Ukraine et accord du Vendredi saint dans les appels de François

La place Saint-Pierre, lundi 10 avril 2023.La place Saint-Pierre, lundi 10 avril 2023. (Vatican Media)

Ukraine et accord du Vendredi saint dans les appels de François

Dans ses salutations à la fin de la récitation du Regina Caeli, lundi 10 avril, le Pape François a renouvelé sa demande de prières pour la paix, en particulier pour l’Ukraine. Il est aussi revenu sur les 25 ans de l’accord du Vendredi saint.

«Nous persévérons à invoquer le don de la paix pour le monde entier, en particulier pour la chère et tourmentée Ukraine», a déclaré le Pape François dans ses vœux après la récitation mariale du Regina Caeli.

Bakhmout, épicentre de la guerre

Le chef de l’occupation russe de la région ukrainienne de Donetsk, Denis Pouchiline, s’est rendu dans le centre de Bakhmout, épicentre depuis des mois des combats en Ukraine et où les Russes semblent avancer, selon une vidéo publiée lundi 10 avril.

Ces derniers jours, les forces ukrainiennes semblent avoir perdu du terrain dans le centre-ville où plusieurs correspondants de guerre russes se sont rendus ces derniers jours et dont les reportages montrent une citée dévastée, rapporte l’AFP.

Ville de quelque 70 000 habitants avant le conflit, Bakhmout est le théâtre de terribles combats depuis des mois. Du fait de la longueur de la bataille et des lourdes pertes subies par les deux camps, la ville est devenue le symbole de la lutte entre Russes et Ukrainiens pour le contrôle de la région industrielle du Donbass. Les troupes russes ont progressé ces derniers mois au nord et au sud de Bakhmout, coupant plusieurs routes d’approvisionnement ukrainiennes et s’emparant de sa partie orientale.

25 ans de l’accord du Vendredi saint

Le Pape est également revenu sur le 25e anniversaire de l’accord du Vendredi saint, signé le 10 avril 1998 par les gouvernements britannique et irlandais, confirmé par des référendums en Irlande et en Irlande du Nord. Un texte qui, obligeant les signataires à accepter une solution politique, mis fin à trente années de conflits qui firent 3 480 en Irlande du Nord et en République d’Irlande.

«Dans un esprit de gratitude, je prie le Dieu de la paix pour que les acquis de cette étape historique soient consolidés au bénéfice de tous les hommes et femmes de l’île d’Irlande.», a dit François.

Source : VATICANNEWS, le 10 avril 2023

François renouvelle son appel à la paix en Ukraine

Le Pape ce dimanche 2 avril 2023.Le Pape ce dimanche 2 avril 2023. (Vatican Media)

François renouvelle son appel à la paix en Ukraine

À la fin de la prière de l’Angélus, le Pape a tourné ses pensées vers les martyrs ukrainiens. Il a également donné une bénédiction spéciale à la ‘caravane de la paix’ partie d’Italie pour aider la population locale éprouvée par la guerre.

Vatican News

Au cours de l’Angélus place Saint-Pierre, à la fin de la messe des Rameaux, François a invité à prier pour l’Ukraine et a salué l’initiative promue par diverses associations: Pape Jean XXIII, FOCSIV, Pro Civitate Christiana, Pax Christi et d’autres. «J’adresse une bénédiction spéciale à la ‘caravane de la paix’ qui est partie d’Italie pour l’Ukraine ces jours-ci» a affirmé François.

Proximité et prière

En même temps que «des produits de première nécessité», a déclaré l’évêque de Rome, «ils apportent la proximité du peuple italien au peuple ukrainien martyr et offrent aujourd’hui des rameaux d’olivier, symbole de la paix du Christ. Nous nous associons à ce geste par la prière, qui sera plus intense pendant la Semaine sainte».

150 volontaires, 30 camions, 5 000km

Partie le 30 mars dernier de Padoue, la cinquième caravane de la paix, intitulée « Stop The War Now » qui mobilise plus de 150 volontaires de diverses organisations de la société civile, apporte jusqu’en Ukraine une aide concrète à la population civile et un message de paix et de non-violence au pays dévasté par plus d’un an de guerre. Les 30 véhicules impliqués, qui ont parcouru 5 000 kilomètres aller-retour, sont arrivés ce samedi à Odessa, transportant 20 générateurs électriques, de quoi désaliniser l’eau et un total de 20 tonnes d’aide humanitaire. L’objectif est d’atteindre les zones assiégées à proximité du front et la mission permanente des volontaires de la ville de Mykolaiv, coordonnée par l’association de la Communauté du Pape Jean XXIII.

Dans un entretien accordé à Vatican News, Don Renato Sacco, coordinateur national de Pax Christi Italie, revient sur son expérience. «À Odessa, nous avons livré un grand générateur à l’hôpital pédiatrique et ensuite nous avons apporté de nombreux petits générateurs à Mykolaiv où nous nous trouvons actuellement».

Un signe d’espoir

«Ils nous ont accueillis, ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour que nous ayons de la place. Nous ne sommes pas quelques-uns, nous sommes 150. Ils ont déplacé les cartons et nous ont accueillis avec la dignité d’invités d’honneur. Nous avons apporté beaucoup d’aide. Ils nous ont vraiment rendu la pareille avec leur accueil». Pour la fête du dimanche des Rameaux, poursuit-il, des plats spéciaux ont été préparés et les Ukrainiens ont demandé un temps de fête. Elle aura lieu ce dimanche soir, mais un petit concert a été improvisé avec des chansons «que tout le monde connaît». Avec ce moment de fête, estime Don Renato Sacco, «ils veulent nous dire: donnez-nous un signe d’espoir, aidez-nous à vivre un moment de légèreté, car ici la guerre risque de nous écraser». Le prêtre interpelé appelle, à la suite du Pape, à ne jamais se laisser gagner par l’indifférence. Pour lui ce temps liturgique est significatif, le rameau d’olivier est le signe de la faiblesse, le signe de la douceur. «Aujourd’hui encore, il y a cette tentation de louer ceux qui font étalage de leur pouvoir et de dénigrer ceux qui choisissent la douceur, la non-violence».

