09.05.2021 – Homélie du 6ème dimanche de Pâques

09.05.2021 – Homélie du 6ème dimanche de Pâques

Par l’Abbé Jean Compazieu

Sur les chemins de notre humanité sauvée,
écoutons le ressuscité nous dire :
« Je vous appelle mes amis, et je vous envoie. »

Textes bibliques : Lire 


Les textes bibliques de ce jour nous présentent de magnifiques textes qui nous parlent de l’amour de Dieu et du prochain. C’est un commandement que nous trouvons tout au long de la Bible, surtout dans le Nouveau Testament. “Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.” Cet amour nous vient du Père. Pour nous atteindre, il passe par le cœur de Jésus. Et il ne demande qu’à passer par le nôtre pour se communiquer à tous ceux et celles qui nous entourent. Jésus nous communique cet amour qui est en Dieu pour le rayonner autour de nous. Grâce à lui et avec lui, nous pouvons travailler à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel.

En y regardant de près, nous voyons bien que ce n’est pas gagné. Nous vivons dans un monde qui souffre de la violence, de l’égoïsme, de l’indifférence, de la misère et des injustices de toutes sortes. En ce jour, le Christ nous invite à mettre plus d’amour et plus de fraternité autour de nous. Cela doit commencer à l’intérieur de nos familles et dans toutes nos relations. Des familles, des voisins qui n’arrivent pas à s’entendre, cela n’est pas acceptable. C’est un contre témoignage. Il est absolument essentiel de ne jamais oublier cette parole du Seigneur : “Demeurez dans mon amour.” Demeurer, cela veut dire : “Installez-vous et restez-y.”

Dans la première lecture, nous voyons que Pierre n’avait pas compris. Pour les juifs convertis au Christ, tout soldat romain était un ennemi national. Tout étranger était exclu de la plénitude de l’Alliance. Il était interdit à tout juif pieux de fréquenter la maison des païens. Les premiers chrétiens partageaient cette façon de voir. L’expansion de l’Évangile devait se traduire dans un premier temps par le rassemblement des douze tribus d’Israël.

Mais l’Esprit Saint fait voler en éclat cette barrière. Pierre doit intégrer dans la communauté des croyants un païen converti. L’Évangile de Jésus Christ est pour tous, même pour ceux qui sont très loin. Cet appel nous rejoint quand avons tendance à juger ceux qui ne sont pas de notre bord. Il y a des paroles méprisantes et blessantes qui sont un obstacle à l’annonce de l’Évangile. Nous oublions que ces personnes ont la première place dans le cœur de Dieu. Elles sont son bien le plus précieux. En les rejetant, c’est contre Dieu que nous péchons.

La lettre de saint Jean (2ème lecture) insiste fortement sur le grand commandement de l’amour : “Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres puisque l’amour vient de Dieu”. L’amour du frère s’enracine dans l’amour dont Dieu nous aime. Il faut le dire et le redire : Dieu nous a aimés, il a aimé le monde pour que nous vivions de la vie divine. Il s’est offert en sacrifice pour le pardon des péchés. Il attend de nous une réponse qui soit à la mesure de son amour pour nous.

En venant à l’Eucharistie, nous accueillons cet amour qui vient de Dieu. En Jésus, il se donne à nous pour que nous vivions. Il ne cesse jamais de faire le premier pas vers nous. Nous n’aurons jamais fini de contempler ces merveilles dans l’histoire de notre monde et dans notre vie.

Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance. Nous ne pourrons accéder à cette image et à cette ressemblance qu’en aimant comme il aime. Ce sont les paroles de Jésus lui-même : “Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés” (Autant que je vous ai aimés). L’amour que nous devons avoir les uns pour les autres nous vient du Père par Jésus. Ce qui est premier, c’est cette affirmation : Dieu est amour. Cet amour, ce n’est pas une simple qualité de Dieu. C’est tout son être qui est amour.

Quant à nous, nous ne sommes pas l’amour, mais nous avons en nous celui qui est l’Amour. C’est pour cette raison que saint Jean écrit : “celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui.” On ne peut pas vivre sans cet amour qui est en Dieu Père, Fils et Esprit Saint. Et cet amour qui vient de Dieu, nous ne pouvons le vivre qu’en passant par les autres.

Il nous appartient d’en tirer toutes les conséquences dans nos familles, nos villages, nos quartiers. Quand un chrétien se propose pour un service, quand il va visiter une personne malade ou un prisonnier, c’est toujours au nom de cet amour qui est en Dieu. Il en est de même quand nous partageons avec les plus pauvres, ceux qui ont tout perdu. C’est toujours une réponse à Jésus qui nous commande de nous aimer les uns les autres. Aimer nous fait ressembler à Dieu.

“Prier pour les autres est la première façon de les aimer et cela nous pousse à une proximité concrète” (Pape François). Alors oui, prions ensemble les uns pour les autres. Que le Seigneur nous rassemble tous dans la paix de son amour.

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 2 mai 2021

02.05.2021-HOMÉLIE DU 5ÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Sur les chemins de notre humanité sauvée, écoutons le Ressuscité nous dire : « Soyez pour Moi des disciples »

Par l’Abbé Jean Compazieu, le 25 avril 2021

Homélie

Textes bibliques : Lire

“Moi je suis la vraie vigne” nous dit Jésus. Dans le texte de ce jour, il ne s’agit pas d’un vignoble mais d’un seul plant. Dans les pays orientaux, certains ceps pouvaient être gros comme des arbres, si bien qu’on pouvait aller se reposer dessous. C’est cette image que Jésus utilise pour nous parler de lui et de nous. Il y a dans cet évangile un message de la plus haute importance qui nous concerne tous.

La véritable vigne c’est Jésus. Son Père est le vigneron. Les disciples sont des sarments. Ces derniers ne pourront porter du fruit que s’ils demeurent rattachés au cep. C’est pour nous que Jésus ajoute : « Ce qui glorifie mon Père c’est que vous portiez du fruit en abondance. » Ces fruits que Dieu attend de nous c’est d’abord notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent. C’est une attention toute particulière aux petits, aux pauvres, aux exclus qui sont de plus en plus nombreux en cette période de crise. Nous ne devons jamais oublier qu’ils ont la première place dans le cœur de Dieu. Si nous les rejetons, nous nous coupons de Jésus lui-même.

