Appel à la canonisation de 40 Nigérians tués dans des attentats contre des églises

L'église catholique San Francisco Xavier, à Owo © Jorge Enrique Mújica, LC- Evangelidigitalización
L’église Catholique San Francisco Xavier, À Owo © Jorge Enrique Mújica, LC- Evangelidigitalización

Appel à la canonisation de 40 Nigérians tués dans des attentats contre des églises

« Un procès en béatification contribuerait grandement à renforcer la foi des chrétiens persécutés »

« Si l’Église ouvrait un procès en béatification, cela contribuerait grandement à renforcer la foi de ceux qui pratiquent leur foi dans des régions déchirées par la guerre ou dans des régions comme le nord du Nigeria, où la plupart de ceux qui se disent chrétiens sont persécutés », appelle un prêtre nigérian.

Par : John Newton et Filipe d’Avillez

(ZENIT News / Owo, Nigeria, 04 juin 2023) – Un prêtre nigérian a demandé la béatification de plus de 40 chrétiens qui ont péri lors d’une attaque contre l’église Saint-François-Xavier dans le sud-ouest du Nigeria.

Le père Emmanuel Faweh, recteur de l’Institut Saint-Albert, dans le diocèse de Kafanchan, a déclaré à l’organisation caritative catholique Aide à l’Église en détresse (AED) que les 41 catholiques qui ont perdu la vie au cours d’une messe le dimanche de la Pentecôte sont des martyrs et que la première étape de leur chemin vers la sainteté doit être franchie : « Pour moi, en tant que prêtre de la sainte Église catholique romaine, ce ne serait pas une mauvaise idée si l’Église décidait d’ouvrir une cause de béatification pour ceux qui ont perdu la vie dans cet attentat, parce qu’ils sont morts en professant leur foi. Ils sont morts alors qu’ils adoraient Dieu dans leur propre maison. Si l’Église ouvrait un procès en béatification, cela contribuerait grandement à renforcer la foi de ceux qui pratiquent leur foi dans des régions déchirées par la guerre ou dans des régions comme le nord du Nigeria, où la plupart de ceux qui se disent chrétiens sont persécutés ».

L’attentat du 5 juin 2022 a fait plus de 70 blessés, dont beaucoup ont vu leur vie bouleversée.

Le massacre d’Owo, dans l’État d’Ondo, c’est la première fois qu’une église chrétienne est attaquée aussi loin au sud du Nigeria, la plupart des attaques se produisant dans le nord-est, ou Middle Belt.

Le père Faweh a déclaré que si les terroristes, qui ont perpétré l’attaque, voulaient effrayer les chrétiens ou affaiblir leur foi, ils ont échoué : « Certaines des victimes portent encore leurs cicatrices et les appellent leur marque d’honneur, un rappel que leur foi l’emportera sur n’importe quel type d’attaque de la part de ceux qui veulent arrêter la propagation de la foi au Nigéria.

Le prêtre a décrit le témoignage remarquable de l’une des victimes de l’attentat de l’année dernière, lors de la réouverture de la paroisse Saint-François-Xavier à Pâques : « Au cours de la célébration, l’une des survivantes, une infirmière qui a perdu ses deux jambes et un œil, était remplie de joie et de gratitude et a déclaré : « Je suis venue avec mes cicatrices comme un insigne d’honneur, et il n’y a rien sur la surface de la terre qui puisse faire fléchir ma foi ».

Le père Faweh a ajouté : « Nous nous souvenons de cet attentat terroriste avec des sentiments mitigés. »

Il y a un sentiment de gratitude car, malgré tout ce qui se passe, les gens continuent à professer leur foi. Mais il y a aussi de la douleur, de la douleur que le gouvernement, dont la seule responsabilité est la protection de la vie et des biens, n’ait  pas poursuivi les criminels, qui ont déclenché cette attaque contre des personnes très innocentes, il y a un an », a déclaré le recteur de l’Institut St Albert.

Selon le recteur de l’Institut St Albert, la communauté chrétienne espère que l’administration du nouveau président Bola Tinubu, qui a prêté serment lundi 29 mai, s’attaquera avec succès au problème de la violence extrémiste : « Nous prions et espérons que le gouvernement actuel sera en mesure de consolider la lutte contre le terrorisme entamée par les gouvernements précédents. Puisse ce gouvernement avoir la volonté de nommer les commanditaires de ces terroristes et de les poursuivre en justice, afin de décourager ceux qui gagnent de l’argent grâce à ces crises et aux attaques terroristes qui ont eu lieu dans ce pays ».

Le père Faweh a déclaré à l’AED : « Nous garderons espoir, nous resterons concentrés et rien ne nous dissuadera d’adorer notre Dieu en vérité et en esprit ».

Source : ZENIT. ORG, le 6 juin 2023

En Inde, le harcèlement contre les chrétiens continue

Des militants et des membres de la communauté chrétienne brandissent des pancartes alors qu'ils participent à un rassemblement de protestation pacifique contre ce qu'ils qualifient d'augmentation de l'hostilité, de la haine et de la violence à l'encontre des chrétiens dans divers États du pays, à New Delhi, le 19 février 2023.
Des militants et des membres de la communauté chrétienne brandissent des pancartes alors qu’ils participent à un rassemblement de protestation pacifique contre ce qu’ils qualifient d’augmentation de l’hostilité, de la haine et de la violence à l’encontre des chrétiens dans divers États du pays, à New Delhi, le 19 février 2023. (AFP or licensors)

En Inde, le harcèlement contre les chrétiens continue

Une violente arrestation de chrétiens a eu lieu en Inde dans l’État central de Chhattisgarh le 30 avril dernier, à la suite d’allégations d’une organisation hindoue nationaliste, selon lesquelles ils étaient impliqués dans des activités de conversion forcée. Énième épisode de harcèlement contre les chrétiens dans le pays.

Vatican News avec UCA News

Environ 25 chrétiens accompagnés de dix pasteurs s’étaient rassemblés pour la prière dominicale lorsqu’une centaine d’hommes armés appartenant à l’organisation Bajrang Dal ont fait irruption, a déclaré Arun Pannalal, président du Forum chrétien de Chhattisgarh (FCC), à UCA News, le 2 mai dernier. Les chrétiens encerclés ont appelé la police et se sont enfermés. Pourtant, ce sont le propriétaire de la maison, les pasteurs et quelques autres fidèles que les forces de l’ordre auraient arrêtés pour «trouble de l’ordre public».

Selon Ankush Barayiekar, un participant à la réunion de prière, «la police a demandé aux pasteurs pourquoi ils organisaient des prières dans une résidence privée, et a même frappé certains d’entre eux qui ont dû être soignés dans un hôpital local». Pour le propriétaire de la maison, l’hostilité de ses voisins pourraient être à l’origine de l’intervention de ce groupe militant. Il souligne son incompréhension vis-à-vis de ces attaques en soutenant qu’aucune nuisance sonore n’avait été produite. Du point de vue de la police indienne, ce problème est un «petit incident», dont les aboutissants sont déjà résolus.

Des oppositions répétées

Selon Ankush Barayiekara, «ce n’est pas la première fois que des chrétiens sont attaqués par le Bajrang Dal». Le groupe «avait mené une attaque similaire en 2021»ajoute le propriétaire de la maison. Suite à ces attaques répétées, le président du FCC, Arun Pannalal envisage de saisir le tribunal pour demander à la police de prendre des mesures contre le groupe nationaliste hindou. Il dénonce une campagne de conversion forcée des chrétiens à l’hindouisme. Ce harcèlement est à l’origine d’attaques sur plus de 1000 chrétiens tribaux depuis le début de cette année, dont des femmes enceintes, des enfants et des personnes âgées, contraints de fuir leurs villages.

