ITALIE – Des congrégations religieuses accueillent des réfugiés afghans

ITALIE – Des congrégations religieuses accueillent des réfugiés afghans

 » Pouvoir accueillir deux familles de réfugiés afghans représente pour nous le plus grand cadeau que nous puissions recevoir : c’est comme si Jésus était ici. Nous l’accueillons, nous le soignons, il est notre invité d’honneur. A l’arrivée, ils étaient fatigués, souffrants : pendant les quatre jours où ils avaient tenté de s’échapper, ils avaient combattu la peur, la faim, le froid. Ils n’ont pas pu se laver et n’avaient pas de vêtements de rechange, car ils ont dû s’enfuir sans rien pouvoir emporter avec eux. Cependant aujourd’hui, ils sont détendus, heureux, profitent de tout et se sentent en sécurité. Il y a quelques jours, l’un d’eux nous a dit qu’il avait l’impression d’être au paradis. C’est ce qu’a déclaré à l’Agence Fides Sœur Gloria Lopez, une religieuse des Sœurs Missionnaires de la Consolata à Népi.

À la mi-août, alors que la crise afghane atteignait son paroxysme, la congrégation n’a pas hésité à ouvrir les portes de sa maison et à accueillir deux familles afghanes, fuyant parce qu’elles avaient collaboré avec une association catholique italienne qui, à Kaboul, dispensait une éducation aux enfants handicapés. Onze personnes en particulier – quatre adultes et leurs sept enfants – ont également été chaleureusement accueillies par les habitants de le centre de la région Latium. La religieuse dit : « Les gens continuent à donner des vêtements, de la nourriture, des offres de toutes sortes. Nous avons également des professionnels qui offrent leurs services gratuitement, comme des professeurs d’italien, un dentiste et un coiffeur. Chacun fait ou apporte ce qu’il peut. Toute cette aide est pour nous une merveille, un cadeau, et en même temps elle nous donne l’occasion de faire de l’apostolat parmi les habitants de la région, maintenant qu’ils viennent si souvent nous rendre visite pour laisser leurs offrandes ». 


L’accueil a permis aux réfugiés de commencer une nouvelle vie dans un pays étranger, avec confiance et espoir en l’avenir.  » Nous recevons tellement de soutien tous les jours et nous nous sentons tellement chanceux d’être ici que cela nous donne de l’espoir pour demain « , raconte l’un d’entre eux à l’Agence Fides, ajoutant :  » Je vois beaucoup de changements en nous-mêmes, par exemple je peux voir le sourire sur le visage de mes enfants : c’est un vrai sourire, et je sens que maintenant ils sont enfin heureux et sereins « . Nous avons une nouvelle vie et nous pouvons dire que nous sommes renés. Avant le retour des talibans, nous vivions bien, mais lorsque la date officielle du retrait, en juin 2021, a été annoncée, nous savions que la situation allait empirer. Lorsque nous avons reçu la nouvelle que nous allions être évacués par le gouvernement italien, nous avons revu la lumière au moment le plus sombre et le plus difficile de notre vie ».

Source: Agence Fides, le 6 novembre 2021

Le Pape salue des familles afghanes ayant fui Kaboul

Rencontre du Pape avec des familles afghanes le 22 septembre 2021Rencontre du Pape avec des familles afghanes le 22 septembre 2021 

Le Pape salue des familles afghanes ayant fui Kaboul

François a rencontré ce mercredi matin une quinzaine d’Afghans qui lui ont raconté l’angoisse vécue au moment de l’arrivée des talibans à Kaboul et pendant les quelques jours qui ont précédé leur arrivée en Italie.

C’est une rencontre bouleversante que le Pape a vécue ce matin avant l’audience générale. Celle avec trois familles chrétiennes afghanes qui sont parvenues à fuir l’Afghanistan après la prise du pouvoir par les taliban, au mois d’août. 14 personnes, huit femmes et six hommes, dont sept mineurs, ont donc été reçues par François et ont pu lui raconter ce qu’elles ont subi.

Tout commence lors que les fondamentalistes musulmans pénètrent dans Kaboul. Une plainte est aussitôt déposée contre ces chrétiens. «Mon mari a été licencié puis arrêté et nous n’avons plus de nouvelles de lui depuis», raconte Pary Gul, Afghane de 57 ans. «Nous sommes restés enfermés dans le sous-sol pendant quatre jours et quatre nuits de peur d’être arrêtés, probablement quelqu’un nous a dénoncés parce que nous étions chrétiens», poursuivent ces quatre enfants, trois filles – Adila, Robina et Setara – et un garçon, Nasim, âgés de 14 à 25 ans.

