ITALIE – « Stop the war Now » : 200 personnes et 50 véhicules partent pour une action de paix en Ukraine

Une délégation de 200 personnes appartenant à 89 organisations de la société civile italienne partira pour une initiative de paix non violente en Ukraine ce vendredi 1er avril .

Le convoi, composé de 50 véhicules, transportera des produits de première nécessité pour la population. La destination est Lviv où les participants rencontreront des organisations de la société civile ainsi que des autorités religieuses et civiles. Sur le chemin du retour, le convoi permettra aux personnes fragiles de quitter leur pays en guerre et de rejoindre l’Italie.


« Nous entrerons sur le territoire ukrainien pour témoigner de la volonté de paix par notre présence sur le terrain », peut-on lire dans le manifeste de l’initiative promue par la Communauté du Pape Jean XXIII.

« Nous avons toujours été aux côtés des derniers, aux côtés des victimes avec des actions humanitaires et des initiatives de solidarité internationale. Chacun d’entre nous peut faire quelque chose. Nous ne voulons pas rester spectateurs et ressentons l’obligation de nous exposer à la première personne ». À ce jour, 89 organisations ont rejoint l’initiative de paix « Stop the War Now ».

Source: Agence Fides, le 30 mars 2022

Ukraine: le combat spirituel contre la mal, par Mgr Shevchuk

Prière de l'archevêque Shevchuk devant la Vierge de Zarvanytsya © ugcc.church

Prière De L’archevêque Shevchuk Devant La Vierge De Zarvanytsya © Ugcc.church

L’archevêque-majeur remercie les journalistes qui « disent la vérité »

« Lorsque nous cachons ou dissimulons nos péchés, nos défauts, ils deviennent plus forts, ils nous dominent », avertit Mgr Sviatoslav Shevchuk, archevêque-majeur de Lviv et primat de l’Église grecque catholique ukrainienne, dans son messagevidéo le 30 mars 2022, le 35e jour de la guerre « sanglante » de la Russie contre l’Ukraine, indique le site de l’Église grecque catholique ukrainienne. Il a salué au contraire qui fait « la vérité ».

Le primat de l’Église grecque catholique ukrainienne a expliqué que « cette guerre nous rappelle plus en plus la règle du combat spirituel que chaque chrétien mène avec le diable, le mal et ses serviteurs ». « Le mal est toujours caché dans l’obscurité », a affirmé Mgr Shevchuk. Si « les mauvaises actions sont révélées, si elles sont démystifiées, le diable perd immédiatement le pouvoir. La lumière de la vérité de Dieu l’affaiblit et le désarme. Par conséquent, lorsque nous cachons ou dissimulons nos péchés, nos défauts, ils deviennent plus forts, ils nous dominent », a-t-il averti.

L’archevêque-majeur a particulièrement remercié les médias, « tous les journalistes qui, au prix de leur propre vie, disent la vérité sur la douleur et la souffrance de l’Ukraine ».

Il a noté que « l’ennemi détruit impitoyablement » les villes et les villages ukrainiens, « tire sur des civils », détruit « l’héritage spirituel » et « culturel du peuple ukrainien » : « Nous commençons à peine à voir les conséquences de cette guerre, a-t-il dit. La guerre apporte toujours la destruction. Des villes et des villages entiers se sont transformés en villes fantômes. Là où autrefois il y avait une vie publique spirituelle et intellectuelle florissante, aujourd’hui il y a des incendies et le vent souffle. »

Mgr Shevchuk a rappelé qu’à ce jour, selon les chiffres de l’ONU, quatre millions de réfugiés ont quitté l’Ukraine. Environ six millions de personnes ont fui leurs domiciles, dont la moitié étaient des enfants. « L’Ukraine a perdu la moitié de son économie. » « Cela signifie, a-t-il ajouté, que le mois prochain sera probablement l’un des plus difficiles. Mais l’Ukraine tient bon. L’Ukraine se bat. L’Ukraine est en train de gagner et de surprendre le monde. »

Source: ZENIT.ORG, le 30 mars 2022

Le Pape parle de paix, mais…

Le Pape François lors de l'Angélus du 27 mars 2022Le Pape François lors de l’Angélus du 27 mars 2022 (Vatican Media)

Le Pape parle de paix, mais…

À propos d’une technique qui vise à revoir à la baisse les paroles de François lorsqu’il lance des appels de circonstance.

Andrea Tornielli

«Le Pape parle contre le réarmement, mais… Le Pape est le Pape, mais… Le Pape ne peut dire que ce qu’il dit, mais…» . Il y a toujours un «mais» qui, dans de nombreux commentaires embarrassés, accompagne le non à la guerre sans équivoque prononcé par François, dans le but de le contextualiser et de l’affaiblir. Ne pouvant interpréter les paroles de l’évêque de Rome dans le sens voulu, ne pouvant en aucune façon les «détourner» en faveur de la course aux armements accélérée suite à la guerre d’agression déclenchée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine, alors on prend élégamment distance, en disant que oui, le Pape ne peut que dire ce qu’il dit, mais qu’ensuite la politique doit décider. Et la politique des gouvernements occidentaux décide d’augmenter de plusieurs milliards, déjà nombreux, la dépense pour un armement nouveau et toujours plus sophistiqué. Des milliards qui n’ont pas pu être trouvés pour les familles, pour la santé, pour le travail, pour l’hospitalité, pour lutter contre la pauvreté et la faim.

La guerre est une aventure sans retour, répète François sur les traces de ses prédécesseurs immédiats, notamment de saint Jean-Paul II. Les propos du Pape Wojtyla à l’occasion des deux guerres en Irak et dans les Balkans ont également été «contextualisés» et «détournés», même au sein de l’Église. Le Pape, qui au début de son pontificat demandait de ne pas avoir peur d’ouvrir «les portes du Christ», a plaidé en vain en 2003 auprès de trois dirigeants occidentaux désireux de renverser le régime de Saddam Hussein, leur demandant de s’arrêter. Près de vingt ans plus tard, qui peut nier que le cri anti-guerre de ce Pontife était non seulement prophétique, mais aussi empreint d’un profond réalisme politique? Il suffit de regarder les ruines de l’Irak tourmenté, longtemps transformé en réservoir de tous les terrorismes, pour comprendre combien le regard du saint Pontife polonais était clairvoyant.

