Le Pape adresse une lettre aux catholiques du Vietnam

Le président de la République socialiste du Vietnam, Vo Van Thuong, lors de sa visite officielle au Vatican, le 27 juillet 2023. (Vatican Media)

Le Pape adresse une lettre aux catholiques du Vietnam

Le Pape adresse une lettre aux évêques, religieux prêtres et laïcs du Vietnam, à l’occasion de l’accord signé fin juillet entre Hanoi et le Saint Siège sur le nouveau statut de résident du représentant apostolique. Dans ce message rendu public vendredi 29 septembre, le Pape souligne la participation des chrétiens au développement de la société vietnamienne.

Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

Deux mois après la signature d’un accord entre le Saint-Siège et le Vietnam sur le statut de résident dorénavant accordé au représentant apostolique, le Pape François explique dans une lettre aux catholiques du pays, évêques religieux et laïcs, le sens de cet accord. Il exprime «l’espoir que le représentant pontifical soit un pont pour faire avancer les relations bilatérales». Le 27 juillet dernier, le Souverain pontife recevait Vo Van Thuong, président de la république socialiste du Vietnam, et parallèlement le Vatican annonçait la signature de l’accord en vertu duquel le représentant apostolique jusqu’ici résident à Singapour, s’installerait désormais à Hanoi.

La rencontre avec le chef de l’État, poursuit le Pape, «revêt une importance particulière dans le processus de consolidation des relations entre le Saint-Siège et le Vietnam», et souligne au passage les progrès réalisés au fil des ans, grâce notamment aux travaux du groupe de travail mixte Vietnam-Saint-Siège. «Nous avons pu avancer ensemble et nous pourrons continuer à le faire, en reconnaissant les convergences et en respectant les différences. Nous avons pu marcher ensemble, nous écouter et nous comprendre», écrit l’évêque de Rome, qui relève notamment que les différences n’ont pas empêché «de chercher ensemble la meilleure voie à suivre pour le bien du peuple vietnamien et de l’Église».

Bons chrétiens et bons citoyens

Le rôle des chrétiens, écrit encore François aux fidèles du Vietnam, est de «mettre en œuvre l’Évangile au cœur de la nation», et d’accompagner celle-ci «dans ses efforts en vue d’un développement social et économique équilibré», en qualité de «bons chrétiens et bons citoyens». Le successeur de Pierre salue en ce sens des «conditions favorables à l’exercice de la liberté religieuse», qui permettront de promouvoir le dialogue et susciter l’espérance dans le pays.

Rappelant le discours de son prédécesseur, Benoît XVI, aux évêques vietnamiens, en 2009, François souligne que l’Église «n’a absolument pas l’intention de se substituer aux gouvernants». Elle souhaite «seulement pouvoir prendre une juste part, dans un esprit de dialogue et de coopération respectueuse, à la vie de la nation, au service de tout le peuple».

Écouter le cri des pauvres

Enfin, le Successeur de Pierre évoque une facette essentielle de la vie du chrétien: l’attention permanente aux plus vulnérables. «L’aspect spécifique dont nous avons encore plus besoin aujourd’hui est le caractère concret de la charité», écrit-il. Les chrétiens sont appelés, en tout lieu et en toute circonstance, à «écouter le cri des pauvres». Cet esprit, fait remarquer le Pape, a toujours animé la communauté catholique vietnamienne. Cela s’est vu durant la pandémie de Covid-19, remarque-t-il. Les évêques ont été un ferment dans la société. Grâce à leur action en faveur du progrès de toute la société, les fidèles se sont montrés «responsables» et «crédibles». François emboîte le pas de la conférence épiscopale vietnamienne qui, dans sa lettre pastorale pour l’année en cours, a insisté sur les actes de charité et la nécessité de l’écoute sincère, «même envers ceux qui ne partagent pas la même foi». Cette thématique de l’écoute est centrale à la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur l’avenir de l’Église.

