NIGER – « Une génération entière grandit entourée de mort et de destruction » en raison de la violence djihadiste

NIGER – « Une génération entière grandit entourée de mort et de destruction » en raison de la violence djihadiste

Niamey (Agence Fides) –  » Dans la région de Tillabéri au Niger, une génération entière grandit entourée de mort et de destruction « , dénonce Matt Wells, Directeur Adjoint d’Amnesty International pour les interventions d’urgence. Tillabéri est une région de 100 000 kilomètres carrés située dans l’ouest du Niger, à la frontière du Mali et du Burkina Faso. « Les groupes armés ont attaqué à plusieurs reprises les écoles et les réserves alimentaires, et ciblent les enfants pour les recruter », explique le responsable de l’ONG, qui accuse deux organisations djihadistes : l’État islamique du Grand Sahara (Isgs) et le groupe Jama at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (Jnim), affilié à Al-Qaïda.


 » La zone des « trois frontières » (Niger, Burkina Faso et Mali) est parmi les plus dangereuses du Sahel « , confirme depuis Niamey à l’Agence Fides le père Mauro Armanino, missionnaire de la Société des missions africaines (SMA). Le père Armanino cite un vieil habitant de la région de Dolbel qui dit que « l’on vit dans la peur. Les gens écoutent le bruit éventuel des motos que seuls les djihadistes conduisent à volonté ».

« Il y a quelques jours, selon son récit, poursuit le père Armanino, une centaine de motos ont traversé les villages proches de Dolbel et de Fantio, semant la terreur et forçant les agriculteurs et les éleveurs à leur payer les taxes « dues ». Les gens ne dorment pas la nuit et pendant la journée, ils vont aux champs pas trop tôt et reviennent avant la tombée de la nuit, pour ne pas être surpris par les « bandits » ».

« Les chrétiens ne sont pas les seuls à être leurs cibles privilégiées, même si les communautés chrétiennes de la région ont suspendu toutes les prières et les réunions publiques », précise le missionnaire.


Le père Armanino confirme que le climat de terreur a un impact dévastateur sur la vie de la population locale, notamment des jeunes. « Les gens prient en famille pour que la nuit passe vite et qu’il n’y ait pas d’incursions inattendues. Les jeunes étudiants n’ont pas envie de rester dans les villages. Les garçons et les enfants peuvent être enrôlés dans les combats et les filles forcées à se marier avant l’heure ». 


Selon la base de données sur les conflits armés (ACLED), citée dans le rapport d’Amnesty, les violences contre les civils au Niger ont fait 544 morts entre le 1er janvier et le 29 juillet 2021, contre 397 en 2020. Quelque 60 enfants ont été tués du côté nigérian des trois zones frontalières, ajoute Amnesty, qui cite plusieurs témoignages d’adolescents survivants.

Source: Agence Fides, le 14 septembre 2021

Birmanie : l’armée réquisitionne et profane deux églises

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DH Saragih I Shutterstock – Église baptiste saint Emmanuel de Rangoun (Birmanie).

Birmanie : l’armée réquisitionne et profane deux églises

Plongée dans le chaos depuis le coup d’État du 1er février 2021, la Birmanie est le théâtre de violents affrontement entre l’armée et les opposants. Fin août, l’armée birmane a réquisitionné et profané deux églises située dans l’État de Chin, dans l’ouest du pays. L’Église, parce qu’elle se place du côté des plus faibles et des plus démunis, se trouve régulièrement prise pour cible.

Après les prêtres arrêtés c’est au tour des églises d’être réquisitionnées et profanées en Birmanie. Fin août, l’armée birmane a réquisitionné et profané deux églises, l’église catholique Saint-Jean et une église baptiste, dans le village de Chat, toutes deux situées dans l’État de Chin, dans l’ouest du pays. Le diocèse de Hakha où se situent les deux édifices a confirmé le 31 août que les militaires ont saisi les lieux de culte et ont installé leur quartier général à l’intérieur des deux églises.

Ils ont ouvert le tabernacle, pris les hosties consacrées et les ont jetées par terre, les piétinant et les pillant.

