« Nous devons sauver un bébé très vite ! »

La ‘barbarie du déchiquetage’ des poussins peut être montrée, critiquée et criminalisée, mais pas celle du ‘déchiquetage’ des bébés à naître

De Thomas Maria Renz, évêque auxiliaire, diocèse de Rottenburg-Stuttgart :

« La ‘barbarie du déchiquetage’ des poussins peut être montrée, critiquée et criminalisée, mais pas l’autre, celle de ‘déchiqueter’ les bébés à naître. Comme c’est irrationnel ! » Contribution de l’évêque auxiliaire Thomas Maria Renz

Stuttgart (kath.net/pl) Cet appel radio m’a récemment incité à m’asseoir et à prêter attention au volant d’une voiture. Un cerf circulait sur une section de l’autoroute, le modérateur a donc demandé aux conducteurs de conduire particulièrement prudemment dans cette zone. Avant-hier, j’ai été pris dans un embouteillage à Rottenburg près du Neckar, car juste devant moi, trois jeunes cygnes à plumes grises, peu impressionnés par les gens autour d’eux, voulaient traverser la rue à un rythme tranquille. Et tous les conducteurs ont naturellement fait preuve de patience. Il est extrêmement étonnant à quel point les gens deviennent attentifs et prudents dans la rue dès que des animaux s’y déplacent. Plus ils sont petits, vulnérables et sans défense, plus les gens sont sensibles et attentifs à eux : lors des migrations de crapauds, de familles de canards,

La vue du faible en danger réveille l’instinct protecteur de beaucoup et plus les animaux menacés sont petits, plus l’effet de pitié est grand. En 2020, plus de 40 millions de poussins mâles ont été déchiquetés ou gazés en Allemagne parce qu’ils n’étaient pas économiquement rentables. Pendant longtemps, cela n’a pas seulement été une épine dans le pied des militants des droits des animaux. En 2019, le Tribunal administratif fédéral a jugé que les questions de bien-être animal l’emportaient sur les intérêts économiques et a déclaré que la « barbarie du déchiquetage » (FAZ) n’était autorisée que pour une période transitoire ; Selon le ministre fédéral de l’Agriculture, cela devrait enfin être terminé en 2022.

Cependant, il est complètement fou et irrationnel que des photos de poussins déchiquetés ou gazés puissent être publiées sans plus attendre, mais pas des photos d’embryons humains déchiquetés ou démembrés après un avortement par aspiration. Alors que l’une est délibérément destinée à avoir un effet dissuasif, l’autre contredit le politiquement correct commun et est absolument désapprouvée, bien que les deux photos ne montrent rien d’autre que la réalité nue et sans fioritures. Une réalité peut être montrée, l’autre non, bien que les deux fois nous ayons affaire à des créatures impuissantes, minuscules et sans défense. Une « barbarie du déchiquetage » peut être montrée, critiquée et criminalisée, mais pas l’autre. Et encore plus fou et irrationnel pour moi c’est qu’une grande partie de la population est visiblement prête

C’est là que l’endoctrinement idéologique de plusieurs décennies selon lequel l’avortement n’est qu’une affaire de femmes et que la décision à ce sujet doit être subordonnée au droit de la femme à l’autodétermination déploie son plein effet. Le fait que le droit de l’un à l’autodétermination s’achève au plus tard lorsque le droit d’exister de l’autre ne semble pas pouvoir conquérir la majorité dans notre société aujourd’hui. Une idéologie aussi inhumaine, selon laquelle même le Parlement européen a récemment classé la majorité des « avortements comme un droit de l’homme », se reflète malheureusement aussi dans la plupart des programmes des partis qui seront probablement représentés au prochain Bundestag.

Alors que le SPD, le FDP, le GRÜNEN et le LINKE réclament plus ou moins sans vergogne l’abolition des §§ 218 et 219 StGB et veulent faire de l’avortement un soin médical de base tout à fait normal comme l’appendicectomie et ainsi les dépénaliser (« le nécessaire professionnel la formation car elle doit faire partie des études de médecine »), le programme électoral de la CDU/CSU est tout bonnement muet sur ce sujet important. Seule l’AfD parle dans son programme électoral d’une « culture d’accueil pour les enfants » et que « les enfants à naître ont droit à la vie ». Au moins sur ce point, l’AfD semble avoir repris la position précédente des partis de l’Union, qui ne vaut pas une ligne dans son manifeste électoral de 139 pages. Ironiquement la CDU/CSU,

Pour les bébés à naître, selon les coalitions et les alliances gouvernementales qui se dessinent après l’élection fédérale, le pire est à craindre. Mais qui pourrait en toute bonne conscience le décrire comme un progrès dans l’humanité, dans l’humanité, quand le ventre de sa mère devient l’endroit le plus insalubre et dangereux pour les plus faibles et les plus vulnérables de notre propre espèce ? Le rejet strict de l’infanticide prénatal fait partie de l’ADN chrétien depuis l’origine et n’est donc pas négociable. Déjà dans la Didache (doctrine des douze apôtres), l’un des premiers témoignages écrits sur la vie des chrétiens dès le 1er siècle, il est dit : « Il ne faut pas tuer l’enfant en avortant ou tuer le nouveau-né ».

