Le Pape Jean-Paul Ier sera béatifié

Jean-Paul Ier, Pape du 26 août 1978 au 28 septembre 1978.Jean-Paul Ier, Pape du 26 août 1978 au 28 septembre 1978.

Le Pape Jean-Paul Ier sera béatifié

François a autorisé mercredi 13 octobre la Congrégation pour les causes des saints à promulguer le décret sur la guérison miraculeuse attribuée à l’intercession de Jean-Paul Ier, ce qui ouvre la voie à sa béatification. Portrait de ce Pape au pontificat bref mais au sourire resté inscrit dans le cœur des fidèles. 

La reconnaissance d’un miracle était nécessaire pour que cette étape soit franchie: c’est désormais chose faite. En recevant en audience ce mercredi matin le cardinal Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour la cause des saints, le Pape François a autorisé la promulgation d’un décret reconnaissant un miracle attribué à l’intercession de Jean-Paul Ier. Il s’agit de la guérison d’une fillette de onze ans à Buenos Aires le 23 juillet 2011, qui souffrait d’une «encéphalopathie inflammatoire aiguë sévère, d’une maladie épileptique réfractaire maligne, d’un choc septique» et qui était alors en fin de vie. Un tableau clinique très grave, avec également de nombreuses crises épileptiques quotidiennes et une bronchopneumonie. L’initiative d’invoquer le Pape Luciani avait été prise par un de ses fidèles dévots, le curé de la paroisse à laquelle appartenait l’hôpital.

La date de la béatification du Souverain pontife italien n’est pas encore connue, elle sera communiquée par François.

«Tu seras du côté des pauvres…»

Né le 17 octobre 1912 à Forno di Canale (aujourd’hui Canale d’Agordo), dans la province de Belluno, en Vénétie, et mort le 28 septembre 1978 au Vatican, Albino Luciani a été Pape pendant seulement 33 jours, l’un des pontificats les plus courts de l’histoire. Il était le fils d’un ouvrier socialiste qui avait longtemps travaillé comme émigré en Suisse. Dans la note que son père lui a écrite pour lui donner l’autorisation d’entrer au séminaire, on peut lire: «J’espère que lorsque tu seras prêtre, tu seras du côté des pauvres, car le Christ était de leur côté». Des mots qu’Albino Luciano mettra en pratique tout au long de sa vie.

Canale d'Agordo, le village natal d'Albino Luciani

Canale d’Agordo, le village natal d’Albino Luciani

Ordonné prêtre en 1935, il est nommé évêque de Vittorio Veneto en 1958, immédiatement après l’élection de Jean XXIII qui l’avait connu comme patriarche de Venise. Originaire d’une terre pauvre caractérisée par l’émigration, mais aussi très vivante du point de vue social, et d’une Église caractérisée par des figures marquantes de prêtres, Luciani a participé à l’ensemble du Concile œcuménique Vatican II et appliqué ses directives avec enthousiasme.

Face aux défis sociaux-économiques de l’époque

Pasteur proche de son peuple, il passait beaucoup de temps au confessionnal. Pendant les années où la légalité de la pilule contraceptive était discutée, il s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l’ouverture de l’Église sur son utilisation, après avoir écouté de nombreuses jeunes familles. Après la publication de l’encyclique Humanae Vitae, dans laquelle Paul VI déclare la pilule moralement illicite en 1968, l’évêque de Vittorio Veneto fait la promotion du document, adhérant au magistère du Souverain Pontife. Paul VI, qui le connaissait déjà, le nomme patriarche de Venise à la fin de 1969, avant de le créer cardinal en mars 1973.

Mgr Luciani, qui a choisi « humilitas » (humilité) comme devise épiscopale, vit sobrement, enraciné dans la foi, en se montrant ouvert du point de vue social, proche des pauvres et des travailleurs. Il fait preuve d’intransigeance lorsqu’il s’agit de dénoncer l’utilisation sans scrupules de l’argent au détriment du peuple, comme le montre sa fermeté lors d’un scandale économique à Vittorio Veneto impliquant l’un de ses prêtres. À Venise, en tant que patriarche, il eut beaucoup à souffrir des protestations qui suivirent les années post-Concile. Communicant discret mais talentueux, il écrit un livre à succès intitulé en français « Humblement vôtre »(Illustrissimi pour l’original italien), avec des lettres fictives écrites à des personnages historiques, sur des sujets d’actualité. Il attache une importance particulière à la catéchèse, avec la nécessité pour ceux qui transmettent le dépôt de la foi de se faire comprendre de tous.

Mgr Albino Luciani, alors Patriarche de Venise, accueille le Pape Paul VI en visite à Venise, le 16 septembre 1972

Mgr Albino Luciani, alors Patriarche de Venise, accueille le Pape Paul VI en visite à Venise, le 16 septembre 1972

Fidélité et nouveautés

Après la mort de Paul VI au début du mois, il est élu le 26 août 1978 lors d’un conclave qui dure une journée. Une certaine confusion règne sur la place Saint-Pierre avant l’annonce de son élection: la fumée qui s’échappe de la Chapelle Sixtine n’est ni tout à fait noire, ni complètement blanche, mais plutôt gris pâle. La foule et les journalistes s’interrogent, jusqu’à ce que soit enfin ouverte la fenêtre de la loggia centrale de la basilique saint-Pierre.