Source : VATICANNEWS, le 29 septembre 2023

L’accord Saint-Siège-Vietnam, pas seulement un objectif mais un nouveau départ

Le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin et le président du Vietnam, Vo Van Thuong, dans la Cité du Vatican, le 27 juillet 2023. Le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin et le président du Vietnam, Vo Van Thuong, dans la Cité du Vatican, le 27 juillet 2023. (ANSA)

L’accord Saint-Siège-Vietnam, pas seulement un objectif mais un nouveau départ

Le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin commente pour les médias du Vatican l’accord conclu jeudi entre le Saint-Siège et le Vietnam sur le statut du représentant pontifical résident: l’avenir – dit le cardinal – nous appelle à un chemin à poursuivre ensemble sous le signe du respect et de la confiance réciproques.

L’accord est le résultat de relations bonnes et respectueuses au niveau institutionnel, construites également grâce aux réunions fructueuses du groupe de travail conjoint Saint-Siège-Vietnam, ainsi qu’au niveau ecclésial, grâce à la volonté de tisser de bonnes relations avec les communautés locales et d’offrir un témoignage chrétien animé par le désir d’assumer les traditions locales et les valeurs partagées.

Éminence, dans les différents communiqués qui ont précédé l’événement du jeudi 27 juillet, il a toujours été question d’un long parcours marqué par le respect et le dialogue sincère. Comment décririez-vous ce parcours?
Je pense que les éléments essentiels d’un tel parcours peuvent être traduits par deux expressions: l’une utilisée par le pape Jean XXIII: «se connaître pour s’estimer» et l’autre que nous offre le Pape François: «entamer des processus et non occuper des espaces». L’ouverture des relations avec les autorités vietnamiennes remonte à 1989, lorsque le cardinal Roger Etchegaray, alors président du Conseil pontifical Justice et Paix, a pu effectuer une visite officielle au Vietnam. En effet, la pensée de Jean-Paul II était d’ouvrir des canaux de dialogue à travers les thèmes de la justice et de la paix, caractéristiques de l’enseignement et du témoignage quotidien de l’Église. Ainsi commença la pratique d’une visite annuelle d’une délégation du Saint-Siège, consacrée d’une part aux contacts avec le gouvernement et d’autre part aux rencontres avec les communautés diocésaines. En 1996, des pourparlers ont été entamés pour définir la manière de procéder, concernant la nomination des évêques. Je garde un excellent souvenir de ces visites, lorsque ce fut à mon tour de les effectuer en tant que sous-secrétaire pour les relations avec les États. En décembre 2009, le président vietnamien Nguyễn Minh Triết s’est rendu au Vatican pour rencontrer le pape Benoît XVI. Un groupe de travail conjoint Vietnam-Saint-Siège a donc été formé, ce qui a ouvert la voie à la nomination d’un représentant pontifical non-résident basé à Singapour en la personne de Mgr Leopoldo Girelli, le 13 janvier 2011.

Quelles ont été les constantes qui ont guidé le processus de rédaction de l’accord et les réunions du groupe de travail conjoint?
Je crois qu’il est fondamental de souligner qu’à la base de ces réunions d’étude et de travail, il y a toujours eu le respect mutuel et la volonté de progresser, sans dissimuler ses propres positions, mais en discutant sincèrement de celles-ci et de leurs motivations. Il convient de noter que la Conférence épiscopale a toujours été associée à ce processus et a proposé ses propres réflexions et évaluations. Elle a ensuite procédé étape par étape, ne recherchant pas de résultat final dans l’immédiat, mais, privilégiant une harmonisation progressive du principe de liberté religieuse avec les lois et les coutumes locales; ce qui a produit au fil du temps, une plus grande compréhension mutuelle et une convergence dans les choix effectués étape par étape sur le texte, visant à assurer au représentant pontifical résident, les conditions d’exercice de son ministère de légation auprès de l’Église locale et des autorités vietnamiennes, ainsi que le maintien des relations avec les représentations diplomatiques présentes au Vietnam.
En outre, l’importance de vivre l’Évangile pour être de bons citoyens et de bons catholiques n’a jamais été oubliée: c’est un principe qui a guidé la doctrine sociale de l’Église avant même qu’elle ne soit formulée au XIXe siècle, et qui indiquait déjà au IIe siècle après J.-C., comment les chrétiens, dans leur mode de vie, manifestent qu’ils sont à la fois citoyens du ciel et de la terre. Enfin, dans le dialogue, la vie de l’Église locale et le respect de la liberté de croyance et de religion ont toujours été abordés, et un effort a donc été fait pour favoriser un environnement favorable aux activités et au développement de la communauté catholique. Cette attitude, du côté vietnamien, a été observée dans le processus de nomination des évêques, pour lequel, au cours de ces années, aucune difficulté particulière n’est apparue.