Ils ont pu finalement s’enfuir, les filles lançant des SOS depuis leurs téléphones. Grâce au réseau de solidarité coordonné par l’écrivain Alì Ehsani, qui a fui Kaboul il y a des années, et la fondation Meet Human.

Au moment de saluer le Pape, la mère de famille lui a offert une bague et une tunique, en souvenir de son mari «englouti» par la terreur des taliban et de sa vie de souffrance. François a accepté ce don mais à la condition que Pary Gul le garde comme un gage d’amitié et un signe d’espoir. Cette famille commencera une nouvelle vie près de Bergame, dans le nord de l’Italie.

Parmi les autres Afghans présentés au Pape, il y a avait Zamin et Seema, un couple trentenaire venus avec deux de leurs enfants. Le troisième, le petit Eliyas, qui n’a pas un an, a été hospitalisé d’urgence dès son arrivée en Italie pour soigner une infection grave. Il est maintenant en bonne santé.

Meet Human, à l’origine de cette initiative, a lancé une campagne humanitaire, «Frères afghans» avec la collaboration d’institutions civiles et militaires italiennes. Elle a pour but de soutenir concrètement les familles afghanes récemment arrivées en Italie afin qu’elles nouent des contacts, trouvent du travail et s’instruisent.

Source: VATICANNEWS, le 22 septembre 2021

Ces religieuses évacuées de Kaboul avec des orphelins afghans

KABUL
Wakil Kohsar / AFP

Ces religieuses évacuées de Kaboul avec des orphelins afghans

Cinq Sœurs Missionnaires de la Charité ont été évacuées d’Afghanistan vers Rome à la suite de la prise de pouvoir du pays par les Talibans. Elles ont emmené avec elles 14 orphelins handicapés qu’elles avaient en charge à Kaboul.

25 août 2021.Un avion en provenance de Kaboul se pose sur le tarmac de l’aéroport Fiumicino de Rome. À son bord : 270 passagers exsangues après des heures d’angoisse. En quelques jours seulement, leur vie a basculé avec le retrait chaotique des forces américaines et l’offensive éclair des Talibans. Tous gardent en mémoire ces images de l’aéroport de Kaboul assailli par des milliers d’Afghans fuyant le joug des islamistes. Dans la confusion la plus totale, les ambassades présentes sur place ont tenté de s’organiser pour évacuer le maximum de personnes. Les autorités italiennes ont été à pied d’œuvre. Entre les 13 et 27 août, elles ont exfiltré plus de 5.000 personnes d’Afghanistan.

Nous sommes dévastées, tout est fini, il n’y a plus d’espoir à Kaboul.

Parmi les 270 passagers qui arrivent ce 25 août, 14 enfants et jeunes adultes en chaise roulante sont les premiers à franchir les portes du terminal 5 de Fiumicino. Ils ont entre 6 et 20 ans et sont handicapés. Les yeux brillants et pleins de curiosité, ils patientent tandis que des infirmières prennent leur température. À leurs côtés se trouvent leurs « anges gardiens », vêtus de tuniques blanches et bleues. Ce sont cinq religieuses de la congrégation des Missionnaires de la Charité, l’ordre fondé par Mère Teresa à Calcutta.

Depuis mai 2006, leur communauté est présente en Afghanistan où les sœurs s’occupent d’un orphelinat situé à Kaboul. Là, elles prennent soin d’enfants handicapés, abandonnés par leurs parents et la société. Mais avec l’arrivée de Talibans, les religieuses ont dû se résoudre à tout quitter, laissant derrière elles quinze années de mission auprès des plus pauvres. Un déchirement.

« Notre centre n’existe plus, il a été fermé […] Nous sommes dévastées, tout est fini, il n’y a plus d’espoir à Kaboul », a confié sœur Josè, 33 ans et originaire du Madagascar, au quotidien italien La Repubblica.

Si elles ont fermé leur centre d’accueil la mort dans l’âme, il n’était pas question pour elles d’abandonner les enfants. Avec l’unique prêtre en activité en Afghanistan, le père italien Giovanni Scalese, elles sont parvenues à les inscrire sur la liste des personnes à évacuer. « Je n’aurais jamais pu retourner en Italie sans ces enfants, nous ne pouvions pas les laisser ici », raconte le missionnaire de l’ordre des Barnabites à La Repubblica. Dans l’aéroport de Rome, épuisé et le col romain détaché, le prêtre est assis à côté des sœurs, elles-mêmes entourées des enfants qui rient et sourient. Une nouvelle vie commence.