Revenant sur l’expérience en cours, le coordinateur national de Pax Christi Italie estime qu’il s’agit surtout d’exprimer leur proximité aux Ukrainiens «Ceux qui décident de la guerre ne vont pas là où elle se déroule, ils la décident à table, au loin. Ceux qui choisissent la paix et ceux qui veulent la paix y mettent leur vie, ils y vont en personne. C’est là toute la différence. Nous sommes ici pour dire non: il y a beaucoup de gens, croyants et non-croyants, des hommes et des femmes – et je crois une écrasante majorité en Italie – à vouloir vraiment un « cessez-le-feu »».

Source : VATICANNEWS, le 2 avril 2023

«Pour mes dix ans de pontificat, offrez-moi la paix», demande le Pape

Le Pape François se confie à Radio Vatican-Vatican NewsLe Pape François se confie à Radio Vatican-Vatican News (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

«Pour mes dix ans de pontificat, offrez-moi la paix», demande le Pape

Le Pape François, à l’occasion du dixième anniversaire de son élection au trône de Pierre, se confie aux médias du Vatican. Dans une conversation, il évoque ce qui a changé pour lui et certains moments qui l’ont marqué.

Salvatore Cernuzio, Xavier Sartre – Cité du Vatican

«Le mot qui me vient à l’esprit, c’est ce que ça semble hier»: en évoquant ce jour du 13 mars 2013, le Pape François est très clair. «Le temps passe vite. Et quand tu veux cueillir le jour présent, c’est déjà hier. Et toi, tu es dans cette tension d’un aujourd’hui qui est hier et qui n’est pas demain. Vivre comme cela, c’est ce qui est nouveau. Ces dix dernières années, quand j’y pense, cela a été une tension, cela a été vivre en tension», poursuit-il.

Une tension, pour reprendre donc le mot du Pape, nourrie par les milliers d’audiences, les centaines de visites dans les diocèses et les paroisses, et les quarante voyages apostoliques à travers le monde. Celui en Irak, le premier d’un pape sur les terres d’Abraham, «a été très beau»reconnait François. Mais la rencontre qui a peut-être le plus touché le Saint-Père est celle avec les personnes âgées, au Vatican, place Saint-Pierre.

«Les personnes âgées sont la sagesse et m’aident énormément. Moi aussi je suis vieux, non? Mais les personnes âgées sont comme le bon vin. Les rencontres avec les personnes âgées me rajeunissent et me renouvellent, je ne sais pas pourquoi. Ce sont de beaux moments, vraiment beaux», se souvient-il.

L’ombre permanente de la guerre

Les mauvais souvenirs existent également et tous liés à la guerre. «Je voudrais faire une synthèse d’une chaine de mauvais moments tous liés à ce thème. J’ai commencé à Re di Puglia (cimetière militaire italien de la Première Guerre mondiale NDLR), puis à Anzio (site du débarquement allié en 1944 NDLR) pour la messe du 2 novembre. Et puis je l’ai senti lors de la commémoration du Débarquement en Normandie. Tous les chefs d’Etat et de gouvernement célébraient, et moi je pensais que sur ces plages sont restés 20-30 000gars».

La guerre apparait comme une sorte de fil rouge de ces dix dernières années. De la veillé pour la paix en Syrie le 7 septembre 2013, dès le début du pontificat à la consécration au Cœur Immaculé de Marie de l’Ukraine et de la Russie le 25 mars 2022, François n’a cessé de prier et d’exhorter à la paix. Pour le Souverain pontife, tous ces conflits à travers le monde, ne sont que les facettes d’une unique Troisième Guerre mondiale.

Ne pas renoncer aux rêves

«Je ne pensais pas être ce Pape de la Troisième Guerre mondiale. Je pensais que le conflit syrien était singulier, et puis il y a eu le Yémen, puis la tragédie des Rohingya et j’ai vu que c’était une guerre mondiale. Mais derrière les guerres il y a l’industrie des armes, et cela, c’est diabolique. Un expert m’a dit que si pendant un an on ne fabriquait plus d’armes, il n’y aurait plus de faim dans le monde», explique François.

Ces drames si divers laissent des traces. «Cela me fait souffrir de voir les morts, ces jeunes qu’ils soient russes ou ukrainiens, ça ne m’intéresse pas. Ils ne reviendront pas. C’est dur.» Si le Pape devait ainsi recevoir un cadeau pour cet anniversaire, sa réponse est sans équivoque: «la paix, on a besoin de la paix».

Dernière confession du Saint-Père: son rêve pour l’Église, pour le monde et qui le gouverne et pour l’humanité. Il le résume en «trois mois: fraternité, pleur et sourire». «La fraternité humaine, nous sommes tous frères, recomposer la fraternité. Apprendre à ne pas avoir peur de pleurer et de sourire: quand une personne sait pleurer et sourire, c’est une personne qui a les pieds sur terre et le regard porté sur l’horizon du futur. Si on oublie de pleurer, quelque chose ne va pas. Et si on oublie de sourire, c’est pire encore,»confie-t-il avant de bénir tous les auditeurs de Radio Vatican.

Source : VATICANNEWS, le 13 mars 2023

Un an de guerre en Ukraine, des femmes élèvent leur voix pour la paix

Lors d'une manifestation contre la guerre en Ukraine, le 23 février 2023 à Paris, France. Lors d’une manifestation contre la guerre en Ukraine, le 23 février 2023 à Paris, France. (JOHANNA GERON)

Un an de guerre en Ukraine, des femmes élèvent leur voix pour la paix

Le puissant appel du Pape pour la paix en Ukraine a résonné lors de l’audience générale hebdomadaire, mercredi 22 février, à l’avant-veille du premier anniversaire de l’invasion russe. Trois jeunes femmes ont participé à l’audience et se sont senties particulièrement encouragées et réconfortées par sa proximité et ses prières constantes. Des femmes de Russie, d’Ukraine et du Bélarus ont parlé à Radio Vatican – Vatican News de leurs propres rêves de paix et de leur engagement pacifiste. 

Linda Bordoni – Cité du Vatican

Darya de Russie, Olga du Bélarus et Katya d’Ukraine sont en Italie pour apporter les voix de millions de leurs compatriotes qui s’opposent à la guerre en cours en Ukraine et à la militarisation croissante du monde.

