Deux prêtres arrêtés à Berdyansk, en Ukraine

Laure de Sviatohirsk dans la région de Donetsk, le 19 octobre 2022Laure de Sviatohirsk dans la région de Donetsk, le 19 octobre 2022 (ANSA)

Deux prêtres arrêtés à Berdyansk, en Ukraine

Deux pères rédemptoristes de Berdyansk ont été emmenés par les forces d’occupation russes et sont maintenant en détention. Ils ont été accusés d’activités subversives contre les occupants, a souligné l’exarchat de Donetsk de l’Église gréco-catholique dans un communiqué. 

Michele Raviart – Cité du Vatican

Les pères rédemptoristes Ivan Levystky et Bohdan Geleta, respectivement curé et vicaire de l’église de la Nativité de la Sainte Vierge Marie, à Marioupol, ville située sur la mer d’Azov, ont été arrêtés par l’administration d’occupation russe à Berdyansk. Les deux personnes, qui sont actuellement en détention, ont été accusées d’activités subversives à l’encontre des représentants des troupes russes à Berdyansk pour avoir prétendument possédé des armes et des munitions ainsi que des livres sur l’histoire ukrainienne.

Un déni des droits humains fondamentaux

Des accusations promptement démenties par l’exarchat de Donetsk de l’Église gréco-catholique ukrainienne, qui a demandé dans un communiqué leur «libération rapide» et a évoqué «un déni total des principes fondamentaux des droits de l’Homme» pour les deux prêtres, qui exerçaient leur ministère «en toute légalité» depuis plus de trois ans. «Ils ont été arrêtés, puis leur maison religieuse et leur église ont été fouillées et ensuite, pour trouver une excuse, ils ont inventé l’histoire des livres et des armes cachés dans le sous-sol», explique Mgr Maksim Ryabukha, nommé évêque auxiliaire de l’exarchat de l’archevêché de Donetsk. «Il s’agit d’histoires inventées pour justifier la terreur envers les religieux et la population, car ces nouvelles touchent évidemment aussi tous les fidèles catholiques du Donbass». Les deux prêtres arrêtés, explique-t-il, sont restés dans la zone occupée par les Russes même en ces temps très difficiles. «Dans cette terrible guerre, ils ont toujours accompagné le peuple, ils ont maintenu la sollicitude paternelle et maternelle de l’Église pour tous les fidèles qui restent malheureusement dans cette situation dramatique de l’occupation des militaires russes sur le territoire ukrainien».

«Une guerre injuste et terrible, mais Dieu n’a abandonné personne»

Leur paroisse est désormais fermée aux fidèles, ce qui rend encore plus difficile le rassemblement des gréco-catholiques de Berdyansk. «Il nous reste à prier pour les prêtres et pour toutes les victimes de cette guerre injuste et terrible, souligne MGr Ryabukha, pour que le bon Dieu les garde tous et les aide à surmonter ces moments difficiles, car ici vous vous retrouvez blâmé pour avoir été fidèle à votre Église, à votre Dieu et pour avoir été un bon berger pour son troupeau.» Ces derniers jours, un autre prêtre avait été emmené par les Russes à Melitopol et quelques heures plus tard, il a été libéré à Zaporizhzhia. «Il y a d’autres prêtres qui travaillent non seulement dans les territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien, mais aussi dans les territoires occupés par l’armée russe, en essayant de maintenir la présence et le soin pastoral dans toutes ces paroisses où il n’y a maintenant plus d’autres pasteurs», explique encore l’évêque, «et ainsi, dans la mesure où cela est encore possible, nous essayons de maintenir la vie religieuse et spirituelle vivante et active. Les fidèles comprennent que dans cette période difficile, de fatigue et d’épreuve pour notre peuple, Dieu n’a abandonné personne, mais continue à être présent.»

Source : VATICANNEWS, le 27 novembre 2022

Le Pape unit ses larmes à celles du peuple ukrainien

Une femme de 73 ans dine avec son fils de 39 ans, dans la ville de Kherson, le 24 novembre 2022.
Une femme de 73 ans dine avec son fils de 39 ans, dans la ville de Kherson, le 24 novembre 2022. (ANSA)

Le Pape unit ses larmes à celles du peuple ukrainien

Dans une lettre publiée le 24 novembre, alors que l’Ukraine entrait dans son 10ème mois de guerre, François se fait proche des Ukrainiens dont la vie a basculé dans «une mer de mal et de douleur». A l’approche de leur premier Noël de guerre, François les encourage: dans la nuit sombre et froide de Bethléem la lumière arriva, «elle ne vint pas de la terre mais du Ciel» leur écrit-il.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

«Il n’y a pas un jour où je ne suis pas proche de vous et où je ne vous porte pas dans mon cœur et dans ma prière. Votre douleur est ma douleur», écrit le Pape dans cette lettre datée du 24 novembre 2022. L’Ukraine a connu neuf mois de guerre. Le Pape sait «le rugissement inquiétant des explosions et le son sinistre des sirènes», les villes martelées par les bombes, les morts, les destructions, la fuite. «Le long de vos grands fleuves coulent chaque jour des rivières de sang et de larmes», écrit François.

«Dans la croix de Jésus aujourd’hui, je vous vois, vous qui souffrez de la terreur déclenchée par cette agression. Oui, la croix qui a torturé le Seigneur revit dans les tortures trouvées sur les cadavres, dans les charniers découverts dans différentes villes, dans ces images et tant d’autres images sanglantes qui sont entrées dans nos âmes, qui nous font crier: pourquoi ? Comment des hommes peuvent-ils traiter d’autres hommes de cette façon ?»