Votre Éminence, que pouvez-vous nous dire sur le texte de l’accord? Qu’entend-on par représentant pontifical résident, car ce profil ne semble pas entrer dans les catégories habituelles.
Je vous remercie pour cette question, car elle me permet de faire remarquer que le temps passé à étudier et à débattre nous a permis de trouver une solution partagée, que l’on pourrait appeler une « res nova in iure« . En effet, le représentant pontifical résident est appelé à favoriser la communion entre le Saint-Siège et l’Église locale, à assister et soutenir cette dernière dans toutes ses composantes, en participant à ses célébrations et à ses initiatives. En ce qui concerne les aspects que nous pourrions définir comme civils, le représentant pontifical résident, comme c’est le cas pour les nonces, a pour mission de renforcer les relations amicales entre le Saint-Siège et le gouvernement du Vietnam ; il pourra participer aux réunions ordinaires du corps diplomatique ainsi qu’aux réceptions, et avoir des rencontres personnelles avec les diplomates, toujours dans le respect de la loi du pays, dans un esprit de confiance réciproque et des bonnes relations bilatérales qui ont existé jusqu’à ce jour. Tout cela, comme l’indique le communiqué conjoint, vise à faire en sorte que le représentant résident du Pape puisse être un «pont» pour continuer à améliorer les relations entre le Vietnam et le Saint-Siège.

Comment voyez-vous l’avenir des relations entre le Vietnam et le Saint-Siège?
Il y a un aspect qui m’a toujours frappé positivement chez le peuple vietnamien, peut-être parce que c’est quelque chose que j’ai observé depuis mon enfance dans ma terre natale: l’humilité et l’ardeur au travail. Dans mes contacts, j’ai constaté une profonde aptitude au travail, pas seulement manuel, mais élargi à l’engagement dans tout ce qui est fait. Une telle caractéristique pourrait générer une prétention; au contraire, les Vietnamiens conservent toujours une attitude, bien que fière, humble et respectueuse, capable de s’adapter à n’importe quelle situation, comme la plante de bambou, qui se plie mais ne se rompt pas. Pourquoi cette introduction? Parce que je crois que l’avenir nous appelle à un chemin à parcourir ensemble, sans la prétention ni la hâte d’atteindre un autre objectif, mais avec la disponibilité de qui veut travailler pour atteindre ce qu’il y a de meilleur. L’accord n’est pas une simple objectif, mais un nouveau départ, sous le signe du respect et de la confiance réciproques.

Source : VATICANNEWS, le 28 juillet 2023

Accord Saint-Siège-Vietnam: le représentant apostolique résidera à Hanoi

Le Pape François reçoit en audience Vo Van Thuong, président de la République socialiste du Vietnam, le 27 juillet 2023. Le Pape François reçoit en audience Vo Van Thuong, président de la République socialiste du Vietnam, le 27 juillet 2023. (Vatican Media)

Accord Saint-Siège-Vietnam: le représentant apostolique résidera à Hanoi

Le président du Vietnam Vo Van Thuong a été reçu jeudi 27 juillet au Vatican pour des entretiens concernant les relations diplomatiques entre son pays et le Saint-Siège. Une étape importante a été franchie, car il a notamment été décidé que le représentant apostolique, exerçant sa mission jusqu’à présent depuis Singapour, pourra bientôt résider dans la capitale de ce pays d’Asie du Sud-Est. 