Le double nom choisi par le nouveau Successeur de Pierre est déjà tout un programme: en unissant Jean et Paul, il offre non seulement un hommage de gratitude aux Papes qui l’ont nommé évêque et cardinal, mais il marque aussi un chemin de continuité dans l’application du Concile, barrant la route aussi bien aux replis nostalgiques sur le passé qu’aux bonds en avant incontrôlés. Dès ses premières prises de parole, il abandonne l’usage du « nous », du pluriel maiestatis, et dans les premiers jours, il refuse l’usage de la chaise à porteurs. Il cède toutefois à la demande de ses collaborateurs lorsqu’il se rend compte qu’en allant à pied, les personnes qui ne sont pas dans les premiers rangs ont du mal à le voir. Les audiences du mercredi, durant son très court pontificat, sont de véritables catéchèses: le Pape Luciani parle sans texte écrit, cite des poèmes de mémoire, invite un garçon et un enfant de chœur à monter sur l’estrade et leur parle. Dans un discours improvisé, il se souvient d’avoir souffert de la faim dans son enfance et reprend les mots courageux de son prédécesseur sur les «peuples de la faim» qui défient les «peuples de l’opulence». Son magistère est également marqué par le thème de la miséricorde.

Jean-Paul Ier lors d'une audience générale, en 1978

Jean-Paul Ier lors d’une audience générale, en 1978

Jean-Paul Ier ne quitte le Vatican qu’une seule fois, au cours des semaines étouffantes de la fin de l’été 1978, pour prendre possession de sa cathédrale en tant qu’évêque de Rome, Saint Jean de Latran, et recevoir les hommages du maire de la capitale italienne, le communiste Giulio Carlo Argan. Devant celui-ci, le nouveau Pape cite le catéchisme de saint Pie X, rappelant que «parmi les péchés qui crient vengeance devant Dieu» figurent«l’oppression des pauvres» et «la spoliation des travailleurs de leur juste salaire».

Réputation de sainteté immédiate

Jean-Paul Ier meurt subitement dans la nuit du 28 septembre 1978. Il est retrouvé sans vie par la religieuse qui apportait du café dans sa chambre tous les matins. De nombreuses théories ont été échafaudées autour de sa mort soudaine et inattendue, ces prétendues conspirations étant utilisées pour vendre des livres et produire des films. Une recherche documentée sur sa mort, qui clôt définitivement le dossier, a toutefois été signée par la vice-postulatrice du procès de béatification, Stefania Falasca (Cronaca di una morte, Librairie éditrice vaticane).

En quelques semaines de pontificat, le Pape Luciani est entré dans le cœur de millions de personnes, pour sa simplicité, son humilité, ses paroles de défense des plus petits et pour son sourire évangélique, première  marque de la bonté de Dieu agissant en lui.

La réputation de sainteté de Jean-Paul Iers’est répandue très rapidement. Beaucoup de fidèles l’ont prié et le prient encore, notamment en se rendant sur sa tombe, située dans la nécropole papale de la basilique saint-Pierre. De nombreuses personnes, et même tout un épiscopat -celui du Brésil-, ont demandé l’ouverture de son procès en béatification, qui arrive désormais à son terme.

27 août 1978, Jean-Paul Ier au balcon de la loggia centrale après une messe en  la chapelle Sixtine

27 août 1978, Jean-Paul Ier au balcon de la loggia centrale après une messe en la chapelle Sixtine

Source: VATICANNEWS, le 13 octobre 2021

Pologne: béatification du card. Wyszynski et de sr Czacka, homélie du card. Semeraro

Béatification du Card. Wyszyński et d'Elisabeth Czacka © Archidiocèse de Varsovie / Conférence épiscopale polonaise / G. Gałązka / W. Łączyński

Béatification Du Card. Wyszyński Et D’Elisabeth Czacka © Archidiocèse De Varsovie / Conférence Épiscopale Polonaise / G. Gałązka / W. Łączyński

Pologne: béatification du card. Wyszynski et de sr Czacka, homélie du card. Semeraro

« La force d’être des témoins de son amour miséricordieux »

Le pape François a salué la béatification, en Pologne, du cardinal Stefan Wyszynski et de soeur Elisabeth Rose Czacka, avant de présider la prière de l’angélus, en latin, au terme de la messe de conclusion du Congrès eucharistique international de Budapest (Hongrie), ce dimanche 12 septembre 2021.

« Demandons aujourd’hui à Dieu de nous accorder la force d’être des témoins fidèles de son amour miséricordieux envers chaque personne nécessiteuse de notre temps », a encouragé le card. Semeraro: la messe de béatification a été présidée au nom du pape, à Varsovie, par le préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le cardinal Marcello Semeraro, dont voici l’homélie.

12 septembre 2021
Fête du Saint Nom de Marie

Messe avec le rite de béatification des Serviteurs de Dieu
Stefan Wyszyński et Elżbieta Róża Czacka

Temple de la Divine Providence, Varsovie

1 – « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante» (Lc 1,46-48).