À l’échelle du pays, les harcèlements se font de plus en plus nombreux. L’année 2022 marque un pic de violence jamais atteint à l’encontre du peuple chrétien. En effet, selon le FCC, 598 incidents de violence ont été commis en 2022 contre 486 en 2021.

Des tentatives de discussion avec le gouvernement indien

Le 19 février 2023, 22 000 chrétiens indiens s’étaient déjà réunis dans la capitale pour dénoncer ces actes. Ils ont également adressé une lettre aux autorités indiennes dans laquelle ils expriment leur crainte et leur incompréhension vis-à-vis de l’absence de réaction du gouvernement. Néanmoins, les rapports de la FCC démontrent que les organisations hindoues extrémistes semblent souvent bénéficier d’une immunité. Ces dernières sont souvent accompagnées de la police et des médias et les plaintes retenues contre les chrétiens pour «conversions forcées» sont prises au sérieux par le gouvernement indien.

Source : VATICANNEWS, le 8 mai 2023

NIGERIA – Deux nouveaux prêtres catholiques enlevés dans le sud du Nigeria

NIGERIA – Deux nouveaux prêtres catholiques enlevés dans le sud du Nigeria

Abuja (Agence Fides) – Deux prêtres catholiques ont été enlevés dans l’Etat du Delta, au sud du Nigeria. Il s’agit du Père Chochos Kunav, appartenant à la congrégation de l’Institut séculier des Pères de Schoenstatt, et du Père Ralph Ogigba, du clergé du diocèse de Warri, curé de l’église St. Francis à Agbara Otor, Ughelli North, dans l’Etat du Delta.

Le Père Kunav travaille dans le diocèse d’Ibadan, mais il s’était rendu à Warri pour rendre visite à des connaissances. « Malheureusement, après une bonne visite à une paroisse voisine, le Père Chochos Kunav et le Père Ralph Ogigba ont été enlevés la nuit dernière (dimanche 30 avril) alors qu’ils retournaient à la paroisse du Père Ogigba », indique un communiqué publié par les Pères de Schoenstatt.

« L’enlèvement – précise le communiqué reçu par l’Agence Fides – s’est produit le long de la route devant l’Université Ibru Agbara Otor.

Le 15 avril, le Père Michael Ifeanyi Asomugha, curé de l’église St Paul à Okigwe, dans l’État d’Imo, au sud-est du pays, a été enlevé. Le prêtre a été libéré par ses ravisseurs neuf jours plus tard.

Source : Agence Fides, le 2 mai 2023

PÉROU : « Elle a fini sa vie en priant pour tout le monde ». Sœur Maria Agustina Rivas, tuée pour avoir été une artisane de la paix

Par Stefano Lodigiani

La Florida (Agence Fides) – « Une religieuse missionnaire tuée pour avoir été une artisane de paix », tel est le titre de la nouvelle par laquelle l’Agence Fides a informé de la mort tragique de Sœur Maria Agustina Rivas, religieuse missionnaire de la Congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur, le 27 septembre 1990 à La Florida, dans le Vicariat Apostolique de San Ramon, au Pérou. « Vous êtes condamnée à mort parce que vous semez la paix, promouvez la condition sociale des gens et leur donnez des friandises » était l’accusation, rapportée par Fides, lue avant qu’un groupe d’hommes armés du Sendero Luminoso ne tue la religieuse et cinq autres personnes avec des coups de feu.

Sœur Maria Agustina avait l’intention d’enseigner à un groupe de jeunes femmes comment préparer les repas, dans le centre de promotion sociale ouvert il y a dix ans par sa congrégation à La Florida, dans l’objectif d’offrir une assistance sociale et caritative aux agriculteurs, aux indigènes et aux femmes. Un groupe d’hommes armés a fait irruption dans le centre et a emmené la religieuse, sans trouver la supérieure. Le groupe a rassemblé la population sur la place, séparant six personnes. Le chef du groupe armé a lu à haute voix une proclamation indiquant les raisons de la condamnation à mort. Immédiatement après, les exécutions ont commencé, la dernière étant Sœur Maria Agustina, qui s’était offerte en échange de la libération des autres. Avant de tomber sous les coups du peloton d’exécution, elle s’agenouilla et joignit les mains dans une attitude de prière. On l’accusait d’être une artisane de la paix qui, par des œuvres de charité et des activités éducatives, avait détourné les jeunes de l’insurrection armée.

Par crainte de nouvelles représailles de la part des bourreaux, les corps restèrent sur la place jusqu’au lendemain matin, où ils furent enterrés ensemble dans le cimetière de la ville. Sœur Agustina « était ainsi restée parmi ses frères paysans, vivante et morte, comme elle l’avait toujours souhaité ». Le corps de Sœur Agustina a ensuite été exhumé par la police judiciaire péruvienne pour subir une autopsie. Les sœurs ont ensuite demandé à récupérer les restes de leur sœur, qui ont été enterrés le 6 octobre dans le cimetière du Presbytero Maestro à Lima.

Agustina avait toujours été une artisane de la paix et une promotrice de son peuple, comme l’a confirmé la « sentence de condamnation » qui lui a coûté la vie. Sa congrégation religieuse a reçu d’innombrables témoignages de solidarité et de gratitude lorsque la nouvelle de sa mort sanglante s’est répandue. Les évêques du Pérou ont lancé un appel aux guérilleros du « Sendero Luminoso » et du « Movimiento Tupac Amaru » pour qu’ils mettent immédiatement fin à la violence qui, au cours des dix dernières années, a fait 21 000 morts, des milliers de blessés, de mutilés et de personnes déplacées, ainsi que des millions de dollars de pertes matérielles. Les évêques ont souligné : « C’est la première fois qu’un groupe armé tue une religieuse de manière délibérée et consciente ».

Maria Agustina Rivas López, dite Aguchita, est née le 13 juin 1920 à Coracora (Pérou). À l’âge de 14 ans, elle se rend à Lima pour étudier au collège Sevilla, dirigé par les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur. En 1941, elle est entrée dans cette même congrégation, a fait sa profession religieuse temporaire le 8 février 1945 et sa profession perpétuelle le 8 février 1949. Elle vécut à Lima jusqu’en 1988, exerçant divers services dans la communauté, des plus humbles à ceux d’éducatrice, d’assistance aux mineurs en situation d’abandon, de risque social et de pauvreté, et de collaboratrice de la Maîtresse des novices.

En 1988, elle a été envoyée à La Florida, dans la région de Junín, où la Congrégation a dirigé une mission avec un engagement spécial pour soutenir les paysans et les indigènes, avec une attention particulière pour la promotion des femmes de ces communautés. Malgré le danger croissant des actions sanglantes du Sendero Luminoso, la Congrégation a continué à organiser des programmes de santé, d’éducation, de nutrition, d’alphabétisation, d’artisanat et de catéchèse familiale. Sœur Agustina voyait dans cette nouvelle mission une nouvelle chance d’être avec les plus pauvres, même si elle était consciente des difficultés et des risques.

