Une attaque à la machette a fait un mort et un blessé grave en Espagne, dans deux églises de la commune d’Algésiras / AFP
Un homme armé d’une machette a ciblé deux églises d’Algésiras, dans le sud de l’Espagne, ce mercredi 25 janvier aux alentours de 19 heures. Il a blessé un prêtre et tué un sacristain après lui avoir porté plusieurs coups de machette.
Une violente attaque a eu lieu mercredi 25 janvier vers 19 heures, dans deux églises situées dans le sud de l’Espagne. L’assaillant s’est introduit dans une première église, San Isidro d’Algésiras. Armé d’une machette, il a grièvement blessé le père Antonio Rodriguez, vicaire paroissial de la paroisse de María Auxiliadora. Âgé de 74 ans, le prêtre est pour le moment dans un état stable. Le suspect se serait disputé quelques heures auparavant avec des paroissiens en leur donnant l’injonction de se convertir à l’islam. Il s’est rendu ensuite dans l’église Nustra Señora de La Palma, située à quelques mètres, dans laquelle il a brisé des crucifix avant de s’attaquer au sacristain, Diego Valencia, avec son arme blanche. Celui-ci a tenté de s’enfuir avant d’être rattrapé à l’extérieur par le terroriste, qui lui a infligé plusieurs coups mortels.
Les autorités espagnoles ont ouvert une enquête pour « faits présumés de terrorisme » à la suite de cette double attaque, dont l’auteur présumé a été arrêté. Selon les médias espagnols, s’agit d’un homme de 25 ans de nationalité marocaine nommé Yasin K., information qui n’a pas encore été confirmée par les autorités. On peut toutefois voir dans une vidéo diffusée par la police un homme de dos et menotté, marcher en chaussettes dans un couloir et entouré de deux policiers. Le gouvernement a confirmé que l’auteur présumé de l’attaque était en instance d’expulsion. Son dossier ne comportait à ce jour aucun antécédent.
Le maire d’Algésiras a décrété un jour de deuil. Il a également invité les habitants de sa commune à se rassembler jeudi à midi devant l’église Nustra Señora de La Palma où a été tué le sacristain. Le secrétaire général de la Conférence épiscopale espagnole, Mgr Francisco César García Magán, s’est quant à lui exprimé sur la violence des faits commis à l’encontre des deux hommes d’église :
« C’est avec douleur que j’ai appris la nouvelle des événements d’Algésiras. Dans ces moments de souffrance, nous nous joignons à la douleur de la famille, des victimes et du diocèse de Cadix et nous demandons au Dieu de la vie et de la paix le prompt rétablissement des blessés. »
Les derniers attentats perpétrés en Espagne remontent à 2017. Au mois d’août, deux attaques avaient été commises par des djihadistes et avaient fait 16 morts et 140 blessés à Barcelone et dans la station balnéaire de Cambrils. Elles avaient été revendiquées par l’organisation État islamique.
Les portraits des sept personnes, dont quatre prêtres, accusés de conspiration contre l’Etat
Nicaragua: 10 ans de prison requis contre 6 religieux et un laïc
Les quatre prêtres, les deux séminaristes et le laïc du diocèse de Matagalpa, arrêtés en même temps que Mgr Rolando Álvarez en août 2022, ont été reconnus coupables de «conspiration contre l’État». Ils pourraient être condamnés à 10 ans de prison. C’est ce qu’a requis le ministère public du Nicaragua.
Vatican News avec EFE
À l’issue d’un procès de quatre jours, le 26 janvier, la juge Nadia Camila Tardencilla, chef du tribunal pénal du deuxième district de Managua, a requis 10 ans de prison et 800 jours d’amende à l’encontre des accusés, annoncent leurs avocats.
Le père Ramiro Tijerino, recteur de l’université Jean-Paull II et responsable de la paroisse San Juan Bautista, les pères José Luis Díaz et Sadiel Eugarrios, premier et deuxième vicaire de la cathédrale San Pedro de Matagalpa et le diacre Raúl Vega González sont accusés de complot visant à «porter atteinte à l’intégrité nationale et à propager de fausses nouvelles au détriment de l’État et de la société nicaraguayenne», tout comme deux séminaristes, Darvin Leiva Mendoza et Melkin Centeno, et un cameraman du diocèse de Matagalpa, Sergio Cárdenas.
