Le Pape prie pour Mgr Rolando Alvarez, emprisonné au Nicaragua

Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa, le 20 mai 2022 à Managua Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa, le 20 mai 2022 à Managua

Le Pape prie pour Mgr Rolando Alvarez, emprisonné au Nicaragua

Lors de l’angélus dominical, le Saint-Père s’est dit attristé et inquiet suite à la condamnation à 26 ans de prison de l’évêque de Matagalpa, au Nicaragua. Il a demandé de prier pour lui, ainsi que pour les personnes expulsées aux États-Unis et pour les gouvernants. D’autres institutions ecclésiales et épiscopats ont récemment réagi au jugement rendu par la justice nicaraguayenne. 

Felipe Herrera-Espaliat / Adelaide Patrignani – Cité du Vatican

«Les nouvelles en provenance du Nicaragua m’ont attristé, et pas qu’un peu, et je ne peux m’empêcher de penser avec inquiétude à l’évêque de Matagalpa, Mgr Rolando Alvarez, que j’aime tant, condamné à 26 ans de prison, ainsi qu’aux personnes qui ont été déportées aux États-Unis», a déclaré François après la prière de l’angélus de ce dimanche 12 février. «Je prie pour eux et pour tous ceux qui souffrent dans cette chère nation. Et je vous demande vos prières. Demandons également au Seigneur, par l’intercession de l’Immaculée Vierge Marie, d’ouvrir le cœur des responsables politiques et de tous les citoyens à la recherche sincère de la paix, qui naît de la vérité, de la justice, de la liberté et de l’amour et qui s’obtient par l’exercice patient du dialogue», a demandé le Souverain Pontife, avant de réciter un Ave Maria avec la foule de pèlerins venue Place Saint-Pierre.

Le Pape a clairement exprimé son inquiétude suite à la récente expulsion du pays de plus de 220 opposants au régime du président Daniel Ortega et à la condamnation, vendredi 10 février, de Mgr Rolando Álvarez, évêque de Matagalpa et administrateur apostolique d’Estelí, à plus de 26 ans de prison.

Plusieurs évêques du monde entier ont également réagi ces dernières heures à la situation des citoyens et de l’Église catholique dans ce pays d’Amérique Centrale.

Réaction du CELAM

Ainsi, dans un communiqué daté du 11 février, le président du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), Mgr Miguel Cabrejos, a mis en garde contre l’affaiblissement des droits des fidèles catholiques et a exprimé sa «solidarité, proximité et prière avec et pour le peuple de Dieu et ses pasteurs». Mgr Cabrejos, archevêque de Trujillo et président de la Conférence épiscopale péruvienne, a indiqué que, dans le cadre de l’assemblée régionale Amérique centrale-Mexique de la phase continentale du Synode, une messe sera célébrée dans la cathédrale de San Salvador – où repose la dépouille de saint Oscar Arnulfo Romero – afin de prier aux intentions de l’Église du Nicaragua.

Un procès injuste, arbitraire et disproportionné

Au Chili, les évêques ont élevé la voix samedi 11 février en réaction à la décision du tribunal nicaraguayen contre Mgr Rolando Álvarez. Les prélats ont qualifié d’«injuste, arbitraire et disproportionnée» la procédure engagée à l’encontre de l’évêque, accusé de «conspiration visant à porter atteinte à l’intégrité nationale et de propagation de fausses nouvelles par le biais des technologies de l’information et de la communication au détriment de l’État et de la société nicaraguayens». «En tant qu’évêques du Chili, nous déplorons et rejetons la situation vécue par Mgr Álvarez et l’Église du Nicaragua, qui viole les droits de l’homme, la dignité essentielle de la personne et la liberté religieuse», peut-on lire dans une déclaration publiée par la Conférence épiscopale. Les évêques chiliens ont également évoqué, dans les mêmes termes, l’expulsion de 222 citoyens nicaraguayens critiques à l’égard du gouvernement du président Daniel Ortega, expulsés de leur pays et emmenés aux États-Unis, après avoir été privés de leur nationalité et de tous leurs droits civils. Mgr Rolando Álvarez a refusé de prendre ce vol qui l’aurait conduit en exil, choisissant de rester dans sa patrie et, par conséquent, de participer au procès accéléré qui, le vendredi 10 février, a abouti à sa condamnation et à son transfert ultérieur à la prison de Modelo.

Évêques d’Espagne: liberté pour les prisonniers politiques

Sur leur site internet, les évêques espagnols ont également publié samedi 11 février une déclaration exprimant leur tristesse et leur inquiétude pour «les évêques de la Conférence épiscopale du Nicaragua qui sont persécutés par le gouvernement pour avoir défendu la liberté des Nicaraguayens». La hiérarchie catholique espagnole a demandé «à tous les catholiques et à toutes les personnes de bonne volonté de prier pour la résolution pacifique de ce conflit et pour un engagement actif en faveur de la paix, qui a pour fondement indiscutable la justice». Ils ont également appelé les autorités civiles à écouter la voix du peuple et à libérer les personnes encore emprisonnées pour des raisons politiques.

Source : VATICANNEWS, le 12 février 2033

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