21.06.2026 – HOMÉLIE DU 12ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 10,26-33

Ne craignez pas

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Porter la Parole du Seigneur a toujours été une grande et belle mission. Mais nous savons tous qu’elle comporte son lot de difficultés et de souffrances. La liturgie de ce jour nous a fait entendre les lamentations du prophète Jérémie : « J’entends les calomnies de la foule… Dénoncez-le ! » Il lui en coûte de proclamer la parole que Dieu a mise dans sa bouche. Sa foi est une mise à l’épreuve. Mais il se tourne vers le Seigneur pour qu’il prenne sa défense. Dieu lui a promis d’être avec lui pour le délivrer de ses persécuteurs.

Jusque dans l’adversité Dieu reste proche de nous. En signe de reconnaissance, le prophète termine sa prière par une louange. « Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants. » C’est aussi cette reconnaissance que nous faisons monter vers le Seigneur. Comme le dit l’apôtre Paul, rien ne peut nous séparer de son amour. »

Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul nous parle de l’humanité plongée dans le péché : « …par un seul homme, le péché est entré dans le monde… » Cette présence du mal, nous la constatons tous les jours. Mais ce régime du péché ne peut pas avoir le dernier mot. Par sa mort et sa résurrection, le Christ a inauguré le régime universel du salut. Un autre jour, l’apôtre Paul écrira : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » On a beaucoup parlé du « péché originel » mais peut-être pas assez de la « grâce originelle » obtenue par le Christ.

Alors oui, nous ne devons pas craindre ; c’est ce que Jésus nous rappelle en ce dimanche. À la suite du prophète Jérémie, de l’apôtre Paul et de bien d’autres, nous sommes envoyés pour porter la Parole de Dieu. Notre mission est de révéler Celui qui a « les Paroles de la Vie éternelle ». Cette mission ne va pas sans de nombreuses difficultés. Les chrétiens sont chaque jour affrontés à l’incroyance, l’indifférence, la dérision… On les accuse de propager une « idéologie obscurantiste ». Mais le Seigneur nous rassure : « Ne craignez pas… Je suis avec vous. »

Quand saint Matthieu écrit son Évangile, les chrétiens sont persécutés, pourchassés et mis à mort. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Mais il nous faut réentendre cette parole du Seigneur : « Ne craignez pas… N’ayez pas peur… Je suis avec vous ». Les hommes les plus mal intentionnés peuvent tuer le corps mais ils ne peuvent tuer l’âme. Ils ne peuvent rien contre notre dynamisme, notre confiance. Ils ne peuvent pas nous faire douter de l’amour de Dieu. Ce n’est pas le moment de chanceler car le mal n’aura pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur le péché et la mort.

Nous chrétiens, sommes donc tous appelés à accueillir le Christ et à le mettre au centre de notre vie. Cet amour qu’il met en nous, il nous faut l’annoncer, le rayonner autour de nous. De nombreux chrétiens s’organisent pour relayer son message à la télévision, la radio, la Presse, Internet et par tous les moyens qui sont à leur disposition. Le Christ compte sur l’engagement de tous ses disciples pour que son Évangile soit proclamé à toutes les nations. Personne ne peut le faire à leur place.

L’Évangile de ce jour se termine par un avertissement très ferme : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Nous ne devons pas craindre de nous compromettre sans réticence pour le Christ. Dans un milieu hostile ou indifférent, il n’est pas facile d’affirmer sa foi. Et pourtant, même des enfants nous donnent l’exemple. Beaucoup préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi au Christ. C’est important pour nous : nous pouvons toujours compter sur lui, même quand tout va mal.

La bonne nouvelle de ce dimanche c’est que Dieu ne nous abandonne pas ; bien au contraire, il prend soin de chacun de nous. Il est à nos côtés dans notre combat contre les forces du mal. Son amour nous est acquit une fois pour toutes et rien ne peut nous en séparer. Au-delà de la croix, se trouve la certitude de la résurrection, celle que nous célébrons chaque dimanche.

Comme Jérémie, comme Jésus et comme Paul, nous sommes envoyés. Nous arrivons à la veille des vacances. C’est aussi le moment favorable pour être de simples et authentiques témoins. Que l’Esprit Saint soit toujours avec nous pour nous aider à rendre compte de l’espérance qui nous anime. Et que Marie, notre maman du ciel, nous accompagne sur ce chemin.

Abbé Jean Compazieu

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 14 juin 2026

04.06.2026 – HOMÉLIE DE LA SOLENNITÉ DU SAINT SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST – JEAN 6, 51-58

Souviens-toi !

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Après le sommet Eucharistique du Jeudi Saint, nous nous retrouvons pour une grande fête de l’Eucharistie, celle du Saint Sacrement, Corps et Sang du Christ. C’est Jésus lui-même qui se donne en nourriture. Il a voulu nous laisser sa présence sous la forme d’un repas. L’Eucharistie est vraiment la nourriture essentielle de notre vie. Le curé d’Ars disait : « Vous n’en êtes pas dignes mais vous en avez besoin ». Les textes bibliques de ce dimanche nous préparent à accueillir ce don de Dieu.

La 1ère lecture nous ramène au 7ème siècle avant Jésus Christ. Pour le peuple d’Israël, c’est une période de prospérité et d’abondance ; la tentation est grande de croire que cette réussite vient du seul génie des hommes. On se pose la question : « Pourquoi continuer à honorer Dieu alors qu’on est tiré d’affaire ? » Mais la Parole de Dieu vient le rappeler à l’ordre : « Souviens-toi ». La marche dans le désert était un temps de probation. Au cours de cette difficile traversée, Dieu n’a jamais cessé d’être là. Il a multiplié les bienfaits pour assurer la survie de son peuple. Il a fait pleuvoir la manne et jaillir l’eau du rocher. Il a surtout offert sa Parole qui est la nourriture essentielle de l’âme.