Le verdict devrait être prononcé le 3 février prochain.
Un procès politique pour le Cenidh
À l’énoncé du réquisitoire, le Centre des droits de l’Homme (Cenidh) – qui est membre de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH)- a dénoncé une décision politique accusant le président Ortega et son épouse, Rosario Murillo, d’en être les responsables. L’organisation a également considéré que le procès de quatre jours avait été une «torture judiciaire», une «violation des droits de l’Homme» comme on peut le lire dans un tweet.
Des mois de détention préventive
Arrêtés le 19 août dernier lors d’un raid de la police, à l’aube, contre l’évêché de Matagalpa, dans le nord du pays, les accusés y avaient été confinés pendant quinze jours avant d’être transférés à la prison «El Chipote» dans la capitale.
Également interpellé lors de la descente des forces de l’ordre, Mgr Rolando Álvarez a lui été placé en résidence surveillé à Managua. Il est poursuivi pour les mêmes délits présumés. Il est le premier évêque à être arrêté et inculpé au Nicaragua depuis le retour au pouvoir d’Ortega en 2007.
Brûlé vif dans la nuit du 15 au 16 janvier par des assaillants alors qu’il était dans sa résidence dans la région de Paikoro, située au centre du Nigeria, le père Isaac a témoigné de sa foi jusqu’au bout. Comme en témoigne son dernier geste.
Révoltant, bouleversant, incompréhensible… La mort horrible, dans la nuit du 15 au 16 janvier, du père Isaac, brûlé vif par des assaillant dans sa résidence paroissiale de l’église catholique Saint-Pierre-et-Paul située à Kafin-Koro, dans le centre du pays, ne peut laisser indifférent. D’après les premiers éléments de l’enquête, les bandits n’ayant pas pu entrer dans le bâtiment, ils ont mis le feu à la maison. Le père Collins, qui était avec le père Isaac a réussi à s’échapper et a été blessé dans le dos.
Si les faits ont déjà été rapportés il y a plusieurs jours, un prêtre a récemment révélé sur Twitter le bouleversant dernier geste du prêtre. Pendant l’attaque de la maison paroissiale, le père Isaac et le père Collins, curé auxiliaire de la paroisse, se sont donné mutuellement le sacrement de réconciliation. Le sacrement de la réconciliation constitue un trésor de l’Église. Il est le signe de l’amour infini de Dieu. En se confessant, le chrétien entre en dialogue avec Dieu. En Lui avouant ses faiblesses, il confesse la miséricorde de Dieu et fait ainsi grandir sa foi. Ce sacrement nous apprend aussi que nous ne serons jamais seuls face aux difficultés de l’existence. Le père Isaac a ensuite demandé à son confrère de fuir, témoignant ainsi du Christ jusqu’au bout.
Au Nigeria, nous témoignons par nos vies, avec nos vies.
Plus de 7.600 chrétiens auraient été tués au Nigeria et 5.200 autres enlevés entre janvier 2021 et juin 2022, révèle le dernier rapport de l’Aide à l’Église en détresse (AED) sur les chrétiens persécutés. L’année 2021 a également été marquée par des attaques contre plus de 400 églises ou institutions chrétiennes. Le pays tout entier est actuellement confronté à de graves problèmes de sécurité comme il n’en a jamais connu dans son histoire, pas même lors de la guerre civile.
« L’émergence de groupes terroristes comme Boko Haram et l’État islamique de la province d’Afrique de l’Ouest (ISWAP) en 2009, puis les conflits entre éleveurs et agriculteurs, le banditisme, et les enlèvements avec demandes de rançon sont les principales causes d’insécurité dans le Nord, les régions du nord-ouest et du centre-ouest étant les principaux théâtres de conflit », résumait fin novembre pour Aleteia Mgr Matthew Man-Oso., archevêque de Kaduna, dans le nord-ouest du pays. « Au Nigeria, nous témoignons par nos vies, avec nos vies. »
« Je vous parle de la famille Ulma, martyrisée par amour du prochain »
20-01-2023
La famille berceau de la foi, l’infinie dignité de la personne conçue, l’amour de Dieu, source de l’amour du prochain. Dans une interview accordée à La Bussola, le postulateur, le père Witold Burda, raconte l’histoire du couple Ulma et de ses sept enfants (dont un dans le ventre de sa mère), tués par les nazis pour avoir donné refuge à huit Juifs. Et explique comment le martyre de toute la famille a été reconnu.