Chers frères et sœurs ! Les paroles du chant de louange prononcé par la Vierge Marie expriment aujourd’hui notre action de grâce à Dieu pour notre participation à la béatification du cardinal Stefan Wyszyński et de Mère Elżbieta Róża Czacka, ici, dans le temple de la Divine Providence. Ce temple, érigé par la Nation polonaise comme offrande votive en action de grâce pour la proximité et la présence de Dieu dans l’histoire glorieuse et douloureuse de ce pays, est aujourd’hui le témoin d’une autre confirmation : La Pologne est une nation mariale, la Pologne a offert et donné à l’Église, au cours des différentes époques, des figures remarquables de saints, d’hommes et de femmes de Dieu. Comme Il l’a fait lorsqu’Il a envoyé l’archange Gabriel à la Vierge, dont le nom était Marie (cf. Lc 1,27), de même aujourd’hui, Dieu appelle d’authentiques témoins de la sainteté pour honorer et louer son nom.

2 – Ce fut également le cas du cardinal Wyszyński, originaire de Zuzela-sur-le-Bug, où sa famille l’a élevé dans la foi en Dieu et l’amour de la patrie. Après avoir reçu l’ordination sacerdotale dans la cathédrale de Wloclawek, le 3 août 1924, il a commencé sa vie sacerdotale, qui a été marquée par de nombreuses épreuves qu’il a affrontées avec confiance et détermination. L’un des moments les plus dramatiques fut certainement la période de la Seconde Guerre mondiale et l’époque de l’héroïque et tragique soulèvement de Varsovie en 1944. À cette époque, le père Wyszyński vivait dans les environs de la capitale, à Laski, où il était aumônier de l’Institut des aveugles et de l’Armée de l’Intérieur. C’est pendant l’insurrection de Varsovie qu’un événement exceptionnel et prophétique s’est produit à Laski : le bienheureux Stefan a ramassé sur le sol un morceau d’une feuille de papier partiellement brûlée qui s’était envolée là depuis la capitale en flammes, enveloppée de feu ; sur cette feuille, il a lu ces mots : « Tu aimeras ». Wyszyński, profondément ému par ce fait, emporta ce bout de papier à la chapelle, le montra aux sœurs et dit : « C’est pour nous et pour le monde entier l’appel le plus sacré de Varsovie qui lutte. Un appel et un testament : Tu aimeras ». Il a vécu son ministère de pasteur et d’évêque en réponse à cet appel et à ce testament, d’abord à Lublin, puis à Gniezno et à Varsovie, tout en affrontant les problèmes que sa Nation a dû subir dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Au cours de cette période, politiquement et socialement compliquée, il a dirigé avec courage, diligence et détermination la barque de l’Église en Pologne, défiant l’idéologie qui déshumanisait et éloignait les gens de la plénitude de la vie, la vérité contenue dans l’Évangile du Christ fidèlement vécu et accompli. Dans la lutte pour la défense de la liberté des femmes et des hommes polonais, il répétait souvent : « Celui qui hait, a déjà perdu ». Il ne s’est épargné en rien ; il a supporté toutes les humiliations et les souffrances qui ont culminé avec trois années d’emprisonnement, de 1953 à 1956. Saint Jean-Paul II, quelques jours après son élection au Siège de Pierre, a écrit au Cardinal-Primat dans une lettre à ses compatriotes : « Il n’y aurait pas sur la Chaire de Pierre ce Pape polonais […] s’il n’y avait pas eu ta foi, qui n’a pas reculé devant la prison et la souffrance. S’il n’y avait pas eu ton espérance héroïque, ta confiance sans limites en la Mère de l’Église » (Saint Jean Paul II, Lettre à ses compatriotes polonais, 23 octobre 1978). Le cardinal Wyszyński, en tant que véritable fils de la Terre polonaise, avait vraiment dans son cœur une profonde dévotion à la Sainte Mère de Dieu : de même que sa vocation est née sous son regard maternel ainsi, sous ce même regard, il a confié à Dieu sa propre vie et le sort de la nation polonaise ; c’est ainsi que Marie lui a appris « à ne vivre que pour Dieu et à ne plaire qu’à Lui » dans son service pastoral quotidien.

3 – Une foi inébranlable en Dieu et en sa Providence caractérisait également Mère Elżbieta Róża Czacka. Dès les premières années de son enfance, elle a reconnu les signes de l’appel de Dieu, d’abord à Biała Cerkiew, puis à Varsovie. Frappée par la cécité à l’âge de vingt-deux ans, elle a décidé de consacrer sa vie au service des aveugles qui, à l’époque, ne pouvaient compter ni sur une aide ni sur la possibilité d’obtenir une éducation dans les territoires polonais. Dans ce but, elle a fondé la Société pour le soin des aveugles et la Congrégation des Sœurs franciscaines servantes de la Croix. Elle a ouvert des écoles et organisé des ateliers, adapté l’alphabet braille à la langue polonaise et développé des abréviations orthographiques. Par son extraordinaire diligence et son engagement, la bienheureuse Elżbieta Róża nous montre qu’il n’y a pas d’obstacles pour ceux qui veulent aimer Dieu et aimer comme Lui. Dans sa vie aussi, il y a eu de nombreuses difficultés au milieu desquelles elle a constamment réaffirmé, avec une incroyable espérance, sa fidélité à Dieu qui est amour.