Quand le peuple se nourrit de la manne, il reconnaît que tout vient de Dieu. Nous aussi, nous reconnaissons que nous dépendons de lui. C’est le seul moyen de ne pas devenir esclave d’un autre car le vrai Dieu est libérateur. Nous qui vivons dans un monde souvent indifférent ou hostile à la foi chrétienne, nous devons réentendre cet appel du Seigneur : « Souviens-toi ! » N’oublie jamais de te nourrir de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Le jeune saint Carlo Acutis disait que l’eucharistie était son « autoroute vers le ciel. »

Dans sa 1ère lettre aux Corinthiens, l’apôtre saint Paul insiste précisément sur l’importance de l’Eucharistie. La bénédiction de la coupe et la fraction du pain ne sont pas que des gestes rituels. Elles ne sont pas non plus une simple évocation des gestes du passé. Sous le signe du pain et du vin, nous communions au Corps et au Sang du Christ ; nous faisons nôtre l’amour de Celui qui a livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour la multitude. Cet amour qui nous unit à lui doit aussi nous unir à tous nos frères. Nous apprenons à les regarder avec le regard même du Christ, un regard plein d’amour et de miséricorde.

L’Évangile nous propose un extrait du long discours sur le Pain de vie. C’était après la multiplication des pains près du lac de Tibériade. Jusque-là, Jésus avait demandé à ses auditeurs de croire en sa parole. Aujourd’hui, il franchit un nouveau pas dans la révélation de sa personne. Ce pain dont il parle, il dit que c’est lui-même « pain vivant » ; il dit aussi que c’est « sa chair donnée pour la vie du monde ». Il annonce ainsi sa mort qu’il présente comme don de la Vie éternelle au monde.

Le Pain descendu du ciel c’est donc Jésus lui-même. Sa chair et son sang sont une nourriture qui donne la Vie éternelle. Aujourd’hui comme autrefois, Jésus nous demande de faire un acte de foi. Il faut se nourrir de son enseignement et boire ses paroles. Elles sont celles du Fils qui nous apporte la vie du Père. Mais pour accueillir ce don, il nous faut sortir de nos certitudes et de nos raisonnements humains. Il nous faut avoir un cœur de pauvre, entièrement ouvert à celui qui est « le chemin, la Vérité et la Vie.

L’Eucharistie est « Pain de vie ». Cette fête d’aujourd’hui doit raviver notre désir de communion avec Dieu pour « demeurer en lui et lui en nous. » Un jour, quelqu’un disait : « Toute Eucharistie est bien plus forte que tout le mal du monde ». C’est vrai, à chaque messe, nous célébrons le sacrifice du Christ et sa victoire sur la mort et le péché. Nous rendons grâce à Dieu qui ne cesse de nous combler de ses bienfaits. C’est en lui que nous trouvons la vraie joie. Malheureusement, nous sommes trop souvent victimes de la routine alors que nous devrions être dans l’émerveillement. Nous entrons dans l’Eucharistie sans transition, sans préparation. Et nous repartons souvent sans avoir pris le temps d’accueillir Celui qui veut faire en nous sa demeure. Et surtout nous n’avons pas compris que nous sommes envoyés pour vivre la communion.

Il nous faut aujourd’hui retrouver la force du message de l’Évangile. Quand nous sommes rassemblés pour célébrer l’Eucharistie, c’est vraiment LE moment le plus important de la journée. Malheureusement, beaucoup sont les grands absents : Tout cela n’est pas nouveau. Déjà, au moment où saint Jean écrit son évangile, il souffre beaucoup de la désaffection des communautés vis à vis de l’Eucharistie. Alors, il leur rappelle avec force ce que Jésus avait dit aux juifs d’autrefois : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »

Que cette bonne nouvelle nous mette dans la joie, l’action de grâce, et donne un élan nouveau à toute notre vie.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 31 mai 2026

31.05.2026 – HOMÉLIE DE LA FÊTE DE LA SAINTE TRINITÉ – JEAN 3,16-18

Dieu Père, Fils et Saint Esprit

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Au cours d’une séance de catéchisme, on demandait à la petite Bernadette de Lourdes de dire qui est Dieu. Il fallait qu’elle récite le texte appris par cœur dans son livre. N’y arrivant pas, elle a dit: « c’est quelqu’un qui nous aime ». Cette réponse n’a pas été acceptée par la catéchiste car ce n’était pas celle du livre. Et pourtant, Bernadette ne croyait pas si bien dire.

« Dieu c’est quelqu’un qui nous aime ». C’est exactement ce qui vient d’être lu dans les textes bibliques de ce dimanche. Le livre de l’Exode (1ère lecture) nous présente un Dieu libérateur qui fait alliance avec son peuple. Il veut en faire ses amis. Or voilà que le peuple a commis un péché très grave. Au lieu d’accueillir cette amitié avec Dieu, il s’en est détourné. II s’est fabriqué un dieu en forme de veau et s’est prosterné devant lui. Moïse intercède pour son peuple coupable. Et c’est alors que Dieu se révèle à lui sous un aspect jusque là inconnu. Le Seigneur grand et redoutable est en même temps tendre et miséricordieux, plein d’amour et de fidélité. C’est un Dieu sauveur. Son amour va jusqu’au pardon. C’est ainsi qu’il fait de nous son peuple.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous invite à accueillir l’amour qui est en Dieu et à nous laisser transformer par lui. Cela doit vraiment changer nos relations les uns avec les autres. Paul nous parle de « joie », de « perfection dans la charité ». C’est par notre manière de vivre ensemble comme des frères que nous dirons quelque chose de l’amour de Dieu. Nous ne pouvons pas témoigner d’un Dieu d’amour et de paix si nous restons fâchés avec quelqu’un. En ce dimanche, nous célébrons la solennité de la Sainte Trinité. C’est la fête de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit, Dieu qui est « Amour ». Nous sommes invités à nous ouvrir à une vie remplie de cet amour qui est vient de lui.

Dans l’Évangile de saint Jean, nous trouvons des paroles très fortes : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas mais il obtiendra la Vie Éternelle. » Ce monde dont parle saint Jean, c’est celui qui est mauvais. Les hommes sont pécheurs. Dieu aurait pu venir pour juger ce monde et détruire le mal. Il aurait pu punir les pécheurs. Au lieu de cela, il aime ce monde et lui envoie ce qu’il a de plus précieux, son Fils unique. Il l’a envoyé pour effacer les péchés des hommes par son sacrifice. Jésus lui-même nous a dit un jour qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous ouvre un passage vers ce monde nouveau qu’il appelle le Royaume de Dieu.