Un peuple plongé dans une mer de douleur

Une multitude d’histoires viennent à l’esprit du Pape, des prénoms mêmes, ceux des petites Kira et Lisa tuées à Odessa et Vinnytsia. Le Pape pense aux enfants qui ne sont plus: «Dans le giron de Dieu, ils voient votre angoisse et prient pour qu’elle cesse» ; «En chacun d’eux, c’est toute l’humanité qui est vaincue».François pense aux petits blessés, orphelins, déportés. «La douleur des mères ukrainiennes est incalculable».

Le Pape ne veut oublier personne: ni les jeunes qui ont troqué leurs rêves d’avenir par des armes, ni les épouses qui ont perdu leurs maris mais vont de l’avant «avec dignité et détermination», ni les adultes qui veulent protéger leurs proches, ni les anciens qui, «au lieu d’un coucher de soleil serein, avez été jetées dans la nuit noire de la guerre». Il pense aux civils jetés sur les routes.

Des Ukrainiens solidaires et courageux

Dans cette lettre, le Pape ne manque pas non plus de saluer le travail les volontaires qui se donnent pour leur peuple, mais aussi les pasteurs restés aux cotés de leurs fidèles pour leur apporter la consolation de Dieu et de l’aide.

Le Pape prie aussi pour les autorités. «C’est à elles qu’incombe le devoir de gouverner le pays en ces temps tragiques et de prendre des décisions clairvoyantes pour la paix et le développement de l’économie pendant la destruction de tant d’infrastructures vitales, en ville comme à la campagne».

Le peuple ukrainien, 90 ans après l’Holodomor, (La famine causée en Ukraine par Staline en 1932 et 1933, ndl) se retrouve «dans une mer de malheur et de douleur», et pourtant pas de découragement, ni de plaintes, note François. «Le monde a reconnu un peuple audacieux et fort, un peuple qui souffre et prie, pleure et lutte, résiste et espère: un peuple noble et martyr», écrit le Saint-Père, proche «avec son cœur et sa prière». Il promet de les accompagner aujourd’hui et demain «quand la tentation pourrait venir d’oublier votre souffrance».

La lumière dans la nuit

Alors qu’une grande partie du pays est plongée dans le noir «en ces mois, où la rudesse du climat rend encore plus tragique ce que vous vivez», le Pape leur rappelle l’affection de l’Église, la force de la prière, l’amour de tant de frères et sœurs. Que ce soient «des caresses sur votre visage» écrit-il

Bientôt, l’Ukraine vivra son premier Noël de guerre, «la douleur de la souffrance sera encore plus vive», et François les prend par la main, jusqu’à Bethléem pour leur parler de l’épreuve qu’a dû affronter la Sainte Famille «en cette nuit qui ne semblait que froide et sombre. Au contraire, la lumière est venue: non pas des hommes, mais de Dieu ; non pas de la terre, mais du Ciel».

Le Pape conclue sa lettre en demandant à la Vierge au Cœur Immaculée de laquelle il consacra l’Ukraine et la Russie, de veiller sur eux. Il invite les Ukrainiens à jamais ne se lasser de demander à celle qui a fait entrer Dieu dans notre monde le «don attendu de la paix».

Que le Seigneur «comble les justes attentes de vos cœurs, qu’il guérisse vos blessures et vous donne sa consolation. Je suis avec vous, je prie pour vous et je vous demande de prier pour moi» finit François.

Source : VATICANNEWS, le 25 novembre 2022

Cardinal Parolin: l’Ukraine ne peut être laissée dans l’obscurité et le froid

Immeuble détruit par les missiles russes à Vychhorod près de la capitale ukrainienne, le 24 novembre 2022. Immeuble détruit par les missiles russes à Vychhorod près de la capitale ukrainienne, le 24 novembre 2022.

Cardinal Parolin: l’Ukraine ne peut être laissée dans l’obscurité et le froid

Interrogé par la chaîne de télévision catholique italienne Tv2000, en marge de l’inauguration de l’année académique de l’Université européenne de Rome, institution privée catholique, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a confirmé l’engagement du Vatican en faveur de la paix. Il a constaté le peu de résultats de l’action diplomatique jusqu’à présent. 

Marco Guerra – Cité du Vatican

Dans un entretien accordé à Tv2000 ce jeudi 24 novembre, le cardinal Pietro Parolin a réitéré la volonté du Saint-Siège de contribuer à une négociation pour mettre fin à la guerre en Ukraine, bien que «la diplomatie n’ait pas donné de grands résultats jusqu’à présent», a-t-il dit.

La disponibilité du Pape

Le cardinal Parolin, interrogé jeudi en marge de l’inauguration de l’année académique de l’Université européenne de Rome -gérée par les Légionnaires du Christ, reconnue par l’État italien-, a souligné que «la disponibilité du Saint-Siège» a été donnée dès le début. «Le Pape a continuellement répété son désir de mettre fin à la guerre mais aussi de se rendre disponible pour offrir les conditions et les espaces pour que cela se produise. Jusqu’à présent, cependant, nous n’avons pas vu de réponse», a noté le cardinal Parolin.

Les trois lignes d’action du Saint-Siège

«Les trois lignes sur lesquelles le Saint-Siège se déplace, a poursuivi le secrétaire d’État, sont tout d’abord le magistère du Pape avec ses appels continus et sincères pour la fin de la guerre; ensuite, il y a l’aspect humanitaire, car la situation en Ukraine devient de plus en plus intenable avec la population laissée dans l’obscurité et dans le froid à cause des bombardements d’installations civiles, quelque chose de vraiment impensable; enfin, il y a l’action diplomatique, qui pour le moment n’a pas donné de grands résultats».

Source : VATICANNEWS, le 24 novembre 2022

Solennité de l’Assomption: la Vierge Marie, icône du Salut du peuple ukrainien

Sanctuaire marial de Pohonja en Ukraine. Sanctuaire marial de Pohonja en Ukraine.

