Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du 30e dimanche du temps ordinaire, année A.
Étiquette : Notre-Dame de Fatima
25.10.2026 – HOMÉLIE DU 30ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 22, 34-40

Dieu, les autres et moi
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot
Textes bibliques : Lire
Beaucoup confondent l’amour de Dieu et du prochain. L’Évangile d’aujourd’hui est là pour les démentir. On retrouve cette confusion notamment dans la bouche de ceux affirmant que c’est essentiellement dans l’amour des autres qu’ils trouvent Dieu. Ce n’est pas suffisant et c’est un point de vue qui, à terme, peut éloigner de la foi. En effet, comment comprendre dès lors que les athées, vivant eux-mêmes intensément l’amour humain, ne plongent pas directement dans les bras de Dieu, si là, pleinement, on le trouve ?
Certes le Christ affirme, dans l’Évangile, que le commandement de l’amour du prochain et celui de l’Amour de Dieu sont semblables, mais ils ne sont QUE semblables. Jésus pose ici une hiérarchie des commandements tout en les rendant indissociables. D’abord l’Amour de Dieu, ensuite, l’amour du prochain, qui, de fait, lui est inéluctablement semblable. On retrouve ici, en filigrane, le commandement du Christ de ne pas préférer ses proches à Dieu – « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi » (Matthieu 10, 37) – et celui d’« obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5, 29). En d’autres mots : c’est Dieu qui définit l’Amour, pas nous entre nous. Et l’écriture garde la marque de cette différence, qui met une majuscule à l’Amour quand il s’agit de Dieu.
On s’égare à espérer trouver Dieu lui-même dans l’amour du prochain. Car l’amour humain n’est jamais parfaitement limpide. Certes, il nous arrive de toucher entre nous à l’Amour divin, mais nous peinons à nous y maintenir. On retrouve la distinction ‘semblable’ mais pas ‘identique’. Ce qui entache l’amour entre nous, qui voit parfois notre cœur s’assombrir, ce sont les ténèbres de notre âme, qui finissent toujours par resurgir alors que nous ne désirons qu’aimer. « Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas » dira saint Paul aux Romains (7, 19). Et les couples savent que les lunes de miel ne durent qu’un temps et qu’au-delà, il faudra trouver une profondeur plus stable.
Les religieux le savent aussi. L’Amour de Dieu qui les emporte est hélas tributaire d’une vision claire de la vie. Que viennent nous mordre les crucifixions du passé, ou d’autres actuelles, et c’est la perspective d’un amour parfait qui s’obscurcit. Le triste constat de Paul s’applique aussi dans notre relation à Dieu : je n’aime pas Dieu comme je le voudrais, parce que le mal m’affecte et m’assombrit. On retrouve ici l’inéluctable emprise du péché sur l’humanité, très poétiquement présentée dans le Livre de la Genèse (3, 8) : Adam, ayant goûté au fruit de la connaissance du mal, se dissimule au regard de Dieu. Ce faisant, il perd ce regard pour lui-même. Mère Teresa, après une vie affrontée à la mort la plus miséreuse, confessa à saint Jean-Paul II avoir totalement perdu le goût de Dieu, vivre une nuit de l’âme, souffrir d’acédie. Hélas, les maux du monde affectent fortement notre capacité de voir Dieu. Le moindre trouble affectif trouble son image. Et s’ouvre alors le champ du doute, des autres, de Dieu et de soi.
Le danger est alors de s’en contenter voire s’y résoudre. Face à un monde de tous temps déchiré par les peurs, les haines et les conflits qui, désormais, semble foncer vers l’abîme, la tentation est grande de se refermer sur soi et s’isoler dans une vision désenchantée de la vie, s’attachant, pour ne pas sombrer, à des illusions futiles, voire des idoles, à commencer par l’idolâtrie de soi, confondant amour de Dieu et amour propre. A l’inverse, comme Paul le souligne des Thessaloniciens, c’est l’abandon des fausses réassurances – de nos idoles –, la conversion de notre cœur, sa réouverture à un Amour plus grand que ce qu’il perçoit, qui nous fait désirer « servir le Dieu vivant et véritable ». A défaut, nous nous enfermerons dans une spiritualité doloriste et déprimée, qui consistera à vouloir prendre son mal en patience. Le Christ, pourtant, n’est pas muet sur la croix, qui proclame encore l’Amour de Dieu.
