L’apparition de Notre-Dame des Trois Épis (II)

L’apparition de Notre-Dame des Trois Épis (II)

L’apparition miraculeuse (1) évanouie, Thierry Schoéré reprit sa route, mais craignant les moqueries, il décida, finalement, de garder le silence. Arrivé au marché, il acheta un sac de blé, mais, chose étrange, ni lui ni personne ne put le soulever. Le sac semblait de plomb et fixé au sol. Les paysans attroupés s’inquiétèrent de la force magique et mystérieuse qui rivait ainsi le sac à terre. Ce phénomène inexplicable tourmenta les esprits et d’aucuns commencèrent à accuser le malheureux forgeron de sorcellerie. Alors Thierry Schoéré comprit le sens de ce prodige avertisseur. Divin messager, il avait désobéi à la Vierge sainte et n’avait point rempli la mission qu’elle lui avait confiée. Devant la foule, soudain silencieuse, qui l’entourait, Schoéré se mit à genoux, demanda pardon à Notre Dame et, remplissant enfin sa mission sacrée, il fit part aux habitants attentifs de la céleste apparition et expliqua chaleureusement le symbolisme du glaçon et des trois épis. Stupéfaits, admiratifs, les habitants écoutaient respectueusement le récit. L’assistance fut profondément émue et nul ne se fut permis de mettre en doute la sincérité de l’honnête forgeron d’Orbey. Les plus incrédules furent conquis, manifestèrent un sincère repentir et jurèrent de s’amender. Alors, soulagé et heureux, Thierry Schoéré s’en retourna vers le sac mystérieux. Mais… ô… miracle ! à peine l’avait-il saisi qu’il put le soulever aussi aisément qu’un sac de duvets et le charger aussitôt sur son cheval. Après quoi, au milieu des transports de joie de l’assistance, Thierry Schoéré, le messager de la Vierge, s’en retourna joyeusement vers son village natal. 

Récit des apparitions de Notre-Dame des Trois Épis, en Alsace Selon les archives du village d’Orbey – toujours conservées au musée de Colmar  (1) Notre Dame des trois épis, près de Colmar, en 1491

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : Une minute avec Marie

04.05.2026 – SAINT DU JOUR

ST FLORIAN

VÉTÉRAN ET MARTYR († 304)

Florian vivait du temps de l’empereur Dioclétien et occupait de hautes fonctions dans l’armée impériale basée dans la province du Noricum. Il était aussi responsable des brigades de pompiers.

Les Romains luttaient alors contre l’expansion du christianisme, et envoyèrent le consul Aquilinus à Lauriacum (aujourd’hui Enns en Autriche) pour accélérer la persécution envers les chrétiens.

Quand Aquilinus demanda à Florian d’exécuter un groupe et qu’il refusa, il lui demanda d’offrir un sacrifice à une divinité romaine. Florian, qui était devenu chrétien, refusa. Il fut alors battu puis torturé, mais sans résultat. Enfin, il fut jeté dans l’Enns avec une grosse pierre autour du cou.

Plus tard, une femme nommée Valeria eut une vision où elle vit Florian lui demandant de l’enterrer dans un lieu plus digne. Son corps aurait alors été inhumé à l’abbaye de Saint-Florian, près de Linz (Autriche). Selon la tradition, sa dépouille mortelle aurait ensuite été transférée à Rome en 1138. Puis le pape Lucius III les envoya en Pologne au duc Casimir II qui fit construire une église à Cracovie en son honneur.

Le pape Jean-Paul II a été prêtre à la paroisse Saint-Florian de Cracovie.

Saint Florian est fêté le 4 mai. Il est devenu populaire en Bavière et dans la région des Trois Venise ; il est également le saint patron de la Haute-Autriche et de la Pologne en tant que royaume historique.

Saint Florian priez pour nous !

Saint Florian, par Francesco del Cossa, c. 1473-1474

04.05.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,21-26. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.

Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;


mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381)

chanoine régulier

Les Noces spirituelles, III (trad. Louf, Bellefontaine 1993, p. 214 rev.)