Solennité de l’Assomption: la Vierge Marie, icône du Salut du peuple ukrainien

Depuis son baptême en 988, l’Ukraine manifeste sa fervente dévotion à la Mère de Dieu. La première église érigée à Kiev, trois ans après le baptême de la ville, le fut en l’honneur de l’Assomption de Marie. Administrateur apostolique de l’éparchie de Saint Volodymyr le Grand pour les Ukrainiens de rite byzantin en France, Mgr Hlib Lonchyna explique l’importance de ce culte marial, nourri quelles que soient les tribulations de l’histoire nationale ukrainienne. 

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Berceau de la culture chrétienne de tout l’Orient européen. Ainsi le Pape Jean-Paul II venu d’une terre amie et voisine qualifiait l’Ukraine, lors de son voyage pastoral dans le pays, à l’aube du troisième millénaire. Lors de cette même visite effectuée en juin 2001, à l’angélus depuis Kiev, le saint cracovien rappelait les origines mariales de la jeune nation: «La protection de Marie a accompagné les pas de la communauté chrétienne en Ukraine depuis le Baptême de la Russie en 988. Baignée par le grand fleuve de la foi, l’Ukraine est ainsi devenue une terre chrétienne et, dans le même temps, une terre mariale. C’est ce qu’attestent les nombreux sanctuaires, dans lesquels s’exprime tout l’amour des fidèles envers la Mère céleste». 

Quelques semaines après le début de la guerre déclenchée par l’invasion russe en février 2022, le Pape François posait un acte de foi très fort: la consécration de l’Ukraine et la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Un geste spirituel très attendu des Ukrainiens, qui retentit dans tous les sanctuaires mariaux du monde. «Une arme spirituelle», jugeait le nonce apostolique à Kiev, Mgr Visvaldas Kulbokas. À de nombreuses reprises, le Souverain pontife a qualifié cette guerre «d’œuvre démoniaque». Or, qui mieux que la Vierge Marie pour répondre à Satan?, rétorquait le représentant du Saint-Siège en Ukraine.

Mgr Hlib Lonchyna, administrateur apostolique de l’éparchie Saint Volodymyr le Grand pour les Ukrainiens en France, au Benelux et en Suisse, détaille la place de la dévotion mariale en Ukraine, en cette solennité de l’Assomption, aussi appelée «Dormition».

En 2001 lors de sa venue le Pape Jean-Paul II avait qualifié l’Ukraine de terre mariale. De quelle manière le culte de la sainte Vierge Marie se manifeste-t-il dans le pays?

Il y a en Ukraine une grande vénération de la Mère de Dieu depuis le début de notre histoire. Le grand-prince Iaroslav le Sage (978-1054) a dédié la terre de la Rus’ de Kiev, l’Ukraine actuelle, à la Très Sainte Mère de Dieu. Nous avons un grand nombre d’églises érigées en son honneur, d’icônes miraculeuses, de sanctuaires mariaux très fréquentés pour prier et demander des grâces de Dieu. Beaucoup de sanctuaires mariaux ont été fondés sur des apparitions, par exemple en forêt. Mais plutôt que les apparitions de la Vierge en elles-mêmes, il y a une grande vénération des icônes commémorant ces apparitions; autant en temps de guerre que de paix. Notre peuple est très émotionnel. Nous trouvons dans la maternité de Marie un grand soutien pour les besoins de la vie.

Comment la fête de l’Assomption est-elle vécue dans l’Église gréco-catholique d’Ukraine?

Elle est l’une des grandes fêtes mariales de l’année. Nous l’appelons la Dormition de la Sainte Mère de Dieu. À la différence de l’Église latine célébrant l’ascension au Ciel, nous célébrons la Dormition de la Mère de Jésus, mais dans le même sens. Elle est morte, ressuscitée et montée aux cieux. Nous avons beaucoup de paroisses dédiées à la Dormition. Elle est un symbole de notre propre mort et ascension au ciel qui nous attend avec elle.

Dans les ténèbres de la guerre cette année, que représente la Vierge Marie pour les fidèles ukrainiens?

L’espoir est la dernière chose à mourir. Nous avons donc toujours une grande espérance même si nous nous sentons comme David face à Goliath. Petite nation de 40 millions de personnes, nous avons déjà perdu beaucoup d’habitants dans la mort ou l’émigration. La fédération de Russie est un immense pays avec lequel il est impensable de comparer nos forces. Cette année, il est dangereux d’organiser de grands pèlerinages. Malgré tout, nous exprimons l’espérance dans nos prières à la Mère de Dieu, notamment sa protection pour tout le peuple d’Ukraine, mais aussi pour la conversion des cœurs de nos ennemis. Dès que nous serons tous convertis, la paix règnera.

“Nous demandons à la Mère de Dieu la conversion des cœurs de nos ennemis”

Source: VATICANNEWS, le 15 août 2022

Le nonce à Kiev: «Dans cette situation dramatique, la Mère de Dieu est notre protectrice»

Mgr Visvaldas Kulbokas, nonce apostolique en Ukraine. Mgr Visvaldas Kulbokas, nonce apostolique en Ukraine.

Le nonce à Kiev: «Dans cette situation dramatique, la Mère de Dieu est notre protectrice»

Entretien avec Mgr Visvaldas Kulbokas qui depuis le début du conflit partage les souffrances du peuple ukrainien. Le représentant du Saint-Siège en Ukraine célèbrera la messe du 15 août dans la cathdérale d’Odessa durant laquelle l’icône de la Mère de Dieu sera couronnée. 

Entretien réalisé par Svitlana Dukhovych-Cité du Vatican

Mgr Visvaldas Kulbokas, le 15 août, pour la solennité de l’Assomption, vous serez à Odessa et dans la cathédrale de l’Assomption de la Vierge Marie, vous présiderez une messe au cours de laquelle l’icône de la Mère de Dieu sera couronnée. Quelle signification cette fête a-t-elle pour vous et pour les Ukrainiens ? Pouvons-nous dire que ce moment sera un nouveau moment pour se confier à Marie ?