Il y a un mot qui revient sept fois en quelques lignes, c’est le verbe “demeurer”, au sens de “vivre avec”. Demeurez en moi, vivez avec moi. Il s’agit pour nous d’être vraiment attachés au Christ par la foi. Croire en lui, c’est une conversion de toute une vie, c’est une communion permanente.

L’évangile nous dit que pour produire du fruit, la vigne a besoin d’être taillée. A la bonne saison, le vigneron sacrifie un certain nombre de pousses latérales pour améliorer la récolte. Il accepte de perdre pour gagner. Ces images empruntées à l’art du vigneron nous rappellent plusieurs paroles de Jésus que nous retrouvons tout au long des évangiles.

En effet, de nombreux textes nous parlent de renoncement, de rupture. Quand Jésus appelle des disciples, ces derniers doivent tout laisser derrière eux. Au jeune homme riche qui lui demande ce qu’il doit faire pour avoir en héritage la Vie éternelle, Jésus répond : « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. » (Marc 10) Un autre jour, il recommande à ses disciples de prendre la dernière place pour être premiers. À plusieurs reprises, il les met en garde contre le danger des richesses. Nous convertir à Jésus Christ c’est nous libérer de toutes ces chaînes qui nous empêchent d’aller à lui. L’évangile est une rude école d’émondage, il nous invite à pratiquer des coupes sombres dans nos vies, à nous libérer de notre orgueil et de notre égoïsme, à nous désencombrer du superflu qui nous paralyse.

Si nous acceptons tous ces renoncements, c’est en vue d’un bien supérieur. Ce qui est premier dans l’image de la vigne c’est que la sève puisse circuler. C’est elle qui alimente les sarments porteurs de raisins. Elle irrigue tout l’organisme de la vigne. Les sarments coupés n’ont plus de sève. Ils dépérissent et on les brûle.

Pour l’évangile, la sève c’est le lien vital qui relie les disciples au Maître. C’est cela qui nous permet de demeurer en Jésus et de porter du fruit. Ceux qui se coupent de lui vont à la dérive. Ceux qui restent reliés à lui bénéficient du ressourcement permanent assuré par la sève. Nous porterons du fruit en écoutant Dieu, en ayant foi en Jésus, en observant les commandements, en étant serviteurs, en priant, en accueillant l’Esprit Saint.

Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls ; nous sommes enracinés dans une communauté qui s’appelle l’Église. Rappelons-nous ce qui s’est passé pour l’apôtre Paul : Il a été un grand prédicateur de l’évangile. Mais tout cela n’a été possible que parce qu’il était en communion avec le groupe des apôtres et envoyé par eux. C’est parce qu’il était en communion avec le Christ et avec la communauté des chrétiens que sa mission a pu porter du fruit. Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas les belles paroles mais l’amour mutuel, les gestes de partage, d’accueil et de solidarité. C’est la recommandation de Jean dans la 2ème lecture : “… n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité…. Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui”

Chaque dimanche, nous nous rassemblons en Église pour nous nourrir de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Le Christ est là présent : Il rejoint les communautés réunies en son nom. La prière que nous lui adressons nous invite à nous tenir debout devant lui. C’est auprès de lui que nous puisons la force de prendre part à la lutte contre le mal et le malheur des hommes. Dieu accueille notre prière et il nous envoie l’Esprit Saint en vue de cette mission. Demandons-lui qu’il nous garde reliés à lui pour que notre mission porte les fruits qu’il attend de nous.

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 25 avril 2021

Homélie du 4ème dimanche de Pâques – 25.04.2021

Par l’Abbé Jean Compazieu, le 18 avril 2021

“Jésus berger de toute humanité…”

Textes bibliques : Lire


À cause de cette page d’Évangile, c’est aujourd’hui la journée de prière pour les vocations. Le pape Paul VI l’a instituée en 1963 et l’a fixée au 4ème dimanche de Pâques. Quand nous parlons des vocations, nous pensons aux prêtres, aux religieux et religieuses qui prennent de l’âge. Mais dans les textes bibliques de ce dimanche, les lamentations stériles n’ont pas leur place. Le plus important, c’est de découvrir le Christ qui se présente à nous comme le bon berger.

Ce bon berger est un observateur attentif ; il connaît chacune de ses brebis ; aucune ne se ressemble ; elles sont toutes uniques. Qui que nous soyons, nous avons du prix à ses yeux. Cette conviction de foi doit nous conduire à l’action de grâce pour tout ce qui nous est donné. Cela signifie également que chacun a une vocation propre : tous les états de vie sont des vocations, non seulement les prêtres et les religieux, mais aussi le mariage, la présence au monde. Nous sommes tous appelés à une vocation particulière au service de tous. C’est ensemble, en communion avec toute l’Église que nous participons à la mission du Christ Bon Berger.

Dans un deuxième temps, le Christ nous dit que le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Il reste solidaire. Il ne les abandonne pas quand vient le loup, quand vient l’épreuve. Jésus expose sa vie pour protéger ses brebis. Il va jusqu’au bout en se donnant totalement à ceux qui viennent l’arrêter. Il donne sa vie pour le salut du monde. Lui-même nous l’a dit : “Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne”. Et quand nous chantons “Jésus Berger de toute humanité”, nous proclamons que nous voulons le suivre et lui donner la première place dans notre vie.

Enfin, le Bon Pasteur nous dit qu’il a d’autres brebis dans d’autres bergeries. Il s’en préoccupe ; il veut les rassembler toutes en un seul troupeau dans l’unité. Quand il dit cela, il ne pense pas seulement aux bons chrétiens ; il pense aussi à tous ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu, ceux et celles qui organisent leur vie sans lui et en dehors de lui ; il voit aussi ceux et celles qui combattent l’espérance chrétienne ou la tournent en dérision. Les uns et les autres sont connus et aimés de Dieu. Nous sommes envoyés dans ce monde tel qu’il est pour être les témoins et les messagers de cette bonne nouvelle.