Frères et sœurs, face à notre monde si troublé, pour ne pas nous enfermer dans le fatalisme et, ultimement la peur, finalement pour ne pas sombrer ici-bas dans le désespoir, il convient d’accepter l’inéluctable dissimilitude entre l’Amour de Dieu et l’amour proprement humain, toujours troublé d’ombres. Entre nous, en matière d’amour, nous ne sommes jamais à la hauteur des espérances divines que pourtant nous portons. Mais, comme le Christ le fait d’emblée, nous devons tout autant maintenir la similitude de ces deux amours – humain et divin –, sinon nous désespérons. Perdre le lien entre une humanité défaillante et la perspective incarnée de l’Amour divin, c’est perdre le Christ. Mais réduire l’Amour de Dieu à l’amour entre nous, c’est l’avoir perdu tout autant.
Frères et sœurs, c’est l’Amour de Dieu le jalon de tout amour. Il s’agit de ne jamais le perdre. Sinon, comme Mère Teresa, nous sombrerons dans la nuit de l’âme que nous imposent les désespoirs du monde. Seule reste alors la fidélité de la foi. C’est de la relation personnelle avec Dieu, soutenue et transformante, que nous héritons une espérance pour le monde, qui nous transforme et convertit notre regard sur autrui.
Ce dimanche, le Christ affirme la nécessaire primauté de l’Amour de Dieu, de là découle l’amour qui jamais ne désespère d’autrui, ni de soi.
Frères et sœurs, il convient d’être amoureux de Dieu. Alors tout change. Le regard que l’on pose sur lui, sur les autres et sur soi. En un mot, le regard sur la vie. Amen.

Source : RÉSURGENCE.BE, le 21 octobre 2026
25.10.2026 – HOMÉLIE DU 30ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 22,34-40

« Tu aimeras… »
Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu
Textes bibliques : Lire
“Dans la loi, quel est le grand commandement ?” La question méritait d’être posée car, dans le livre de la Loi, il y en a 613. Ils ont été ajoutés progressivement pour répondre à des contextes différents. Dans toutes les civilisations, on a créé des lois pour protéger les faibles. Ce qui est nouveau ici, c’est le fondement de cette loi : elle concerne un peuple qui a fait la double expérience de l’esclavage en Égypte et de la libération par Dieu. Le Seigneur s’est révélé comme celui qui entend la plainte des humiliés et qui leur rend leur liberté et leur dignité. À travers la loi, Dieu continue à prendre la défense des humiliés.
Toutes les lois bibliques sont émaillées de rappels, rappel de la souffrance endurée quand on était esclave en Égypte, rappel de Dieu libérant son peuple. Si Dieu a libéré son peuple, c’est parce qu’il a entendu le cri des malheureux. Il est concerné par la souffrance humaine. Pour l’instant, il faut encore des menaces pour que la loi soit respectée : « Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera ». Mais peu, l’homme éduqué par Dieu et par la loi n’aura plus besoin de menace car il aura appris à voir en tout homme un frère.
Dans la seconde lecture, Paul montre précisément aux Thessaloniciens ce qu’est l’amour de Dieu. Il leur souhaite de répondre dignement à cet amour qui est en lui. Ils sont tous appelés à devenir pour ceux qui les entourent des modèles de foi et d’amour. Ils viennent d’être libérés des idoles aliénantes. Ils sont maintenant invités à se tourner vers le vrai Dieu et à travailler activement à l’avènement de son Royaume. C’est important pour nous aujourd’hui. Nous vivons dans un monde difficile : les chrétiens y sont critiqués, tournés en dérision ou persécutés. C’est un test de la vraie foi : on n’y échappe pas ; cela arrive sans l’avoir cherché. C’est la logique de l’Évangile qui ne cesse jamais de se vérifier.