C’est ainsi que Dieu-Amour s’est révélé. Celui qui croit en lui est libéré du péché et de la mort. Il obtient la Vie Éternelle, la vie en communion avec lui. Si Dieu nous a créés, c’est pour être aimés de lui et pour aimer avec lui. Voilà une bonne nouvelle que nous avons à accueillir tous les jours de notre vie. Et c’est en regardant chaque jour vers la croix du Christ que nous en reconnaissons toute la portée. Nous n’aurons jamais fini de découvrir toute la grandeur de cet amour qui est en lui.

« Celui qui croit en lui échappe à la condamnation. Celui qui ne veut pas croire est déjà condamné parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu ». Les pécheurs qui croient en Jésus et se tournent vers lui obtiennent le pardon de leurs fautes et la force de n’en plus commettre. Celui qui ne veut pas croire refuse ce salut qui lui est offert.. Il se condamne. Comprenons bien, ce n’est pas Dieu qui manque d’amour. Le pécheur qui s’obstine et n’accueille pas cet amour se condamne lui-même. Il ne croit pas en cet amour qui s’est manifesté sur la croix. En organisant sa vie en dehors de Dieu, il court vers sa perte.

Certains croyants pensent connaître Dieu parce qu’ils ont suivi quelques années de catéchisme et qu’ils ont lu en diagonale les évangiles. C’est complètement ridicule. Si nous voulons entrer dans le mystère de la foi, il nous faut cheminer pas à pas avec Jésus, il nous faut accueillir sa parole chaque jour. Le Seigneur est là, il frappe à notre porte. C’est nous qui avons la clé pour lui ouvrir et l’accueillir dans notre vie.

Nos pauvres mots sont bien limités pour parler de ce dogme de la Sainte Trinité. Mais le plus important c’est la révélation d’un Dieu passionné d’amour pour l’humanité. Jésus nous parle du Père ; il nous apprend à le prier et à nous jeter dans ses bras comme le fils prodigue. Puis il nous envoie son Esprit Saint pour faire de nous des messagers de la bonne nouvelle.

En célébrant cette Eucharistie, nous nous tournons ensemble vers ce Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Ce Dieu qui est amour veut nous unir à lui et nous unir les uns aux autres. Heureux sommes-nous d’entrer dans cette communion d’amour. Prions ensemble pour que cette communion s’étende au monde entier, qu’elle dépasse les limites de l’Église pour faire de nous un peuple fraternel, heureux de rendre grâce. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 25 mai 2026

24.05.2026 – HOMÉLIE DE LA PENTECÔTE – JEAN 20,19-23

« Tous furent remplis d’Esprit Saint »

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


Cinquante jours après Pâques, nous voici parvenus à la fête chrétienne de la Pentecôte. En ce dimanche, nous arrivons à la fin du temps pascal. Tout au long de cette période, nous avons fêté le Christ ressuscité, vainqueur de la mort et du péché. Le jour de l’Ascension, il s’est manifesté une dernière fois aux onze disciples. Le livre des Actes des apôtres (1ère lecture) nous dit qu’il « s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs yeux ».

Ce récit de la 1ère lecture est à situer au cours de la Pentecôte juive. Ce jour-là, on était venu de partout pour fêter le don de la loi de Dieu à Moïse. Tous ces gens n’avaient certainement jamais entendu parler de Jésus de Nazareth. Ils étaient là pour renouveler l’alliance avec Dieu. Mais rien ne se passe comme prévu. Saint Luc nous parle d’un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent et aussi d’un feu qui se partageait en langues. C’est cela le don de l’Esprit Saint.

À ce moment-là, tout est changé dans le cœur des apôtres. Alors qu’ils étaient « confinés » dans la salle commune, ils se mettent à sortir. La peur qui les paralysait est emportée. Ils se mettent à proclamer les merveilles de Dieu devant ceux-là mêmes qui ont fait mourir le Christ sur la croix. La première de ces merveilles c’est l’annonce de Jésus mort et ressuscité. Et ce qui est extraordinaire, c’est que chacun les entend dans sa propre langue. C’est une manière de dire que l’Évangile est pour tous, quel que soit leur pays. Cette bonne nouvelle doit être proclamée dans le monde entier. C’est une manière de dire que « l’Église existe pour ceux qui n’y sont pas ».

Dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe (2ème lecture), Paul rappelle l’action de l’Esprit Saint à l’intérieur de la communauté. Le problème c’est qu’il y a des divisions entre chrétiens. C’est un contre-témoignage. L’apôtre intervient pour rappeler que toutes les considérations de hiérarchie ou de supériorité doivent être éradiquées ; le fait d’être juif ou païen, esclave ou homme libre, ça ne compte plus. Le racisme, l’exclusion, le cléricalisme n’ont plus leur place chez les chrétiens. Dans l’Église de Jésus Christ, on n’apprend plus à penser en termes de supériorité, de hiérarchie, d’avancement ou d’honneur. Désormais, une seule chose compte : notre baptême dans l’unique Esprit.L’Église n’est pas une pyramide mais une foule serrée autour de Jésus Christ.

Dans sa lettre, saint Paul nous présente l’Église comme un corps. Le Christ en est la tête et nous sommes les membres. Chacun de nous est différent. Il faut voir l’Église comme une foule de toutes les couleurs. Les divers membres n’ont pas la même fonction. Cette diversité est un cadeau. Chaque membre est très important aux yeux de Dieu. Nous sommes appelés à vivre l’unité dans la diversité. Ce pari nous ne pourrons le gagner que parce que l’Esprit saint nous est donné.

L’Évangile nous présente l’envoi des disciples en mission au soir de Pâques : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Puis il « souffle » sur eux. C’est ainsi qu’ils reçoivent le Saint Esprit en vue de la mission qui leur est confiée. Désormais, ils devront partir pour annoncer à tous l’Évangile du Salut en Jésus Christ. Pour cette grande mission, ils ne sont pas seuls. L’Esprit Saint, le souffle de Dieu, les accompagnera et les précèdera. Il sera agissant dans le cœur de ceux qu’il mettra sur leur route.