Les cinq religieuses et leurs « enfants », 11 filles et 3 garçons, séjournent désormais dans un centre des Missionnaires de la Charité situé à Tor Bella Monaca, un quartier en banlieue de Rome. « C’est une véritable révolution », confie une religieuse du centre qui a dû repenser sa logistique, à Vatican News.

Des enfants plein de tendresse

« Ces enfants nous donnent aussi de la tendresse, des relations, d’une manière différente de celle que nous pensons. Ils nous demandent d’entrer en relation avec eux et ils nous donnent la capacité d’aimer ; ils élargissent notre cœur pour pouvoir aimer davantage », explique-t-elle, avant d’ajouter que « ce sont les gestes de soins quotidiens qui donnent des vents insoupçonnés de joie et de réconfort ».

Une douzaine de jours après leur arrivée en Italie, les religieuses et leurs orphelins ont reçu une visite surprise. Alors que les enfants profitaient d’un goûter, le cardinal Konrad Krajewski, responsable de l’Aumônerie apostolique du pape François, est venu les rencontrer avec une équipe médicale. L’objectif : leur faire passer des tests Covid-19 afin de mettre fin à leur quarantaine et qu’ils puissent réellement commencer leur nouvelle vie en Italie…

Source: ALETEIA, le 14 septembre 2021

Le Pape exhorte à accueillir les réfugiés afghans

Réfugiés afghans devant l'ambassade d'Allemagne à Téhéran, Iran.Réfugiés afghans devant l’ambassade d’Allemagne à Téhéran, Iran. 

Le Pape exhorte à accueillir les réfugiés afghans

Après la prière de l’angélus ce dimanche, le Pape François a évoqué une nouvelle fois l’Afghanistan, appelant les États à accueillir et protéger les Afghans qui ont fui leur pays après la prise du pouvoir par les talibans. Il a demandé aussi aux nouvelles autorités afghanes d’assurer l’éducation des enfants. 

Vatican News

«En ces temps troublés, où les Afghans cherchent refuge, je prie pour les plus vulnérables d’entre eux ; je prie pour que de nombreux pays accueillent et protègent ceux qui cherchent une nouvelle vie» : le Pape François, après son appel dimanche dernier, a de nouveau partagé son inquiétude pour les Afghans qui ont choisi l’exil.

Il a également partagé sa préoccupation pour «les personnes déplacées à l’intérieur du pays, afin qu’elles reçoivent l’aide et la protection dont elles ont besoin». Enfin, le Saint-Père s’est adressé indirectement aux nouvelles autorités du pays en émettant le souhait que tous les enfants puissent aller à l’école. «Que les jeunes Afghans reçoivent une éducation, bien essentiel au développement humain» a-t-il déclaré avant d’ajouter, élargissant son appel aux autres États : «que tous les Afghans, qu’ils soient chez eux, en transit ou dans les pays d’accueil, vivent dignement dans la paix et la fraternité avec leurs voisins».

L’Europe appelée à agir

Évoquant son prochain voyage à Budapest – à l’occasion de la conclusion du Congrès eucharistique international qui s’est ouvert ce dimanche dans la capitale hongroise – et en Slovaquie, le Pape a invoqué les nombreux «confesseurs héroïques de la Foi qui ont témoigné de l’Évangile en ces lieux au milieu de l’hostilité et des persécutions» pour qu’«ils aident l’Europe à témoigner, aujourd’hui encore, non seulement par des paroles mais surtout par des actes, par des œuvres de miséricorde et d’hospitalité, de la bonne nouvelle du Seigneur, qui nous aime et nous sauve».

Les pays membres de l’Union européen sont partagés sur la conduite à tenir envers les réfugiés afghans qui pourraient arriver par les mêmes routes migratoires que tant d’autres réfugiés ces dernières années. Si certains États ont accueilli ou sont en cours de recevoir des Afghans qui ont collaboré avec eux pendant ces vingt dernières années, reste la question du sort de tous ceux qui ont fui le pays après la prise de Kaboul par les talibans.

Source: VATICANNEWS, le 5 septembre 2021

Lutter contre les menaces qui s’abattent sur les femmes afghanes commence chez nous.

AFGHANISTAN, WOMEN, BURQA

Di Lizette Potgieter | Shutterstock

Lutter contre les menaces qui s’abattent sur les femmes afghanes commence chez nous.