« L’Esprit Saint vous enseignera tout »

La vie de contemplation est la vie du ciel… Grâce à l’amour d’union avec Dieu en effet, l’homme passe au-delà de son être de créature, pour découvrir et savourer l’opulence et les délices que Dieu est lui-même et qu’il laisse couler sans cesse au plus caché de l’esprit humain, là où celui-ci est semblable à la noblesse de Dieu. Lorsque l’homme recueilli et contemplatif a ainsi rejoint son image éternelle, et lorsque, dans cette limpidité, grâce au Fils, il a trouvé sa place dans le sein du Père, il est éclairé par la vérité divine… Car il faut savoir que le Père céleste, abîme vivant, est tourné, par des œuvres, avec tout ce qui vit en lui, vers son Fils, comme vers son éternelle Sagesse (Pr 8,22s) ; et cette même Sagesse, avec tout ce qui vit en elle, se réfléchit, par des œuvres, dans le Père, c’est-à-dire dans l’abîme dont elle est sortie. De cette rencontre jaillit la troisième Personne, celle qui se tient entre le Père et le Fils, c’est-à-dire le Saint-Esprit, leur commun amour, qui est un avec les deux dans la même nature. Cet amour embrasse et traverse avec jouissance le Père, le Fils et tout ce qui vit en eux, et cela avec une telle opulence et une telle joie que toutes les créatures en sont réduites à un silence éternel. Car la merveille insaisissable, cachée en cet amour, dépassera éternellement la compréhension de toute créature. Lorsque nous reconnaissons cette merveille et la savourons sans étonnement, c’est que notre esprit se trouve au-delà de lui-même et qu’il est un avec l’Esprit de Dieu, savourant et regardant sans mesure, comme Dieu savoure et regarde sa propre richesse dans l’unité de sa profondeur vivante, selon son mode incréé… Cette délicieuse rencontre, qui a lieu en nous selon le mode de Dieu, est sans cesse renouvelée… Car de même que le Père regarde sans cesse toutes les choses comme nouvelles dans la naissance de son Fils, elles sont aussi aimées d’une façon nouvelle par le Père et par le Fils dans le jaillissement du Saint-Esprit. Voilà la rencontre du Père et du Fils en laquelle nous sommes amoureusement étreints, grâce au Saint-Esprit, dans un amour éternel.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 14,5-18. 

En ces jours-là, à Iconium, il y eut un mouvement chez les non-Juifs et chez les Juifs, avec leurs chefs, pour recourir à la violence et lapider Paul et Barnabé.
Lorsque ceux-ci s’en aperçurent, ils se réfugièrent en Lycaonie dans les cités de Lystres et de Derbé et dans leurs territoires environnants.
Là encore, ils annonçaient la Bonne Nouvelle.
Or, à Lystres, il y avait un homme qui était assis, incapable de se tenir sur ses pieds. Infirme de naissance, il n’avait jamais pu marcher.
Cet homme écoutait les paroles de Paul. Celui-ci le fixa du regard et vit qu’il avait la foi pour être sauvé.
Alors il lui dit d’une voix forte : « Lève-toi, tiens-toi droit sur tes pieds. » L’homme se dressa d’un bond : il marchait.
En voyant ce que Paul venait de faire, les foules s’écrièrent en lycaonien : « Les dieux se sont faits pareils aux hommes, et ils sont descendus chez nous ! »
Ils donnaient à Barnabé le nom de Zeus, et à Paul celui d’Hermès, puisque c’était lui le porte-parole.
Le prêtre du temple de Zeus, situé hors de la ville, fit amener aux portes de celle-ci des taureaux et des guirlandes. Il voulait offrir un sacrifice avec les foules.
Informés de cela, les Apôtres Barnabé et Paul déchirèrent leurs vêtements et se précipitèrent dans la foule en criant :
« Pourquoi faites-vous cela ? Nous aussi, nous sommes des hommes pareils à vous, et nous annonçons la Bonne Nouvelle : détournez-vous de ces vaines pratiques, et tournez-vous vers le Dieu vivant, lui qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu’ils contiennent.
Dans les générations passées, il a laissé toutes les nations suivre leurs chemins.
Pourtant, il n’a pas manqué de donner le témoignage de ses bienfaits, puisqu’il vous a envoyé du ciel la pluie et des saisons fertiles pour vous combler de nourriture et de bien-être. »
En parlant ainsi, ils empêchèrent, mais non sans peine, la foule de leur offrir un sacrifice.

