Mozambique: béatification en cours pour deux jésuites tués en 1985

Mgr Diamantino Guapo Antunes, évêque de Tete (Mozambique), lors d’une célébration

Mozambique: béatification en cours pour deux jésuites tués en 1985

La phase diocésaine du procès de béatification et de canonisation des deux prêtres jésuites, Serviteurs de Dieu, connus comme les Martyrs de Chapotera, s’est clôturé le 12 août dernier au sanctuaire diocésain de Zobuè, dans le diocèse de Tete. La cérémonie sest déroulée en présence de centaines de catholiques de toutes les paroisses du diocèse. 

Alberte Kabunda – Cité du Vatican avec Fides

Après avoir recueilli tous les témoignages y compris la documentation d’archives, un vaste dossier sur la vie et le martyre des deux Serviteurs de Dieu a été préparé. Le dossier comprenant 1 500 pages a été remis dans des boîtes scellées par Mgr Diamantino Guapo Antunes, IMC évêque du diocèse de Tete, au représentant de la nonciature apostolique au Mozambique, Mgr Paul Anthony, qui l’enverra au dicastère pour les Causes des saints, à Rome, où la cause poursuivra son parcours. Dans son homélie, lors de la messe de clôture de la phase diocésaine du procès de béatification des deux Serviteurs de Dieu, les deux prêtres jésuites connus comme les «Martyrs de Chapotera», Mgr Diamantino Guapo Antunes a souligné que les serviteurs de Dieu, le père João de Deus Kamtedza et le père Silvio Alves Moreira, ont été de bons pasteurs. Ils ont souffert avec leur peuple et ont toujours recherché la paix et la réconciliation, en mettant leurs qualités humaines et spirituelles au service de Dieu et des hommes et en vivant leur idéal missionnaire.

Processus Diocésain

Le processus dans le diocèse a commencé le 20 novembre 2021 avec la prestation de serment des membres de la Commission d’enquête nommée par l’évêque de Tete. Le tribunal était composé du père Vital Adriano Conala, délégué épiscopal, du père José Codiasse Alone, promoteur de justice et du père Angelino Augusto, notaire actuaire. Était aussi présent le postulateur, le père Sandro Faedi. Cette Commission a interrogé, de janvier 2022 à juin 2023, des témoins ayant connu les Serviteurs de Dieu de leur vivant et possédant donc des informations sur leur martyre et leur réputation.

Des différentes provenances, un même martyre

Les deux jésuites ont été assassinés le 30 octobre 1985 près de leur résidence missionnaire de Chapotera, dans la mission de Lifidzi, en Angonia au Mozambique. Leurs corps ont été retrouvés le 4 novembre et ils ont été enterrés le même jour dans le cimetière de Vila Ulongwe. Le père João de Deus Gonçalves Kamtedza, originaire du Mozambique, est né à Angonia, dans la province de Tete, le 8 mars 1930. Il est entré au noviciat jésuite en 1948 et a prononcé ses vœux religieux en 1953 à Braga, au Portugal et ordonné prêtre dans la mission de Lifidzi le 15 août 1964. Il se consacra entièrement à l’évangélisation de son peuple, d’abord, et pendant de nombreuses années, dans la mission de Msaladzi, puis dans celle de Fonte Boa et à Satémwa. Il était dynamique, intelligent, sage, accueillant, intrépide, joyeux, communicatif et un grand apôtre, a souligné l’évêque de Tete. Il aimait son peuple, sa culture et sa langue. Le père João de Deus Kamtedza a été transféré fin 1983 à Chapotera pour évangéliser et s’occuper pastoralement des missions de Lifidzi et Chabwalo.

De son côté, le père Sílvio Alves Moreira est né à Rio Meão-Vila da Feira au Portugal le 16 avril 1941. Entré au noviciat en 1952, il a prononcé ses vœux religieux en 1959. Il a étudié la théologie à l’université catholique de Lisbonne entre 1968 et 1972. Après son ordination à Covilhã au Portugal le 30 juillet 1972, il a travaillé comme missionnaire dans le diocèse de Tete, au séminaire de Zobuè et plus tard dans la paroisse de Matundo. En 1981, il a été transféré à Maputo, travaillant principalement dans la paroisse d’Amparo, à Matola. En septembre 1984, il est retourné dans le diocèse de Tete, affecté à Satemwa, mission de Fonte Boa, puis à Chapotera, mission de Lifidzi. Le père Sílvio était un homme libre, intelligent, courageux et entreprenant, qui vivait avec enthousiasme et joie les difficultés et les risques que comporte la vie missionnaire. Il a été enlevé et assassiné le 30 octobre 1985, dans le contexte de la guerre civile qui a ensanglanté et éprouvé le peuple mozambicain et les communautés catholiques pendant longtemps.

La cérémonie de cette clôture s’est déroulée le 12 août au sanctuaire diocésain de Zobuè, dans le diocèse de Tete, avec la participation de centaines de catholiques de toutes les paroisses du diocèse, qui ont participé au pèlerinage diocésain à Zobuè.

Source : VATICANNEWS, le 5 septembre 2023

Pour Mgr Hinder, les sœurs martyres du Yémen montrent « l’amour de Jésus »

Les soeurs martyres tuées en mars 2016 à Aden au YémenLes soeurs martyres tuées en mars 2016 à Aden au Yémen

Pour Mgr Hinder, les sœurs martyres du Yémen montrent « l’amour de Jésus »

Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique émérite de l’Arabie du Sud, se souvient que les sœurs missionnaires de la Charité, qui ont subi le martyre au Yémen en 2016, ont montré l’amour de Jésus. Il souligne aussi combien est précieuse la mise en évidence du témoignage de foi des nouveaux martyrs et par conséquent, la création, par le Pape François, d’une commission à leur intention.

Entretien réalisé par Deborah Castellano Lubov – Cité du Vatican

«Les sœurs m’ont montré “Voici l’amour de Jésus-Christ” et elles étaient toujours souriantes, même lorsque la situation ne semblait pas justifier un sourire». Dans une interview accordée à Vatican News – Radio Vatican, Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique émérite de l’Arabie du Sud, qui dirigeait l’Église dans la région à l’époque, s’est souvenu des quatre sœurs missionnaires de la Charité martyres qui, en mars 2016, ont été assassinées lorsque des hommes armés ont pris d’assaut une maison de retraite catholique, dirigée par les religieuses de Mère Teresa dans la ville portuaire d’Aden, au Yémen.

Le Pape François, lors de l’audience générale du 19 avril 2023, a rappelé le souvenir des sœurs Anselme, Marguerite, Reginette et Judith, tuées ensemble comme «des martyrs de notre temps». Au Yémen, «une terre blessée depuis de nombreuses années par une guerre terrible et oubliée, qui a causé de nombreuses morts et fait souffrir encore aujourd’hui de nombreuses personnes, en particulier des enfants», a rappelé le Pape, il y a «des témoins lumineux de la foi, comme les sœurs missionnaires de la Charité», qui, bien qu’elles aient «donné leur vie là-bas», «sont toujours présentes» et «continuent à avancer».

Mgr Hinder, quel a été l’héritage, le témoignage donné par le martyre des sœurs missionnaires de la Charité au Yémen?

Leur témoignage est celui de la fidélité à Jésus Christ jusqu’au dernier moment, même dans une situation de guerre et de risque, où quelqu’un peut être tué non seulement par un fanatique, mais aussi pour d’autres raisons.