Par le père Benoist de Sinety 

Ce qu’il y a de plus assourdissant en ces jours sinistres qui s’abattent sur l’Afghanistan, c’est sans doute le silence des voix si promptes à dénoncer les crimes et les abus dont de nombreuses femmes sont victimes au quotidien. Bien sûr, il y a quelques photos, quelques commentaires que diffusent les réseaux sociaux. Mais pour le reste, un silence de plomb.

Depuis des dizaines d’années, les États, les ONG, de nombreuses personnes de bonnes volontés ont soutenu et promu des initiatives dans ce pays pour permettre un meilleur accès à l’éducation des petites et jeunes filles, pour ouvrir les portes de la vie professionnelles à de nombreuses femmes. Elles sont aujourd’hui professeures, chefs d’entreprises, journalistes, blogueuses… 

Progressivement, elles ont franchi des grillages qui semblaient au fil du temps être de moins en moins hermétiques. Et puis voilà que la fuite d’un régime politique corrompu par les millions de dollars déversés et détournés, la débandade d’une armée désabusée de soldats qui ne touchent pas leurs soldes; voilà que tout cela renvoie à l’âge de la pierre celles qui commençaient à croire à un avenir meilleur. 

Prudence diplomatique

La prudence diplomatique pousse les grandes nations à espérer que les talibans deviennent fréquentables, avant, malheureusement, de devoir un jour soupirer comme le Premier ministre britannique Chamberlain autrefois, avec dépit que non, décidément, Mr Hitler is not a gentleman. Qu’ils soient talibans et trafiquants d’opium, ou membres de Daech et voyous sans culture, ceux qui se battent pour prendre la tête d’un califat fantasmé ne sauraient être des partenaires respectables. Ils n’ont d’autre ambition que le meurtre et l’argent. 

Portés par une religion qu’ils poussent jusqu’au délire, ils savent très finement jouer l’arme la plus efficace dans notre monde globalisé, celle de la communication. Ils savent se présenter sous un jour séduisant pour nombre de jeunes gens qui se sentent isolés, rejetés, méprisés dans leurs pays d’origine, et qui rêvent d’une vie héroïque dans leur monde imaginaire. 

Un droit qui transcende les différences

La seule réponse qui puisse anéantir leur mensonge et les mettre nus devant les yeux de tous, c’est la réponse la plus immédiate, la plus simple en somme car la plus naturelle. Elle doit être portée par tous ceux qui ont une mère, une sœur, une épouse, une fille, une amie (ce qui fait tout de même beaucoup de monde !). Et elle tient en ces simples mots : « Ne touchez pas à elles ! » 

On peut en effet laisser la petite musique s’instiller, qu’au nom du droit des cultures et des religions, il est naturel que tous n’aient pas les mêmes perceptions des droits de l’homme et de la femme. Mais alors on abdique l’idée même qu’il puisse y avoir un droit essentiel qui s’impose à tous. Ce droit est celui d’être traité à part égale, quel que soit son sexe, sa religion, sa culture. Il n’y a pas de différence de dignité entre les origines pas plus qu’entre les cultures. Mais il y a un droit qui transcende tout cela, et qui l’éclaire aussi. 

Les afghanes ont cru possible de retrouver ces dernières années un parfum que leurs mères respiraient jusqu’aux années soixante-dix : parfum d’éducation, de liberté, de joie de vivre.

Quelle vision de l’homme cela soupçonne-t-il, qu’il faille obliger les femmes à cacher l’intégralité de leurs corps pour ne pas donner prise à la libido masculine ? Quelle vision de la femme cela signifie-t-il, qu’il faille de la puberté à sa mort, lui rappeler qu’elle est au mieux une proie et au pire le signe du péché ? Les afghanes ont cru possible de retrouver ces dernières années un parfum que leurs mères respiraient jusqu’aux années soixante-dix : parfum d’éducation, de liberté, de joie de vivre. Elles ne rêvaient pas de devenir françaises, britanniques ou américaines, mais d’être des Afghanes tout simplement, et de goûter à ce que la vie pouvait leur proposer de grand et de puissant.

Dans nos têtes et dans nos villes

Les voici abandonnées, y compris pas les défenseurs habituels des grandes causes qui préfèrent se taire sans qu’on sache bien pourquoi. Bien malin qui peut dire aujourd’hui ce qu’il faut faire en cette terre lointaine. Mais au moins, ne laissons pas s’installer dans nos têtes et dans nos villes ce qui fait leur misère là-bas. 