Psaume 115(113B),1-2.3-4.15-16. 

R/ Non pas à nous, Seigneur, mais à ton nom, donne la gloire. (Ps 113b, 1)

Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, 
mais à ton nom, donne la gloire, 
pour ton amour et ta vérité.
Pourquoi les païens diraient-ils : 
« Où donc est leur Dieu ? »

Notre Dieu, il est au ciel ; 
tout ce qu’il veut, il le fait.
Leurs idoles : or et argent, 
ouvrages de mains humaines.

Soyez bénis par le Seigneur 
qui a fait le ciel et la terre !
Le ciel, c’est le ciel du Seigneur ; 
aux hommes, il a donné la terre.

« Le secret de Jésus est cette union intime avec Dieu, le vôtre et notre Père »

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« Le secret de Jésus est cette union intime avec Dieu, le vôtre et notre Père »

L’enceinte de prière du sanctuaire de Fatima a accueilli ce matin des centaines de pèlerins pour la messe du Ve dimanche de Pâques, une célébration qui a coïncidé avec la fête des mères.

Dans l’homélie qu’il a prononcée ce dimanche, le recteur du sanctuaire de Fatima, le père Carlos Cabecinhas, a souligné l’importance de trouver la paix intérieure dans le monde contemporain, présentant Jésus comme « le Chemin, la Vérité et la Vie ».

À partir de l’Évangile et de l’exhortation de Jésus, « Ne vous troublez pas votre cœur ! », le président de la célébration a identifié plusieurs facteurs actuels qui menacent la paix individuelle et collective. « Il y a beaucoup de choses qui, aujourd’hui, peuvent nous déranger et nous enlever la paix intérieure », a-t-il déclaré, citant comme exemples la guerre, qui est revenue présente de nos jours, l’incertitude face à l’avenir, les difficultés économiques ou les injustices et inégalités sociales.

Le prêtre a souligné que la récupération de la paix intérieure résulte d’une communion intime avec Dieu. « Le secret de Jésus est cette union intime avec Dieu, le sien et notre Père », a-t-il déclaré.

Dans la réflexion qu’il a présentée, le recteur a souligné que l’expérience de Pâques se manifeste par des gestes concrets et dans la vie en communauté. Ce chemin vers Dieu résulte de la Parole, « qui détermine nos attitudes » ; de l’Eucharistie, « nourriture pour notre marche » ; de la relation avec les autres, « ce que nous faisons aux autres, c’est à Lui que nous le faisons », et des événements de la vie « lus à la lumière de la foi ».

Évoquant les petits bergers, le père Carlos Cabecinhas a souligné, en particulier, le témoignage de saint François Mart, rappelant l’expérience de la rencontre du Saint avec Dieu : « J’ai beaucoup aimé voir l’Ange, mais j’ai encore plus aimé Notre-Dame. Mais ce que j’ai le plus aimé, c’est de voir Notre Seigneur, dans cette lumière que Notre-Dame a mise dans notre poitrine. J’aime tellement Dieu ! ».

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En conclusion, le recteur du Sanctuaire de Fatima a rappelé que Jésus, « Chemin, Vérité et Vie », reste présent dans la vie des pèlerins, « dans les paroles de la Bible, dans l’Eucharistie et dans les autres sacrements, dans la prière, dans les autres, avec qui nous vivons ou sommes en contact ».

Lors de la journée consacrée aux mères, le père Carlos Cabecinhas a appelé à la prière pour toutes et a invité les pèlerins à se laisser conduire à la communion avec Dieu comme chemin vers la paix.