Depuis la Pentecôte, les apôtres sont devenus les messagers de l’Évangile. Après la résurrection de Jésus, Pierre a connu une transformation très forte. Lui qui avait peur au moment de la Passion fait preuve d’une force merveilleuse. Il n’hésite pas à proclamer devant tous ses adversaires qu’en dehors de Jésus, il n’y a pas de salut. Ce n’est que grâce à lui que nous pouvons obtenir la vie nouvelle qui fait de nous des enfants de Dieu. C’est de cela que nous avons à témoigner tout au long de nos journées. Les évêques, les prêtres, les diacres, les laïcs sont tous donnés à l’Église et au monde comme le Christ notre berger. Nous ne sommes pas à notre compte mais à celui de Jésus qui nous appelle et nous envoie pour être les témoins de la Bonne Nouvelle de l’Évangile.

La lettre de saint Jean (2ème lecture) va dans le même sens. Nous sommes peut-être trop habitués à entendre que Dieu nous aime. C’est vrai que nous sommes devenus des enfants gâtés. Mais il nous faut imaginer le bouleversement de cette révélation d’amour a pu provoquer à l’époque. Elle s’adressait aux grandes cités de l’empire Romain, à des gens exploités et méprisés, à des mal-aimés de Corinthe et d’Éphèse. Pour eux c’était un véritable renversement. Le monde de l’amour n’avait rien à voir avec celui du pouvoir.

Ce qui est premier c’est cette révélation inimaginable d’un Dieu dont le nom est “Amour”. Nous y avons été plongés au jour de notre baptême. “Mes bien-aimés, voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. Il a voulu que nous soyons enfants de Dieu”. C’est une expérience vraiment extraordinaire. Il s’agit moins d’aimer que de se savoir aimés par lui. Pour nous, cela a commencé au jour de notre baptême et cela se développe tout au long de notre vie. Un jour viendra où nous atteindrons la parfaite ressemblance avec le Fils de Dieu. “Nous luis serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est”. Il suffit de se laisser aimer.

Si nous allons communier au Corps et au sang du Christ c’est pour puiser à la source de cet amour qui est en Dieu, c’est pour entrer dans ce projet qui anime Jésus. Alors oui, nous te prions Seigneur : donne-nous force et courage pour rester fidèles à cette mission que tu nous confies.

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 18.04.2021

18.04.2021 – Homélie du 3ème dimanche de Pâques

APPELER À TÉMOIGNER

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire

Ce dimanche pourrait être appelé le “dimanche du témoignage”. Le livre des Actes des apôtres (1ère lecture) nous rapporte le discours de Pierre : il y témoigne de ce qu’il a vu. Il vient de guérir un homme paralysé qui mendiait à la porte du temple. Il s’adresse à la foule stupéfaite à cause de ce qui vient de se passer. Il leur explique que ce n’est pas par ses propres forces qu’il a pu opérer cette guérison. C’est Jésus mort etressuscité qui en est le principal acteur. Ce Jésus qu’ils ont renié est ressuscité. Pierre et ses amis en sont témoins. La première urgence c’est que chacun se convertisse et se tourne vers Dieu.

C’est aussi cet appel que nous adresse saint Jean dans la 2ème lecture : “Je vous écris pour que vous évitiez le péché.” C’est donc un appel à ne pas nous détourner de l’amour de Dieu et de nos frères. “Mais si l’un de vous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père, Jésus le Juste.” Dans son Évangile, saint Jean rappelle que Jésus avait promis à ses apôtres de leur envoyer “un autre défenseur” (Jn 14, 16). Pourquoi un autre défenseur ? Parce que Jésus est notre premier défenseur auprès du Père, notre premier avocat ; l’Esprit Saint est notre défenseur parce qu’il nous conduit à plénitude d’une telle vérité. Voilà une bonne nouvelle de la plus haute importance. Il nous faut tout faire pour qu’elle soit proclamée partout dans le monde. Le Christ ressuscité n’a jamais cessé de vouloir ramener tous les hommes à Dieu.

L’Évangile nous montre comment Jésus rejoint les siens au moment où ils parlent de lui. C’est ce qui s’est passé avec les disciples d’Emmaüs. Saint Luc nous dit qu’après l’avoir reconnu à la fraction du pain, ils sont repartis à Jérusalem pour annoncer la bonne nouvelle aux disciples : c’est là que Jésus les rejoint ; il est là au milieu d’eux. Il se fait reconnaître. Non ce n’est pas un esprit. Il est celui-là même qui a subit la Passion. Ses mains et ses pieds en gardent la trace. C’est bien le Crucifié qui est revenu à la vie. Il leur fait constater qu’il est vraiment ressuscité. Il est avec eux pour toujours.

Cette rencontre extraordinaire a été un bouleversement pour les apôtres. Avec amour et patience, Jésus leur explique tout ce qui était écrit dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes. Et c’est ce qu’il continue à faire le dimanche : quand nous nous rassemblons à l’église, il est là bien présent au milieu de nous. Il vient raviver notre foi ; il nous nourrit de sa Parole et de son Corps. Puis il nous envoie en mission pour témoigner de la foi qui nous anime. Ce qui nous est demandé, ce n’est pas de rester entre chrétiens à l’intérieur de l’Église. Notre témoignage doit rejoindre tous les hommes, en particulier ceux qui sont dans les “périphéries”, ceux qui ne connaissent pas le Christ, ceux qui n’ont pas célébré Pâques.

Annoncer l’Évangile, ce n’est pas seulement proclamer des formules. Nous ne pouvons pas nous contenter de belles paroles. Jésus ne nous a pas envoyés pour cela. Le plus important c’est de tout faire pour que ces paroles se traduisent en actes dans nos vies. Il faut que nous soyons de plus en plus ajustés à cet amour qui est en Dieu. En y regardant de près, nous reconnaissons que nous sommes loin du compte. Mais le Seigneur n’a jamais cessé de nous aimer. S’il nous offre don pardon, c’est pour que nous puissions devenir de vrais témoins de la foi.

Pour être de vrais messagers du Christ, nous avons besoin d’être complètement imprégnés et habités par sa présence. C’est SA lumière, SON amour que nous avons à communiquer au monde d’aujourd’hui. Si nous ne prenons pas le temps de l’accueillir dans notre vie, rien ne se passera. Nous serons comme le sel affadi qui n’est plus bon à rien. L’Évangile de ce dimanche nous rappelle que les disciples d’Emmaüs ont vécu deux moments importants : l’accueil de la Parole (Moïse et les prophètes), puis la Fraction du Pain (C’est le nom qui était donné à l’Eucharistie). C’est là que nous sommes invités à puiser en vue de la mission que le Seigneur nous confie.