Le témoignage que les sœurs ont rendu dans le cadre du Yémen de 2016, surtout à Aden, est celui de ne pas avoir fui. Elles sont restées dans une situation critique, près des pauvres dont elles devaient s’occuper. Elles l’ont fait avec dévouement, et un engagement de joie, de fidélité envers les personnes les plus pures et les plus handicapées, qui m’a toujours impressionné. Chaque année, je visitais les sœurs et leurs maisons, où je rencontrais des malades, des personnes âgées, et je regardais les visages des personnes dont elles s’occupaient. Elles m’ont montré que l’amour de Jésus-Christ était ici.

C’était incarné dans le comportement, dans les actions et dans le témoignage des sœurs, et je pense que cela compte. Même si elles ne pouvaient pas parler trop ouvertement de l’Évangile dans ce pays islamique, leur vie et leur comportement, leurs actions, parlaient plus que les mots. Cela m’a aussi marqué pendant toutes les années où j’ai été en charge de cette réalité au Yémen.

Avez-vous des souvenirs particuliers de ces sœurs?

C’était tout simplement cette expérience de voir leur fidélité et leur joie. Je les ai trouvées toujours souriantes, même si je savais que la situation n’était pas toujours souriante. Cela se voyait aussi dans l’entourage, avec les collaborateurs qui étaient principalement musulmans, mais ils vivaient la réalité dans le contexte des sœurs, et ils ont payé de la même manière, de leur vie. Le simple fait qu’ils aient collaboré avec les sœurs chrétiennes a donné lieu à une sorte d' »œcuménisme interreligieux du sang », ce qui est beaucoup plus fort que n’importe quel mot. J’ai été témoin d’une belle réalité lorsque je leur ai rendu visite, que ce soit à Aden ou ailleurs, dans tous les lieux où, auparavant, les sœurs pouvaient être présentes.

Je suis fier que nous ayons eu cette réalité dans un coin du monde où personne ne s’attendrait à ce qu’une telle vie puisse être vécue et qu’un tel témoignage puisse être donné. Cela ne fait peut-être pas les gros titres des journaux ou des télés, mais c’est un témoignage qui est gravé dans le cœur de nombreuses personnes qui en ont fait l’expérience et continuent de faire l’expérience de l’amour de ces missionnaires de la Charité. Aujourd’hui, certains ont payé de leur vie. D’autres continuent à faire ce qu’ils peuvent, dans la situation actuelle du pays déchiré par la guerre.

Quelle est la valeur de la reconnaissance par l’Église de ces nouveaux martyrs, y compris de ces sœurs martyres, et de ceux qui, dans le monde entier, ont donné leur vie pour la foi et pour aider les autres?

Nous risquons toujours d’avoir la mémoire courte. Et surtout à notre époque, il y a tellement de nouveautés, de mauvaises et de bonnes choses que ce que nous connaissons aujourd’hui, nous l’oublions demain. Il est bon de ne pas oublier les témoins du passé, non seulement du passé lointain, qui figurent dans le calendrier des saints, mais aussi les méridiens.

C’est pourquoi nous avons introduit le 30 juin dans notre vicariat comme journée de commémoration des martyrs modernes, y compris pour les sœurs qui ne sont pas encore canonisées, mais aussi pour ne pas oublier que nous avons aussi aujourd’hui, parmi nous, des témoins de Jésus-Christ et de la foi en Lui, et même des personnes qui sont prêtes à payer de leur vie. Cela montre qu’il vaut la peine de garder cela en mémoire, dans nos agendas, dans nos calendriers, et de ne pas l’oublier.

Nous ne devons pas oublier que nous nous tenons sur les épaules d’autres témoins qui ont payé leur tribut, comme Jésus-Christ, afin de pouvoir aller de l’avant avec une foi qui n’est pas seulement troublée par tous les scandales, mais aussi renforcée par des personnes qui, jusqu’au dernier moment, étaient prêtes même à endurer le martyre au nom de Jésus-Christ.

Le Pape François a parlé des martyrs à de nombreuses reprises, y compris lors d’une récente audience générale, mais dans des contextes différents. Maintenant, il y a l’annonce de cette initiative concrète de la Commission pour faire mémoire des nouveaux martyrs et de ceux qui sont morts ou ont été tués pour la foi. Quelle valeur y voyez-vous?

Que nous n’oublions pas, que nous soyons conscients qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas seulement la génération de la foi chrétienne dans le monde, mais qu’il y a aussi des témoins précieux. Ils paient de leur vie le témoignage de l’Évangile. Bien sûr, ce n’est pas toujours aussi évident.

Garder cela dans la mémoire collective de l’Église est très important pour chacun d’entre nous, car sinon nous ne pensons qu’à d’autres aspects de l’Évangile. Mais cela demande un engagement total de toute notre vie pour dire «Je t’aime Jésus». Cela signifie aussi le suivre là où il nous conduit, là où nous n’irions pas avec nos instincts naturels. Cela fait partie de la vie chrétienne.

Les sœurs, en particulier les martyres du Yémen, m’ont enseigné la même réalité. C’était pour moi un défi, de penser que peut-être un jour vous pourriez être conduits dans une situation similaire, et que vous auriez besoin de demander au Seigneur de me donner la force, ou de nous donner la force, de ne pas fuir, mais d’être là fidèlement, même au pied de la Croix sur le Golgotha, et c’est ce que les sœurs m’ont enseigné.

Source : VATICANNEWS, le 7 juillet 2023

Cinq prêtres martyrs de la Commune béatifiés à Paris

Béatification du père Henri Planchat et de ses compagnons martyrs, samedi 22 avril 2023, église Saint-Sulpice, Paris. Béatification du père Henri Planchat et de ses compagnons martyrs, samedi 22 avril 2023, église Saint-Sulpice, Paris. (AFP or licensors)

Cinq prêtres martyrs de la Commune béatifiés à Paris

Reconnus martyrs de la foi par le Pape, le père Henri Planchat et quatre religieux prêtres sont béatifiés ce samedi 22 avril à Paris. Tous sont morts le 26 mai 1871 lors du massacre de la rue Haxo, un épisode sanglant de l’Histoire de France. Leur «histoire de douleur» est une «histoire d’espérance», affirme dans son homélie le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour la Cause des Saints.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Leur martyre a commencé durant la Semaine Sainte 1871. Le Jeudi Saint, 6 avril, le père Mathieu Henri Planchat, de l’Institut de Saint Vincent de Paul, est arrêté; le 12 avril suivant, mercredi de Pâques, c’est au tour des pères Ladislas Radigue, Polycarpe Tuffier, Marcellin Rouchouze et Frézal Tardieu, de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie et de l’Adoration Perpétuelle du Saint-Sacrement. Leur mort advint ensuite le 26 mai lors du massacre de la rue Haxo. Ce jour-là, cinquante prisonniers périrent, exécutés par la Commune deux jours avant la reprise totale de Paris par les troupes versaillaises d’Adolphe Thiers.