La cause de béatification et de canonisation s’est déroulée, au niveau diocésain, du 4 au 16 octobre 2017 au vicariat apostolique de San Ramón, sur le territoire duquel se trouve La Florida. En 2018, la dépouille mortelle de Sœur Aguchita a été transférée à l’église Santa Rosa da Lima de La Florida. Son martyre in odium fidei a été reconnu par le pape François le 22 mai 2021, et sa béatification a été célébrée le 7 mai 2022, dans le parc central de La Florida.

Un livre a également été dédié à la missionnaire péruvienne, qui a donné sa vie pour l’Amazonie et les peuples amazoniens, intitulé « Aguchita : la mort ne s’improvise pas, l’amour est notre vocation » par Alfonso Tapia, vicaire général de San Ramón. Commentant le texte, l’historien José Antonio Benito souligne également que parmi les peuples de la jungle péruvienne à Aguchita « nous voyons beaucoup de Sainte Thérèse, en raison de son expérience de l’enfance spirituelle, dans la confiance et l’abandon à Dieu. Sans cette dimension, Aguchita serait une activiste sociale – excellente – mais réduite à une bénévole sociale. C’est là que se révèle la clé de sa charité et de sa sainteté ».

Dans son récit de l’assassinat d’Aguchita et des villageois, José Antonio Benito souligne que « la religieuse – à tout moment – priait pour tout le monde. C’est ainsi que se termina sa vie et celle des villageois qui moururent en ce jour tragique ». Mais pour le croyant, le martyre ne s’arrête pas à l’acte sanglant, de sorte que « la mort d’Aguchita, et des milliers de Péruviens innocents morts injustement, devient un témoignage de paix et de liberté ».

Le samedi 7 mai 2022, dans le parc de La Florida, dans le vicariat apostolique de San Ramón, à l’endroit même où la religieuse a été tuée, a été célébrée la messe de béatification de sœur María Agustina Rivas López, connue sous le nom d’Aguchita. Présidée par le cardinal Baltazar Enrique Porras, Archevêque de Mérida et Administrateur apostolique de Caracas, envoyé du Pape François, elle a été suivie par des milliers de fidèles.

« Le martyre de Sœur Agostina présente plusieurs aspects qui méritent d’être pris en considération », a souligné le Cardinal dans son homélie. « Tout d’abord, le non-sens de la violence, du crime, de l’injustice, de la bassesse des idéologies pour lesquelles la vie humaine ne compte pas. L’usage indiscriminé des armes ne laisse que mort et désolation, il ne résout pas les vrais problèmes de la coexistence humaine ». À la lumière de la Parole de Dieu et avec la force de l’Eucharistie, le cardinal a invité les croyants à « cultiver les vocations à la vie sacerdotale, à la vie consacrée, à la présence stable de leaders laïcs, qui donnent de l’espace à la multiplicité des dons que l’Esprit Saint sème en chacun ».

Pour Sœur Agustina, « le martyre n’a pas été une improvisation, mais l’holocauste final de l’amour pour sa vocation », a souligné le Cardinal Porras, rappelant que « sa vie et sa mort nous rappellent que pour chaque baptisé, il s’agit d’une dimension constitutive de son existence ; toute la vie chrétienne regarde le martyre comme un horizon permanent, dans cette dimension oblative, que ce soit d’une manière non sanglante la plupart du temps, ou sous une forme sanglante ». Rappelant le passage de l’Évangile de la messe, le cardinal Porras a souligné que « chez Sœur Agustina, l’Évangile du Bon Pasteur est devenu présent. En bonne bergère, Aguchita a donné sa vie pour ses brebis… Aujourd’hui, nous célébrons le triomphe de la vie sur la mort et relevons le défi pascal d’être des disciples et des missionnaires passionnés par l’apprentissage et l’enseignement de la vie ».

À la fin de la messe, l’évêque du vicariat apostolique de San Ramón, Mgr Gerardo Zerdín, a annoncé que l’église devant laquelle a été célébrée la messe de béatification sera le « sanctuaire vicarial de Sainte Rose de Lima et de la bienheureuse Agustina, martyre ». Le Pape François, après la prière du Regina Coeli du dimanche 8 mai 2022, a rendu hommage à la nouvelle bienheureuse en ces termes : « Cette missionnaire héroïque, tout en sachant qu’elle risquait sa vie, est toujours restée proche des pauvres, en particulier des femmes indigènes et paysannes, témoignant de l’Évangile de la justice et de la paix. Que son exemple suscite en chacun le désir de servir le Christ avec fidélité et courage » (

Source : Agence Fides, le 23 mars 2023

PAKISTAN – Sacrifier sa vie pour sauver celle des autres : la foi simple et forte du jeune Akash

par Stefano Lodigiani

Lahore (Agence Fides) – « Nous n’avons pas besoin et nous ne voulons pas de guerre civile. Nous, chrétiens, sommes des hommes de paix. Ne laissons pas la douleur obscurcir notre regard : que ce soit toujours le regard du Christ et de son Évangile. Quel avenir voulons-nous construire pour le Pakistan ? Un avenir d’harmonie et de réconciliation ». Tels sont les mots de l’Archevêque de Lahore, Son Exc. Mgr Sebastian Shaw, rapportés par l’Agence Fides, avec lesquels il s’est adressé à la foule de plus de 10 000 fidèles participant, le 17 mars 2015, aux funérailles des victimes de l’attentat contre l’église catholique Saint John et l’église protestante Christ Church à Youhanabad, une banlieue chrétienne de la périphérie de Lahore. Le double attentat, commis le dimanche 15 mars, avait fait 15 morts et plus de 80 blessés, dont certains sont décédés dans les jours qui ont suivi.

Parmi les victimes de l’attentat contre l’église Saint John, un jeune catholique pakistanais, Akash Bashir, est devenu le premier « Serviteur de Dieu » de l’histoire de l’Église du Pakistan, le 31 janvier 2022. Ce jeune homme de 20 ans faisait partie des volontaires chargés d’assurer la sécurité des fidèles à l’extérieur de l’église, compte tenu de la situation extrêmement tendue et de la succession d’attaques et de menaces à l’encontre des communautés chrétiennes. Akash avait assumé cette tâche avec un grand sens des responsabilités, et n’avait pas hésité à sacrifier sa vie pour sauver celle de centaines de personnes qui priaient à l’intérieur de l’église à ce moment-là : pour arrêter un terroriste kamikaze, il est mort avec lui.

Un geste qui n’est certainement pas attribuable à l’impulsion du moment, fruit et expression d’une foi simple, mûre et caractérisée par le témoignage, comme le souligne le père Pierluigi Cameroni, sdb, postulateur général : « Akash a vécu un engagement concret à partir de la foi pour faire croître la paix, la coexistence, la justice et la miséricorde, et étendre ainsi le Royaume de Dieu dans le monde. Dans le silence et l’anonymat, il a vécu pleinement l’Évangile, en vivant le présent avec dévouement et générosité ».

Né à Risalpur, au Pakistan, le 22 juin 1994, Akash était un enfant très fragile qui a à peine survécu à un climat défavorable, à la pauvreté de sa famille et à une mauvaise alimentation. Ces facteurs ont probablement influencé son développement : ce n’est qu’à l’âge de quatre ans qu’il a appris à marcher et à parler, et il a traîné un problème de bégaiement jusqu’à la préadolescence. Au lieu de l’abattre, ces difficultés ont contribué à renforcer son caractère. À Risalpur, Akash a reçu les sacrements du baptême, de la première communion et de la confirmation à l’église St. La proximité de Risalpur avec l’Afghanistan et la multiplication des attentats terroristes en 2007 ont poussé les parents d’Akash à émigrer vers l’est du Pakistan, au Pendjab, plus précisément à Lahore, dans le district de Youhanabad, près de la famille de la mère d’Akash. Le père d’Akash y a trouvé un emploi de peintre et, en 2008, toute la famille a été réunie à Lahore.

