François veut «attendre le bon moment» pour aller en Ukraine

Le Pape François reçoit les enfants du projet «Parvis des Gentils» au Vatican le 4 juin 2022.Le Pape François reçoit les enfants du projet «Parvis des Gentils» au Vatican le 4 juin 2022. (Vatican Media)

François veut «attendre le bon moment» pour aller en Ukraine

Le Pape François a accueilli, ce 4 juin, 160 enfants en condition de fragilité personnelle et sociale, dans le cadre de l’initiative «Parvis des Gentils» au Vatican. Á un enfant ukrainien qui l’a interrogé, le Saint-Père lui a assuré sa volonté de se rendre en Ukraine dès que possible.

Vatican News

Le Pape François a reçu dans la matinée du samedi 4 juin au Palais apostolique les participants à la huitième édition du «Parvis des Gentils». L’initiative italienne souhaite promouvoir l’intégration, l’inclusion et la lutte contre la discrimination et les préjugés.

Certains enfants, aveugles, malvoyants, ou porteurs d’autres handicaps, fréquentent le Sant’Alessio – Margherita di Savoia, une institution historique d’assistance située à Rome, et fondée par le pape Pie IX. Accompagnés de leurs amis et camarades de classe, les enfants ont pu échanger avec François et l’interroger sur ses responsabilités et son rôle au sein de l’Eglise.

Au cours de la rencontre, un jeune garçon d’origine ukrainienne, accueilli à Rome, a interrogé le Saint-Père: «J’ai une demande : peut-il venir en Ukraine pour sauver tous les enfants qui souffrent aujourd’hui là-bas ? »

«Je pense beaucoup aux enfants en Ukraine», lui a répondu François, «et c’est pourquoi j’ai envoyé quelques cardinaux qui aident là-bas, et qui sont proches de toutes les personnes, mais surtout des enfants.» Le Saint-Père lui a fait part de son envie de se rendre en Ukraine. «Seulement, je dois attendre le moment pour le faire (…), parce qu’il n’est pas facile de prendre une décision qui peut faire plus de mal au monde que de bien. Je dois trouver le bon moment pour le faire.» Il a enfin aouté : «La semaine prochaine, je vais recevoir des représentants du gouvernement ukrainien, qui viendront parler et aborder d’une éventuelle visite de ma part: voyons ce qu’il se passera».

Source: VATICANNEWS, le 4 juin 2022

Ukraine: le monastère de la Sainte Dormition détruit par les bombes

Le monastère orthodoxe de la sainte Dormition Sviatogorsk, dans la région de Donetsk en Ukraine. Le monastère orthodoxe de la sainte Dormition Sviatogorsk, dans la région de Donetsk en Ukraine.

Ukraine: le monastère de la Sainte Dormition détruit par les bombes 

Le monastère orthodoxe de la Sainte Dormition Sviatogorsk Lavra situé dans la ville de Sviatogorsk, dans la région de Donetsk, a été ciblé le 30 mai par une attaque russe. L’archimandrite, deux moines et une religieuse sont morts. Le nombre de laïcs morts et blessés est encore inconnu.

Le monastère orthodoxe historique de la «Sainte Dormition» dans la ville de Svyatogorsk, dans la région de Donetsk en Ukraine orientale, a été détruit par un bombardement russe le 30 mai.

La nouvelle a été rendue publique par le site d’information du Patriarcat de Moscou, qui cite une déclaration du métropolite Hilarion de Donetsk et Marioupol: «C’est avec une profonde tristesse que je vous informe que le 30 mai, au cours des affrontements, les 3e et 4e bâtiments monastiques de la Laure de la Sainte Dormition à Svyatogorsk ont été endommagés».

Quatre personnes tuées

Dans cette attaque, il est indiqué que «le doyen de la Laure, l’archimandrite Galaktion, le moine Aristokliy et la religieuse Varvara ont été tués». Les hiéronymites Joasaph et Amphilochius, ainsi que le hiérodiacre Alipiy, ont été blessés. Le nombre de laïcs morts et blessés est actuellement inconnu. Le métropolite Hilarion demande «de saintes prières pour le repos des morts et pour le prompt rétablissement des blessés».

Dans l’Église orthodoxe et les Églises orientales, une Laure est un établissement monastique où vivent des moines, comme des ermites la semaine, et en commun le samedi soir, le dimanche et les jours de fête.

Fondé au XIIIème siècle

La «Laure de la Sainte Dormition de la Mère de Dieu» à Svyatogorsk (littéralement la «montagne sainte») est un monastère important et historique qui relève de la juridiction de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou. Les sources historiques divergent quant à la date de la fondation du monastère, située à plus de 500km au sud-est de Kiev. Selon certains, les origines du monastère remontent au XIIIe siècle, lorsque des moines de la Laure des grottes de Kiev, fuyant l’invasion mongole, ont trouvé refuge dans la région où ils ont jeté les bases de la vie monastique.