«Les circonstances dans lesquelles ils furent impliqués et ont été victimes (et évidemment pas eux seulement, mais plusieurs dizaines d’autres personnes massacrées par la folie violente des révolutionaires) constituent une histoire embrouillée et complexe où se mêlent des instances de toutes sortes, se superposent conditions anciennes et nouvelles, idéologies sociales et sentiment antireligieux, appels à la vérité mais aussi fleuves de mensonges au point de former un mélange qui empoisonne l’homme», a affirmé le cardinal Marcello Semeraro dans son homélie, lors de la messe de béatification célébrée en l’église Saint-Sulpice.

Le bien ne fait pas de bruit

L’histoire de ces martyrs, a poursuivi le préfet du Dicastère pour la Cause des Saints, «devient aussi un avertissement pour aujourd’hui» et une «histoire d’espérance». Citant Benoît XVI, le cardinal italien a rappelé que si parfois le bien «peut sembler mis en échec par l’abus et la ruse, il continue en réalité d’œuvrer dans le silence et dans la discrétion en portant des fruits à long terme. Tel est le renouveau social chrétien, fondé sur la transformation des consciences, sur la formation morale, sur la prière» (homélie du 14 juin 2008).

Précurseur du catholicisime sociale, le père Henri Planchat a dédié son ministère à l’évangélisation du monde ouvrier, et aux enfants de la Première communion. Son rayonnement était paradoxal dans une société anticléricale et désireuse de se passer de Dieu. L’exemple de cet humble et fidèle serviteur peut encore inspirer les chrétiens, estime le père Yvon Sabourin, membre de la congrégation des religieux de Saint Vincent de Paul et postulateur de la cause en béatification du père Planchat.

Source : VATICANNEWS, le 22 avril 2023

La béatitude des martyrs, amis du Paradis

«C’est qu’en eux triomphait Celui qui vivait en eux; et pour avoir vécu, non pour eux mais pour lui, ils ne sont pas morts en mourant. » 
(Sant’Augustin, Discours 280) 

par Gianni Valente
Rome (Agence Fides) – Aujourd’hui, 24 mars 2023, la trente et unième Journée des Missionnaires Martyrs est célébrée
En 1992, le Mouvement des Jeunes des Œuvres Pontificales Missionnaires italiennes (aujourd’hui Missio Giovani) a proposé pour la première fois à l’Église italienne la célébration d’une Journée en mémoire de ceux qui sont tués chaque année au cours de leur service pastoral. La célébration a alors été placée le jour de l’assassinat d’Oscar Arnulfo Romero, l’archevêque salvadorien tué le 24 mars 1980 alors qu’il célébrait la messe dans la chapelle de l’Hospedalito, à San Salvador.
Le 8 janvier 2015, le Congrès des théologiens de la Congrégation pour les causes des Saints avait reconnu à l’unanimité que Mgr Romero était un martyr, tué « in odium fidei » : ce n’est pas la volonté d’éliminer un ennemi politique qui a poussé les bourreaux à l’éliminer, mais la haine déclenchée par sa préférence pour les pauvres, reflet direct de sa foi dans le Christ et de sa fidélité au Magistère de l’Église. La foi », ont reconnu à l’époque les théologiens du dicastère du Vatican, « a été la source de ses actions, des paroles qu’il a prononcées et des gestes qu’il a posés dans le contexte dans lequel il était appelé à travailler et à vivre en tant qu’archevêque ».

Dans le Salvador des escadrons de la mort et de la guerre civile, l’Église a subi une persécution féroce de la part de personnes qui étaient au moins sociologiquement chrétiennes. C’est précisément le travail du procès de béatification qui a confirmé que Romero – comme l’a écrit le professeur Roberto Morozzo della Rocca – était « un prêtre et un évêque romain, obéissant à l’Église et à l’Évangile par le biais de la Tradition », appelé à exercer son ministère de pasteur « dans cet Occident extrême et déformé qu’était l’Amérique latine de ces années-là ». Là où les prêtres et les catéchistes étaient assassinés et où, dans les campagnes, il devenait dangereux de posséder un Évangile. Là où il suffisait de demander justice pour être taxé de communiste subversif. 

La reconnaissance du martyre de Mgr Romero a été un moment décisif dans le processus de sa canonisation. L’archevêque martyr a été élevé à la gloire des autels en tant que bienheureux le 23 mai 2015 et a été proclamé saint avec le pape Paul VI et cinq autres bienheureux par le Pape François, lors de la liturgie eucharistique solennelle qu’il a présidée sur la place Saint-Pierre le 14 octobre 2018.  

Ces derniers jours, l’Agence Fides a reproposé les histoires de cinq missionnaires martyrs, pour lesquels le procès de béatification est en cours ou vient de s’achever. Dans la série d’articles dirigée par Stefano Lodigiani, les histoires du martyre de Sœur Maria Agustina Rivas, tuée le 27 septembre 1990 au Pérou par la guérilla du Sendero Luminoso ; celles du médecin italien Luisa Guidotti, missionnaire laïque tuée au Zimbabwe le 6 juillet 1979 ; et celles du jeune pakistanais Akash Bashir, tué à la suite d’un attentat à la bombe ; celles du jeune Pakistanais Akash Bashir, tué le 15 mars 2015 à Lahore par un terroriste kamikaze ; et celles de João de Deus Kamtedza et Sílvio Alves Moreira, pères jésuites enlevés et tués au Mozambique le 30 octobre 1985.  

L’histoire de Saint Romero, ainsi que celles des nouveaux martyrs retracées par Fides (une religieuse, une laïque, un jeune homme, deux prêtres) aident à percevoir la chaîne lumineuse qui, tout au long de l’histoire du salut, tisse le lien entre martyre, mission apostolique et sainteté. L’Église ne s’est jamais plainte de ses martyrs. Elle n’a jamais hésité à proclamer que ce sont précisément eux, avec leur vie arrachée de force et dans la douleur à une mort sanglante infligée par des bourreaux assoiffés de sang, qui préfigurent la gloire du Paradis. Ils attestent et témoignent d’une prédilection qui fait que ces mêmes vies sont embrassées et revêtues d’une félicité sans pareille. Dans le dynamisme incomparable de la grâce, du scandale et de la folie du monde, martyre et félicité deviennent synonymes.  

Au début de l’histoire chrétienne dans le monde, l’appellation « martyr », c’est-à-dire « témoin », était réservée aux apôtres et aux disciples de Jésus. À ceux qui avaient été les « témoins oculaires » de la vie du Christ, de sa passion et de sa mort, et qui avaient rencontré le Ressuscité. Mais dès les grandes persécutions des premiers siècles du christianisme, ceux qui ont été condamnés à mort « in odium fidei », à cause de leur foi, ont commencé à être définis comme des « martyrs ».  

La connotation martyriale accompagne et accompagnera toujours le cheminement de l’Église dans l’histoire. Et l’Église reconnaîtra toujours le lien intime et particulier de communion qui unit les martyrs au Christ lui-même et à son Mystère de salut. C’est également pour cette raison que la législation actuelle sur les causes de canonisation, définie sur ce point par la Constitution apostolique Divinus perfectionis Magister, promulguée par Jean-Paul II le 25 janvier 1983, établit que dans les procédures de béatification d’un martyr, la preuve et la reconnaissance d’un miracle survenu par l’intercession de la personne béatifiante ne sont pas requises. Le martyre est reconnu comme une manifestation si évidente de l’amour de Dieu et de la conformation au Christ que la « confirmation » de la reconnaissance d’un miracle n’est pas nécessaire pour affirmer que les martyrs, tous les martyrs, sont au Paradis. 