« À Lahore, explique le père Cameroni, Akash a fréquenté la St. Dominic High School pendant un an, à partir du 25 septembre 2008. Il a ensuite abandonné l’école en raison de ses mauvais résultats scolaires, puis s’est inscrit au RCCM – Community Boys Middle School – et enfin, en septembre 2010, au Don Bosco Technical and Youth Centre, fondé en 2000 pour accueillir les élèves rejetés par les écoles traditionnelles. Akash a fréquenté l’institut jusqu’au 24 février 2011, mais n’a pas réussi l’examen de promotion. Les Salésiens du district de Youhanabad gèrent un internat pour les enfants et les jeunes, une école primaire, une école technique, des ateliers pour les jeunes femmes et un cours du soir. Les Salésiens ont fondé leur première mission au Pakistan dans la ville de Quetta en 1998, et une autre à Lahore l’année suivante ».

Des témoignages recueillis pour la cause de béatification, il ressort qu’Akash était un jeune homme très simple. Son père se souvient de lui comme d’un fils obéissant, d’un humble travailleur né et élevé dans une famille pauvre, d’une personne patiente et surtout d’un jeune homme à la foi solide. Ses parents avaient éduqué Akash à mener une vie simple et laborieuse, dans l’honnêteté et le respect d’autrui.

Amical et joyeux, « il parlait toujours avec un visage souriant » et était toujours prêt à aider. C’est également ainsi que se souviennent ceux qui l’ont connu en dehors du cercle familial, comme Mme Maryam Adrees, qui était son professeur en classe VIII et sa voisine : « C’était un garçon simple, charitable et innocent. Il était très respectueux envers tout le monde. Akash se souciait de ce qui arrivait aux autres. Il respectait toujours les personnes âgées et les petits enfants. Quel que soit le travail qu’on lui confiait, il le faisait de tout son cœur et de toute son âme. Il ne commettait jamais d’injustice envers qui que ce soit ; au contraire, lorsqu’il remarquait que quelqu’un était maltraité, il réagissait en essayant de faire quelque chose pour y remédier. Akash voulait vivre sa vie au service de sa famille et de la société. Il avait l’habitude d’aider les pauvres et les nécessiteux avec ce qu’il possédait ». M. Naveed – un opticien chez qui Akash avait l’habitude d’aller avec sa grand-mère pour faire réparer ses lunettes -, un musulman, se souvient également de la préoccupation d’Akash pour les pauvres et les nécessiteux : « Chaque fois qu’il voyait des pauvres, il se sentait triste ; s’il n’avait rien à offrir ou à donner, il priait pour eux. Même s’il avait parfois faim, il avait l’habitude de donner sa nourriture aux autres ».

« L’expérience brève mais profonde de l’esprit salésien et du système préventif qui l’anime – poursuit le Postulateur – a eu un effet intime et profond sur la formation du jeune Akash, qui l’a conduit à une plus grande connaissance et à une amitié renforcée avec le Christ et avec Marie, dont la statue est présente dans une grotte de la cour de l’église paroissiale de Youhanabad, l’église catholique Saint Jean : Akash s’arrêtait devant elle en prière avant de prendre son service. Il consacre des moments particuliers à la dévotion à Marie, partagée avec la communauté dans les prières du Rosaire à la paroisse et dans les pèlerinages à Mariamabad, une ville située à 80 kilomètres au nord-ouest de Lahore, accessible en cinq heures par les transports publics, pour vénérer la Sainte Vierge. Les Salésiens lui ont également appris que l’important n’était pas de s’arrêter face aux adversités personnelles, mais de persévérer avec humilité sur le chemin de la vie et de la foi, et de se tourner avec encore plus d’enthousiasme vers la vie et le service des autres.

Le dimanche 15 mars 2015, alors que la Sainte Messe était célébrée dans la paroisse Saint John, le groupe de jeunes volontaires chargé de la sécurité, dont Akash Bashir faisait partie, gardait l’entrée. Akash a remarqué qu’une personne portant des explosifs sous ses vêtements essayait d’entrer dans l’église. Il l’a retenue, lui a parlé et l’a empêchée de continuer, mais réalisant qu’il ne pouvait pas l’arrêter, il l’a serrée fort dans ses bras en lui disant : « Je mourrai, mais je ne te laisserai pas entrer dans l’église ». Le jeune homme et la kamikaze sont donc morts ensemble. Akash a offert sa vie pour sauver celle de centaines de personnes, garçons, filles, mères, adolescents et adultes qui priaient à l’intérieur de l’église à ce moment-là.

Akash avait 20 ans », souligne le père Cameroni, « ce fait a laissé une profonde impression. Sa vie simple et normale est sans aucun doute un exemple très significatif et important pour les jeunes chrétiens de Lahore, de tout le Pakistan et du monde salésien ». Akash Bashir, ancien élève de Don Bosco au Pakistan, est un témoin du Système Préventif de Don Bosco, un exemple pour les jeunes et une bénédiction pour les minorités religieuses. Sa cause de béatification est un signe d’espoir et un exemple de sainteté juvénile jusqu’au martyre. Comme le premier martyr, saint Étienne, Akash est mort en contemplant le ciel, témoignant par son sacrifice uni à celui du Christ Rédempteur, que la violence est vaincue par l’amour, la mort par la vie. Par sa mort, ce jeune serviteur de l’Évangile enseigne que la gloire du Ciel, la gloire qui dure toute la vie et même la vie éternelle, n’est pas celle de la richesse et du pouvoir, mais celle de l’amour et du don de soi. Akash, par le sacrifice de sa jeune vie, témoigne qu’avec Jésus, on peut toujours regarder vers l’avenir ».

La mort d’Akash et son témoignage continuent d’offrir aux chrétiens du Pakistan, en particulier aux plus jeunes, un exemple lumineux, souligne le père Cameroni : à l’église catholique St. John’s, même après l’attentat et la mort d’Akash, plus de 800 baptêmes sont célébrés chaque année, de nombreux jeunes Pakistanais (dont l’un des frères d’Akash qui est devenu bénévole dans le domaine de la sécurité) ont pris du service dans les paroisses, ont commencé à assister à la messe et accordent de l’importance à la vie et à la famille. « Il est un modèle pour d’autres jeunes et pour des personnes d’autres religions, une source d’inspiration pour le service aux autres et l’aide désintéressée ».

Source : Agence Fides, le 21 mars 2023

Prière pour ceux qui souffrent pour la Foi

Nous Te prions encore de regarder avec miséricorde ton Eglise ;

renforce-la, établis-la et élargis-la, et, en tout temps, défends-la contre les ruses de ses ennemis visibles et invisibles;

Seigneur Tout-Puissant, nous T’en prions, écoute-nous et ne sois pas lent à faire miséricorde.