La même chose se produit aujourd’hui, avec le Pape qui ne cède pas au caractère inévitable de la guerre, au tunnel sans issue que représente la violence, à la logique perverse du réarmement, à la théorie de la dissuasion qui a truffé le monde d’assez d’armes nucléaires pour anéantir plusieurs fois l’humanité.

«J’ai eu honte, a déclaré récemment François, lorsque j’ai lu qu’un groupe d’États s’était engagé à consacrer deux pour cent de leur PIB à l’achat d’armes, en réponse à ce qui se passe actuellement. De la folie! La vraie réponse n’est pas plus d’armes, plus de sanctions, plus d’alliances politico-militaires, mais une autre approche, une autre façon de gouverner le monde désormais globalisé, et non pas en montrant les dents comme aujourd’hui; une autre façon d’envisager les relations internationales. Le modèle de thérapie est déjà en place, Dieu merci, mais malheureusement il est encore soumis à celui du pouvoir économico-technocratico-militaire», déclarait-il le 24 mars dernier.

Le non à la guerre de François, un non radical et convaincu, n’a rien à voir avec une prétendue neutralité et ne peut être présenté comme une position partisane ou motivée par des calculs politico-diplomatiques. Dans cette guerre, il y a les agresseurs et les agressés. Il y a ceux qui ont attaqué et envahi, tuant des civils sans défense, déguisant hypocritement le conflit sous le couvert d’une «opération militaire spéciale»; et il y a ceux qui se défendent vigoureusement en luttant pour leur propre terre. Le Successeur de Pierre l’a dit à plusieurs reprises en des termes très clairs, condamnant sans détour l’invasion et le martyre de l’Ukraine qui dure depuis plus d’un mois. Cela ne signifie pas pour autant qu’il «bénit» l’accélération de la course aux armements, déjà entamée depuis un certain temps étant donné que les pays européens ont augmenté leurs dépenses militaires de 24,5% depuis 2016, car le Pape n’est pas «l’aumônier de l’Occident» et il répète qu’aujourd’hui, être du bon côté de l’histoire c’est être contre la guerre et pour la recherche de la paix, ne laissant rien d’intenté. Certes, le Catéchisme de l’Église Catholique reconnait le droit à la légitime défense. Il pose toutefois des conditions, en précisant que le recours aux armes ne doit pas causer un mal et un désordre plus grands que le mal à éliminer, et rappelle que dans l’appréciation de cette condition, «la puissance des moyens modernes de destruction» a un très grand poids. Qui peut nier que l’humanité soit aujourd’hui au bord de l’abîme, précisément à cause de l’escalade des conflits et de la puissance des «moyens modernes de destruction» ?

«La guerre, a dit le Pape François dimanche à l’Angélus, ne peut pas être quelque chose d’inévitable: nous ne devons pas nous habituer à la guerre!. Au contraire, nous devons convertir l’indignation d’aujourd’hui en engagement de demain. Parce que, si nous sortons de cette affaire comme avant, nous serons tous coupables d’une manière ou d’une autre. Face au danger d’autodestruction, que l’humanité comprenne que le temps est venu d’abolir la guerre, de l’effacer de l’histoire humaine avant qu’elle n’efface l’homme de l’histoire».

Il est donc nécessaire de prendre au sérieux le cri, l’appel répété du Pape: son invitation s’adresse précisément aux hommes politiques afin qu’ils y réfléchissent, et qu’ils s’y engagent. Il est nécessaire d’avoir une politique forte et une diplomatie créative, pour poursuivre la paix, sans négliger aucune piste ; pour arrêter le tourbillon pervers qui, en quelques semaines, anéantit l’espoir d’une transition écologique et redonne de l’énergie à la grande affaire du commerce et du trafic d’armes. Le vent de guerre renverse les aiguilles de l’histoire et nous replonge dans une époque que l’on espérait définitivement archivée après la chute du mur de Berlin.

Source: VATICANNEWS, le 28 mars 2022

Antoine Arjakovsky : « L’Ukraine est un laboratoire démocratique »

Cet historien aux racines russo-ukrainiennes décrypte les enjeux mémoriels du conflit en cours. À ses yeux, l’épopée de la Rus de Kiev a bel et bien donné naissance à des nations distinctes, à rebours du roman national scandé par Vladimir Poutine.

D'origine russo-ukrainienne, l'historien Antoine Arjakovsky enseigne au collège des Bernardins, à Paris. © Stéphane Grangier pour Le Pèlerin
D’origine russo-ukrainienne, l’historien Antoine Arjakovsky enseigne au collège des Bernardins, à Paris. © Stéphane Grangier pour Le Pèlerin

Comment vivez-vous ce conflit meurtrier, dans un pays auquel vous devez tant ?

Antoine Arjakovsky : Si je me laisse aller, les larmes me viennent. Je suis bouleversé. Tout comme mes deux enfants qui ont vécu la moitié de leur vie en Ukraine : leurs copains sont en âge de monter au front. Avec d’autres experts, nous avons voulu nous sentir utiles en organisant samedi dernier une soirée d’information, de prospective et de solidarité au Collège des Bernardins. De hauts responsables de l’Église catholique et de l’État français étaient représentés. Des projets de soutien ont été proposés, le grand écrivain Andreï Kurkov s’est exprimé depuis l’Ukraine… Qui doute encore que ce pays fait partie de la famille des nations européennes ?

En quoi cette guerre traduit-elle un conflit mémoriel ?