Cette fête de la Pentecôte, c’est celle de l’Esprit Saint qui ne cesse de renouveler l’Église depuis vingt siècles. C’est ce même Esprit que nous sommes invités à accueillir dans notre vie. Pour cela, il nous faut nous ouvrir à ce don de Dieu. Nous savons bien que cela n’est pas facile. Il y a en nous des résistances qui cherchent à nous détourner de lui. Être sous l’emprise de l’Esprit c’est sentir en nous la présence de Dieu qui est source de paix et de joie intérieure. Le Christ nous libère en nous orientant vers Dieu.

Avec lui, nous pourrons nous imprégner de l’amour qui est en Dieu pour le communiquer à tous ceux qui nous entourent. Nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Le pape François nous disait que cette espérance doit être combative. La vie chrétienne est un combat contre nous-mêmes et bien souvent contre les idées à la mode. Comme un feu puissant, il chasse leurs ténèbres ; il illumine notre nuit.

À la suite des apôtres, l’Église est appelée à communiquer la paix et à manifester le pardon. Cette paix, ce n’est pas l’absence de conflit ; c’est d’abord la paix intérieure (l’apaisement), c’est la miséricorde, c’est Dieu lui-même. La Pentecôte, c’est l’Esprit Saint qui vient illuminer notre nuit. Prions-le pour qu’il soit toujours avec nous ; qu’il nous donne d’annoncer la bonne nouvelle avec un zèle que rien ne saurait intimider.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 17 mai 2026

17.05.2026 – HOMÉLIE DU 7ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 17,1b-11a

Une Église en prière

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Entre l’Ascension et la Pentecôte, ce dimanche risque de passer inaperçu pour beaucoup de gens. Et pourtant il a une bonne nouvelle de la plus haute importance à nous transmettre. Les textes bibliques de ce jour nous parlent de l’Église en train de naître. C’est une Église en prière. Il y a là les apôtres, les femmes qui ont accompagné Jésus durant son ministère et des proches de sa famille. Pour eux, c’est important car une grande mission les attend.

C’est également important pour nous : avant de prendre des décisions qui engagent toute une vie, nous commençons par un temps de prière. C’est vrai pour un jeune qui se prépare à être ordonné prêtre. Il va dans un monastère pour quelques jours de retraite. C’est aussi le cas pour des couples qui se préparent au mariage. Quels que soient nos engagements, nous avons tous besoin de ces temps de prière. Ils nous permettent de nous ajuster à ce que Dieu attend de nous. C’est son amour que le monde doit pouvoir reconnaître en nous.

Dans cette Église naissante, saint Luc souligne la place de Marie, la Mère de Jésus. Elle était présente dans le groupe des apôtres ; elle l’est aussi dans l’Église d’aujourd’hui. Nous ne pouvions rêver d’un meilleur accompagnement. Aujourd’hui comme autrefois, elle est là pour nous renvoyer au Christ et à son Évangile. Elle ne cesse de nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Et ce que Jésus nous dit, c’est de puiser à la Source d’eau vive qui est en Dieu.

Dans l’Évangile de ce jour, c’est Jésus qui est en prière ; tout commence par ces paroles : « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. » Cette parole risque parfois d’être mal comprise. Dans notre monde, la gloire, c’est la renommée. Beaucoup sont prêts à tout pour se mettre en valeur et obtenir des distinctions honorifiques. Dans la bible, c’est tout autre chose : la gloire c’est la valeur réelle de la personne, c’est son poids. Saint Paul nous le dit à sa manière : « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. »

Cette prière de Jésus nous montre sa totale communion avec son Père. Ils sont liés l’un à l’autre par une communion éternelle. Les Évangiles nous disent que Jésus passait parfois des nuits entières à prier son Père. Cette union dépasse tout ce que nous pouvons vivre à notre niveau. Elle nous montre l’intensité de la prière de Jésus et nous en sommes éblouis. Ce qui est extraordinaire c’est qu’il veut nous associer tous à cette prière. C’est avec lui que nous découvrons le bonheur de prier. En fait, ce n’est pas nous qui prions mais le Christ qui prie en nous.

L’Évangile de ce dimanche nous montre Jésus à un moment crucial de sa vie. Il se prépare à « passer de ce monde à son Père ». Sa mort sur la croix ne sera pas un échec mais une « élévation ». Ce sera la grande victoire de l’amour sur la mort et le péché. Aujourd’hui, il rend grâce pour ces merveilles. Il reconnaît la foi de ses disciples qui l’ont accueilli comme l’Envoyé du Père et qui ont su garder ses paroles. Il intercède en leur faveur car ils vont « demeurer » dans le monde. Ils y auront la tâche de prolonger sa mission et son œuvre.

Voilà ce message qui est rappelé à une Église en train de naître. C’est une Église qui souffre. Nous y trouvons des chrétiens qui sont persécutés à cause de leur foi au Christ. L’apôtre Pierre (2ème lecture) leur rappelle que cette épreuve est ce qui les conduit vers la gloire. Ils doivent se réjouir car « L’Esprit de gloire, l’Esprit de Jésus » repose sur eux. Les disciples du Ressuscité suivent son chemin. Ce chemin passe par la souffrance mais il conduit à la joie.

Avec Marie et avec toute l’Église, nous nous tournons vers le Christ. Nous nous préparons à recevoir la plénitude de l’Esprit Saint. Nous pouvons lui demander de nous transformer en communauté de prière vraiment fervente. C’est auprès de lui que nous puiserons la force et le courage dont nous avons besoin pour surmonter les épreuves. Et que Marie, la Mère de Dieu nous apprenne à vivre « pour la gloire de Dieu et le Salut du monde ». Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 10 mai 2026

Réjouissons-nous, Christ est ressuscité !Il est toujours avec nous ! Alléluia !

Ascension du Seigneur

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Quarante jours après Pâques, nous fêtons l’Ascension de Jésus ressuscité. C’est le jour où il disparaît au regard de ses apôtres. Comme eux, nous avons notre regard tourné vers le ciel. Mais en même temps, nous ne devons pas oublier de regarder vers la terre ; c’est le message de l’ange aux apôtres : “Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?” En d’autres termes, nous chrétiens, nous sommes “citoyens du ciel” ; nous marchons ici-bas vers notre patrie définitive. Oublier notre foi au Christ ressuscité serait pour nous un aveuglement mortel. Mais cela ne doit pas nous faire négliger la mission confiée par le Christ : “Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples…”

Pour cette mission, ils ne seront pas seuls : “Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui viendra sur vous. Alors, vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre” (Actes 1. 9). Puis il disparaît à leur regard. C’est ainsi que l’Ascension ouvre le temps de l’absence. Jésus n’est plus visible. Pour les apôtres, c’est le commencement de la mission, c’est l’annonce de la bonne nouvelle à tous.