Que nous soyons nombreux à exprimer par nos manières de vivre, par l’éducation que nous voulons donner, au nom de notre foi et de notre culture, que nul n’a le droit de « toucher à elles », de les contraindre, de les humilier.

Ce sera déjà une manière de laisser résonner jusqu’aux faubourgs de Kaboul, un appel d’espérance.

Source: ALETEIA, le 29 août 2021

Le Pape appelle au jeûne et à la prière pour l’Afghanistan

Le Pape appelle au jeûne et à la prière pour l’Afghanistan

Lors de l’Angélus de ce dimanche 29 août 2021, le Pape François a lancé un vibrant appel à prier pour l’Afghanistan, pays en plein chaos après la prise de pouvoir des talibans, et endeuillé par les attentats de l’aéroport de Kaboul.

Vatican News

«Je suis la situation en Afghanistan avec une grande inquiétude, et je partage la souffrance de ceux qui pleurent les personnes qui ont perdu la vie dans les attentats suicides de jeudi dernier, et de ceux qui cherchent aide et protection», a assuré le Pape François avec gravité.

«Je recommande les défunts à la miséricorde de Dieu tout-puissant, et je remercie ceux qui s’efforcent d’aider cette population durement éprouvée, en particulier les femmes et les enfants, a insisté le Pape. Je demande à tous de continuer à aider ceux qui sont dans le besoin, et de prier pour que le dialogue et la solidarité conduisent à l’instauration d’une coexistence pacifique et fraternelle, et soient porteurs d’espoir pour l’avenir du pays.»

Bien que l’Afghanistan soit l’un des rares pays au monde à n’avoir aucune présence chrétienne stable (à l’exception des expatriés), le Pape a une nouvelle fois demandé aux catholiques de faire preuve de proximité spirituelle avec la population afghane. «Dans des moments historiques comme celui-ci, nous ne pouvons pas rester indifférents : l’histoire de l’Église nous l’enseigne. En tant que chrétiens, cette situation nous engage. C’est pourquoi je lance un appel à tous pour intensifier la prière et pratiquer le jeûne : prière et jeûne, prière et pénitence. C’est le moment de le faire. Je suis sérieux : intensifiez la prière et pratiquez le jeûne, en demandant au Seigneur la miséricorde et le pardon.»

Un pays au bord du gouffre

Cet appel du Pape intervient dans un climat extrêmement tendu dans le pays. Les évacuations d’étrangers et Afghans fuyant le nouveau régime des talibans sont entrées dimanche dans leur dernière ligne droite à l’aéroport de Kaboul, à deux jours du retrait américain prévu et dans la crainte d’un nouvel attentat sanglant.

L’attaque suicide de jeudi 26 août, revendiqué par l’organisation de l’État islamique au Khorasan (EI-K) a fait au moins 90 morts et 150 blessés, selon les données des hôpitaux de la capitale afgnane, mais certains médias locaux ont fait état d’un bilan de 170 morts. Treize soldats américains et deux Britanniques ont également péri. Le président américain Joe Biden a prévenu qu’une nouvelle attaque imminente y était «très probable».

Cette menace terroriste a suscité une coopération qui peut sembler paradoxale entre talibans et Américains, au nom de la lutte contre leur ennemi commun, l’État islamique. Mais la situation menace toujours de déraper entre les troupes étrangères, qui ont encore jusqu’à mardi soir pour partir, et le nouveau régime fondamentaliste. À Kaboul, ces dernières heures, les talibans consolidaient leur emprise, notamment autour de l’aéroport, dernière enclave occupée par les Occidentaux. Des combattants talibans lourdement armés ont circulé samedi sur les terrains et dans les bâtiments annexes de l’aéroport, selon des journalistes de l’agence de presse française AFP, alors que des soldats américains les observaient depuis le toit du terminal passagers.

L’interruption progressive des évacuations

Depuis le soudain retour au pouvoir des talibans à la mi-août, après la débâcle de l’armée afghane longtemps soutenue par les Américains et leurs alliés avant que ceux-ci n’amorcent leur retrait, plus de 112.000 personnes ont quitté le pays à bord de la noria d’avions affrétés notamment par les Occidentaux qui se succèdent sur le tarmac.

Le rythme des évacuations a baissé ces derniers jours, à mesure que de nombreux pays européens, dont le Royaume-Uni et la France, annonçaient avoir achevé les leurs, à deux jours de la date butoir du 31 août prévue pour le retrait américain qui signera la fin de 20 ans d’une guerre infructueuse contre les talibans.

