Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,31-37.

En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.
On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte :
« Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »

Jésus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal.
Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! »

Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Jean Cassien (v. 360-435)
fondateur de monastère à Marseille
Des principautés, XXV ; SC 54 (Conférences VIII-XVII; trad. E. Pichery, éd. du Cerf, 1958 ; p. 36-37)
Que la crainte et la charité de Dieu nous gardent à l’abri du démon !
Personne ne peut être dit père des esprits, que Dieu, qui les a faits, lorsqu’il lui a plu ; les hommes n’ont droit qu’au titre de pères de notre chair. Le diable donc, en tant que créature spirituelle, angélique, et bonne à l’origine, n’eut pas d’autre père que Dieu, qui lui donna l’existence. Mais il s’enfla d’orgueil, et dit dans son cœur : « Je m’élèverai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. » (cf. Is 14,13) C’est alors qu’il devint menteur et qu’ « il n’est pas demeuré dans la vérité » (Jn 8,44). Davantage, dès là qu’il tire le mensonge de son propre fonds, il ne devient pas seulement menteur, mais père du mensonge. On le voit bien, lorsqu’il promet à l’homme la divinité : « Vous serez comme des dieux » (Gn 3,5), dit-il ; « il n’est pas demeuré dans la vérité ». Bien plus, il devient homicide dès le commencement, lorsqu’il introduit Adam en la condition mortelle et que l’instigateur du crime, il fait périr Abel par la main de son frère. (…) Prions donc le Seigneur, que sa crainte et sa charité qui ne sait point mourir, persévèrent en nous sans défaillance. Elles nous rendront sages en toutes choses, et nous garderons toujours à l’abri des coups du démon. Avec de tels gardiens, il est impossible de tomber dans les pièges de la mort. C’est précisément la différence qui sépare les parfaits des imparfaits, que chez les premiers, la charité, profondément enracinée et parvenue, pour ainsi parler, à un plus mûr développement, possède aussi une plus inébranlable constance, et les maintient plus fermement à la fois et plus aisément dans la sainteté ; tandis que moins fortement établie chez les seconds et plus facile à se refroidir, elle les laisse se prendre plus vite fréquemment aux filets du péché.

LECTURES :
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2,10b-16.
Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation. Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu.
Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu’il y a dans l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît ce qu’il y a en Dieu, sinon l’Esprit de Dieu.
Or nous, ce n’est pas l’esprit du monde que nous avons reçu, mais l’Esprit qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a accordés.
Nous disons cela avec un langage que nous n’apprenons pas de la sagesse humaine, mais que nous apprenons de l’Esprit ; nous comparons entre elles les réalités spirituelles.
L’homme, par ses seules capacités, n’accueille pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu ; pour lui ce n’est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c’est par l’Esprit qu’on examine toute chose.
Celui qui est animé par l’Esprit soumet tout à examen, mais lui, personne ne peut l’y soumettre.
Car il est écrit : Qui a connu la pensée du Seigneur et qui pourra l’instruire ? Eh bien nous, nous avons la pensée du Christ !

Psaume 145(144),8-9.10-11.12-13ab.13cd-14.
R/ Le Seigneur est juste en toutes ses voies. (Ps 144, 17a)
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.
Ils annonceront aux hommes tes exploits,
la gloire et l’éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.
Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.