Comme l’écrit Saint Augustin dans le Discours 280, en rappelant le « dies natalis » des martyrs romains Perpétue et Félicité, « Seul il a donné sa vie pour tous; à son exemple, les martyrs ont donné la leur pour leurs frères; ils ont pour produire cette immense et fertile moisson des peuples chrétiens, arrosé la terre de leur sang. C’est ainsi que nous sommes aussi le fruit de leurs sueurs. Nous élevons vers eux notre admiration, ils ont pour nous de la pitié. Nous leur applaudissons, ils prient pour nous. ”.

Source :Agence Fides, 24 mars 2023

Plus de deux mille martyrs victimes des « Rouges » lors de la guerre civile espagnole

CNS photo/Reuters – Durant la béatification au Vatican de 2007 martyrs de la guerre civiles espagnole, des étudiants portent les portraits de prêtres assassinés.

De Dawn Beutner sur The Catholic World Report:

Martyrs du communisme de la guerre civile espagnole

Il y a plus de deux mille martyrs de la guerre civile espagnole dans le calendrier actuel de l’Église, datant de 1934 à 1939.

23 juillet 2022

L’année 1936 marque le début d’une horrible guerre civile en Espagne.

Peut-être que, comme moi, vous ne vous souvenez pas d’avoir appris la guerre civile espagnole en cours d’histoire au lycée. Après tout, le nombre de victimes de la guerre civile espagnole semble faible (un million tout de même ! ndB) par rapport aux millions de morts de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que des nombreux autres conflits sanglants du XXe siècle. Il n’est pas surprenant que les manuels d’histoire se concentrent davantage sur les guerres aux causes plus simples et au bilan plus lourd.

Quels sont les événements qui ont conduit à la guerre civile espagnole ? En 1931, le roi d’Espagne s’est enfui en Angleterre, et le gouvernement qui a été mis en place peu après a été généralement décrit comme inefficace. Deux camps se sont formés pour tenter de prendre le contrôle du pays : les républicains et les nationalistes. Le reste de l’histoire est compliqué (1) mais mérite d’être compris.(2) Cependant, pour les catholiques fidèles d’Espagne, le choix était clair.

Les dirigeants républicains étaient en grande partie une alliance de socialistes, de communistes et d’anarchistes. Leur objectif premier n’était pas d’assurer la transition pacifique de leur pays vers un meilleur mode de vie pour tous les Espagnols, mais de mener une révolution violente qui renverserait le gouvernement en place et établirait une forme d’État communiste. Quels que soient les reproches que l’on puisse faire au leader nationaliste Francisco Franco et à son règne ultérieur en tant que dictateur fasciste de l’Espagne, pour les catholiques espagnols à l’époque de la guerre, il n’y avait pas de véritable alternative. Les Républicains suivaient le même plan de bataille que celui utilisé dans toutes les autres révolutions communistes, et l’une des tactiques les plus connues dans cette lutte était de tuer les chrétiens.

En Espagne, cela signifiait tuer les catholiques. Suivant la stratégie évidente selon laquelle il est plus efficace d’exécuter les dirigeants de ceux qui s’opposent à vous, plutôt que la base, les républicains ont particulièrement recherché toute personne portant une soutane ou un habit religieux.

C’est pourquoi le bienheureux Joan Huguet Cardona a été tué. Il n’avait été ordonné prêtre que depuis un mois lorsque les miliciens républicains sont entrés dans sa ville de Ferreries. Comme il portait une soutane, ils l’ont trouvé rapidement, l’ont arrêté, l’ont obligé à enlever sa soutane et lui ont ordonné de cracher sur un objet de dévotion (une sorte de chapelet) qu’il portait. Lorsqu’il a refusé de le faire, il a été abattu. Cela s’est passé le 23 juillet 1936.

Il est vrai que la persécution anticatholique sévissait dans tout le pays depuis plusieurs années, et on aurait pu s’attendre à ce que le pauvre jeune prêtre soit mieux préparé. Mais le supérieur d’un monastère passioniste dans la ville de Daimiel savait très bien que la situation était devenue dangereuse à cette même date du 23 juillet. Que pouvait-il faire pour protéger les autres prêtres et frères religieux passionistes, ainsi que les jeunes gens qui étudiaient pour devenir passionistes et qui étaient tous sous sa responsabilité ? Lorsque ce supérieur, le bienheureux Nicéforo de Jésus et Marie (né Vicente Diez Tejerina), entendit des hommes armés s’approcher alors que les passionistes étaient en prière ensemble, il les avertit qu’ils étaient face à leur propre Gethsémani et leur donna l’absolution et la communion. Certains de ces vingt-six hommes ont été abattus immédiatement ; les autres ont été autorisés à partir mais ont été suivis par les républicains et finalement retrouvés et tués. Des témoins ont indiqué qu’ils avaient pardonné à leurs meurtriers avant d’être exécutés.

Le 23 juillet également, la milice républicaine est arrivée dans un monastère de religieuses Minim à Barcelone. La Bienheureuse Mère Maria Montserrat Garcia Solanas, qui était leur supérieure, ainsi que huit autres religieuses Minimes et une laïque qui assistait les religieuses, ont tous été abattus.

Le même jour, tard dans la nuit, le bienheureux Lluis Janer Riba, un prêtre diocésain, a été réveillé par des miliciens républicains devant sa fenêtre qui lui ont ordonné de descendre sur la place de la ville. Lorsqu’il est arrivé en bas, ils l’ont abattu.

Ce même jour, dans la région de Tolède, les bienheureux Pedro Ruiz de los Panos et Josep Sala Pico ont été arrêtés. Ils étaient tous deux membres des Prêtres ouvriers diocésains, une fraternité sacerdotale qui se consacre à l’encouragement des vocations. Ils ont eux aussi été sommairement tués par les républicains.

Dans la région de Cordoue, en Espagne, à la même date, un groupe de quatre prêtres diocésains, un séminariste, un mari et une femme (tous sont désormais honorés du titre de « bienheureux ») ont été capturés par des miliciens républicains et exécutés.

Notez que dans tous ces cas, il n’y a jamais eu la moindre prétention à un procès. Le simple fait d’être un prêtre catholique ou un fidèle catholique était une raison suffisante pour être abattu à vue. Ils n’ont pas été exécutés pour activisme politique, pour un quelconque crime connu – aucun d’entre eux n’était même armé – ou pour atteindre un objectif tactique dans la guerre. Ils étaient simplement haïs pour leur foi en Jésus-Christ. Bien sûr, cela rend relativement facile pour l’Église de les reconnaître officiellement comme martyrs.

Le calendrier actuel de l’Église compte plus de deux mille martyrs de la guerre civile espagnole, datant de 1934 à 1939. Contrairement aux siècles précédents où les dossiers personnels détaillés pouvaient être très limités, chacun de ces milliers de martyrs peut être identifié par son nom, sa date de naissance, et même généralement par des photos. Le pape François a béatifié un groupe de dominicains morts en martyrs à Almagro pas plus tard qu’en juin 2022, et il existe de nombreux autres martyrs documentés de la guerre civile espagnole qu’il pourrait également béatifier, s’il décidait de le faire.