C’est important pour nous aujourd’hui. L’Ascension nous renvoie à notre mission sur la terre. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous avons à témoigner de notre foi en Jésus ressuscité. Certains le font au péril de leur vie. Il ne se passe pas un jour sans qu’un chrétien ne soit persécuté. On veut les obliger à renier leur foi. Mais ils préfèrent mourir plutôt que de trahir le Christ. Leur témoignage nous interpelle : où en sommes-nous de notre attachement au Seigneur Jésus ? N’oublions jamais qu’en entrant le premier dans le monde de Dieu, il nous ouvre un passage. Il est le premier de cordée. Mais rien ne se passera si nous ne le suivons pas.

Cette bonne nouvelle est pour tous, pas seulement pour les plus proches, les plus réceptifs et les plus accueillants ; nous sommes envoyés pour porter le Christ en tout milieu, jusqu’aux “périphéries”. Nous ne devons pas laisser de côté celui qui semble le plus loin ou le plus indifférent. Le Seigneur est à la recherche de tous. Il veut que tous ressentent la chaleur de son amour et de sa miséricorde. Il désire vraiment les rassembler tous auprès de lui. Sa grande priorité va vers ceux et celles qui sont très loin et très bas.

L’Évangile de saint Matthieu ne parle pas directement de l’Ascension. Mais en y regardant de près, nous constatons que son message rejoint celui des Actes des Apôtres. L’événement se passe en Galilée. Cette région dont on disait qu’il ne pouvait rien sortir de bon était un lieu de passage pour les caravanes qui venaient de partout. Toutes les croyances et même l’incroyance s’y affrontaient. Or c’est à cet endroit méprisé que Jésus commence son ministère. Et c’est de là que les apôtres vont partir pour annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile. Celle-ci doit être proclamée dans le monde entier. Le Seigneur est à la recherche de ceux qui sont loin, ceux qui se sont égarés, ceux qui vivent dans le vice et le péché. Il les appelle tous à accueillir la bonne nouvelle de l’Évangile.

Cette bonne nouvelle n’est pas seulement pour les plus proches, les plus réceptifs, les plus accueillants. Allez, portez le Christ en tout milieu, jusqu’aux “périphéries”. Ne laissez pas de côté celui qui semble le plus loin et le plus indifférent. Le Seigneur est à la recherche de tous. Il veut que tous ressentent la chaleur de sa miséricorde et de son amour. Son grand projet, c’est de rassembler toute l’humanité dans son Royaume, y compris ceux qui sont très loin et très bas.

Quand nous allons l’église, nous nous imprégnons de l’amour qui est en Dieu ; puis nous sommes envoyés pour le communiquer autour de nous. Le monde doit pouvoir découvrir en nous quelque chose de l’amour passionné de Dieu pour tous les hommes. Il est important que notre cœur soit de plus en plus accordé à son infinie tendresse pour l’humanité. Alors, ne perdons pas une minute. C’est à chaque instant que nous avons à rayonner de cette lumière qui vient de lui.

Cette fête vient donc nous rappeler le but de notre vie. Nous avons pris l’habitude de parler du “pont de l’Ascension”. Quatre jours de congé, c’est très apprécié. Mais en parlant de pont, on ne croyait pas si bien dire. Avec Jésus, l’Ascension est un pont qui nous permet de passer d’une rive à l’autre ; nous sommes en marche vers ce monde nouveau qu’il appelle le Royaume des cieux ; c’est là qu’il veut rassembler tous les hommes. C’est cette bonne nouvelle que nous avons à annoncer aux hommes et aux femmes de notre temps. Rien ne doit l’arrêter. Les violences, les guerres, les catastrophes n’auront pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché.

Nous sommes à dix jours de la Pentecôte. Les apôtres en ont profité pour faire une retraite. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière. Le livre des Actes des Apôtres nous parle de la présence de avec Marie la mère de Jésus. Avec elle et avec toute l’Église, nous te supplions, Seigneur : “Envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre.”

Prière universelle
Élevé dans la gloire du Père, Jésus est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Présentons-lui nos prières, nos soucis et ceux de notre monde.

Intentions
1. Pour ton Église, afin qu’elle porte la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre, Seigneur, nous te prions.

2. Pour que ton Esprit de sagesse inspire les dirigeants de ce monde dans une recherche sincère de la paix, Seigneur, nous te prions.

3. Pour les personnes qui sont dans le doute, et qui cherchent la vérité et un sens à leur vie, Seigneur, nous te prions.

4. Pour que notre participation à l’eucharistie soit la nourriture de notre espérance et de notre amour fraternel, Seigneur, nous te prions.

Exauce, Seigneur, les prières que nous t’adressons en toute confiance et garde-nous toujours dans ton Esprit, toi qui vis et règnes dans les siècles des siècles.Amen

Source : PUISER À LA SOURCE, le 10 mai 2026

10.05.2026 – HOMÉLIE DU 6ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 14,15-21

Conduits par l’Esprit Saint

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


Quand nous lisons le livre des actes des apôtres,nous y découvrons comment la bonne nouvelle de l’Évangile s’est répandue. La croix du Christ porte des fruits qui demeurent. Elle donne l’audace de l’assurance. Tout cela ne s’est pas passé sans persécution. Il y a eu la mort du diacre Étienne. Mais rien ni personne ne peut arrêter la progression de la parole de Dieu. Le diacre Philippe est envoyé en Samarie, non pour se cacher, mais pour y prêcher. Tout cela, il l’accomplit en lien avec ceux qui lui ont confié cette mission. Ces derniers viendront de Jérusalem pour authentifier son travail.

