UKRAINE : UN SÉMINAIRE CATHOLIQUE DÉVASTÉ PAR LES MILITAIRES RUSSES

Statue de Notre-Dame de Fatima jetée à terre par des pillards russes

Pas même un séminaire n’est épargné par les pillages et les destructions à Vorzel, en Ukraine.

« Ils ont pris presque tout ce qui peut être vendu. Des climatiseurs, des machines à laver, des ordinateurs, des routeurs, des équipements de cuisine… … même les vieilles baskets du recteur, avec lesquelles il aimait courir », explique l’évêque du diocèse de Kiev-Zhytomyr, Vitaliy Kryvytsky.

« Ils ont volé tout ce qui pouvait être vendu : climatiseurs, machines à laver, routeurs, ordinateurs, et même les baskets du recteur avec lesquelles il aimait courir. Et aussi des objets sacrés, dont un calice commémorant la Sainte Messe célébrée par Jean-Paul II en 2011. »

Le triste témoignage sur son profil facebook est celui de l’évêque du diocèse de Kiev-Zhytomyr, Vitaliy Kryvytskyi, où il décrit le pillage par les militaires russes du séminaire catholique de Vorzel. « Deux jours quand nous sommes retournés à notre séminaire à Vorzel. Son aspect est triste, mais il est gratifiant que tout le monde ait survécu. L’évacuation était nécessaire. Le séminaire a toujours été hospitalier, mais cette fois-ci, il n’a pas été paisible. Les pilleurs ont ouvert la porte pour entrer et ne pas ressortir les mains vides.

Ils ont pris presque tout ce qui pouvait être vendu. Des climatiseurs, des machines à laver, des ordinateurs, des routeurs, des équipements de cuisine … … même les vieilles baskets du Père Recteur, avec lesquelles il aimait courir. Il est peu probable que ces derniers soient vendus (…). D’autres prêtres et séminaristes ont également perdu de nombreux effets personnels.

Certains objets liturgiques ont également été volés, dont un calice commémorant la Sainte Messe présidée par St Jean Paul II en 2001 sur le « Seagull ».

Les barbares ont endommagé plusieurs voitures, mais ils sont en mouvement. Certaines salles sont endommagées par les explosions, mais nous remercions Dieu tout-puissant d’avoir sauvé notre Alma Mater de toute nouvelle destruction.

Il faut du temps pour que la vie au séminaire revienne. Il n’y a pas d’eau, de lumière, de gaz. Le recteur, le prêtre spirituel et les diacres sont déjà rentrés dans leurs maisons froides. Un groupe d’hommes sympathiques est arrivé et a accepté de partager ces conditions spartiates et d’aider à relancer le séminaire dès que possible. Merci sincèrement à tous pour votre courage et votre sacrifice !

Les personnes locales qui ont besoin d’aide arrivent déjà au séminaire. Merci pour les différents transports humanitaires que notre Caritas diocésaine a déjà envoyés.

Demain, dimanche des Rameaux, toutes les recettes de nos paroisses seront traditionnellement versées au séminaire diocésain. Merci d’avance pour tout don ! Nous aurons besoin de ces fonds pour rénover les installations et relancer la vie du séminaire, pour le bien de l’Église. Après tout, l’Ukraine, qui sera reconstruite après la guerre, aura également besoin de chefs spirituels – des prêtres. Priez pour que le Seigneur appelle ceux qu’il a choisis pour son ministère spécial. »

Source: VATICANNEWS, le 10 avril 2022

François-Xavier Bellamy dénonce la « folie » de vouloir supprimer le mot « Noël »

Devant le Parlement européen, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy s’est insurgé avec force contre le document de la Commission européenne invitant à ne plus utiliser le mot « Noël » au nom de l’« inclusion ». La vidéo de son intervention est devenue virale.


L’eurodéputé français François-Xavier Bellamy est intervenu en session plénière du Parlement européen le 15 décembre pour dénoncer un texte de la Commissionjj – retirée depuis – qui voulait supprimer le mot Noël… – © European Union 2021 – Source : EP/Philippe BUISSIN

Après le coup de gueule du Vatican le 30 novembre, c’est au tour du député européen François-Xavier Bellamy de s’indigner contre les « Lignes directrices de la Commission européenne sur le langage inclusif » suite à la publication puis au retrait du « guide du vocabulaire inclusif » de la commissaire européenne Helena Dalli. Celle-ci invitait fin novembre, au nom de l’inclusivité, à ne plus utiliser le mot Noël car trop connoté… Une « folie » qui conduirait à « détruire toute possibilité d’appartenir à une culture commune », a dénoncé François-Xavier Bellamy dans un discours très percutant lors d’un débat en session plénière du Parlement européen mercredi 15 décembre. L’eurodéputé français souligne le paradoxe de la Commission qui finance parallèlement une campagne proclamant que « la joie est dans le hijab ».