« C’est exécrable. Les militaires ont réquisitionné l’église pour leur usage. Ils ont ouvert le tabernacle, pris les hosties consacrées et les ont jetées par terre, les piétinant et les pillant », a dénoncé le père John Aung, curé de l’église Saint-Jean, auprès de Fides. « Ils ont détruit toutes les armoires fermées à clé. Nous condamnons l’agression et la violence gratuite et la profanation de notre église, avec la violation flagrante de la liberté de culte ». « Les soldats ont détruit nos bibles, le mobilier de l’église, les générateurs électriques et les amplificateurs de son », a également indiqué, consterné, Shane Aung Maung, l’un des chrétiens du village. « Ils boivent de l’alcool à l’intérieur du bâtiment de l’église. Ils abattent le bétail et font cuire la viande dans l’église ».

Un vaste mouvement de désobéissance civile, né après le coup d’état du 1er févier 2021, est durement réprimé par l’armée. Quelque 1.000 civils auraient été tués depuis le coup d’état, a avancé mi-août l’ONG Assistance Association for Political Prisoners (AAPP). Le besoin urgent de sécurité et de nourriture pousse les familles à fuir après la destruction de leurs maisons. Sur place, les églises continuent tant bien que mal à servir les besoins spirituels et matériels des populations. Et parce que l’Église soutient les plus vulnérables, les déplacés et les plus faibles sans distinction aucune, elle est régulièrement, à travers ses prêtres, ses religieuses et ses églises, prise pour cible par l’armée birmane. Dans le pays qui compte au total à peine plus de 6% de chrétiens (et moins de 3% de catholiques), l’Église catholique a bien évidemment un rôle limité. Mais un rôle qu’elle tient à assumer. 

Source: ALETEIA, le 2 septembre 2021

« Priez pour moi » : la dernière lettre de sœur Gloria, otage au Mali

GLORIA CECILIA NARVÁEZ ARGOTY
Franciscanas de Maria Inmaculada

« Priez pour moi » : la dernière lettre de sœur Gloria, otage au Mali

Enlevée au Mali il y a plus de quatre ans, la religieuse colombienne Gloria Cecilia Narváez serait encore en vie. Dans une lettre datée du 3 février 2021 et rendue publique ce jeudi 8 juillet, elle en appel au soutien de la prière.

Les nouvelles de sœur Gloria Cecilia Narváez se font extrêmement rares. Missionnaire colombienne enlevée au Mali il y a quatre ans et cinq mois à Karangasso, dans le sud du Mali, elle serait aujourd’hui entre les mains d’un nouveau groupe de ravisseurs. Dans un message datant du 3 février 2021 adressé à la Croix-Rouge, reçu par son frère Edgar Narváez en mai et rendu publique par l’AED jeudi 8 juillet, la religieuse donne quelques signes de vie. « J’envoie à tous mes plus chaleureuses salutations. Que Dieu les bénisse et leur accorde la santé. Je suis prisonnière depuis quatre ans, et maintenant je fais partie d’un nouveau groupe. […] priez pour moi ». Le message est bref mais témoigne de la douceur de sœur Gloria, constamment tournée vers son prochain.

Je lance un appel du fond du cœur : ne l’oublions pas !

Les dernières nouvelles dataient d’octobre 2020, lors de la libération de la Française Sophie Pétronin qui fut sa codétenue. Libéré en octobre 2020 lui aussi après deux ans de détention, le père Pier Luigi Maccalli, de la Société des missions africaines (SMA), a également lancé un appel à la libération de sœur Gloria début juin. « Je lance un appel du fond du cœur : ne l’oublions pas ! », avait-il déclaré.

Dans un entretien accordé à l’AED, le frère de la religieuse avait indiqué qu’il lui avait déjà écrit pour lui annoncer le décès de leur mère, Rosita Argoti de Narváez, âgée de 87 ans. Elle ne « pouvait plus supporter la tristesse et le désespoir », a-t-il expliqué. Aux dernières nouvelles sœur Gloria était n otage par des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim).

Enlevés, portés disparus… on est sans nouvelle de ces missionnaires :

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Enlevés, portés disparus… on est sans nouvelle de ces missionnaires
Père Joël Yougbaré (Burkina Faso)

Source: ALETEIA, le 9 juillet 2021

Prière pour les otages :

Seigneur,

sur les cinq continents, en haine de la foi,

tant de chrétiens sont menacés, persécutés.

Nous te prions particulièrement

pour ceux qui sont retenus en otage.