Aujourd’hui, deux historiographies s’affrontent. L’une forgée côté russe par Nikolaï Karamzine (1766-1826) et l’autre, côté ukrainien, par Mykhailo Hrushevsky (1866-1934). Ces deux visions s’accordent sur l’existence d’un État puissant du IXau XIIIesiècle, la Rus de Kiev, avec Kiev au sud et Novgorod au nord. C’est en 1240 que la Horde d’or des Tatars coupe cet État en deux : la Rus du Sud refuse la domination des Tatars tandis que celle du Nord l’accepte. Puisque la Horde d’or ne lui demande pas d’abjurer sa foi orthodoxe, le prince de Novgorod, Alexandre Nevski, consent à payer le tribut. Pour lui, le danger vient plutôt des chevaliers teutoniques de l’ouest, de confession catholique. Or, un autre prince de la Rus, Daniel de Galicie, a été fait « Rex Russiae » (roi de Russie) par le pape, tout en étant lui-même orthodoxe. À sa suite, la Rus de l’Ouest combat les Tatars et préserve son autonomie jusqu’à la domination polonaise. Au XIVe  siècle, cette Rus de Kiev se trouve donc divisée : l’ouest et le sud sous domination de la Pologne (puis de la Pologne et de la Lituanie) ; et l’est et le nord sous domination tatare.

Le sentiment national ukrainien existe-t-il alors ?

Non ! À l’époque, ni la Russie, ni l’Ukraine, ni le Bélarus n’existent. Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que trois consciences nationales se forment peu à peu : celle de la Rus du Sud imprégnée par la liberté dans un esprit cosaque ; celle de la Rus du Nord, qui donnera naissance à la Moscovie, puis à la Russie ; et celle du Bélarus marqué par la domination lituanienne. L’État russe n’émerge qu’à partir du XVIIe siècle. En 1721, Pierre le Grand devient empereur de toutes les Russies. Manière de se rattacher à la Rus de Kiev même si, en réalité, une rupture historique a eu lieu, puisque Moscou n’existait pas au moment de la Rus. Ces trois consciences nationales continuent à se forger jusqu’au XIXe siècle.

Et sur le plan religieux ?

Le phénomène est identique. Il existait un siège de la Rus de Kiev, qui s’est dédoublé au XIVe siècle : le métropolite de Kiev décide d’aller siéger à Moscou tout en continuant à porter son titre. Et c’est à partir du moment où la Moscovie demande son autonomie, en 1448, juste avant la chute de Byzance, que cette Église souhaite devenir indépendante – ce qui est accepté en 1589 par le patriarche Jérémie II de Constantinople. Cela n’empêche pas les orthodoxes du patriarcat de Moscou de continuer à se présenter comme les héritiers de Kiev, oubliant que deux Églises coexistent en Ukraine : l’Église gréco-catholique (qui a accepté le concile de Florence en 1439) et l’Église autocéphale orthodoxe de Kiev (qui recevra sa reconnaissance par Constantinople en 2018).

En clair, deux visions irréconciliables s’opposent…

Oui : côté russe, celle d’une continuité politique et religieuse entre Kiev et Moscou ; et côté ukrainien, une conception discontinue marquée par la formation de consciences nationales. Cette vision s’oppose à la conscience impériale russe qui considère que si l’on parle russe, on est russe. S’ajoute à cela une théorie de l’encerclement, un ressort très puissant repris tant par les Soviétiques que par Poutine. Les Ukrainiens, eux, se rattachent davantage à la conscience nationale telle que la définissait Ernest Renan en France, c’est-à-dire la conscience morale, le désir d’appartenir à un ensemble, autour de principes communs.

Comment deux peuples qui ont tant en commun peuvent-ils s’entretuer ?

Cela nous renvoie à ce qui s’est passé entre la France et l’Allemagne, quand chacune de nos nations voulait être l’unique héritière de l’empire carolingien. À la fin du XIX siècle, une statue équestre de Charlemagne était érigée devant Notre-Dame de Paris, berceau de l’identité française. Au même moment, Bismarck revendique l’héritage du Saint Empire romain germanique. En 1914, à l’occasion des 700 ans de la bataille de Bouvines, cette victoire est célébrée des deux côtés. L’Alsace-Lorraine cristallise ce conflit : « Ils parlent allemand, ils sont allemands ! » affirme-t-on outre-Rhin ; « Ils ont choisi la République, ils sont à nous ! » rétorque-t-on en France. Même chose entre la Russie et l’Ukraine : pas plus tard qu’en 2016, Poutine a fait ériger une statue de saint Vladimir, prince de la Rus de Kiev, devant le Kremlin, alors que ce dernier n’a jamais mis les pieds en Moscovie ! Cela relève d’une vision mythologique de l’Histoire. Et c’est dangereux : cette fausse théologie politique a déjà causé deux guerres mondiales !

Contre la folie des dirigeants, la raison peut-elle revenir par le peuple ?

C’est même la principale chance de succès. La résistance des Ukrainiens va montrer à leurs cousins russes ce qu’est une nation indépendante. Les sanctions économiques et l’effondrement du rouble peuvent aussi faire bouger l’opinion. Je vois un troisième élément : l’engagement de défenseurs de la démocratie comme l’opposant Mikhaïl Khodorkovski ou le champion d’échecs Garry Kasparov, qui ont créé un comité antiguerre de Russie. Cette plate-forme pourrait constituer la base d’une alternative démocratique au pouvoir russe. Pour moi, cette démarche a quelque chose de l’Appel du 18 juin.

Dans les années 1990, vous êtes allé vivre en Russie et en Ukraine, en quête de vos racines familiales. Qu’avez-vous compris là-bas ?

J’ai compris que la Russie, en dépit de toutes ses ressources, ne deviendra une nation libre, indépendante et florissante que lorsqu’elle acceptera de faire le jugement du communisme et de ses cent millions de morts. La grande famine a fait cinq millions de morts en Ukraine. Cela n’a jamais été condamné. Soit c’est jugé et écrit dans les manuels, soit c’est justifié et répété, comme le fait Poutine en interdisant la seule ONG qui documente ces crimes. De même, tant que l’Église orthodoxe russe – refondée en 1943 sur volonté de Staline – ne reconnaîtra pas avoir organisé un faux concile en 1946 à Lviv, ayant abouti à l’emprisonnement des évêques gréco-catholiques, à l’interdiction d’une Église de cinq millions de fidèles, on n’avancera pas. Cette famine et ce faux concile puent comme des cadavres dans le placard. Et personne ne fait rien.