Ce oui inconditionnel au droit à la vie de toute personne, y compris les handicapés et les malades, est incontesté pour les chrétiens depuis 2000 ans. Mais parce qu’aujourd’hui ce n’est plus une évidence même au sein des églises qui se réfèrent à Jésus-Christ et en même temps semble dispensable pour les partis qui ont encore le « C » dans leur nom, un fort est nécessaire au moins une fois par an engagement envers le droit à la vie de l’enfant à naître. Quiconque peut prendre le temps, qui a le courage et qui veut faire quelque chose d’innovant pour une culture de la vie aura l’occasion de le faire samedi à Berlin. Pendant la « Marche pour la vie », les croyants en Christ peuvent voter avec leurs pieds ce qu’ils défendent,

Une autre possibilité de ne pas simplement accepter tacitement l’injustice du cent mille infanticide dans l’utérus, qui crie au ciel, est la pétition « Pas d’avortement jusqu’à la naissance » au prochain Bundestag allemand, auquel seulement 35 000 personnes ont adhéré actuellement (www.1000plus .net) . Dans un pays de 83 millions d’habitants, au moins 100 000 devraient être trouvés et motivés pour soutenir une telle pétition : au moins un adulte par enfant avorté par an dans notre pays ! Il est temps que les chrétiens montrent le drapeau que la protection de la vie humaine ne doit pas être une option et que chacun a le droit à la vie à chaque étape de sa vie. Dans un monde éclairé, le conte des vieilles femmes doit enfin être rangé, un avortement ne concerne pas la vie humaine, mais seulement un « tissu de grossesse » ou un « tas de cellules » qui est brièvement retiré. Pourquoi ne serait-il pas possible chez l’homme ce qui va de soi chez l’animal : que la vue du plus faible en danger éveille l’instinct protecteur de beaucoup et que l’effet de pitié soit d’autant plus grand que les créatures menacées sont petites ?

Évêque auxiliaire Thomas Maria Renz
Diocèse Rottenburg-Stuttgart

Source: kath.net/news, le 14 septembre 2021

Dakota du Sud: le gouverneur signe un décret limitant l’accès à l’avortement

Pilule

Dakota du Sud: le gouverneur signe un décret limitant l’accès à l’avortement

Aux Etats-Unis, le gouverneur du Dakota du Sud, Kristi Noem, a publié un décret pour limiter l’accès à l’avortement dans son État. Cette mesure suit l’entrée en vigueur d’une loi interdisant les avortements au-delà de six semaines de grossesse, au Texas. (Cf. Avortement au Texas : une loi restrictive entre en vigueur Avortement au Texas : la Cour suprême laisse la loi en vigueur )

Ce décret « interdit aux médecins non autorisés dans le Dakota du Sud de prescrire des substances provoquant l’avortement ». De même, il prévoit l’interdiction de la livraison de ces produits par courrier. Tout recours à la télémédecine dans le processus d’IVG devient illégal. Enfin, la délivrance ou la fourniture dans les écoles de substances provoquant l’avortement seront interdites.

Concernant les avortements médicamenteux, le gouverneur ordonne « au département de la santé de collecter des données sur le nombre d’avortements pratiqués » et de renforcer « les exigences de déclaration pour les complications dans les salles d’urgence».

Aujourd’hui, la loi de cet État interdit les avortements au-delà de vingt-deux semaines de grossesse.

Pour Kristi Noem, « l’administration Biden continue d’outrepasser son autorité et de réprimer les législatures qui défendent les enfants à naître pour adopter des lois pro-vie fortes. Ils travaillent actuellement pour faciliter la fin de la vie d’un enfant à naître via l’avortement par télémédecine. Cela ne se produira pas dans le Dakota du Sud ». Elle a ajouté : « Je continuerai à travailler avec l’Assemblée législative et mon défenseur des enfants à naître (Miller) pour faire en sorte que le Dakota du Sud reste un État pro-vie fort ».

Source : USA Today, Joe Sneve et Nicole Ki (08/09/2021) sous GENETHIQUE.ORG

Loi sur l’IVG sans délai au Royaume-Uni: l’Église se mobilise

(Photo d'illustration)(Photo d’illustration) 

Loi sur l’IVG sans délai au Royaume-Uni: l’Église se mobilise

La conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles appelle les fidèles catholiques à écrire à leurs députés pour qu’ils s’opposent au projet de loi qui ouvrirait la voie à l’avortement sans restriction, jusqu’à la fin de la grossesse.

Actuellement en cours de discussion au Parlement de Londres, le projet de loi en question – baptisé “Police, Crime, Sentencing and Courts Bill”- modifierait certaines réglementations pénales en introduisant de nouvelles peines et infractions. Parmi les mesures proposées figure un amendement à la loi de 1861 sur les délits contre la personne, qui concerne spécifiquement l’avortement, légal au Royaume-Uni depuis 1967, mais sous certaines conditions.

Liberté de conscience en question

La proposition soumise par la députée Diana Johnson demande la suppression de deux articles de la loi sur les délits contre la personne : le 58 sur «l’administration de drogues ou l’utilisation d’instruments pour provoquer un avortement» et le 59 «sur la fourniture de substances pour provoquer un avortement». En pratique, cela signifierait l’ouverture de l’avortement à la demande pour n’importe quelle raison, y compris les avortements sélectifs en fonction du sexe, tout en supprimant la limite actuelle de 24 semaines de gestation. Le Royaume-Uni deviendrait ainsi l’État ayant la législation la plus extrême en la matière en Europe, où, dans presque tous les pays, la limite pour interrompre une grossesse est de 12 semaines. En jeu également: la liberté de conscience des professionnels de la santé qui seraient contraints de pratiquer des avortements sous peine de perdre leur emploi.

L’Église catholique et toutes les organisations pro-vie s’opposent fermement à cet amendement. À la veille du débat parlementaire, Mgr Sherrington, responsable de ces questions au sein de la conférence épiscopale, a invité tous les catholiques à contacter leurs représentants au Parlement pour exprimer leur opposition à cette loi. Tous les citoyens britanniques intéressés peuvent télécharger un formulaire sur le site web de l’organisation pro-vie britannique “Right to Life”.

