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Marie est mon modèle

Marie est mon modèle

Par une très miséricordieuse condescendance, Notre-Seigneur ne s’est pas contenté de s’offrir à nous pour modèle, soit comme Dieu, soit comme homme ; il a voulu nous en donner un autre dans la personne de la Sainte Vierge, sa Mère, qui est notre Mère aussi, et la plus parfaite des œuvres du Très-Haut.

Marie est à la fois mon modèle et ma Mère. Mon modèle : ai-je la prudence de Marie dans les circonstances importantes de ma vie ?… L’ai-je dans mes rapports habituels avec le prochain ? Ai-je son obéissance, dès que la volonté de Dieu m’est connue…

Ai-je cette foi qui me ferait accepter les ordres les plus difficiles ? Suis-je disposé à entrer sérieusement dans la vie intérieure et à laisser accomplir en moi tout ce que le Seigneur attend de ma dépendance à ses désirs ?…

Me suis-je réellement consacré à Dieu ? Lui ai-je tout donné, comme Marie a tout donné à Jésus ? Ai-je aimé la vie cachée ? Ai-je accepté généreusement les séparations que la Providence m’a imposées ou peut m’imposer chaque jour ?

Emmanuel d’Alzon (1810 – 1880), fondateur des Assomptionnistes

Directoire: Partie 1: Chapitre 5: Amour envers la Sainte Vierge

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

22.05.2026 – SAINTE DU JOUR

Ste Rita de Cascia

Sainte Rita de Cascia
Veuve puis religieuse 
(1381-1447)

Rita naît vers 1381 près de Cascia en Ombrie, au cœur d’une époque troublée marquée par la guerre entre partisans du Pape et de l’Empereur. Chaque village est divisé. Les parents de Rita sont surnommés les ‘porte-paix’ du Christ, jouant un rôle de médiation entre clans rivaux. Cet exemple, Rita ne l’oubliera pas, elle le prolongera par toute une vie de douceur et d’extraordinaire patience dans l’adversité.

Vers l’âge de treize ans, elle commence à penser à la vie religieuse. Ses parents préfèrent la marier à un homme riche, mais au caractère brutal. Rita s’incline, se disant qu’elle n’est sans doute pas digne de la vie consacrée. Elle souffre en silence, ajoutant des jeûnes fréquents pour la conversion de Paolo di Fernando, son mari. Elle est si douce que ses voisins la surnomment « la femme sans rancune ». Enceinte, elle donne naissance à deux jumeaux. Paolo finit alors par s’amadouer et le ménage connaît un temps de bonheur.

Or un soir d’hiver 1416, Paolo tombe dans une embuscade. Quand Rita arrive, il est déjà mort, mais un témoin atteste qu’il s’est tourné vers Dieu. Les jumeaux, eux, ne rêvent que de venger leur père. Rita redouble de prière, demandant même au Seigneur qu’ils meurent en pardonnant plutôt que de vivre dans la vengeance. Quelques mois après, ses fils sont emportés par une épidémie de peste, non sans avoir demandé pardon à leur mère.

Devenue veuve, Rita va pouvoir réaliser sa vocation, non sans mal ! Elle frappe à la porte des Augustines de Cascia, mais l’abbesse lui refuse l’entrée, l’ordre interdisant l’accueil des veuves. Rita insiste et finalement est admise, à condition de parvenir d’abord à réconcilier les deux clans, celui de son mari et celui de son assassin. Elle y parvient, contre toute attente ! Elle restera quarante ans religieuse, se dévouant au service des pauvres.

Un Vendredi saint, après un carême prêché par un Franciscain, elle demande à être configurée au Christ. Elle recevra, sur le front, dans une extase, un des stigmates de la Passion qui ne la quittera plus, sauf durant le pèlerinage du Jubilé à Rome pour rendre grâce de la cessation des guerres dans le pays. Ses dernières années, elle les passe en recluse, ne recevant plus que l’Eucharistie pour toute nourriture.

À sa mort, vraisemblablement en 1447, le peuple de Cascia la proclame sainte, bien avant l’Église officielle. Elle sera béatifiée en 1627 ou 1628 par le pape Urbain VIII et canonisée en 1900 par le pape Léon XIII. Son corps, intact, repose dans la basilique de Cascia et attire des pèlerins du monde entier, venus implorer son intercession.