Cela n’a pas empêché l’Ukraine de faire du chemin !

Forte de son expérience de la diversité et de l’œcuménisme, l’Ukraine est un laboratoire démocratique. Le multipartisme a tenu durant ces trente dernières années. Les « Maidan » successifs (1991 pour l’indépendance, 2004 pour un État libre et 2014 pour l’Europe) ont confirmé mon intuition : si la démocratie marche demain en Ukraine, elle marchera après-demain en Russie.

En 2018-2019, à l’initiative du Collège des Bernardins, vous avez imaginé un protocole de paix entre Russie et Ukraine, qui prend tout son sens aujourd’hui…

La force de ce document est d’avoir été rédigé par des intellectuels russes et ukrainiens indépendants, avec des spécialistes de France et d’Allemagne. Quatre sessions ont permis d’analyser les causes de la guerre russo-ukrainienne : politique, géopolitique, historique, ecclésiologique. À chaque fois, nous avons identifié le problème, et des façons d’en sortir. Ces propositions – dont 80 % seraient à mettre en œuvre dès demain – restent pour la plupart valables. Comme la rédaction d’un manuel d’histoire russo-ukrainien, inspiré du manuel franco-allemand. L’Histoire, c’est l’arme qu’utilise Poutine. Pour lui, l’Ukraine n’existe que depuis 1922. Vous voulez mettre Lénine par terre ? Revenez dans l’Empire russe et on va vous libérer. C’est à cause de cette contre-vérité qu’aujourd’hui la Russie bombarde et affame les 400 000 habitants de Mariupol. Un char d’assaut coûte dix millions d’euros. Un manuel russo-ukrainien, avec 100 000 euros, c’est bouclé dans les six mois. Si nous avions fait ce manuel, nous aurions peut-être évité cette propagande. © Stéphane Grangier pour Le Pèlerin

Antoine Arjakovsky, Historien
© Stéphane Grangier pour Le Pèlerin

La bio d’Antoine Arjakovsky

1966 Naissance à Paris.

1989-1991 Directeur du Collège universitaire français de Moscou.

1992 Mariage.

1998-2004 Directeur adjoint de l’Institut français d’Ukraine.

2000 Thèse de doctorat sur les penseurs religieux de l’émigration russe.

2004 Fondation et direction de l’Institut d’études œcuméniques de Lviv, au sein de l’Université catholique ukrainienne.

Depuis 2011 Codirecteur du département de recherche Politique et Religions du Collège des Bernardins, à Paris.

2013 Publication de Qu’est-ce que l’orthodoxie ? Antoine Arjakovsky (Éd. Gallimard, Folio Essai, 640 p. ; 12,50 € ).

2018-2019 Participe au Rapport de la commission « Vérité, justice et réconciliation » : Quel plan de paix entre la Russie et l’Ukraine ?

Source: LE PÈLERIN.COM, le 28 mars 2032

Elles préparent leur première communion en Ukraine… et la reçoivent en Pologne

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fot. Misjonarze Oblaci Maryi Niepokalanej

Mirosława et Margarita se préparaient à recevoir la première communion en Ukraine. Mais l’offensive russe en a décidé autrement et c’est en Pologne, où elles vivent désormais, qu’elles ont reçu le sacrement.

Malgré la violence et la guerre en Ukraine, le Christ continue de se donner et de se recevoir. Mirosława, 16 ans, et Margarita, 11 ans, se préparaient à recevoir la première communion en Ukraine, dans leur paroisse. Mais l’offensive lancée par l’armée russe le 24 février les a contraintes, avec leur mère et leur frère de deux mois, à quitter l’Ukraine et se réfugier en Pologne. Mais en dépit des souffrances et des doutes, les deux adolescentes ont pu faire leur première communion fin mars.

C’est dans la chapelle du monastère de Świętokrzyskie, au sud-est de la Pologne, qu’elles ont pu recevoir le sacrement de l’eucharistie. Si le père Krzysztof Buzikowski, oblat de Marie-Immaculée, avait commencé à les préparer en Ukraine, c’est le père Jacek Leśniarek, également oblat de Marie-Immaculé, qui a achevé leur réparation. L’eucharistie a été célébrée en ukrainien.

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fot. Misjonarze Oblaci Maryi Niepokalanej

Source; ALETEIA, le 28 mars 2022

Le Pape offre une ambulance à l’Ukraine

Le Pape bénissant l'ambulance emmenée en Ukraine par le cardinal Krajewski.Le Pape bénissant l’ambulance emmenée en Ukraine par le cardinal Krajewski.

Le Pape offre une ambulance à l’Ukraine

Le cardinal Konrad Krajewski, aumônier apostolique, a pris la route samedi 26 mars vers l’Ukraine, à bord d’une ambulance, don du Pape François au peuple ukrainien.

Ce samedi après-midi 26 mars, le cardinal Konrad Krajewski, aumônier de Sa Sainteté, est parti pour Lviv en Ukraine à bord d’une ambulance donnée et bénie par le Pape François. Le véhicule «sera offert aux autorités de la ville ukrainienne pour porter secours à la population, qui a considérablement augmenté ces dernières semaines en raison des réfugiés», a précisé Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège.

Il s’agit d’un nouveau don du Saint-Père envers l’Ukraine et d’un nouveau voyage pour le cardinal polonais qui s’était déjà rendu en Ukraine et en Pologne il y a deux semaines afin de témoigner de la proximité du Pape envers le peuple ukrainien. Le cardinal polonais avait apporté de l’aide humanitaire et rencontré des réfugiés. Il avait également participé à une prière interreligieuse pour la paix dans la cathédrale latine de Lviv. Ce départ pour l’Ukraine pour l’aumônier apostolique du Pape intervient au lendemain de sa venue au sanctuaire marial de Fatima au Portugal, où le cardinal polonais a prononcé la consécration de la Russie et de l’Ukraine au Cœur Immaculé de Marie, en même temps que François à Rome.