Comme vous le savez, cette période de la guerre en Ukraine est très lourde et il n’est même pas possible d’entendre tous les témoignages sur ce conflit. Je viens d’entendre un professeur qui vivait à Marioupol : tout a été perdu là-bas. Il y a une grande douleur, une grande souffrance, et la Mère de Dieu, dans un moment aussi dramatique, est celle qui nous protège. Il y a de nombreux aspects. L’une d’entre elles est ce que vous avez mentionné : même si l’acte de consécration au Cœur Immaculé de la Vierge Marie a été fait par le Saint-Père avec les évêques du monde, cet acte de consécration de nous-mêmes, de l’Ukraine et du monde, nous le renouvelons et nous devons le renouveler chaque jour. Lorsque nous voyons une situation aussi dramatique, nous n’avons pas d’autre choix que la Mère de Dieu, notre protectrice. Dans une guerre aussi dramatique dans toute l’Ukraine – et en ce moment particulièrement dans les régions de Mykolaiv, Kharkiv, Zaporijia et Odessa – chaque matin au réveil, nous sommes reconnaissants au Seigneur pour la vie, pour le don d’un jour nouveau.

Cela nous motive chaque jour à une vie spirituelle plus intense. Je ressens donc aussi très intensément la fête de l’Assomption, car l’Assomption de la Vierge Marie nous montre ce Ciel auquel nous aspirons. Et même si nous perdons cette vie humaine, le Ciel demeure, notre grande aspiration. Ce sera le moment de l’union, de notre union avec la Mère de Dieu et avec tout le Ciel. Nous demandons à la Mère de Dieu de nous protéger dans notre corps et notre esprit. La situation est dramatique, il y a tant d’atrocités, il y a des tortures, il y a même des attaques délibérées contre des ambulances, contre des hôpitaux, contre des enfants : de telles atrocités qu’il y a une tentation humaine de se mettre en colère et de perdre cette paix intérieure en se remplissant de haine. J’ai entendu de nombreux prêtres dire : « Oui, nous devons prier très fort pour ne pas devenir l’égal de l’agresseur, pour ne pas devenir l’égal de ceux qui sèment la mort, parce que si la victime se remplit de haine, elle a perdu d’un point de vue spirituel« . Cette prière est donc aussi un moment où nous demandons l’intercession de la Vierge Marie pour que nos cœurs ne soient pas remplis de haine, mais de courage, de patience, d’esprit de martyre et de confiance dans le Seigneur.

Dans un certain sens, le Pape accompagne ce moment puisque le 3 août, à la fin de l’audience générale, il a béni la couronne qui sera placée sur la tête de l’icône de l’Assomption dans la cathédrale d’Odessa. En ce temps de guerre, quelle est la signification de ces gestes qui lient le Successeur de Pierre aux Églises locales ?

Ces gestes appartiennent à la tradition de l’Église : aux moments les plus solennels, on demande au Pape une bénédiction, et en particulier la bénédiction des couronnes destinées à la Vierge Marie. Nous savons que le Saint-Père répète à chaque occasion possible sa prière et ses appels à toute la chrétienté et au monde entier à prier pour l’Ukraine, à prier pour la paix : son cœur est avec le peuple ukrainien qui souffre. Nous savons donc que cette couronne, qui est arrivée de Rome après avoir été bénie par le Saint-Père, est un signe très concret – plein d’empathie, fait avec le cœur – de la prière du Saint-Père. C’est un grand signe de l’union de toute l’Église et de nous-mêmes avec le Saint-Père. Et l’union fait la force.

Aujourd’hui, les projecteurs sur la guerre s’éteignent un peu, certains craignent que le monde ne l’oublie. Quelle est la situation humanitaire dans le pays ?

Humainement parlant, il est compréhensible que les projecteurs s’éteignent un peu dans le monde. Le cardinal Zenari, qui est nonce en Syrie, m’a également dit quelque chose de similaire : la situation là-bas continue d’être dramatique, mais le monde n’en parle plus. Ici, en Ukraine, il y a des familles déplacées qui me disent combien il est difficile de vivre comme ça et qui essaient de comprendre s’il est possible de retourner chez elles et de dire : « Nous allons y retourner« . Et ce alors qu’il y a souvent des familles qui passent la nuit dans leur voiture depuis des mois. Ils ne veulent pas partir à l’étranger et espèrent toujours pouvoir rentrer chez eux. Il est difficile de vivre sans nourriture suffisante, sans travail, sans maison, en passant les nuits dans la voiture, parce que même malgré tant d’initiatives humanitaires et tant d’aides, il n’est pas possible de répondre aux besoins de tous, parce que les chiffres sont élevés et l’engagement est très grand. Il y a donc ce problème de vivre dans des conditions difficiles en se sentant seul. C’est pourquoi le Saint-Père répète à chaque occasion que, au moins dans la prière, au moins avec le cœur, le monde ne doit pas oublier tant de familles qui traversent des moments si difficiles. Et cela ne concerne pas seulement l’Ukraine mais aussi d’autres pays. Même de nombreux journalistes me disent que ceux qui ne sont pas sur place ont du mal à comprendre le caractère dramatique de la situation. Et je tiens à exprimer ma reconnaissance aux nombreux journalistes qui se rendent dans des endroits très risqués, comme Mykolaiv, Odessa, Zaporijia, pour voir de leurs propres yeux à quoi ressemble la vie là-bas.