Elles ont été invitées par le Mouvement italien pour la non-violence (Movimento Nonviolento) qui promeut les activités de démilitarisation et de rétablissement de la paix.

S’adressant à Radio Vatican – Vatican News après avoir participé à l’audience générale du Pape François mercredi 22 février, les trois femmes ont réitéré leur engagement à œuvrer pour la paix. Elles ont exprimé leur gratitude et leur admiration pour la condamnation inlassable par le Pape de l’absurdité de la guerre, pour ses appels aux dirigeants mondiaux à poursuivre les négociations et à rétablir la paix, et pour sa proximité spirituelle et concrète avec ceux qui souffrent.

«Mon objectif, explique Darya Berg, est de trouver un moyen pour que le peuple russe puisse vivre sans avoir du sang sur les mains.»

Faire entendre des voix silencieuses en Russie

Représentant le projet Go by the forest, elle explique qu’il s’agit d’un projet de résistance civile non violente qui travaille «pour aider le peuple russe à éviter cette horrible guerre que la Russie a déclenchée en Ukraine.»

Darya, qui a dû fuir son pays pour pouvoir poursuivre ses idéaux et son engagement pacifistes, a déclaré qu’elle serait aujourd’hui en prison en Russie pour ses paroles et ses actions.

“Beaucoup de gens en Russie sont contre la guerre. Mais ils ont peur et ils sont menacés par notre gouvernement et ils ne peuvent pas le dire à haute voix.”

Il est important d’entendre les voix pacifistes, a-t-elle dit, même si elles sont silencieuses.

Darya a expliqué que Go by the Forest a une double signification en Russie: cela signifie «Nous ne nous soucions pas de ce que vous pensez», et c’est, a-t-elle expliqué, «ce que nous disons au gouvernement dans notre pays.» C’est aussi une invitation à «passer par la forêt» pour trouver des moyens de traverser la frontière et d’échapper à la conscription militaire.

C’est ce que nous faisons, a-t-elle dit, pour aider «les gens qui ne veulent tuer personne dans cette guerre sanglante», les aider à comprendre leurs droits, les aider en leur fournissant des informations juridiques, un soutien psychologique et des cachettes sur le territoire russe ainsi qu’en traversant les frontières.

Il est toujours légal, explique Darya, de quitter le pays; cependant, c’est très difficile pour les gens, surtout ceux des villages et des petites villes qui n’ont pas de passeport et qui ne sont jamais sortis de Russie.

Ils sont menacés, dit-elle, «par le gouvernement, par les militaires, par l’armée. Ils ne savent pas ce qu’ils peuvent faire, ce qu’ils ne peuvent pas faire. Depuis le début de la guerre et le début de la mobilisation en Russie, nous avons aidé 4 000 personnes à éviter la guerre.»

Eviter l’enrôlement au Bélarus

La Bélarusse Olga Karach dirige une organisation appelée Notre Maison, qui mène actuellement une campagne pour aider les hommes à éviter l’enrôlement dans l’armée bélarusse et la guerre en Ukraine.

Elle note que, cette semaine encore, le président bélarusse Alexandre Loukachenko a adopté une loi approuvant la peine de mort pour les déserteurs de l’armée.

Comme Darya, Olga fait campagne pour faire entendre la voix de ces hommes «qui ne veulent pas aller à l’armée, qui ne veulent pas prendre les armes et qui sont maintenant dans un espace très marginalisé.»

“La législation est contre eux, l’opinion publique est contre eux, et il y a beaucoup de pression.”

Olga a déclaré que, même si l’attention des médias s’est déplacée après la révolution pacifique de 2020, au cours de laquelle des milliers de citoyens anti-Loukachenko ont été emprisonnés ou exilés, «nous avons toujours beaucoup de terreur et d’opérations dans notre pays.»

Aujourd’hui, elle a déclaré que le peuple bélarusse «a besoin de beaucoup plus de solidarité et de soutien parce que maintenant Loukachenko subit une pression incroyable de Vladimir Poutine pour envoyer l’armée bélarusse en Ukraine.»

Elle est en Italie maintenant, a ajouté Olga, parce qu’elle veut «bloquer et empêcher un deuxième front en Ukraine du côté bélarusse.», «Je pense qu’en tant que mouvement pacifiste et non-violent, nous pouvons le faire».

«Nous avons besoin de l’attention de l’Europe pour la situation du Bélarus,a-t-elle ajouté, en particulier pour les hommes bélarusses qui essaient d’éviter la participation à l’armée.»

La proximité du Pape François

Complétant le trio, Kateryna Lanko, de Kiev en Ukraine, dont l’objectif, dit-elle, est «de faire la paix en Ukraine, d’arrêter la guerre, de faire un mouvement pacifique plus fort en Ukraine et d’aider nos objecteurs de conscience.»

Commentant le puissant appel à la paix lancé par le Pape François lors de l’audience générale et ses paroles concernant le fait que «tout ce qui est construit sur des décombres ne peut jamais être une véritable victoire», Kateryna a dit s’être sentie encouragée et réchauffée par celles-ci, «Avec l’aide du Pape, je pense que nous pouvons faire en sorte que cette guerre prenne fin».

La force de l’unité

Les trois femmes ont réaffirmé leur engagement commun qui découle, selon elles, de problèmes communs et de la conviction qu’ensemble, elles peuvent faire beaucoup. Leur tournée italienne vise à collecter des fonds pour leur travail, mais surtout à se faire entendre. Olga a rappelé avec gratitude la solidarité manifestée par tant d’Italiens envers les enfants , bélarusses orphelins ou affectés par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986.

Elle espère que l’Europe prêtera attention au fait que le chef de l’Etat bélarusse, Alexandre Loukachenko organise actuellement des camps d’entraînement militaire pour des enfants âgés d’à peine six ans «pour leur apprendre à tirer, à utiliser du matériel militaire» et à se préparer à devenir des enfants soldats.

«Nous avons toutes les trois vraiment besoin de votre aide, conclut Darya, et nous avons vraiment besoin d’être entendues. Je crois qu’ensemble nous pouvons mettre fin à la guerre et qu’il est très important pour nos pays de sauver autant de personnes que possible.»