Dangers physiques et psychologiques

Le débat sur l’avortement était déjà revenu sur le devant de la scène au Royaume-Uni il y a environ un mois, avec la proposition du ministère de la Santé et des Affaires sociales de rendre permanente la réglementation sur l’avortement dit “DIY Abortion”, une mesure temporaire introduite en 2020, en raison du Covid-19, pour permettre aux femmes voulant interrompre une grossesse dans les 10 semaines de prendre des médicaments abortifs directement chez elles. Il suffit d’une consultation téléphonique avec un médecin pour que les médicaments nécessaires soient envoyés par courrier, sans avoir à se rendre à l’hôpital. Dans ce cas également, Mgr Sherrington avait réitéré la ferme opposition des évêques catholiques à une mesure qui, disait-il, «dévalorise le sérieux avec lequel de telles décisions doivent être prises et ne prend pas en considération les dangers physiques et psychologiques que l’administration de ces médicaments à domicile pourrait entraîner».

Rappelons qu’en 2020, le Parlement de Londres avait approuvé une autre mesure controversée qui visait à dépénaliser l’avortement également en Irlande du Nord et à étendre sa limite à 24 semaines. Après les protestations de l’Église et d’autres organisations, la nouvelle législation a ensuite été rejetée par l’Assemblée législative de Stormont.

Source: VATICANNEWS, le 6 juillet 2021

L’avortement en tant que droit humain, une dérive anthropologique pour la Comece

Le Parlement européen a approuvé le rapport Matic sur la santé et les droits reproductifs et sexuels Le Parlement européen a approuvé le rapport Matic sur la santé et les droits reproductifs et sexuels  

L’avortement en tant que droit humain, une dérive anthropologique pour la Comece

Le Parlement européen approuve le rapport Matic sur la santé et les droits reproductifs et sexuels dans l’Union. Pour le secrétaire de la Comece, le père Barrios Prieto, il s’agit d’un vote inquiétant, et il est inacceptable que l’accès à l’avortement puisse prévaloir sur l’objection de conscience. Les enfants à naître ont le droit fondamental à la vie.

Michele Raviart – Cité du Vatican

«Comment se fait-il qu’une Europe qui a des racines chrétiennes, une Europe qui place la dignité de la personne au premier rang et dont le projet européen se caractérise précisément par la défense de la vie et de l’être humain, de l’homme et de la femme, considère l’avortement comme un droit ?» Par cette question, le père Manuel Barrios Prieto, secrétaire général de la Comece, qui réunit les évêques des pays membres de l’Union européenne, exprime sa préoccupation quant à l’approbation par le Parlement européen du «rapport Matic» -du nom de l’eurodéputé croate qui l’a proposé- sur «la santé et les droits reproductifs et sexuels dans l’Union, dans le contexte de la santé des femmes».

Le rapport Matic

Ce texte, non contraignant pour les États membres, assimile l’avortement à un droit fondamental et considère les lois restrictives de certains États membres dans ce domaine comme une violation des droits de l’Homme et une forme de violence de genre. La résolution, votée jeudi soir par le Parlement avec 378 voix pour, 255 contre et 42 abstentions, demande également de garantir un accès universel à un avortement sûr et légal dans tous les États membres, dans le cadre d’un effort général visant à renforcer les droits des femmes.

«C’est une grosse erreur»

«Nous avons essayé d’appeler les députés européens à la responsabilité sur ce vote et à comprendre l’importance de cette question», explique encore le père Barrios, «qui ne concerne pas seulement la santé sexuelle et reproductive»«Le droit à la santé, réitère-t-il, est un droit fondamental et nous voulons tous qu’il soit respecté et protégé, en particulier dans le cadre de cette pandémie, et dans le contexte de la défense de la dignité des femmes, ce droit est encore plus précieux. Il est donc évident que l’Église veut promouvoir le droit à la santé, mais le problème est d’inclure dans ce cadre également le droit à l’avortement, considéré presque dans le document comme un droit fondamental. Je pense que c’est une grosse erreur et le fait que des parlementaires aient voté en faveur de ce texte est inquiétant».

Il n’y a pas de droit à l’avortement

«Il n’existe aucun traité international» qui prévoit un «droit humain à l’avortement», soulignent en effet les évêques européens. Dans le texte de la résolution, père Barrios souligne «qu’il est dit que ce droit à la santé, qui inclut également le droit à l’avortement, doit être garanti, en particulier dans les régions rurales, dans les endroits où l’accès aux services médicaux n’est pas fort, même au-delà du droit à l’objection de conscience».

La liberté de conscience doit toujours être respectée

Dans la résolution du Parlement européen, en effet, les députés «regrettent que la pratique courante dans certains États membres permette au personnel médical et parfois à des institutions médicales entières de fournir des services de santé sur la base de la soi-disant objection de conscience», ce qui mettrait en danger «la vie et les droits des femmes.» «Ce n’est pas acceptable», souligne encore le père Barrios. «Pour nous, l’objection de conscience comprend non seulement le droit du travailleur de la santé individuel», explique-t-il, «mais aussi le droit d’une institution qui a sa propre mission, sa propre vocation et ne peut se lier à quelque chose qu’elle considère précisément comme contraire à ses principes fondamentaux. Le droit à l’objection de conscience découle précisément du droit fondamental à la liberté religieuse et à la liberté de pensée et doit toujours être respecté».