Dans l’Évangile, nous entendons Jésus répondre à la question des pharisiens : « quel est le grand commandement ? » s’ils interrogent Jésus, ce n’est pas pour approfondir l’enseignement de la loi mais pour tendre un piège Jésus : Ils le voyaient accomplir chaque jour des œuvres de miséricorde ; il était très proche des blessés de la vie, des malades et des égarés, des infréquentables. Il guérissait le jour du Sabbat. On lui reproche d’en faire trop au détriment de la loi de Dieu.
Dans sa réponse, Jésus rappelle ce qui est dit dans le livre du Deutéronome : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit (versets 37-38). Il aurait pu s’arrêter là, mais il ajoute quelque chose qui n’avait pas été demandé par le docteur de la loi : “le second commandement lui est semblable… Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” Jésus met ces deux commandements ensemble pour nous révéler qu’ils sont inséparables et complémentaires. On ne peut aimer Dieu sans aimer le prochain. Et on ne peut aimer le prochain sans aimer Dieu.
Pour vivre cet Évangile, c’est vers le Christ que nous nous tournons. Ce qu’il nous demande, il l’a vécu jusqu’au bout. Au soir du jeudi saint, il disait : Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.” Il ne s’agit plus d’une simple loi écrite mais d’une personne qui se donne. Le Christ continue à insuffler son Esprit Saint à ses fidèles pour animer leurs pensées, leurs paroles et leurs actes. Il s’identifie à notre prochain et il nous appelle à le reconnaître dans les autres. Ce que nous avons fait au plus petit d’entre les siens c’est à lui que nous l’avons fait.
C’est à notre amour pour les petits et les exclus que nous serons jugés. Et à travers eux c’est le Christ qui est là. Il nous appelle tous à aimer Dieu au quotidien et en toutes circonstances. Dans le même temps, il nous appelle à aimer au quotidien tous nos frères proches et lointains. Il importe que notre charité soit active et généreuse. Les organismes de solidarité sont là pour nous aider à la rendre plus efficace. Le Seigneur est là pour nous accompagner et nous montrer le chemin.
Par la communion, c’est Jésus qui vient vivre en nous. Il vient en nous pour aimer notre Père et tous nos frères et sœurs de la terre. Nous lui rendons grâce : Béni sois-tu, Seigneur pour cet amour. Tu nous envoies le rayonner autour de nous. Garde-nous fidèles à cette mission. Qu’elle soit le programme de toute notre vie. Amen

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 18 octobre 2026
22.10.2026 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE
22.10.2026 – MESSE À LOURDES
Frère Thèodore face à l’ennemi

Frère Thèodore face à l’ennemi
En 1812, Frère Théodore, moine de Sept-Fons, fait partie de l’armée de Napoléon. Menacée par la stratégie de la terre brûlée des Russes, l’armée française bat en retraite.
Un jour, la colonne dont fait partie Frère Théodore, épuisée par la faim et la fatigue, se trouve face à face avec une batterie ennemie. Que faire ? Retourner ? Impossible ! Attaquer ? Il ne faut pas y songer ! Tout à coup, un officier s’avance sabre en main en criant : « Que les courageux s’avancent ! »
Il n’y a personne ! Ou plutôt un seul homme, le Frère Théodore. « Si vous voulez j’irai seul, » dit-il. Il s’agenouille dans la neige, dit une dizaine de chapelet en présence de ses camarades. Puis, il prend son fusil et, au trot, il court au-devant de l’ennemi avec le courage d’un chef suivi de 10 000 hommes.
À sa vue, les Russes croient à un piège consistant à les occuper avec ce seul homme tandis que les autres les encercleraient… Ils prennent la fuite abandonnant bagages et canons … Avec une simplicité admirable, notre héros s’écrie : « Voyez une dizaine de chapelet suffit à nous tirer d’embarras ». L’officier épingle sa propre décoration sur la poitrine du frère Théodore, moine de Sept-Fons.