Aujourd’hui, le Cardinal Wyszyński et Mère Czacka sont béatifiés ensemble. C’est comme un complément à la rencontre historique, grâce à laquelle ces bienheureux ont fait connaissance à Laski il y a 95 ans, en 1926. À l’époque, le jeune prêtre avait été édifié par la foi et la persévérance de cette femme qui, mue par l’amour de Dieu, était entièrement dévouée à Dieu et à son prochain. Il s’ensuivit une précieuse collaboration, un partage franc des intentions et des projets. Mais surtout, cela a donné naissance à une communion de foi, d’amour pour Dieu et pour l’être humain nécessiteux et sans défense. Tous deux ont su se remplir mutuellement de force, d’endurance et de courage. Lui s’engageait personnellement pour aider tous ceux qui subissaient des abus et des limitations dans la pratique de leur liberté et la profession de leur foi ; elle, aveugle parmi les aveugles physiques et spirituels, aidait tous ceux qui étaient abandonnés et laissés en marge de la société. Le 19 mai 1961, le cardinal Wyszyński, présidant les funérailles de Mère Czacka, a dit d’elle dans son homélie : la Mère « était une personne qui se tenait constamment devant la face de son Dieu Bon ; une personne qui savait que Dieu est Amour, avant tout – Amour ! Une personne qui puisait sans cesse à la source insondable de l’amour de Dieu ! »Les nouveaux bienheureux d’aujourd’hui ont reçu de cette Nation le bien inestimable de la foi et la vitalité de la tradition séculaire de l’amour pour Dieu. Qu’ont-ils offert au peuple en retour ? Ils ont offert la conviction vitale de la primauté de Dieu (« Soli Deo » – « A Dieu seul » – était la devise épiscopale du Cardinal Wyszyński), qui peut rendre à l’homme sa dignité. Ils ont donné le témoignage d’une vie à tout prix fidèle à l’Évangile. Ils ont laissé un modèle de service à une personne spécifique dans le besoin, même lorsque personne ne se soucie d’elle, et que l’indifférence semble prévaloir.

4 – Chers frères et sœurs ! « Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !» (Lc 1,49).

Faisons nôtres, une fois de plus, les paroles de Marie, le modèle suprême de la vie chrétienne et le plus grand exemple de sainteté. Dans son humilité, elle a accepté l’annonce que la Sagesse éternelle – dont nous avons entendu parler dans le Livre de la Sagesse du Siracide – deviendrait chair dans son sein. Marie, selon les mots de saint Paul dans sa Lettre aux Colossiens, choisie par Dieu, « sainte et bien-aimée » (cf. Col 3,12), a été la mère du Christ non seulement parce qu’elle l’a conçu par l’Esprit Saint, mais aussi parce qu’en elle la « volonté du Père qui est aux cieux » (Mt 12,50) s’est pleinement accomplie. Aujourd’hui, nous célébrons son nom dans une fête liturgique, car le peuple chrétien la considère comme une étoile brillante, l’appelle sa Mère et, en cas de danger, court vers elle comme vers un refuge.

Un jour, le bienheureux Stefan Wyszyński a dit à propos de la Vierge Marie : « Dans les traits d’une mère, nous reconnaissons la plus grande ressemblance avec ses enfants. Ainsi, si nous voulons connaître le Fils, nous devons observer la Mère. La Mère conduit au Fils ! » La beauté du visage du Christ rayonne dans une vie sainte. Le pape François a dit que les saints sont « des témoins […] que nous vénérons que nous vénérons et qui, de mille manières, nous renvoient à Jésus Christ, unique Seigneur et médiateur entre Dieu et l’homme » (François, Audience générale, 7 avril 2021). Ils nous sont donc donnés comme des modèles à suivre, mais aussi comme des intercesseurs auxquels nous pouvons nous adresser avec confiance. Ils sont des modèles parce qu’ils ont été dociles à la grâce qui agissait en eux. Ils sont des intercesseurs parce que, comme nous le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique, « ils contemplent Dieu, ils le louent et ne cessent pas de prendre soin de ceux qu’ils ont laissé sur la terre […] Leur intercession est leur plus haut service du Dessein de Dieu. Nous pouvons et devons les prier d’intercéder pour nous et pour le monde entier » (CEC n° 2683). Confions-nous donc à l’intercession des nouveaux bienheureux, afin que s’allume en nous le désir de vivre comme des saints, car, comme nous le rappelle encore une fois le pape François, « dans notre vie également, bien que faible et marquée par le péché, la sainteté peut éclore » (François, Audience générale, 7 avril 2021).

Pologne, nation de Marie, terre des saints et des bienheureux, dans ce temple de la Providence divine, par l’intercession de la Vierge Marie, du bienheureux Stefan Wyszyński et de la bienheureuse Elżbieta Róża Czacka, demandons aujourd’hui à Dieu de nous accorder la force d’être des témoins fidèles de son amour miséricordieux envers chaque personne nécessiteuse de notre temps. Que les nouveaux bienheureux soient de puissants intercesseurs pour cette Nation méritante, qu’ils soient une lumière pour les autorités de l’état et locales, et qu’ils soutiennent l’Église en Pologne dans une fidélité constante à l’Évangile du Christ.

Sainte Marie, Reine de Pologne,
Bienheureux Stefan Wyszyński,
Bienheureuse Elżbieta Róża Czacka,
Priez pour nous !

 © Cause dei Santi 

Source: ZENIT.0RG, le 12 septembre 2021

À la recherche des saints, les formes les plus « accomplies » de l’être humain

Les archives de la Congrégation pour les Causes des Saints.
Les archives de la Congrégation pour la Cause des Saints

À la recherche des saints, les formes les plus « accomplies » de l’être humain

Les dicastères du Saint-Siège racontés de l’intérieur : histoire, objectifs et « budget de missions », comment fonctionnent les structures qui soutiennent le ministère du Pape. Cette semaine, la Congrégation pour les Causes des Saints nous est présentée par son préfet, le cardinal Marcello Semeraro.