Après avoir été reçu en audience par le Pape François, le président vietnamien s’est entretenu avec le cardinal secrétaire d’état du Saint-Siège, Pietro Parolin. Le communiqué de presse conjoint rendu public par le Bureau de Presse du Saint-Siège précise que ces rencontres ont eu lieu «suite à la 10e session du groupe de travail conjoint entre le Saint-Siège et le Viet Nam, le 31 mars 2023 au Vatican, et avec le désir de continuer à faire progresser les relations bilatérales». Les deux parties «annoncent officiellement que le gouvernement de la République socialiste du Vietnam et le Saint-Siège ont conclu l’«Accord sur le statut du représentant pontifical résident et le bureau du représentant pontifical résident au Vietnam»».

«Au cours des entretiens cordiaux entre le président Vo Van Thuong et le Pape François, puis avec le cardinal secrétaire d’état Pietro Parolin, les deux parties se sont félicitées des progrès notables dans les relations entre le Viêt Nam et le Saint-Siège, ainsi que des contributions positives apportées jusqu’à présent par la communauté catholique au Viêt Nam», lit-on encore dans ce communiqué.

«Les deux parties ont exprimé leur confiance dans le fait que le représentant pontifical résident remplira le rôle et le mandat conférés par l’accord, qu’il apportera un soutien à la communauté catholique vietnamienne dans ses engagements, dans l’esprit de la loi et toujours inspiré du Magistère de l’Église, pour réaliser la vocation d’«accompagner la nation», d’être «de bons catholiques et de bons citoyens», et de contribuer au développement du pays, tandis que le représentant sera un pont pour faire progresser les relations entre le Viêt Nam et le Saint-Siège», est-il enfin assuré.

Sous l’ère communiste, les relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Vietnam ont été rompues, avec l’expulsion du délégué pontifical en 1975. Le dialogue avait repris en 1989, avant la création en 2009 d’une commission bilatérale. Le président vietnamien de l’époque, Nguyễn Minh Triết, avait alors rencontré Benoit XVI, puis un représentant apostolique avait été nommé en 2011, Mgr Leopoldo Girelli, mais celui-ci n’était pas résident à Hanoi, et siégeait à Singapour. Aujourd’hui, au terme de plusieurs réunions de dialogue, les deux parties annoncent que le représentant apostolique pourra s’installer dans la capitale vietnamienne pour y résider.

La délégation vietnamienne avec le cardinal Parolin et Mgr Gallagher, le 27 juillet 2023

La délégation vietnamienne avec le cardinal Parolin et Mgr Gallagher, le 27 juillet 2023

Source : VATICANNEWS, le 27 juillet 2023

03.02.2023 – Vietnam : le diocèse de Xuan Loc enterre 700 fœtus avortés dans la ville de Bien Hoa

Le 29 janvier dans l’église de Bac Hai, le père Joseph Nguyen Van Tich (à gauche) et le père Vincent Nguyen Minh Tien bénissent des fœtus morts avant leur enterrement.

Le diocèse de Xuan Loc enterre 700 fœtus avortés dans la ville de Bien Hoa

Le dimanche 29 janvier à Bien Hoa, dans le diocèse de Xuan Loc (dans le sud-est du Vietnam), le père Joseph Nguyen Van Tich, du comité pro-vie diocésain, a célébré l’enterrement de 700 fœtus en présence de plusieurs milliers de militants et volontaires. Selon le groupe, qui a débuté ses activités en 2011, le cimetière compte plus de 62 000 enfants non nés. « Les enterrer, c’est demander pardon pour la peine et la souffrance que nous leur faisons endurer, et c’est aussi prier pour la sécurité des autres enfants », a confié le père Tich.

Dimanche 29 janvier, un groupe pro-vie du diocèse de Xuan Loc a célébré une messe spéciale de requiem et l’enterrement de 700 fœtus avortés dans l’église de Bac Hai, dans la ville de Bien Hoa (dans le sud-est du Vietnam). Les participants se sont également engagés à sensibiliser la nation communiste sur la dignité humaine, alors qu’on compte de nombreux jeunes parmi les demandes d’avortement dans le pays.