Ce court délai fait craindre qu’une partie des Afghans qui se disent menacés par les talibans, notamment ceux qui ont travaillé avec des forces ou civils étrangers au cours des deux dernières décennies, ne seront pas évacués. Le Royaume-Uni, l’Italie, l’Allemagne, la France, la Suisse, l’Espagne, la Suède, les Pays-Bas, le Canada et l’Australie ont aussi indiqué avoir achevé leurs vols d’évacuation.

Dans le reste du pays, la dernière poche de résistance menée par le fils du commandant Massoud, dans la vallée du Panshir, est sous la menace d’une offensive talibane. Sur le front diplomatique, à l’ONU, une réunion des membres permanents du Conseil de sécurité sur la situation en Afghanistan est convoquée lundi.

Source: VATICANNEWS, le 29 août 2021

PRIERE POUR LE PEUPLE AFGHAN:

« Père, fortifie-nous pour prier fidèlement pour le peuple afghan et les chrétiens en Afghanistan.

Qu’ils soient encouragés et fortifiés chaque jour par Tes grâces qui se renouvellent chaque matin.

Nous prions pour ceux qui se perdent  afin qu’ils puissent connaître Christ et que leur cœur se tourne pour L’adorer et Le servir.

Et nous prions pour cette nation, pour qu’elle soit libérée de la tyrannie des talibans et des extrémistes, et pour que la Parole de Dieu se répande dans le pays avec sa puissance de salut.

Au Nom de Jésus-Christ. Amen. »

Comment l’Afghanistan a été consacré à Notre-Dame de Fatima

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La seule église catholique d’Afghanistan a été consacrée en 2017 à Notre-Dame de Fatima. Une consécration qui est intervenue alors que la situation politique du pays commençait à se détériorer.

L’Afghanistan ne compte officiellement aucun catholique de nationalité afghane et ne dispose d’aucune église à l’exception d’une chapelle établie à Kaboul en 1933 au sein de l’ambassade d’Italie. Fréquentée par des résidents expatriés elle demeure, depuis sa création, une présence spirituelle forte où la prière pour la paix est continue.

En 2017 le père Giovanni Scalese, missionnaire barnabite, aumônier de cette chapelle, a organisé une cérémonie de consécration au cours de laquelle il a placé tout le pays de l’Afghanistan sous la protection de Notre-Dame de Fatima et de son Cœur Immaculé.

Les Afghans n’appartiennent pas à notre troupeau, mais ils sont nos frères et Tes fils.

Pour le prêtre, le fait que le pays soit musulman dans sa totalité n’est pas un problème. Comme le récite l’acte de consécration: « Les Afghans n’appartiennent pas à notre troupeau, mais ils sont nos frères et Tes fils ; eux aussi ont été rachetés par le sang de Ton Fils », a déclaré le prêtre lors de l’acte de consécration. « Puisse la consécration au Cœur Immaculé nous aider à vivre notre temps d’une manière plus consciente et en totale disponibilité à la volonté de Dieu ».

Lors des apparitions de la Vierge Marie à Fatima (Portugal) à des petits bergers, elle leur a demandé de prier tous les jours sans relâche le chapelet et d’offrir leur prière pour la paix dans le monde. La prière du rosaire détermine ainsi le rythme la vie du sanctuaire de Fatima depuis sa création. En méditant sur les mystères de la vie du Christ, chacun peut se laisser modeler par l’amour de Dieu, comme Marie l’a fait. Une prière dont l’Afghanistan a tout particulièrement besoin aujourd’hui.

Source: ALETEIA, le 25 Août 2021

Des chrétiens afghans désespérés ont été refoulés à l’aéroport, selon des groupes d’aide.

Des chrétiens afghans désespérés ont été refoulés à l’aéroport, selon des groupes d’aide

Par Alejandro BermudezShannon MullenMatt Hadro

Alors que le temps presse pour secourir les civils fuyant les talibans, les chrétiens afghans et d’autres personnes dont les noms figurent sur les listes d’évacués qualifiés établies par le gouvernement américain sont refoulés à l’aéroport de Kaboul, ont déclaré mercredi à CNA des représentants d’organisations d’aide et autres.