Vous serez à Odessa, d’où sont partis les premiers bateaux de céréales. Le Pape François, lors de l’Angélus du 7 août, a déclaré que « cet événement est aussi un signe d’espoir » et a espéré que, « en suivant ce chemin, nous pourrons mettre fin aux combats et parvenir à une paix juste et durable »…

Le Saint-Père n’est pas un politicien, c’est un pasteur. Lorsque le Saint-Père nous invite à croire en la possibilité d’un dialogue, bien qu’ici, en Ukraine, nous comprenions qu’une véritable négociation est vraiment très difficile à prévoir – précisément parce que la situation est si dramatique et que la logique humaine nous dit que, face à une guerre aussi féroce, il est difficile de prévoir que, d’un moment à l’autre… ceux qui ont commencé la guerre, la Russie, changent de position – quand le Pape, disais-je, répète son appel au dialogue, quelque chose qui pour nous semble humainement impossible, si nous sommes des personnes croyantes, nous espérons aussi dans l’impossible et nous confions cet appel, cette prière, non seulement aux hommes mais à Dieu lui-même. Quant aux navires céréaliers qui sont partis, là aussi on voit que c’était une étape très laborieuse, car l’Ukraine ne pouvait pas signer d’accords directs avec la Russie. Des accords ont été signés à différents niveaux entre l’Ukraine et certains partenaires qui, à leur tour, facilitent indirectement les contacts avec la Russie afin d’organiser l’exportation de céréales. Cette étape a donc été franchie de manière très laborieuse, mais comme l’a dit le Pape, c’est quelque chose de positif tant au niveau mondial que local. C’est donc un signe d’espoir. Nous nous accrochons aussi aux petits pas. Parfois, lorsque nous ne pouvons pas, comme par exemple maintenant, trouver des moyens immédiats d’arrêter la guerre, nous nous concentrons sur les aspects humanitaires pour ouvrir une brèche dans les contacts. Il est important de faire tout ce qui est possible, ce qui est à la portée de l’homme, pour qu’une atmosphère, sinon de dialogue, du moins de contact soit établie. Je pense donc que c’est le message le plus important du Saint-Père.

Source: VATICANNEWS, le 4 août 2022

François veut «attendre le bon moment» pour aller en Ukraine

Le Pape François reçoit les enfants du projet «Parvis des Gentils» au Vatican le 4 juin 2022.Le Pape François reçoit les enfants du projet «Parvis des Gentils» au Vatican le 4 juin 2022. (Vatican Media)

François veut «attendre le bon moment» pour aller en Ukraine

Le Pape François a accueilli, ce 4 juin, 160 enfants en condition de fragilité personnelle et sociale, dans le cadre de l’initiative «Parvis des Gentils» au Vatican. Á un enfant ukrainien qui l’a interrogé, le Saint-Père lui a assuré sa volonté de se rendre en Ukraine dès que possible.

Vatican News

Le Pape François a reçu dans la matinée du samedi 4 juin au Palais apostolique les participants à la huitième édition du «Parvis des Gentils». L’initiative italienne souhaite promouvoir l’intégration, l’inclusion et la lutte contre la discrimination et les préjugés.

Certains enfants, aveugles, malvoyants, ou porteurs d’autres handicaps, fréquentent le Sant’Alessio – Margherita di Savoia, une institution historique d’assistance située à Rome, et fondée par le pape Pie IX. Accompagnés de leurs amis et camarades de classe, les enfants ont pu échanger avec François et l’interroger sur ses responsabilités et son rôle au sein de l’Eglise.

Au cours de la rencontre, un jeune garçon d’origine ukrainienne, accueilli à Rome, a interrogé le Saint-Père: «J’ai une demande : peut-il venir en Ukraine pour sauver tous les enfants qui souffrent aujourd’hui là-bas ? »

«Je pense beaucoup aux enfants en Ukraine», lui a répondu François, «et c’est pourquoi j’ai envoyé quelques cardinaux qui aident là-bas, et qui sont proches de toutes les personnes, mais surtout des enfants.» Le Saint-Père lui a fait part de son envie de se rendre en Ukraine. «Seulement, je dois attendre le moment pour le faire (…), parce qu’il n’est pas facile de prendre une décision qui peut faire plus de mal au monde que de bien. Je dois trouver le bon moment pour le faire.» Il a enfin aouté : «La semaine prochaine, je vais recevoir des représentants du gouvernement ukrainien, qui viendront parler et aborder d’une éventuelle visite de ma part: voyons ce qu’il se passera».

Source: VATICANNEWS, le 4 juin 2022

Ukraine: le monastère de la Sainte Dormition détruit par les bombes

Le monastère orthodoxe de la sainte Dormition Sviatogorsk, dans la région de Donetsk en Ukraine. Le monastère orthodoxe de la sainte Dormition Sviatogorsk, dans la région de Donetsk en Ukraine.

Ukraine: le monastère de la Sainte Dormition détruit par les bombes 

Le monastère orthodoxe de la Sainte Dormition Sviatogorsk Lavra situé dans la ville de Sviatogorsk, dans la région de Donetsk, a été ciblé le 30 mai par une attaque russe. L’archimandrite, deux moines et une religieuse sont morts. Le nombre de laïcs morts et blessés est encore inconnu.

Le monastère orthodoxe historique de la «Sainte Dormition» dans la ville de Svyatogorsk, dans la région de Donetsk en Ukraine orientale, a été détruit par un bombardement russe le 30 mai.

La nouvelle a été rendue publique par le site d’information du Patriarcat de Moscou, qui cite une déclaration du métropolite Hilarion de Donetsk et Marioupol: «C’est avec une profonde tristesse que je vous informe que le 30 mai, au cours des affrontements, les 3e et 4e bâtiments monastiques de la Laure de la Sainte Dormition à Svyatogorsk ont été endommagés».