Que nous apprend cette effroyable litanie de martyrs d’un seul jour – le 23 juillet 1936 ? Elle nous enseigne le respect de la vertu héroïque de quarante-sept personnes qui n’ont pas abandonné leur foi catholique même face à la mort. Elle nous rappelle aussi que le communisme et notre foi catholique sont toujours et partout incompatibles.

Mais nous ne pouvons pas défendre notre foi catholique ou nos martyrs si nous ne prenons pas le temps de comprendre notre histoire et leurs récits. Une fois que nous aurons compris certaines des complexités de la guerre civile espagnole (qui, il est vrai, ne sont pas seulement évoquées ici), nous serons mieux équipés pour répondre à la propagande moderne contre notre foi et nos héros. Et lorsque nous serons mis au défi de renier notre foi de bien moins de façons que ne l’ont fait ces martyrs, nous serons plus enclins à imiter leur courage et leur fidélité.

—————

1. Le camp républicain était soutenu de l’extérieur par la Russie communiste et encensé par les progressistes occidentaux. D’autre part, le camp nationaliste était soutenu à l’extérieur par l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie, mais aussi à l’intérieur par des catholiques fidèles qui défendaient la tradition espagnole et la monarchie.

2. Les ouvrages The Rise and Fall of the Communist Revolution et The Crisis of Christendom du Dr Warren Carroll offrent d’excellentes explications sur l’histoire de la guerre civile espagnole.

Source: The Catholic World Report, le 22 juillet 2022

Le Pape reconnaît le martyre de cinq prêtres tués pendant la Commune

commune de paris
© Collection particulière – Photomontage d’Eugène Appert mettant en scène l’exécution des otages lors de la semaine sanglante de la Commune de Paris.

Le Pape reconnaît le martyre de cinq prêtres tués pendant la Commune

Le pape François a reconnu le martyre de cinq prêtres français tués en haine de la foi en 1871 pendant la Commune, a indiqué le Bureau de presse du Saint-Siège ce jeudi 25 novembre.

Le pape François a autorisé la promulgation par la Congrégation pour les causes des saints d’un décret reconnaissant notamment le martyre de cinq prêtres français tués en haine de la foi en 1871 pendant la Commune de Paris, annonce le Bureau de presse du Saint-Siège le 25 novembre 2021. Il s’agit des pères Henri Planchat, Ladislas Radigue, Polycarpe Tuffier, Frézal Tardieu, Marcellin Rouchouze.

Cette décision du Saint-Siège ouvre la voie à leur prochaine béatification, dernière étape sur le chemin de la sainteté avant une canonisation. La béatification est habituellement célébrée dans le pays d’origine des bienheureux par un représentant du pontife, la plupart du temps le préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

Tous tués pendant la « Semaine sanglante »

Le premier martyr est le père Henri Planchat. Né en 1823, il rejoint les Frères de Saint Vincent de Paul et est ordonné en 1850. Il poursuit ses études en Italie et revient en France pour exercer son ministère pastoral dans plusieurs villes françaises. En 1863, il est transféré à Paris où il s’occupe des plus pauvres, des blessés de guerre et des malades. Arrêté le 6 avril 1871 par les autorités de la Commune de Paris, il est fusillé le 26 mai de la même année. 

Le père Ladislas Radigue est aussi né en 1823. Il a intégré la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie et de l’Adoration perpétuelle du Saint Sacrement en 1843, avant d’être ordonné en 1848. Il devient le Supérieur de la maison mère de cette congrégation située à Picpus, dans l’est de Paris. Arrêté le 12 avril 1871 par les autorités de la Commune, il est fusillé le 26 mai avec les quatre autres prêtres.

Le père Polycarpe Tuffier, né en 1807, est lui aussi membre de la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie depuis 1823. Ordonné en 1830, il est longtemps aumônier à Paris puis devient procureur de sa congrégation dans la maison mère de Picpus. Comme le Père Ladislas Radigue, il est fusillé le 26 mai. 

Le père Marcellin Rouchouze, né en 1810, est aussi membre de la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie. Ce professeur de latin, de mathématiques et de philosophie est envoyé en Belgique pour travailler dans les collèges de la congrégation et est ordonné prêtre en 1852. Présent à Paris pendant la Commune, il est fusillé avec ses confrères le 26 mai 1871. 

Le père Frézal Tardieu, né en 1814, est lui aussi membre de la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie. Ordonné en 1840, il était enseignant en théologie dogmatique et conseiller général de la Congrégation dans la maison mère de Picpus à Paris quand il est arrêté puis fusillé le 26 mai 1871. 

La Commune, adversaire de la foi

La Congrégation pour les causes des saints explique que la haine de la foi était « la motivation dominante des actions des bourreaux » de ces cinq prêtres. « La Commune, en plus des exigences sociopolitiques, avait des implications antireligieuses évidentes », considère le dicastère, certains Communards percevant la religion comme « un obstacle à éliminer ». 

La haine de la foi est en outre confirmée par « la férocité perpétrée contre les religieux par la foule en colère et le pillage des lieux et du mobilier servant au culte », ainsi que les profanations eucharistiques. Tous les martyrs étaient en outre « conscients du risque qu’ils couraient ».

Source: ALETEIA, le 25 novembre 2021

De nouveaux martyrs de la guerre d’Espagne béatifiés

Benet da Santa Coloma De Gramenet, et ses compagnons, tués en 1936 durant la guerre civile espagnole.Benet da Santa Coloma De Gramenet, et ses compagnons, tués en 1936 durant la guerre civile espagnole. 

De nouveaux martyrs de la guerre d’Espagne béatifiés

Le cardinal Marcello Semeraro a présidé ce samedi, à Manrese, la messe de béatification de Benet da Santa Coloma De Gramenet et de deux compagnons. «Tous trois ont été mis à mort sans aucun procès, mais uniquement parce qu’ils étaient chrétiens» a rappelé le préfet de la Congrégation pour la cause des saints.

Amedeo Lomonaco -Cité du Vatican

Le 6 novembre, l’Église espagnole célèbre 2053 martyrs de la persécution religieuse au XXe siècle dans le pays. Ce samedi, Benet da Santa Coloma De Gramenet, Josep Oriol da Barcelona et Domènec da Sant Pere de Ruidebitllets, de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins, ont été élevés aux honneurs des autels. Martyrisés en 1936 pendant la guerre civile espagnole, ils ont vécu dans une période marquée par un climat hostile à l’Église. Des épisodes de persécution avaient déjà été enregistrés dans le pays depuis le début des années 30 dans la région des Asturies. Mais c’est avec le déclenchement de la guerre civile que la persécution contre l’Église devient systématique et féroce. À Manrèse, en Catalogne, après le 18 juillet 1936, une persécution sanglante a commencé contre les prêtres, les religieux et religieuses et les laïcs. Quatre jours plus tard, le 22 juillet 1936, le couvent où vivaient Benet de Santa Coloma de Gramenet, Josep Oriol de Barcelone et Domènec de Sant Pere de Ruidebitllets est occupé, dévasté et incendié. Obligés de se réfugier chez des parents et des amis, les trois frères capucins, à des dates différentes et dans des circonstances similaires, ont été enlevés, torturés et assassinés.