« Des contacts de divers groupes travaillant à secourir les personnes toujours en danger en Afghanistan – qui doivent rester anonymes – m’ont dit que le Département d’État, du moins à un certain moment, ne mettait pas en œuvre les listes qu’ils demandent aux organisations de compiler – même s’ils les ont envoyées plusieurs fois », a déclaré mercredi à CNA Faith McDonnell, directrice du plaidoyer à Katartismos Global, un groupe ministériel anglican à but non lucratif basé à Manassas, en Virginie.

« Il semble actuellement que personne ne soit prioritaire, à moins d’avoir une sorte de connexion spéciale à l’intérieur de l’aéroport », a-t-elle ajouté.

La crise humanitaire qui s’aggrave est marquée par la date limite de vendredi pour les opérations d’évacuation des civils à l’aéroport de Kaboul, qui doit céder la place au transport des 5 400 militaires américains restants hors du pays, afin de respecter la date cible du 31 août, fixée il y a plusieurs mois par l’administration Biden, pour le retrait complet des États-Unis d’Afghanistan.

Les responsables américains ont déclaré que la date pourrait être prolongée si nécessaire, selon un rapport du Wall Street Journal.

Selon la Maison Blanche, les États-Unis ont évacué et facilité l’évacuation d’environ 87 900 personnes hors d’Afghanistan depuis la fin du mois de juillet, à bord de vols de l’armée américaine et de la coalition. Cependant, au moins des dizaines de milliers de personnes chercheraient encore à quitter Kaboul dans les prochains jours.

Selon des responsables de l’aide humanitaire et d’autres personnes interrogées par CNA, l’inquiétude croissante des chrétiens et d’autres groupes religieux dont la foi les expose à un risque extrême de persécution par les talibans est due au fait que la désignation « P-2 » du département d’État pour certains évacués prioritaires n’inclut pas spécifiquement les chrétiens ou d’autres membres de minorités religieuses.

Cette désignation donne actuellement la priorité aux « femmes en danger », aux journalistes, aux universitaires, aux pilotes et aux « populations minoritaires », entre autres.

La Commission américaine pour la liberté religieuse (USCIRF), une commission indépendante et bipartisane du gouvernement fédéral américain, a demandé mercredi à l’administration Biden d’élargir la désignation « pour inclure explicitement les minorités religieuses afghanes, en reconnaissance des risques graves auxquels elles sont déjà confrontées et qui ne feront qu’augmenter après la fin de l’évacuation américaine », selon une déclaration du commissaire de l’USCIRF, Frederick A. Davie.

Parmi les groupes d’aide pris dans le chaos figure le groupe à but non lucratif de l’animateur de talk-show conservateur Glenn Beck, The Nazarene Fund, qui, selon Beck, a collecté plus de 28 millions de dollars pour évacuer les chrétiens d’Afghanistan.

Glenn Beck a déclaré dans une vidéo publiée sur Instagram que son groupe dispose d’au moins 20 gros avions, dont des 737 et des 757, et qu’il espère transporter par avion quelque 7 000 personnes en lieu sûr d’ici vendredi.

Il a déclaré ce mardi qu’après une journée de retards, les premiers avions transportant un total de 1 200 personnes avaient décollé de l’aéroport.

Source: Catholic New Agency (CNA), le 25 août 2021

« The Economy of Francesco » se mobilise pour les femmes afghanes

Des femmes afghanes accueillies à leur arrivée à Mexico par la sous-secrétaire aux Affaires étrangères du gouvernement mexicain, Martha Delgado, le 24 août 2021.Des femmes afghanes accueillies à leur arrivée à Mexico par la sous-secrétaire aux Affaires étrangères du gouvernement mexicain, Martha Delgado, le 24 août 2021.  (ANSA)

« The Economy of Francesco » se mobilise pour les femmes afghanes

Le mouvement The Economy of Francesco (l’Économie de François), qui rassemble des jeunes entrepreneurs du monde entier, organise ce samedi 28 août une démarche symbolique en soutien aux femmes afghanes, afin de mettre en lumière leur situation critique dans le contexte de la récente prise de pouvoir par les talibans en Afghanistan.

Vatican News

L’organisation « The Economy of Francesco » invite tout le monde à participer à une action mondiale le samedi 28 août 2021, afin d’attirer l’attention sur la situation critique des femmes afghanes  face à cette nouvelle crise qui met leur pays au centre de l’attention internationale.

La prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans, suite à l’effondrement du gouvernement et au retrait des troupes américaines, a fait la une des journaux ces derniers jours. Les médias ont diffusé des images montrant des milliers d’Afghans s’agrippant les uns aux autres à l’aéroport de Kaboul dans une tentative désespérée d’accéder aux avions quittant la piste.