Plusieurs centaines de militants pro-vie de différentes confessions étaient présents. Le cimetière compte plus de 62 000 enfants non nés. Avant les enterrements, les fœtus morts ont été nettoyés avec de l’alcool et enveloppés dans du linge blanc. Ils ont aussi reçu un nom et ont été disposés dans l’église avec des fleurs, afin de permettre aux gens de prier pour eux.

« Enterrer des fœtus, c’est demander pardon aux enfants non nés pour la peine et la souffrance que nous leur faisons endurer, et c’est aussi prier pour la sécurité des autres enfants », explique le père Joseph Nguyen Van Tich, qui a concélébré la messe avec le père Vincent Nguyen Minh Tien.

Même si les habitants ont pris dix jours de congé pour célébrer la fête du Têt (le Nouvel an lunaire) en janvier, les interruptions prématurées de grossesses n’ont pas cessé et les volontaires ont collecté près de 700 fœtus le mois dernier dans les cliniques et hôpitaux de la région, précise le père Tich.

Près de 300 000 avortements par an au Vietnam

Le pays asiatique, qui compte près de 99,4 millions d’habitants, enregistre un triste record avec environ 300 000 avortements par an, dont une majorité de filles âgées entre 15 et 19 ans. Parmi elles, entre 60 et 70 % sont toujours scolarisées, selon les études. Les volontaires du groupe vietnamien expliquent collecter entre 700 et 1 500 fœtus par mois, dont des enfants mort-nés, selon le père Tich, qui a lancé ces activités pro-vie au Vietnam en 2011.

Le prêtre souligne que le groupe diocésain a aussi sauvé plusieurs centaines d’enfants de l’avortement et fourni un logement sûr à plus de 2 000 mères célibataires, abandonnées par leurs partenaires et leurs proches pour avoir refusé de mettre fin à leur grossesse.

Au Vietnam, les avortements en début de grossesse ont été déclarés comme un droit des femmes dans le cadre de la loi de 1989 sur la santé. Plus de 14 millions d’habitants du Vietnam – le troisième pays le plus peuplé d’Asie du Sud-Est – sont âgés entre 10 et 19 ans, ce qui représente près de 14,4 % de la population. Selon une étude menée en 2021 pour les Objectifs de développement durable des Nations unies, on comptait un avortement pour mille filles de 15 à 19 ans au Vietnam en 2021.

Le père Tich explique que le comité pro-vie du diocèse offre également un soutien psychologique et spirituel à ceux qui ont été impliqués dans un avortement. Le prêtre note toutefois qu’il est triste que des parents paient des soignants pour supprimer leurs enfants. Durant les enterrements, le 29 janvier, il a insisté sur le fait que l’interruption volontaire de grossesse est un crime grave contre l’humanité.

(Avec Ucanews)

Source : MISSIONS ÉTRANGÈRES DE PARIS, le 3 février 2023

Le Saint-Siège et le Vietnam consolident leurs relations

Rencontre du Saint-Siège avec l'Etat du Vietnam à Hanoï, dans la capitale, le 22 avril 2022.Rencontre du Saint-Siège avec l’Etat du Vietnam à Hanoï, dans la capitale, le 22 avril 2022.

Le Saint-Siège et le Vietnam consolident leurs relations

Lors d’une réunion à Hanoï les 21 et 22 avril 2022, un groupe de travail conjoint entre le Vietnam et le Saint-Siège a convenu de renforcer le dialogue et la confiance mutuels entre Hanoï et le Vatican. La 10e rencontre de ce groupe se tiendra au Vatican, a une date communiquée ultérieurement, ont fait savoir les deux délégations.

Vatican News

Dans un communiqué de presse publié le 22 avril, le Bureau de presse du Saint-Siège indique qu’une réunion d’un groupe de travail conjoint Vietnam – Saint-Siège s’est tenue à Hanoï, les 21 et 22 avril 2022. La session a été coprésidée par Mgr Miroslaw Wachowski, Sous-secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États, et par Ha Kim Ngoc, vice-ministre des Affaires étrangères du Vietnam et chef de la délégation vietnamienne.