Carnet de la Vierge n° 15, 1952
Repris dans le recueil marial n°11 du Frère Albert Pfleger
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
22.10.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
22.10.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Jean-Paul II
« Le Géant de Dieu »
Pape (263e) de 1978 à 2005
« Au vu de la dimension extraordinaire avec laquelle ces Souverains Pontifes ont offert au clergé et aux fidèles un modèle singulier de vertu et ont promu la vie dans le Christ, tenant compte des innombrables requêtes partout dans le monde, le Saint-Père François, faisant siens les désirs unanimes du peuple de Dieu, a disposé que les célébrations de saint Jean XXIII, Pape, et de saint Jean-Paul II, Pape, soient inscrites dans le Calendrier Romain général, la première le 11, la deuxième le 22 octobre, avec le degré de mémoire facultative. […] »
De la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 29 mai 2014, solennité de l’Ascension du Seigneur.
« Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière !N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur !
Ces paroles mémorables, prononcées le 22 octobre 1978 dans l’homélie du début du pontificat (>>> Vidéo Extraits du discours du Pape) restent, désormais, sculptées dans les cœurs de tous les chrétiens et des hommes de bonne volonté du monde entier.
Ce que le Pape demandait à tous, lui même l’a fait en premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant, avec la force d’un géant qui venait de Dieu, une tendance qui pouvait sembler irréversible.
Karol Józef Wojtyła, devenu Jean-Paul II à son élection au Siège apostolique d’octobre 1978, est né le 18 mai 1920 à Wadowice, petite ville située à 50 km de Cracovie. Il est le plus jeune des trois enfants de Karol Wojtyła et d’Émilie Kaczorowska. Sa mère mourut en 1929. Son frère aîné Edmund, qui fut médecin, est décédé en 1932 ; leur père, ancien sous-officier, en 1941. Leur sœur Olga était décédée avant la naissance de Karol.
Il fut baptisé le 20 juin 1920, dans l’église paroissiale de Wadowice, par le prêtre François Żak, fit sa Première Communion à neuf ans et reçut la Confirmation à dix-huit ans. Ses études secondaires près l’École Marcin Wadowita de Wadowice achevées, il s’inscrit en 1938 à l’Université Jagellon de Cracovie et à un cours de théâtre. L’Université ayant été fermée en 1939 par l’occupant nazi, le jeune Karol dut travailler sur un chantier de l’usine chimique Solvay afin de gagner sa vie et d’échapper à la déportation en Allemagne.
À compter de 1942, ressentant l’appel au sacerdoce, il suivit les cours de formation du Séminaire clandestin de Cracovie. Il fut à la même époque l’un des promoteurs du Théâtre Rapsodique, lui aussi clandestin.
Après la Seconde Guerre mondiale, il poursuivit ses études au Grand Séminaire de Cracovie à peine rouvert, et également à la Faculté de théologie de l’Université Jagellon, jusqu’à son ordination sacerdotale à Cracovie le 1ernovembre 1946 des mains du cardinal Adam Stefan Sapieha. Il fut ensuite envoyé à Rome par le cardinal Sapieha et poursuivit ses études doctorales sous la direction du dominicain français, le P. Garrigou-Lagrange. Il soutint en 1948 sa thèse en théologie consacrée à la Foi dans l’œuvre de saint Jean-de-la-Croix (Doctrina de fide apud Sanctum Ioannem a Cruce). Durant ce séjour romain, il occupa son temps libre pour exercer son ministère pastoral auprès des émigrés polonais de France, de Belgique et des Pays-Bas.
Il rentra en 1948 en Pologne pour être vicaire en diverses paroisses de Cracovie et aumônier des étudiants jusqu’en 1951 où il reprit ses études philosophiques et théologiques.
En 1953, il soutint à l’Université catholique de Lublin une thèse intitulée « Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler ». Il accéda ensuite à l’enseignement professoral de la théologie morale et d’éthique sociale au Grand Séminaire de Cracovie et à la Faculté de théologie de Lublin.
Le 4 juillet 1958, le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) le nomma Évêque titulaire d’Ombi et auxiliaire de Cracovie et, le 28 septembre suivant, il reçut la consécration épiscopale des mains de l’Archevêque Eugeniusz Baziak, en la cathédrale du Wawel (Cracovie).
Le 13 janvier 1964, il fut nommé Archevêque de Cracovie par saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) qui, le 26 juin 1967, l’éleva au cardinalat, du titre de S. Cesareo in Palatio, une diaconie élevée au rang presbytéral pro illa vice (pour l’occasion). Après avoir participé au Concile Vatican II (1962-1965), où il offrit notamment une importante contribution à l’élaboration de la constitution Gaudium et Spes, le Cardinal Wojtyła prit part à toutes les assemblées du Synode des Évêques.