Giancarlo La Vella – Cité du Vatican

Il existe une infinité de façons de définir la sainteté. L’une d’elles consiste à la considérer comme un modèle, voire « le » modèle de la beauté d’une créature humaine. C’est ce que fait, depuis 1969, année de sa naissance, le service du Vatican chargé d’examiner la vie des candidats aux autels: rechercher les traits de l’Évangile dans leur vie, afin que chaque chrétien puisse voir en eux des témoins crédibles et surtout imitables.

Derrière la proclamation d’un saint se cache un scrupuleux travail collectif, qui dure des années, parfois des décennies, et nécessite l’intervention de diverses compétences, ce qui implique des coûts (le budget 2021 du dicastère est d’environ deux millions d’euros). La « fabrique des saints » est une expression qui «peut aussi être sympathique, si elle est comprise dans le sens positif, c’est-à-dire comme un lieu où l’on travaille beaucoup pour arriver à la présentation sérieuse et honnête de personnes dignes» de ce titre, note le préfet de la Congrégation, le cardinal Marcello Semeraro, qui explique le fonctionnement de la structure.

Le cardinal Semeraro à son bureau de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Le cardinal Semeraro à son bureau de la Congrégation pour les Causes des Saints.

La sainteté est un appel que le Seigneur adresse personnellement à «tous les fidèles de tout état et de toute condition» (Lumen Gentium), mais l’Église, dès le début, a ressenti le besoin de reconnaître des témoins exemplaires et d’accepter officiellement leur fidélité au message de l’Évangile. Quel rôle joue la Congrégation pour les Causes des Saints, à cet égard?

Comme nous l’a rappelé le Concile Vatican II, la sainteté est une vocation universelle, pour chaque personne. Quant à la reconnaissance officielle de la sainteté d’un chrétien individuel, on dira qu’il s’agit d’une tradition ancienne. Depuis les temps les plus reculés, en effet, lorsque se répandait la nouvelle d’un martyr ou d’une personne ayant vécu l’Évangile de manière exemplaire, ils étaient proposés comme modèles de vie à tout le peuple et comme intercesseurs auprès de Dieu pour les besoins des croyants. Les procédures et les normes canoniques pour déclarer la sainteté d’une personne varient, mais le noyau fondamental est le suivant: l’Église a toujours cru que ses membres pouvaient atteindre la sainteté et qu’ils devaient être connus et proposés à la vénération publique.

Quant à la Congrégation pour les Causes des Saints, elle suit le processus de béatification et de canonisation des serviteurs de Dieu en assistant les évêques dans l’enquête sur le martyre ou les vertus héroïques ou l’offrande de la vie et les miracles d’un fidèle catholique qui, de son vivant, dans sa mort et après sa mort, a joui d’une réputation de sainteté, ou de martyr, ou d’offrande de la vie. On appelle serviteur de Dieu le fidèle catholique dont la cause de béatification et de canonisation a été engagée et pour lequel il faut toujours une « réputation de sainteté » authentique, répandue et durable, c’est-à-dire l’opinion commune que sa vie a été entière, riche en vertus chrétiennes et fructueuse pour la communauté chrétienne.

La chapelle du dicastère.

La chapelle du dicastère.

Votre activité implique un véritable « travail d’équipe » dans lequel interviennent des postulateurs, des témoins, des consultants, des théologiens, des savants, des médecins, des cardinaux et des évêques. Combien de personnes sont impliquées et comment s’articule le travail de la Congrégation dans ses différentes phases?

Les nouvelles normes relatives aux causes des saints, introduites en 1983, ont considérablement réduit le temps nécessaire aux processus de béatification et de canonisation. Il suffit de penser, par exemple, que dans le passé, pour commencer l’étude de la vie, des vertus ou du martyre d’un serviteur de Dieu, il fallait attendre cinquante ans après sa mort. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La durée des causes dépend toutefois de nombreux facteurs: certains sont intrinsèques aux causes elles-mêmes (complexité de la figure des candidats, ou de la période historique dans laquelle ils ont vécu), d’autres externes (comme la volonté, la préparation et la disponibilité des personnes qui doivent y travailler : postulateurs, collaborateurs externes, témoins, etc.)

Chaque cause a ses chiffres: les témoins entendus dans la phase diocésaine peuvent être plusieurs dizaines, tout comme les autres spécialistes. Chaque procès de béatification et de canonisation a également ses propres délais: ceux des enquêtes, de l’audition des témoins, de la rédaction de la Positio (le rapport rédigé par le postulateur, ndr), de l’examen par les consultants théologiques et, selon la cause, par les consultants historiques. Puis il y a le temps des experts médicaux, quand il s’agit d’examiner un éventuel miracle de guérison.

Le tout, si ces démarches ont été positives, passe ensuite à la session ordinaire des membres de la Congrégation, c’est-à-dire des cardinaux et des évêques. Une fois tout ce processus terminé, le dernier mot revient au Pape, à l’approbation duquel le préfet de la Congrégation soumet les différentes causes. Ils sont vraiment nombreux (en ce moment, ceux qui sont en cours dans la phase romaine sont presque 1500, tandis que ceux qui sont dans la phase diocésaine sont plus de 600) et le fait même que tous ne réussissent pas démontre le sérieux des procédures. Cela ne signifie pas pour autant que ceux qui ne sont pas proposés à la vénération des fidèles n’ont pas été des figures exemplaires pour leur témoignage de vie.