Selon le communiqué, la rencontre a permis aux délégations d’avoir une discussion approfondie sur les relations entre les États et d’aborder la question de l’Église catholique au Vietnam. Il a été noté que les relations entre le Vietnam et le Saint-Siège se sont récemment développées. En dépit des mesures d’endiguement de la pandémie de Covid-19, un échange d’idées fréquent et cordial «a toujours eu lieu».

Les deux parties ont convenu que les relations entre le Vietnam et le Saint-Siège devaient être maintenues sur la base de principes mutuellement acceptés et d’un dialogue fructueux, dans le but de consolider la confiance réciproque et de renforcer les relations dans l’intérêt commun des deux parties et de la communauté catholique vietnamienne», indique la déclaration.

Développements futurs

Au cours de la réunion, qui s’est tenue dans «une atmosphère cordiale et de respect mutuel», les délégations se sont mises d’accord sur des questions «pertinentes pour élever, dans un avenir proche, le niveau des relations entre le Vietnam et le Saint-Siège (…) et ont convenu des futures mesures à prendre pour établir un bureau du représentant pontifical résident à Hanoï.» 

Le Saint-Siège apprécie l’activité dynamique de l’Église au Vietnam

Le groupe de travail a enfin observé que «le Saint-Siège suit avec intérêt la vie profonde et dynamique de la communauté catholique dans le pays et encourage l’Église catholique du Vietnam à contribuer au bien commun et à [sa] prospérité, comme la communauté catholique l’a démontré concrètement durant les périodes les plus critiques de la pandémie, en se portant volontaire dans les hôpitaux et en venant en aide aux plus nécessiteux».

Au cours de son séjour à Hanoï, la délégation du Saint-Siège a également rendu une visite de courtoisie au vice-premier ministre permanent du pays, Pham Binh Minh. Elle prévoit de rencontrer les membres de la Conférence épiscopale vietnamienne lors de leur réunion plénière à Thai Binh, dans les jours à venir.

La 10e rencontre du groupe de travail conjoint entre le Vietnam et le Saint-Siège se tiendra au Vatican, a une date communiquée ultérieurement, ont fait savoir le 22 avril les deux délégations.

Source: VATICANNEWS, le 22 avril 2022

VIETNAM – Des représentants de l’État interrompent la messe célébrée par l’Archevêque de Hanoi

Les catholiques de l’Archidiocèse de Hanoi ont été surpris et choqués lorsque des fonctionnaires du gouvernement sont entrés dans une église de la province de Hoa Binh et ont interrompu la Messe que célébrait Mgr Joseph Vu Van Thien, Archevêque de Hanoi. Comme rapporté à Fides, l’incident a eu lieu le dimanche 20 février dans la paroisse de Vu Ban, l’église est la plus grande de la ville et peut accueillir plus de cent personnes. Des fonctionnaires vietnamiens portant des casques ont interrompu pour des raisons inconnues, la messe de 10 heures célébrée par l’Archevêque. « Il était assez désagréable et inquiétant de voir la liturgie interrompue par la présence de plusieurs fonctionnaires de l’État », indique une note de l’Archevêché de Hanoi, en référence à l’indignation exprimée par la communauté locale.
Des agents de sécurité en civil ont interrompu le service liturgique. Menés par le chef de la branche locale du parti communiste, ils se sont rendus à l’autel, ordonnant à l’Archevêque d’une voix altérée d’arrêter immédiatement la liturgie et de disperser l’assemblée.
La raison pour laquelle les représentants du gouvernement sont intervenus et ont interrompu la messe n’a pas été clairement établie.
L’Archevêque Joseph célébrait l’Eucharistie du septième dimanche du temps ordinaire avec d’autres prêtres diocésains à l’occasion de la « Journée de la mission archidiocésaine ». Les concélébrants et les paroissiens ont fait de leur mieux pour protéger l’Archevêque Joseph et ont demandé aux officiels de quitter l’église, permettant ainsi la fin de la liturgie. Après ce malheureux incident, la Sainte Messe a repris, même si l’assemblée était stupéfaite et secouée.
Les catholiques de Hanoi et les croyants d’autres religions au Vietnam ont condamné cette violation flagrante des droits de l’homme et de la liberté de culte. « Pour la première fois, j’ai vu des fonctionnaires du gouvernement local s’approcher de l’autel et interrompre la messe sans attendre qu’elle se termine, comme ils le faisaient dans le passé. Pour la première fois, je les ai vus s’adresser violemment aux prêtres, manquant de respect aux ministres sacrés. C’est une action brutale et illégale. C’est un blasphème et un sacrilège flagrants », a déclaré le père Peter Nguyen Van Khai, un religieux de la congrégation des Rédemptoristes au Vietnam.
Selon un rapport publié il y a quelques jours par la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), le Vietnam reste un « pays particulièrement préoccupant » en matière de liberté religieuse, car il permet à ses citoyens de pratiquer librement leur religion, mais « la persécution gouvernementale reste une dure réalité face aux groupes religieux indépendants et non enregistrés », note le rapport. En outre, les autorités continuent de soumettre les croyants et les défenseurs de la liberté religieuse à des peines de prison de longue durée.