Un changement de mentalité qui inquiète

«Le vote sur le rapport Matic a été très contesté, la différence entre un oui et un non n’était pas si grande», poursuit le secrétaire général de la COMECE, «cependant, cette dérive est inquiétante»«Elle témoigne d’une crise anthropologique, elle remet en cause une manière de comprendre l’être humain. Ce vote du Parlement européen, même s’il s’agit d’un document non contraignant, est inquiétant, car il y a là un changement de mentalité pour voir des choses qui devraient tous nous inquiéter un peu».

Le grand absent de cette résolution, soulignent les évêques, est l’enfant à naître, privé de son droit fondamental à vivre, comme tout être humain.

Source: VATICANNEWS, le 26 juin 2021

Libéralisation de l’avortement pharmacologique: l’épiscopat britannique opposé

Londres voudrait pérenniser l'avortement pharmacologique à domicile.Londres voudrait pérenniser l’avortement pharmacologique à domicile. 

Libéralisation de l’avortement pharmacologique: l’épiscopat britannique opposé

Les autorités sanitaires britanniques étudient la possibilité de rendre permanente la dérogation adoptée pendant le confinement de 2020 permettant aux femmes de pratiquer l’avortement pharmacologique chez elles, et non plus à l’hôpital. Comme l’an dernier lors du vote de cette mesure provisoire, l’épiscopat catholique est choqué et appelle à protéger la vie.

Le ministère britannique de la Santé et de l’Aide sociale a lancé une consultation sur l’opportunité de rendre permanente, et non plus temporaire, la réglementation sur l’«avortement à domicile», l’avortement pharmacologique, communément appelé «Diy (do-it-yourself) Abortion». En 2020, le Royaume-Uni avait en effet temporairement modifié la réglementation pour l’accès à cette méthode en raison de la pandémie de covid-19.

Les femmes pouvaient ainsi prendre des médicaments abortifs directement chez elles, sans se rendre à l’hôpital afin d’éviter le risque d’infection au coronavirus. L’interruption pharmacologique volontaire de la grossesse était possible à domicile jusqu’à la dixième semaine de gestation, après une consultation téléphonique avec un médecin et en envoyant les médicaments nécessaires par courrier.

L’Église choquée

Comme à l’époque, l’Église catholique a vivement réagi: Mgr Sherrington, responsable de la conférence épiscopale pour les questions relatives à la vie, a réitéré l’opposition des évêques catholiques «à toute proposition de changement visant à rendre permanent un texte de loi qui s’est avéré dangereux et fatal pour les femmes enceintes, et qui a conduit à la perte tragique et inutile de milliers de vies à naître».

Il a ensuite exhorté les fidèles à soutenir la motion présentée par la députée Carla Lockhart, qui «a souligné les nombreux problèmes qui ont surgi à la suite de cette législation temporaire, tels que des complications graves, des urgences médicales, des avortements au-delà de la limite légale, des risques de coercition et le manque de garanties pour les femmes victimes de relations violentes.» «Nous encourageons vivement tous les catholiques», a conclu Mgr Sherrington, «à faire entendre leur voix sur cette question», afin que «le droit à la vie» soit protégé.

Une décision précipitée

En 2020, lors de la décision initiale, Mgr Sherrington, au nom de l’épiscopat avait déclaré: «Nous sommes choqués. Bien que nous vivions une période d’urgence, ces mesures mettent encore plus en danger les femmes qui se retrouvent à agir dans la précipitation et sans consultation médicale appropriée, peut-être contraintes par des partenaires violents».

«De telles mesures, avait réitéré le prélat, dévalorisent le sérieux avec lequel de telles décisions doivent être prises et ne prennent pas en considération les dangers physiques et psychologiques que l’administration de ces médicaments à domicile pourrait entraîner».

Source: VATICANNEWS, le 5 juin 2021

Avortement chez les mineures : le discours décapant de Brook Bello

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Capture YouTube – Brook Bello.

Avortement chez les mineures : le discours décapant de Brook Bello

Alors que certains politiques font pression pour supprimer la notification parentale en cas d’avortement de mineures dans l’Illinois (États-Unis) Brook Bello, figure de la lutte contre les violences faites aux femmes et la traite humaine, a publié une vidéo percutante dans laquelle est défend cette mesure.

C’est une prise de position qui a du poids. L’État de l’Illinois, aux États-Unis, est actuellement le théâtre d’un débat sur la suppression de la notification parentale en cas d’avortement de jeunes mineures. En d’autres termes, cela signifierait que des mineures pourraient avorter sans que leurs parents ne soient tenus au courant. Cette notification, mise en place il y a sept ans à peine, est contestée par de nombreux démocrates. Figure de la lutte contre les violences faites aux femmes et la traite humaine, Brook Bello, qui a également été nommée leader de la politique de la prochaine génération de Google 2017-2020, a elle aussi pris position.

Violée à 11 ans et victime de la traite à 13 ans, elle a choisi de partager son histoire dans une vidéo afin de sensibiliser le plus largement possible sur les dangers d’une telle suppression. « Nos trafiquants nous ont fait avorter. Si mes parents avaient été avertis, ma mère aurait su dans quelle ville je me trouvais et dans quelle rue je me trouvais et aurait contacté les forces de l’ordre », assure-t-elle. Elle raconte également avoir vécu par la suite plusieurs fausses couches et différents problèmes de santé liés à ses avortements.

Je comprends la beauté et le caractère sacré de la vie. 