Le discours intégral de François-Xavier Bellamy 

« On peut se demander, écrivait Bernanos, on peut se demander s’il y aura encore longtemps des nuits de Noël, avec leurs anges et leurs bergers, pour ce monde si étranger à l’esprit d’enfance ». Incroyable mais vrai : le jour est arrivé. Il faut maintenant tenter de sauver Noël, que la Commission européenne semblait avoir prévu de condamner. La commissaire Dalli considère que le terme n’est pas assez « inclusif »…

Folie d’atteindre ainsi la haine des racines qui ont fait l’Europe. Madame Dalli l’a peut-être oublié : Noël n’est pas que le prétexte des « vacances d’hiver », comme elle dit. C’est le jour où est né le monde dont nous héritons, le début de notre ère, la référence à partir de laquelle nous comptons nos années. Madame Dalli, prétendez-vous nous retirer jusqu’à ce repère commun ?

Folie, parce que nier ce qui nous relie, c’est détruire toute possibilité d’appartenir à une culture commune, tout espoir d’assimilation, et ouvrir ainsi la voie à l’éclatement de nos sociétés, aux revendications communautaristes qui préparent les affrontements à venir. Le même mois, la Commission européenne condamne Noël parce qu’il faut être inclusif, et finance une campagne proclamant que « la joie est dans le hijab », parce qu’il faut être inclusif… Vous croyez que nous ne comprenons pas ? Quand vous nous appelez à éviter les prénoms chrétiens – à privilégier, je cite, « Malika plutôt que Maria » – vous n’attaquez pas des symboles superflus. Et je le dis ici à tous nos collègues qui seraient tentés de ne pas prendre ce problème au sérieux : vous attaquez ce qui unit l’Europe, et vous ouvrez la voie à toutes les fractures de demain.

Jean-Paul Sartre écrivait – Jean-Paul Sartre ! – : « Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche« . Et vous avez voulu nous retirer ce droit. Et vous n’êtes pas la première, Madame Dalli. Mais il faut assumer votre responsabilité : même si vous n’avez pas eu le courage de venir répondre ici [dans l’hémicycle], je sais que vous nous entendez. Vous avez tout fait pour nier l’Europe, et vous aviez pour mission de la servir. Mais c’est en vain. Folie, en effet, de croire que vous pouvez détruire cela. Toutes les madame Dalli de Bruxelles n’empêcheront jamais que le jour de Noël, les bureaux de la Commission seront vides à cause de l’infinie espérance dont parlait Hannah Arendt – preuve que Noël est inclusif – à travers ce qu’elle décrivait comme la plus grande des bonnes nouvelles, la bonne nouvelle des Évangiles : « un enfant nous est né ». Madame Dalli, nous parlons ici, mais en vérité nous n’avons pas besoin de sauver Noël : c’est Noël, cette année encore, qui nous sauvera, autant que durera l’Europe. Joyeux Noël. »À lire aussi

Source: FAMILLE CHRÉTIENNE, le 16 décembre 2021

Mgr Lebrun : « Le Royaume de nos désirs n’est pas facile à gouverner »

Diocèse de RouenMesse en hommage au père Jacques Hamel célébrée par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, le 26 juillet 2020.

Mgr Lebrun : « Le Royaume de nos désirs n’est pas facile à gouverner »

Dans son homélie prononcée ce dimanche lors de la messe célébrée en hommage au père Jacques Hamel, Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, a habilement rappelé la portée du sacrifice de ce prêtre tout en élargissant la réflexion à un autre sujet qui va animer les débats cette semaine : la bioéthique.