Animés du seul désir d’aimer, ils ont risqué leur vie

pour témoigner de ton amour et acceptent pour toi d’endurer violence,

privation et mépris.

Nous te confions aussi leurs ravisseurs,

aveuglés par la haine et la violence.

Que le témoignage de foi de leurs victimes

les mènent sur un chemin de conversion.

Vierge Marie,

toi qui la première éprouvas dans ta chair le glaive,

invoque pour nous l’Esprit de force,

qu’il éloigne de nous la peur, la honte, la lâcheté,

qu’il renouvelle notre foi et nous donne le désir de témoigner,

en toutes circonstances, que le Christ est Seigneur.

Amen

Niger : une attaque djihadiste vient d’avoir lieu

Attaque au Niger, capture Zenit / AED

Niger : une attaque djihadiste vient d’avoir lieu

Fantio et Dolbel, deux villes de la région de Tillabéri, dans le sud-ouest du Niger ont subi une attaque djihadiste. Les survivants de l’attaque ont fui vers la région de Dori au Burkina Faso. C’est un groupe de femmes avec de jeunes enfants et des bébés. Selon ces témoins des attentats, les terroristes ont attaqué les lieux à deux reprises, tuant les hommes. Les deux villes ont été abandonnées par le reste des habitants.

À Fantio, les djihadistes ont jeté la statue de la Vierge Marie, des livres liturgiques et des instruments de musique et les ont brûlés. Ils ont ensuite profané le Saint-Sacrement en répandant les hosties sacrées sur le sol et en brûlant enfin l’église. C’est la troisième paroisse de cette partie du Niger qui a été abandonnée en raison d’attentats terroristes et d’incursions de groupes extrémistes.

Les rescapés des attaques fuient vers Niamey, se réfugient dans la paroisse de Téra, ou traversent la frontière vers le diocèse de Dori au Burkina Faso.

Les groupes terroristes islamistes ont commencé à étendre leur influence au Burkina Faso et au Niger en 2015. Selon le rapport de l’AED sur la liberté religieuse dans le monde, la région est devenue l’un des points chauds du djihadisme militant en Afrique. Entre-temps, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du Burkina Faso est passé à environ un million.

Source: Aide à l’Église en Détresse, le 2 juillet 2021

Le clergé de Xinxiang décimé par le gouvernement chinois

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P.RAZZO/CIRIC – Messe dominicale dans l’église Notre Dame de Chine, Paris.

Le clergé de Xinxiang décimé par le gouvernement chinois

Les autorités chinoises ont arrêté entre le 20 et le 21 mai à Xinxiang, dans le nord de la Chine, un évêque nommé par le Vatican ainsi que sept prêtres et dix séminaristes.

Nouvelle vague de répression en Chine. Alors que le monde a prié ce 24 mai pour l’unité des chrétiens en Chine, Pékin durcit les persécutions à l’égard des catholiques. En deux jours, le 20 et le 21 mai, les autorités ont arrêté un évêque, sept prêtres et une dizaine de séminaristes. Il s’agit de Mgr Joseph Zhang Weizhu, 63 ans, évêque de la préfecture apostolique de Xinxiang. Située dans le nord du pays, elle compte environ 100.000 fidèles. Évêque depuis 1991, il est reconnu par le Saint-Siège mais pas par le gouvernement chinois et est donc, à ce titre, considéré comme un criminel.

Une centaine de policiers mobilisés

Dix prêtres ont également été arrêtés car considérés comme criminels et parce qu’ils ont refusé de signer l’adhésion à l’Association patriotique des catholiques chinois (APCC), séparée de Rome, ainsi que la soumission au Parti communiste chinois (PCC). L’arrestation s’est déroulée à Shaheqiao, dans la province du Hebei, au sud de Pékin. Une dizaine de séminaristes ont également été arrêtés et remis à leur famille avec interdiction de poursuivre leurs études ecclésiastiques. Plus de 100 policiers ont été mobilisés pour participer à cette opération.

Plusieurs sources rapportent que la police, à la recherche des prêtres, a également fait du porte à porte afin de fouiller les logements. Ceux qui y ont découvert des signes attribuables à la foi catholique (croix, statues, images pieuses, photos du Pape…) ont donné une amende à leurs propriétaires et les objets ont été saisis et détruits.