Semeraro : sur le visage de chaque martyr un trait du Christ

Au cours de la messe de béatification célébrée dans la basilique de Santa Maria de la Seu, à Manrèse, le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour la cause des saints, a rappelé que «tous trois ont été mis à mort sans aucun procès, mais uniquement parce qu’ils étaient chrétiens». Lorsque la guerre civile a éclaté, «ils ont été capturés et soumis à des coups et des humiliations». Le père Benet a également été «invité à blasphémer et à renier sa foi dans le Christ». Leur histoire, a dit le cardinal dans son homélie, ressemble à celle de tous les autres martyrs ; une histoire qui, cependant, bien que répétée pendant des siècles jusqu’à aujourd’hui dans l’histoire de l’Église, est toujours une histoire singulière, parce que chacun est, devant Dieu, unique et irremplaçable et, en Jésus-Christ, toujours appelé par son nom unique. Le cardinal Semeraro a ajouté : «Dans le visage de chaque martyr, nous trouvons un aperçu original du visage du Christ : c’est toujours lui qui accorde à chacun la fermeté de la persévérance et donne la victoire dans la bataille». Les trois nouveaux bienheureux, par des chemins différents, sont arrivés à Manrese où leurs vies se sont entremêlées avec le chemin du martyre.

Benet de Santa Coloma de Gramenet

Né le 6 septembre 1892 dans le village de Santa Coloma de Gramenet, au sein d’une famille d’agriculteurs humble et profondément catholique, Benet ressent l’appel au sacerdoce en 1903 et entre au petit séminaire de Barcelone. Après quelques années, il a revêtu l’habit capucin le 18 février 1909 au noviciat de la province de Barcelone d’Arenys de Mar et a fait sa première profession le 20 février 1910. Il a été ordonné prêtre le 29 mai 1915. Sa vie religieuse s’est déroulée dans les deux maisons de formation d’Igualada et de Manrèse.

Josep Oriol de Barcelone

Né à Barcelone le 25 juillet 1891, Josep Oriol est entré au séminaire de la ville catalane. Se sentant fortement attiré par la vie capucine, il commença son noviciat le 21 octobre 1906, poursuivant sa formation dans le couvent d’Igualada et plus tard dans ceux d’Olot et de Sarriá à Barcelone. Il a été ordonné prêtre le 29 mai 1915. Il a enseigné la liturgie, l’hébreu et l’histoire ecclésiastique dans l’étude théologique de Sarriá. En 1925, il est envoyé au couvent de Manrèse. Il s’y consacre à la prédication, au ministère de la confession et à la direction spirituelle.

Domènec da Sant Pere de Ruidebitllets

Né le 11 décembre 1882 dans une famille d’agriculteurs, Doménec est entré au séminaire de Barcelone en 1897. Il a terminé ses études philosophiques et théologiques et a été ordonné prêtre le 25 mai 1907. L’année suivante, le 3 octobre 1908, il entre au noviciat des Capucins. Pendant la période de formation initiale à la vie capucine, il s’est consacré avec fruit à la prédication et au ministère de la confession. En 1913, il est parti comme missionnaire au Costa Rica et au Nicaragua. Il est ensuite retourné en Catalogne en 1930. Il est d’abord affecté au couvent de Sarriá, puis à Arenys de Mar et enfin à Manrèse.

Source: VATICANNEWS, le 6 novembre 2021

A Cordoue, la béatification de Juan Elias Medina et ses 127 compagnons, martyrs

Juan Elias Medina et ses 127 compagnons, martyrs durant la guerer civile espagnole (1936-1939)Juan Elias Medina et ses 127 compagnons, martyrs durant la guerer civile espagnole (1936-1939) 

A Cordoue, la béatification de Juan Elias Medina et ses 127 compagnons, martyrs

Un pan de l’Histoire dont la mémoire peut devenir un lieu d’évangélisation dans des contextes sécularisés : tel a été le témoignage des martyrs de la guerre civile espagnole du début du XXe siècle, selon les mots du cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, qui a présidé samedi matin la messe de béatification dans la cathédrale de Cordoue.

Gabriella Ceraso – Cité du Vatican

C’est en novembre 2020 que le Pape François a promulgué les décrets de béatification de ces 127 martyrs, tués en haine de la foi à Cordoue, durant la guerre civile espagnole (1936-1939).

Il s’agissait de prêtres, dont Juan Elias Medina, mais aussi de religieux et de laïcs, dont les exécutions brutales s’inscrivaient dans le climat de persécution que la milice républicaine avait instauré contre tous ceux qui osaient professer leur appartenance à l’Église catholique. Certains d’entre eux étaient impliqués dans des activités ecclésiastiques ou étaient membres d’associations telles que l’Action catholique ou l’Adoration nocturne du Saint-Sacrement. Don Juan Elias lui-même a apporté réconfort et assistance spirituelle à ses compagnons pendant ses jours d’emprisonnement. Et la foi qu’ils ont confessée, ils l’ont portée dans leur cœur jusqu’au moment de la mort, l’exprimant fièrement par les mots “Viva Cristo Rey” (Vive le Christ -Roi), avant d’accorder leur pardon à leurs bourreaux.

Les élus du Seigneur

Mais quelle est cette haine du monde et qui sont ces martyrs ? Dans son homélie, le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, a parlé d’eux comme étant «choisis» par le Seigneur, c’est-à-dire «retirés du monde», et pour cette raison même haïs : «Dans la haine du monde, il y a donc comme la jalousie et l’envie de ceux qui ont perdu leur proie, de ceux à qui on l’a enlevée. Voici donc le double engagement que la parole du Seigneur entend susciter dans notre volonté : s’éloigner du “monde”, qui désigne ici le groupe de ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière, l’erreur à la vérité, l’amour à la haine ; et puis, aussi, veiller à ne pas se laisser ensorceler par la nostalgie du péché.» 

La lumière, l’amour, la vérité, le détachement du péché ont ainsi marqué la vie des disciples, ainsi que celle de ces frères, mais aussi la «proximité de Dieu» : «Le scénario ouvert par l’annonce de la haine du monde est exactement le contraire de l’autre parole réconfortante et pleine de promesses : “Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique”. Il nous semble alors entendre l’écho de l’hymne pascal : “Mors et vita duello conflixere mirando … La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux : le maître de la vie mourut ; vivant, Il règne”. C’est cette conscience qui a animé nos martyrs, dont beaucoup, comme l’a rappelé l’évêque de Cordoue Adolfo Pérez y Muñoz, ont crié “Vive le Christ Roi” au moment de leur mort.»

Détestés par le monde parce qu’ils appartiennent à Jésus

Le cardinal prévient toutefois que la haine du monde ne doit pas être confondue avec une «difficulté» ou une adversité «qui ne vient pas du fait que nous sommes de vrais disciples du Seigneur, mais qui est la conséquence de notre infidélité, du fait que nous sommes entrés dans la logique du monde». La haine du monde n’est, explique-t-il, que la «violence qui nous atteint parce que nous appartenons au Seigneur». A cause de son nom. C’est à cause de cette certitude intérieure que le chrétien en vient même à être heureux de souffrir, comme nous le lisons dans les Actes des Apôtres, explique encore le cardinal. C’est pourquoi, ajoute-il «la haine du monde est inséparable de la vie de disciple de Jésus et constitue aussi sa meilleure apologie».

