Le Pape s’élève contre le blocage des exportations du blé d’Ukraine

Actuellement, 20 millions de tonnes de blé sont bloquées en Ukraine, pays qui, avec la Russie, fournit jusqu’à un tiers des exportations mondiales de céréales.Actuellement, 20 millions de tonnes de blé sont bloquées en Ukraine, pays qui, avec la Russie, fournit jusqu’à un tiers des exportations mondiales de céréales.

Le Pape s’élève contre le blocage des exportations du blé d’Ukraine

Au terme de l’audience générale du mercredi 1er juin place saint-Pierre de Rome, le Pape François a lancé un appel à mettre fin au blocage des exportations de céréales de l’Ukraine. Il est indispensable de garantir «le droit universel à l’alimentation», a-t-il soutenu. 

«Le blocage des exportations de céréales de l’Ukraine, dont dépend la vie de millions de personnes, notamment dans les pays les plus pauvres, est très préoccupant. Je demande instamment que tout soit mis en œuvre pour résoudre cette question et garantir le droit universel à l’alimentation. S’il vous plaît, n’utilisez pas le blé, un aliment de base, comme une arme de guerre!»,s’est exclamé l’évêque de Rome, le 1er juin à la fin de l’audience générale.

L’Ukraine, gros exportateur de céréales, notamment de maïs et de blé, voit sa production bloquée du fait des combats. Environ 20 millions de tonnes de céréales qui devaient être livrées avant fin juillet dans plusieurs pays à sont bloquées dans les ports de la mer Noire en Ukraine.

Grâce à ses terres fertiles, l’Ukraine était en 2018 le 5e producteur mondial de maïs, le 8e producteur de blé, le premier producteur de tournesol, le troisième producteur de sarasin. Au global, dans le monde, 12% des exportations de céréales viennent d’Ukraine. Et si on ajoute la Russie, qui ne peut exporter ses grains à cause des sanctions internationales, c’est un tiers du blé mondial qui provient des deux pays.

Source: VATICANNEWS, le 1er juin 2022

Ukraine : « les blessures sont profondes », par Mgr Gallagher

L'icône de la Vierge Hodigitria de Popeliv (Ukraine) © capture de Zenit / Vatican News

L’icône De La Vierge Hodigitria De Popeliv (Ukraine) © Capture De Zenit / Vatican News

Ukraine : « les blessures sont profondes », par Mgr Gallagher

À Bucha, « c’est une horreur »

En terminant aujourd’hui sa visite de trois jours en Ukraine (18-20 mai), Mgr Paul Richard Gallagher, le secrétaire pour les relations avec les États, a visité ce vendredi 20 mai 2022 Bucha, une ville de l’oblast de Kiev où quelques centaines de civils ont été martyrisés et tués pendant l’occupation russe : « Les blessures sont profondes, a dit Mgr Gallagher dans l’entretien avec Vatican News en italien: il est difficile maintenant de parler de paix, de réconciliation, car dans le cœur des gens les souffrances, les blessures sont si profondes qu’il faut donner du temps. »

À Bucha, « c’est une horreur, parce que ces choses ont été faites par des hommes à d’autres hommes, … faites à des civils, faites de manière complètement barbare », a-t-il déclaré après sa visite à la fosse commune près de l’église orthodoxe Saint-André, où environ 100 corps sans nom ont été exhumés et parmi ceux-ci, il y avait aussi des enfants. « Et c’est vraiment une horreur, a-t-il répété. Nous en sommes témoins, des souffrances et du martyre de ce pays. »

À la question « comment trouver la paix » dans un pays qui a vu toutes ces horreurs, Mgr Gallagher répond que « les Ukrainiens trouveront la paix entre eux, mais les blessures sont profondes et il faudra beaucoup, beaucoup plus de temps pour trouver la paix avec la Russie, avec les gens qui ont été impliqués dans ce terrible conflit, dans cette guerre ».