Pour mémoire, depuis quelques mois Pékin a mis en œuvre une nouvelle réglementation autorisant les activités religieuses, y compris les séminaires, à condition qu’elles se tiennent dans des lieux enregistrés et contrôlés par le gouvernement. Les membres du clergé ne peuvent exercer leur ministère qu’à condition d’adhérer à l’APCC et de se soumettre au PCC.

Source: ALETEIA, le 25 mai 2021

Conflit au Tigré : un monastère du VIe siècle bombardé et pillé

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Shutterstock – Monastère de Debre Damo, Éthiopie.

Conflit au Tigré : un monastère du VIe siècle bombardé et pillé

Fondé au VIe siècle, le monastère de Debre Damo situé dans la province du Tigré (Éthiopie) a été partiellement détruit début février par des troupes érythréennes. Un moine aurait également été assassiné.

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Les rares nouvelles en provenance de la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, sont chaque jour plus douloureuses. Aux pertes humaines s’ajoutent désormais des pertes culturelles. Plusieurs sources rapportent que le monastère de Debre Damo a été détruit début février par des troupes érythréennes. Ces dernières, après avoir bombardé le monastère, aurait grimpé jusqu’à l’édifice afin de piller les manuscrits et les archives.

Monastère éthiopien orthodoxe, Debre Damo a été fondé au VIe siècle sur une plateforme rocheuse à plus de 2.200 mètres d’altitudes. Il est uniquement accessible à l’aide de cordes. La tradition prêtre à Za-Mikael Aragewi, l’un des neufs saints venus de l’empire byzantin pour évangéliser le royaume d’Aksoum, sa création.  La destruction partielle du monastère, tout comme celle de la mosquée al-Nejashi, l’une des plus anciennes mosquées du continent, a été fermement condamnée par le conseil des institutions religieuses du Tigré (qui représente les églises orthodoxe, catholique, évangélique et les musulmans, ndlr).

80% de la population coupées d’aide humanitaire

Dans la ville d’Adigrat, également située au Tigré, ce sont des bandits qui ont profité du chaos qui règne actuellement pour piller la mission des Missionnaires d’Afrique, rapporte l’association SOS Chrétiens d’orient qui travaille avec elle depuis deux ans. Un des prêtres orthodoxes de la communauté des Missionnaires d’Afrique a rapporté qu’au moins un moine de Debre Damos aurait été assassiné.

Le Tigré est le théâtre d’affrontements depuis que le Premier ministre Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre une opération militaire contre les forces du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui gouvernait alors cette région et contestait l’autorité fédérale depuis plusieurs mois. Si l’Érythrée et l’Éthiopie nient que des soldats érythréens soient impliqués dans le conflit du Tigré, leur présence a été relatée par des habitants, des travailleurs humanitaires et même certains responsables civils et militaires de la région.

Coupé d’internet depuis le début du conflit, peu d’informations circulent sur le nombre de victimes et l’ampleur des dégâts mais le nombre de morts se compte en milliers, assure l’International Crisis group, une ONG basée en Belgique. L’agence humanitaire des Nations Unies a indiqué il y a quelques jours qu’une « grande partie des zones rurales, où vivaient 80% de la population avant le conflit, restent coupées de l’aide humanitaire ».

Découvrez en images le monastère Debre Damo : cliquez ici pour ouvrir le DIAPORAMA

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Source: ALETEIA, le 18 février 2021

Pakistan : réduite en esclavage avant d’être placée dans un refuge, Farah a rejoint sa famille

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Aid to the Church in Need – Farah Shaheen

Pakistan : réduite en esclavage avant d’être placée dans un refuge, Farah a rejoint sa famille

Libérée fin décembre 2020 après avoir passé cinq mois réduite en esclavage où elle a été convertie et mariée de force à un musulman d’une quarantaine d’années, Farah Shaheen, chrétienne pakistanaise de 13 ans, vivait depuis dans un refuge géré par le gouvernement. Elle a été autorisée à rejoindre sa famille.

C’est une nouvelle étape sur le chemin de guérison de Farah Shaheen. Chrétienne pakistanaise âgée de 13 ans, la jeune fille a été autorisée par le tribunal de Faisalabad, dans la province du Pendjab, à rejoindre sa famille. Une bonne nouvelle pour ses parents qui luttent depuis des mois pour la libération de leur fille.