Wiktoria Niemczak Ulma avec cinq de ses enfants
En décembre, l’Église a offert un grand cadeau aux fidèles et au monde entier en promulguant le décret reconnaissant le martyre du couple polonais Józef (Joseph) et Wiktoria (Victoria) Ulma et de leurs sept enfants qui ont été tués à Markowa le 24 mars 1944 – avec les huit Juifs qu’ils abritaient dans leur maison – par une escouade de gendarmes nazis. Cela signifie que bientôt, pour la première fois dans l’histoire, une famille entière, objet de dévotion depuis les premiers jours après leur mort, sera béatifiée. Et, également pour la première fois, un enfant encore dans le ventre de sa mère sera béatifié, puisque Wiktoria était enceinte le 24 mars, au stade final de sa grossesse. Cet enfant à naître, dont seul le Ciel connaît le nom, a ainsi reçu la palme du martyre, tout comme ses petits frères Stanisława (né en 1936), Barbara (1937), Władysław (1938), Franciszek (1940), Antoni (1941) et Maria (1942).
Mais comment le martyre ‘in odium fidei’ est-il apparu ? La Bussola a interrogé le postulateur de la cause, le père Witold Burda.
Père Burda, que savons-nous de la foi de la famille Ulma ?
Józef et Wiktoria venaient de deux familles profondément chrétiennes. Les parents de Józef Ulma étaient des agriculteurs. L’un des frères de Józef, Władysław, témoigne : « Notre famille était simple, avec des parents croyants et une mère qui, dans les dernières années de sa vie, assistait à la Sainte Messe tous les jours. Nous étions quatre frères. Nos parents ont prié à la maison, et ensemble nous avons chanté un office dédié à la Vierge (…). Józef a également été élevé dans cette atmosphère spirituelle. Comme nous tous, il s’est approché des sacrements aux heures prévues ».
Nous disposons d’informations similaires sur Wiktoria et sa famille d’origine, où il était d’usage que quiconque s’adressait à eux reçoive de l’aide. Pour les fêtes, un colis contenant de la nourriture et d’autres choses était préparé pour les personnes dans le besoin.
Ainsi, leurs familles respectives ont été le berceau de la foi de Józef et Wiktoria.
Oui. Et en tant qu’enfants, ils ont voulu approfondir leur foi catholique, par la prière personnelle, la participation aux sacrements, en particulier la messe et la confession fréquente. En outre, ils étaient membres de plusieurs communautés religieuses et confréries existant alors à Markowa, leur ville natale. Ils se sentaient responsables du bien de la paroisse et de l’Église. Et tous deux, par exemple, appartenaient à la confrérie du Rosaire vivant.
Ils étaient donc très dévoués à la Vierge. Et leur mariage ?
Ils se sont mariés le 7 juillet 1935 – il avait 35 ans, elle pas encore 23. Ils ont construit leur famille sur le fondement de la foi, dans la fidélité aux deux commandements essentiels : le commandement de l’amour de Dieu et celui de l’amour du prochain. Des témoins oculaires disent que M. et Mme Ulma étaient très ouverts et prêts à aider toute personne qui frappait à leur porte. C’était une aide désintéressée, ils ne cherchaient pas le profit, mais étaient inspirés par l’Évangile. Au fait, il y a un détail important.
Quoi ?
Après leur mort, une Bible a été trouvée dans la maison des Ulma avec deux soulignements en rouge, probablement réalisés par Józef : l’un de ces soulignements concerne le titre de la parabole du bon Samaritain. C’est pourquoi, aujourd’hui, le couple Ulma et ses enfants sont appelés « les samaritains de Markowa ».
Et l’autre souligné?
L’autre concerne un passage du Sermon sur la montagne, précisément celui où Jésus dit : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? » (Mt 5,46).
Un passage sur le fait d’aimer même ses ennemis….
Exactement. Dans les deux cas, il s’agit d’aimer son prochain. Cela donne un aperçu du climat dans le foyer des Ulma et de la manière dont ils éduquaient leurs enfants.