Dans ce contexte de bouleversement sans précédent, la situation des femmes afghanes est particulièrement préoccupante, car beaucoup craignent que leurs droits et leurs libertés ne soient à nouveau bridés sous le régime taliban, comme ce fut le cas entre 1996 à 2001, avec beaucoup moins d’attention médiatique à l’époque.

Refuser l’indifférence face au sort des femmes d’Afghanistan

Une déclaration sur le site web de « The Economy of Francesco » encourage les personnes de bonne volonté à répondre aux appels des femmes et des filles afghanes courageuses qui demandent un soutien pour leurs voix «avant qu’un drap bleu ne les cache».

«Courageusement, dans les rues de Kaboul, elles crient : ‘les femmes afghanes existent’. Et elles demandent : ‘soutenez nos voix, ne nous laissez pas disparaître ! Monde, nous entends-tu ?’», poursuit le communiqué.

La campagne encourage tous ceux qui le souhaitent samedi, à descendre dans les rues dans la mesure du possible, et à porter «dans nos mains et aux fenêtres de nos maisons, un tissu bleu, comme celui qui veut cacher les femmes afghanes». Le morceau de tissu bleu servira à dire aux femmes afghanes «nous sommes avec vous, nous vous voyons, nous vous entendons».

Cette opération sera répétée chaque samedi, «aussi longtemps que nécessaire», est-il indiqué sur le site de The Economy of Francesco.

Chacun est par ailleurs invité à donner «de la visibilité à ces actions» et à «donner une voix à celles qui sont réduites au silence» en taguant photos et vidéos avec les hashtags #AfghanWomenExist, #TogetherWeStand, #AfghanistanIsCalling.

Source: VATICANNEWS, le 25 août 2021

Les catholiques de France invités à prier pour l’Afghanistan

Des Afghanes manifestent pour demander aux Talibans de respecter leurs droitsDes Afghanes manifestent pour demander aux Talibans de respecter leurs droits 

Les catholiques de France invités à prier pour l’Afghanistan

Dans un communiqué publié ce mercredi 18 août 2021, la conférence des évêques évoque les récents événements survenus en Afghanistan, qui se retrouve de nouveau sous domination des Talibans. Elle appelle les fidèles à prier de manière spéciale pour celles et ceux «menacés par ce nouveau pouvoir et l’idéologie qu’il porte». 

Après une conquête territoriale fulgurante, à la faveur du départ des troupes occidentales, les fondamentalistes talibans se retrouvent donc à la tête de l’Afghanistan, vingt ans après en avoir été chassés. Cet événement, qui a causé une stupeur mondiale, fait craindre le retour d’une ère ténébreuse pour le pays, tant est encore vivant dans les mémoires le souvenir de leurs terribles exactions.

Même si la vie a timidement repris à Kaboul, que les talibans disent avoir pardonné à leurs adversaires et vouloir protéger les droits des femmes en accord avec la loi islamique, plusieurs pays occidentaux attendent de juger sur leurs actes.

Nombreuses sont les voix à avoir manifesté leur vive inquiétude pour les conséquences de cette prise de pouvoir ; parmi elles, celle des évêques de France, qui appellent les catholiques, mais aussi tous les hommes et femmes de bonne volonté, à prier pour le peuple afghan, en particulier celles et ceux menacés par l’idéologie extrême incarnée par les maîtres de Kaboul : «nous pensons notamment aux femmes, aux jeunes filles, à tous ceux qui portaient, jusqu’à ce jour, la voix de la liberté, de la dignité humaine et des droits de l’homme, et aux chrétiens de ce pays. Nous prions pour que l’Afghanistan puisse se construire dans le respect des personnes, hommes, femmes et enfants et de leurs droits, en particulier celui de la liberté religieuse».

Les évêques affirment se réjouir de l’engagement du président Emmanuel Macron à accueillir dans l’hexagone les Afghans ayant aidé la France et son armée, et à leur offrir aide et protection. «Nous voulons nous souvenir tout spécialement des soldats français qui ont donné leur vie sur le sol afghan afin de protéger notre pays du terrorisme, mais aussi pour servir la paix auprès de la population afghane. Nous pensons particulièrement à leur famille aujourd’hui », écrivent encore les évêques.

Outre l’Afghanistan, la CEF invite à prier aussi les autres nations frappées par la guerre, les crises sans fin et les catastrophes naturelles : l’Éthiopie, le Liban et Haïti.

Source: VATICANNEWS, le 18 août 2021