Source : VATICANNEWS, le 26 février 2023

Les Églises prient pour la paix en Ukraine: 24 février 2023

Le 24 février 2022 l’Ukraine subissait le début de l’agression militaire, toujours malheureusement en cours, de la part de la Fédération de Russie. Pour rappeler le début de ce conflit armé, l’Eglise catholique se joint aux autres Eglises chrétiennes en Suisse et à l’Union des villes suisses pour faire sonner les cloches le 24 février prochain à 9 heures.

Les Églises suisses organisent sous l’égide de la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC.CH) une célébration œcuménique de prière, une année jour pour jour après l’invasion russe de l’Ukraine. La célébration a lieu à la collégiale de Berne le 24 février 2023 à 16 heures, en présence du président du Conseil national, Martin Candinas et des représentantes et représentants des communautés ukrainiennes en Suisse. Les paroisses et Églises sont invitées à organiser des manifestations comparables durant le week end du 24 février pour former dans toute la Suisse une communauté priante et solidaire.

Un groupe œcuménique prépare cette célébration nationale de prière. La liturgie sera disponible dès la fin du mois de janvier sur le site de la CTEC Suisse (ci-dessous) pour que des Églises, des paroisses et des communautés locales puissent à leur tour organiser une célébration de prière ou en reprendre certains éléments durant le weekend du 24 février 2023. C’est ainsi qu’émergera une communauté priante et solidaire de toutes les victimes de la guerre et pour la paix en Ukraine.

Cette célébration est portée en particulier par l’Église évangélique réformée de Suisse EERS, la Conférence des évêques suisses CES, l’Alliance et le Réseau évangéliques suisses SEA – RES et l’association alémanique des Églises libres freikirchen.ch.

Cette guerre en Europe provoque d’innombrables victimes : des soldats des deux côtés, une population ukrainienne affectée par la destruction d’infrastructures vitales, des millions de réfugiés qui ont dû tout quitter, sans compter la population des pays affectés par les conséquences économiques de la guerre. C’est pour ces millions de victimes et pour la fin de la guerre que les Églises appellent à prier en ce 24 février.

DOCUMENTS (pour téléchargement)
Communiqué de presse (pdf)
Visuel (pdf) et (jpg)
Visuel sans texte, format paysage (jpg) et (pdf)
Colombe de paix, sans texte, format carré (png)
Prière pour la paix en Ukraine, venant de Géorgie (English), CEPE

PRIÈRE
Viens, Esprit de paix, prière en 11 langues (dont l’ukrainien) (pdf)

LITURGIE
Déroulement (pdf)
Introduction à la célébration (pdf)
Prière d’intercession (Word) pour adaptation | (pdf) pour imprimer et distribuer
Liturgie domestique (familles, groupes de prière) (pdf)

CHANTS
Dans nos obscurités (Taizé) (pdf)
Ô toi l’au-delà de tout (Taizé) (pdf)
Mon âme se repose en paix (Taizé) (pdf)
Seigneur, rassemble-nous dans la paix de ton amour (pdf)
Kyrie eleison, tradition ukrainienne (pdf)
Dona nobis pacem (Taizé) (pdf)

Source: СТЕС, POUR UN ŒCUMÉNISMES VIVANT EN SUISSE , le 24 décembre 2022

Mgr Gallagher: il faut penser l’impensable pour la paix en Ukraine

Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États. Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États.

Mgr Gallagher: il faut penser l’impensable pour la paix en Ukraine

Le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États et les organisations internationales réitère la nécessité de ne pas se résigner à un conflit prolongé. Il appelle à une réforme des organisations internationales lors d’une conférence organisée à Rome par le réseau des chaires UNESCO. La diplomatie vaticane a la valeur ajoutée de la miséricorde, explique-t-il, et doit «se salir les mains» pour le bien de la personne humaine.

Michele Raviart – Cité du Vatican

«Nous ne pouvons pas nous résigner à ce que la guerre en Ukraine se poursuive pendant longtemps et, même si pour l’instant il ne semble pas y avoir de base pour des négociations, nous devons garder vivant l’idéal de paix et l’idée que cette guerre prendra fin, même si ce ne sera pas la fin imaginée par Zelensky ou Poutine. Nous voulons une paix juste, mais une paix doit venir, et pour ce faire, si nécessaire, nous devons aussi commencer à « penser l’impensable »». C’est ce qu’a déclaré Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États, lors de la conférence «« Les armes de la diplomatie ». Dialogue entre le Saint-Siège et l’Europe face à la guerre», promu par le réseau des chaires Unesco italiennes ReCui et organisé au Palazzo Altemps à Rome.

La valeur ajoutée de la miséricorde

La diplomatie du Saint-Siège, a rappelé le professeur Alberto Melloni, titulaire de la chaire Unesco sur le pluralisme religieux et la paix, a l’avantage, par rapport à d’autres acteurs, de pouvoir agir en dehors de toute considération matérielle. Sa spécificité, a rappelé Mgr Gallagher, est d’avoir comme valeur ajoutée celle de la miséricorde, seule capable de briser les chaînes de la haine et de la vengeance. En ce sens, le Saint-Siège s’efforce de combler les différences et non d’accroître les écarts, en ayant toujours la personne humaine comme bénéficiaire ultime de tout. C’est pourquoi le Pape engage sa diplomatie à «se salir les mains» et à s’engager de toutes les manières possibles en faveur de la paix. Une paix concrète, mutable et en devenir, afin qu’elle soit le maillon d’un nouveau processus vertueux entre les parties en conflit et non une simple répartition des gagnants et des perdants.

Prévenir les conflits, ne pas courir derrière les événements

À ce stade de l’histoire, poursuit le secrétaire aux relations avec les États, la diplomatie court après les événements et a perdu ce qui devrait être son essence, à savoir la capacité de prévenir les conflits. Elle ne doit pas être un expédient pour mettre fin aux conflits par des trêves armées, mais un instrument de cohésion préventive. Un processus qui doit impliquer non seulement les dirigeants et les diplomates, mais aussi le plus grand nombre d’acteurs possible. Parmi eux, les religions. Un bon exemple est le prochain voyage en République démocratique du Congo et Soudan du Sud du Pape François, qui sera accompagné de l’archevêque de Canterbury Justin Welby.