Numérisation de documents anciens.

Numérisation de documents anciens.

Le grand nombre de canonisations et de béatifications promues par la Congrégation est un indicateur de la vitalité de l’Église, à toutes les époques. En moyenne, sur combien de causes travaillez-vous et combien sont menées à terme chaque année?

Le bilan de ces cinq dernières décennies d’activité de la Congrégation est non seulement positif, mais surprenant. La rationalisation des procédures a permis d’augmenter le nombre de personnes proposées à la vénération des fidèles: elles viennent de tous les continents et appartiennent à toutes les catégories du peuple de Dieu.

Le bilan spirituel et pastoral de ces cinquante années depuis l’institution de la Congrégation pour les Causes des Saints (1969) est singulier : jusqu’en 2020, le nombre total est de 3003 béatifications et 1479 canonisations. Comme il y a normalement deux sessions ordinaires par mois et que dans chacune d’elles quatre causes sont examinées, le nombre approximatif de celles qui sont menées à terme dans une année est de 80-90.

Pour ces données et d’autres, on peut visiter le site de la Congrégation (www.causesanti.va), qui offre de manière agile et complète toutes les informations sur la Congrégation et le chemin de sainteté. À ce jour, outre les principaux documents et publications, le site contient plus de mille fiches sur les bienheureux et les saints des sept derniers pontificats, enrichies de photos, de citations, de biographies, d’homélies, de liens externes et de matériel multimédia.

Un document manuscrit ancien conservé dans les archives de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Un document manuscrit ancien conservé dans les archives de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Souvent, la même vitalité qui élève sur les autels des modèles de vie chrétienne est qualifiée extérieurement de « fabrique des saints ». Comment expliquer brièvement la ligne de rigueur suivie à l’égard d’un candidat à la béatification et à la canonisation?

L’expression peut aussi être sympathique, si elle est comprise dans le sens positif, c’est-à-dire comme un lieu où l’on travaille beaucoup pour arriver à la présentation sérieuse et honnête de personnes dignes d’être proposées comme modèles de sainteté. Si le nombre de candidats est considérable, il est néanmoins important d’ajouter que le travail ne se fait pas au détriment de la précision, de la profondeur et de l’autorité.

En partant de la réputation de sainteté et des signes parmi le peuple de Dieu, l’enquête a une première phase dans le diocèse (ouverture du processus, collecte de témoignages et de documents, constitution d’un tribunal avec des experts théologiques et historiques). Une fois amenée à Rome, un rapporteur est désigné et guidera le postulateur dans la préparation du volume où les preuves recueillies dans le diocèse sont synthétisées afin de reconstituer avec certitude la vie et démontrer les vertus ou le martyre ainsi que la renommée relative de sainteté et de signes dont jouissait le Serviteur de Dieu. C’est la Positio, qui est ensuite étudiée par un groupe de théologiens et, dans le cas d’une cause ancienne (c’est-à-dire concernant un candidat qui a vécu il y a longtemps et pour lequel il n’y a pas de témoins oculaires), également par une commission d’historiens.

Si ces votes sont favorables, le dossier sera soumis à un nouveau jugement des cardinaux et évêques de la Congrégation. Si, enfin, celle-ci aussi est favorable, le Saint-Père peut autoriser la promulgation du décret sur l’héroïcité des vertus ou sur le martyre ou sur l’offrande de la vie du Serviteur de Dieu, qui devient ainsi vénérable: c’est-à-dire qu’il est reconnu comme ayant exercé à un degré « héroïque » les vertus chrétiennes (théologales: foi, espérance et charité; cardinales: prudence, justice, force et tempérance; autres: pauvreté, chasteté, obéissance, humilité, etc., ou ayant connu une vie « héroïque ». ), ou d’avoir subi un authentique martyre, ou d’avoir offert leur vie selon les exigences du dicastère.

La béatification est l’étape intermédiaire en vue de la canonisation. Si le candidat est déclaré martyr, il devient immédiatement bienheureux, sinon il faut qu’un miracle soit reconnu, dû à son intercession. Généralement, cet événement miraculeux est une guérison considérée comme scientifiquement inexplicable, jugée comme telle par une commission médicale composée de spécialistes, croyants et non-croyants. Les consultants théologiques se prononcent d’abord sur le miracle, puis les cardinaux et évêques de la Congrégation et le Saint-Père autorisent le décret correspondant. Pour que la canonisation ait lieu, c’est-à-dire pour qu’il soit déclaré saint, il faut attribuer au bienheureux l’intercession efficace d’un second miracle, qui a toutefois eu lieu après la béatification.

Plus qu’une « usine » qui produit des saints en flux continu, la Congrégation est donc le dicastère de la Curie romaine qui, avec des siècles d’expérience, s’est spécialisé dans la reconnaissance des saints et qui, avec beaucoup de diligence, d’habileté et de rigueur scientifique, mène à bien un processus qui vérifie si un fidèle a vécu un haut degré de sainteté, afin d’être proposé comme modèle à l’Église universelle.