Il pense qu’« il faut donner du temps, il faut laisser parler les gens, exprimer aussi beaucoup de sentiments négatifs envers les autres ». Et il invite à « prier » : « Nous devons beaucoup prier, que le Seigneur, qui est en fait le seul salut, nous donne la grâce de guérir ces blessures et que les gens puissent avancer. »

Mgr Gallagher souligne le « courage » et la « détermination » des Ukrainiens dans la reconstruction du pays : « Une chose qui m’a profondément touché ces jours-ci, explique-t-il, c’est avec quel courage, avec quelle détermination le peuple ukrainien essaie de faire de ce printemps que nous voyons dans les champs, dans les bois et dans les forêts, une renaissance pour ce pays. Ils essaient de reconstruire, de nettoyer, de restaurer les choses, avec beaucoup d’entrain, avec beaucoup de courage. Et ils méritent toute notre reconnaissance et notre estime. »

La paix en Ukraine : « faire tout ce qui est possible »

Dans son autre entretien avec Vatican News, hier le 19 mai, Mgr Gallagher affirme que « le Saint-Siège et le Saint-Père lui-même sont prêts à faire tout ce qui est possible » pour la paix en Ukraine. Les diplomates du Vatican poursuivent leurs « contacts avec les autorités ukrainiennes, et également par l’intermédiaire de l’ambassade de Russie auprès du Saint-Siège » ils ont « quelques contacts avec Moscou ».

Mgr Gallagher souligne que « le Saint-Siège souhaite continuer à encourager l’envoi d’aide humanitaire » ainsi qu’à « sensibiliser la communauté internationale, ce qui est toujours nécessaire ». « Malheureusement, dit-il, dans chaque conflit, … au bout d’un moment la lassitude s’installe, même pour soutenir un peuple en difficulté. »

Le secrétaire pour les relations avec les États note aussi que plusieurs initiatives sont organisées par le Saint-Siège pour mettre fin à la guerre : « Ce que nous essayons de faire, ce que le pape a fait, c’est de lancer de nombreuses interventions, de nombreux moments de prière et de nombreux appels pour la fin de la guerre en Ukraine, et nous allons continuer dans cette direction. »

Source: ZENIT.ORG, Le 20 mai 2022

Les questions du Pape sur la paix

Des civils devant des immeubles détruits de Marioupol, le 29 avril.Des civils devant des immeubles détruits de Marioupol, le 29 avril. (ALEXANDER ERMOCHENKO)

Les questions du Pape sur la paix

Lors du Regina Coeli, François pose la question de la volonté réelle d’arrêter l’escalade militaire et verbale pour arriver à une négociation. 

Andrea Tornielli

«Je me demande si la paix est vraiment recherchée». Le pape François a choisi de présenter sous forme de questions les doutes qui saisissent beaucoup de monde et qui s’amplifient au fur et à mesure de l’escalade militaire dans la guerre en Ukraine. Une escalade militaire inquiétante dans un conflit de plus en plus dévastateur qui fait des ravages dans la population civile sans défense et qui s’accompagne d’une multiplication des menaces verbales, d’une diabolisation totale de l’adversaire et de simulations d’éventuelles attaques nucléaires.

La poursuite de la guerre d’agression perpétrée par l’armée russe contre l’Ukraine, la course au réarmement, l’absence d’initiatives fortes au niveau international, font que la pensée de ceux qui considèrent le conflit armé comme inévitable, le retour au passé et aux anciens «schémas» de guerre qu’ils espéraient dépassés, s’affirme de plus en plus. 

«Alors que nous assistons à une régression macabre de l’humanité, a déclaré le Pape, je me demande, avec tant de personnes angoissées, si nous cherchons vraiment la paix ; s’il y a la volonté d’éviter une escalade militaire et verbale continue ; si nous faisons tout pour que les armes se taisent». 

La difficulté de répondre aux questions de François par l’affirmative est assez évidente. «Nous voulons tous la paix», voilà la réponse des dirigeants du monde. Mais cette volonté exprimée en paroles – si tant est qu’elle le soit – ne se transforme pas en une détermination créative et une véritable volonté de négocier. Ils parlent de paix et continuent à appliquer ce que le Pape a appelé le «schéma de la guerre».