Plusieurs groupes de pèlerins se sont inscrits aux services du Sanctuaire ont participé à la célébration : quatre du Portugal, deux de France, deux d’Italie, un du Ghana, un du Royaume-Uni et un d’Allemagne.

Source : SANCTUAIRE DE FATIMA, le 2 mai 2026

Fidèles au passé ou fidèles à l’avenir? Un texte de Robert Prevost datant de 2010

Le Pape Léon XIV signe le premier exemplaire du livre contenant ses interventions datant de l’époque où il occupait la charge de prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin.  

Fidèles au passé ou fidèles à l’avenir? Un texte de Robert Prevost datant de 2010

Le premier exemplaire du nouveau livre «Liberi sotto la grazia» (LEV), sera disponible dès demain lundi 4 mai: un discours de grande valeur prononcé aux Philippines par le futur Pape. Quelle attitude les croyants et communautés chrétiennes doivent-ils adopter face aux changements, maintenir le statu quo ou «aller à la rencontre du monde» ?

Vatican News

Liberi sotto la grazia”: «Libres sous la grâceÀ l’école de Saint Augustin face aux défis de l’histoire» (Librairie Éditrice Vaticane), un recueil d’interventions et de discours de Robert Francis Prevost lorsqu’il était prieur de l’Ordre de Saint Augustin, paraîtra demain lundi 4 mai en librairie.

Cet ouvrage, promu par l’Ordre de Saint-Augustin à l’occasion du premier anniversaire de l’élection du Pape Léon XIV, sera présenté mercredi 6 mai à Rome (à 17 h, Institut pontifical Augustinianum) lors d’une rencontre à laquelle participeront le Secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, le prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin, le père Joseph Farrell, le préfet du Dicastère pour la Communication, Paolo Ruffini, l’écrivaine Maria Grazia Calandrone et le directeur des médias du Vatican, Andrea Tornielli. Le texte, édité par les augustins Rocco Ronzani, Miguel Ángel Martín Juárez et Michael Di Gregorio, est en cours de traduction dans 30 pays à travers le monde.

Nous présentons ici le texte de l’homélie prononcée par le prieur de l’époque, Robert Francis Prevost, à l’occasion de l’inauguration du Chapitre général intermédiaire de la Province du Santo Niño de Cebu, qui s’est tenue dans l’église Saint Agustín de Intramuros, à Manille, (Philippines) le 19 septembre 2010.

Robert Francis Prevost

En 2008, les Augustins ont célébré en ce lieu le 500e anniversaire de la naissance d’Andrés de Urdaneta, un navigateur célèbre et très expérimenté qui, après avoir passé des années à combattre, a découvert dans l’enseignement de saint Augustin une invitation à changer de vie: il a appris que la seule véritable réponse au désir du cœur humain se trouve en Dieu et en son amour. Cette vérité a changé sa vie: de marin et navigateur accompli, il est devenu membre de l’Ordre de Saint-Augustin. Urdaneta est devenu célèbre pour avoir découvert ce que l’on appelle le «tornaviaje», une route maritime de retour sûre et rapide entre les Philippines et le Mexique. Ce «tornaviaje» est devenu une importante voie de transport et de commerce entre l’Asie et l’Amérique. Mais Urdaneta a vécu un «tornaviaje» bien plus important dans sa propre vie. Sa conversion et son entrée dans la vie religieuse symbolisent un tout autre type de retour: le retour ou la conversion à Dieu.

La figure du «tornaviaje», ou «voyage de retour», peut être une image très appropriée pour nous, Augustiniens, qui sommes ici réunis au début de notre Chapitre général intermédiaire. Nous aussi, nous sommes appelés à entreprendre un voyage et à découvrir que le seul voyage véritable et significatif est celui qui nous conduit vers le Christ. Nous avons tous entrepris ce voyage, qui commence, bien sûr, avec la naissance et, pour ceux qui sont chrétiens, avec la première rencontre avec le Christ, lors du baptême. Pour certains, cependant, cela se produit au moment où ils ont entendu la Parole, comme ce fut le cas, par exemple, pour Augustin, dont le voyage vers le Christ s’est déroulé au cours des années de sa longue expérience de conversion, bien avant sa décision de recevoir le baptême. Et il s’est poursuivi, de différentes manières, après le baptême, dans la recherche de Dieu en tant que moine, prêtre et évêque.