Situé entre la Russie et le Khanat de Crimée, le monastère fut attaqué et dévasté à plusieurs reprises par les Tatars de Crimée.

Un lieu de refuge

Pendant ces presque cent jours de guerre, des réfugiés civils se sont abrités dans le monastère, bien que le complexe ait été frappé à plusieurs reprises, indique l’agence de presse religieuse italienne SIR. Le 12 mars 2022, le monastère a été endommagé par une attaque aérienne russe sur le pont voisin enjambant le fleuve Donets. À ce moment-là, quelque 520 réfugiés étaient présents dans la structure. L’explosion a endommagé les fenêtres et les portes des bâtiments du monastère et plusieurs personnes ont été blessées par des éclats de verre. Le 4 mai, des attentats à la bombe répétés avaient blessé sept autres personnes.

Source: VATICANNEWS, le 2 juin 2022

Chapelet pour l’Ukraine, le témoignage de l’Exarque d’Odessa

Un soldat ukrainien de la région de Khakiv, un chapelet à la main.Un soldat ukrainien de la région de Khakiv, un chapelet à la main.

Chapelet pour l’Ukraine, le témoignage de l’Exarque d’Odessa

Ce mardi, en conclusion du mois marial, le Pape François récitera la prière du Rosaire pour la paix en la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome ; «un beau geste» affirme Mgr Mykhaylo Bubniy. L’évêque greco-catholique s’attarde également sur la situation du pays, dévasté par la guerre.

Svitlana Duckhovych – Cité du Vatican

«En tant qu’évêque de l’Église catholique, j’ai toujours senti le soutien du Saint-Père et des diocèses et éparchies de différentes parties du monde», déclare l’Exarque d’Odessa, Mgr Mykhaylo Bubniy, C.Ss.R.. Il se réjouit de l’initiative du Saint-Père qui a proposé aux fidèles du monde de s’unir à lui mardi à 18heures. Il récitera un chapelet pour la paix en Ukraine devant la statue de Marie Reine de la Paix, dans la basilique vaticane de Sainte-Marie-Majeure, à Rome. «La prière et la parole du Saint-Père sont toujours entendues par la communauté internationale et trouvent un écho auprès des hommes politiques et des autres dirigeants de ce monde» se félicite le prélat gréco-catholique.

La vie reprend lentement

«La situation humanitaire à Odessa, et plus généralement dans l’exarchat d’Odessa, est compliquée», explique l’évêque, «car une partie de notre exarchat est sous occupation russe, et de l’autre côté il y a beaucoup de personnes déplacées à l’intérieur du pays, qui sont arrivées principalement des régions de Mykolayiv et Kherson, et aussi de celles de Donetsk et Kharkiv». Il note cependant un progrès car «par rapport aux premiers jours de la guerre, nous sommes désormais en mesure de répondre aux principaux besoins des réfugiés grâce au soutien de plusieurs organisations d’aide étrangères et des paroisses gréco-catholiques de l’ouest de l’Ukraine». De nombreux prêtres et fidèles de l’exarchat gréco-catholique sont impliqués dans le travail de ces centres humanitaires, bien que de nombreuses personnes, principalement des femmes avec des enfants, soient parties au début de l’invasion russe. Certains reviennent d’ailleurs, parce que la vie en ville reprend lentement son rythme habituel.

Mais deux zones de l’exarchat sont sous contrôle russe

Les prêtres s’efforcent donc d’aider les personnes dans le besoin et les personnes déplacées à l’intérieur du pays par le biais de centres humanitaires mis en place dans les paroisses, mais leur activité couvre une échelle bien plus vaste. «Malgré la guerre, notre activité pastorale n’a jamais cessé», explique l’Exarque d’Odessa, «nos prêtres sont toujours restés dans leurs paroisses ; même si, dans les premiers jours de l’invasion, ils ne s’absentaient que pour un court moment afin d’emmener leurs femmes et leurs enfants dans les régions les plus sûres du pays, ils revenaient ensuite dans leurs paroisses pour continuer leur service, en particulier en priant avec et pour les gens». Enfin comme dans de multiples endroits à travers le pays, dans les paroisses de l’exarchat, les fidèles prient pour la fin de la guerre et pour une paix durable.