Józef et Wiktoria avaient-ils l’habitude de prier ensemble avec leurs enfants ?
Nous avons un témoignage de la marraine de Władysław, le troisième enfant de Józef et Wiktoria. La marraine dit : « Pendant une semaine environ, après la naissance de Władysław [5 décembre 1938], j’ai vécu chez Józef et Wiktoria. Pendant cette période, Wiktoria est restée au lit car elle était encore très faible à cause de l’accouchement. Et, chaque jour, je voyais Józef prier à genoux avec ses enfants ». Il y a tout dans ce témoignage.
Passons au martyre. L’Église fournit trois éléments pour reconnaître le martyre en haine de la foi : 1) le martyre matériel ; 2) le martyre formel ex parte persecutoris ; 3) le martyre formel ex parte victimarum. Commençons par le premier point.
Le meurtre de la famille Ulma et des huit Juifs qu’elle a hébergés pendant environ un an et demi a été reconstitué sur la base des actes de procès et d’enquête conservés dans les documents du procès contre l’un des auteurs du massacre, le gendarme Joseph Kokott (1921-1980). Les documents du procès contiennent le protocole de l’examen d’un témoin oculaire du meurtre : il s’agit du charretier Edward Nawojski, l’un de ceux qui ont transporté les gendarmes allemands à Markowa au milieu de la nuit, arrivant juste avant l’aube le 24 mars 1944. À la tête de la troupe se trouvait Eilert Dieken (1898-1960), qui conduisait cinq autres gendarmes, escortés par un groupe de quatre à six policiers bleus. Les huit Juifs cachés par les Ulmas sont d’abord tués, le plus âgé d’entre eux, Saul Goldmann, étant le dernier.
Józef et Wiktoria ont été traînés hors de la maison et abattus. Le témoin oculaire, Nawojski, rend compte de la « vision horrible » à laquelle il a dû assister. « Après le meurtre des parents, au milieu des cris des enfants, les gendarmes ont commencé à discuter de ce qu’ils allaient faire des enfants. Après avoir discuté brièvement avec les autres, le commandant Eilert Dieken a décidé d’abattre également tous les enfants ». Le charretier a vu trois ou quatre enfants abattus par Kokott, un jeune homme de 23 ans, qui avait une « tête de mort » sur sa casquette, un signe sataniste et occulte, peut-être parce qu’il était proche des groupes de Himmler. Les paroles de Kokott sont restées profondément gravées dans la mémoire de Nawojski : « Regardez comment meurent les porcs polonais qui abritent les Juifs.
C’est le martyre matériel. En ce qui concerne les persécuteurs, la reconnaissance du martyre officiel signifie qu’il a été prouvé qu’en plus de haïr les Juifs, ils haïssaient la foi catholique.
Au moins trois aspects le confirment. Le premier, je dirais, général. L’expédition de la gendarmerie allemande dirigée par Dieken a mis en pratique les objectifs de l’idéologie nationale-socialiste qui visait à détruire le christianisme. Par exemple, Martin Bormann, l’un des plus proches collaborateurs d’Hitler, a déclaré que « les idées nationales-socialistes et chrétiennes sont incompatibles ». C’est l’aspect le plus général, puis il y a au moins deux aspects plus spécifiques. Nous savons de manière approfondie et documentée que les gendarmes responsables du massacre des huit Juifs et de la famille Ulma suivaient chaque mois, voire chaque semaine, des cours qui les instruisaient sur l’idéologie nationale-socialiste. Le commandant Dieken était un chrétien évangélique qui a participé à un cours basé sur la doctrine nazie en 1941, et cette même année, il a voulu abandonner la foi chrétienne. Il était déterminé à lutter contre le christianisme. Lui et son équipe de gendarmes savent parfaitement que les Ulman sont des catholiques pratiquants et que leur foi est à la base de l’hébergement des Juifs. Et Dieken voulait Kokott dans son équipe, connaissant sa férocité.
Enfin, le martyre formel ex parte victimarum (de la part des victimes) : il est démontré précisément par la foi avérée des Ulmas, non ?