Pour nous, religieux consacrés, le cheminement est une existence au service du Christ, en particulier en tant que communauté de disciples. En tant qu’Augustiniens, c’est un cheminement vécu dans la vie commune et les services apostoliques, et à travers eux. Mais il peut arriver, à un moment donné de ce parcours, que nous ralentissions, que nous nous reposions sur nos lauriers et que nous nous laissions distraire, voire que nous restions immobiles et stagnions dans notre vie spirituelle et notre travail pastoral. La même chose peut nous arriver en communauté, et la vie de nos communautés locales et de nos circonscriptions peut perdre sa capacité à inspirer et à attirer d’autres personnes. L’enthousiasme débordant d’énergie, typique des jeunes, peut progressivement disparaître et nous glissons facilement dans la routine quotidienne, toujours la même, qui ne change jamais.

Le courage et l’esprit d’aventure d’Urdaneta, qui a découvert le «tornaviaje», peuvent être retrouvés ici, en ce lieu historique où nous sommes venus célébrer la liturgie d’ouverture de notre Chapitre. Peut-être que le changement, ou la nouvelle voie que nous recherchons, peut émerger de certaines questions: voulons-nous conserver ce que nous avons, rester où nous sommes, ou bien souhaitons-nous écouter notre cœur inquiet, écouter dans la prière, prêter attention à la Parole de Dieu et écouter aussi ceux d’entre nous qui cherchent et lisent les signes des temps? Sommes-nous ouverts à la possibilité de choisir quelque chose de différent, pour un sens nouveau et renouvelé de la mission dans notre vie?

«Nul serviteur ne peut servir deux maîtres; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la richesse» (Lc 16, 13). Je suis frappé par le fait que la phrase lue dans l’Évangile d’aujourd’hui pourrait se traduire ainsi: sommes-nous tiraillés entre notre désir de suivre le Christ, quel qu’en soit le prix, et notre désir de rester où nous sommes, satisfaits et peu enclins ou capables de changer le chemin que nous suivons? Ici, en ce lieu, il convient de nous demander si nous aussi avons besoin de découvrir une nouvelle direction, un tournant, une nouvelle conversion.

Il y a eu une large réflexion, dans différents contextes de la vie religieuse, sur la question «conservation ou mission?». Je souhaite la partager avec vous tous ce matin, convaincu qu’elle pourra nous aider également au cours des deux prochaines semaines. Sommes-nous simplement en train de maintenir les choses telles qu’elles sont, ou bien l’esprit missionnaire est-il vivant dans nos cœurs? Pour nous aider à réfléchir à ces questions, je propose quelques comparaisons.

Concernant le sens du ministère, la communauté qui ne souhaite que se conserver affirmera: «Nous devons rester fidèles à notre passé»; tandis qu’une communauté animée d’un esprit missionnaire dira: «Nous devons être fidèles à notre avenir».

Pour évaluer son efficacité, la communauté soucieuse de la préservation se demandera: «Dans quelle mesure cet apostolat est-il financièrement viable?»; tandis que celle engagée dans la mission se posera une question différente: «Comment faire de nombreux disciples?».

Face au changement et à la possibilité d’agir différemment, ceux qui souhaitent maintenir le statu quo affirment: «Si cela pose des problèmes à certains d’entre nous, nous n’en voulons pas». La question principale, en revanche, pour ceux qui sont engagés dans la mission sera: «Si cela nous aide à atteindre certains de ceux qui sont loin, nous acceptons le risque de le faire».