Farah Shaheen a été enlevée le 12 juin 2020 par un homme âgé de 45 ans, Khizar Ahmed Ali. Ce dernier, après l’avoir forcé à se convertir à l’islam, l’a épousé. Commence alors une vie de terreur pour la fillette. « Elle a été agressée sexuellement par son ravisseur et violée à plusieurs reprises par d’autres hommes », rapporte Asif Masih, son père, dans un témoignage à l’AED. Tout au long de ces cinq mois, Farah Shaheen est enchaînée et forcée à travailler toute la journée dans un enclos à bétail.

Après une première alerte lors de son enlèvement en juin 2020, ses parents n’ont eu de cesse de se battre pour retrouver sa fille. L’affaire est finalement enregistrée après trois mois et il aura fallu attendre cinq mois pour que la police intervienne. Libérée, elle était placée depuis fin décembre 2020 dans un centre d’hébergement géré par le gouvernement le temps d’éclaircir l’affaire. Dans son jugement rendu il y a quelques jours, le tribunal de Faisablad a finalement déclaré qu’ »étant donné que le mariage entre Farah Shaheen et Khizar Hayat [son agresseur, ndlr] n’a pas été enregistré et que le Nikah [contrat de mariage] n’a pas été vérifié par le Conseil de l’Union concerné, elle ne peut pas être maintenue à Dar ul Aman [la maison d’hébergement] pour une durée indéterminée ».

Source: ALETEIA, le 17 février 2021

NIGER – Témoignage d’un chrétien enlevé par des djihadistes

NIGER – Témoignage d’un chrétien enlevé par des djihadistes

Le Père Mauro Armanino SMA, missionnaire au Niger, a envoyé à l’Agence Fides le témoignage suivant du calvaire vécu par un paysan chrétien originaire de la même zone dans laquelle le 17 septembre 2018 a été enlevé son confrère, le Père Pierluigi Maccalli.


« Ils lui ont dit de choisir l’arme avec laquelle il aurait été tué : sa machette ou bien leurs kalachnikovs. Il leur a répondu qu’il ne voudrait jamais être tué avec son instrument de travail bien aimé et qu’il préférait leur arme. Ils l’ont donc pointé contre lui et lui a fait un signe de croix. Le militant djihadiste a abaissé son arme et lui a demandé s’il était chrétien. Ayant reçu une réponse affirmative, il lui a été dit que, pour prendre la décision finale, ils auraient dû attendre leur chef. Arrivé sur place quelques jours plus tard, le chef l’a interrogé sur l’usage du téléphone portable. S’il avait appelé les militaires ou la police parce que cela lui aurait coûté la vie. Il a répondu que lui, pauvre paysan, n’a pas de contact avec les militaires mais qu’il avait simplement salué un ami. Après avoir contrôlé son téléphone, les djihadistes l’ont épargné et conduit, après des heures de voyage dans la forêt, jusqu’à un groupe de prisonniers.


Les otages étaient nombreux, musulmans et chrétiens. Ces derniers, contrairement aux autres, étaient ligotés, battus et menacés. Les musulmans, d’autre part, étaient libres de se déplacer et même de prier aux heures fixées. Il a enfin été relâché et a marché pendant une demi-journée jusqu’à son village, à la frontière avec le Burkina Faso. Il avait été arrêté plus d’un mois auparavant alors quil portait chez lui des branches coupées pour réparer sa grange. Les groupes armés de la zone ont en effet interdit aux paysans de couper des arbres. Il ne s’agit pas d’un esprit écologiste mais simplement de survie puisque les militants de ces groupes trouvent refuge dans ce qui reste de la forêt drue existant par le passé. Il a pu justifier la coupe des branches ainsi que l’usage du téléphone portable.


Il est donc revenu dans son village où les chrétiens du cru, au sein d’une communauté desservie par le Père Carlos, SMA, doivent par sécurité changer les heures des prières chaque Dimanche. Le prêtre diocésain chargé de la Paroisse Bienheureux Charles de Foucauld ne réside pas sur place et peut célébrer seulement occasionnellement avec la communauté. Voici quelques jours, pour la deuxième fois en quelques jours, le siège de la Paroisse de Bomoanga, celle-là même de laquelle avait été enlevé le Père Maccalli, a reçu la visite de jeunes armés. Apparemment, ils étaient à la recherche de nourriture et autre matériel utile pour le groupe. Tout cela arrive à une centaine de kilomètres de la capitale, Niamey, de laquelle les occidentaux ne peuvent plus sortir sans escorte. Le second tour des élections présidentielles se tiendra dans moins d’un mois ».