La crise des Nations unies

La guerre en Ukraine a surtout révélé une crise profonde du système multilatéral et des grandes organisations internationales, notamment les Nations unies. Après les morts, a souligné Mgr Gallagher, le plus grand scandale de cette guerre est que Kiev a été bombardée par un membre permanent du Conseil de sécurité pendant la visite du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Une réforme du fonctionnement de l’organisation, dans un sens plus représentatif qui tienne compte des besoins de tous les peuples, serait souhaitable. Cela nécessite le soutien de l’ensemble de la communauté internationale et la récupération, comme l’a souvent souligné le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, de «l’esprit d’Helsinki». L’impuissance de l’ONU a été immédiatement considérée comme acquise, ce qui était impensable il y a quelques années, a répété l’ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, présent au débat, et selon qui la paix ne peut venir que d’un accord entre les États-Unis et la Chine.

Source : VATICANNEWS, le 20 janvier 2023

Nouvel appel de François pour l’Ukraine: «on ne peut pas rester indifférent»

Nouvel appel de François pour l’Ukraine: «on ne peut pas rester indifférent»

Saluant les pèlerins présents à l’audience générale de ce 18 janvier, le Saint-Père a une nouvelle fois lancé un appel pour l’Ukraine, mentionnant le bombardement le week-end dernier d’un immeuble résidentiel à Dniepr. 

Le bombardement d’un immeuble résidentiel de la ville de Dniepr, dans l’est de l’Ukraine samedi 14 janvier, a causé la mort de 45 personnes, selon le dernier bilan des autorités qui ont mis fin mardi soir aux opérations de secours. Le missile d’une tonne qui s’est abattu sur le bâtiment de deux cents appartements a également fait 79 blessés et l’on compte 20 disparus. Six enfants sont parmi les victimes, le plus jeune âgé de onze mois à peine. Six autres enfants ont pu être sauvés pendant les opérations de sauvetage.

Un appel à toutes les consciences

«On ne peut pas rester indifférent» a affirmé avec force François ce mercredi matin au terme de l’audience générale, demandant à continuer de prier pour l’Ukraine, «qui a un grand besoin de proximité, de réconfort et surtout de paix».Commentant le bombardement de Dniepr, le Souverain pontife a déclaré faire sienne «la douleur déchirante des familles», ajoutant que «les images et les témoignages de cet épisode tragique sont un appel fort à toutes les consciences».

Le ministère de l’intérieur décapité

L’appel de François survient alors que l’on apprenait la chute accidentelle d’un hélicoptère ukrainien transportant le ministre de l’Intérieur Denys Monastyrsky, son premier adjoint Ievgueni Ienine, et le secrétaire d’État du ministère, Youriï Loubkovytch, tous à bord de l’appareil aux côtés de six autres personnes. Le crash, survenu près d’une école maternelle à Brovary, dans la région de Kiev, a fait neuf autres victimes au sol, soit 18 morts au total, dont trois enfants, et 29 blessés.

Source: VATICANNEWS, le 18 janvier 2023

Les dominicains en Ukraine ouvrent leurs maisons aux déplacés

Le père Jaroslaw Krawiec, OP

Les dominicains en Ukraine ouvrent leurs maisons aux déplacés

Le vicaire provincial des dominicains, le père Jaroslaw Krawiec, parle de la récente visite à Noël du cardinal Krajewski et de l’aide que sa congrégation apporte aux personnes touchées par le conflit: «Je n’aurais jamais pensé me retrouver dans cette situation, mais dès le début, j’ai senti que c’était ma place. La guerre m’a lié à ce pays».

Svitlana Dukhovych – Cité du Vatican

Pour les dominicains qui exercent leur ministère en Ukraine, le Noël dernier a été comme pour tous les Ukrainiens: dur d’un côté à cause de la guerre, de l’autre un moment attendu avec impatience car la Nativité pour les croyants apporte l’espoir et renforce la foi. Le père Jaroslaw Krawiec, vicaire provincial de l’Ordre des Prêcheurs en Ukraine, déclare dans une interview aux médias du Vatican: «Cette année, nous avons célébré de manière spéciale à Fastiv, une ville près de Kiev, où se trouvent notre monastère, la paroisse et le centre d’aide humanitaire de Saint-Martin-de-Porres. Ce qui a tout arrangé, dit-il, c’est la présence du cardinal Konrad Krajewski, qui a accepté de célébrer Noël avec eux».

Lorsque le dominicain et l’aumônier du Pape se sont rendus à Fastiv -une ville qui connaît des problèmes d’électricité et de lumière comme dans de nombreuses autres villes et villages – les générateurs ont dû être mis en marche. «Nous sommes déjà habitués à cela», souligne le religieux, «mais je pense que pour lui, cette situation lui a permis de mieux nous comprendre tous, non seulement les pères et les moniales dominicains, mais surtout les personnes qui doivent faire face à ces problèmes tous les jours».

Le cardinal Krajewski durant les fêtes de Noël en Ukraine

Le cardinal Krajewski durant les fêtes de Noël en Ukraine

Noël avec l’invité inattendu

La veille de Noël, le cardinal Krajewski a partagé la table avec les pères dominicains, les volontaires, mais aussi les réfugiés dont les religieux s’occupent depuis le début de la guerre. Plus tard, pendant la messe, le cardinal a prononcé une homélie qui, selon le père Jaroslaw, a ému les fidèles. «Il a exprimé la conviction, dit le dominicain, que si Jésus était né maintenant, il serait né ici, en Ukraine. En regardant les personnes présentes, j’ai vu des larmes dans leurs yeux: les paroles du cardinal avaient touché les cœurs. Il a également transmis les salutations du Pape François à chacun d’entre nous, en disant que le Saint-Père est très proche de nous, qu’il se soucie de nous. Il a également remis un chapelet, cadeau du Saint-Père, qui a été immédiatement remis à l’une des familles de bénévoles qui aident le foyer Saint-Martin-de-Porres à Fastiv».