Le style de leadership, dans la mentalité de ceux qui préfèrent la conservation, est avant tout managérial, bien organisé et efficace: dans ce cas, les leaders cherchent à maintenir l’ordre et à faire en sorte que tout se passe bien. Une communauté, en revanche, si elle est dotée d’une vision prophétique et d’une vie consacrée à la mission, poursuivra un type de leadership différent: le style de celui qui guide sera avant tout transformateur, capable d’offrir la vision de ce qui peut être, avec la volonté d’aller loin et d’affronter de nombreux risques pour que cette vision devienne réalité.

La communauté soucieuse de sa survie pensera avant tout à sauver sa propre congrégation. La communauté vouée à la mission pensera avant tout à atteindre le monde. «Nul serviteur ne peut servir deux maîtres; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la richesse» (Lc 16, 13). Dans son commentaire sur le Sermon sur la montagne, livre II, Augustin, expliquant l’impossibilité de servir deux maîtres, souligne qu’on ne finit pas par «haïr Dieu» lorsqu’on devient serviteur d’un autre maître. Ce sont plutôt l’indifférence ou le compromis qui prennent le dessus, en tenant Dieu et sa grâce pour acquis. Cela pourrait très bien être notre situation: ayant perdu l’enthousiasme initial, nous nous contentons de ce que nous faisons déjà. L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle à tous la nécessité de faire un choix radical, un don total de notre vie à Dieu et à la mission de l’Évangile. Aujourd’hui, souvenons-nous du choix que nous avons fait, nous sommes invités à renouveler notre engagement à vivre la mission évangélisatrice. Que l’Esprit Saint nous guide et nous éclaire!

© Ordre de Saint-Augustin

© Dicastère pour la communication – Librairie Éditrice Vaticane

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Source : VATICANNEWS, le 3 mai 2026

02.05.2026 – Le Pape Léon XIV reçoit le premier exemplaire de « Liberi sotto la grazia »

Le Pape Léon XIV reçoit le premier exemplaire de « Liberi sotto la grazia »

Le premier exemplaire de l’ouvrage, disponible à partir du lundi 4 mai et contenant ses interventions en tant que prieur général de l’Ordre de saint Augustin, a été remis au Souverain pontife.

Vatican News

Le livre « Liberi sotto la grazia. À l’école de Saint Augustin face aux défis de l’histoire » (Librairie Éditrice Vaticane), recueil des interventions datant de l’époque où il occupait la charge de prieur général de l’Ordre de Saint Augustin (2001-2013), a été remis au Pape Léon XIV.

Le premier exemplaire de l’édition italienne de l’ouvrage, qui sera disponible en librairie à partir du lundi 4 mai, a été remis au Souverain pontife par le père Joseph Farrell, actuel Prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin, qui a promu la publication de l’ouvrage, en collaboration avec le père augustinien Rocco Ronzani, préfet des Archives apostoliques du Vatican et l’un des éditeurs de l’ouvrage, et Lorenzo Fazzini, responsable éditorial de la Librairie Éditrice Vaticane (LEV). Outre le père Ronzani, le livre a également été édité par le père Miguel Ángel Martín Juárez et le père Michael Di Gregorio, tous deux augustins.

L’ouvrage paraîtra dans les prochains mois en plusieurs langues et est en cours de traduction dans 30 pays à travers le monde. Comme l’avait déjà annoncé la Librairie Éditrice Vaticane à l’occasion du Salon international du livre de Francfort en octobre 2025, ce livre, qui rassemble pour la première fois les discours, homélies, lettres et messages de Robert Francis Prevost, permet de mieux connaître la spiritualité du Pape Léon XIV.

« Liberi sotto la grazia » sera présenté mercredi 6 mai à Rome (à 17 h, Institut pontifical patristique Augustinianum) par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, le père Joseph Farrell, prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin, Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la Communication, Maria Grazia Calandrone, écrivaine, et Andrea Tornielli, directeur éditorial des médias du Vatican.