Se montrant plus spécifique sur la situation de son exarchat, Mgr Mykhaylo Bubniy, C.Ss.R.. rapporte que deux des cinq doyennés – celui de Kherson et celui de Skadovsk – sont maintenant sous occupation russe. «Cinq de nos prêtres qui n’ont jamais quitté leur paroisse. Et certains prêtres mariés, qui étaient partis pour emmener leur famille, ne peuvent plus revenir à cause des combats, mais ils essaient toujours d’aider leurs communautés à distance: ils organisent le transport de l’aide humanitaire, collectent et envoient de l’argent pour aider les nécessiteux.» Trait propre à Odessa, sa population est multiethnique et multiculturelle. Plusieurs religions y sont représentées, et «ces jours-ci, toutes les organisations religieuses sont très actives dans la fourniture d’aide humanitaire aux nécessiteux», affirme l’évêque, ajoutant qu’en temps de guerre, comme dans le reste du pays, la population locale est devenue plus unie, même en condamnant l’agression de l’Ukraine par la Fédération de Russie.

La guerre actuelle, pire que celle de 2014 en Crimée

Partageant son expérience personnelle sur la manière dont il a réussi à faire face aux difficultés de la gestion de l’exarchat en temps de guerre, Monseigneur Bubniy, qui aura 52 ans en septembre, déclare: «J’essaie toujours de faire confiance à Dieu, de lui parler honnêtement et ouvertement et d’espérer en lui. Je confie toutes les difficultés aux mains de Dieu». Pour le jeune évêque, l’expérience traumatisante du début de la guerre n’est pas nouvelle. En février 2014, Mgr Mykhaylo Bubniy a été nommé évêque, exarque d’Odessa et administrateur de l’exarchat de Crimée, alors même que l’occupation et l’annexion de la Crimée ont eu lieu. «Ainsi, déjà au début de mon service épiscopal, j’ai été confronté à de sérieux défis auxquels j’ai dû réagir. Avec l’aide du Saint-Siège, de la nonciature apostolique et de Sa Béatitude Sviatoslav, nous avons réussi à maintenir les structures de l’exarchat de Crimée, où les prêtres continuent à servir et les paroisses à fonctionner.» Malgré cette expérience, l’évêque affirme que cette guerre de 2022 «est beaucoup plus cruelle» et il s’inquiète beaucoup pour ses prêtres et ses fidèles. «Nous continuerons à prier Dieu de nous aider et de nous donner la grâce de maintenir l’amour et l’humanité au milieu de tant de violence». Revenant sur la prière du Rosaire ce mardi, l’Exarque d’Odessa y voit «un beau geste de la part du Saint-Père pour le soutien de l’Ukraine» et malgré le fait qu’il y ait eu des malentendus sur certains gestes et paroles du Pape François, «il reste une autorité morale de classe mondiale et sa prière et son soutien, à la fois spirituel et verbal, sont très importants pour nous, qui souffrons de l’injustice et de la cruauté de la guerre ici en Ukraine au 21ème siècle».

Source: VATICANNEWS, le 30 mai 2022

Pour le Pape, la prière peut changer le sort du monde

Pour le Pape, la prière peut changer le sort du monde

Dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, le Pape a présidé le chapelet pour la paix, en conclusion du mois marial, en liaison par streaming avec les sanctuaires de différents pays et devant une large représentation de fidèles ukrainiens. L’invocation à la Vierge: réconcilier les cœurs remplis de violence et de vengeance, redresser les pensées aveuglées par le désir d’un enrichissement facile.

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

«Ce soir, à la fin du mois qui t’est particulièrement consacré, nous voici de nouveau devant Toi, Reine de la Paix, pour Te supplier: accorde-nous le grand don de la paix, et fais que nous mettions rapidement fin à la guerre qui fait rage depuis des décennies dans diverses parties du monde, et qui a maintenant aussi envahi le continent européen». C’est par cette prière que François a ouvert ce « Rosaire pour la paix » à Sainte-Marie-MajeureLe jour de la fête liturgique de la Visitation de Marie, des fidèles, des familles et des communautés sont réunis dans la basilique vaticane à l’invitation du Souverain Pontife lui-même qui, lors du Regina Coeli de dimanche dernier, a demandé une invocation chorale pour la paix. Le Pape veut donner un signe d’espoir pour le monde, qui souffre du conflit en Ukraine et qui est profondément blessé par la violence des nombreux théâtres de guerre encore actifs, conscient «que la paix ne peut être le résultat de négociations ni la conséquence des seuls accords politiques, mais qu’elle est avant tout un don pascal de l’Esprit Saint».