Il y a quelques jours, le cardinal Pietro Parolin, espérant une nouvelle conférence d’Helsinki, a déclaré : «L’examen de ce qui s’est passé au cours des dernières décennies doit nous convaincre de la nécessité de faire davantage confiance aux organismes internationaux et à leur construction, en essayant d’en faire davantage une ‘maison commune’, où chacun se sent représentéEn même temps, elle devrait nous convaincre de la nécessité de construire un nouveau système de relations internationales, qui ne soit plus fondé sur la dissuasion et la force militaire : c’est une priorité. Et c’est une priorité parce que, si nous ne réfléchissons pas à cela, si nous ne travaillons pas pour cela, nous sommes destinés à courir vers l’abîme de la guerre totale». 

C’est pourquoi le Successeur de Pierre a réitéré son appel en demandant que «nous ne cédions pas à la logique de la violence, à la spirale perverse des armes» et que nous prenions enfin la voie du dialogue et de la paix.

Source: VATICANNEWS, le 1er mai 2022

Le Pape remercie les Slovaques d‘accueillir des réfugiés ukrainiens

Pèlerins slovaques reçus par le Pape François en salle Paul VIPèlerins slovaques reçus par le Pape François en salle Paul VI (Vatican Media)

Le Pape remercie les Slovaques d‘accueillir des réfugiés ukrainiens

François a reçu ce samedi matin en salle Paul VI des pèlerins slovaques accompagnés de l’archevêque de Bratislava et des présidents du Parlement et de la Cour constitutionnelle. Le Saint-Père a évoqué son voyage en Slovaquie et salué les efforts des Slovaques pour accueillir les réfugiés venus d’Ukraine. 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Cette rencontre fut avant tout les retrouvailles entre le Pape et les Slovaques à qui il avait rendu visite du 12 au 15 septembre 2021. Retrouvailles avec les fidèles venus sur la tombe de Pierre et avec les autorités politiques et religieuses slovaques : étaient présents ce matin au Vatican lors de l’audience le cardinal Josef Tomko, aujourd’hui doyen d’âge du collège cardinalice, Mgr Stanislav Zvolensky, archevêque de Bratislava et président de la conférence épiscopale slovaque, ainsi que les présidents du Parlement et de la Cour constitutionnelle.

Le Pape a tout d’abord rappelé son séjour en Slovaquie où «l’Église vit de richesse de la diversité des rites et des traditions, comme un pont qui unit l’Occident et l’Orient chrétien»«J’ai voulu vous encourager à cheminer tous ensemble dans le style de la rencontre» a-t-il souligné. «La culture de la rencontre se construit dans la recherche de la l’harmonie entre les diversités, une harmonie qui réclame de l’accueil, de l’ouverture et de la créativité. À la racine de ce style de vie il y a l’Évangile, il y a l’Esprit Saint» a-t-il précisé. D’où la prière lors de ce voyage apostolique pour «la guérison des blessures».

Les familles victimes de la violence de la guerre

Se souvenant aussi de l’accueil qu’il reçut notamment lors de sa rencontre avec la communauté rom, le Saint-Père a salué l’accueil donné cette fois dans le contexte de la guerre aux réfugiés venus d’Ukraine et qui ont trouvé un toit dans les paroisses, les institutions et les familles slovaques. «En regardant leurs yeux, vous êtes les témoins de la violence faite aux liens familiaux par la guerre qui prive les enfants de la présence de leur père, de l’école, qui laisse abandonnés les grands-parents» a déclaré François.

«Je vous exhorte à continuer de prier et de travailler pour la paix qui se construit dans notre vie de tous les jours, même par ces gestes de charité accueillante. Et je sais que vous êtes solidaires, non seulement avec vos frères qui sont proches mais aussi avec ceux qui sont loin, comme ceux de Cuba» a poursuivi le Pape.

«Qui accueille quelqu’un dans le besoin n’accomplit pas seulement un acte de charité mais aussi de foi parce qu’il reconnait Jésus dans le frère ou la sœur» a expliqué le Saint-Père qui a invité les pèlerins slovaques à préserver l’héritage des saints Cyrille et Méthode pour construire des ponts de fraternité avec tous les peuples qui se nourrissent des mêmes racines de l’évangélisation de l’Europe.