Lire les Écritures, prier les psaumes, prendre le temps d’approfondir sa foi, c’est entrer dans le plan de Dieu. C’est se préparer à recevoir le Christ. Dans certains pays, les chrétiens sont obligés de se cacher pour lire la Bible. À travers l’histoire, certains ont voulu la détruire en la brûlant, d’autres entraient dans les maisons pour la confisquer et la détruire. Mais dans sa fidélité Dieu veillait sur sa Parole de sorte que nous l’avons encore aujourd’hui ! Profitons de cette chance qui nous est offerte ; le pape François nous dit que “La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours.”

Nous te prions, Seigneur, ouvre-nous à cette joie de l’Évangile. Que ta Parole soit notre nourriture et notre trésor chaque jour. A qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la Vie éternelle.

Source: Dimancheprochain.org, le 11 avril 2021

Homélie du 2ème dimanche de Pâques -Dimanche de la miséricorde

Homélie du 2ème dimanche de Pâques -Dimanche de la miséricorde

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


Dans l’évangile de ce jour, saint Jean nous rapporte une apparition de Jésus le soir du premier jour de la semaine, c’est-à-dire le dimanche de Pâques. Il y en a eu d’autres, notamment à Marie Madeleine. Les apôtres sont confinés dans le lieu où ils étaient. Ils se cachent car ils ont peur d’être recherchés et condamnés comme leur Maître. Cette peur, nous la connaissons nous aussi. Marcher à la suite de Jésus n’est pas sans risque. Dans certains pays, c’est dangereux d’avoir une Bible ou un insigne chrétien. Quand nous voulons affirmer notre foi, nous pouvons nous heurter aux moqueries ou à l’indifférence. C’est toujours la même peur qui nous hante.

Mais voilà que Jésus rejoint ses apôtres dans leur enfermement. Et il continue à nous rejoindre dans les nôtres. Ses premières paroles sont pour leur souhaiter la paix. Après tout ce qu’ils ont vécu, il veut les apaiser. Cette paix, c’est la joie retrouvée, c’est le pardon, la réconciliation. Au moment de les envoyer en mission, il veut les libérer de cette angoisse qui les obsède. Le même Christ nous rejoint aujourd’hui pour nous donner sa paix, pour nous dire qu’il nous fait miséricorde. Même si nous sommes tombés très bas, il ne cherche qu’à nous relever. Là où le péché a abondé, son amour miséricordieux a surabondé.

Ce Jésus qui se manifeste aux apôtres c’est bien celui qu’ils ont suivi pendant trois ans. Mais il est transfiguré par la résurrection. À cette vue, la crainte des apôtres s’efface. Saint Jean nous dit qu’ils sont remplis de joie. C’est aussi cette joie que nous accueillons tout au long de ce temps de Pâques. Le Christ ressuscité est là. Il nous rejoint au cœur de nos vies, de nos joies et de nos épreuves. C’est auprès de lui que nous trouvons la vraie joie. Nous savons que désormais, rien ne peut nous séparer de son amour.

Il nous reste le cas de l’apôtre Thomas le retardataire. Ce n’est pas à lui qu’on fera croire ce qu’il n’a pas vu. Ce qu’il a vu, c’est Jésus crucifié et enfermé dans un tombeau. Mais le Christ ressuscité ne manque pas d’humour. Pour répondre à sa demande, il invite Thomas à s’approcher et à toucher ses plaies. Mais ce dernier n’en a pas eu besoin. Il va même plus loin que ses amis car il a été le premier à reconnaître en Jésus “Mon Seigneur et mon Dieu”. C’est la rencontre et la Parole de Jésus qui provoquent la profession de foi de l’incrédule. Nous aussi, comme ce disciple, nous aimerions avoir des preuves. Mais le Seigneur ne cesse de nous rappeler ces paroles : “Heureux ceux qui croient sans avoir vu.” Alors, quitte à être comme l’apôtre Thomas, soyons-le jusqu’au bout ; et que son aventure soit la nôtre.

Cette rencontre avec le Christ ressuscité a complètement bouleversé la vie des apôtres puis celle des premiers chrétiens. Avec lui présent au milieu d’eux, plus rien ne peut être comme avant. Saint Luc nous le rappelle dans la première lecture : “La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme. C’est avec une grande force que les apôtres portaient témoignage de la résurrection de Jésus.” Ce qui rend leur témoignage crédible, c’est le partage. Ils mettaient tout en commun.

C’est vrai aussi pour chacun de nous. Les belles paroles ne suffisent pas. Nous sommes tous invités à partager. L’exemple des premiers chrétiens peut nous aider à être plus fraternels. Des chrétiens qui se dévouent au service des autres, nous en connaissons tous. Pendant le Carême, ils ont été nombreux à partager avec ceux qui ont faim. L’œuvre de l’abbé Pierre et celle de Mère Térésa, ça continue. Pensons aussi à tous ces petits gestes de solidarité entre voisins pendant le confinement… Les exemples ne manquent pas. Cette solidarité est plus que jamais nécessaire, surtout en cette période de pandémie où la crise frappe des pauvres de plus en plus nombreux. Témoigner du Christ ressuscité c’est être porteur de son amour. Il faut que cela se voie dans nos communautés chrétiennes.

Avec cet Évangile, nous sommes plus que jamais dans la miséricorde de Jésus. Rappelons-nous : quelques jours plus tôt, Judas l’a trahi ; Pierre l’a renié. Tous l’ont abandonné. Et maintenant, ils se cachent, ils s’enferment ; En effet, ils ont peur d’être recherchés par ceux qui ont condamné leur Maître. Or voilà que Jésus ressuscité les rejoint. Il aurait pu leur faire des reproches. Or c’est la paix qu’il leur apporte. Cette paix c’est le pardon, c’est la réconciliation. Avec Jésus ressuscité, le mal ne peut avoir le dernier mot. C’est la miséricorde qui triomphe. Voilà une bonne nouvelle très importante pour nous : quand nous nous sommes détournés du Seigneur, il est toujours là ; il ne cesse de nous rejoindre pour nous apporter sa paix.