Oui. En plus de ce qui a déjà été dit sur leur foi, nous disposons de divers témoignages sur la manière dont la décision d’accueillir les Goldmanns a été mûrement réfléchie. Par exemple, on a dit plusieurs fois à Józef Ulma : « Ne cache pas les Juifs, car tu auras des problèmes ». Et il a répondu fermement : « Ce sont des gens, je ne vais pas les chasser ». C’est ici que l’on saisit vraiment la disposition au martyre.
C’est la première fois que le martyre d’un enfant encore dans le ventre de sa mère est reconnu. Pouvez-vous résumer pour nous les arguments théologiques qui sous-tendent cette reconnaissance ?
J’insiste sur trois points. Le premier concerne l’éducation catholique des enfants. Comme nous l’avons mentionné, les enfants ont grandi dans une atmosphère de chaleur familiale et de fidélité à l’Évangile, un fait confirmé par les témoignages. Quelques jours après leur naissance, Józef et Wiktoria ont baptisé leurs enfants, prié avec eux à la maison, assisté à la messe, etc. Et c’est dans ce même climat de foi que le septième enfant aurait été élevé, s’il était né. Le premier point est donc la foi reçue à la maison.
Les deux autres points ?
Nous pouvons nous rappeler l’histoire des Saints Innocents, les enfants tués par Hérode après Jésus. Il s’agissait de très jeunes enfants, âgés de moins de deux ans, qui n’étaient pas conscients de ce qui se passait. Pourtant, dès les premiers siècles chrétiens, l’Église a reconnu que leur mise à mort avait été un véritable martyre. Nous avons de belles homélies à leur sujet, même de la part de docteurs de l’Église, tels que saint Augustin et saint Pierre Chrysologue. Et à cet égard, il est très important de rappeler le concept du baptême de désir et de sang. Deux autres grands docteurs de l’Église, comme saint Bernard de Clairvaux et saint Thomas d’Aquin, nous disent ensuite que la grâce de Dieu ne se limite pas à une seule voie, la voie sacramentelle, qui reste la voie principale, enseignée par Jésus lui-même. Dieu cherche aussi d’autres moyens, pour nous donner sa grâce et construire une relation personnelle avec lui. Cette vérité est confirmée dans un document de 2007 de la Commission théologique internationale, intitulé ‘L’espoir du salut’ pour les enfants qui meurent sans baptême.
En définitive, la reconnaissance du martyre de l’enfant dans le ventre de sa mère trouve-t-elle une explication dans le primat de la grâce ?
C’est précisément un argument que nous avons mis en avant pour montrer que le meurtre de cet enfant était un martyre pour la foi.
Des chrétiennes en Inde lors d’une procession du vendredi Saint, le 15 avril 2022 (AFP or licensors)
Un chrétien sur sept est persécuté dans le monde, selon Portes Ouvertes
Dans son index mondial publié ce mercredi 18 janvier, l’ONG protestante s’inquiète d’une hausse continue des persécutions contre les chrétiens depuis trente ans. En 2022, plus de 360 millions ont été «fortement persécutés et discriminés», en particulier en Corée du Nord, au Nigéria ou au Yémen.
Vatican News (avec AFP)
«Je vous demande à tous de prier avec moi pour le père Isaac Achi, du diocèse de Minna, dans le nord du Nigeria, qui a été tué dimanche dernier dans sa maison paroissiale. Combien de chrétiens subissent la violence dans leur propre peau: prions pour eux !». L’appel du Pape François lancé ce mercredi 18 janvier au cours de l’audience générale hebdomadaire résonne avec les conclusions du 30e rapport annuel de l’ONG Portes Ouvertes, paru dans la matinée.
Hausse du nombre de chrétiens détenus ou kidnappés
Cette ONG protestante publie chaque année un index mondial de la persécution menée contre les chrétiens, recensant toutes les atteintes, allant de l’«oppression quotidienne discrète» aux «violences les plus extrêmes».
Entre le 1er octobre 2021 et le 30 septembre 2022, ce sont ainsi «plus de 360 millions» de chrétiens – catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes, etc.- dans 76 pays qui ont été «fortement persécutés dans le monde, soit un chrétien sur sept»,comme l’a affirmé Patrick Victor, directeur de Portes ouvertes France, lors d’un point presse donné mardi.
Le nombre est identique à la période précédente. Mais depuis trente ans, «la persécution s’est étendue» et intensifiée, a précisé Guillaume Guennec, responsable du plaidoyer.