La prière, le jeûne et l’aumône pour changer le cœur des hommes

Le Pape a pris la parole après avoir déposé un petit bouquet de roses et d’orchidées au pied de l’ancien simulacre de la Vierge voulu en 1918 par Benoît XV pour demander la fin de la Première Guerre mondiale. Là où il est de tradition que les fidèles déposent de petites notes manuscrites avec leurs intentions de prière, François a lu la sienne. Il rappelle les demandes adressées à la Vierge pendant la pandémie «pour soutenir les malades et donner de la force au personnel médical» et implorant «miséricorde pour les mourants et sécher les larmes de ceux qui souffraient en silence et dans la solitude». Le Souverain Pontife a également mentionné la consécration des Nations en guerre au Cœur Immaculé de Marie le 25 mars et la supplication du «grand don de la conversion des cœurs».

«Nous sommes certains qu’avec les armes de la prière, du jeûne, de l’aumône et du don de ta grâce, on peut changer le cœur des hommes et la fortune du monde entier. Aujourd’hui, nous élevons nos cœurs vers Toi, Reine de la Paix : intercède pour nous auprès de Ton Fils, réconcilie les cœurs remplis de violence et de vengeance, redresse les pensées aveuglées par le désir d’enrichissement facile, fais régner Ta paix sur toute la terre».

Des sanctuaires mariaux en communion avec le Pape

Avec le Pontife, devant la statue de Marie Reine de la Paix dans la nef gauche de la basilique, sont réunis en silence, en tant que représentants du peuple de Dieu, les garçons et les filles qui ont reçu leur première communion et leur confirmation ces dernières semaines, les scouts, les familles de la communauté ukrainienne de Rome, les délégations de la Jeunesse ardente mariale (GAM), les membres du Corps de gendarmerie du Vatican et de la Garde suisse pontificale, les trois paroisses de Rome portant le nom de la Vierge Marie Reine de la Paix, et quelques membres de la Curie romaine. Et sont reliés par streaming, pour donner vie à une prière collective des cinq continents, le sanctuaire de la Mère de Dieu de Zarvanytsia en Ukraine, la cathédrale de Notre-Dame du Salut en Irak, la cathédrale de Notre-Dame de la Paix en Syrie, la cathédrale de Marie Reine d’Arabie au Bahreïn et les sanctuaires internationaux Notre-Dame de la Paix et du Bon Voyage, Jésus Sauveur et Mère Marie, Notre-Dame de Knock, de Jasna Góra, des Martyrs de Corée, de la Sainte Maison de Lorette ; de la Sainte Vierge du Saint Rosaire, de Notre Dame Reine de la Paix, de Notre Dame de Guadalupe et de Notre Dame de Lourdes.

En souvenir des personnes touchées par le chagrin

La récitation du Rosaire, médité avec les mystères douloureux, est précédée de la remise à Dieu, par la Reine de la Paix, de toute l’humanité «durement éprouvée par les guerres et les conflits armés». Marie, qui a visité Elisabeth, est évoquée comme «une femme missionnaire, en portant et partageant la joie de l’annonce et une femme de charité, en se mettant au service des plus fragiles». Parmi les personnes récitant les dizaines de «Je vous salue Marie», se trouvait une famille ukrainienne, représentant toutes les familles qui vivent la violence et les abus de la guerre, mais également des aumôniers militaires symbolisant ceux qui apportent espoir et réconfort aux populations sinistrées. Figuraient également un volontaire et une bénévole, pour ceux qui continuent à accomplir leur précieux service en faveur des autres, même dans des situations de grand danger et de précarité ; une famille syrienne et une famille vénézuélienne, pour ceux qui souffrent injustement des conflits ; quelques réfugiés, pour les personnes qui ont dû quitter leur foyer et qui, accueillies par d’autres pays, tentent de reconstruire leur vie.

Les mystères du Rosaire

Dans le premier mystère – Jésus au Jardin des Oliviers -, du cœur de Rome, la prière s’est élevée «pour les victimes de la guerre, en particulier pour les personnes les plus vulnérables: enfants, personnes âgées, malades», et encore «pour les familles déchirées ; pour les pères et les mères qui attendent le retour de leurs enfants, et pour les enfants qui attendent le retour de leurs pères et de leurs mères des champs de bataille, afin que personne ne souffre injustement». Le deuxième mystère – Jésus est flagellé par des soldats – est dédié aux prêtres, aux personnes consacrées parmi les populations frappées par la guerre, «afin qu’ils soient toujours des instruments de miséricorde». La prière «pour le personnel médical et les bénévoles qui apportent quotidiennement l’aide humanitaire aux plus démunis, afin qu’ils soient toujours plus convaincus et nombreux», et «pour les familles et toutes les personnes qui, le cœur ouvert, ont accueilli des réfugiés chez elles, afin qu’elles ne se lassent jamais d’exprimer leur générosité et leur solidarité» est confiée au troisième mystère, Jésus couronné d’épines. Le quatrième mystère – Jésus porte la croix – vise à rappeler «les torturés et les mourants, surtout ceux qui meurent dans la solitude, afin qu’ils restent ancrés dans la foi», et encore «les violés et les disparus», leurs familles et amis «afin qu’ils ne perdent pas espoir». Enfin, dans le cinquième mystère – Jésus est crucifié et meurt sur la croix – l’invitation est de prier pour que «par la mort rédemptrice de Jésus-Christ, qui a réconcilié le monde avec le Père, les guerres cessent et qu’une paix durable règne dans toutes les nations».