En ce dimanche, nous demandons au Seigneur de nous rendre plus disponibles à la force de la foi. Qu’il soit avec nous pour que nous soyons plus courageux dans le témoignage. Qu’il nous garde plus généreux dans la pratique de la charité fraternelle. “Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour”. Amen

Source: Dimanche.prochain.org

21.03.2021 – Homélie du 5ème dimanche du carême

Nous voudrions voir Jésus 

Homélie du 5ème dimanche du carême

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire

Tout au long de ce Carême, nous entendons la Parole de Dieu qui ne cesse de nous appeler à revenir vers lui. Avec la première lecture, nous découvrons qu’il a fait alliance avec son peuple. Mais ce dernier n’a pas respecté le contrat. Il a préféré faire confiance à d’autres divinités ou même à sa propre force. En se détournant de son Dieu, il rejette sa protection ; il court à sa perte. Ce texte est toujours d’actualité. Il nous renvoie à notre vie et à celle de notre monde. La tentation est grande de se tourner vers d’autres dieux qui s’appellent argent, recherche du pouvoir, désir de posséder toujours plus. Mais le prophète continue à nous renvoyer à l’essentiel : le Seigneur mettra sa loi au fond de nous-mêmes. C’est en nous tournant vers lui que nous trouverons le vrai bonheur.

Or voilà que dans l’évangile de ce dimanche, nous voyons cette promesse en train de se réaliser. Quelques grecs venus à Jérusalem vont trouver Philippe pour lui dire : Nous voudrions voir Jésus. Ce dernier va le dire à André et tous deux vont le dire à Jésus. Ces Grecs, ce sont des étrangers. Ils nous font penser aux mages venus d’Orient pour se prosterner devant lui. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle annoncée par le prophète n’est pas réservée aux seuls membres de son peuple. Elle est offerte à tous les hommes de tous les pays et de toutes les générations. Comme Philippe et André, nous venons à Jésus pour lui présenter tous ces hommes et femmes en quête de vérité. C’est cela qui doit orienter notre prière.

En réponse, Jésus leur propose de le voir dans sa gloire. Et sa gloire, c’est la croix. Nous allons entrer dans la grande Semaine Sainte. C’est l’heure que Jésus attend depuis le début de sa mission. Ces grecs vont voir un homme comme les autres hommes, affreusement bouleversé de perdre sa vie. Ils verront la mort de Celui qui est l’auteur de la vie, un homme élevé au-dessus de tous et cloué sur une croix. Ce Jésus élevé de terre connaîtra la gloire puisqu’il attirera tous les hommes à lui.

Nous voudrions voir Jésus… Oui, c’est vrai. Mais c’est surtout lui qui voudrait nous voir et nous attirer à lui. Or trop souvent, c’est nous qui lui tournons le dos. C’est ce qui se passe chaque fois que nous organisons notre vie en dehors de lui. Nous n’accueillons pas l’amour qui est en lui. Nous voyons bien ce que cela donne. Nous assistons à des conflits qui n’en finissent pas de durcir les cœurs. Nous avons besoin de quelqu’un qui nous aide à sortir de la logique de la rancune et de la haine. Seul Jésus peut nous apprendre à aimer comme lui et à pardonner. Lui seul peut nous délier du mal.

“Nous voudrions voir Jésus.” L’évangile nous dit que nous devons le reconnaître là où nous ne pensions pas le trouver et sous les traits que nous n’avions pas imaginés. Il est dans ce malade que nous ne pouvons pas visiter sur son lit d’hôpital à cause de la pandémie ; il est dans ceux qui, à cause de la crise, n’ont plus de travail, plus de logement, plus d’espérance. Tout ce que nous faisons pour le plus petit d’entre les siens, c’est à lui que nous le faisons.

Alors c’est vrai, cela vaut la peine d’aller à sa rencontre. Avec lui, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, aux prisonniers et aux exclus de toute sorte. Il est celui qui fait miséricorde aux pécheurs. Son salut est offert à tous. Lui-même nous dit qu’il n’est pas venu pour juger le monde mais pour le sauver. Son Évangile est un message d’espérance et d’amour qu’il faut proclamer à temps et à contretemps.

Ce Jésus que nous voudrions voir est aussi aux côtés de ceux et celles qui s’engagent dans la lutte contre la misère. Chaque année, des hommes, des femmes et des enfants s’organisent en lien avec le CCFD Terre solidaire pour faire de ce dimanche une journée de prière, de partage et de collecte d’informations sur les peuples du monde. Des chrétiens prennent l’initiative de jeûner et de se priver pour mieux partager avec les plus pauvres. En raison de leur situation précaire, ces derniers savent bien que l’homme ne peut pas s’en sortir seul. C’est pourquoi, un peu partout dans le monde, des gens s’organisent pour vivre différemment. Ils veulent construire une Église qui se met au service des autres. C’est cette Église-là qui nous permettra de rencontrer Jésus.

Par l’Eucharistie, c’est l’heure de Jésus qui se poursuit. Prions-le pour qu’il nous entraîne dans son amour; cet amour qui va jusqu’au bout.

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 13 mars 2021

14.03.2021: Homélie du 4ème dimanche du Carême

Par l’Abbé Jean Compazieu

Dieu veut le Salut de tous les hommes

Textes bibliques : Lire

Nous continuons notre montée vers Pâques. C’est un chemin de conversion de tous les jours et de tous les instants. C’est en permanence que le Seigneur nous appelle : “Revenez à moi de tout votre cœur… Convertissez-vous et Croyez à la bonne nouvelle…” Chaque année, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement est là pour relayer cet appel à la conversion.

Dans les lectures bibliques de ce dimanche, nous trouvons plusieurs fois le mot “sauvés”. Le premier texte (livre des Chroniques) est une relecture des événements du passé. Les chefs des prêtres et tout le peuple multipliaient les infidélités. Ils imitaient les sacrilèges des nations païennes. Cette conduite a été la cause de leur perte. Le temple de Jérusalem a été détruit ; le peuple a été déporté en exil. Mais Dieu reste éternellement fidèle à son alliance alors que l’homme ne cesse de la trahir. Il envoie des messagers car il a pitié de son peuple. Il ne cesse de lui offrir son amour généreux.