Brook Bello rappelle aussi dans cette vidéo que la participation des parents est essentielle pour aider les mineures à éviter de tomber dans le trafic sexuel. « La raison pour laquelle je suis pro-vie », déclare-t-elle encore, « est que je comprends la beauté et le caractère sacré de la vie. Et donc, je vous en supplie, je vous supplie, responsables politiques de l’Illinois, de ne pas faire marche arrière et de continuer à informer les parents. Je pense chaque État devrait avertir les parents. Pourquoi garder quelque chose de secret qui affecte le reste de la vie de quelqu’un ? »

Source: ALETEIA, le 26 mai 2021

Parlement européen : un projet de résolution veut introduire le « droit à l’avortement » et supprimer l’objection de conscience

Parlement européen : un projet de résolution veut introduire le « droit à l’avortement » et supprimer l’objection de conscience

 

D’Agathe Villain sur le site de l’ECLJ (European Centre for Law & Justice) :

Un nouveau débat sur l’avortement au Parlement européen5 mai 2021

Le 25 mars 2021, le député croate Perdrag Matić a présenté un projet de résolution sur la situation de la santé et des droits sexuels et génésiques dans l’Union européenne. Alors même que ce domaine relève de la seule compétence des États membres, ce projet tente d’introduire la reconnaissance d’un « droit à l’avortement » en parallèle d’une suppression de l’objection de conscience, en contradiction avec le droit européen.

Un projet de résolution en dehors des compétences de l’Union européenne

Le domaine de la santé ne fait pas partie des compétences de l’Union européenne, celui-ci appartient aux États[1]. Plus précisément, une action sur la question de l’avortement serait illégale ; le monopole des États membres sur cette question a d’ailleurs été rappelé à plusieurs reprises par différents organes européens. Encore récemment, la Commission européenne a affirmé que « les compétences législatives en ce qui concerne la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, y compris l’avortement, appartiennent aux États membres »[2]. Cette position est constante et régulièrement confirmée par la Commission[3]. Le respect de la compétence des États dans le domaine de la santé répond au principe de subsidiarité consacré dans les traités européens[4]. Ce principe entend protéger la capacité de décision et d’action des États membres. En matière de santé, cela a été rappelé ; « l’action de l’Union complète les politiques nationales […]. La Commission encourage la coopération entre les États membres »[5]. L’Union européenne ne peut donc pas imposer un « droit à l’avortement » alors même que les États membres adoptent des positions très variées à ce sujet. Le défaut de compétence de l’Union à une telle action avait d’ailleurs déjà conduit au rejet par le Parlement européen du rapport Estrela, présenté en 2013 et tristement identique au projet de résolution actuel. La résolution du Parlement européen affirmait clairement que « la définition et la mise en œuvre des politiques de santé et des droits sexuels et génésiques relèvent de la compétence des États membres »[6].

Prenant garde de la réticence des États membres à se voir imposer une norme qu’ils n’ont pas choisie, les promoteurs de ce projet de résolution tentent de tirer parti du système de la soft law, afin d’introduire une nouvelle norme sans qu’elle paraisse à première vue s’imposer. Le choix de l’institution dans cette stratégie n’est pas à sous-estimer car bien que les résolutions du Parlement européen n’aient pas de valeur juridique contraignante, elles sont l’expression d’une opinion que ce dernier souhaite faire connaitre. Une résolution peut permettre par la suite de légitimer politiquement une action des États membres ou des institutions, elle vise à produire des effets pratiques. Plus grave encore, elle peut exprimer une intention pré-législative qui peut être utilisée par la suite pour justifier des actes contraignants. Il ne fait donc pas de doute qu’un acte du Parlement européen représente la porte d’entrée au cœur du système normatif.

Un projet de résolution contraire au droit

En premier lieu, ce projet de résolution affirme l’existence d’un « droit à l’avortement » et tente de le fonder en droit international, notamment en le faisant découler du droit à la santé et plus particulièrement de la santé sexuelle et reproductive. Pourtant, il n’existe en droit international aucun traité reconnaissant un « droit à l’avortement » et l’incluant dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. Au contraire, l’association entre ces deux notions est exclue. Tout d’abord, on ne trouve qu’un seul traité international mentionnant les « droits sexuels et reproductifs » mais l’avortement n’en fait pas partie[7]. De même, la Déclaration du Caire de 1994 rejette l’avortement du champ d’application de ces droits. Au contraire, elle prévoit que l’avortement ne doit pas être considéré comme un moyen légitime de planification familiale[8] et les États prennent l’engagement de réduire le nombre d’avortements. Cette position a été solennellement réaffirmé en 2014, dans la Déclaration et le programme d’action de Beijing de l’Organisation des Nations unies[9]. En 2020, dans la Déclaration de consensus de Genève, 35 États des Nations unies réaffirment que l’avortement n’est pas inclus dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive[10].

L’existence d’un « droit à l’avortement » ne peut non plus se fonder sur les différents instruments européens de protection des droits de l’homme (Convention européenne des droits de l’homme et Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne). Notamment, la Cour européenne des droits de l’homme a affirmé que le droit à la vie privée de la mère[11] ne pouvait pas être interprété comme contenant un droit à l’avortement. La Cour a rappelé à plusieurs reprises que la vie privée de la femme enceinte était étroitement liée à celle de l’enfant à naitre, et que leurs intérêts respectifs doivent être conciliés[12]. La prise en compte de l’intérêt de l’enfant à naitre détermine également les décisions de la Cour de justice de l’Union européenne. En 2011, elle a reconnu la dignité humaine des embryons humains[13]. La protection de ce principe suprême a conduit la Cour à refuser la brevabilité d’un projet conduisant à leur destruction. Le projet de résolution méconnait totalement la dignité des enfants à naitre notamment lorsqu’il « invite » les États à légaliser l’avortement tout au long de la grossesse. De la même manière que l’avortement conduit à la destruction d’embryons humains et de fœtus et affecte le principe de dignité humaine, il doit impérativement être limité. Ou la dignité de l’enfant à naitre serait-elle moins digne d’être protégée lorsqu’il s’agit de pratiquer un avortement ?