Source: FIDES.ORG, le 22 février 2022

VIETNAM – La mission des Dehoniens : « Au service du peuple vietnamien, annoncer la Bonne Nouvelle »

VIETNAM – La mission des Dehoniens : « Au service du peuple vietnamien, annoncer la Bonne Nouvelle »

 » Tout a commencé lors du Chapitre général de 2007, lorsqu’il a été décidé d’ouvrir une nouvelle présence missionnaire en Asie. En période de crise, marquée par la baisse des vocations, le vieillissement du personnel et la situation difficile de certaines missions, elle a été un signe d’espoir pour notre congrégation, appelée à redémarrer et à se repositionner dans un nouveau contexte mondial et ecclésial. D’où le choix du Vietnam, où les premiers missionnaires dehoniens sont arrivés en 2013″.

C’est ce que dit le Père Rechie Gier, missionnaire d’origine philippine, appartenant à la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus (appelés « Dehoniens »), en parlant de la façon dont les enfants spirituels du Père Leo Dehon ont fait leurs premiers pas dans le pays asiatique.

Notre communauté, a-t-il poursuivi, se développe rapidement et est prometteuse : Dieu la comble de sa bénédiction en envoyant un bon nombre de vocations. Actuellement, nous avons 7 candidats qui étudient au Collège, 22 étudiants en philosophie, 7 postulants, 23 novices et 20 scolastiques à vœux temporaires et 2 diacres ».


Les dehoniens au Vietnam sont engagés dans divers ministères : formation et vocations, ministère paroissial, enseignement au grand séminaire et à l’école catholique, et puis aussi dans l’accompagnement des jeunes et dans l’apostolat social. Grâce au soutien de nombreux et généreux bienfaiteurs, explique le père Richie, et à l’accueil fraternel de certains diocèses, nous pouvons être plus présents et travailler plus assidûment dans l’Église locale.

Nous espérons », poursuit-il, « qu’avec un bon nombre de vocations, venant de différentes parties du Vietnam, la présence de la Congrégation dehonienne pourra s’étendre et rendre davantage de services à l’Église et au peuple du Vietnam ».


M. Gier explique : « À ce jour, nous sommes en dialogue avec les Evêques pour comprendre, avec eux, où il pourrait être nécessaire de construire de nouvelles infrastructures religieuses : à Ho-Chi-Minh-City, par exemple, l’Archevêque envisage de construire un centre missionnaire. Ce serait l’occasion pour nous de développer une nouvelle communauté dans la ville. Une autre possibilité serait de développer la mission dans ce que l’on appelle les « highlands », les plateaux des zones montagneuses qui ne sont pas facilement accessibles, où vivent des peuples tribaux ». “


Il y a encore beaucoup à faire », dit le père Rechie, « il est très important de regarder les nombreux jeunes qui sont en formation, les réponses positives timides mais encourageantes des habitants, qui ont besoin d’être animés, encouragés et aidés. Nous, missionnaires dehoniens, conclut-il, avons la mission de répondre, dans notre propre style et selon le charisme de notre fondateur, aux défis que cette terre et cette société nous lancent.


L’Église catholique du Vietnam compte près de 8 millions de baptisés, soit 9 % de la population. Il y a 100 000 baptêmes par an, et le catholicisme est la deuxième plus grande religion du pays, après le bouddhisme.