Source: VATICANNEWS, le 26 mars 2022

François appelle à effacer la guerre de l’humanité avant qu’elle n’efface l’homme de l’histoire

Une église à Lviv en Ukraine, sous les fumées des bombardements, le 27 mars 2022. Une église à Lviv en Ukraine, sous les fumées des bombardements, le 27 mars 2022. (AFP or licensors)

François appelle à effacer la guerre de l’humanité avant qu’elle n’efface l’homme de l’histoire

Après la prière de l’angélus du dimanche 27 mars, le Pape François a de nouveau appelé à la paix en Ukraine, dénonçant une guerre cruelle et insensée.

Vatican News

Il y a maintenant plus d’un mois, le 24 février dernier, la Russie débutait son invasion de l’Ukraine. «Cette guerre cruelle et insensée qui, comme toute guerre, représente une défaite pour tous, pour chacun d’entre nous. Il est nécessaire de répudier la guerre, un lieu de mort où les pères et les mères enterrent leurs enfants, où les hommes tuent leurs frères sans même les voir, où les puissants décident et les pauvres meurent.», a déclaré François, le ton grave, après la prière de l’angélus.

La bestialité de la guerre

Car, a continué, le Souverain pontife, «La guerre ne dévaste pas seulement le présent, mais aussi l’avenir d’une société.» «Cela signifie détruire l’avenir, provoquer des traumatismes dramatiques chez les plus jeunes et les plus innocents d’entre nous. C’est la bestialité de la guerre, un acte barbare et sacrilège !», s’est horrifié François. Au total depuis le début de la guerre, plus de dix millions de personnes ont dû fuir leur foyer, dont quatre millions en dehors des frontières ukrainiennes. Parmi les réfugiés et déplacés se trouvent plus d’1,5 million d’enfants, selon les Nations unies.

«La guerre ne peut pas être quelque chose d’inévitable, a poursuivi François, nous ne devons pas nous y habituer ! Au contraire, nous devons convertir l’indignation d’aujourd’hui en engagement de demain. Parce que, si nous sortons de tout ça comme avant, nous serons tous coupables d’une manière ou d’une autre. Face au danger d’autodestruction, que l’humanité comprenne que le moment est venu d’abolir la guerre, de l’effacer de l’histoire de l’humanité avant qu’elle n’efface l’homme de l’histoire.»

Enfin, le Saint-Père a demandé aux responsables politiques de réfléchir, et de s’engager vers l’abolition de la guerre, «Et, en regardant l’Ukraine tourmentée, de comprendre que chaque jour de guerre aggrave la situation pour tout le monde. C’est pourquoi je renouvelle mon appel : assez, arrêtez, déposez les armes, travaillons sérieusement pour la paix !»

Source: VATICANNEWS , le 27 mars 2022

Archevêque de Cracovie: pour être un opposant crédible à l’impérialisme russe, l’Europe doit se rappeler de qui il s’agit

L’archevêque Marek Jędraszewski évoque les causes profondes de la guerre actuelle, le passé douloureux de la Pologne et de l’Ukraine, et les récentes sanctions de l’Union européenne contre la Pologne qu’il considère comme contre-productives. De Solène Tadié sur le site web National Catholic Register :

« CRACOVIE, Pologne — La récente invasion de l’Ukraine par la Russie a rouvert de vieilles blessures inscrites dans la mémoire collective de tous les pays qui ont vécu sous le joug de l’Union soviétique au XXe siècle, à commencer par la Pologne, avec laquelle l’Ukraine partage la quasi-totalité de son frontière orientale et qui fait office de premier pays d’accueil pour les populations déchirées par la guerre en cours.

Alors que les institutions catholiques du pays comme Caritas ou Sant’Egidio ont été à l’avant-garde de l’assistance offerte au flux ininterrompu de personnes – principalement des femmes et des enfants – fuyant l’Ukraine depuis le 24 février, certains responsables de l’Église en ont mis un point d’honneur pour montrer leur engagement personnel face à la crise humanitaire, spirituelle et politique qui s’est propagée à travers l’Europe.

C’est le cas notamment de Mgr Marek Jędraszewski de Cracovie, qui a personnellement accueilli quelque 800 réfugiés à la gare de la ville le soir du 2 mars et qui a plus récemment ouvert les portes de sa propre résidence à quelques familles ukrainiennes.

Le prélat, qui dirige depuis 2017 le diocèse historique de Saint-Jean-Paul II (dont il était un ami proche), ne cache pas son inquiétude face aux velléités expansionnistes de Vladimir Poutine, dans lesquelles il perçoit un rêve. de rétablir un empire russe sur les anciens territoires de l’Union soviétique. Mgr Jędraszewski évoque cette inquiétude dans cet entretien du Registre, au cours duquel il a également déploré la perte du socle commun de l’Europe, autrefois unifiée par le christianisme mais qui n’a plus de modèle ni de valeurs crédibles pour s’opposer aux forces qui la menacent.

Comment définiriez-vous le moment historique dans lequel nous vivons ? 

D’une part, il y a le désir de Poutine et d’autres de recréer l’Union soviétique [qui s’est effondrée en 1991], précisément comme l’avait prédit feu notre président Lech Kaczyński – décédé dans la tragédie de Smolensk en 2010. Lors de l’ invasion russe de la Géorgie en 2008, il se rendit avec les présidents de l’Ukraine, de la Lituanie et de la Lettonie à Tbilissi, en Géorgie, et prophétisa qu’après la Géorgie ce serait au tour de l’Ukraine, puis des pays voisins de la mer Baltique, et dans le finir probablement mon pays, la Pologne. Et voilà que ça se passe sous nos yeux.

Maintenant, il y a une bataille en cours pour reprendre l’Ukraine, et puis, bien sûr, [nous sommes préoccupés par] la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie. … Nous savons que les Ukrainiens, qui se battent pour leur liberté, se battent aussi pour notre liberté.

Comment avez-vous accueilli la nouvelle de la consécration de la Russie et de l’Ukraine au Cœur Immaculé de Marie ? Qu’est-ce que cela signifie pour vous et comment vous préparez-vous pour cet événement à Cracovie ?