Au cours du second Conclave de 1978, il fut élu Pape par les Cardinaux le 16 octobre et prit le nom de Jean-Paul II. Le 22 octobre, Jour du Seigneur, il entamait solennellement son ministère de 263e successeur de l’Apôtre Pierre. Son pontificat de près de 27 années allait être l’un des plus longs de l’histoire de l’Église.
Jean-Paul II a exercé son ministère pétrinien avec un inlassable esprit missionnaire, prodiguant toutes ses énergies, poussé par la sollicitude pastorale envers toutes les Églises et par la charité ouverte à l’humanité tout entière. En vingt-six années de pontificat, le pape Jean-Paul II a accompli 104 voyages apostoliques hors d’Italie et 146 visites dans ce pays. Comme Évêque de Rome, il a visité 317 des 333 paroisses de son diocèse.
Plus qu’aucun de ses prédécesseurs, il a rencontré le Peuple de Dieu et les Responsables des nations : aux 1166 audiences générales du mercredi ont participé plus de 17 600 000 pèlerins, sans compter toutes les autres audiences spéciales et les cérémonies religieuses [plus de 8 millions de pèlerins seulement au cours du Grand Jubilé de l’An 2000] ; outre les millions de fidèles qu’il a rencontrés au cours de ses visites pastorales en Italie et dans le monde. Nombreuses sont les personnalités gouvernementales reçues en audience : il suffit de rappeler les 38 visites officielles et les 738 audiences ou rencontres de chefs d’État, ainsi que les 246 audiences et rencontres de premiers ministres.
Son amour pour les jeunes l’a poussé à lancer en 1985 les Journées mondiales de la Jeunesse, et les dix-neuf JMJ de son pontificat ont rassemblé des millions de jeunes dans diverses parties du monde. D’autre part, son attention à la famille s’est exprimée par la tenue de Rencontres mondiales des Familles entreprises à son initiative en 1994.
Il a promu avec succès le dialogue avec les juifs et avec les représentants des autres religions, les invitant parfois à des rencontres de prière pour la paix, en particulier à Assise.
Sous sa direction l’Église s’est approchée du troisième millénaire et a célébré le grand Jubilé de l’An 2000, selon les orientations indiquées dans la Lettre apostolique Tertio Millennio Adveniente. Celle-ci s’est ensuite ouverte à la nouvelle époque, en recevant ses indications dans la Lettre apostolique Novo Millennio Ineunte, dans laquelle il montrait aux fidèles le chemin de l’avenir.
Avec l’Année de la Rédemption, l’Année mariale et l’Année de l’Eucharistie il a promu le renouveau spirituel de l’Église.
Il a donné une impulsion extraordinaire aux canonisations et aux béatifications, pour montrer d’innombrables exemples de la sainteté d’aujourd’hui, qui soient un encouragement pour les hommes de notre temps. Jean-Paul II a procédé à 147 cérémonies de béatification (1338 bienheureux) et à 51 de canonisation (482 saints). Il a proclamé Docteur de l’Église sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Il a considérablement élargi le Collège des Cardinaux, en en créant 231 en neuf Consistoires, plus un in pectore, dont le nom n’a jamais été révélé. Il a également présidé six réunions plénières du Sacré Collège.
Jean-Paul II a présidé quinze Synodes des Évêques : six Assemblées ordinaires (1980, 1983, 1987, 1990, 1994 et 2001), une générale extraordinaire (1985), huit spéciales (1980, 1991, 1994, 1995, 1997, 1998 [2] et 1999).
Il a prononcé 20 351 discours pendant son seul pontificat dont 3438 hors d’Italie. Au nombre de ses documents majeurs, on compte quatorze encycliques, quinze exhortations apostoliques, onze constitutions apostoliques et quarante-cinq lettres apostoliques.