Il faut savoir que la Samarie était une région méprisée. Les juifs pieux évitaient de fréquenter les samaritains et de leur parler. Ces derniers étaient considérés comme des infidèles au Dieu d’Israël. Mais touchés par la grâce, beaucoup se sont convertis et se sont fait baptiser. C’est une Pentecôte pour les samaritains. C’est vrai, nous devons rendre grâce pour les hauts faits de Dieu. À ses yeux, personne n’est irrécupérable. Comme Philippe, nous sommes envoyés pour accomplir des gestes qui guérissent, qui libèrent, qui relèvent et redonnent vie et espérance.

Dans la seconde lecture, c’est Pierre qui s’adresse à des chrétiens qui se heurtent à la calomnie et à la persécution de leurs adversaires. L’apôtre leur indique la ligne de conduite à tenir. Ils ne doivent jamais renoncer à témoigner de leur foi. Mais ils doivent réagir avec douceur contre les attaques en respectant leurs ennemis. Au moment où il écrit sa lettre, certains chrétiens ont renié leur foi car ils ont eu peur du danger. En écoutant ce message de Pierre, comment ne pas penser aux nombreux chrétiens d’aujourd’hui qui sont également persécutés à cause de l’Évangile ? C’est dans ce monde tel qu’il est que nous avons à témoigner de notre attachement au Christ. Et c’est pour remplir cette mission qu’il nous envoie l’Esprit Saint.

C’est cette promesse que nous avons entendue de Jésus au moment où il se prépare à « passer de ce monde à son Père ». S’adressant à ses disciples, il leur dit : « je prierai le Père et il vous donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec vous. » Ce défenseur, l’Évangile de Saint Jean l’appelle « le Paraclet ». Dans le monde juif le paraclet c’était le notable qui s’interposait entre le juge et l’accusé. C’était un homme au-dessus de tout soupçon qui était écouté et respecté ; il avait la possibilité de casser une condamnation et de faire libérer l’accusé sous sa responsabilité et au nom de sa propre réputation.

L’Esprit Saint est pour nous ce Paraclet, ce défenseur qui intervient quand nous somme mis en accusation au nom de notre foi. Nous le voyons tous les jours, l’Église est tournée en dérision dès qu’elle prend position contre des orientations qui sont contraires à l’Évangile du Christ. Mais l’Esprit Saint intervient pour nous conseiller, nous encourager, nous consoler et nous soutenir dans les moments difficiles de notre vie. Il nous pousse inlassablement au sursaut et à l’initiative libératrice.

L’apôtre Pierre nous dit que nous devons être toujours prêts à nous expliquer devant ceux qui nous demandent de rendre compte de l’espérance qui est à nous. Mais pour répondre à cet appel, nous avons besoin, nous aussi, de l’Esprit de Saint. Il est là, du côté de ceux qui sont attaqués à cause de leur foi en Jésus-Christ. Il intervient aussi quand nous sommes confrontés à nos propres faiblesses, quand nous disons : « je ne suis pas capable ». Il nous dit : « vas-y, ne crains pas, je suis avec toi. »

Nous ne devons pas oublier que nous sommes tous appelés à être « disciples » et « missionnaires ». Être disciple, c’est accueillir le Christ, l’écouter, nous laisser guider par lui. Le missionnaire c’est celui qui est envoyé pour annoncer l’Évangile. Mais comme le diacre Philippe, il découvre que le Seigneur l’a précédé dans le cœur de ceux qui sont sur sa route.

Cette annonce du Royaume de Dieu doit être joyeuse. Il s’agit d’une bonne nouvelle : Dieu nous invite au « festin des noces » c’est une invitation au bonheur et il faut que cela se voie dans notre vie. Nous sommes à quelques jours de la Pentecôte. Les apôtres s’y sont préparés avec Marie, la mère de Jésus. Elle est là, avec nous, pour nous aider à nous préparer à ce grand événement. Nous aussi, nous nous préparons à accueillir l’Esprit Saint et à répondre à l’amour du Christ qui s’est donné pour le salut du monde. Prions-le pour qu’il nous transforme au plus profond de nous-mêmes pour nous aider à vivre et à aimer comme lui et avec lui. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 3 mai 2026

03.05.2026 – HOMÉLIE DU 5ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 14 1-12

Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


Cet Évangile, nous le connaissons bien. Il est souvent choisi pour les célébrations de sépultures. Jésus nous est présenté comme le « chemin ». En lisant ce texte, je pensais à tous ceux qui errent sur les chemins du monde sans savoir où ils passeront la nuit. Beaucoup ont eu une belle situation, un métier, une vie de famille. Puis il y a eu un événement qui a fini par les jeter à la rue. Dans de nombreux pays, ce sont des familles entières qui ont quitté leur domicile pour fuir la guerre. Ils sont partis sans savoir où leur chemin les conduira.

Quand Jésus nous dit qu’il est le chemin, c’est tout autre chose. Il ne s’agit pas d’un chemin d’errance. Il nous annonce le but et l’aboutissement de notre vie. Lui-même est toujours vivant auprès de son Père. En même temps, il nous assure de sa présence parmi nous tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Il est pour nous « le Chemin, la Vérité et la Vie ». Lui seul peut nous conduire auprès du Père. Son grand projet, c’est de rassembler tous les hommes. Il nous prépare une maison dans laquelle tous se sentiront accueillis avec amour.

Ce qu’il nous faut bien comprendre c’est que Jésus ne se contente pas de nous montrer le chemin. Il est lui-même « le Chemin, la Vérité et la Vie. » C’est en lui seul que nous trouvons la plénitude de la vérité. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle. En dehors de lui, nous allons à notre perte. Personne ne peut aller vers le Père sans passer par lui. C’est lui qui nous révèle le vrai visage de Dieu. C’est en regardant vers le ciel que nous redécouvrons le vrai sens de notre vie. Cet évangile est un appel à l’espérance, même si nous sommes « bouleversés » par les incertitudes et les épreuves de la vie. Mais succomber au découragement serait pire que tout. Nous pouvons nous raccrocher aux paroles du psaume de ce jour : « Le Seigneur veille sur ceux qui l’aiment et espèrent en son amour. » Et Jésus est toujours là pour nous redire inlassablement : « Croyez en moi ! »