Source: VATICANNEWS, le 30 avril 2022

Ukraine: François renouvelle son appel à une trêve de Pâques

Ukraine: François renouvelle son appel à une trêve de Pâques

Au cours de la prière du Regina Coeli, ce 24 avril, le Pape François a renouvelé son appel à une trêve pascale dans la guerre en Ukraine. Les catholiques de rite oriental et les fidèles orthodoxes célèbrent, ce jour, la résurrection du Seigneur.

Claire Riobé – Vatican News

S’exprimant devant une foule de 40.000 personnes place Saint-Pierre, à l’issue de la prière du Regina Coeli, François a chaleureusement salué les chrétiens orthodoxes et tous les catholiques de rite oriental. Il a également déploré les atrocités de la guerre qui blessent la paix. «Que Jésus accorde la paix, qui a été blessée par la barbarie de la guerre», a-t-il déclaré.

Alors que ce dimanche 24 avril marque les deux mois de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février, le Souverain pontife a noté que la violence du conflit n’avait fait qu’empirer progressivement. «Il est triste que ces jours, qui sont les plus saints et les plus solennels pour tous les chrétiens, nous entendions le bruit mortel des armes plutôt que le son des cloches annonçant la Résurrection. Il est triste que les armes prennent la place des mots», a déploré François.

Trêve de Pâques en Ukraine

Le Saint-Père a ensuite renouvelé son appel à une trêve pascale, la qualifiant de «signe le plus petit et le plus tangible d’un désir de paix.» «Que les attaques cessent afin de venir en aide aux personnes qui souffrent», a-t-il exhorté avec force.«Puissions-nous nous arrêter et obéir aux paroles du Ressuscité, qui, le jour de Pâques, a dit à ses disciples: «La paix soit avec vous ».»

Le Saint-Père a conclu en demandant à tous les fidèles à prier et avoir le courage d’annoncer que «la paix est possible.»

Source: VATICANNEWS, le 24 avril 2022

À Marioupol, une lettre de la dernière chance envoyée au Pape

Une femme ukrainienne dans une rue de Marioupol, en Ukraine, le 17 avril 2022.Une femme ukrainienne dans une rue de Marioupol, en Ukraine, le 17 avril 2022. (ALEXANDER ERMOCHENKO)

À Marioupol, une lettre de la dernière chance envoyée au Pape

Le cardinal Michael Czerny s’est fait le porte-parole d’une lettre-appel signée par les «mères, épouses et enfants» des survivants de Marioupol, encore ensevelis dans la ville. Une aide du Pape pour l’évacuation des civils «serait un véritable acte de miséricorde», considèrent les Ukrainiens. 

Alessandro De Carolis – Cité du Vatican

C’est un appel digne et désespéré qu’ont adressé des mères, épouses et enfants de Marioupol au Pape François, au lendemain de ce lundi de Pâques. Les auteurs de la lettre parvenue au Vatican par l’intermédiaire du cardinal Michael Czerny, et adressée au Saint-Père, «met en évidence» ce que ce dernier a répété depuis le début du conflit. Elle fait écho au message Urbi et Orbi énoncé le 17 avril, durant lequel François «a parlé clairement de l’irrationalité totale de la guerre», a indiqué le cardinal Czerny, préfet par intérim du Dicastère pour le développement humain intégral.

La missive a été rédigée par le journaliste Saken Aymurzaev, de la télévision d’État ukrainienne «UATV-channel». Deux pages, qui donnent un aperçu de l’agonie en cours de cette ville martyre du conflit ukrainien. Une ville, dit-on, «réduite en cendres» après les sous attaque incessantes de l’armée russe, et épicentre d’une catastrophe humanitaire sans précédent dans l’Europe du XXIe siècle.

Un millier de civils retranché dans l’usine d’Azovstal

«Saint-Père, il est encore possible d’aider les personnes qui souffrent», bien que le nombre de ceux qui ne le font pas «augmente chaque jour», écrivent les femmes de Marioupol à François. Les épouses et enfants de ceux qui résistent encore à Mariupol -dont une centaine de personnes en uniforme, principalement médecins et cuisiniers- alertent sur la présence de centaines de blessés civils et militaires, privés de tout soin en raison de l’épuisement des médicaments et des désinfectants, et qui «doivent être évacués du champ de bataille».