Quatre personnes tuées

Dans cette attaque, il est indiqué que «le doyen de la Laure, l’archimandrite Galaktion, le moine Aristokliy et la religieuse Varvara ont été tués». Les hiéronymites Joasaph et Amphilochius, ainsi que le hiérodiacre Alipiy, ont été blessés. Le nombre de laïcs morts et blessés est actuellement inconnu. Le métropolite Hilarion demande «de saintes prières pour le repos des morts et pour le prompt rétablissement des blessés».

Dans l’Église orthodoxe et les Églises orientales, une Laure est un établissement monastique où vivent des moines, comme des ermites la semaine, et en commun le samedi soir, le dimanche et les jours de fête.

Fondé au XIIIème siècle

La «Laure de la Sainte Dormition de la Mère de Dieu» à Svyatogorsk (littéralement la «montagne sainte») est un monastère important et historique qui relève de la juridiction de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou. Les sources historiques divergent quant à la date de la fondation du monastère, située à plus de 500km au sud-est de Kiev. Selon certains, les origines du monastère remontent au XIIIe siècle, lorsque des moines de la Laure des grottes de Kiev, fuyant l’invasion mongole, ont trouvé refuge dans la région où ils ont jeté les bases de la vie monastique.

Situé entre la Russie et le Khanat de Crimée, le monastère fut attaqué et dévasté à plusieurs reprises par les Tatars de Crimée.

Un lieu de refuge

Pendant ces presque cent jours de guerre, des réfugiés civils se sont abrités dans le monastère, bien que le complexe ait été frappé à plusieurs reprises, indique l’agence de presse religieuse italienne SIR. Le 12 mars 2022, le monastère a été endommagé par une attaque aérienne russe sur le pont voisin enjambant le fleuve Donets. À ce moment-là, quelque 520 réfugiés étaient présents dans la structure. L’explosion a endommagé les fenêtres et les portes des bâtiments du monastère et plusieurs personnes ont été blessées par des éclats de verre. Le 4 mai, des attentats à la bombe répétés avaient blessé sept autres personnes.

Source: VATICANNEWS, le 2 juin 2022

Chapelet pour l’Ukraine, le témoignage de l’Exarque d’Odessa

Un soldat ukrainien de la région de Khakiv, un chapelet à la main.Un soldat ukrainien de la région de Khakiv, un chapelet à la main.

Chapelet pour l’Ukraine, le témoignage de l’Exarque d’Odessa

Ce mardi, en conclusion du mois marial, le Pape François récitera la prière du Rosaire pour la paix en la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome ; «un beau geste» affirme Mgr Mykhaylo Bubniy. L’évêque greco-catholique s’attarde également sur la situation du pays, dévasté par la guerre.

Svitlana Duckhovych – Cité du Vatican

«En tant qu’évêque de l’Église catholique, j’ai toujours senti le soutien du Saint-Père et des diocèses et éparchies de différentes parties du monde», déclare l’Exarque d’Odessa, Mgr Mykhaylo Bubniy, C.Ss.R.. Il se réjouit de l’initiative du Saint-Père qui a proposé aux fidèles du monde de s’unir à lui mardi à 18heures. Il récitera un chapelet pour la paix en Ukraine devant la statue de Marie Reine de la Paix, dans la basilique vaticane de Sainte-Marie-Majeure, à Rome. «La prière et la parole du Saint-Père sont toujours entendues par la communauté internationale et trouvent un écho auprès des hommes politiques et des autres dirigeants de ce monde» se félicite le prélat gréco-catholique.

La vie reprend lentement

«La situation humanitaire à Odessa, et plus généralement dans l’exarchat d’Odessa, est compliquée», explique l’évêque, «car une partie de notre exarchat est sous occupation russe, et de l’autre côté il y a beaucoup de personnes déplacées à l’intérieur du pays, qui sont arrivées principalement des régions de Mykolayiv et Kherson, et aussi de celles de Donetsk et Kharkiv». Il note cependant un progrès car «par rapport aux premiers jours de la guerre, nous sommes désormais en mesure de répondre aux principaux besoins des réfugiés grâce au soutien de plusieurs organisations d’aide étrangères et des paroisses gréco-catholiques de l’ouest de l’Ukraine». De nombreux prêtres et fidèles de l’exarchat gréco-catholique sont impliqués dans le travail de ces centres humanitaires, bien que de nombreuses personnes, principalement des femmes avec des enfants, soient parties au début de l’invasion russe. Certains reviennent d’ailleurs, parce que la vie en ville reprend lentement son rythme habituel.

Mais deux zones de l’exarchat sont sous contrôle russe

Les prêtres s’efforcent donc d’aider les personnes dans le besoin et les personnes déplacées à l’intérieur du pays par le biais de centres humanitaires mis en place dans les paroisses, mais leur activité couvre une échelle bien plus vaste. «Malgré la guerre, notre activité pastorale n’a jamais cessé», explique l’Exarque d’Odessa, «nos prêtres sont toujours restés dans leurs paroisses ; même si, dans les premiers jours de l’invasion, ils ne s’absentaient que pour un court moment afin d’emmener leurs femmes et leurs enfants dans les régions les plus sûres du pays, ils revenaient ensuite dans leurs paroisses pour continuer leur service, en particulier en priant avec et pour les gens». Enfin comme dans de multiples endroits à travers le pays, dans les paroisses de l’exarchat, les fidèles prient pour la fin de la guerre et pour une paix durable.

Se montrant plus spécifique sur la situation de son exarchat, Mgr Mykhaylo Bubniy, C.Ss.R.. rapporte que deux des cinq doyennés – celui de Kherson et celui de Skadovsk – sont maintenant sous occupation russe. «Cinq de nos prêtres qui n’ont jamais quitté leur paroisse. Et certains prêtres mariés, qui étaient partis pour emmener leur famille, ne peuvent plus revenir à cause des combats, mais ils essaient toujours d’aider leurs communautés à distance: ils organisent le transport de l’aide humanitaire, collectent et envoient de l’argent pour aider les nécessiteux.» Trait propre à Odessa, sa population est multiethnique et multiculturelle. Plusieurs religions y sont représentées, et «ces jours-ci, toutes les organisations religieuses sont très actives dans la fourniture d’aide humanitaire aux nécessiteux», affirme l’évêque, ajoutant qu’en temps de guerre, comme dans le reste du pays, la population locale est devenue plus unie, même en condamnant l’agression de l’Ukraine par la Fédération de Russie.