Un projet de résolution contre la liberté de conscience

Selon le projet de résolution, la réalisation du « droit à l’avortement » exigerait la suppression de tous les obstacles à sa pratique et notamment celui de l’objection de conscience. Selon le projet de résolution, la possibilité reconnue au personnel médical de refuser une activité considérée comme incompatible avec leurs convictions religieuses, morales, philosophiques ou éthiques devrait être interdite. Le projet de résolution considère même que cette attitude devrait être traitée comme un refus de prise en charge médicale.

Pourtant, le droit à la liberté de conscience est expressément garanti par le droit international et européen respectivement à l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le caractère fondamental de cette liberté n’est plus à démontrer, elle est même qualifiée par la Cour européenne d’assise de la société démocratique[14]A fortiori, l’objection de conscience doit être protégée et la jurisprudence de la Cour confirme cette exigence[15]. Suivant cette position, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne a expressément consacré le droit à l’objection de conscience, sans le limiter au service militaire[16]. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a rappelé l’importance du droit à l’objection de conscience dans le domaine médical dans sa résolution 1928 du 24 avril 2013, dans laquelle elle appelle les États à « garantir le droit à une objection de conscience en rapport avec des questions sensibles du point de vue éthique comme les services liés aux soins de santé ». Les États ont simplement l’obligation positive de concilier les droits des personnes et cela a été affirmé par la Cour européenne des droits de l’homme[17].

La présentation douteuse de ce projet de résolution

L’illégalité des propositions du projet de résolution se constate ainsi à plusieurs égards ; celle-ci semble être confirmée par les références abusives faites à des sources juridiques faibles dans son visa. Le rapporteur cite des directives européennes qu’il détourne largement de leur domaine d’action[18], ainsi que des textes n’ayant aucune valeur juridique. Conscients de cette faiblesse, les promoteurs de ce projet de résolution ont entrepris d’écarter d’avance toute potentielle opposition.

C’est précisément dans ce but qu’une attaque contre les organisations pro-vie a été menée lors d’une audition au Parlement européen le 25 mars 2021. Cette dernière les présentait comme partie à un complot chrétien-conservateur agissant contre les valeurs de l’Union européenne. Cette mise en scène visait à décrédibiliser les organisations pro-vie et à remettre en cause leur légitimité, afin de les exclure du débat démocratique. Cette tentative semble pourtant bien hypocrite, particulièrement si l’on se penche sur les liens existants entre les différents intervenants à cette audition avec des organisations étrangères. Tous font partie d’un large réseau mondial de militants pour l’avortement, richement financé par des organisations telles que la Fédération International du Planning Familial, l’Open Society ou encore la fondation Gates[19]. L’ironie de cette argumentation se constate également du caractère totalement unilatéral de cette audition. C’est une réelle manœuvre idéologique qui a été mise en place par les promoteurs de l’avortement, afin par la suite, d’imposer sans obstacle leur vision des droits humains.

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[1] Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), article 168§7

[2] Question parlementaire, 9 mars 2021, E-005924/2020 Réponse donnée par Mme Dalli au nom de la Commission européenne.

[3] Questions parlementaires, 9 février 2021, E-005297/2020E-005939/2020E-006029/2020P-006345/2020, Réponse donnée par Mme Dalli au nom de la Commission européenne.

[4] Traité sur l’Union européenne (TUE), Article 5, paragraphe 2 et 3.

[5] Question parlementaire, 15 février 2021, E-006085/2020, Réponse donnée par Mme Dalli au nom de la Commission européenne.

[6] Résolution du Parlement européen du 10 décembre 2013 sur la santé et les droits sexuels et génésiques (2013/2040(INI)).

[7] ONU, Convention et Protocole facultatif relatifs aux droits des personnes handicapées, 13 décembre 2006.

[8] Déclaration du Caire 1994, Article 8.

[9] ONU Femmes, Déclaration et Programme d’action de Beijing, Déclaration politique et textes issus de Beijing+5, 2014.

[10] Déclaration de consensus de Genève sur la promotion de la santé de la femme et le renforcement de la famille, 22 octobre 2020.

[11] CEDH, Article 8.

[12] CEDH, A, B et C c. Irlande [GC], n°25579/05, §212, 2010.

[13] CJUE, Oliver Brüstle c. Greenpeace, 18 octobre 2011.

[14] CEDH, Kokkinakis c. Grèce, n°14307/88, 25 mai 1993.

[15] CEDH, Bayatyan c. Arménie, n° 23459/03, 7 juillet 2001.

[16] Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, Article 10.2, 2000.

[17] CEDH, R.R c. Pologne, n°27617/04, 26 mai 2011 ; CEDH P. et S. c. Pologne, n°57375/08, 30 octobre 2012.

[18] Directive 2011/24/UE du Parlement européen et du Conseil, 9 mars 2011 relative à l’application des droits des patients en matière de santé transfrontaliers et Directive 2001/83/CE du Parlement européen et du Conseil, 6 novembre 2001 instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain

[19] Éléments factuels, Audition « Foreign interference on the financing of anti-choice organisations in the EU, Parlement européen, 25 mars 2021.

SOURCE: ECLJ, le 4 mai 2021

IVG en Pologne: la Comece écrit au président du Parlement européen

Le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et président de la Comece.Le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et président de la Comece.  (Archeveche de Luxembourg / SCP)

IVG en Pologne: la Comece écrit au président du Parlement européen

Les responsables de la Commission des Épiscopats de l’Union européenne ont adressé un message au président du Parlement européen, David Sassoli, lui expliquant «prendre note avec préoccupation de certains arguments et points» d’une résolution votée le 26 novembre dernier au sujet de l’avortement en Pologne.