Toi qui as créé le monde pour Ta gloire et pour la joie infinie, fais que même ceux qui s’opposent à Ton Nom se convertissent et Te glorifient d’une vraie foi et dans la piété avec tous Tes fidèles;

nous T’en prions, Créateur Tout-Puissant, Sauveur du monde, écoute-nous et ne sois pas lent à faire miséricorde.

Ramène à la connaissance de Ta Vérité tous ceux qui se sont éloignés de la vraie Foi et unis-les à Ta Sainte Eglise; Seigneur Tout-Puissant, nous T’en prions écoute-nous et ne sois pas lent faire miséricorde.

Comme dans le passé Tu as montré Tes merveilles en Saül, persécuteur de Tes fidèles, en faisant de lui Ton apôtre Paul, ainsi, en ces jours de détresse, jette un regard de miséricorde sur ceux qui nous haïssent et font du tort à Tes fidèles, sur ceux qui complotent et font le mal contre eux.

Ne les laisse pas périr à cause de nous, pécheurs, mais retourne leur cœur vers la connaissance de Ta Vérité;

Créateur Tout-Puissant, Sauveur du monde, nous T’en prions, écoute-nous et ne sois pas lent à faire miséricorde.

Nous Te prions encore pour tous Tes serviteurs détenus, persécutés, et qui, dans le monde entier, souffrent pour leur Foi:

viens-leur en aide et ouvre le cœur de ceux qui les persécutent.

AMEN

Un chrétien sur sept victime de persécution, clame le Saint-Siège à l’ONU

Rencontre avec les jeunes des Philippines, en janvier 2015.Rencontre avec les jeunes des Philippines, en janvier 2015.

Un chrétien sur sept victime de persécution, clame le Saint-Siège à l’ONU

«La violence et les mesures répressives se sont intensifiées ces dernières années. Les croyants se voient souvent refuser le droit d’exprimer et de pratiquer leur foi, même lorsque cela ne met pas en danger la sécurité publique ou ne viole pas les droits d’autrui», a indiqué l’Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève lors de la 52e session du Conseil des Droits de l’homme.

Vatican News

Un chrétien sur sept souffre de persécution aujourd’hui. C’est ce qu’a déclaré  le représentant du Saint-Siège auprès des Nations Unies et d’autres Organisations Internationales à Genève, Mgr Fortunatus Nwachukwu qui vient d’être nommé par le Pape, secrétaire du dicastère pour l’Évangélisation, Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières. Dans son discours prononcé à l’occasion de la 52e session du Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies, le nonce a souhaité attirer l’attention de la communauté internationale sur «la situation de nombreux individus et communautés qui souffrent de persécutions en raison de leurs croyances religieuses». La paix exige aussi la reconnaissance universelle de la liberté religieuse, a poursuivi le prélat en citant le Pape. «Il est inquiétant que des personnes soient persécutées simplement parce qu’elles professent publiquement leur foi et que, dans de nombreux pays, la liberté religieuse soit restreinte». Selon lui, environ un tiers de la population mondiale vivrait dans ces conditions.

Renforcement des mesures répressives et abus

Ces dernières années, ajoute-t-il, une intensification des mesures répressives et des abus, y compris de la part des autorités nationales, a été remarquée à l’encontre des minorités religieuses dans de nombreux pays du monde. «Les croyants se voient souvent refuser le droit d’exprimer et de pratiquer leur foi, même lorsque cela ne met pas en danger la sécurité publique ou ne viole pas les droits d’autres groupes ou individus». En outre, il alerte sur la profanation et la destruction de lieux de culte et de sites religieux, ainsi que sur les attaques violentes contre les chefs religieux, «elles se sont récemment intensifiées et deviennent de plus en plus courantes, ce qui est effrayant».

Une discrimination subtile et insidieuse

Au nom du Saint-Siège, le diplomate s’inquiète de voir que «derrière une façade de tolérance et d’inclusion»,une discrimination est perpétrée de manière «plus subtile et insidieuse» sur les croyants. «Dans un nombre croissant de pays, nous assistons à l’imposition de diverses formes de censures qui réduisent la possibilité d’exprimer ses croyances publiquement et politiquement, sous prétexte d’éviter d’offenser les sensibilités des autres», et ainsi, poursuit Mgr Fortunatus Nwachukwu, «on perd beaucoup d’espace pour un dialogue sain et même pour un discours public. Au fur et à mesure que cet espace diminue, notre capacité à exprimer le droit fondamental à la liberté religieuse, ainsi que la liberté de pensée et de conscience, qui sont également une condition préalable indispensable pour parvenir à la paix et à la construction d’une société juste, diminue également».

Violence également dans les pays où les croyants ne sont pas des minorités

Rappelant certains appels du Pape, le nonce a souligné qu’il est impossible d’ignorer le fait que la violence et les actes de discrimination contre les chrétiens, augmentent même dans les pays où ils ne sont pas minoritaires. La liberté religieuse y est également menacée«lorsque les croyants voient leur capacité à exprimer leurs convictions dans la vie de la société restreinte au nom d’une conception erronée de l’inclusion. La liberté religieuse, qui ne se réduit pas à la liberté de culte, est l’une des conditions minimales d’un mode de vie digne», a rappelé le prélat. Et de conclure, en affirmant que «les gouvernements ont le devoir de protéger ce droit et de veiller à ce que toute personne, d’une manière compatible avec le bien commun, jouisse de la possibilité d’agir selon sa conscience, y compris dans la sphère publique et dans l’exercice de sa profession de foi».

Source : VATICANNEWS, le 21 mars 2024

MOZAMBIQUE – « Ils sont restés à leur place, près du peuple persécuté, jusqu’à ce que le sang soit versé ». L’histoire des martyrs jésuites de Chapotera

par Stefano Lodigiani 

Tete (Agence Fides) – Le 20 novembre 2021, le Sanctuaire de Nossa Senhora da Conceição do Zobuè, dans le diocèse de Tete, au Mozambique, a accueilli un événement historique pour l’Église locale: l’ouverture du procès de béatification et de canonisation de deux Serviteurs de Dieu, les Pères jésuites João de Deus Kamtedza, du Mozambique, et Sílvio Alves Moreira, du Portugal, connus sous le nom de  » Martyrs de Chapotera « . Ils ont été enlevés et tués le 30 octobre 1985, dans le contexte de la guerre civile qui ravageait le Mozambique, devenu le théâtre d’atrocités et de violences commises par les guérilleros de la RENAMO et les partisans du régime marxiste-léniniste du FRELIMO. « Les pères João de Deus Kamtedza et Sílvio Alves Moreira se sont totalement consacrés au bien du peuple, jouissant de l’estime des chrétiens et des non-chrétiens », souligne l’évêque de Tete, Mgr Diamantino Guapo Antunes, des Missionnaires de la Consolata (IMC).

Les années de guerre civile ont mis à rude épreuve le peuple mozambicain et les communautés catholiques, comme le rapporte l’Agence Fides à l’époque. En 1985, outre la mort des deux jésuites dont la cause de béatification a été ouverte, d’autres événements douloureux se sont produits. Le 3 janvier, la missionnaire combonienne italienne Soeur Teresa Dalle Pezze est tuée lors d’une attaque de la guérilla de la Renamo contre un convoi de véhicules escortés, sur la route de Nampula à Nacala. Dans la nuit du 3 au 4 juin, un groupe de guérilleros de la Renamo a enlevé quatre religieuses portugaises de l’Ordre de Saint-Joseph de Cluny et quatre aspirants, dont certains ont réussi à échapper aux ravisseurs, à Lifidzi, dans la province de Tete. Deux missionnaires capucins italiens ont été enlevés dans le diocèse de Quelimane le 30 juillet par des militants de la Renamo, qui ont attaqué la ville de Luabo, prenant les deux otages avec d’autres étrangers. Ils ont été libérés le 10 septembre, en même temps que 22 autres étrangers. Après une période de repos et de soins en Italie, ils ont souhaité reprendre leur mission.