Source: Agence Fides, le 28 janvier 2021

Les chrétiens du Nigeria gardent la foi au milieu de l’insurrection et des persécutions persistantes

Les chrétiens du Nigeria gardent la foi au milieu de l’insurrection et des persécutions persistantes

19 janvier 2021

Chaque dimanche matin à 8 heures, Daniel Musa, 32 ans, se précipite à l’église, à un demi-kilomètre de sa maison dans le quartier de Polo à Maiduguri, sa bible à la main droite. En semaine, il s’assure que rien ne l’empêche d’assister aux offices de milieu de semaine, même dans cette ville qui a été attaquée à plusieurs reprises par le redoutable Boko Haram depuis 2002.

Sa première rencontre avec les insurgés a eu lieu le 6 janvier 2012, juste après la célébration du Nouvel An à Maiduguri. Il a commencé à entendre des cris de différentes tonalités résonnant de l’extérieur de sa maison. Il a ouvert sa porte pour savoir ce qui se passait, mais n’a rien trouvé. « Je suis donc allé chercher des paquets de nouilles pour le dîner », raconte-t-il. « Sur le chemin du retour, deux de mes amis chrétiens ont couru vers moi sans savoir qu’ils étaient suivis par trois membres du groupe redouté. Ils nous ont rattrapés, nous ont encerclés et en ont éliminé un d’une balle dans la tête », rapporte-t-il. De retour dans sa ville natale de Goza – autrefois contrôlée par les insurgés de Boko Haram – son oncle maternel, Joseph Aga, a été coupé en morceaux et laissé pour mort. « Ils l’ont molesté et l’ont laissé pour mort alors que tout le monde autour fuyait pour se mettre à l’abri. » a déclaré Musa au Catholic Herald.

Le Nigeria est divisé de façon à peu près égale : un peu plus de la moitié des 206 millions d’habitants du pays sont musulmans, un peu moins de la moitié sont chrétiens. Dans la partie nord du pays, l’islam est la religion dominante, tandis que le christianisme est présent dans le sud – mais la plupart des meurtres ont lieu dans la zone centrale du Nigeria, où les deux moitiés du pays se rencontrent. Si la religion n’était pas à l’origine une question liée au conflit au Nigeria, elle est passée au premier plan. 

Les questions qui ont initialement catalysé le conflit dans certaines régions du Nigéria étaient la politique, l’économie et l’ethnicité. C’est une question complexe, et sans doute encore plus aujourd’hui. Le Nigéria est un pays profondément religieux, dans lequel de nombreux citoyens ont des opinions très fortes sur la religion et s’identifient même à elle. Lorsque l’insurrection de Boko Haram a débuté en 2002, elle était considérée comme un mouvement djihadiste visant à établir un ordre islamique dans le nord. La persécution des chrétiens est devenue de plus en plus une politique pour de nombreuses factions du Boko Haram, en particulier après que son fondateur, Yusuf Muhammed, ait été tué par la police nigériane alors qu’il était en détention en 2009. 

L’année dernière, le Nigeria s’est classé troisième dans l’index mondial du terrorisme parmi 163 pays, une position qu’il conserve depuis 2015. Boko Haram, un groupe terroriste opérant principalement au Nigeria, est l’une des principales raisons de ce classement. Les facteurs qui ont produit le Boko Haram sont nombreux, ce qui rend difficile de comprendre pourquoi l’organisation terroriste mène une guerre contre le gouvernement et les croyants religieux qui ne s’alignent pas sur son idéologie : L’islamisation. Le groupe s’est également scindé, certaines factions ayant des liens avec d’autres organisations terroristes internationales et menant une guerre contre les croyants non islamiques dans tout le nord du Nigeria.