Source: VATICANNEWS, le 31 mai 2022

Le Pape s’élève contre le blocage des exportations du blé d’Ukraine

Actuellement, 20 millions de tonnes de blé sont bloquées en Ukraine, pays qui, avec la Russie, fournit jusqu’à un tiers des exportations mondiales de céréales.Actuellement, 20 millions de tonnes de blé sont bloquées en Ukraine, pays qui, avec la Russie, fournit jusqu’à un tiers des exportations mondiales de céréales.

Le Pape s’élève contre le blocage des exportations du blé d’Ukraine

Au terme de l’audience générale du mercredi 1er juin place saint-Pierre de Rome, le Pape François a lancé un appel à mettre fin au blocage des exportations de céréales de l’Ukraine. Il est indispensable de garantir «le droit universel à l’alimentation», a-t-il soutenu. 

«Le blocage des exportations de céréales de l’Ukraine, dont dépend la vie de millions de personnes, notamment dans les pays les plus pauvres, est très préoccupant. Je demande instamment que tout soit mis en œuvre pour résoudre cette question et garantir le droit universel à l’alimentation. S’il vous plaît, n’utilisez pas le blé, un aliment de base, comme une arme de guerre!»,s’est exclamé l’évêque de Rome, le 1er juin à la fin de l’audience générale.

L’Ukraine, gros exportateur de céréales, notamment de maïs et de blé, voit sa production bloquée du fait des combats. Environ 20 millions de tonnes de céréales qui devaient être livrées avant fin juillet dans plusieurs pays à sont bloquées dans les ports de la mer Noire en Ukraine.

Grâce à ses terres fertiles, l’Ukraine était en 2018 le 5e producteur mondial de maïs, le 8e producteur de blé, le premier producteur de tournesol, le troisième producteur de sarasin. Au global, dans le monde, 12% des exportations de céréales viennent d’Ukraine. Et si on ajoute la Russie, qui ne peut exporter ses grains à cause des sanctions internationales, c’est un tiers du blé mondial qui provient des deux pays.

Source: VATICANNEWS, le 1er juin 2022

Ukraine : « les blessures sont profondes », par Mgr Gallagher

L'icône de la Vierge Hodigitria de Popeliv (Ukraine) © capture de Zenit / Vatican News

L’icône De La Vierge Hodigitria De Popeliv (Ukraine) © Capture De Zenit / Vatican News

Ukraine : « les blessures sont profondes », par Mgr Gallagher

À Bucha, « c’est une horreur »

En terminant aujourd’hui sa visite de trois jours en Ukraine (18-20 mai), Mgr Paul Richard Gallagher, le secrétaire pour les relations avec les États, a visité ce vendredi 20 mai 2022 Bucha, une ville de l’oblast de Kiev où quelques centaines de civils ont été martyrisés et tués pendant l’occupation russe : « Les blessures sont profondes, a dit Mgr Gallagher dans l’entretien avec Vatican News en italien: il est difficile maintenant de parler de paix, de réconciliation, car dans le cœur des gens les souffrances, les blessures sont si profondes qu’il faut donner du temps. »

À Bucha, « c’est une horreur, parce que ces choses ont été faites par des hommes à d’autres hommes, … faites à des civils, faites de manière complètement barbare », a-t-il déclaré après sa visite à la fosse commune près de l’église orthodoxe Saint-André, où environ 100 corps sans nom ont été exhumés et parmi ceux-ci, il y avait aussi des enfants. « Et c’est vraiment une horreur, a-t-il répété. Nous en sommes témoins, des souffrances et du martyre de ce pays. »

À la question « comment trouver la paix » dans un pays qui a vu toutes ces horreurs, Mgr Gallagher répond que « les Ukrainiens trouveront la paix entre eux, mais les blessures sont profondes et il faudra beaucoup, beaucoup plus de temps pour trouver la paix avec la Russie, avec les gens qui ont été impliqués dans ce terrible conflit, dans cette guerre ».

