Plus de deux mille martyrs victimes des « Rouges » lors de la guerre civile espagnole

CNS photo/Reuters – Durant la béatification au Vatican de 2007 martyrs de la guerre civiles espagnole, des étudiants portent les portraits de prêtres assassinés.

De Dawn Beutner sur The Catholic World Report:

Martyrs du communisme de la guerre civile espagnole

Il y a plus de deux mille martyrs de la guerre civile espagnole dans le calendrier actuel de l’Église, datant de 1934 à 1939.

23 juillet 2022

L’année 1936 marque le début d’une horrible guerre civile en Espagne.

Peut-être que, comme moi, vous ne vous souvenez pas d’avoir appris la guerre civile espagnole en cours d’histoire au lycée. Après tout, le nombre de victimes de la guerre civile espagnole semble faible (un million tout de même ! ndB) par rapport aux millions de morts de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que des nombreux autres conflits sanglants du XXe siècle. Il n’est pas surprenant que les manuels d’histoire se concentrent davantage sur les guerres aux causes plus simples et au bilan plus lourd.

Quels sont les événements qui ont conduit à la guerre civile espagnole ? En 1931, le roi d’Espagne s’est enfui en Angleterre, et le gouvernement qui a été mis en place peu après a été généralement décrit comme inefficace. Deux camps se sont formés pour tenter de prendre le contrôle du pays : les républicains et les nationalistes. Le reste de l’histoire est compliqué (1) mais mérite d’être compris.(2) Cependant, pour les catholiques fidèles d’Espagne, le choix était clair.

Les dirigeants républicains étaient en grande partie une alliance de socialistes, de communistes et d’anarchistes. Leur objectif premier n’était pas d’assurer la transition pacifique de leur pays vers un meilleur mode de vie pour tous les Espagnols, mais de mener une révolution violente qui renverserait le gouvernement en place et établirait une forme d’État communiste. Quels que soient les reproches que l’on puisse faire au leader nationaliste Francisco Franco et à son règne ultérieur en tant que dictateur fasciste de l’Espagne, pour les catholiques espagnols à l’époque de la guerre, il n’y avait pas de véritable alternative. Les Républicains suivaient le même plan de bataille que celui utilisé dans toutes les autres révolutions communistes, et l’une des tactiques les plus connues dans cette lutte était de tuer les chrétiens.

En Espagne, cela signifiait tuer les catholiques. Suivant la stratégie évidente selon laquelle il est plus efficace d’exécuter les dirigeants de ceux qui s’opposent à vous, plutôt que la base, les républicains ont particulièrement recherché toute personne portant une soutane ou un habit religieux.

C’est pourquoi le bienheureux Joan Huguet Cardona a été tué. Il n’avait été ordonné prêtre que depuis un mois lorsque les miliciens républicains sont entrés dans sa ville de Ferreries. Comme il portait une soutane, ils l’ont trouvé rapidement, l’ont arrêté, l’ont obligé à enlever sa soutane et lui ont ordonné de cracher sur un objet de dévotion (une sorte de chapelet) qu’il portait. Lorsqu’il a refusé de le faire, il a été abattu. Cela s’est passé le 23 juillet 1936.

Il est vrai que la persécution anticatholique sévissait dans tout le pays depuis plusieurs années, et on aurait pu s’attendre à ce que le pauvre jeune prêtre soit mieux préparé. Mais le supérieur d’un monastère passioniste dans la ville de Daimiel savait très bien que la situation était devenue dangereuse à cette même date du 23 juillet. Que pouvait-il faire pour protéger les autres prêtres et frères religieux passionistes, ainsi que les jeunes gens qui étudiaient pour devenir passionistes et qui étaient tous sous sa responsabilité ? Lorsque ce supérieur, le bienheureux Nicéforo de Jésus et Marie (né Vicente Diez Tejerina), entendit des hommes armés s’approcher alors que les passionistes étaient en prière ensemble, il les avertit qu’ils étaient face à leur propre Gethsémani et leur donna l’absolution et la communion. Certains de ces vingt-six hommes ont été abattus immédiatement ; les autres ont été autorisés à partir mais ont été suivis par les républicains et finalement retrouvés et tués. Des témoins ont indiqué qu’ils avaient pardonné à leurs meurtriers avant d’être exécutés.