Des livres anciens conservés dans les archives de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Des livres anciens conservés dans les archives de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Dans l’exhortation apostolique Gaudete et exsultate, le Pape parle de la «classe moyenne de la sainteté». De quelle manière ces «saints de la porte d’à côté» peuvent-ils être reconnus et offerts en exemple à la communauté des croyants ?

Gaudete et exsultate est un beau manifeste sur l’appel à la sainteté dans le monde d’aujourd’hui, parce que les saints sont les témoins de la possibilité de vivre l’Évangile; non seulement ceux qui sont déjà béatifiés ou canonisés, mais aussi ceux que le Pape lui-même appelle «les saints de la porte d’à côté», qui vivent près de nous et «sont le reflet de la présence de Dieu: les parents qui élèvent leurs enfants avec tant d’amour, les hommes et les femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, les malades, les religieux âgés qui continuent à sourire» (n° 7) dans un monde qui ne sait plus espérer et qui est indifférent à la souffrance des autres.

Le test de la sainteté de l’Église est précisément la vie quotidienne faite de petits gestes. La sainteté du «voisin» est la sainteté vécue au quotidien par les chrétiens qui, dans toutes les parties du monde, témoignent de leur amour pour Jésus au péril de leur vie et sans jamais tenir compte de leurs intérêts particuliers.

La forme la plus aboutie et la plus belle de l’humanité se réalise dans les saints. Dans l’Exhortation Gaudete et Exsultate, le Pape a écrit que la sainteté montre le «plus beau visage de l’Église» (n° 9). Nous pouvons également dire que, ces dernières décennies, la vénération des saints est revenue au premier plan dans la vie de l’Église, qui reconnaît la nécessité de leur témoignage pour la communauté des croyants. La « contemporanéité » d’un saint, en effet, n’est pas tant donnée par la proximité chronologique – bien que les causes achevées ou en cours de nos bienheureux et saints contemporains soient nombreuses – que par le fait d’être une figure complète, riche de passion humaine et chrétienne, de désir de surnaturel, de faim de justice, d’amour de Dieu et de solidarité pour chaque frère.

La principale salle de réunion de la Congrégation pour les Causes des Saints.

La principale salle de réunion de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Avec les nouvelles règles introduites en 2016, François a recommandé la vigilance dans l’administration des biens et la limitation des coûts des poursuites judiciaires. Il existe également un fonds de solidarité pour les cas où il existe des difficultés à supporter les coûts. Comment les indications du Souverain Pontife ont-elles été reçues et mises en œuvre dans votre énoncé de mission?

La cause de béatification est une œuvre complexe et s’articule en plusieurs aspects. En tant que telle, elle implique un certain coût dû au travail des commissions, à l’impression des documents, aux réunions des experts (historiens et théologiens chargés de l’étude de la documentation ou médecins en ce qui concerne les miracles). Le Dicastère veille toujours à contenir les coûts, afin que la question économique ne soit pas un obstacle à la poursuite des causes. Les normes administratives approuvées par le Saint-Père en 2016 qui garantissent la transparence et la régularité administratives vont dans ce sens. Alimenté de diverses manières, un « Fonds de solidarité » a également été mis en place à la Congrégation pour les causes qui ont moins de ressources. Pour les soutenir, d’autres formes sont également à l’étude.

Un rayonnage de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Un rayonnage de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Avec les nouvelles normes introduites en 2016, François a recommandé la vigilance dans l’administration des biens et la maîtrise des dépenses des causes. Il existe également un « fonds de solidarité » pour les cas où il existe des difficultés à supporter les coûts. Comment les indications du Souverain Pontife ont-elles été reçues et mises en œuvre dans votre budget de mission?

La cause de béatification est une œuvre complexe et s’articule en plusieurs aspects. En tant que telle, elle implique un certain coût dû au travail des commissions, à l’impression des documents, aux réunions des experts (historiens et théologiens chargés de l’étude de la documentation, ou médecins en ce qui concerne les miracles). Le dicastère veille toujours à contenir les coûts, afin que la question économique ne soit pas un obstacle à la poursuite des causes. C’est le sens des normes administratives approuvées par le Saint-Père en 2016 qui garantissent la transparence et la régularité administratives. Alimenté de diverses manières, un Fonds de solidarité » a également été mis en place à la Congrégation, pour les causes qui ont moins de ressources. D’autres formes de soutien sont également à l’étude.

Un tiroir contenant des documents de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Un tiroir contenant des documents de la Congrégation pour les Causes des Saints.

Dans la société « liquide » théorisée par Bauman, la sainteté apparaît de plus en plus comme un choix à contre-courant. Quels sont les nouveaux défis que la Congrégation est appelée à relever pour reproposer au monde la fascination du radicalisme évangélique?

Nous vivons dans cette « société liquide », conscients des opportunités mais aussi des risques. L’Église n’est pas novice en ce qui concerne ces écueils à la foi et à la crédibilité chrétienne. Déjà au deuxième siècle, on objectait aux chrétiens la foi en Jésus le Messie; la même objection qui, comme le rapporte saint Justin dans son Dialogue avec Tryphon, se faisait déjà jour au cours de sa vie publique: «Mais comment est-il possible que le Messie soit déjà venu si rien n’a changé, si la paix n’est pas venue, si Israël est toujours esclave des Romains, si le monde est toujours comme avant?»