Demandons-lui aujourd’hui qu’elle nous communique sa capacité à pardonner, sa douceur évangélique et, dans la contemplation du Christ, la force d’un amour invincible, pour Dieu et pour nos frères. Avec elle, soyons sûrs qu’il n’y a pas de cause désespérée pour celui qui croit, et plus encore pour celui qui aime en Dieu, car à Dieu, rien n’est impossible !

©Evangelizo.org


Prière à sainte Rita de Cascia

Ô sainte Rita, sainte de l’impossible et avocate des causes désespérées, sous le poids de l’épreuve, j’ai recours à toi. Libère mon pauvre cœur des angoisses qui l’oppressent et rends la paix à mon esprit accablé. Toi que Dieu a choisi d’établir comme avocate des causes désespérées, obtiens-moi cette grâce que je sollicite (la formuler ici). Serais-je le seul (la seule) à ne pas éprouver l’efficacité de ta puissante intercession ? Si mes péchés constituent un obstacle à l’accomplissement de mes vœux les plus chers, obtiens-moi la grande grâce d’un sincère repentir et du pardon, moyennant une bonne confession. En tout cas, ne permets pas que je continue ainsi à vivre dans une si grande affliction. Aie pitié de moi !

Ô Seigneur, vois l’espérance que j’ai en Toi ! Écoute ta bienheureuse Rita qui intercède pour nous autres, les affligés humainement sans espoir. Exauce-la encore une fois en nous manifestant ta miséricorde. Amen.

Sainte Rita de Cascia priez pour nous !

22.05.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,15-19. 

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? »

Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. »

Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

ermite et missionnaire au Sahara

Sur l’Évangile (Œuvre spirituelle, anthologie ; Éd. du Seuil, 1958 ; p. 200-202)

« Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi » (Jn 17,21)

Soyons si unis avec tous les hommes par l’amour fraternel, par l’amour dont nous aimons en eux les membres de Jésus, dont nous aimons en eux le corps de Jésus, que nous soyons un avec eux, comme le Père et le Fils sont un mutuel amour ; en effet, ils sont un de deux manières, par l’essence divine qui leur est commune, et ce n’est pas ainsi que Jésus veut que nous soyons un avec tous les hommes… et par leur mutuel amour, et c’est de cette manière que nous pouvons et devons être un avec tous les hommes comme le Fils et le Père sont un… Soyons en tous les hommes par notre amour, comme le Père est dans le Fils par son amour pour Lui et comme le Fils est dans le Père par son amour pour Lui : en effet, quand on aime quelqu’un, on est très réellement en lui, on est en lui par l’amour, on vit en lui par l’amour, on ne vit plus en soi, car ce n’est plus à soi qu’on est attaché, on est détaché de soi. (…) Nous devons aimer tous les hommes en vue de Dieu au point de ne faire qu’un avec eux, d’abord parce que Dieu nous le commande, nous donne l’exemple d’un ardent amour pour eux, par diverses graves raisons encore tirées de l’amour dû à Dieu, mais surtout, surtout, (…) parce que tous les hommes sont, à un titre ou à un autre, membres de Jésus, matière proche ou éloignée de son Corps Mystique, et que par conséquent, en les aimant, en ne faisant qu’un avec eux, en vivant en eux par notre amour, nous aimons quelque chose de Jésus, nous ne faisons qu’un avec une portion de Jésus, nous vivons par notre amour dans les membres de Jésus, dans le corps de Jésus, en Jésus.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 25,13-21. 