C’est important pour nous aujourd’hui. Nous vivons dans une société qui cherche à se construire en dehors de toute référence religieuse. Dieu y est le grand absent. En dehors de lui, nous courons nous aussi à la catastrophe. Mais Dieu ne cesse de vouloir nous sauver. Il nous appelle inlassablement à revenir vers lui de tout notre cœur : “Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle.” Notre Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Voilà cet appel que nous sommes invités à accueillir. Dieu est amour ; il n’a jamais cessé de nous aimer.

C’est aussi cette révélation que nous trouvons dans la lettre de saint Paul aux Éphésiens : “Dieu est riche en miséricorde : à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions esclaves par suite de nos fautes, il nous a donné la vie dans le Christ.” C’est la bonne nouvelle qui nous est annoncée tout au long de ce Carême : Dieu est amour ; il nous aime tous d’un amour passionné. Tout ce qui nous arrive par le Christ vient de cette miséricorde de Dieu ; cela ne vient pas de nous ni de nos actes. Saint Paul qui a rencontré le Christ sur le chemin de Damas sait de quoi il parle. Il sait ce qu’est la vie renouvelée par l’amour.

Dans l’Évangile, nous retrouvons également ce mot “sauvés”. En dehors de Dieu, nous sommes des naufragés. Et c’est pour ramener tous les hommes à Dieu que l’apôtre Pierre a reçu la mission de “pêcheur d’hommes”. Aujourd’hui, saint Jean nous invite à lever les yeux vers un signe. Il nous parle de Jésus “élevé” en croix comme le serpent de bronze avait été “élevé” par Moïse sur le peuple. Celui qui tournait les yeux vers le serpent élevé était guéri. Il n’était pas guéri par l’objet mais par le sauveur de tous les hommes.

L’évangéliste multiplie les expressions qui parlent de délivrance : “Obtenir la vie éternelle… être sauvés… échapper au jugement…” Le grand projet de Dieu c’est d’apporter son salut à tous les hommes. Il envoie son Fils pour réaliser ce projet. Il nous a montré son immense amour en nous donnant son Fils. C’est par la croix que se révèle cet amour unique. L’évangéliste nous demande de nous déterminer face au crucifié qui nous révèle l’amour de Dieu. “Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé”.

Il nous faut le dire et le redire : jamais nos péchés ne seront plus grands que cet amour-là. C’est une certitude inébranlable de l’Église : nous sommes sauvés par ce Jésus qui a livré son Corps et versé son sang sur une croix. Jamais aucune faute ne pourra venir à bout de cet amour. Pour ceux qui savent regarder, la croix est un signe de salut et non de condamnation. Malheureusement, nous regardons trop souvent ailleurs. Quand nous organisons notre vie en dehors de Dieu, c’est la catastrophe, le naufrage.

Tout au long de ce Carême et tout au long de notre vie, nous sommes donc invités à lever les yeux vers la croix du Christ. Par sa mort et sa résurrection, le Christ Jésus nous fait passer vers la vraie Lumière. Avec lui, nous pourrons faire un pas ce plus. Il nous invite a regarder le monde avec lui et comme lui. Par sa croix, il guérit les blessures du monde. Il est la Lumière plus forte que la nuit, l’amour plus fort que la mort. Alors oui, levons les yeux, élevons nos cœurs ! Profitons de ces derniers jours du Carême pour ouvrir les yeux sur la Vérité et renaître à la Lumière de la vie.

En ce jour, nous demandons à l’Esprit de Dieu, d’attirer nos regards vers Celui qui a été “élevé de terre”. Qu’il répande sen nous l’Esprit du Christ et nous fasse revivre avec lui. Amen

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 6 mars 2021

07.03.2021 – Homélie du 3ème dimanche du Carême

Dieu libérateur

Homélie du 3ème dimanche du Carême

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


En ce temps du Carême, nous continuons notre montée vers la grande fête de Pâques. Les textes bibliques de ce jour nous révèlent un Dieu libérateur qui se fait proche de nous. Il nous rejoint dans la situation qui est la nôtre pour nous relever et aller de l’avant sur le chemin qu’il nous montre.

La première lecture est tirée du livre de l’Exode. Ce livre nous raconte comment Dieu a fait appel à Moïse pour libérer son peuple de l’esclavage d’Égypte. Aujourd’hui, il les invite à faire un pas de plus. Il leur donne sa loi pour leur apprendre à bien vivre les uns avec les autres. Dieu les aime tous de la même manière ; il veut le salut de tous. Les commandements qu’il leur laisse commencent par des interdits : “Tu n’auras pas… Tu ne feras pas…” Ces paroles leur disent ce qu’il faut éviter pour ne pas retomber dans l’esclavage.

Il s’agit de renoncer aux idoles, ces faux dieux qui revendiquent d’être l’absolu de l’homme. Ces faux dieux sont toujours d’actualité : pensons à la course à l’argent et aux richesses matérielles : tout cela ne fait que nous enfermer dans notre égoïsme. Nous devons également éviter toutes les paroles méchantes et négatives qui ne font qu’ajouter un peu plus de poison à la société dans laquelle nous vivons. Les paroles que le Seigneur nous laisse aujourd’hui sont une étape importante dans la vie de son peuple. Elles sont aussi des points de repère pour nous.

Le psaume se présente comme une réponse amoureuse au don de la loi. Il nous invite à rendre grâce à Dieu qui libère son peuple. Dieu lui enseigne comment il faut vivre pour rester dans l’alliance et accueillir la bénédiction. Plus tard, l’apôtre Pierre reconnaîtra que les paroles de Jésus sont celles de la Vie éternelle. Tout au long de ce Carême, nous sommes invités à les lire et à les relire. Elles contiennent des graines de l’amour qui est en Dieu.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous invite à nous tourner vers la croix du Christ. Elle nous rappelle son amour inimaginable : “Nous proclamons un Messie crucifié”. Tant pis pour ceux qui s’efforcent de rendre raisonnable l’Évangile de la croix. Si nous voulons comprendre quelque chose à l’amour de Dieu, c’est vers la croix que nous devons regarder. Le vrai Dieu se révèle là où les hommes ne voient que la honte et l’échec. Le signe de la croix se présente comme la seule attestation d’un Dieu dont le nom est “miséricorde”.