La lettre décrit notamment avec force la situation de l’usine d’Azovstal, un complexe métallurgique devenu l’ultime fortesse de la ville assiégée par l’armée russe. Environ mille civils s’y trouveraient toujours aux côtés de l’armée ukrainienne. «Au début des combats –informent les habitants de Marioupol– ces personnes pensaient que vivre avec les militaires leur donnerait non seulement la sécurité, mais également la possibilité de recevoir de la nourriture, de l’eau et des soins médicaux». Pour beaucoup de femmes et d’enfants, ce qui leur semblait être une forteresse leur apparaît aujourd’hui comme un «piège» inaccessible, vers lequel il est devenu impossible de «livrer de la nourriture et de l’eau potable».

Demande de couloirs humanitaires et cessez-le-feu

«Cette pétition désespérée, affirme le cardinal Czerny, est également adressée à tous ceux qui ont la possibilité d’aider à la mise en place de couloirs humanitaires ou d’un cessez-le-feu». Elle intervient à un moment où, aux côtés de la foi et de la joie de la Résurrection, nous devons savoir porter «la souffrance et l’agonie de nos frères et sœurs en Ukraine et aussi de tant d’autres endroits dans le monde où il y a cette terrible irrationalité de la guerre», a indiqué le cardinal Czerny.

«Les femmes, les enfants et les blessés ne méritent pas une telle mort aux yeux du monde». Ce sont «les martyrs d’aujourd’hui», conclut la lettre à François. «Son aide dans leur évacuation de Mariupol deviendra un acte vraiment paternel, l’aide d’un bon pasteur et un véritable acte de miséricorde».

Source: VATICANNEWS, le 19 avril 2022

Le cardinal Krajewski prie le chemin de Croix à Borodyanka

Le cardinal Krajewski priant le chemin de Croix à Borodyanka, le 15 avril 2022.Le cardinal Krajewski priant le chemin de Croix à Borodyanka, le 15 avril 2022.

Le cardinal Krajewski prie le chemin de Croix à Borodyanka

Envoyé par le Pape François en Ukraine pour la Semaine Sainte, le cardinal Konrad Krajewski, aumônier apostolique, est passé ce vendredi à Borodyanka, au nord de Kiev, pour célébrer le chemin de Croix devant une fosse commune. Il nous a confié son témoignage. 

La visite du cardinal Konrad Krajewski à Kiev et en d’autres villes d’Ukraine se poursuit. En ce Vendredi Saint, accompagné de Mgr Visvaldas Kulbokas, nonce apostolique à Kiev, le cardinal Krajewski a effectué un émouvant Chemin de croix à Borodyanka, l’une des villes les plus dévastées par le conflit, située à une cinquantaine de kilomètres de Kiev. À son retour dans la capitale ukrainienne, l’aumônier apostolique du Pape François témoigne d’une situation d’intense souffrance:

«Maintenant avec le nonce, nous retournons à Kiev, depuis ces endroits difficiles pour chaque personne dans le monde, où nous avons encore trouvé de nombreux morts et une tombe d’au moins 80 personnes, enterrées sans nom et sans prénom. Il manque les pleurs, il manque les mots. Heureusement qu’il y a la foi, et que nous sommes dans la Semaine Sainte, le Vendredi Saint, qui nous permet de nous unir à la personne de Jésus et monter avec Lui sur la Croix, parce qu’après le Vendredi Saint… C’est vrai, je le sais, il y aura le dimanche de la Résurrection. Et peut-être que le Christ nous expliquera tout par son amour et changera tout au fond de nous-mêmes, cette amertume et cette souffrance que nous portons depuis quelques jours, et particulièrement au cours de cette journée».

La ville de Borodyanka comptait avant la guerre 13 000 habitants. Presque tous les bâtiments ont été détruits, et la cité est désormais un champ de ruines. Au moins 200 victimes ont d’ores et déjà été recensées par le maire de la commune.

