment d’elles. Il en va de même pour les femmes musulmanes. Ils ont ainsi changé leur façon de s’habiller, par un processus qui est l’assimilation d’un modèle. Cette assimilation a commencé à faire perdre aux gens leur spécificité, qui consistait à s’habiller d’un voile léger, différent des autres ou complètement absent. Un voile de couleur, reposant sur les cheveux, qui indiquait le sentiment commun de leur peuple. C’est un exemple de la manière dont la tradition n’est pas quelque chose de littéraliste ou de procédural, mais une appartenance à une manière d’être que d’autres appartenances imposées peuvent modifier, conduisant à un choc qui était au contraire une culture commune. C’est pourquoi il était l’ami de tous les Syriens.

Comment la Syrie a-t-elle changé au cours de ces huit années ?

Je ne veux pas voir tout ce qui est négatif, la mort et la disparition de milliers et de milliers d’êtres humains. Des personnes dont, comme le père Paolo, on ne sait plus rien. Des choses terribles se sont produites, des armes chimiques aux expulsions, des bombardements aux violations des droits de l’homme. Mais il s’est aussi passé autre chose, et c’est le fil conducteur auquel je m’accroche en pensant au père Paolo et à ces amis qui vivent en Syrie, comme nous le ferions si nous étions nés là-bas. Je crois qu’aujourd’hui le mur de la peur est tombé. Lorsque ce mur tombe, il ne peut être reconstruit. Je ne sais pas comment nous arriverons à marcher après la chute de ce mur, mais ce fait est encore sous-estimé à mon avis.

Source: VATICANNEWS, le 29 juillet 2021