Source: Agence Fides, le 18 décembre 2021

VIETNAM – Inondations dans le centre du Vietnam : le peuple de Dieu se réfugie sous le manteau de Marie

VIETNAM – Inondations dans le centre du Vietnam : le peuple de Dieu se réfugie sous le manteau de Marie

Da Nang (Agence Fides) – La tempête tropicale Con Son a frappé les provinces côtières centrales du Vietnam et de nombreuses localités de la région ont mis en place des plans pour faire face à la cinquième tempête tropicale de 2021, qui a mis à genoux l’économie locale. Cependant, les plans d’évacuation et d’urgence doivent respecter les protocoles Covid-19, ce qui s’avère très difficile alors que le pays est confronté à une quatrième vague de la pandémie : les autorités cherchent des lieux de refuge plus sûrs, font venir les personnes évacuées et doivent simultanément les maintenir à une distance sûre les unes des autres. Des efforts sont faits pour que chaque famille dispose d’une chambre, afin d’éviter que les familles de pêcheurs ne se rassemblent et ne vivent temporairement dans des endroits surpeuplés. Dans les zones rurales, des milliers de soldats ont été mobilisés pour aider les agriculteurs à récolter rapidement le riz et d’autres produits avant la tempête, afin de limiter les dommages aux cultures. 


Entre le 11 et le 12 septembre, la tempête tropicale a frappé le centre du Vietnam, provoquant des inondations et des dégâts sur une vaste zone, dans les territoires de l’Archidiocèse de Hue, du diocèse de Da Nang et d’une partie du diocèse de Qui Nhon. Les dégâts importants causés aux bateaux de pêche, la destruction de nombreuses maisons et de grands élevages de poissons et de crevettes posent de graves problèmes de subsistance aux pêcheurs et aux agriculteurs de la région. De nombreuses routes dans les zones montagneuses ont été terriblement endommagées, isolant les villages.


Dans une lettre pastorale, Mgr Joseph Dang Duc Ngan, qui dirige le diocèse de Danang, a invité tous les fidèles du diocèse à « s’entraider généreusement, à subvenir aux besoins des personnes dans le besoin, quelle que soit leur religion, en vivant un esprit d’entraide, de solidarité et de charité ». Le Prélat a également lancé un appel sincère aux catholiques locaux pour qu’ils prient une neuvaine à la Sainte Marie en commémoration du 136e anniversaire de l’apparition dans l’église de Tra Kieu. Le 11 septembre 1885, la Vierge Marie est apparue pour protéger et consoler les fidèles locaux après la persécution du catholicisme par l’armée royale de la dynastie des Nguyen. Elle a été nommée « Mère de Tra Kieu » et est devenue la patronne du diocèse. 


L’Évêque a célébré une messe commémorative alors que la ville de Danang connaissait une atmosphère morose en raison de la tempête : « Avec espoir et confiance, a-t-il souligné, nous confions toutes les souffrances et les difficultés à la Mère de Tra Kieu, et nous l’implorons avec ferveur pour notre protection, comme elle l’a fait pour les fidèles de Tra Kieu il y a 136 ans. Nous invoquons son soutien au peuple pour surmonter les conséquences laissées par la pandémie et la tempête ».


Les pertes économiques sont considérables dans ces zones rurales, et les plus grandes difficultés concernent surtout les pauvres. Après le typhon, l’Archevêque Joseph Nguyen Chi Linh, accompagné d’autres prêtres et religieux de l’archidiocèse de Huè, s’est rendu dans les zones les plus touchées pour apporter un réconfort spirituel et un soutien financier à cinq familles gravement endommagées par la tempête, afin de leur permettre de reconstruire leurs maisons et leurs moyens de subsistance. Que la miséricorde de Dieu les réconforte, ont dit les prêtres, et qu’il garde tout le monde en sécurité dans son amour. 

Sanctuaire N-D de Tra Kieu, province de Quang Nam

Notre-Dame de Tra Kieu priez pour nous !


Source: Agence Fides, le 17 septembre 202