En ces jours-là, le roi Agrippa et Bérénice vinrent à Césarée saluer le gouverneur Festus.
Comme ils passaient là plusieurs jours, Festus exposa au roi la situation de Paul en disant : « Il y a ici un homme que mon prédécesseur Félix a laissé en prison.
Quand je me suis trouvé à Jérusalem, les grands prêtres et les anciens des Juifs ont exposé leurs griefs contre lui en réclamant sa condamnation.
J’ai répondu que les Romains n’ont pas coutume de faire la faveur de livrer qui que ce soit lorsqu’il est accusé, avant qu’il soit confronté avec ses accusateurs et puisse se défendre du chef d’accusation.
Ils se sont donc retrouvés ici, et sans aucun délai, le lendemain même, j’ai siégé au tribunal et j’ai donné l’ordre d’amener cet homme.
Quand ils se levèrent, les accusateurs n’ont mis à sa charge aucun des méfaits que, pour ma part, j’aurais supposés.
Ils avaient seulement avec lui certains débats au sujet de leur propre religion, et au sujet d’un certain Jésus qui est mort, mais que Paul affirmait être en vie.
Quant à moi, embarrassé devant la suite à donner à l’instruction, j’ai demandé à Paul s’il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé sur cette affaire.
Mais Paul a fait appel pour être gardé en prison jusqu’à la décision impériale. J’ai donc ordonné de le garder en prison jusqu’au renvoi de sa cause devant l’empereur. »

Psaume 103(102),1-2.11-12.19-20ab. 

R/ Le Seigneur a son trône dans les cieux. (Ps 102, 19a)

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Comme le ciel domine la terre, 
fort est son amour pour qui le craint ;
Aussi loin qu’est l’orient de l’occident, 
il met loin de nous nos péchés.

Le Seigneur a son trône dans les cieux : 
sa royauté s’étend sur l’univers.
Messagers du Seigneur, bénissez-le,
invincibles porteurs de ses ordres !

24.05.2026 – HOMÉLIE DE LA PENTECÔTE – JEAN 20,19-23

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Lectures : Évangile selon saint Jean 20, 19-23

L’intelligence paisible

L’époque actuelle n’a pas encore vraiment trouvé son nom, qui se dit post-moderne, ce qui ne traduit que l’état de rupture ressenti avec l’ère moderne qui la précède. La modernité est le mode de pensée qui, à bien des égards, s’effondre. N’en témoigne que le désintéressement de la jeunesse des sciences dites exactes, au profit désormais dominant des sciences humaines. Notre société est devenue post-factuelle, qui privilégie le ressenti à l’objectivité. Le mode de pensée moderne, qui visait à évaluer les choses en les rapportant entre elles, a aujourd’hui laissé place à la subjectivité la plus aboutie, tellement poussée à l’aporie qu’il devient désormais difficile pour certains de donner sens à la question « qui suis-je ? ». La modernité avait espéré l’autonomie spirituelle de l’individu, l’élévation de chacun par sa propre raison, elle s’anéantit dans l’impossibilité de se comprendre. Ce que nous appelons post-modernité est une parfaite actualisation de l’épisode de la tour de Babel (Genèse 11, 1-9). Désormais, dans leurs efforts de s’élever par eux-mêmes, les peuples, comme les individus, ne se comprennent plus. D’où la résurgence de questions identitaires, tant personnelles que collectives.

Si, humainement, la modernité s’effondre, techniquement, elle triomphe avec l’intelligence artificielle. A brève échéance, les ordinateurs dépasseront les capacités cognitives du cerveau humain. Déjà, ces « intelligences » nous surpassent dans bien des domaines, qui réussissent brillamment des examens universitaires, détectent certaines maladies mieux que les spécialistes, produisent des théorèmes de mathématiques avancés. L’intelligence artificielle, c’est le triomphe mécanique de la pensée rationnelle. Ce rêve qui a surgit de l’horlogerie et des premiers automates est devenu aujourd’hui réalité : après les premiers calculateurs, nous avons conçu des robots penseurs performants. C’est à la fois prodigieux et tragique : en même temps nous découvrons une puissance intellectuelle inégalée, en même temps nous réalisons que l’intelligence n’est pas le propre de l’homme, que des machines désormais nous dépassent en ce domaine. Voici qui ajoute une couche de perplexité à la question post-moderne : mais qui sommes-nous finalement ? Et, au fond, le pressentiment de la jeunesse – il ne me reste que mes émotions – n’est-il pas une intuition juste ? Que reste-il de proprement humain à l’ère des robots super-intelligents, sinon nos larmes et nos joies ? Ne sommes-nous pas réduits à être des capteurs émotionnels pour des algorithmes qui nous analysent finement ?