Il pense qu’« il faut donner du temps, il faut laisser parler les gens, exprimer aussi beaucoup de sentiments négatifs envers les autres ». Et il invite à « prier » : « Nous devons beaucoup prier, que le Seigneur, qui est en fait le seul salut, nous donne la grâce de guérir ces blessures et que les gens puissent avancer. »

Mgr Gallagher souligne le « courage » et la « détermination » des Ukrainiens dans la reconstruction du pays : « Une chose qui m’a profondément touché ces jours-ci, explique-t-il, c’est avec quel courage, avec quelle détermination le peuple ukrainien essaie de faire de ce printemps que nous voyons dans les champs, dans les bois et dans les forêts, une renaissance pour ce pays. Ils essaient de reconstruire, de nettoyer, de restaurer les choses, avec beaucoup d’entrain, avec beaucoup de courage. Et ils méritent toute notre reconnaissance et notre estime. »

La paix en Ukraine : « faire tout ce qui est possible »

Dans son autre entretien avec Vatican News, hier le 19 mai, Mgr Gallagher affirme que « le Saint-Siège et le Saint-Père lui-même sont prêts à faire tout ce qui est possible » pour la paix en Ukraine. Les diplomates du Vatican poursuivent leurs « contacts avec les autorités ukrainiennes, et également par l’intermédiaire de l’ambassade de Russie auprès du Saint-Siège » ils ont « quelques contacts avec Moscou ».

Mgr Gallagher souligne que « le Saint-Siège souhaite continuer à encourager l’envoi d’aide humanitaire » ainsi qu’à « sensibiliser la communauté internationale, ce qui est toujours nécessaire ». « Malheureusement, dit-il, dans chaque conflit, … au bout d’un moment la lassitude s’installe, même pour soutenir un peuple en difficulté. »

Le secrétaire pour les relations avec les États note aussi que plusieurs initiatives sont organisées par le Saint-Siège pour mettre fin à la guerre : « Ce que nous essayons de faire, ce que le pape a fait, c’est de lancer de nombreuses interventions, de nombreux moments de prière et de nombreux appels pour la fin de la guerre en Ukraine, et nous allons continuer dans cette direction. »

Source: ZENIT.ORG, Le 20 mai 2022

Les questions du Pape sur la paix

Des civils devant des immeubles détruits de Marioupol, le 29 avril.Des civils devant des immeubles détruits de Marioupol, le 29 avril. (ALEXANDER ERMOCHENKO)

Les questions du Pape sur la paix

Lors du Regina Coeli, François pose la question de la volonté réelle d’arrêter l’escalade militaire et verbale pour arriver à une négociation. 

Andrea Tornielli

«Je me demande si la paix est vraiment recherchée». Le pape François a choisi de présenter sous forme de questions les doutes qui saisissent beaucoup de monde et qui s’amplifient au fur et à mesure de l’escalade militaire dans la guerre en Ukraine. Une escalade militaire inquiétante dans un conflit de plus en plus dévastateur qui fait des ravages dans la population civile sans défense et qui s’accompagne d’une multiplication des menaces verbales, d’une diabolisation totale de l’adversaire et de simulations d’éventuelles attaques nucléaires.

La poursuite de la guerre d’agression perpétrée par l’armée russe contre l’Ukraine, la course au réarmement, l’absence d’initiatives fortes au niveau international, font que la pensée de ceux qui considèrent le conflit armé comme inévitable, le retour au passé et aux anciens «schémas» de guerre qu’ils espéraient dépassés, s’affirme de plus en plus. 

«Alors que nous assistons à une régression macabre de l’humanité, a déclaré le Pape, je me demande, avec tant de personnes angoissées, si nous cherchons vraiment la paix ; s’il y a la volonté d’éviter une escalade militaire et verbale continue ; si nous faisons tout pour que les armes se taisent». 

La difficulté de répondre aux questions de François par l’affirmative est assez évidente. «Nous voulons tous la paix», voilà la réponse des dirigeants du monde. Mais cette volonté exprimée en paroles – si tant est qu’elle le soit – ne se transforme pas en une détermination créative et une véritable volonté de négocier. Ils parlent de paix et continuent à appliquer ce que le Pape a appelé le «schéma de la guerre».

Il y a quelques jours, le cardinal Pietro Parolin, espérant une nouvelle conférence d’Helsinki, a déclaré : «L’examen de ce qui s’est passé au cours des dernières décennies doit nous convaincre de la nécessité de faire davantage confiance aux organismes internationaux et à leur construction, en essayant d’en faire davantage une ‘maison commune’, où chacun se sent représentéEn même temps, elle devrait nous convaincre de la nécessité de construire un nouveau système de relations internationales, qui ne soit plus fondé sur la dissuasion et la force militaire : c’est une priorité. Et c’est une priorité parce que, si nous ne réfléchissons pas à cela, si nous ne travaillons pas pour cela, nous sommes destinés à courir vers l’abîme de la guerre totale». 