Un chapelet qui ne doit pas demeurer comme un cadeau que certaines personnes reçoivent et conservent comme des objets de musée a demandé le cardinal Krajewski. «C’est un cadeau qui doit nous aider à prier», a déclaré le cardinal. Le père Jaroslaw a ajouté que ce chapelet a donné une impulsion au lancement d’une initiative de prière dans la paroisse de Fastiv.

L’aumônier du Pape s’est arrêté pour la nuit dans le monastère dominicain. Le père Jaroslaw explique que la structure est constituée de petites maisons données il y a trente ans à la congrégation par l’une des entreprises de construction polonaises, qui est partie après avoir terminé les travaux sur place. Au début, les maisons ne convenaient pas vraiment à une résidence de longue durée, mais elles ont été rénovées par la suite. «C’est pourquoi le cardinal a pu ressentir que lorsqu’il n’y a pas de lumière, il fait vite froid et sombre», a expliqué le père Jaroslaw, qui a ajouté: «Pour nous, ce fut une grande joie de rencontrer une personne qui sert les nécessiteux de manière évangélique. C’était un signe de la proximité du Saint-Père».

La force de continuer

Pour le prêtre dominicain, la visite de l’aumônier papal était très importante et nécessaire non seulement pour les personnes dont les dominicains s’occupent, comme les réfugiés, mais surtout pour eux-mêmes et les bénévoles qui les aident. «C’était agréable de prier ensemble avec le cardinal», raconte-t-il. «Il est entré dans la chapelle, s’est assis et a confessé les personnes, nos volontaires, qui voulaient s’approcher du Sacrement avant Noël : de manière totalement inattendue, l’opportunité de le faire avec le cardinal Krajewski s’est présentée à tous. C’est très important: les personnes qui se sacrifient, qui offrent leur vie pour les autres, ont besoin d’être renforcées dans leur foi. Nous ne nous attendions pas à ce que le soutien arrive de cette manière, pour nous c’était un signe que la grâce de Dieu est avec les gens qui aident les autres».

Aider les personnes fuyant la guerre

Pendant la guerre, les pères dominicains, qui servent dans six endroits différents en Ukraine, aident les gens de diverses manières. L’une d’entre elles est l’aide humanitaire. Le 6 janvier, la Maison des familles déplacées a été inaugurée à Fastiv. Elle a été bénie par le nonce apostolique en Ukraine, l’archevêque Visvaldas Kulbokas. Le père Jaroslaw rapporte que depuis 2019, les religieux cherchent un lieu où ils peuvent servir les personnes ayant des besoins divers, les personnes âgées, les malades, les pauvres. Avec l’aide de l’administration locale, il a été possible d’obtenir le bâtiment d’un ancien hôpital, où les travaux de rénovation ont commencé en 2020. Lorsque la guerre a éclaté à grande échelle, il est rapidement devenu évident que la maison serait utilisée pour les réfugiés, étant donné le nombre de personnes qui perdaient les leurs. Grâce à l’aide de bienfaiteurs, les travaux du premier étage du bâtiment ont été achevés et près de cinquante personnes venues de différentes régions d’Ukraine – de Bakhmout, de Pokrovsk, de la banlieue de Kharkiv – ont ainsi pu être hébergées. Les dominicains continuent à travailler pour achever la rénovation de deux autres étages du bâtiment dès que possible et offrir une assistance à encore plus de personnes, ainsi que la possibilité, dans la mesure du possible, de mener une vie paisible.

En outre, les dominicains apportent une aide humanitaire aux endroits les plus touchés par la guerre. Récemment, ils ont visité Kharkiv, Izyoum, Balaklia. Plusieurs fois, ils sont allés à Kherson. Après la libération des territoires de la région de Kiev, ils aident activement les habitants de la région de Fastiv, qui a été détruite lors des attaques de l’armée russe. Fastiv, situé à 70 km au sud-est de Kiev, a été épargné par ce sort.

Des études pour les jeunes malgré la guerre

Un autre service que les pères dominicains rendent en Ukraine est la gestion de l’Institut des sciences religieuses Saint-Thomas d’Aquin à Kiev: «Je crois que cela aussi est une mission très importante», observe le vicaire provincial, selon lequel «la tâche de l’Église en temps de guerre n’est pas seulement d’aider et de fournir une aide humanitaire, mais aussi d’enseigner et de témoigner de la vérité». «J’ai moi-même été très surpris, admet-il, par le nombre de nouveaux étudiants inscrits en septembre de cette année. Certains ont dit : « Avec votre aide, nous voulons comprendre ce qui se passe actuellement en Ukraine, ce qui se passe dans le monde ». Dans un contexte de guerre, explique le père Jaroslaw, le processus éducatif est compliqué : l’enseignement se déroule à la fois en ligne et en présence, de sorte que même les étudiants qui se trouvent à l’étranger peuvent poursuivre leurs études». L’Institut Saint-Thomas d’Aquin connaît actuellement les mêmes difficultés que tous les établissements d’enseignement en Ukraine: souvent, il n’y a pas de lumière, pas d’Internet, parfois certains enseignants ne peuvent pas se connecter, parfois les étudiants perdent leur connexion. «Mais nous essayons de surmonter ces difficultés», assure le père Jaroslaw, «il est important que les jeunes poursuivent leurs études, car malgré la guerre, nous voulons aussi penser à l’avenir. Et c’est l’une des réponses de notre Ordre et de l’Église catholique à cette situation».

Être avec les gens

«L’essentiel maintenant est d’être avec les gens : comme des frères, comme des prêtres, comme ceux qui apportent la bonne parole, la parole de l’Évangile, apportent Jésus-Christ dans les sacrements de l’Église», répète le prêtre, résumant le cœur de leur mission pendant la guerre. «Bien sûr, l’aide humanitaire est également importante. Nous recevons beaucoup d’aide de nos frères et sœurs dominicains dans le monde entier. Ils voient que grâce à nous, qui sommes ici en Ukraine, ils peuvent aider les personnes qui souffrent de la guerre.»