Le pape François a déclaré que cet événement est une conséquence des différentes voix qui lui sont parvenues avec la demande d’accomplir la volonté de Marie de Fatima et de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé. Dans le texte que le Pape François nous a envoyé, il est mentionné qu’au Cœur Immaculé de Marie « nous nous confions et nous consacrons solennellement, l’Église et toute l’humanité, en particulier la Russie et l’Ukraine ». À ce Cœur, nous consacrons donc le monde entier, qui aujourd’hui en divers endroits souffre beaucoup des guerres, et nous prions Marie pour le don et la grâce de la paix vraie et juste, cette paix qui nous apporte le Christ ressuscité, qui est le premier message de paix.

L’événement de la consécration au Cœur Immaculé de Marie sera célébré dans toutes les paroisses de l’archidiocèse de Cracovie, en particulier à la cathédrale de Wawel. Juste après cette consécration dans tout l’archidiocèse suivra une adoration du Saint-Sacrement, pour unifier nos prières pour la paix, et cela durera toute la nuit.

En tant qu’archevêque de Cracovie, vous n’avez épargné aucun effort ni aucune ressource de votre diocèse pour accueillir correctement les réfugiés dans vos différents bâtiments. Après avoir personnellement accueilli des centaines d’entre eux à la gare le soir du mercredi des Cendres, vous accueillez désormais également des familles ukrainiennes dans votre résidence. Quel impact ces rencontres et ces expériences ont-elles sur vous ?

Il y a un grand flux chaque jour, chaque nuit, de réfugiés qui arrivent en Pologne. Près de 800 personnes sont arrivées dans la seule nuit du 2 mars, presque toutes des femmes avec de jeunes enfants, et le flux n’a pas été interrompu depuis.

Ce n’est pas facile pour moi d’en parler. … Voir ces enfants avec leurs mères, qui transportent si souvent très peu de choses avec elles, même juste un sac à main ; beaucoup sont si fatigués, ne sachant pas quoi faire. Beaucoup de gens pleurent. Mais ils sont reçus avec un grand accueil, fraternel, par l’Etat, par les municipalités, par la Caritas de l’Eglise. Ils savent qu’ils sont entre de bonnes mains; ils ont eu de la nourriture chaude, une excellente offre pour rester à Cracovie même ou ailleurs. Nous les aidons à aller où ils veulent, même dans d’autres parties de la Pologne.

Malheureusement, il y a aussi beaucoup de fausses nouvelles diffusées notamment par les Russes, selon lesquelles de nombreuses femmes qui arrivent en Pologne sont envoyées dans des bordels et les enfants emmenés par les autorités et enfermés dans des camps. Pour eux [les réfugiés], c’est un voyage vers un endroit totalement inconnu ; beaucoup ont peur. Mais quand ils nous voient, ils sont rassurés.

Comment décririez-vous le lien historique entre la Pologne et l’Ukraine ?

C’est une histoire très complexe. Le début du christianisme en Pologne et en Ukraine remonte à la fin du Xe siècle. En 1018, il y eut une guerre entre l’empereur allemand Henri II , allié avec le grand prince de Kiev (Kiev), Jaroslav Ier Vladimirovitch , dit le Sage, contre la Pologne. Après la signature du traité de paix de Bautzen avec l’empereur en janvier 1018, Boleslas Ier , le premier roi de Pologne, lance une offensive qui le mène à Kiev en seulement trois semaines, et la Pologne prend de nombreux territoires dans la région.

Puis, pendant trois siècles, de 1350 à 1660 plus ou moins, l’Ukraine a fait partie de la Pologne. Au milieu du XVIIe siècle, il y eut des guerres très cruelles entre le peuple de l’Ukraine actuelle, qui voulait son indépendance, et la Pologne. Afin de s’affranchir de la Pologne, dans les années 1660 à 1680, une grande partie des Ukrainiens acceptèrent le tsar de Moscou comme leur souverain. C’est ainsi que leur drame a commencé. … Jean-Paul II, lors de sa visite à Kiev en 2001, a magnifiquement parlé de l’histoire ukrainienne et a rappelé avec force les souffrances du peuple ukrainien pendant le communisme.

Mais il n’a pas parlé d’une page d’histoire qui reste très difficile pour nous Polonais. Lorsque la guerre a éclaté entre la Russie et l’Allemagne hitlérienne en 1941, une partie des Ukrainiens a soutenu Hitler. Cette partie du pays, en particulier dans la région de Volhynie, voulait créer un espace propre à partir d’autres nations. Beaucoup de Polonais y vivaient car, avant la Seconde Guerre mondiale, toute une partie de la région appartenait encore à la Pologne ; par exemple, la ville de Lviv. Des choses terribles et inimaginables se sont alors produites. Ce que les Ukrainiens ont fait aux Polonais en 1943, en particulier aux femmes, est indescriptible. Jusqu’à présent, les autorités ukrainiennes n’ont rien dit à ce sujet.

Lorsque je suis allé à Lviv il y a environ huit ans, j’ai visité, entre autres, l’Université polytechnique [nationale] de la ville. Quand vous pénétrez dans ces immenses bâtiments, qui vous salue ? Statues, monuments à la figure de Stepan Bandera , qui est directement responsable des massacres de Polonais pendant la guerre. Ce n’est donc pas une histoire facile, c’est le moins qu’on puisse dire.

Mais l’histoire est l’histoire, et nous devons regarder vers l’avenir et nous unir, sachant que la Russie n’a pas oublié sa grande histoire, celle de l’empire. Et, de fait, de nombreux propagandistes russes tentent de réactiver ces douloureux souvenirs de 1943-1944 pour diviser la Pologne et l’Ukraine et dissuader les Polonais d’accueillir des réfugiés. Mais malgré notre histoire douloureuse, nous sommes unis par le christianisme au-delà de tout, et donc par le pardon.