Le père Aniedi Okure, prêtre catholique et directeur exécutif de l’Africa Faith and Justice Network, affirme que la perception qu’a Boko Haram des chrétiens comme agents de l’occidentalisation a fait des chrétiens une cible. « Cela montre », a-t-il déclaré au Catholic Herald, « qu’ils enlèvent des jeunes filles et les convertissent à l’Islam, les vendent comme épouses de l’autre côté de la frontière et les utilisent comme kamikazes ». « Nous avons également l’exécution publique de pasteurs et de dirigeants chrétiens qui ont été décapités, et l’enlèvement de Leah Sharibu, une écolière chrétienne de Dapchi qui est toujours en captivité pour avoir refusé de renoncer à sa foi chrétienne ».

Alors que le Nigeria s’apprêtait à se rendre aux urnes pour choisir un président qui gérerait les affaires du pays jusqu’aux élections générales de 2015, des accusations et contre-accusations ont été lancées contre l’ex-président Goodluck Jonathan, un chrétien, comme étant responsable de l’insurrection de Boko Haram. L’équipe de campagne du président Muhammadu Buhari a monté ce cheval de bataille pour vaincre Jonathan. Cinq ans plus tard, l’insurrection et le banditisme se poursuivent sans relâche.

Le Dr Leo Igwe, spécialiste des questions religieuses et président de l’Association humaniste, affirme qu’il y a eu une compétition entre le christianisme et l’islam dans le nord « et cette compétition a été politique, sociale et économique, elle a impliqué l’utilisation d’armes par des zélateurs musulmans. Le mouvement jihadiste est devenu une aile militaire non étatique des efforts des musulmans pour supprimer, opprimer et persécuter les chrétiens ».

« Boko Haram a été armé par les musulmans pour promouvoir leur religion, combattant ainsi le christianisme, en supprimant et en persécutant les non-musulmans », a déclaré le Dr Igwe au Catholic Herald. (…) Le chercheur sur les conflits violents, Idris Mohammed, n’est pas d’accord : « Lorsque vous observez de manière critique les activités du Boko Haram », dit-il, « vous vous rendez compte qu’ils ciblent tous ceux qui ne sont pas en accord avec leur idéologie, la majorité de leurs victimes sont des musulmans, en particulier ceux qui, selon eux, ne soutiennent pas leur campagne ». Mohammed a cité les nombreux centres de culte – y compris les mosquées et les églises – que les insurgés ont rasés. « Ils visaient tous ceux qui sont contre leur idéologie », a-t-il expliqué. « Tout musulman qui ne croyait pas en leur idéologie est un infidèle », a-t-il déclaré. « Ils se battent pour leur idéologie », a-t-il dit.

Le père John Bakeni, secrétaire général du diocèse catholique de Maiduguri, dans l’État de Borno, affirme que la persécution des chrétiens est plus ou moins systémique et qu’elle est ancrée dans les structures gouvernementales et politiques depuis plus de dix ans. « Nous avons vu des violences et des agressions typiques sur les vies et les propriétés des chrétiens », a déclaré le père Bakeni au Herald, « en particulier dans les lieux de culte. C’est notre foi qui nous a maintenus en vie, et c’est notre espoir et nos convictions dans notre propre croyance ». « Il y a eu beaucoup d’enlèvements forcés de nos fils et de nos frères, ainsi que des mariages de nos filles », a-t-il poursuivi. « Ce sont les problèmes avec lesquels nous vivons depuis des décennies, et des voix se sont élevées contre cela dans certains milieux, et nous, en tant que dirigeants chrétiens, avons essayé de faire avancer la partie relation et dialogue ». « Pour moi, c’est plus productif », nous a dit le père Bakeni, « mais la réalité demeure : la persécution est calculée, délibérée et systémique ».

Le diocèse de Maiduguri comprend tout l’État de Borno, Yobe et une partie de l’Adamawa, tous situés dans le nord-est du Nigeria. C’est le plus grand en termes de superficie. Mais en termes de population, le diocèse compte environ 300 000 catholiques, selon le père Bakeni. « Nous vivons de la générosité des gens et nous utilisons nos ressources pour répondre aux besoins humanitaires des chrétiens déplacés, y compris les musulmans et les non-chrétiens ; nous nous concentrons sur l’aspect humain, pas sur la religion ». Le père Bakeni a déclaré.