Il reste peu de gens en Ukraine qui se souviennent de la Seconde Guerre mondiale. Pour la plupart des Ukrainiens, l’expérience d’un conflit d’une telle ampleur est sans précédent. «Je n’ai jamais pensé que je me retrouverais à vivre dans des conditions de guerre, mais dès le début, confesse le père Jaroslaw, j’ai senti que c’était ma place, même si je ne suis pas ukrainien mais polonais. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette guerre, on pourrait dire, m’a lié encore plus à l’Ukraine, où j’exerce mon ministère de dominicain, de prêtre. Cette situation soulève bien sûr diverses questions pour moi, je ressens parfois de l’incertitude, de la peur pour l’avenir. Mais d’un autre côté, on ressent beaucoup la grâce de Dieu, la force qui vient de Lui». Ainsi, poursuit le religieux, «en me regardant et en regardant mes frères et sœurs dominicains, je vois un grand courage, une grande volonté de rester simplement à l’écart, de servir, de se donner, de donner sa vie, son temps, sa force, tout ce que nous avons à ceux qui sont dans le besoin maintenant, qu’ils soient catholiques ou croyants. Le cardinal Krajewski en a également parlé lorsqu’il est venu chez nous et a prêché pendant la messe de Noël. Il a dit que Jésus répète à tous les hommes: « Venez à moi, vous tous qui travaillez et qui êtes accablés ». C’est-à-dire qu’il s’adresse à tous, pas seulement aux croyants ou aux catholiques. Et je pense que notre service en tant qu’Église, surtout maintenant, dans des conditions de guerre, devrait vraiment s’adresser à tout le monde».

Source: VATICANNEWS, le 12 janvier 2023

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, touché par les larmes du Pape

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, s'adressant aux journalistes lors d'une mission en Pologne et en Ukraine (Marcin Mazur), le 9 décembre 2022.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, s’adressant aux journalistes lors d’une mission en Pologne et en Ukraine (Marcin Mazur), le 9 décembre 2022. (@ Marcin Mazur)

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, touché par les larmes du Pape

Dans une Interview accordée à Vatican News, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba a fait savoir qu’une «visite du Saint-Père en Ukraine, serait appréciée» car «il est un symbole de soutien spirituel». Revenant sur les propositions de médiation, pour lui, «le moment n’est pas encore venu», car l’Ukraine fait toujours face à des bombardements. 

Salvatore Cernuzio – Envoyé à Kiev (Ukraine)

Répondant aux questions des journalistes, y compris des médias du Vatican, en commençant par la possibilité d’une visite du Pape François en Ukraine, un pays meurtri par la guerre, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a expliqué que «cette visite serait accueillie par une section beaucoup plus large de la société ukrainienne, et pas seulement par ceux qui appartiennent à l’Église catholique grecque, car il est un symbole de compassion et de soutien spirituel. Nous sommes impatients de l’accueillir», a-t-il assuré. En Ukraine, souligne le ministre, de nombreux fidèles dans l’Église catholique romaine et celle catholique grecque, et même au-delà, accordent de la considération au Pape François.

Toutefois, le ministre Dmytro Kuleba a affirmé n’avoir pas compris à certaines occasions, les points de vue exprimés par le Souverain Pontife sur la guerre en cours. Il a tenu néanmoins a félicité François «pour sa compréhension», fruit des «nombreuses conversations qu’il a eues avec les gens». «Il ne s’est pas laissé influencer par des concepts qui ne fonctionnent pas et ne répondent pas à la réalité, mais s’est toujours engagé à rechercher la vérité», a-t-il ajouté.

Les larmes du Pape

Commentant le moment d’émotion publique du Pape François lors de la prière à l’Immaculée Conception le 8 décembre, lorsque, interrompu par des larmes, il a porté la souffrance du peuple ukrainien aux pieds de Marie sur la Piazza di Spagna, l’une des principales places touristiques de Rome, le ministre ukrainien des affaires étrangères s’est dit touché: «Cette compassion signifie beaucoup pour nous et va droit au cœur des Ukrainiens, bien sûr nous attendons votre visite», a-t-il affirmé.

L’appel du 2 octobre

Dans cette interview, Dmytro Kuleba est aussi revenu sur l’Angélus du 2 octobre dernier, qui était essentiellement consacré au conflit en Ukraine, le Pape ayant lancé un appel fort au président russe Vladimir Poutine, à mettre fin au conflit le plus rapidement possible. Mais l’appel simultané de François au président ukrainien Volodymyr Zelensky à être ouvert à une proposition de paix sérieuse pourrait, selon le ministre ukrainien, faire douter que Zelensky ne soit pas ouvert à la paix. Une «proposition de paix sérieuse», ajoute-t-il, «est basée sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine».

Relations avec le Saint-Siège

La rencontre entre le ministre ukrainien des Affaires étrangères et Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, à l’occasion de la 29e réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), tenue le 1er décembre en Pologne, a favorisé «une conversation intensive sur les relations bilatérales entre l’Ukraine et le Saint-Siège». Les questions liées à la guerre étant prioritaires, Dmytro Kuleba a réitéré son engagement à travailler avec le Vatican pour la paix.

Le ministre a tenu cependant à clarifier quelques points pour éviter ce qu’il considère comme des «erreurs» et qui, selon lui, conduisent à des récits erronés. En commençant par le concept de «fraternité» entre Russes et Ukrainiens, «il faut toujours se rappeler que la Russie est l’agresseur et que l’Ukraine est la victime de l’agression», a-t-il déclaré.

Fractures entre les religions

L’agression de la Russie contre l’Ukraine a provoqué des «fractures» au sein du monde religieux des deux pays, a relevé Dmytro Kuleba, «non pas seulement dans le monde catholique chrétien, mais aussi entre juifs et musulmans». Le ministre a aussi souligné la grande contribution du regard  et du soutien, que la foi peut offrir aux gens dans un moment aussi dramatique: «Les perspectives des confessions sont avant tout, consoler les gens, les aider spirituellement. C’est un fait que la plupart des gens ne se tournent vers Dieu qu’en cas de difficulté, mais quand tout va bien, ils l’oublient. Aujourd’hui, dans la société, il y a une plus grande demande d’aide spirituelle».