Ceci dit, ce chemin n’est pas celui de la facilité. Il est étroit, et il nous conduit vers une porte étroite. Notre vie est un combat de tous les jours contre les forces du mal qui cherchent à nous entrainer vers des chemins de perdition. C’est la course à l’argent, la violence, la haine, la rancune. Tout cela nous détourne du vrai but de notre vie. En ce jour, cela vaut la peine de nous interroger : Jésus est-il vraiment notre chemin, notre vérité et notre vie ? Est-ce vraiment lui que nous suivons ? Si ce n’est pas le cas, nous devons réentendre son appel : « Revenez à moi de tout votre cœur… Convertissez-vous et croyez à l’Évangile… »

Le livre des Actes des Apôtres (1ère lecture) nous montre comment les premiers chrétiens ont suivi ce chemin du Christ. La Parole de Dieu est annoncée aux païens. Les veuves ne sont pas abandonnées à leur triste sort ; elles reçoivent une aide. Le partage des services se met en place. C’est ainsi qu’une communauté se met en route à la suite du Christ. C’est important pour nous aujourd’hui : la parole de Dieu doit être annoncée à temps et à contretemps ; mais les petits, les pauvres et les exclus ne doivent pas être oubliés : il n’est pas possible d’annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile à des gens qui ont faim et froid. A travers eux, c’est le Christ lui-même qui nous interpelle.

Dans la seconde lecture, saint Pierre nous invite à nous approcher du Seigneur Jésus. Nous nous rappelons que dans l’Évangile, il nous parlait de la Maison du Père qui contient de « nombreuses demeures ». Ici, saint Pierre nous dit que Jésus en est « la pierre vivante que les hommes ont éliminée mais que Dieu a choisie parce qu’il en connaît la valeur. » Cette maison dont il parle n’est pas seulement de pierres ou de bois ; c’est une fraternité, une communauté construite par le souffle de l’Esprit Saint. En tant que disciples, nous participons à sa victoire. Nous sommes devenus « la race choisie, le sacerdoce Royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu. »

Mais il y a un piège que nous devons éviter : le risque serait de nous complaire dans les honneurs, la facilité et l’orgueil. Nous avons une mission urgente : c’est d’annoncer « les merveilles de celui qui nous a fait passer des ténèbres à son admirable lumière ». Il est urgent de montrer à tous que nous savons où nous allons. Nous sommes sur un chemin qui est balisé par l’Évangile de Jésus Christ. Nous avons là un repère essentiel pour notre marche. Dans une de ses audiences, le pape François nous recommandait de le lire chaque jour. La Parole de Dieu est une nourriture indispensable pour notre marche vers le Père.

Pour conclure, je vous propose quelques paroles de Saint Augustin qui nous rejoignent sur notre chemin : « Ici (sur la terre), c’est l’espérance qui nous fait chanter… Chante, mais en marchant. Oublie ta fatigue en chantant, mais prends garde à la paresse… Chante et marche sans te tromper de route, sans revenir en arrière, sans piétiner sur place. CHANTE et MARCHE. »

Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 26 avril 2026

26.04.2026 – HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 10,1-10

« Jésus berger de toute humanité… »

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent les débuts de la prédication de Pierre, entouré des autres apôtres. Ils sont sortis du lieu où ils se cachaient pour annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile : « Dieu l’a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. » La réponse a été immédiate : « Que devons-nous faire ? » Les gens ont été touchés par la prédication de Pierre. Beaucoup se sont fait baptiser. Pour eux, c’est vraiment « la joie de l’Évangile ». Quand on l’a accueilli, plus rien ne peut être comme avant.

Dans sa première lettre, Pierre s’adresse à des communautés déjà établies qui éprouvent des difficultés. Il les exhorte à se tourner vers ce modèle qu’est le Christ : Au jour de son baptême dans les eaux du Jourdain, il est rentré dans l’eau, pur de tout péché ; il en est ressorti porteur de tous les péchés du monde. Il les a pris sur lui pour nous en libérer. Injustement traité, il s’en remettait à Dieu. C’est par ses blessures que nous sommes guéris. L’opprimé qui est conscient de partager la destinée de son Seigneur n’aura plus jamais une âme d’esclave. Il découvrira que le Seigneur est son berger et qu’avec lui, rien ne saurait lui manquer (Psaume 22).

C’est précisément cette image du berger que Jésus utilise dans l’Évangile de ce dimanche. Tout au long de son ministère, nous le voyons parcourir les villes et les villages pour annoncer la bonne nouvelle. Il y rencontre des foules qui sont « comme des brebis sans berger ». Il est remué jusqu’au plus profond de lui-même par leur douloureuse situation. Les autorités religieuses qui auraient dû s’en occuper les ont pratiquement abandonnées. Le prophète Jérémie dénonce ces « misérables bergers qui laissent périr et se disperser les brebis du pâturage ». Aujourd’hui, le Christ dénonce les pharisiens qui expulsent les brebis du troupeau de Dieu.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que Jésus se présente à tous comme l’unique vrai pasteur. C’est vrai que les évêques et les prêtres sont présentés comme les bergers du peuple qui leur est confié. Dans les groupes de prière, il y a aussi un berger. C’est également vrai pour tous ceux qui exercent des responsabilités dans différents domaines. Mais les uns et les autres ne pourront être bergers que s’ils sont vraiment reliés au Christ. Nous ne sommes que des intendants.

Dans l’Évangile de ce jour, Jésus se compare également à « la porte des brebis ». C’est par lui que nous devons passer si nous voulons être de vrais pasteurs. Ceux qui ne passent pas par la porte sont « des voleurs et des bandits ». Ces derniers ne viennent que pour voler, égorger et détruire. Ce n’est pas le cas de Jésus : il est venu pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Il veut que tous les humains aient la vie en abondance. Au cours de temps pascal, nous avons entendu le dialogue de Jésus avec Nicodème : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique. »

Nous sommes envoyés pour continuer ce que Jésus a fait. Mais rien n’est possible sans lui. Il est le passage obligé. Tout le travail des communautés chrétiennes doit passer par lui. Notre mission n’est pas de travailler POUR le Seigneur mais de faire le travail DU Seigneur. C’est de lui qu’on reçoit le salut et la vie en abondance. Nous devons accueillir cet Évangile comme une invitation à remettre le Christ au cœur de nos vies et à nous laisser guider par lui.