Sœur Luigia Bottasso, des Missionnaires de la Consolata, et trois catéchistes mozambicains ont été enlevés le 6 novembre entre les missions de Maúa et Cuamba, dans le diocèse de Lichinga, alors qu’ils se rendaient à une réunion pastorale.

Dans ce cadre humainement décourageant, se distingue le témoignage de foi des catéchistes de Pambargala, diocèse de Novo Redondo (aujourd’hui diocèse de Sumbe, Angola), rapporté par Fides le 11 mai 1985. « Les communautés chrétiennes, durement éprouvées par la guerre, n’ont pas pu recevoir la visite de missionnaires depuis plus de deux ans. Mais les chrétiens, les catéchistes et surtout les jeunes ont donné un témoignage de courage et de persévérance. Avec une grande fermeté dans leur foi, ils ont maintenu le contact, par des messages et des visites ». Leur message était le suivant: « Nous nous réjouissons de visiter et de célébrer la foi avec tous les chrétiens de Pambargala. Ce jour viendra! En attendant, nous sommes fermes dans la foi, unis dans la charité fraternelle et courageux dans l’espérance de la Paix ».

Chapotera, la localité associée aux deux martyrs jésuites, est un village situé à environ 6 km de la mission de Lifidzi, dans le nord du diocèse de Tete. La nationalisation de l’éducation et de la santé décidée par le gouvernement mozambicain le 24 juillet 1975, un mois après l’indépendance, a conduit les missionnaires à réfléchir à une alternative au type de mission auquel ils s’étaient consacrés jusqu’alors. Expulsés de leur maison, laissant derrière eux l’infrastructure de la mission qu’ils avaient construite (écoles, laboratoires, hôpital, etc.), ils ont établi une nouvelle résidence près du village de Chapotera, où les Jésuites se sont installés en 1978. Le père João de Deus Kamtedza est arrivé à Chapotera le 22 juillet 1983 et le père Silvio en 1985. C’est là que, dans la nuit du 30 octobre 1985, après avoir été réveillés par un groupe de personnes armées, ils ont été contraints de quitter la maison, avant d’être sauvagement assassinés.

Le lendemain matin, 31 octobre, ayant entendu le bruit d’une voiture et des coups de feu tard dans la nuit, des chrétiens se sont rendus à la résidence des prêtres. Ne voyant aucun signe de violence, ils en concluent qu’ils ont été enlevés par la guérilla de la Renamo. C’est la nouvelle qui est parvenue à Vila Ulóngwe le 31 octobre à midi. Le 1er novembre, un homme du village de Chapotera qui se rendait à son campement, en passant devant un sisal, a vu les corps sans vie des deux prêtres. Il est allé prévenir le chef de la communauté qui, effrayé et attristé, a gardé le silence. Ainsi, même les jésuites d’Ulóngwe, la paroisse la plus proche, n’ont rien su de ce qui s’était passé.

Ce n’est que le 4 novembre que le père António dos Reis, supérieur de Vila Ulóngwe, a réussi à obtenir des autorités l’autorisation de se rendre à Chapotera pour voir ce qui s’était passé. À son arrivée à Chapotera, un homme lui a dit que les prêtres avaient été tués à une courte distance. Le missionnaire est alors retourné à Vila Ulóngwe pour informer l’administrateur et le commandant militaire. Le même jour, il est retourné à Chapotera avec l’escorte militaire pour récupérer les corps des prêtres, les mettre dans des cercueils et les emmener au cimetière du village. Ils sont arrivés au cimetière vers 19 heures. Ils ont prié et écouté quelques témoignages sur les prêtres, en utilisant les phares des voitures pour éclairer l’obscurité.

Le père João de Deus, dit l’évêque de Tete, Monseigneur Diamantino Guapo Antunes, était un homme qui rayonnait de joie par sa simplicité et sa spontanéité, et qui s’entendait bien avec tout le monde. Il aimait le Mozambique et son peuple. Apprécié de tous, il annonçait l’Évangile à tous avec respect et amour. Son zèle apostolique l’a conduit, dans la mesure où la situation le permettait, même au péril de sa vie, dans des endroits isolés et difficiles. Il a essayé d’animer et d’encourager tout le monde. Avec son peuple, il a souffert de la peur dans ce climat d’instabilité, déclenché par l’arbitraire, l’injustice et les violations de la dignité humaine. Le père Silvio », poursuit l’évêque de Tete, « était un homme actif, toujours prêt à servir les autres en cas de besoin. Il était droit, sincère et franc, parfois dur, mais sans offenser personne. C’était un homme courageux, conscient du danger, mais audacieux, comme celui qui n’a peur de rien. Des vertus nourries par la foi et la confiance. Il était intelligent et lucide, très clair dans sa communication. Il avait l’habitude de prendre des exemples de la vie communautaire pour illustrer et exhorter ».

João de Deus est né au Mozambique, à Nkau, sur le plateau d’Angónia (Tete), le 8 mars 1930. Silvio est né au Portugal le 16 avril 1941, à Rio Meão, Vila da Feira. Tous deux avaient fait leurs études secondaires à l’école apostolique de Macieira de Cambra (Portugal): le Père João de 1948 à 1951 et le Père Silvio de 1951 à 1957. Le père João est entré au noviciat de la Compagnie de Jésus le 1er septembre 1951 et le père Silvio le 24 octobre 1957. Tous deux avaient obtenu leur licence en philosophie à la Faculté Pontificale de Philosophie de Braga en 1958. Le père Sílvio est parti la même année pour le Mozambique afin d’y effectuer sa période « magistérielle ». Ils ont ensuite suivi un cours de théologie: le père João en Espagne, à la faculté de théologie de San Cugat del Vallés, à Barcelone, de 1961 à 1965, et le père Silvio au Portugal, à la faculté de théologie de l’université catholique de Lisbonne, de 1968 à 1972. 
João a été ordonné prêtre à Lifidzi, au Mozambique, le 15 août 1964; le père Sílvio à Covilhã, le 30 juillet 1972. Le père Sílvio, tout en étudiant la théologie, avait également suivi les cours de l’Instituto Superior de Ciências Sociais e Política Ultramarina (ISCSPU), qui préparait le personnel de l’administration d’outre-mer. Il s’est intéressé à ce cours parce qu’il voulait connaître la législation et l’orientation politique du Portugal dans les territoires d’outre-mer.

Au Mozambique, le père João a toujours travaillé à Angónia, tandis que le père Silvio a travaillé comme professeur au séminaire diocésain de Zóbue (Tete), dans la ville de Tete et à Maputo. En 1984, les deux jésuites se trouvaient à Chapotera, et c’est à partir de là qu’ils ont commencé leur activité missionnaire sur l’ensemble de l’ancien territoire de la mission Lifidzi, pleinement engagés dans la construction du Royaume de Dieu, qui exige souvent non seulement l’annonce, mais aussi le renoncement et la dénonciation. C’est pour cette raison qu’ils ont été tués le 30 octobre 1985.