Source: VATICANNEWS, le 15 avril 2022

Ukraine : Mgr Shevchuk dénonce les vols et les pillages

Printemps en Ukraine @ Page FB de l'EGCU

Printemps En Ukraine @ Page FB De L’EGCU

Ukraine : Mgr Shevchuk dénonce les vols et les pillages

« Celui qui achète ce qui est volé ou pillé est complice du crime »

Mgr Sviatoslav Shevchuk, archevêque-majeur de Lviv et primat de l’Église grecque catholique ukrainienne (EGCU), dénonce les vols et les pillages en Ukraine rappelant qu’« une chose volée devient des charbons ardents entre les mains de celui qui la détient et lui brûle les mains ». Il souligne également « que celui qui achète ce qui est volé ou pillé est complice du crime ».

C’est ce que Mgr Shevchuk dit dans son nouveau message vidéo du 14 avril 2022, 50e jour de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, indique le site de l’EGCU.

L’archevêque-majeur attire l’attention sur « la tragédie du pillage » : « Nous avons vu les crimes de guerre de pillage, de braquage flagrant, quand tous les biens ont été pris aux Ukrainiens tués et blessés, quand la vie d’une personne avait moins de valeur aux yeux des occupants que ce qu’ils pouvaient lui voler. »

Il poursuit en racontant que « les occupants autour de Kiev, dans la région de Tchernihiv, ont préparé les gens à la famine, ne leur ont pas donné la possibilité de travailler, leur ont interdit d’aller dans les champs minés et ont simplement tué cyniquement le bétail ».

Mgr Shevchuk invite chacun à réfléchir sur « le septième commandement de Dieu : « Ne volez pas ! » ». Selon lui, par ce commandement, « Dieu protège la dignité de l’homme en tant que co-créateur avec Dieu, en tant que celui à qui Il a confié sa création ». Par ce commandement, Dieu « montre la valeur du travail humain, et donc la gloire d’un fermier, d’un ouvrier, qui bénéficie de l’œuvre bénie de Dieu et des fruits de ses mains ». « Celui qui ne respecte pas la propriété privée de l’homme ne jouira jamais de la prospérité, souligne l’archevêque-majeur. Dans un pays où le bien d’autrui est méprisé, il n’y en aura jamais assez. »

Le primat de l’Église grecque catholique ukrainienne demande à Dieu « de bénir l’Ukraine avec prospérité et richesse, de nous donner la force de reconstruire tout ce qui a été détruit, de nous donner la force de nourrir les enfants de notre peuple, de nous donner la force de travailler sur notre terre ». « Que Dieu bénisse l’Ukraine en tant que grenier à blé de l’Europe », demande-t-il.

Mgr Shevchuk souligne que – « malgré tout » – les Ukrainiens gardent l’espoir : « Les cigognes se sont envolées vers les villages et les villes d’Ukraine et construisent leurs nids au-dessus des incendies, au-dessus des maisons mutilées, au-dessus des nouveaux cimetières, dit le primat. Le printemps arrive, la vie continue. » « Après tout, nous préparons actuellement Pâques, poursuit-il. L’Ukraine vit. »

Source: ZENIT, le 24 avril 2022

Chemin de Croix : «Je suis russe et j’aime l’Ukraine»

Chemin de croix au Colisée © L'Osservatore Romano
Chemin De Croix Au Colisée © L’Osservatore Romano

Chemin de Croix : «Je suis russe et j’aime l’Ukraine»

Entretien avec une étudiante russe à Rome

« Je suis russe et j’aime l’Ukraine », affirme une étudiante russe, Albina, du cours de licence en sciences infirmières à l’Université Campus Bio-Medico à Rome. Elle sera présente à la treizième station du Chemin de Croix au Colisée avec une infirmière ukrainienne, Irina, du Centre de soins palliatifs « Ensemble dans les soins » de la Fondation de l’hôpital universitaire Campus Bio-Medico, indique Vatican News en italien du 11 avril 2022.