Les signataires de cette lettre rappellent tout d’abord que «l’Église catholique, qui cherche à soutenir les femmes dans les situations de vie résultant de grossesses difficiles ou non désirées, demande que toute vie à venir bénéficie de protection et de soins. Toute personne humaine est appelée à l’existence par Dieu et a besoin de protection, en particulier lorsqu’elle est la plus vulnérable.»

S’appuyant aussi sur les outils du droit international, et notamment sur la Convention des Nations unies relative aux droits de l’Enfant, ils rappellent que «tout le soutien nécessaire doit être apporté aux femmes qui se trouvent dans des situations de vie difficiles liées à une grossesse non désirée ou difficile».

Ils soulignent par ailleurs que «ni la législation de l’Union européenne ni la Convention européenne des droits de l’Homme ne prévoient un droit à l’avortement. Cette question est laissée aux systèmes juridiques des États membres », expliquent-ils, alors que la résolution du Parlement européen présentait le «droit à l’avortement» comme un acquis de l’Union européenne.

Respecter la souveraineté des États

«Comme le souligne à juste titre la résolution du Parlement, le respect de l’État de droit est essentiel pour le fonctionnement de l’Union. Cela étant dit, l’État de droit exige également le respect des compétences des États membres et des choix qu’ils font dans l’exercice de leurs compétences exclusives», expliquent les responsable de la Comece, qui insistent aussi sur le nécessaire respect de l’objection de conscience.

«Il est nécessaire de considérer les droits fondamentaux – comme la liberté de pensée, de conscience et de religion – à la lumière de leur universalité, de leur inviolabilité, de leur inaliénabilité, de leur indivisibilité et de leur interdépendance. En ce qui concerne le droit à l’objection de conscience, la Charte de l’Union européenne établit la nécessité de respecter les traditions constitutionnelles nationales et l’élaboration d’une législation nationale sur la question», soulignent-ils. «Nous craignons que le principe de non-discrimination ne soit utilisé pour étendre ou brouiller les limites des compétences de l’Union européenne», avertissent les responsables de la Comece, qui notent «avec tristesse qu’aucune condamnation ou solidarité n’était exprimée dans le texte en ce qui concerne les attaques inacceptables contre les églises et les lieux de culte dans le cadre des protestations liées à cette loi en Pologne».

Ils concluent leur lettre par ces mots adressés au président du Parlement européen : «Nous restons à votre disposition pour toute clarification que vous jugeriez nécessaire sur cette question, que nous considérons comme cruciale, conscients que nous sommes que la résolution aura un impact très négatif sur la façon dont l’Union est perçue par les États membres.»

Les signataires de cette lettre sont le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et président de la Comece, et ses quatre vice-présidents : Mgr Mariano Crociata (évêque de Latina, en Italie), Mgr Noel Treanor (évêque de Down and Connor, en Irlande), Mgr Franz Josef Overbeck (évêque d’Essen, en Allemagne) et Mgr Jan Vokal (évêque de Hradec Kralové, République tchèque).

Source: VATICANNEWS, le 25 février 2021

Les confidences de l’ex directrice d’une clinique d’avortement qui a inspiré le DVD Unplanned

Abby Johnson

Les confidences de l’ex directrice d’une clinique d’avortement qui a inspiré le DVD Unplanned

Le film Unplanned sort en DVD cette semaine. Il s’est inspiré de l’histoire vraie d’Abby Johnson, ancienne directrice d’un planning familial au Texas devenue une farouche opposante à l’avortement. Depuis, 550 autres employés ont suivi son exemple. Entretien.

Le film « Unplanned » est diffusé en France depuis le 1er octobre 2020. Pourquoi avez-vous accepté de raconter votre vie dans un film ?

Eh bien, ce n’était pas prévu ! J’ai été approchée par les réalisateurs après qu’ils aient lu mon livre intitulé, lui aussi, « Unplanned ». Ils voulaient en faire un film. J’ai accepté leur proposition après avoir beaucoup prié parce que je pense que ce film peut (et a déjà) apporté beaucoup de guérison et contribué à sauver de nombreuses vies.

Quand avez-vous changé d’avis sur l’avortement ? 

Au moment précis où, lorsque je travaillais au Planning Familial, j’ai vu ce bébé bouger sur l’écran de l’échographie juste avant son avortement. J’ai alors réalisé que la vie humaine existe dans l’utérus et que l’avortement tue cette vie.

Êtes-vous une autre personne depuis que vous avez changé de camp ?

Je suis une autre personne grâce Dieu. Cela a été un long cheminement avec Lui, et même si je n’ai pas perdu l’essentiel de ma personnalité lorsque je suis devenu pro-vie, j’ai changé d’une manière significative grâce à Lui.

Qui vous a aidé à quitter le Planning Familial ?

Les membres de la Coalition for Life au Texas ont été d’une aide considérable. C’est seulement quand j’ai quitté Planned Parenthood (le Planning familial américain, NDLR) que j’ai découvert que beaucoup de gens priaient pour mon départ. Leurs prières ont été exaucées.

D’autres femmes ont-elles suivi votre exemple en abandonnant le Planning Familial après avoir découvert la vérité sur l’avortement ?

Mon ministère au sein de ATTWN (And Then There Were None), un mouvement d’anciens salariés du Planned Parenthood, a aidé plus de 550 employés de cliniques d’avortement à quitter leur travail. Donc oui, beaucoup ont suivi mes traces !