De nombreux médias ont vivement critiqué la Pologne pour sa réaction face à la crise des réfugiés à la frontière avec la Biélorussie à l’automne dernier. Désormais, il semble que la Pologne soit devenue pour beaucoup un modèle à suivre, même si certains chroniqueurs continuent de reprocher au pays de ne pas accueillir de la même manière les réfugiés de Biélorussie et ceux d’Ukraine. Que pensez-vous de cela?

Nous savions très bien que ces réfugiés à la frontière avec la Biélorussie n’étaient pas de vrais réfugiés ; c’étaient des gens amenés par le président biélorusse Aljaksandr Lukašėnka pour les faire entrer en Pologne et ainsi déséquilibrer le pays, pour provoquer des choses similaires à ce que nous avons vu dans les rues de Cologne ou de Milan . S’ils étaient entrés, nous aurions eu des problèmes avec eux, et nous n’aurions alors pas eu la force d’aider ceux qui en ont vraiment besoin aujourd’hui. Vous devez voir ce problème avec la Biélorussie avec les soi-disant réfugiés comme une première étape pour préparer la «mission» russe contre l’Ukraine.

Quand les Polonais ont vu ces Ukrainiens, qui sont vraiment en grande difficulté, sans abri, victimes de la guerre, ils ont montré qu’ils étaient toujours prêts à aider, à tout donner, le cœur ouvert. Et plusieurs curés de l’archidiocèse de Cracovie me disent que pendant les messes dominicales, ils continuent de recevoir de nombreuses offrandes des fidèles pour aider leurs frères ukrainiens.

Outre les conséquences de la guerre initiée par Vladimir Poutine, votre pays fait également face à des sanctions de Bruxelles, qui pousse à l’activation immédiate du mécanisme de conditionnalité de l’État de droit pour priver la Pologne des fonds européens. Comprenez-vous ces politiques?

Tout d’abord, l’UE n’a presque rien fait lors de l’invasion de 2008, pas même en 2014, avec la crise en Crimée. Maintenant, grâce également aux efforts du gouvernement polonais et d’autres pays, l’UE se réveille et fait beaucoup, notamment en supprimant les liens économiques, sportifs et culturels avec la Russie et en aidant l’Ukraine, avec des moyens économiques et surtout avec des armes. Pour nous, cette solidarité de l’UE est un signe d’espoir.

Cependant, alors qu’ils veulent créer une union contre la Russie, à juste titre, ils continuent d’organiser au Parlement européen des initiatives pour faire condamner la Pologne pour violation présumée de l’État de droit. Nous venons d’être condamnés, et maintenant ils veulent ouvrir une nouvelle procédure contre le système judiciaire polonais, remettant en cause les mécanismes démocratiques de nos cours de justice.

On parle beaucoup des soi-disant « valeurs européennes », mais nous, Européens, ne savons plus qui nous sommes. Il y a mille ans, malgré de nombreuses batailles, de nombreuses trahisons, il y avait le christianisme comme facteur commun pour nous unir. L’Europe était basée sur le christianisme. Désormais, ce socle commun n’existe plus. Nous ne sommes unis que par le marché, par l’argent ; il est devenu très difficile de cimenter l’Europe. Sur quoi? Qui sommes nous? Nous ne savons pas. Comment s’opposer aux ambitions expansionnistes de la Russie si nous ne savons pas qui nous sommes, si nous ne restons pas unis dans notre fondement historique qu’est le christianisme ? Il serait plus que temps d’y réfléchir.

A cet égard, je voudrais également citer un fragment, très pertinent pour aujourd’hui, de l’homélie prononcée par saint Jean-Paul II en 1997, à l’occasion du 1 000e anniversaire de la mort de saint Adalbert : « Ne peut-on pas dire qu’après l’effondrement d’un mur [de Berlin], le visible, un autre, l’invisible mur a été découvert, celui qui continue à diviser notre continent — le mur qui existe dans le cœur des gens ? […] Même les réalisations indéniables de ces dernières années dans les domaines économique, politique et social ne cachent pas que ce mur existe. Il projette son ombre sur toute l’Europe. L’objectif de l’unité authentique du continent européen est encore lointain. Il n’y aura pas d’unité européenne tant qu’elle ne sera pas fondée sur l’unité de l’esprit. Cette base d’unité la plus profonde a été apportée à l’Europe et consolidée au cours des siècles par le christianisme avec son Évangile, par sa compréhension de l’homme et par sa contribution au développement de l’histoire des peuples et des nations. Cela ne signifie pas une volonté de s’approprier l’histoire, car l’histoire de l’Europe est un grand fleuve dans lequel se jettent de nombreux affluents, et la variété des traditions et des cultures qui la façonnent est sa grande richesse. Les fondements de l’identité de l’Europe reposent sur le christianisme. Et son manque actuel d’unité spirituelle découle principalement de la crise de cette conscience chrétienne de soi. »

Source: BELGICATHO, le 24 mars 2022

AMÉRIQUE LATINE – Le 25 mars, les sanctuaires mariaux, les paroisses et les familles du continent feront monter vers le ciel leurs prières pour la paix

AMÉRIQUE LATINE – Le 25 mars, les sanctuaires mariaux, les paroisses et les familles du continent feront monter vers le ciel leurs prières pour la paix

Les Eglises locales d’Amérique latine ont répondu à l’appel lancé par le Pape François aux évêques, aux prêtres, aux religieux et aux fidèles du monde entier pour qu’ils se joignent à la prière communautaire le 25 mars, lorsqu’il prononcera l’Acte de consécration au Cœur Immaculé de Marie de Russie et d’Ukraine à Saint-Pierre,  » afin que le saint peuple de Dieu puisse élever sa prière vers sa Mère de manière unanime et sincère « . Des célébrations sont prévues dans les principaux sanctuaires mariaux du continent, ainsi que dans les paroisses, les églises, les chapelles et les familles. Nombre d’entre elles seront diffusées sur les stations de radio et de télévision nationales et sur les médias sociaux.