Au cours du Chemin de Croix présidé par le pape François le Vendredi saint 15 avril, Albina priera « pour la paix » : « Je prierai pour la paix, je prierai pour l’Ukraine. Je prierai pour mes proches et que toute cette horreur soit bientôt terminée. Le monde a besoin de paix et d’amour. »

Albina souligne qu’il existe un lien profond entre les Russes et les Ukrainiens et que le peuple russe ne veut pas « cette guerre » : « On ne peut même pas imaginer le nombre de liens familiaux entre les peuples d’Ukraine et de Russie, dit-elle : il y a beaucoup de Russes vivant en Ukraine et il y a beaucoup d’Ukrainiens vivant en Russie. C’est une tragédie qui touche les deux peuples. Je suis sûr que ni le peuple russe ni le peuple ukrainien ne veulent pas cette guerre. Tout le monde aimerait une vie normale. »

Arrivée en Italie en 1998, Albina a fait connaissance avec Irina, une infirmière ukrainienne, l’année passée lors du stage au Centre de soins palliatifs « Ensemble dans les soins » : « J’ai ressenti un grand soutien de sa part, raconte Albina. En ce moment, le peuple d’Irina a besoin de ce soutien. Avec un de mes amis, également Ukrainien, nous avons envoyé de l’aide aux familles nécessiteuses avant même la guerre. Nous organisons maintenant un jardin d’enfants pour aider les familles des réfugiés en Ukraine. En ce moment, de nombreuses infirmières en soins palliatifs et collègues de cours contribuent à favoriser la collecte de fournitures scolaires, des produits de première nécessité. »

Albina souligne que toutes ces actions prouvent « à quel point la vie de chaque personne est précieuse pour nos professionnels de la santé ». « L’humanité de ce département ne connaît pas de limites, ajoute-t-elle. Et les manifestations de l’humanité sont bien plus fortes que n’importe quelle guerre. »

Elle parle de leçons apprises dans le département des soins palliatifs : « Nous devons aider tout le monde, quels que soient le pays et la couleur de peau. Surtout dans le service de soins palliatifs, il y a beaucoup de sens à la vie. Nos patients nous apprennent beaucoup… On pourrait penser qu’en phase terminale il n’y a plus rien à faire. Au lieu de cela, il y a beaucoup à faire : la douleur peut être soulagée en redonnant à la personne sa dignité, en la plaçant au centre. Ce département nous apprend beaucoup sur la valeur de la vie humaine. »

Albina souligne qu’il est important pour elle d’être ensemble avec Irina, de partager ses espoirs avec elle : « Cette force que nous nous donnions l’une à l’autre était un soutien moral, explique-t-elle. Cet être ensemble est très important pour surmonter toute difficulté. Je crois que dans un avenir proche, comme Irina et moi, la Russie et l’Ukraine apprendront aussi à vivre en paix, à se soutenir mutuellement…Le monde n’a pas besoin de guerres, mais de paix. »

Source: ZENIT, le 13 avril 2022

François: «La guerre est un sacrilège, cessons de l’alimenter»

Le livre du Pape François «Contre la guerre. Le courage de construire la paix» est publié par les éditions Solferino et la Librairie Éditrice Vaticane. Le livre du Pape François «Contre la guerre. Le courage de construire la paix» est publié par les éditions Solferino et la Librairie Éditrice Vaticane.

François: «La guerre est un sacrilège, cessons de l’alimenter»

Un nouveau livre du Pape François est publié jeudi 14 avril en langue italienne sous le titre «Contre la guerre. Le courage de construire la paix». Le Souverain Pontife y présente le dialogue comme un art politique, la construction artisanale de la paix, et le désarmement comme un choix stratégique. Voici un résumé de son introduction.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Dans l’introduction de ce livre rassemblant les interventions du Souverain Pontife sur la guerre et la paix, François évoque les nombreuses guerres qui ravagent le monde, preuves d’une «troisième guerre mondiale (…) par morceaux». «Ce sont les si nombreuses guerres oubliées, qui de temps à autre réapparaissent devant nos yeux non-attentifs», souligne le Saint-Père.