C’est pourquoi le Successeur de Pierre a réitéré son appel en demandant que «nous ne cédions pas à la logique de la violence, à la spirale perverse des armes» et que nous prenions enfin la voie du dialogue et de la paix.

Source: VATICANNEWS, le 1er mai 2022

Le Pape remercie les Slovaques d‘accueillir des réfugiés ukrainiens

Pèlerins slovaques reçus par le Pape François en salle Paul VIPèlerins slovaques reçus par le Pape François en salle Paul VI (Vatican Media)

Le Pape remercie les Slovaques d‘accueillir des réfugiés ukrainiens

François a reçu ce samedi matin en salle Paul VI des pèlerins slovaques accompagnés de l’archevêque de Bratislava et des présidents du Parlement et de la Cour constitutionnelle. Le Saint-Père a évoqué son voyage en Slovaquie et salué les efforts des Slovaques pour accueillir les réfugiés venus d’Ukraine. 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Cette rencontre fut avant tout les retrouvailles entre le Pape et les Slovaques à qui il avait rendu visite du 12 au 15 septembre 2021. Retrouvailles avec les fidèles venus sur la tombe de Pierre et avec les autorités politiques et religieuses slovaques : étaient présents ce matin au Vatican lors de l’audience le cardinal Josef Tomko, aujourd’hui doyen d’âge du collège cardinalice, Mgr Stanislav Zvolensky, archevêque de Bratislava et président de la conférence épiscopale slovaque, ainsi que les présidents du Parlement et de la Cour constitutionnelle.

Le Pape a tout d’abord rappelé son séjour en Slovaquie où «l’Église vit de richesse de la diversité des rites et des traditions, comme un pont qui unit l’Occident et l’Orient chrétien»«J’ai voulu vous encourager à cheminer tous ensemble dans le style de la rencontre» a-t-il souligné. «La culture de la rencontre se construit dans la recherche de la l’harmonie entre les diversités, une harmonie qui réclame de l’accueil, de l’ouverture et de la créativité. À la racine de ce style de vie il y a l’Évangile, il y a l’Esprit Saint» a-t-il précisé. D’où la prière lors de ce voyage apostolique pour «la guérison des blessures».

Les familles victimes de la violence de la guerre

Se souvenant aussi de l’accueil qu’il reçut notamment lors de sa rencontre avec la communauté rom, le Saint-Père a salué l’accueil donné cette fois dans le contexte de la guerre aux réfugiés venus d’Ukraine et qui ont trouvé un toit dans les paroisses, les institutions et les familles slovaques. «En regardant leurs yeux, vous êtes les témoins de la violence faite aux liens familiaux par la guerre qui prive les enfants de la présence de leur père, de l’école, qui laisse abandonnés les grands-parents» a déclaré François.

«Je vous exhorte à continuer de prier et de travailler pour la paix qui se construit dans notre vie de tous les jours, même par ces gestes de charité accueillante. Et je sais que vous êtes solidaires, non seulement avec vos frères qui sont proches mais aussi avec ceux qui sont loin, comme ceux de Cuba» a poursuivi le Pape.

«Qui accueille quelqu’un dans le besoin n’accomplit pas seulement un acte de charité mais aussi de foi parce qu’il reconnait Jésus dans le frère ou la sœur» a expliqué le Saint-Père qui a invité les pèlerins slovaques à préserver l’héritage des saints Cyrille et Méthode pour construire des ponts de fraternité avec tous les peuples qui se nourrissent des mêmes racines de l’évangélisation de l’Europe.

Source: VATICANNEWS, le 30 avril 2022

Ukraine: François renouvelle son appel à une trêve de Pâques

Ukraine: François renouvelle son appel à une trêve de Pâques

Au cours de la prière du Regina Coeli, ce 24 avril, le Pape François a renouvelé son appel à une trêve pascale dans la guerre en Ukraine. Les catholiques de rite oriental et les fidèles orthodoxes célèbrent, ce jour, la résurrection du Seigneur.

Claire Riobé – Vatican News

S’exprimant devant une foule de 40.000 personnes place Saint-Pierre, à l’issue de la prière du Regina Coeli, François a chaleureusement salué les chrétiens orthodoxes et tous les catholiques de rite oriental. Il a également déploré les atrocités de la guerre qui blessent la paix. «Que Jésus accorde la paix, qui a été blessée par la barbarie de la guerre», a-t-il déclaré.

Alors que ce dimanche 24 avril marque les deux mois de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février, le Souverain pontife a noté que la violence du conflit n’avait fait qu’empirer progressivement. «Il est triste que ces jours, qui sont les plus saints et les plus solennels pour tous les chrétiens, nous entendions le bruit mortel des armes plutôt que le son des cloches annonçant la Résurrection. Il est triste que les armes prennent la place des mots», a déploré François.