Ne sommes-nous pas finalement arrivés à la situation que vivent les disciples enfermés dans la peur, après la crucifixion du Christ ? Ne sommes-nous pas nous aussi enfermés dans nos émotions, ne sachant plus très bien qui nous sommes ? Ils avaient engagé leur vie, tout ce qu’ils possédaient pour suivre Jésus. Ils espéraient ainsi atteindre le Salut, la libération du peuple, et leurs espérances ont été mortellement déçues. Ils ont bien bénéficié d’apparitions du Ressuscité mais qu’en est-il d’eux-mêmes ? L’intelligence des Écritures que le Christ incarnait s’est désormais externalisée, proprement déshumanisée comme l’IA représente une externalisation, une déshumanisation du savoir humain qui n’est pas sans impact. La modernité avait porté cette belle espérance d’un salut de l’humanité par l’intelligence rationnelle, lequel apparaît aujourd’hui comme un idéal désincarné, suprahumain et quelque part mortifère. Qui sommes-nous spirituellement désormais, si l’intelligence nous échappe ? Comme les disciples enfermés dans la crainte, notre humanité est aujourd’hui seule, sous l’emprise de ses émotions troublées.

Le Ressuscité qui surgit rompt cette emprise de l’insignifiance. Il dit : « La paix soit avec vous ! » ; montre ses mains et son côté – ce qui paradoxalement remplit les disciples de joie – et dit à nouveau : « La paix soit avec vous ! ». Ce qui enserre le mystère de la résurrection – là, au cœur des sentiments, où les blessures resurgissent en joie – c’est la paix. La véritable réponse à la question de savoir qui nous sommes ne se trouve pas dans les flots du discours rationnel, scientifique, aussi intelligent soit-il – les machines produisent désormais mieux que nous ces discours. La révélation de notre identité ne se trouve pas non plus dans le jeu turbulent de nos émotions. S’ils parlent effectivement de mes souffrances et de mes désirs, mes sentiments ne me définissent pas, qui d’ailleurs souvent me trompent et m’égarent. La révélation de qui je suis ne s’établit que dans la paix, et donc dans la résurrection de mes blessures, pour laquelle je nécessite le souffle de l’Esprit. Ni l’intelligence humaine, aussi techniquement avancée que nous puissions la concevoir, ni nos propres sentiments ne suffisent à nous définir. Ce qui nous définit, c’est l’Esprit d’amour de Dieu qui ne s’éprouve pleinement que dans la paix.

La Pentecôte, c’est le surgissement de ce souffle apaisant dans nos vies. L’Esprit Saint n’est pas d’abord intelligence et force pour gouverner nos émotions. Il est avant tout don de lui-même, c’est à dire paix divine. La plénitude de l’Esprit Saint, c’est la paix sublime de l’âme, qui acquiert ainsi la pleine conscience d’elle-même.

Voici le dimanche pour chercher, dans la paix intérieure, le regard d’amour que Dieu pose sur nous. Seul l’amour de Dieu nous définit à notre pleine mesure et nous nécessitons son Esprit pour le saisir.

De là, de la pleine mesure de nous-même que nous donne l’Esprit Saint, surgira notre élan à proclamer au nom du Christ : « La paix soit avec vous ! », sachant intimement qu’elle est le creuset du plus pur amour. Amen.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 20 mai 2026

24.05.2026 – HOMÉLIE DE LA PENTECÔTE – JEAN 20,19-23

« Tous furent remplis d’Esprit Saint »

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


Cinquante jours après Pâques, nous voici parvenus à la fête chrétienne de la Pentecôte. En ce dimanche, nous arrivons à la fin du temps pascal. Tout au long de cette période, nous avons fêté le Christ ressuscité, vainqueur de la mort et du péché. Le jour de l’Ascension, il s’est manifesté une dernière fois aux onze disciples. Le livre des Actes des apôtres (1ère lecture) nous dit qu’il « s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs yeux ».

Ce récit de la 1ère lecture est à situer au cours de la Pentecôte juive. Ce jour-là, on était venu de partout pour fêter le don de la loi de Dieu à Moïse. Tous ces gens n’avaient certainement jamais entendu parler de Jésus de Nazareth. Ils étaient là pour renouveler l’alliance avec Dieu. Mais rien ne se passe comme prévu. Saint Luc nous parle d’un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent et aussi d’un feu qui se partageait en langues. C’est cela le don de l’Esprit Saint.