À titre privé, en tant que Docteur, a également publié cinq livres : Entrer dans l’espérance (octobre 1994) ; Don et Mystère en ce 50èmeanniversaire de mon ordination sacerdotale (novembre 1996) ; Triptyque romain – Méditations poétiques (mars 2003) ; Levez-vous et allons ! (mai 2004) et Mémoire et Identité (février 2005).
Les seuls écrits officiels représentent plus de 80 000 pages ; à cela il faut ajouter des publications à titre personnel et sans doute des milliers de lettres et documents privés divers.
Il a promulgué le Catéchisme de l’Église catholique, à la lumière de la Tradition, interprétée avec autorité par le Concile Vatican II. Il a également réformé les Codes de droit canonique latin et oriental, a créé de nouvelles institutions et réorganisé la Curie romaine.
Jean-Paul II est décédé au Vatican le 2 avril 2005 à 21 h 37, tandis qu’on entrait déjà dans le Jour du Seigneur, Octave de Pâques et Dimanche de la Divine Miséricorde.
Les funérailles se sont déroulées le >>> 08/04/05 alors que, depuis son décès, plus de trois millions de fidèles étaient venus à Rome saluer sa dépouille, attendant jusqu’à 24 heures avant d’entrer dans la basilique Saint-Pierre.
Le 28 avril, le nouveau pape Benoît XVI a accordé la dispense des cinq années après la mort pour l’ouverture de la Cause en béatification-canonisation de Jean-Paul II. La procédure canonique a été ouverte le 28 juin suivant par le card. Camillo Ruini, Vicaire général pour le diocèse de Rome.
Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła) a été officiellement élevé aux honneurs des autels le dimanche 1er mai 2011, au cours de la messe de béatification, sur la place Saint-Pierre de Rome, présidée par le pape Benoît XVI (>>> Homélie).
Le 27 avril 2014 sa Sainteté le pape Francesco a proclamé Saints ses prédécesseurs Jean XXIII et Jean-Paul II. Un moment de joie et de prière pour les 800 000 et plus fidèles qui, du monde entier, ont conflué dans la place Saint-Pierre, mais aussi le début d’un voyage éternel dans la gloire de l’Église catholique.
Pour un approfondissement :
>>> Canonisation des bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II
Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).
Saint Jean-Paul II priez pour nous !

22.10.2026 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,49-53.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !

Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Denys le Chartreux (1402-1471)
moine
Commentaire sur l’évangile de Luc ; Opera omnia, 12, 72 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 431 rev.)
« Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne » (Jn 14,27)
« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? » C’est comme si le Christ disait : « Ne pensez pas que je sois venu donner aux hommes la paix selon la chair et ce monde-ci, la paix sans aucune règle, qui les ferait vivre en bonne entente dans le mal et qui leur assurerait la prospérité sur cette terre. Non, je vous le dis, je ne suis pas venu apporter une paix de ce genre mais la division, une bonne et très salutaire séparation des esprits et même des corps. Ainsi, parce qu’ils aiment Dieu et recherchent la paix intérieure, ceux qui croient en moi se trouveront naturellement en désaccord avec les méchants ; ils se sépareront de ceux qui tentent de les détourner du progrès spirituel et de la pureté de l’amour divin, ou s’efforcent de leur créer des difficultés ». Donc, la paix spirituelle, la paix intérieure, la bonne paix, c’est la tranquillité de l’âme en Dieu, et la bonne entente selon l’ordre juste. Le Christ est venu apporter cette paix avant toutes choses… La paix intérieure a sa source dans l’amour. Elle consiste en une joie inaltérable de l’âme qui est en Dieu. On l’appelle la paix du cœur. Elle est le commencement et un certain avant-goût de la paix des saints qui sont dans la patrie, de la paix de l’éternité.

LECTURES :
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,14-21.
Frères, je tombe à genoux devant le Père,
de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom.
Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur.
Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour.
Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur…
Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu.
À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir,
gloire à lui dans l’Église et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. Amen.

Psaume 33(32),1-2.4-5.11-12.18-19.
R/ Toute la terre, Seigneur, est remplie de ton amour. (Ps 32, 5b)
Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.
Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.
Le plan du Seigneur demeure pour toujours,
les projets de son cœur subsistent d’âge en âge.
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine !
Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.