Ces deux jésuites, que Dieu a réunis en 1984 à Chapotera, poursuit l’évêque Diamantino Guapo Antunes, étaient amis et partageaient ce qu’ils vivaient. Ils se sont aidés et encouragés mutuellement, poursuivant le même idéal, convaincus que le Royaume de Dieu passe aussi par la dénonciation des structures injustes et oppressives. C’est pour cela qu’ils ont donné leur vie. Ils peuvent être considérés comme des martyrs de la justice. Ils étaient des témoins gênants. Ils connaissaient les atrocités commises sur place et ont commencé à les dénoncer. Lorsqu’ils ont pu partir, ils ont senti qu’ils devaient choisir de rester. Et c’est ce qu’ils ont fait. Ils sont restés à leur place, près de leur peuple persécuté, jusqu’à ce que le sang soit versé ».

Mgr Antunes a souligné que « la béatification des martyrs de Chapotera est très ressentie et souhaitée par les Mozambicains. Ils ont été des missionnaires de la foi, du courage et de la charité. Le processus actuel est un signe de maturité de l’Église catholique au Mozambique, une Église ministérielle et martyriale. C’est un appel à un engagement chrétien courageux. Hier comme aujourd’hui, l’Église catholique est appelée à répondre par sa présence effective et consolatrice auprès de la population martyrisée, sans jamais cesser de lancer des appels à la paix et à la réconciliation des parties en conflit ». L’évêque conclut: « La violence qui ravage le nord du Mozambique, dans la province de Cabo Delgado, a déjà fait des martyrs parmi la communauté catholique. L’exemple des martyrs de Chapotera, comme celui des catéchistes martyrs de Guiúa et de beaucoup d’autres, est aujourd’hui d’une grande importance. Ce sont des hommes et des femmes qui ont choisi une vie de témoignage et d’annonce de l’Évangile de la paix et de l’amour. Leur exemple demeure et se multiplie ».

Source : Agence Fides, le 20 mars 2023

« Décapités en murmurant Jésus » : que reste-t-il du souvenir des 21 martyrs coptes ?

DR-Facebook « Chants araméens »

Les années passent mais le choc et la violence demeurent. Le 15 février 2015, une vidéo montrant le massacre de 21 chrétiens coptes, vingt Égyptiens et un Ghanéen, en Libye par Daesh était diffusée sur les réseaux. Huit ans après, que reste-t-il du souvenir de ces 21 martyrs ?

Il est des images sur lesquelles le temps ne semble pas avoir de prise. Et celles diffusées il y a huit ans, le 15 février 2015, en font partie. Sur une vidéo diffusée sur Internet par l’État islamique et visionnée par des millions d’internautes, on y voit 21 hommes, des chrétiens coptes, vingt Égyptiens et un Ghanéen portant des combinaisons oranges. Une tenue semblable à celles d’autres otages exécutés ces derniers mois de 2015 en Syrie. Ici c’est sur une plage libyenne qu’ils sont alignés, les mains menottées dans le dos, avant que leurs bourreaux ne les décapitent au couteau.

Trois ans jour pour jour après leur mise à mort, en 2018, une église dédiée à leur mémoire est inaugurée à Al-Our, dans la province égyptienne de Minya, ainsi qu’un musée souvenir. Dans ce dernier, on trouve les cercueils utilisés pour le rapatriement de leurs corps, les menottes avec lesquelles ils étaient attachés, les restes de leurs uniformes oranges, les monnaies retrouvées dans leurs poches, leurs chaussures et divers documents. Déclarés martyrs de la foi et de la patrie par l’Église copte-orthodoxe, leurs noms ont été inscrits dans le « synaxarium », l’équivalent oriental du martyrologe romain, et leur martyre est commémoré le 8 de Méchir du calendrier copte, qui correspond au 15 février du calendrier grégorien actuel.

Ils sont morts en murmurant “Seigneur Jésus !”

En France, Le Petit Palais s’est porté acquéreur en 2019 d’une très grande aquarelle de Nikola Sarić, consacrée à la mémoire des 21 martyrs coptes. L’artiste a choisi d’y insérer la figure du Christ pour rappeler le sacrifice des coptes qui ont refusé de renier leur foi. Sa présence révèle ainsi qu’il ne s’agit pas d’une simple exécution mais bien d’un martyre. Le Christ est d’ailleurs, symboliquement, revêtu de la même couleur orange.

« Il est vrai qu’il y a une tragédie, que ces personnes ont laissé leur vie sur la plage », a déclaré plus récemment, en 2021, le pape François au sujet de ces martyrs. « Mais il est également vrai que la plage a été bénie par leur sang. » « Ces vingt-et-un hommes ont été baptisés chrétiens avec de l’eau et de l’Esprit, et ce jour-là, ont aussi été baptisés avec du sang », a assuré l’évêque de Rome. Pour lui, ces 21 victimes du groupe État islamique sont « nos saints », les saints de « tous les chrétiens », de « toutes les confessions et traditions chrétiennes ».

Rappelant que ces hommes étaient partis travailler en Libye pour faire vivre leur famille, qu’ils étaient « des hommes ordinaires », le successeur de Pierre a insisté sur leur foi « simple mais cohérente ». « La gorge tranchée par la brutalité d’Isis (Islamic State of Irak and Syria, ndlr), ils sont morts en murmurant “Seigneur Jésus !” », a-t-il insisté. Par ce témoignage de foi, « ils ont reçu le plus grand cadeau qu’un chrétien puisse recevoir : le témoignage de Jésus-Christ au point de donner sa vie ».

Une prière pour les martyrs

Le pape François revient régulièrement sur cette tragédie survenue il y a maintenant huit ans. En 2015, au lendemain de la diffusion des exécutions macabres, il avait improvisé un hommage appuyé aux 21 victimes. « Qu’ils soient catholiques, orthodoxes, coptes, luthériens, cela n’a pas d’importance : ils sont chrétiens, et le sang est le même ! Ce sang confesse le Christ », avait-il lancé au terme d’un discours sur l’œcuménisme.

Pour s’unir à leur sacrifice et pour que le souvenir de ces 21 martyrs coptes demeure vivace, chacun peut réciter cette prière des martyrs, proposée par l’Aide à l’Église en détresse (AED) :

Seigneur,
sur les cinq continents, en haine de la foi,
tant de chrétiens sont menacés, persécutés.
Signes de contradiction, animés du seul désir d’aimer,
ils meurent pour toi qui es l’Amour.
Nous te prions pour eux, accueille-les auprès de toi.
Nous te confions aussi leurs persécuteurs,
aveuglés par la haine et la violence.
Que le sacrifice et le pardon de leurs victimes
les mènent sur un chemin de conversion.
Vierge Marie,
toi qui la première éprouvas dans ta chair le glaive,
invoque pour nous l’Esprit de force,
qu’il éloigne de nous la peur, la honte, la lâcheté,
qu’il renouvelle notre foi
et nous donne le désir de témoigner,
en toutes circonstances, que le Christ est Seigneur.
Amen

Source : ALETEIA, le 14 février 2023

Le Pape prie pour Mgr Rolando Alvarez, emprisonné au Nicaragua

Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa, le 20 mai 2022 à Managua Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa, le 20 mai 2022 à Managua

Le Pape prie pour Mgr Rolando Alvarez, emprisonné au Nicaragua

Lors de l’angélus dominical, le Saint-Père s’est dit attristé et inquiet suite à la condamnation à 26 ans de prison de l’évêque de Matagalpa, au Nicaragua. Il a demandé de prier pour lui, ainsi que pour les personnes expulsées aux États-Unis et pour les gouvernants. D’autres institutions ecclésiales et épiscopats ont récemment réagi au jugement rendu par la justice nicaraguayenne. 