Qu’est-ce qui choque le plus les anciens employés dans les pratiques du Planning Familial ?

Outre les terribles conséquences de l’avortement lui-même, les anciens employés du Planned Parenthood découvrent vraiment comment l’industrie de l’avortement traite les femmes, comment elles les poussent à avorter et leur disent qu’elles ont besoin de l’avortement pour réussir dans la vie. C’est un énorme mensonge. Et les nombreuses révélations des cliniques et des médecins de l’avortement eux-mêmes – comme l’utilisation de médicaments périmés, le manque de personnel médical approprié à la clinique ou le refus d’appeler des ambulances lorsque la vie d’une femme est en danger – démontrent à ces employés que l’industrie de l’avortement ne se soucie que de l’argent, et rien d’autre.

Quels sont les dégâts les plus graves pour les femmes qui avortent ?

Il existe de nombreux effets secondaires terribles de l’avortement chez les femmes – dépression accrue, pensées suicidaires, dépendance aux drogues et à l’alcool. De nombreuses femmes qui ont avorté souffrent pendant des années et des années jusqu’à ce qu’elles affrontent la réalité de ce qu’elles ont vécu et demandent pardon à Dieu. Car Lui est toujours prêt à les accueillir dans ses bras.

Que préconisez-vous pour limiter le nombre d’avortements ? La prière ?

La prière bien sûr ! Mais nous devons aussi rencontrer les femmes là où elles sont, les accompagner dans leur fragilité. Nous devons les aider en répondant à leurs besoins immédiats, qu’il s’agisse de les sortir d’une situation familiale néfaste, de payer un loyer ou même de leur procurer de nouveaux pneus pour leur voiture afin qu’ils puissent accéder à l’emploi dont elles ont besoin ! J’ai lancé un mouvement appelé Loveline qui fait tout cela. Nous avons aidé des centaines de femmes depuis que nous avons commencé il y a un an. Nous créons des listes sur Amazon de ce dont ces femmes ont besoin. Ces listes sont pourvues en quelques minutes dès que je les publie sur les réseaux sociaux. Les gens veulent aider et grâce à Loveline, nous pouvons aider ces femmes à choisir la vie, et non la mort, pour leurs bébés.

Source: Famille Chrétienne, le 25 janvier 2021

L’avortement tue 25 fois plus que la Covid-19

FEMME AVEC UN MÉDECIN

© Iryna Rahalskaya – Shutterstock

L’avortement tue 25 fois plus que la Covid-19

Alors que les chiffres de l’IVG ne cessent d’augmenter partout dans le monde, l’Argentine vient de légaliser l’avortement en adoptant l’une des législations les plus permissives.

Avec plus de 40 millions d’avortements en 2020, l’avortement est la première cause de décès dans le monde, loin devant toutes les autres. Pourtant, les grandes instances mondiales telles l’ONU, l’OMS et le FMI font peser une pression constante sur les pays qui autorisent le moins l’avortement. Ce chiffre est issu du Worldometer, un site web qui compile en temps réel des statistiques mondiales sur la santé, la population, les ressources ou les décès. Le 31 décembre dernier, son compteur affichait un peu plus de 42,6 millions d’avortements depuis le 1er janvier. À titre de comparaison, en 2020, le même site a recensé 13 millions de décès dus aux maladies transmissibles et 8,2 millions de décès à cause du cancer. Quant au coronavirus, selon l’Université John Hopkins, il a tué 1,8 million de personnes.

Une loi « nouvelle génération »

Malgré ces chiffres vertigineux, les tentatives pour faire entrer l’IVG dans le droit se multiplient. C’est ainsi que l’Argentine a légalisé l’avortement le 30 décembre dernier, jusqu’à 14 semaines de grossesse. Or, cette loi est très différente des lois européennes qui ont dépénalisé l’IVG au XXe siècle, elle « fait partie d’une nouvelle génération de lois plus audacieuses sur l’avortement » analyse le C-Fam, le Center for Family & Human Rights.

En effet, à la différence des lois IVG plus anciennes, cette nouvelle loi « ne se contente pas de dépénaliser l’avortement » dans certaines circonstances limitées « comme la plupart des pays européens », elle va beaucoup plus loin. Elle entend « élever l’avortement au rang d’un droit de l’homme », qui l’emporterait « sur tous les autres droits humains ». Une affirmation qui va à l’encontre du Consensus de Genève (octobre 2020) et de la Conférence du Caire (2014), selon lesquels il n’existe « aucun droit international à l’avortement ». Pourtant, c’est en vertu de ce « droit à l’avortement » que la loi argentine autorise l’IVG dès l’âge de 13 ans sans consentement parental.

Pressions internationales

Autre nouveauté, la loi argentine montre une « forte composante mondiale », se réclamant des traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, et soumettant le système de santé argentin à l’OMS . En outre, elle introduit la théorie du genre, en faisant référence à des « personnes gestantes » et non plus à des « femmes enceintes ». Enfin, la loi contient un délit d’entrave très strict, avec un droit à l’objection de conscience réduit au minimum.

Sept projets de loi ont déjà été rejetés en Argentine avant que celui-ci n’aboutisse. Depuis les années 1990, le pays subit de fortes pressions de l’ONU pour légaliser l’avortement. En 2018, c’est le FMI qui a imposé la légalisation de l’IVG comme condition à la révision de la dette de l’État. De fait, la promesse a été tenue, puisque l’Argentine a débuté depuis peu les discussions avec le FMI et la Banque mondiale en vue de renégocier sa dette.

Source: ALETEIA, le 23 janvier 2021 par Henrianne de Pontbriand