«La guerre est un monstre»

Ces guerres nous paraissent «lointaines», d’un point de vue européen, mais ce n’est plus le cas avec la guerre entre l’Ukraine et la Russie. «L’Ukraine a été agressée et envahie», écrit le Saint-Père, qui pleure les nombreuses victimes civiles innocentes que le conflit provoque.

«Face aux images poignantes que nous voyons chaque jour, face aux cris des enfants et des femmes, nous ne pouvons qu’hurler: « Arrêtez-vous! ». La guerre n’est pas la solution, la guerre est une folie, la guerre est un monstre, la guerre est un cancer qui se nourrit de lui-même, engloutissant tout ! En outre, la guerre est un sacrilège, qui porte atteinte à ce qu’il y a de plus précieux sur notre terre, la vie humaine, l’innocence des petits, la beauté de la création», s’indigne le Successeur de Pierre dans cette introduction.

Freiner les dépenses en armement

Puis, sous la plume de François, apparait un hommage à ses prédécesseurs… Saint Jean XXIII, saint Paul VI et saint Jean-Paul II, qui ont chacun, en leur temps, fermement dénoncé la guerre. «Ce dont nous sommes témoins est une nouvelle barbarie et nous avons malheureusement la mémoire courte», regrette le Pape argentin. Celui-ci condamne les dépenses astronomiques faites en matière d’armement par de nombreux pays, et leur hausse au cours de la pandémie de coronavirus.

«Si nous avions de la mémoire, nous saurions que la guerre, avant d’atteindre la ligne de front, doit être arrêtée dans le cœur. La haine, avant qu’il ne soit trop tard, doit être éradiquée des cœurs. Et pour cela, nous avons besoin de dialogue, de négociation, d’écoute, d’habileté et de créativité diplomatiques, de politiques clairvoyantes capables de construire un nouveau système de coexistence qui ne soit plus fondé sur les armes, sur le pouvoir des armes, sur la dissuasion», peut-on lire.

Des raisons d’espérer

Comme à Hiroshima en novembre 2019, le Souverain Pontife reaffirme également que «l’utilisation de l’énergie atomique à des fins de guerre est immorale, tout comme la possession d’armes atomiques est immorale»«Qui aurait pu imaginer que, moins de trois ans plus tard, le spectre d’une guerre nucléaire planerait sur l’Europe ? Ainsi, étape par étape, nous nous dirigeons vers la catastrophe. Petit à petit, le monde risque de devenir le théâtre d’une troisième guerre mondiale unique», prévient le Pape. Mais cela n’est pas «inéluctable», insiste-t-il : bien qu’il soit difficile d’espérer face aux images provenant d’Ukraine, «il y a des signes d’espérance», écrit François.

«Il y a des millions de personnes qui n’aspirent pas à la guerre, qui ne la justifient pas, mais qui demandent la paix. Il y a des millions de jeunes qui nous demandent de faire tout ce qui est possible et impossible pour arrêter la guerre, pour arrêter les guerres. C’est en pensant d’abord à eux tous, aux jeunes et aux enfants, que nous devons répéter ensemble : plus jamais la guerre», explique François, appelant à construire un monde «plus pacifique parce que plus juste».

Un fonds pour le développement

Le Saint-Père demande enfin d’être plus attentif au visage de l’autre, citant le vénérable Don Tonino Bello, évêque italien de Molfetta-Ruvo-Giovinazzo-Terlizzi, selon lequel les conflits et toutes les guerres «trouvent leur racine dans l’effacement des visages». «Lorsque nous gardons l’autre personne, son visage ainsi que sa douleur, devant nos yeux, alors nous ne sommes pas autorisés à marquer sa dignité par la violence», ajoute le Saint-Père.

L’évêque de Rome conclut cette préface en renouvelant sa proposition – déjà émise dans Fratelli tutti – d’un fonds mondial «destiné à éliminer définitivement la faim et à promouvoir le développement des pays les plus pauvres», et constitué à partir de l’argent «dépensé en armes et autres dépenses militaires». Une idée à concrétiser «parce que les guerres doivent être arrêtées et elles ne s’arrêteront que si nous arrêtons de les « nourrir »», estime-t-il.

Source: VATICANNEWS, le 13 avril 2022