Le 23 juillet également, la milice républicaine est arrivée dans un monastère de religieuses Minim à Barcelone. La Bienheureuse Mère Maria Montserrat Garcia Solanas, qui était leur supérieure, ainsi que huit autres religieuses Minimes et une laïque qui assistait les religieuses, ont tous été abattus.

Le même jour, tard dans la nuit, le bienheureux Lluis Janer Riba, un prêtre diocésain, a été réveillé par des miliciens républicains devant sa fenêtre qui lui ont ordonné de descendre sur la place de la ville. Lorsqu’il est arrivé en bas, ils l’ont abattu.

Ce même jour, dans la région de Tolède, les bienheureux Pedro Ruiz de los Panos et Josep Sala Pico ont été arrêtés. Ils étaient tous deux membres des Prêtres ouvriers diocésains, une fraternité sacerdotale qui se consacre à l’encouragement des vocations. Ils ont eux aussi été sommairement tués par les républicains.

Dans la région de Cordoue, en Espagne, à la même date, un groupe de quatre prêtres diocésains, un séminariste, un mari et une femme (tous sont désormais honorés du titre de « bienheureux ») ont été capturés par des miliciens républicains et exécutés.

Notez que dans tous ces cas, il n’y a jamais eu la moindre prétention à un procès. Le simple fait d’être un prêtre catholique ou un fidèle catholique était une raison suffisante pour être abattu à vue. Ils n’ont pas été exécutés pour activisme politique, pour un quelconque crime connu – aucun d’entre eux n’était même armé – ou pour atteindre un objectif tactique dans la guerre. Ils étaient simplement haïs pour leur foi en Jésus-Christ. Bien sûr, cela rend relativement facile pour l’Église de les reconnaître officiellement comme martyrs.

Le calendrier actuel de l’Église compte plus de deux mille martyrs de la guerre civile espagnole, datant de 1934 à 1939. Contrairement aux siècles précédents où les dossiers personnels détaillés pouvaient être très limités, chacun de ces milliers de martyrs peut être identifié par son nom, sa date de naissance, et même généralement par des photos. Le pape François a béatifié un groupe de dominicains morts en martyrs à Almagro pas plus tard qu’en juin 2022, et il existe de nombreux autres martyrs documentés de la guerre civile espagnole qu’il pourrait également béatifier, s’il décidait de le faire.

Que nous apprend cette effroyable litanie de martyrs d’un seul jour – le 23 juillet 1936 ? Elle nous enseigne le respect de la vertu héroïque de quarante-sept personnes qui n’ont pas abandonné leur foi catholique même face à la mort. Elle nous rappelle aussi que le communisme et notre foi catholique sont toujours et partout incompatibles.

Mais nous ne pouvons pas défendre notre foi catholique ou nos martyrs si nous ne prenons pas le temps de comprendre notre histoire et leurs récits. Une fois que nous aurons compris certaines des complexités de la guerre civile espagnole (qui, il est vrai, ne sont pas seulement évoquées ici), nous serons mieux équipés pour répondre à la propagande moderne contre notre foi et nos héros. Et lorsque nous serons mis au défi de renier notre foi de bien moins de façons que ne l’ont fait ces martyrs, nous serons plus enclins à imiter leur courage et leur fidélité.

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1. Le camp républicain était soutenu de l’extérieur par la Russie communiste et encensé par les progressistes occidentaux. D’autre part, le camp nationaliste était soutenu à l’extérieur par l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie, mais aussi à l’intérieur par des catholiques fidèles qui défendaient la tradition espagnole et la monarchie.

2. Les ouvrages The Rise and Fall of the Communist Revolution et The Crisis of Christendom du Dr Warren Carroll offrent d’excellentes explications sur l’histoire de la guerre civile espagnole.

Source: The Catholic World Report, le 22 juillet 2022

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