La vie et l’histoire des 127 martyrs espagnols que l’Église a déclaré bienheureux, s’inscrivent dans ce contexte : une telle variété de profils humains «s’exprime dans la multiplicité des vies quotidiennes, avant d’atteindre le sommet du martyre qui scelle de son sang toute l’existence». Et le cardinal Semeraro de conclure : «Nous sommes confrontés à un pan de l’Histoire dont la mémoire peut devenir un lieu d’évangélisation dans des contextes sécularisés. C’est le témoignage d’une Église circumdata varietate. C’est comme l’explosion de la Pentecôte, l’accomplissement de la prophétie de Joël : l’Esprit Saint se répand sur tous : jeunes et vieux, fils et filles, et quiconque invoque le nom du Seigneur sera sauvé».

A l’issue de l’Angélus ce dimanche, le Pape François a évoqué la mémoire de ces martyrs : «Que leur fidélité nous donne à tous, en particulier aux chrétiens persécutés dans les différentes parties du monde, la force de témoigner courageusement de l’Évangile», a-t-il lancé avant d’inviter les fidèles réunis sur la Place Saint-Pierre à applaudir les nouveaux bienheureux.

Source: VATICANNEWS, le 18 octobre

Il y a 150 ans, le chemin de croix du père Planchat

Un photomontage d'Eugène Appert représentant le massacre de la rue Haxo, le 26 mai 1871 à Paris. (Wikimedia Commons)Un photomontage d’Eugène Appert représentant le massacre de la rue Haxo, le 26 mai 1871 à Paris. (Wikimedia Commons) 

Il y a 150 ans, le chemin de croix du père Planchat

Ce 26 mai marque le 150e anniversaire du massacre de la rue Haxo, lors duquel 50 prisonniers périrent, exécutés par la Commune deux jours avant la reprise totale de Paris par les troupes versaillaises d’Adolphe Thiers. Parmi les victimes de ce massacre figurent 10 ecclésiastiques, dont le père Henri Planchat (1823-1871), religieux de Saint-Vincent-de-Paul actif dans l’évangélisation du monde ouvrier, et dont la cause de béatification est actuellement en cours.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

Victime paradoxale d’un régime qui prétendait défendre les plus pauvres, le père Henri Planchat fut un précurseur du catholicisme social, qui allait trouver à la fin du XIXe siècle une reconnaissance et un élan encouragé au sommet de l’Église grâce à l’encyclique de Léon XIII, Rerum Novarum. Premier prêtre ordonné au sein de la congrégation des religieux de Saint-Vincent-de-Paul, le père Planchat a consacré son sacerdoce à lutter pour la justice sociale, aux côtés des ouvriers et de leurs familles dans les quartiers populaires de Grenelle puis de Charonne.

Issu d’un milieu bourgeois et intellectuel, cet étudiant en droit à Paris découvre sa vocation en se mettant au service des plus démunis aux côtés des membres de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, fondée en 1833 par le bienheureux Frédéric Ozanam (1813-1853) à partir de l’héritage spirituel du grand apôtre de la charité. Ordonné prêtre en 1850 (le premier à recevoir l’ordination parmi les religieux de Saint-Vincent-de-Paul), le père Planchat choisit de servir humblement le peuple de Paris, victime des injustices causées par la révolution industrielle et par le matérialisme de la bourgeoisie, dont l’avidité avait été libérée par le mot d’ordre de François Guizot, chef du gouvernement du roi Louis-Philippe : «Enrichissez-vous!».

Durant plus de 20 ans, le père Planchat participera à des propositions pastorales très innovantes pour l’époque: patronages pour les apprentis, incubateurs économiques, bibliothèques populaires, clubs ouvriers, œuvres au service des familles immigrées… Les religieux de Saint-Vincent-de-Paul voulaient alors soulager la misère des pauvres et les ramener à la foi par la charité. C’est pourtant au nom d’une supposée affiliation de l’Église catholique à la bourgeoisie que le père Planchat sera exécuté par les communards.

Un contexte de guerre civile

La Commune de Paris s’était formée en 1871, sur le modèle de la Commune de 1792 qui avait alors renversé le roi Louis XVI. Au terme de l’hiver 1870-71, le contexte est celui d’une France exsangue, profondément humiliée et déchirée: les armées prussiennes, après avoir vaincu triomphalement l’empereur Napoléon III à Sedan, campent aux portes de Paris. Les corps constitués de la IIIe République, proclamée le 4 septembre 1870, sont réfugiés à Versailles. Dans la capitale, la Garde nationale refuse d’accepter la défaite et, organisée en fédération, fonde la Commune le 26 mars 1871, cherchant à établir une République démocratique et sociale tout en rêvant de repousser l’envahisseur. C’est dans le contexte de cette dissidence qu’une brève mais cruelle guerre civile va opposer les « communards » (appelés aussi les « fédérés ») aux « Versaillais », affiliés au chef de l’État Adolphe Thiers, qui deviendra ensuite président de la République.

Réagissant aux défaites sanglantes infligées par l’armée versaillaise, qui procède à des exécutions sommaires, la Commune adopte le 5 avril 1871 le « décret des otages », stipulant que toute personne soupçonnée de complicité avec le gouvernement de Versailles sera immédiatement emprisonnée et jugée dans les 48 heures par un grand jury. Alors que le nouveau régime républicain au pouvoir à Versailles n’a en réalité aucune sympathie pour l’Église catholique, le clergé se retrouve objet d’une hostilité de principe des dirigeants de la Commune, dont beaucoup sont mus par une idéologie anticléricale. «Pour Auguste Blanqui, il fallait éliminer le monothéisme, il fallait éliminer la religion. Pour lui, la religion c’était l’opium du peuple», explique le père Yvon Sabourin, religieux de Saint-Vincent-de-Paul et postulateur de la cause de béatification du père Planchat.

Le lendemain de ce décret, le Jeudi Saint, 6 avril, au début du Triduum pascal, le père Planchat est arrêté et immédiatement emprisonné. Dans une lettre à son frère, trois jours avant sa mort, après s’être confessé, il demande de prier «pour tous les hôtes de la prison», incluant donc ses geôliers dans ses intentions. Il ajoute: «Notre sacrifice est accompli».

Les combats s’intensifient durant la «semaine sanglante» du 21 au 28 mai, qui se terminera par la victoire des Versaillais après des combats au corps-à-corps, qui feront des milliers de morts. Dans ce contexte de chaos, le 26 mai sera la date du calvaire du père Planchat et de ses compagnons d’infortune, parmi lesquels neuf autres hommes d’Église et 36 gendarmes. Extirpés de la prison de la Roquette, ils vivront une marche particulièrement humiliante sous les huées de la foule, jusqu’à leur exécution.

Un chemin d’humiliation, à l’image de la passion du Christ

«En sortant de la prison, ils croisent une foule haineuse qui crie: à bas les curés, les calotins, fusillez-les!», raconte le père Sabourin.  Le chemin va durer trois kilomètres, à travers des rues qui vont mener jusqu’à la mairie du XXe arrondissement. Le maire ordonne alors de les fusiller au poste de commandement de la rue Haxo, qui sera deux jours plus tard le dernier lieu de retranchement des chefs de la Commune.

Ce moment à la fois tragique et festif prend la forme d’une kermesse macabre. «Des centaines de personnes suivent le cortège, une fanfare les accompagne avec des tambours. C’est vraiment impressionnant. Dans le quartier, il y a à la fois des gens haineux qui veulent la mort des prêtres, et des gens qui pleurent, notamment les enfants du patronage», explique le père Sabourin, qui a pu lire les témoignages de nombreux témoins directs de ces évènements.