La guerre actuelle, pire que celle de 2014 en Crimée

Partageant son expérience personnelle sur la manière dont il a réussi à faire face aux difficultés de la gestion de l’exarchat en temps de guerre, Monseigneur Bubniy, qui aura 52 ans en septembre, déclare: «J’essaie toujours de faire confiance à Dieu, de lui parler honnêtement et ouvertement et d’espérer en lui. Je confie toutes les difficultés aux mains de Dieu». Pour le jeune évêque, l’expérience traumatisante du début de la guerre n’est pas nouvelle. En février 2014, Mgr Mykhaylo Bubniy a été nommé évêque, exarque d’Odessa et administrateur de l’exarchat de Crimée, alors même que l’occupation et l’annexion de la Crimée ont eu lieu. «Ainsi, déjà au début de mon service épiscopal, j’ai été confronté à de sérieux défis auxquels j’ai dû réagir. Avec l’aide du Saint-Siège, de la nonciature apostolique et de Sa Béatitude Sviatoslav, nous avons réussi à maintenir les structures de l’exarchat de Crimée, où les prêtres continuent à servir et les paroisses à fonctionner.» Malgré cette expérience, l’évêque affirme que cette guerre de 2022 «est beaucoup plus cruelle» et il s’inquiète beaucoup pour ses prêtres et ses fidèles. «Nous continuerons à prier Dieu de nous aider et de nous donner la grâce de maintenir l’amour et l’humanité au milieu de tant de violence». Revenant sur la prière du Rosaire ce mardi, l’Exarque d’Odessa y voit «un beau geste de la part du Saint-Père pour le soutien de l’Ukraine» et malgré le fait qu’il y ait eu des malentendus sur certains gestes et paroles du Pape François, «il reste une autorité morale de classe mondiale et sa prière et son soutien, à la fois spirituel et verbal, sont très importants pour nous, qui souffrons de l’injustice et de la cruauté de la guerre ici en Ukraine au 21ème siècle».

Source: VATICANNEWS, le 30 mai 2022

Pour le Pape, la prière peut changer le sort du monde

Pour le Pape, la prière peut changer le sort du monde

Dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, le Pape a présidé le chapelet pour la paix, en conclusion du mois marial, en liaison par streaming avec les sanctuaires de différents pays et devant une large représentation de fidèles ukrainiens. L’invocation à la Vierge: réconcilier les cœurs remplis de violence et de vengeance, redresser les pensées aveuglées par le désir d’un enrichissement facile.

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

«Ce soir, à la fin du mois qui t’est particulièrement consacré, nous voici de nouveau devant Toi, Reine de la Paix, pour Te supplier: accorde-nous le grand don de la paix, et fais que nous mettions rapidement fin à la guerre qui fait rage depuis des décennies dans diverses parties du monde, et qui a maintenant aussi envahi le continent européen». C’est par cette prière que François a ouvert ce « Rosaire pour la paix » à Sainte-Marie-MajeureLe jour de la fête liturgique de la Visitation de Marie, des fidèles, des familles et des communautés sont réunis dans la basilique vaticane à l’invitation du Souverain Pontife lui-même qui, lors du Regina Coeli de dimanche dernier, a demandé une invocation chorale pour la paix. Le Pape veut donner un signe d’espoir pour le monde, qui souffre du conflit en Ukraine et qui est profondément blessé par la violence des nombreux théâtres de guerre encore actifs, conscient «que la paix ne peut être le résultat de négociations ni la conséquence des seuls accords politiques, mais qu’elle est avant tout un don pascal de l’Esprit Saint».

La prière, le jeûne et l’aumône pour changer le cœur des hommes

Le Pape a pris la parole après avoir déposé un petit bouquet de roses et d’orchidées au pied de l’ancien simulacre de la Vierge voulu en 1918 par Benoît XV pour demander la fin de la Première Guerre mondiale. Là où il est de tradition que les fidèles déposent de petites notes manuscrites avec leurs intentions de prière, François a lu la sienne. Il rappelle les demandes adressées à la Vierge pendant la pandémie «pour soutenir les malades et donner de la force au personnel médical» et implorant «miséricorde pour les mourants et sécher les larmes de ceux qui souffraient en silence et dans la solitude». Le Souverain Pontife a également mentionné la consécration des Nations en guerre au Cœur Immaculé de Marie le 25 mars et la supplication du «grand don de la conversion des cœurs».

«Nous sommes certains qu’avec les armes de la prière, du jeûne, de l’aumône et du don de ta grâce, on peut changer le cœur des hommes et la fortune du monde entier. Aujourd’hui, nous élevons nos cœurs vers Toi, Reine de la Paix : intercède pour nous auprès de Ton Fils, réconcilie les cœurs remplis de violence et de vengeance, redresse les pensées aveuglées par le désir d’enrichissement facile, fais régner Ta paix sur toute la terre».