En 2015 et 2016, le diocèse catholique de Maiduguri a enregistré plus de 90 000 catholiques déplacés dans le nord-est ; plus de 60 000 d’entre eux vivaient à Minawao au Cameroun, et sont retournés et réintégrés dans leur communauté de Pulka à Goza. Le diocèse de Maiduguri a dépensé plus de 150 millions de nairas (416 000 dollars américains) pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays, en utilisant ses propres fonds et les dons des diocèses du Nigeria et d’organisations étrangères. Le diocèse a également reçu des fonds d’autres organisations, dont MISSIO, l’organisation caritative officielle de l’Église catholique pour les missions à l’étranger. En 2017, l’Aide à l’Église en détresse a fourni une subvention de 75 000 dollars pour 5 000 veuves et 15 000 orphelins pris en charge par le diocèse. Le Catholic Relief Services fournit des uniformes scolaires, des manuels et des frais de scolarité aux enfants des écoles catholiques.

Sur les onze camps de déplacés chrétiens existants à Borno, un a été créé par l’Église catholique. Le diocèse de Maiduguri dispose également de fonds pour l’éducation de certains des enfants afin qu’ils puissent retourner à l’école, et parraine plus de 200 élèves dans des écoles de différents niveaux.  Jusqu’à présent, plus de 100 000 catholiques, plus de 250 catéchistes, prêtres et religieuses ont été déplacés, et plus de 200 paroisses, notamment dans la partie nord de l’Adamawa et dans le nord de Borno, ont été détruites.

Le secrétaire du diocèse affirme que l’attaque contre les prêtres, les catéchistes et les religieuses est effrayante. « Quand on l’envisage sous l’angle de la foi, on le voit comme un appel au martyre. Donc, cela ne nous vient pas comme quelque chose d’entièrement nouveau. Beaucoup d’entre nous ont souffert au cours de l’histoire de l’Eglise et ce n’est pas quelque chose qui est propre aux autres Nigérians. Nous vivons préparés et voyons chaque jour comme une grâce ».

Le père Bakeni, cependant, affirme que les catholiques ne sont pas découragés. « Personne ne peut arrêter l’Evangile du Christ », a-t-il dit. « Ce n’est pas un projet humain, mais un projet divin qui ne peut être arrêté. » « Nous sommes conscients que c’est un terrain difficile et exigeant », a déclaré le père Bakeni, « mais nous continuerons à propager l’Évangile. »

(*) Valentine Iwenwanne (@valentineiwen) est une journaliste et photographe basée au Nigeria qui couvre la santé mondiale, le développement et l’environnement. Ses travaux ont été présentés dans Vice News, Ozy, The National News, Equal Times, CNN Africa, Byline Times, Sojourners et bien d’autres.

Source:

Catholic Herald , le 19 janvier 2021

Belgicatho, le 26 janvier 2021

TURQUIE – Antique église arménienne de Kütahya rasée

TURQUIE – Antique église arménienne de Kütahya rasée

L’antique église arménienne de Saint Toros sise à Kütahya, remontant avant le XVII° siècle et n’étant plus utilisée pour le culte depuis longtemps, a été rasée après avoir été acquise par des particuliers. C’est ce qu’indique la publication bilingue arménien turc Agos, ayant son siège à Istanbul, citant des sources locales.

L’église, selon les recherches historiques d’Arshag Alboyaciyan, avait été reconstruite au début du XVII° siècle après avoir été détruite par un incendie et était connue pour conserver une roche qui, selon des traditions locales, porterait l’empreinte du cheval de Saint Toros.

Les femmes turques frappées de maladies – indiquent des études dédiées aux usages locaux – avaient l’habitude de s’asseoir sur cette pierre – qu’elles estimaient dotée de propriété thaumaturgiques – et de demander aux prêtres arméniens de leur lire des passages de la Bible afin de demander la guérison.


Avant 1915, quelques 4.000 arméniens résidaient dans la ville de Kütahya et dans la province homonyme. A Kütahya, se trouvaient trois églises arméniennes. Après le Génocide arménien, les habitants arméniens de cette région enregistrés lors du recensement de 1931 étaient seulement 65.


Au cours des décennies suivantes, les rares arméniens de Kütahya se sont transférés à Istanbul ou ont émigré à l’étranger. L’église de Saint Toros, avant d’être démolie, a été longtemps utilisée comme salle de projection pour les film ou pour la célébration de banquets de noces. Elle devait être préservée de la démolition sur la base d’une disposition du Conseil pour la protection des biens culturels de la région de Kütahya.

Source: Agence Fides, le 27 janvier 2021