Felipe Herrera-Espaliat / Adelaide Patrignani – Cité du Vatican

«Les nouvelles en provenance du Nicaragua m’ont attristé, et pas qu’un peu, et je ne peux m’empêcher de penser avec inquiétude à l’évêque de Matagalpa, Mgr Rolando Alvarez, que j’aime tant, condamné à 26 ans de prison, ainsi qu’aux personnes qui ont été déportées aux États-Unis», a déclaré François après la prière de l’angélus de ce dimanche 12 février. «Je prie pour eux et pour tous ceux qui souffrent dans cette chère nation. Et je vous demande vos prières. Demandons également au Seigneur, par l’intercession de l’Immaculée Vierge Marie, d’ouvrir le cœur des responsables politiques et de tous les citoyens à la recherche sincère de la paix, qui naît de la vérité, de la justice, de la liberté et de l’amour et qui s’obtient par l’exercice patient du dialogue», a demandé le Souverain Pontife, avant de réciter un Ave Maria avec la foule de pèlerins venue Place Saint-Pierre.

Le Pape a clairement exprimé son inquiétude suite à la récente expulsion du pays de plus de 220 opposants au régime du président Daniel Ortega et à la condamnation, vendredi 10 février, de Mgr Rolando Álvarez, évêque de Matagalpa et administrateur apostolique d’Estelí, à plus de 26 ans de prison.

Plusieurs évêques du monde entier ont également réagi ces dernières heures à la situation des citoyens et de l’Église catholique dans ce pays d’Amérique Centrale.

Réaction du CELAM

Ainsi, dans un communiqué daté du 11 février, le président du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), Mgr Miguel Cabrejos, a mis en garde contre l’affaiblissement des droits des fidèles catholiques et a exprimé sa «solidarité, proximité et prière avec et pour le peuple de Dieu et ses pasteurs». Mgr Cabrejos, archevêque de Trujillo et président de la Conférence épiscopale péruvienne, a indiqué que, dans le cadre de l’assemblée régionale Amérique centrale-Mexique de la phase continentale du Synode, une messe sera célébrée dans la cathédrale de San Salvador – où repose la dépouille de saint Oscar Arnulfo Romero – afin de prier aux intentions de l’Église du Nicaragua.

Un procès injuste, arbitraire et disproportionné

Au Chili, les évêques ont élevé la voix samedi 11 février en réaction à la décision du tribunal nicaraguayen contre Mgr Rolando Álvarez. Les prélats ont qualifié d’«injuste, arbitraire et disproportionnée» la procédure engagée à l’encontre de l’évêque, accusé de «conspiration visant à porter atteinte à l’intégrité nationale et de propagation de fausses nouvelles par le biais des technologies de l’information et de la communication au détriment de l’État et de la société nicaraguayens». «En tant qu’évêques du Chili, nous déplorons et rejetons la situation vécue par Mgr Álvarez et l’Église du Nicaragua, qui viole les droits de l’homme, la dignité essentielle de la personne et la liberté religieuse», peut-on lire dans une déclaration publiée par la Conférence épiscopale. Les évêques chiliens ont également évoqué, dans les mêmes termes, l’expulsion de 222 citoyens nicaraguayens critiques à l’égard du gouvernement du président Daniel Ortega, expulsés de leur pays et emmenés aux États-Unis, après avoir été privés de leur nationalité et de tous leurs droits civils. Mgr Rolando Álvarez a refusé de prendre ce vol qui l’aurait conduit en exil, choisissant de rester dans sa patrie et, par conséquent, de participer au procès accéléré qui, le vendredi 10 février, a abouti à sa condamnation et à son transfert ultérieur à la prison de Modelo.

Évêques d’Espagne: liberté pour les prisonniers politiques

Sur leur site internet, les évêques espagnols ont également publié samedi 11 février une déclaration exprimant leur tristesse et leur inquiétude pour «les évêques de la Conférence épiscopale du Nicaragua qui sont persécutés par le gouvernement pour avoir défendu la liberté des Nicaraguayens». La hiérarchie catholique espagnole a demandé «à tous les catholiques et à toutes les personnes de bonne volonté de prier pour la résolution pacifique de ce conflit et pour un engagement actif en faveur de la paix, qui a pour fondement indiscutable la justice». Ils ont également appelé les autorités civiles à écouter la voix du peuple et à libérer les personnes encore emprisonnées pour des raisons politiques.

Source : VATICANNEWS, le 12 février 2033

« Cette mort m’était destinée » : le glaçant témoignage du curé de l’église attaquée en Espagne

atak na kościoły w Hiszpanii

STRINGER/AFP/East News

Le père Juan José, curé de l’église de la Palma visée mercredi 25 janvier par un terroriste, a raconté au média espagnol « COPE » le déroulé de l’attentat qui a ôté la vie au sacristain, Diego Valencia.

Deux jours après l’attaque à la machette dans deux églises d’Algeciras, dans le sud de l’Espagne, mercredi 25 janvier, le père Juan José, curé de l’église de la Palma ciblée en deuxième par le terroriste, a délivré des précisions glaçantes quant au déroulé des faits.

Le prêtre s’est exprimé auprès du média espagnol COPE, et a révélé qu’il était certainement la cible initiale du terroriste, qui a finalement tué le sacristain Diego Valencia. « Le prêtre qui vous parle actuellement est celui qui aurait dû être allongé par terre sur le parvis de l’église”, explique-t-il au journal espagnol. Au moment où l’assaillant s’est introduit dans l’église de la Palma armé de sa machette, le père Juan José se trouvait dans une autre paroisse où il donnait le sacrement de confirmation. « Les paroissiens m’ont appelé en pleurant et m’ont annoncé qu’un musulman était entré en criant, et qu’il avait tué le sacristain en pensant que c’était le curé. » 

Cette mort elle m’était destinée. Mais c’est lui qui l’a trouvée.

L’individu, explique le prêtre, s’est rendu au maître-autel en lançant des objets et en hurlant. Le sacristain est allé voir ce qui se passait. Lorsqu’il a vu l’arme blanche brandie par le terroriste, Diego Valencia s’est précipité dehors pour demander de l’aide sur la Plaza Alta. Rattrapé par le terroriste, il a été tué de plusieurs coups de machette sur le parvis de l’église. « Cette mort, a témoigné le curé bouleversé auprès d’un autre quotidien espagnol, elle m’était destinée. Mais c’est lui qui l’a trouvée. »

Le père Antonio Rodriguez, attaqué dans la première église visée, est quant à lui grièvement blessé. Il est opéré à l’hôpital, a annoncé le père Juan José. Ce dernier a laissé un mot à la mémoire de son sacristain sur son compte Facebook :

Message Facebook père Juan José curé à Algeciras

Juan José Marina Janeiro Facebook

« Je n’ai pas de mots pour te dire au revoir, mon fidèle sacristain. Je veux juste te remercier pour ton dévouement auprès notre communauté paroissiale qui, je peux te l’assurer mon cher Diego, ne sera plus jamais la même. Merci Diego ».

Source : ALETEIA , le 27 janvier 2023