L’Évangile nous montre la réponse que Dieu attend de nous et surtout ce qu’il ne veut pas. Cela se passe dans la cour du Temple de Jérusalem. Un “centre commercial” à but liturgique y avait été installé. On y rencontrait des vendeurs d’animaux et de produits pour les sacrifices ; les changeurs de monnaie y faisaient également leurs affaires. Chacun y trouvait son compte. Mais le Christ n’est pas d’accord. À la manière des prophètes, il pose un acte fort pour contester ce qui lui paraît indigne de ce haut lieu de prière.

C’est ainsi que Jésus a voulu purifier le culte qui se pratiquait dans le temple. Aujourd’hui, il nous rejoint pour purifier notre prière. L’Évangile nous apprend que Jésus ressuscité est désormais le seul chemin vers Dieu, le seul temple où l’on peut rencontrer Dieu. Ce nouveau Temple est universel. Personne n’est propriétaire de Jésus ni de son message, ni de son action dans le monde. Son œuvre de salut est pour tous. C’est pour nous et pour la multitude qu’il a livré son Corps et versé son sang.

Il nous faut aller plus loin dans la compréhension de cet Évangile : dans sa lettre aux corinthiens, saint Paul écrit : “vous êtes le temple du Christ, vous êtes le temple de Dieu”. Il nous faut donc chasser de ce temple tout ce qui rend impur. Les vendeurs que Jésus dénonce, c’est chacun de nous quand nous sommes encombrés par des préoccupations égoïstes ou mesquines. Ce n’est qu’en faisant le ménage en nous que nous pourrons retrouver Dieu. C’est absolument nécessaire si nous voulons accueillir dignement le Christ ressuscité.

Chaque dimanche, l’Évangile devient ce “fouet à cordes” que Jésus utilise pour changer notre cœur et notre vie. Le Seigneur est là pour chasser de nos cœurs l’attachement à nous-mêmes. Il renverse la ténacité que nous avons dans la poursuite de nos affaires à n’importe quel prix. Pour lui, il n’y a pas de bonheur contre les autres ni sans les autres. Et s’il n’y a pas de place pour Dieu dans notre vie, il n’y en aura pas pour nos frères non plus. L’Évangile nous est donné pour qu’il change nos cœurs. Ayons le courage de faire le “ménage de Pâques” pour accueillir dignement le Christ ressuscité.

En ce jour, nous nous tournons vers le Seigneur pour lui confier notre désir de conversion. Qu’il nous fasse revenir vers lui. Et pour que chaque jour nous soit profitable, qu’il ouvre nos esprits à l’intelligence de sa loi. Amen

Source: Dimancheprochain.org, le 27 février 2021

28.02.2021 – Homélie du 2ème dimanche du Carême

Le Fils Bien-aimé

28.02.2021 – Homélie du 2ème dimanche du Carême

Par l’Abbé Jean Compazieu 

Textes bibliques : Lire 

Tout au long du Carême, nous entendons un appel à revenir vers le Seigneur et à lui donner la première place. Dans la première lecture, nous découvrons Abraham qui a répondu à l’appel de Dieu par une disponibilité absolue. Mis à l’épreuve, il n’a pas refusé de sacrifier ce qu’il avait de plus précieux, l’enfant porteur de la promesse. S’il est prêt à sacrifier ce fils unique, c’est parce qu’il aime Dieu de tout son cœur. Son amour pour Dieu est plus grand que tout.

Dans l’Évangile, nous avons écouté le récit de la Transfiguration : il nous montre le Christ plein de gloire parce qu’il répond à l’amour du Père. S’il est prêt à mourir pour manifester sa fidélité absolue au Père, c’est parce qu’il aime le Père de toute ses forces. La seule manière de répondre à l’amour et à la tendresse de Dieu c’est de l’aimer “de tout notre cœur, de toutes nos forces et de tout notre esprit”.

Les Évangiles nous donnent de nombreux témoignages de cet amour sans limite : nous pensons à Marie qui a dit : “Voici la servante du Seigneur” ; en répondant à l’appel de Dieu, elle a fait l’offrande de toute sa vie. Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens persécutés ; il leur adresse des paroles d’espérance et de réconfort : “Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?” Malgré les épreuves qui les accablent, il les invite à une confiance totale en Dieu ; lui-même s’est donné au Christ sans réserve.

L’Évangile nous montre les trois disciples qui font la découverte extraordinaire de Jésus transfiguré et lumineux. Ce rayonnement vient précisément de son amour sans réserve pour son Père et pour le monde entier. Pierre voudrait rester là à fixer l’événement. Mais la voix du Père vient le rappeler à la vraie priorité : “Celui-ci est mon Fils Bien aimé : écoutez-le”. Cette parole est importante. Nous devons écouter Jésus. Ce n’est pas le pape ni les évêques ni les prêtres qui disent cela, c’est Dieu lui-même qui nous le dit à tous. Le Seigneur est là au cœur de nos vies, de nos loisirs et de nos soucis. Mais trop souvent, nous sommes ailleurs. Nous organisons notre vie en dehors de lui.

Nous disciples du Christ, nous sommes appelés à être des personnes qui écoutent sa voix et qui prennent au sérieux ses paroles. Pour écouter Jésus, il faut être proche de lui, il faut le suivre, il faut accueillir son enseignement. C’est ce que faisaient les foules de l’Évangile qui le poursuivaient sur les routes de Palestine. Le message qu’il leur transmettait était vraiment l’enseignement du Père. Cet enseignement, nous pouvons le trouver chaque jour dans l’Évangile ; quand nous le lisons, c’est vraiment Jésus qui nous parle, c’est sa Parole que nous écoutons.

Dans cet épisode de la Transfiguration, nous trouvons deux moments significatifs : la montée et la descente. Le Seigneur nous appelle à l’écart, à monter sur la montagne. Comprenons bien, il ne s’agit pas de faire de l’alpinisme mais de trouver un lieu de silence et de recueillement pour mieux percevoir la voix du Seigneur. C’est ce que nous faisons dans la prière. Pendant l’été, beaucoup choisissent de passer quelques jours dans un monastère. Ils ont besoin de ce temps de ressourcement pour leur vie chrétienne.