Les chrétiens répondirent: «C’est vrai, oui, beaucoup de choses sont comme avant, elles n’ont pas changé, mais, si vous voulez vraiment bien regarder la réalité, vous pouvez aussi observer des nouveautés merveilleuses, extraordinaires, comme, par exemple, la fraternité entre chrétiens, la communion des biens, la foi, le courage dans les persécutions, la joie dans les tribulations. Vous pouvez voir des choses merveilleuses. Le royaume de Dieu, bien sûr, n’est pas encore venu dans sa plénitude définitive, il est venu comme un germe, une graine, mais il est venu sérieusement et il croît, il se développe au milieu des communautés chrétiennes.» Les saints sont précisément les graines qui ont mûri et portent beaucoup de fruits, selon la parabole de l’Évangile.

La sainteté est toujours la même, fondamentalement, mais elle est toujours nouvelle dans ses figures concrètes, comme l’a rappelé le Concile Vatican II (Lumen Gentium, 41); elle revêt des aspects différents chez les martyrs, chez les vierges consacrées, chez les ermites, chez les moines, chez les pasteurs de l’Église, chez les princes des nations, chez les ordres mendiants, chez les missionnaires, chez les contemplatifs, chez les éducateurs, chez les saints de la charité sociale. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la liste et les figures des saints de ces 50 dernières années – depuis la création de la Congrégation pour les Causes des Saints – pour voir à quel point les graines du Concile, qui désignait la sainteté comme une vocation universelle, et non comme le privilège de quelques élus, ont germé et mûri. L’unique sainteté, qui est un reflet de celle du Christ, imprime en chacun une empreinte unique et personnelle ; tout comme l’amour : unique et très personnel.

Quant aux défis, ceux de la Congrégation sont les mêmes que ceux de l’Église et de sa présence dans le monde. L’Église est une source de crédibilité tant pour la sainteté objective de la foi, des sacrements, des charismes, que pour la sainteté subjective des chrétiens. C’est ce que professe l’article du Symbole des Apôtres: «Je crois en la communion des saints», c’est-à-dire la communion des hommes saints.

Chaque saint est pour la croissance et l’unité de tout le corps de l’Église; chaque saint est conscient que sa tâche est une mission de l’Église. Les saints sont des figures complètes, ils vivent de la passion humaine et chrétienne, du désir du surnaturel, mais aussi de la faim et de la soif de justice, de l’amour de Dieu et de la solidarité pour chaque frère. Le peuple chrétien perçoit intuitivement la crédibilité de la foi en Jésus-Christ, en se référant à la fois à son histoire biographique et à sa présence continue dans l’Église, en particulier dans les saints.

Source: VATICANNEWS, le 31 mai 2021

Sept nouveaux vénérables reconnus par l’Église

Le cardinal Semeraro, préfet de la congrégation pour la Cause des Saints
Card. Marcello Semeraro, préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints

Sept nouveaux vénérables reconnus par l’Église

Le Pape François a autorisé la congrégation pour la Cause des Saints à publier les décrets reconnaissant les vertus héroïques d’un archevêque, de trois prêtres dont un Suisse, et de trois religieuses décédées du virus Ebola en République démocratique du Congo. 

Vatican News

C’est à l’issue d’un entretien ce mercredi 17 mars avec le préfet de la congrégation pour la Cause des Saints, le cardinal Marcello Semeraro, que le Pape François a autorisé la publication de ces décrets. Sont donc reconnues les vertus héroïques de Mercurio Maria Teresi, archevêque de Monreale, en Sicile, né le 10 octobre 1742 et décédé le 18 avril 1805.

Trois prêtres diocésains sont désormais reconnus vénérables: Cosma Muñoz Pérez, fondateur de la congrégation des Filles du Patronage de sainte Marie, né en 1573 à Villar del Rio en Espagne, et décédé à Cordoue le 3 décembre 1636 ; Salvador Valera Parra, lui aussi espagnol, né le 27 février 1816 à Huércal-Overa et mort dans cette même ville le 15 mars 1889. Enfin ont été reconnues les vertus héroïques du prêtre suisse Léon Veuthey, au siècle Clovis, de l’ordre des Frères mineurs conventuels, né le 3 mars 1896 à Dorénaz et mort à Rome le 7 juin 1974.

Les derniers décrets de la congrégation reconnaissent enfin les vertus héroïques de trois religieuses italiennes mortes du virus Ebola à Kikwit, en République démocratique du Congo au mois de mai 1995. Appartenant à la congrégation des Sœurs des pauvres de Bergame, elles opéraient dans la ville de Kikwit, dans la province de Kwilu, à l’est de Kinshasa, la capitale congolaise. Il s’agit donc d’Annelvira Ossoli, au siècle Celeste Maria, née le 26 août 1936 à Orzivecchi, en Italie, de Vitarosa Zorza, au siècle Maria Rosa, née le 9 octobre 1943 à Palosco, en Italie, et de Danielangela Sorta, au siècle Anna Mariam née le 15 juin 1947 à Bergame, en Italie. Trois de leurs consoeurs avaient fait l’objet d’autres décrets le 20 février dernier.

Ces sept serviteurs et servantes de Dieu deviennent donc vénérables, dernière étape avant de devenir bienheureux. Il faut pour cela qu’un miracle soit maintenant reconnu.

Source: VATICANNEWS, le 18 mars 2021