Le cortège se déroule dans un climat confus et fébrile, le sort des otages suscitant de vives tensions parmi les dirigeants de la Commune eux-mêmes. Certains membres du courant socialiste s’opposent, sans succès, à l’exécution des religieux. «Les otages sont conduits jusqu’à la rue Haxo. Sur le balcon, les chefs communards discutent. Certains prennent la défense des prêtres et ne veulent pas les exécuter, d’autres veulent laisser faire… Cela fait penser au chemin de croix du Christ. C’est comme avec Pilate qui s’en lave les mains», remarque le père Sabourin.

«La foule est là. Une jeune cantinière, très vindicative, tire un coup de revolver, et finalement le commandant donne l’ordre de fusiller les otages, dix par dix. C’est un véritable massacre. Certains corps reçoivent jusqu’à 72 coups de baïonnette. Le père Planchat reçoit huit balles de fusil. On lui a cassé les cervicales avec une baïonnette. On lui a brisé les bras. Son corps, encore intact aujourd’hui, exhumé en 2017, nous montre toute cette violence, résultat de la haine qui habite le cœur des gens qui ne savent pas ce qu’ils font.» «Laissez-moi prier!» sera le dernier mot du père Planchat avant qu’il ne s’effondre, agrippé à un militaire.

Une cause relancée en 2005

Après 1871, le père Planchat et ses compagnons feront rapidement l’objet d’une dévotion locale, mais la procédure en béatification lancée peu après leur mort s’est ralentie en raison de différents évènements qui ont secoué la France: la séparation de l’Église et de l’État, les expulsions des congrégations religieuses, ou encore les deux guerres mondiales. Plus récemment, le climat politique post-Mai 68 a favorisé une vision « romantique » de la Commune de Paris, ce qui rendait difficile, pour le grand public, une compréhension objective de ces évènements et de leur caractère tragique.

Ce 150e anniversaire donne donc l’occasion de redonner une visibilité à cette tragédie oubliée, dans l’espoir que la reconnaissance formelle du martyre puisse ouvrir la voie à une ultérieure béatification. Depuis 2005, le travail historique a été relancé. «La cause des martyrs de la Commune semble une cause oubliée», regrette le père Sabourin, qui précise que la positio, c’est-à-dire le rapport du postulateur, n’est pas un jugement historique sur la Commune, mais une reconnaissance du don de la vie de ces prêtres exécutés.

«On a retrouvé son corps les yeux ouverts, tournés vers le ciel. Nous avons une admiration devant ce signe qui nous montre non pas la haine, mais l’amour. Cette cause n’a pas pour objectif de chercher des coupables, mais de montrer de bons prêtres, qui ont donné leur vie. C’est montrer à quel point l’amour est plus fort que la haine. Le sang des martyrs est semence de chrétiens», souligne le père Sabourin.

Ce prêtre est une source d’inspiration personnelle pour son engagement comme religieux de Saint-Vincent-de-Paul. «Le père Henri Planchat avait un ministère extraordinaire, il était connu des gens, il avait gagné le cœur de la population ouvrière», ce qui était exceptionnel pour l’Église de l’époque. «C’est celui qui avait le plus d’amour pour les pauvres, les ouvriers, les immigrés italiens de ces quartiers. Les Frères de Saint-Vincent-de-Paul allaient dans les quartiers populaires de Grenelle, de Charonne. Aujourd’hui aussi, il faut aller à la rencontre des gens, en faisant du porte-à-porte, du cœur à cœur, et non pas attendre qu’ils viennent dans nos églises», souligne le postulateur.

Les commémorations à Paris

Plusieurs évènements sont organisés cette semaine dans le cadre de cette commémoration. Le père Yvon Sabourin tiendra une conférence ce jeudi 27 mai à 18h dans l’église construite sur le lieu du massacre du 26 mai 1871, l’église Notre-Dame-des-Otages, au 81 rue Haxo.

Le samedi 29 mai se tiendra une marche des martyrs, le long du parcours que suivirent les otages, avec un départ à 17h depuis le square de la Roquette, l’ancien site de la prison de la Roquette jusqu’à la rue Haxo. Enfin, le dimanche 30 mai à 11h se tiendra une messe solennelle présidée par l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, en l’église Notre-Dame-des-Otages.

La cause du père Planchat est associée à celle de quatre religieux de Picpus assassinés avec lui. De nombreux autres prêtres figurent parmi les victimes de la Commune, parmi lesquels des jésuites, des dominicains, des prêtres diocésains, et l’archevêque de Paris en personne, Mgr Georges Darboy, exécuté le 24 mai 1871 à la prison de la Roquette.

Plus de renseignements sont à retrouver sur le site du diocèse de Paris.

Source: VATICANNEWS, le 26 mai 2021

Le clergé de Xinxiang décimé par le gouvernement chinois

NOTRE-DAME-DE-CHINE-ciric_226704.jpg
P.RAZZO/CIRIC – Messe dominicale dans l’église Notre Dame de Chine, Paris.

Le clergé de Xinxiang décimé par le gouvernement chinois

Les autorités chinoises ont arrêté entre le 20 et le 21 mai à Xinxiang, dans le nord de la Chine, un évêque nommé par le Vatican ainsi que sept prêtres et dix séminaristes.

Nouvelle vague de répression en Chine. Alors que le monde a prié ce 24 mai pour l’unité des chrétiens en Chine, Pékin durcit les persécutions à l’égard des catholiques. En deux jours, le 20 et le 21 mai, les autorités ont arrêté un évêque, sept prêtres et une dizaine de séminaristes. Il s’agit de Mgr Joseph Zhang Weizhu, 63 ans, évêque de la préfecture apostolique de Xinxiang. Située dans le nord du pays, elle compte environ 100.000 fidèles. Évêque depuis 1991, il est reconnu par le Saint-Siège mais pas par le gouvernement chinois et est donc, à ce titre, considéré comme un criminel.

Une centaine de policiers mobilisés

Dix prêtres ont également été arrêtés car considérés comme criminels et parce qu’ils ont refusé de signer l’adhésion à l’Association patriotique des catholiques chinois (APCC), séparée de Rome, ainsi que la soumission au Parti communiste chinois (PCC). L’arrestation s’est déroulée à Shaheqiao, dans la province du Hebei, au sud de Pékin. Une dizaine de séminaristes ont également été arrêtés et remis à leur famille avec interdiction de poursuivre leurs études ecclésiastiques. Plus de 100 policiers ont été mobilisés pour participer à cette opération.

Plusieurs sources rapportent que la police, à la recherche des prêtres, a également fait du porte à porte afin de fouiller les logements. Ceux qui y ont découvert des signes attribuables à la foi catholique (croix, statues, images pieuses, photos du Pape…) ont donné une amende à leurs propriétaires et les objets ont été saisis et détruits.

Pour mémoire, depuis quelques mois Pékin a mis en œuvre une nouvelle réglementation autorisant les activités religieuses, y compris les séminaires, à condition qu’elles se tiennent dans des lieux enregistrés et contrôlés par le gouvernement. Les membres du clergé ne peuvent exercer leur ministère qu’à condition d’adhérer à l’APCC et de se soumettre au PCC.

Source: ALETEIA, le 25 mai 2021