Des sanctuaires mariaux en communion avec le Pape

Avec le Pontife, devant la statue de Marie Reine de la Paix dans la nef gauche de la basilique, sont réunis en silence, en tant que représentants du peuple de Dieu, les garçons et les filles qui ont reçu leur première communion et leur confirmation ces dernières semaines, les scouts, les familles de la communauté ukrainienne de Rome, les délégations de la Jeunesse ardente mariale (GAM), les membres du Corps de gendarmerie du Vatican et de la Garde suisse pontificale, les trois paroisses de Rome portant le nom de la Vierge Marie Reine de la Paix, et quelques membres de la Curie romaine. Et sont reliés par streaming, pour donner vie à une prière collective des cinq continents, le sanctuaire de la Mère de Dieu de Zarvanytsia en Ukraine, la cathédrale de Notre-Dame du Salut en Irak, la cathédrale de Notre-Dame de la Paix en Syrie, la cathédrale de Marie Reine d’Arabie au Bahreïn et les sanctuaires internationaux Notre-Dame de la Paix et du Bon Voyage, Jésus Sauveur et Mère Marie, Notre-Dame de Knock, de Jasna Góra, des Martyrs de Corée, de la Sainte Maison de Lorette ; de la Sainte Vierge du Saint Rosaire, de Notre Dame Reine de la Paix, de Notre Dame de Guadalupe et de Notre Dame de Lourdes.

En souvenir des personnes touchées par le chagrin

La récitation du Rosaire, médité avec les mystères douloureux, est précédée de la remise à Dieu, par la Reine de la Paix, de toute l’humanité «durement éprouvée par les guerres et les conflits armés». Marie, qui a visité Elisabeth, est évoquée comme «une femme missionnaire, en portant et partageant la joie de l’annonce et une femme de charité, en se mettant au service des plus fragiles». Parmi les personnes récitant les dizaines de «Je vous salue Marie», se trouvait une famille ukrainienne, représentant toutes les familles qui vivent la violence et les abus de la guerre, mais également des aumôniers militaires symbolisant ceux qui apportent espoir et réconfort aux populations sinistrées. Figuraient également un volontaire et une bénévole, pour ceux qui continuent à accomplir leur précieux service en faveur des autres, même dans des situations de grand danger et de précarité ; une famille syrienne et une famille vénézuélienne, pour ceux qui souffrent injustement des conflits ; quelques réfugiés, pour les personnes qui ont dû quitter leur foyer et qui, accueillies par d’autres pays, tentent de reconstruire leur vie.

Les mystères du Rosaire

Dans le premier mystère – Jésus au Jardin des Oliviers -, du cœur de Rome, la prière s’est élevée «pour les victimes de la guerre, en particulier pour les personnes les plus vulnérables: enfants, personnes âgées, malades», et encore «pour les familles déchirées ; pour les pères et les mères qui attendent le retour de leurs enfants, et pour les enfants qui attendent le retour de leurs pères et de leurs mères des champs de bataille, afin que personne ne souffre injustement». Le deuxième mystère – Jésus est flagellé par des soldats – est dédié aux prêtres, aux personnes consacrées parmi les populations frappées par la guerre, «afin qu’ils soient toujours des instruments de miséricorde». La prière «pour le personnel médical et les bénévoles qui apportent quotidiennement l’aide humanitaire aux plus démunis, afin qu’ils soient toujours plus convaincus et nombreux», et «pour les familles et toutes les personnes qui, le cœur ouvert, ont accueilli des réfugiés chez elles, afin qu’elles ne se lassent jamais d’exprimer leur générosité et leur solidarité» est confiée au troisième mystère, Jésus couronné d’épines. Le quatrième mystère – Jésus porte la croix – vise à rappeler «les torturés et les mourants, surtout ceux qui meurent dans la solitude, afin qu’ils restent ancrés dans la foi», et encore «les violés et les disparus», leurs familles et amis «afin qu’ils ne perdent pas espoir». Enfin, dans le cinquième mystère – Jésus est crucifié et meurt sur la croix – l’invitation est de prier pour que «par la mort rédemptrice de Jésus-Christ, qui a réconcilié le monde avec le Père, les guerres cessent et qu’une paix durable règne dans toutes les nations».

Source: VATICANNEWS, le 31 mai 2022

Le Pape s’élève contre le blocage des exportations du blé d’Ukraine

Actuellement, 20 millions de tonnes de blé sont bloquées en Ukraine, pays qui, avec la Russie, fournit jusqu’à un tiers des exportations mondiales de céréales.Actuellement, 20 millions de tonnes de blé sont bloquées en Ukraine, pays qui, avec la Russie, fournit jusqu’à un tiers des exportations mondiales de céréales.

Le Pape s’élève contre le blocage des exportations du blé d’Ukraine

Au terme de l’audience générale du mercredi 1er juin place saint-Pierre de Rome, le Pape François a lancé un appel à mettre fin au blocage des exportations de céréales de l’Ukraine. Il est indispensable de garantir «le droit universel à l’alimentation», a-t-il soutenu. 

«Le blocage des exportations de céréales de l’Ukraine, dont dépend la vie de millions de personnes, notamment dans les pays les plus pauvres, est très préoccupant. Je demande instamment que tout soit mis en œuvre pour résoudre cette question et garantir le droit universel à l’alimentation. S’il vous plaît, n’utilisez pas le blé, un aliment de base, comme une arme de guerre!»,s’est exclamé l’évêque de Rome, le 1er juin à la fin de l’audience générale.

L’Ukraine, gros exportateur de céréales, notamment de maïs et de blé, voit sa production bloquée du fait des combats. Environ 20 millions de tonnes de céréales qui devaient être livrées avant fin juillet dans plusieurs pays à sont bloquées dans les ports de la mer Noire en Ukraine.

Grâce à ses terres fertiles, l’Ukraine était en 2018 le 5e producteur mondial de maïs, le 8e producteur de blé, le premier producteur de tournesol, le troisième producteur de sarasin. Au global, dans le monde, 12% des exportations de céréales viennent d’Ukraine. Et si on ajoute la Russie, qui ne peut exporter ses grains à cause des sanctions internationales, c’est un tiers du blé mondial qui provient des deux pays.

Source: VATICANNEWS, le 1er juin 2022