À ce moment-là, tout est changé dans le cœur des apôtres. Alors qu’ils étaient « confinés » dans la salle commune, ils se mettent à sortir. La peur qui les paralysait est emportée. Ils se mettent à proclamer les merveilles de Dieu devant ceux-là mêmes qui ont fait mourir le Christ sur la croix. La première de ces merveilles c’est l’annonce de Jésus mort et ressuscité. Et ce qui est extraordinaire, c’est que chacun les entend dans sa propre langue. C’est une manière de dire que l’Évangile est pour tous, quel que soit leur pays. Cette bonne nouvelle doit être proclamée dans le monde entier. C’est une manière de dire que « l’Église existe pour ceux qui n’y sont pas ».

Dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe (2ème lecture), Paul rappelle l’action de l’Esprit Saint à l’intérieur de la communauté. Le problème c’est qu’il y a des divisions entre chrétiens. C’est un contre-témoignage. L’apôtre intervient pour rappeler que toutes les considérations de hiérarchie ou de supériorité doivent être éradiquées ; le fait d’être juif ou païen, esclave ou homme libre, ça ne compte plus. Le racisme, l’exclusion, le cléricalisme n’ont plus leur place chez les chrétiens. Dans l’Église de Jésus Christ, on n’apprend plus à penser en termes de supériorité, de hiérarchie, d’avancement ou d’honneur. Désormais, une seule chose compte : notre baptême dans l’unique Esprit.L’Église n’est pas une pyramide mais une foule serrée autour de Jésus Christ.

Dans sa lettre, saint Paul nous présente l’Église comme un corps. Le Christ en est la tête et nous sommes les membres. Chacun de nous est différent. Il faut voir l’Église comme une foule de toutes les couleurs. Les divers membres n’ont pas la même fonction. Cette diversité est un cadeau. Chaque membre est très important aux yeux de Dieu. Nous sommes appelés à vivre l’unité dans la diversité. Ce pari nous ne pourrons le gagner que parce que l’Esprit saint nous est donné.

L’Évangile nous présente l’envoi des disciples en mission au soir de Pâques : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». Puis il « souffle » sur eux. C’est ainsi qu’ils reçoivent le Saint Esprit en vue de la mission qui leur est confiée. Désormais, ils devront partir pour annoncer à tous l’Évangile du Salut en Jésus Christ. Pour cette grande mission, ils ne sont pas seuls. L’Esprit Saint, le souffle de Dieu, les accompagnera et les précèdera. Il sera agissant dans le cœur de ceux qu’il mettra sur leur route.

Cette fête de la Pentecôte, c’est celle de l’Esprit Saint qui ne cesse de renouveler l’Église depuis vingt siècles. C’est ce même Esprit que nous sommes invités à accueillir dans notre vie. Pour cela, il nous faut nous ouvrir à ce don de Dieu. Nous savons bien que cela n’est pas facile. Il y a en nous des résistances qui cherchent à nous détourner de lui. Être sous l’emprise de l’Esprit c’est sentir en nous la présence de Dieu qui est source de paix et de joie intérieure. Le Christ nous libère en nous orientant vers Dieu.

Avec lui, nous pourrons nous imprégner de l’amour qui est en Dieu pour le communiquer à tous ceux qui nous entourent. Nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Le pape François nous disait que cette espérance doit être combative. La vie chrétienne est un combat contre nous-mêmes et bien souvent contre les idées à la mode. Comme un feu puissant, il chasse leurs ténèbres ; il illumine notre nuit.

À la suite des apôtres, l’Église est appelée à communiquer la paix et à manifester le pardon. Cette paix, ce n’est pas l’absence de conflit ; c’est d’abord la paix intérieure (l’apaisement), c’est la miséricorde, c’est Dieu lui-même. La Pentecôte, c’est l’Esprit Saint qui vient illuminer notre nuit. Prions-le pour qu’il soit toujours avec nous ; qu’il nous donne d’annoncer la bonne nouvelle avec un zèle que rien ne saurait intimider.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 17 mai 2026