Mgr Miguel Cabrejos, Président du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) et de la Conférence épiscopale péruvienne, a publié un message vidéo dans lequel il rappelle que « depuis le 24 février dernier, nous assistons, à travers les différents médias, à une guerre sanglante en Ukraine, où l’on compte déjà des milliers de morts et de blessés, ainsi que plus de trois millions de réfugiés, qui ont dû chercher protection dans les pays voisins ». Monseigneur Cabrejos rappelle les paroles du Pape François dans ses différents discours en faveur de la paix et souligne : « notre cœur ne peut que pleurer pour les enfants, pour les femmes assassinées, pour toutes les victimes de la guerre », insistant sur le fait que « la guerre n’est jamais la solution ». Enfin, il a réaffirmé que « notre force est dans la foi » et a invité, au nom des Évêques du Pérou, « tous les frères et sœurs et les personnes de bonne volonté, afin que, dans chaque église, paroisse, chapelle et maison, nous puissions nous joindre au pape François le 25 mars, pour implorer Dieu de mettre fin à cette guerre ».


L’Église de Bolivie se joindra au geste du Pape François avec la célébration pénitentielle du Carême, qui aura lieu dans la basilique mineure de San Francisco dans la ville de La Paz à midi. De même, les différentes juridictions ecclésiastiques de Bolivie se joindront à la prière dans leurs paroisses.


La Conférence nationale des Évêques du Brésil (CNBB) et la nonciature apostolique ont programmé une célébration eucharistique le 25 mars, à 7 heures, dans la chapelle de Notre-Dame d’Aparecida, à Brasilia, conformément à l’invitation du pape François. L’Évêque auxiliaire de Rio Janeiro et Secrétaire Général de la CNBB, Monseigneur Joel Portella Amado, présidera la célébration, qui sera retransmise en direct par plusieurs chaînes de télévision et les réseaux sociaux de la CNBB.


La Conférence épiscopale du Paraguay se joint au Saint-Père pour « accompagner ce moment depuis le sanctuaire marial le plus important du pays », dédié à la Vierge de Caacupé : l’acte de consécration sera diffusé par le biais de plateformes numériques et de médias sociaux. Les Évêques soulignent : « Nous nous associons à l’appel lancé par le pape François aux croyants et aux non-croyants de notre pays pour qu’ils se joignent à la prière, chacun de l’endroit où il se trouve, pour la paix et la fin de la guerre déclenchée entre deux pays frères, la Russie et l’Ukraine ».


Coïncidant avec l’heure de la Célébration à Rome, à 13 heures, dans la Basilique de Notre Dame de Luján, le Président de la Conférence épiscopale argentine, Monseigneur Oscar Ojea, présidera la célébration eucharistique au cours de laquelle ils prieront pour le don de la paix pour ces nations et pour le monde entier. Les Sanctuaires et Diocèses du pays se joindront à la célébration de cette fervente prière pour la paix entre les peuples.
« Vendredi prochain, le Pape, depuis Rome, et chaque Évêque dans sa cathédrale, chaque prêtre dans sa paroisse, et je voudrais aussi inviter chaque laïc, dans la famille, à se réunir si possible entre 19 et 20 heures, pour faire la consécration, l’union des forces aussi dans la famille », a exhorté le Cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua, au Nicaragua. Le cardinal a insisté sur le fait que le Seigneur « ne fait pas la sourde oreille, ne se détourne pas des réalités que nous vivons, mais… ce que le Seigneur demande à chacun de nous, c’est de faire l’expérience de la conversion, du changement ».


La présidence de la Conférence épiscopale de Colombie est à Rome pour des réunions pastorales, et les Évêques se joindront à l’acte de consécration présidé par le Pape François. Le même acte, le même jour, sera présidé par Monseigneur Luis Felipe Sánchez Aponte, Évêque de Chiquinquirá, qui célébrera la messe dans le sanctuaire de cette ville mariale, qui abrite l’image de la Patronne de la Colombie. L’épiscopat colombien exhorte tous les catholiques à se joindre à l’appel du Pape François en ce jour, dans tous les coins du pays.


Les Évêques de la Conférence épiscopale du Costa Rica se joindront à cette célébration de l’Église universelle depuis le sanctuaire national et la basilique de Notre-Dame des Anges à Cartago. L’acte de consécration sera suivi de la messe pour la paix. Toutes les paroisses sont invitées à se joindre spirituellement à la célébration, en même temps que le Pape (via Internet ou d’autres moyens de communication).

Source: Agence Fides, le 24 mars 2022

MOYEN-ORIENT – Les Eglises du Moyen-Orient se joignent à l’Acte de Consécration à Marie pour la fin de la guerre en Ukraine

MOYEN-ORIENT – Les Eglises du Moyen-Orient se joignent à l’Acte de Consécration à Marie pour la fin de la guerre en Ukraine

Les Eglises catholiques du Moyen-Orient s’associent au Pape François dans l’acte par lequel la Russie et l’Ukraine seront consacrées au Cœur Immaculé de Marie, pour demander la fin de la guerre tragique qui a commencé il y a un mois au cœur de l’Europe. Il existe d’innombrables célébrations liturgiques promues par les Patriarches et les Évêques du Moyen-Orient qui se joindront idéalement à la liturgie pénitentielle et à l’acte de consécration prévus dans l’après-midi du vendredi 25 mars à Rome, dans la basilique Saint-Pierre, présidée par le Pape.

On notera en particulier les initiatives du patriarche syrien catholique Ignace Youssef III Younan qui, vendredi à 18h30, invoquera l’intercession de Jésus et de la Vierge Marie pour la fin de la guerre en Ukraine lors de la divine liturgie célébrée à Beyrouth, dans la cathédrale syrienne catholique dédiée à Notre-Dame de l’Annonciation.


À Bagdad également, le Cardinal Louis Raphael Sako, Patriarche de l’Église chaldéenne, a invité les Évêques, le clergé et les laïcs à se joindre à l’appel du Pape en priant pour la fin de la guerre en Ukraine et le retour de la paix.

Le vendredi 25 mars à 19 heures, en même temps que la liturgie pénitentielle à Rome, le Patriarche Sako célébrera également la divine liturgie de la remise à Marie dans l’église chaldéenne de Notre Dame du Rosaire à Bagdad.

Source: Agence Fides , le 24 mars 2022