Jugeant «inacceptable» qu’il y ait des prêtres qui bénissent la guerre, Dmytro Kuleba espère une plus grande coordination «pour donner de la force aux gens», et pour «consoler et réconforter ceux qui souffrent».

«Ce n’est pas le moment pour la médiation»

«Cette guerre a fait voler en éclats de nombreux fondements de l’ordre politique mondial», a déploré le ministre. Concernant les propositions de médiation faites par 90 % des pays du monde depuis le 24 février, qui n’ont jusqu’à présent jamais été concrétisées pour diverses raisons, il déclare: «La triste vérité est que le temps d’une large médiation n’est pas encore venu. En témoignent les quelque « cent missiles tirés chaque semaine pour détruire les infrastructures », les soldats qui continuent d’arriver dans le Donbass, les violences contre la population. On ne fait pas toutes ces choses quand on cherche une solution pacifique. Le jour d’une grande médiation viendra, mais nous n’en sommes pas encore là, à notre grand regret…», a-t-il conclu.

Source : VATICANNEWS, le 10 décembre 2022

Devant la statue de l’Immaculée, les larmes du Pape pour l’Ukraine

Devant la statue de l’Immaculée, les larmes du Pape pour l’Ukraine

Ce jeudi 8 décembre, pour l’Immuculée Conception, le Saint-Père s’est rendu place d’Espagne pour rendre hommage à la Vierge Marie. Dans une prière lue avec émotion, le Souverain pontife a invoqué en particulier le don de la paix pour l’Ukraine, toujours déchirée par les combats. 

Contrairement aux deux années précédentes où, en raison de la pandémie il s’y était rendu pour une visite en toute discrétion, le Pape François a pu retrouver la foule de Rome ce jeudi après-midi 8 décembre, en cette Solennité de l’Immaculée Conception. Après avoir fait une halte dans la basilique Sainte-Marie Majeure pour vénérer l’icône de la Vierge Salus populi romani, le Pape s’est donc rendu place d’Espagne, dans le centre de Rome pour la traditionnelle prière aux pieds de la statue de la Vierge.

Après avoir écouté les Litanies à la Vierge chantées par un choeur, l’évêque de Rome a prononcé une prière de remerciement et de supplication à celle dont la statue veille sur la ville éternelle, depuis une colonne. Une prière au cours de laquelle, le Saint-Père n’a pu retenir son émotion lorsqu’il a été question de demander la paix en Ukraine. 

Voici la transcription de cette prière à l’Immaculée:

Mère Immaculée,

aujourd’hui le peuple de Rome se rassemble autour de toi.

Les fleurs déposées à tes pieds

par tant de réalités urbaines

expriment leur amour et leur dévotion pour toi,

qui veille sur nous tous.

Et tu vois et accueilles aussi 

ces fleurs invisibles qui sont autant d’invocations, 

tant de supplications silencieuses, parfois étouffées,

caché mais pas pour toi, qui es Mère.

Après deux ans pendant lesquels je suis venu

pour te rendre hommage seul à l’aube,

aujourd’hui je reviens vers toi avec le peuple

les gens de cette Église, les gens et de cette ville.

Et je t’apporte les remerciements et les supplications

de tous tes enfants, proches ou lointains.

Toi, du Ciel où Dieu t’a a reçue,

vois les choses de la terre bien mieux que nous ;

mais comme Mère écoute nos invocations

pour les présenter à ton Fils 

à son Cœur plein de miséricorde.

 Je t’apporte avant tout l’amour filial

d’innombrables hommes et femmes, non seulement des chrétiens

qui nourrissent la plus grande gratitude pour toi

pour ta beauté toute de grâce et d’humilité :

car au milieu de tant de nuages sombres

tu es signe d’esérance, et signe de consolation.

Je t’apporte les sourires des enfants

qui apprennent ton nom avant ton image,

dans les bras de leurs mères et de leurs grands-mères,

et commencent à connaître qu’ils ont aussi une mère au ciel.

Et quand, dans la vie, il arrive que ces sourires 

laissent place aux larmes,

combien il est important de t’avoir connue,

d’avoir eu le cadeau de ta maternité ! 

Je t’apporte la gratitude des personnes âgées et des vieillards :

une gratitude qui ne fait qu’un avec leur vie,

tissée de souvenirs, de joies et de peines,

de réalisations qu’ils connaissent

qu’ils ont réalisé avec ton aide,

en tenant leur main dans la tienne.

Mère, je t’ apporte les préoccupations des familles,

de pères et de mères qui luttent souvent

pour joindre les deux bouts à la maison 

et affrontent jour après jour

des petits et grands défis pour s’en sortir.

En particulier, je te confie les jeunes couples,

qui se tourne vers toi et vers St Joseph

ils affrontent la vie avec courage

en faisant confiance à la Providence de Dieu. 

Je t’apporte les rêves et les angoisses des jeunes,

ouverts sur l’avenir mais freinés par une culture

riche en choses et pauvre en valeurs,

saturée d’informations et déficiente en matière d’éducation,

persuasive pour tromper et impitoyable pour décevoir.

Je te recommande tout particulièrement les jeunes

qui ont été les plus touchés par la pandémie,

afin qu’ils puissent reprendre lentement

pour se secouer et déployer leurs ailes

et redécouvrent le goût de voler vers les hauteurs.

Vierge Immaculée, j’aurais voulu aujourd’hui

t’apporter les remerciements du peuple ukrainien,

pour la paix que nous demandons au Seigneur depuis si longtemps.

Au lieu de cela, je dois encore t’apporter la supplication

des enfants, des personnes âgées, 

des pères et des mères, des jeunes gens

de cette terre martyrisée, qui souffre tant.

Mais en réalité, nous savons tous

que tu es avec eux et avec tous ceux qui souffrent,

comme tu l’as été à côté de la croix de ton Fils.

Merci, notre Mère ! 

Je me tourne vers toi, qui es sans péché

puissions-nous continuer à croire et à espérer 

Que l’amour l’emporte sur la haine,

que la vérité prévale sur le mensonge

que sur l’offense gagne le pardon 

que la paix prévale sur la guerre. Ainsi soit-il !

Source : VATICANNEWS, le 8 décembre 2022