« Tous les peuples, toutes les sociétés, tous les groupes humains sont ainsi faits : ils sont habités par des désirs nombreux et parfois contradictoires, difficiles à gouverner ». C’est une homélie particulièrement d’actualité qu’a prononcé Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, lors de la messe célébrée en mémoire de la mort du père Jacques Hamel, assassiné il y a quatre ans par deux terroristes. Si ses mots donnent à réfléchir sur le geste des deux terroristes ayant ôté la vie au père Hamel mais aussi à celui du père Hamel qui a témoigné du Christ jusqu’au bout, il ouvre également la réflexion sur un sujet qui va particulièrement animer les débats cette semaine : la bioéthique. En effet, le projet de loi bioéthique, ouvrant notamment la PMA à toutes les femmes, est débattu à l’Assemblée nationale en deuxième lecture dès ce lundi.

« Des aspirations fortes de certains s’opposent à des convictions d’autres », reprend ainsi l’archevêque. « La protection de la santé et le désir de liberté cohabitent mal dans nos têtes. Le désir d’enfants de certains défie le droit universel de l’enfant à être protégé de toute manipulation et marchandisation. Le désir de justice ne concorde pas toujours avec le désir de non-violence ».

Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner et discerner le bien et le mal”(1 R 3, 9).

Frères et sœurs, la première lecture nous offre cette prière du roi Salomon, une belle prière qui plaît à Dieu:“Puisque c’est cela que tu as demandé, répond Dieu, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis … je fais ce que tuas demandé” (1 R 3, 11).

Monsieur le Ministre, mesdames et messieurs les élus et les hautes autorités civiles et militaires, est-il nécessaire de vous dire que les lectures de ce dimanche n’ont pas été choisies en raison de votre présence?

Frères et sœurs,accueillons la prière de Salomon comme notre prière. Essayons d’en comprendre la portée pour nous-mêmes.Salomon parle du peuple “si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer –c’est-à-dire en mesurer la valeur, la force, la bonté –ni le compter –c’est à dire le dénombrer. Et devant ce peuple, Salomon avoue –au moins à Dieu –qu’il ne sait pas comment se comporter, comment gouverner.

Tous les peuples, toutes les sociétés, tous les groupes humains sont ainsi faits : ils sont habités par des désirs nombreux et parfois contradictoires, difficiles à gouverner. Des aspirations fortes de certains s’opposent à des convictions d’autres. La protection de la santé et le désir de liberté cohabitent mal dans nos têtes. Le désir d’enfants de certains défie le droit universel de l’enfant à être protégé de toute manipulation et marchandisation.Le désir de justice ne concorde pas toujours avec le désir de non-violence.

Le Royaume de nos désirs n’est pas facile à gouverner. C’est vrai pour un maire, c’est vrai pour un curé de Paroisse. Oserais-je dire ici que la période la plus difficile dans le ministère du Père Jacques Hamel semble avoir été le temps où il fut curé de Paroisse ?

Le Royaume de nos désirs n’est pas facile à gouverner : nous en faisons chacun personnellement l’expérience. Comment faire ? Les croyants ont la grâce de pouvoir rendre à Dieu ce qui lui appartient : notre cœur, avec ses joies, ses peines, ses doutes. Et, cela sans se décharger sur Dieu. Salomon ne demande pas une réussite qui serait magique.Il demande «un cœur attentif»

Ce qui touche Dieu, c’est que Salomon met son cœur à disposition : “Donne à ton serviteur un cœur attentif”. Combien de fois, avons-nous raison, et seulement raison? Et ces raisons sans cœur peuvent produire de la violence y compris dans nos propres cœurs.

Les assassins du Père Hamel pensaient avoir raison. Et nous avons raison de penser qu’ils avaient tort. Mais où cela mène-t-il sinon à l’affrontement ou la vengeance ?

Or, il y a « le dessein d’amour de Dieu », pour reprendre l’expression de saint Paul (Rm 8, 28). C’est le trésor ou la perle qui gît au fond de nous, notre désir le plus vrai: le désir d’aimer et d’être aimé. Et ce dessein est le guide de notre vie, le guide de notre cœur, celui qui rejoint la grande profondeur de l’humanité. Il appelle à rejoindre le Fils, Jésus, « pour qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29). Tel est le véritable horizon de nos désirs à ordonner: voir dans toute personne, y compris celui qui assassine, un frère, une sœur.

Le fils, Jésus,trace ce chemin. Dans l’Évangile de ce jour Jésus donne un double critère à ce chemin : la joie et le choix.

Source: ALETEIA, le 26 juillet 2020 par Agnès Pinard Legry