Source : VATICANNEWS, le 2 mai 2026

03.05.2026 – REGINA CAELI À ROME

Regina Caeli: Léon XIV invite à vivre la foi comme chemin de confiance et de fraternité

Lors de la prière mariale, ce dimanche 3 mai place Saint-Pierre, le Pape a médité sur l’Évangile du jour selon saint Jean. Il a invité les fidèles à accueillir la promesse du Christ et à vivre dès aujourd’hui une foi qui libère de l’angoisse et ouvre à la fraternité faisant de nos communautés, de l’Église, une maison ouverte «où il y a de la place pour tous».

Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican

En ce temps pascal, le Saint-Père a rappelé que les paroles de Jésus prennent un sens nouveau à la lumière de la Résurrection à l’instar de l’Église naissante: «Ce qui, auparavant, échappait aux disciples ou les troublait, refait maintenant surface dans leur mémoire, réchauffe leur cœur et leur donne de l’espérance». Commentant l’Évangile de la Cène, après la résurrection, le Pape a souligné la promesse du Christ qui nous implique dans ce grand mystère de la victoire sur la mort: «Je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi» (Jn 14, 3). Cette parole révèle une vérité profonde, celle de savoir qu’«en Dieu, il y a une place pour chacun». Jésus, a dit le Saint-Père, parle d’une maison ouverte pour tous, une maison «très grande», «c’est la maison de son Père et de notre Père où il y a de la place pour tous».

“Le Fils se décrit comme le serviteur qui prépare les chambres, afin que chaque frère et chaque sœur, en arrivant, trouve la sienne prête et se sente attendu depuis toujours et enfin retrouvé.”

Une logique nouvelle de fraternité fondée sur l’accueil

Le Pape a opposé la logique du monde ancien, marquée par l’exclusion et la compétition, à celle du Royaume de Dieu: «dans l’ancien monde où nous sommes encore en chemin, ce sont les lieux exclusifs, (…). Cependant, dans le monde nouveau où le Ressuscité nous conduit, ce qui a le plus de valeur est à la portée de tous». Dans cette perspective, «ce qui est ouvert à tous procure désormais de la joie: la gratitude remplace la compétition», «l’accueil efface l’exclusion» et «l’abondance n’entraîne plus d’inégalité». Une vision où chaque personne est reconnue dans son unicité: «personne n’est confondu avec quelqu’un d’autre, personne n’est perdu».

“La mort menace d’effacer le nom et la mémoire, mais en Dieu, chacun est enfin lui-même. En vérité, c’est là la place que nous recherchons toute notre vie, parfois prêts à tout pour obtenir un peu d’attention et de reconnaissance.”

La foi, chemin de libération

Au cœur de son message, le Pape Léon XIV a invité à faire confiance au Christ: «Ayez la foi,… croyez en Dieu, croyez aussi en moi» (Jn 14, 1). Cette foi, a-t-il expliqué, «libère notre cœur de l’angoisse d’avoir et d’obtenir, de l’illusion de courir après une place prestigieuse pour avoir de la valeur». Car la dignité humaine ne dépend pas de la reconnaissance sociale: «Chacun a déjà une valeur infinie dans le mystère de Dieu, qui est la seule réalité véritable».

Anticiper le ciel par l’amour fraternel fondé sur le Christ

Le Saint-Père a également souligné que la foi se vit concrètement dans l’amour: «en nous aimant les uns les autres comme Jésus nous a aimés, nous nous donnons cette conscience». Ainsi, les chrétiens sont appelés à anticiper dès maintenant le Royaume du Père: «nous anticipons ainsi le ciel sur terre, nous révélons à tous que la fraternité et la paix sont notre destin». Dans cet amour, chacun découvre sa véritable identité: «au milieu d’une multitude de frères, chacun découvre qu’il est unique».

Concluant son enseignement, le Pape a confié cette mission de chaque chrétien, celle de faire de nos communautés chrétiennes une maison ouverte à tous et attentive à chacun, à l’intercession de la Vierge Marie. Un appel à faire également de l’Église un lieu d’accueil, de fraternité et de paix, reflet de la maison du Père où «il y a de la place pour tous».

Source : VATICANNEWS, le 3 mai 2026