Ce 4ème dimanche de Pâques est devenu la journée de prière pour les vocations. Nous pensons aux évêques, aux prêtres, aux religieux… Oui, bien sûr. Mais la vocation ce n’est pas seulement l’affaire de quelques-uns. L’appel du Seigneur est pour tous. Il compte sur chacun de nous pour être les témoins et les messagers de son amour dans le monde d’aujourd’hui. C’est ainsi que nous pourrons participer à son œuvre de rassemblement : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Comprenons bien : il ne nous envoie pas seuls mais les uns avec les autres et surtout avec lui. La vocation de tout baptisé est vocation à devenir disciple du Christ ; C’est en Église que nous participons à sa mission d’annonce de l’Évangile au monde.

À chaque messe, nous sommes invités à communier au Corps et au Sang du Christ. Il est la nourriture qui nous est donnée en vue de la mission. C’est en passant par lui que nous pourrons témoigner du Salut qu’il est venu offrir au monde. En communion les uns avec les autres et avec toute l’Église, nous pouvons chanter et proclamer : « Tu es mon berger, ô Seigneur, rien ne saurait manquer où tu me conduis ». Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 19 avril 2026

19.04.2026 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – LUC 24 13-35

Le verbe se fait chair 
dans la Parole proclamée et le pain partagé

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : lire

Les textes de ce dimanche nous apportent des témoignages sur la résurrection de Jésus. Nous avons tout d’abord celui de l’apôtre Pierre (1ère lecture). Dans sa vie, il y a eu un changement radical. Nous nous rappelons de sa réponse quand Jésus avait annoncé sa Passion, sa mort et sa résurrection. Il ne supportait pas cette idée. Ça ne correspondait pas à l’idée qu’il se faisait du Messie. Et quand Jésus a été arrêté, il e eu tellement peur pour sa vie qu’il a affirmé ne pas faire partie de son groupe.

Mais au jour de la Pentecôte, tout est changé : les apôtres ont reçu l’Esprit Saint. Désormais, Pierre peut témoigner avec force et courage : Ce Jésus que vous avez fait mourir sur la croix, Dieu l’a ressuscité. » Sa mort n’est pas un échec. Il est vivant pour toujours ; tout cela était annoncé dans les Écritures, Moïse, les psaumes, les prophètes. Désormais, il faudra relire tout l’Ancien Testament à la lumière de la résurrection de Jésus. Cette bonne nouvelle a été annoncée d’abord au peuple juif, puis très tôt aux païens. Il faut que le monde entier le sache : avec Jésus, la mort n’a pas le dernier mot ; le projet de Dieu débouche sur la vie.

Cet appel de Pierre, nous le retrouvons dans la 2ème lecture : ce Jésus qui est mort et ressuscité est le sauveur de tous les hommes. Ce n’est pas l’or et l’argent qui nous ont rachetés de la conduite superficielle de nos pères ; c’est par le sang précieux de Jésus Christ que nous sommes purifiés ; c’est pour nous et pour la multitude qu’il a offert sa vie et versé son sang. Son amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous sommes invités à recevoir cette lettre comme un appel à une véritable conversion.

Avec l’Évangile, nous sommes ramenés au troisième jour après la mort de Jésus : deux disciples revenaient de Jérusalem. Ils avaient été témoins de la Passion et de la mort de leur maître. Pour eux, tout était fini. C’était la fin d’une grande espérance. Saint Luc précise que l’un d’eux s’appelait Cléophas ; il ne dit pas le nom du deuxième. Mais si nous relisons cet Évangile dans notre contexte, nous pouvons dire que ce deuxième disciple c’est chacun de nous.

En effet, nous sommes souvent ce disciple marqué par la tristesse et le découragement. C’est ce qui arrive quand nous voyons notre vie de tous les jours comme une défaite : la défaite de l’Évangile pour les chrétiens persécutés, pour les pauvres, les exclus, les victimes de la violence, des guerres, de la solitude, de l’abandon. Cette défaite c’est aussi quand nous disons qu’au point où nous en sommes, il n’y a plus d’espoir possible.

Mais voilà que sur ce chemin d’Emmaüs, Jésus s’approche des siens et les rejoint. Ils ne le reconnaissent pas : leurs yeux sont aveuglés par la tristesse et la déception. Le même Christ nous rejoint sur nos routes. Quand tout va mal, il est là. Mais trop souvent, nous ne le reconnaissons pas car nous sommes ailleurs. Et pourtant, il est toujours là, prêt à nous écouter. Nous pouvons lui crier notre souffrance, notre déception, notre tristesse.

C’est alors qu’il intervient pour nous expliquer les Écritures, Moïse, les prophètes… C’est à cela que nous sommes tous appelés : accueillir le Christ, nous laisser transformer par son Évangile. Saint Luc précise que le cœur des disciples était brulant tandis qu’il leur parlait. C’est ce qui était annoncé par le prophète Isaïe : «  »…ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » C’est aussi cela que nous pouvons demander au Seigneur : que notre cœur soit rempli de l’amour qui jaillit de son cœur.

Dans cet Évangile, nous découvrons une autre étape : c’est la demande des disciples : « Reste avec nous ! » Une telle rencontre ne peut s’arrêter ainsi. Alors leurs yeux s’ouvrent et ils le reconnaissent. Pour reconnaître le Christ ressuscité, présent dans notre vie, il nous faut le regard de la foi, une foi réchauffée par la Parole de Dieu et l’Eucharistie. C’est ainsi que le Christ ressuscité nous rejoint au cœur de nos vies pour raviver et fortifier notre espérance.

Et quand on a reconnu et accueilli le Christ vivant, on ne peut pas le garder pour soi-même ; on a envie de le crier au monde. À la fin de cette messe, nous serons envoyés pour témoigner, aux yeux de tous, de la foi qui nous anime. Nous ne pouvons pas nous contenter de rester entre chrétien à l’intérieur de l’Église. Notre témoignage doit rejoindre tous les hommes, en particulier ceux qui sont aux « périphéries ».

En ce jour, nous accueillons les paroles de ce chant :
Allez-vous en sur les places et sur les parvis !
Allez-vous en sur les places, y chercher mes amis.
Tous mes enfants de lumière qui vivent dans la nuit,
Tous les enfants de mon Père, séparés de Lui,
Allez-vous en sur les places et soyez mes témoins, chaque jour.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 12 avril 2026