Mais nous ne pouvons pas rester là. La rencontre avec Dieu dans la prière nous pousse à « descendre » de la montagne. Nous sommes invités à retourner en bas, dans la plaine et à rejoindre le monde dans ce qu’il vit. Nous y trouverons tous ceux et celles qui sont accablés par le poids du fardeau, des maladies, des injustices, de l’ignorance, de la pauvreté matérielle et spirituelle.

Nous sommes envoyés pour être les témoins et les messagers de l’espérance qui nous anime. Cette parole que nous avons reçue doit grandir en nous. Cela ne se réalisera qui si nous la proclamons. Si nous l’accueillons, ce n’est pas pour la mettre dans un conservateur mais pour la donner aux autres ; c’est cela la vie chrétienne : accueillir Jésus et le donner aux autres. Lui seul peut nous transfigurer. En ce jour nous le supplions : “Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton esprit d’amour.”

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 20 février 2021

21.02.2021 – Homélie du 1er dimanche du Carême

Peuple de l’Alliance

Homélie du 1er dimanche du Carême

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire

Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Cette période de quarante jours ressemble au grand nettoyage du Printemps. Il nous suggère de mettre au propre nos relations avec Dieu. En effet, nos relations sont salies par l’idée que nous nous faisons de lui. Trop souvent, nous pensons qu’il ne voudrait pas notre bien. Pour laver cette idée, la première lecture nous renvoie à l’histoire de Noé.

Le livre de la Genèse nous rapporte que, dès le départ, les hommes se sont détournés de Dieu. Ils ont sombré dans la violence. Le péché nous est présenté comme une rupture avec Dieu. Mais après le déluge, Dieu se manifeste à Noé ; il conclut avec lui une alliance de paix, une alliance universelle. C’est Dieu qui prend l’initiative ; il le fait sans condition. Même si son peuple est infidèle, Dieu reste toujours fidèle à son alliance. Cette bonne nouvelle nous rejoint tous en ce début du Carême. Si nous sommes prisonniers de nos lourds penchants ou écrasés par nos lourds soucis, Dieu prend parti pour nous. La preuve, nous la trouvons dans les Évangiles : le Christ tient si fort à nous qu’il est mort pour nous sur une croix.

Dans sa lettre, saint Pierre revient sur le déluge : il attire notre attention sur le petit nombre de sauvés, huit en tout. Ce chiffre lui permettra de mettre en valeur la grandeur du salut en Jésus : le déluge est comme une figure du baptême. Il est bien plus qu’une simple purification. La famille de Noé est ressortie vivante des eaux du déluge ; désormais, c’est l’eau du baptême qui nous sauve. Nous sommes sortis de tout ce qui nous menait vers la mort et conduits vers Dieu. C’est lui qui fait alliance avec nous et qui nous invite à marcher avec lui.

L’évangile nous présente précisément celui qui accomplit cette œuvre de Salut. Jésus vient d’être baptisé par Jean au bord du Jourdain. Il a été désigné comme le Fils bien aimé du Père. Aussitôt après cet événement, l’Esprit le pousse au désert. En fait la traduction est trop faible. Il faudrait dire : “L’Esprit le chasse au désert”. Nous devons aussi souligner l’importance de ce “Aussitôt” qui revient souvent dans l’évangile de Marc. Il y a là un message important pour notre carême. Ce n’est pas “Je commence demain ou plus tard…” C’est aujourd’hui et maintenant que le Seigneur attend ma réponse à son appel.

Quand nous lisons cet évangile, nous pensons aux hébreux qui, au temps de Moïse, furent jetés au désert par Pharaon. Ils y ont vécu un exode qui a duré quarante ans. Avec l’évangile de ce dimanche, nous voyons Jésus qui commence un nouvel exode. Les hébreux allaient vers la Terre promise. Jésus va vers son Royaume et nous entraîne à le suivre. Tout au long de ce carême, nous sommes invités à faire une “conversion”, un demi tour et à réorienter notre vie vers lui. Dans un monde marqué par les vacarmes des moteurs et les hurlements de la radio et de la télévision, nous penserons à réserver des zones de désert, de silence pour retrouver Dieu. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui et avec lui que nous allons au Père.

Au désert, le peuple hébreu s’est révolté contre Dieu. Jésus a lui aussi connu les tentations et les épreuves qui sont celles de tous les humains. Mais parce qu’il est habité par l’Esprit, il en est sorti vainqueur. Bien mieux qu’avec Noé dans la première lecture, cette victoire du Christ sur les forces du mal est le point de départ d’une nouvelle alliance. Cette alliance nouvelle et éternelle est offerte à “toutes les nations qui sont sous le ciel.” (Actes 2. 5) C’est la bonne nouvelle que Jésus proclame à travers la Galilée : “Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche : “Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle”. Annoncer la bonne nouvelle c’est dire que le règne de Dieu est en train de commencer. Le projet de Dieu est en train de se réaliser.

Tout au long de ce carême, nous sommes invités à suivre Jésus au désert. Il veut nous associer à sa victoire. Souvent, nous demandons à Dieu de nous protéger. Or voilà qu’aujourd’hui, il nous conduit sur le lieu du combat. Il nous met en face de nos responsabilités. Mais il ne nous laisse pas livrés à nos seules forces. C’est avec le Christ que nous pourrons être victorieux des forces du mal. Nous pouvons vraiment nous appuyer sur lui. Son amour nous est acquis une fois pour toutes et rien ne peut nous en séparer.

Dans notre vie, le carême n’est pas un contre temps fâcheux. C’est un temps de libération. Nous sommes invités à nous libérer de tout ce qui nous empêche d’aller vers les autres et vers Dieu. C’est un temps pour aimer : “Quarante jours à prendre comme on prend des vacances, quarante jours à ne rien faire d’autre que d’aimer”. Jésus nous ouvre le chemin. Nous vivons dans un monde imprégné par l’indifférence, l’incroyance, la “non foi”, la mauvaise foi. C’est pour ce monde que le Christ est venu. À travers notre vie et notre témoignage de foi, tous doivent pouvoir reconnaître que “le règne de Dieu s’est approché.” Entrons résolument dans cette alliance que le Seigneur nous propose.

Source: Dimancheprochain.org, le 13 février 2021