Trêve de Pâques en Ukraine

Le Saint-Père a ensuite renouvelé son appel à une trêve pascale, la qualifiant de «signe le plus petit et le plus tangible d’un désir de paix.» «Que les attaques cessent afin de venir en aide aux personnes qui souffrent», a-t-il exhorté avec force.«Puissions-nous nous arrêter et obéir aux paroles du Ressuscité, qui, le jour de Pâques, a dit à ses disciples: «La paix soit avec vous ».»

Le Saint-Père a conclu en demandant à tous les fidèles à prier et avoir le courage d’annoncer que «la paix est possible.»

Source: VATICANNEWS, le 24 avril 2022

À Marioupol, une lettre de la dernière chance envoyée au Pape

Une femme ukrainienne dans une rue de Marioupol, en Ukraine, le 17 avril 2022.Une femme ukrainienne dans une rue de Marioupol, en Ukraine, le 17 avril 2022. (ALEXANDER ERMOCHENKO)

À Marioupol, une lettre de la dernière chance envoyée au Pape

Le cardinal Michael Czerny s’est fait le porte-parole d’une lettre-appel signée par les «mères, épouses et enfants» des survivants de Marioupol, encore ensevelis dans la ville. Une aide du Pape pour l’évacuation des civils «serait un véritable acte de miséricorde», considèrent les Ukrainiens. 

Alessandro De Carolis – Cité du Vatican

C’est un appel digne et désespéré qu’ont adressé des mères, épouses et enfants de Marioupol au Pape François, au lendemain de ce lundi de Pâques. Les auteurs de la lettre parvenue au Vatican par l’intermédiaire du cardinal Michael Czerny, et adressée au Saint-Père, «met en évidence» ce que ce dernier a répété depuis le début du conflit. Elle fait écho au message Urbi et Orbi énoncé le 17 avril, durant lequel François «a parlé clairement de l’irrationalité totale de la guerre», a indiqué le cardinal Czerny, préfet par intérim du Dicastère pour le développement humain intégral.

La missive a été rédigée par le journaliste Saken Aymurzaev, de la télévision d’État ukrainienne «UATV-channel». Deux pages, qui donnent un aperçu de l’agonie en cours de cette ville martyre du conflit ukrainien. Une ville, dit-on, «réduite en cendres» après les sous attaque incessantes de l’armée russe, et épicentre d’une catastrophe humanitaire sans précédent dans l’Europe du XXIe siècle.

Un millier de civils retranché dans l’usine d’Azovstal

«Saint-Père, il est encore possible d’aider les personnes qui souffrent», bien que le nombre de ceux qui ne le font pas «augmente chaque jour», écrivent les femmes de Marioupol à François. Les épouses et enfants de ceux qui résistent encore à Mariupol -dont une centaine de personnes en uniforme, principalement médecins et cuisiniers- alertent sur la présence de centaines de blessés civils et militaires, privés de tout soin en raison de l’épuisement des médicaments et des désinfectants, et qui «doivent être évacués du champ de bataille».

La lettre décrit notamment avec force la situation de l’usine d’Azovstal, un complexe métallurgique devenu l’ultime fortesse de la ville assiégée par l’armée russe. Environ mille civils s’y trouveraient toujours aux côtés de l’armée ukrainienne. «Au début des combats –informent les habitants de Marioupol– ces personnes pensaient que vivre avec les militaires leur donnerait non seulement la sécurité, mais également la possibilité de recevoir de la nourriture, de l’eau et des soins médicaux». Pour beaucoup de femmes et d’enfants, ce qui leur semblait être une forteresse leur apparaît aujourd’hui comme un «piège» inaccessible, vers lequel il est devenu impossible de «livrer de la nourriture et de l’eau potable».

Demande de couloirs humanitaires et cessez-le-feu

«Cette pétition désespérée, affirme le cardinal Czerny, est également adressée à tous ceux qui ont la possibilité d’aider à la mise en place de couloirs humanitaires ou d’un cessez-le-feu». Elle intervient à un moment où, aux côtés de la foi et de la joie de la Résurrection, nous devons savoir porter «la souffrance et l’agonie de nos frères et sœurs en Ukraine et aussi de tant d’autres endroits dans le monde où il y a cette terrible irrationalité de la guerre», a indiqué le cardinal Czerny.

«Les femmes, les enfants et les blessés ne méritent pas une telle mort aux yeux du monde». Ce sont «les martyrs d’aujourd’hui», conclut la lettre à François. «Son aide dans leur évacuation de Mariupol deviendra un acte vraiment paternel, l’aide d’un bon pasteur et un véritable acte de miséricorde».

Source: VATICANNEWS, le 19 avril 2022