En 2022, 5 621 chrétiens ont été tués, contre 5 898 l’année précédente. L’ONG a aussi comptabilisé 4 542 chrétiens détenus (dont 1 750 en Inde) contre 4 277 en 2021, et 5 259 chrétiens kidnappés (dont 4 726 au Nigeria), contre 3 829 en 2021.
Le nombre total d’églises fermées, attaquées, détruites s’établit à 2 110, un chiffre quant à lui en baisse (5 110 en 2021).
La Corée du Nord en première place
Toutes persécutions confondues, la Corée du Nord est passée en tête de ce classement annuel, détrônant l’Afghanistan. Suivent la Somalie, puis le Yémen, l’Érythrée, la Libye, le Nigeria, le Pakistan, l’Iran, l’Afghanistan et le Soudan.
En Corée du Nord, une loi adoptée en 2020 stipule «qu’être chrétien ou posséder une Bible est un grave délit sévèrement puni», selon Portes ouvertes. «Beaucoup d’églises secrètes ont été découvertes, des chrétiens arrêtés, envoyés en camps de prisonniers politiques ou exécutés», selon Patrick Victor. La clandestinité est également de mise.
Extrémisme et nationalisme
Sur les trente dernières années, trois tendances sont constatées. «Le continent africain est marqué par une montée en puissance de l’extrémisme islamique», avec 26 pays à persécution forte contre 7 en 1993.
En outre, «les chrétiens sont souvent les victimes du nationalisme religieux ou idéologique», ajoute l’ONG, citant la Chine depuis 2017, ou encore l’Inde, avec une «explosion des violences» contre les chrétiens et les musulmans depuis 2014.
Enfin, l’organisation déplore «l’exode chrétien» du Moyen-Orient, les exactions de l’EI ayant «encouragé les chrétiens à fuir l’Irak et la Syrie».
Présente en France depuis 1976, l’ONG Portes Ouvertes catégorise les niveaux de répression et de persécutions en fonction de critères définis, comme l’explique Patrick Victor.
Mandalay (Agence Fides) – L’armée birmane a incendié l’ancienne église de l’Assomption, construite en 1894 à Chan Thar, un village habité par des catholiques dans la région de Sagaing, sur le territoire de l’archidiocèse de Mandalay, situé dans le nord-est du Myanmar.
Lors de l’action menée le 15 janvier, les militaires ont également mis le feu au couvent voisin des Sœurs franciscaines missionnaires de Marie (FMM), qui ont été contraintes de fuir avec quelque 3000 villageois. Leurs maisons, au nombre de 500 environ, ont également été détruites et il ne reste du village que des décombres.
Les sources locales de Fides notent que les affrontements se poursuivent dans la région, car la zone est considérée comme un bastion des rebelles des Forces de défense du peuple (PDF), qui s’opposent à la junte militaire birmane arrivée au pouvoir avec le coup d’État de février 2021.
Sœur Rita, l’une des religieuses qui ont fui, raconte à l’Agence Fides : » Nous avons demandé aux habitants du village de quitter leurs maisons, de ne pas s’opposer aux soldats et de ne pas résister, pour éviter les massacres et les brutalités.
Les soldats veulent écraser toute résistance de la part des civils. Ils entrent dans les villages, occupent des bâtiments comme les écoles et les églises et y campent. De là, ils effectuent des raids de maison en maison pour débusquer les rebelles. Ils sont restés dans notre église pendant trois jours et quand ils sont partis, ils ont mis le feu à l’église et à notre couvent ».
La religieuse affirme que « par miracle, la chapelle d’adoration de l’église n’a pas été touchée par les flammes. Nous y voyons un signe du Très-Haut : même dans cette violence brutale et insensée, le Seigneur est toujours avec nous. Notre région était connue pour être l’une des plus pacifiques et harmonieuses du pays. Maintenant, c’est un lieu de dévastation et de décombres. C’est terrible ».
De cette région, d’ancienne évangélisation, où les religieux français des Missions étrangères de Paris (MEP) se sont installés au XIXe siècle, de nombreuses vocations au sacerdoce et à la vie consacrée sont nées. Il y avait des séminaires, des instituts de formation pour les catéchistes, et un travail florissant de construction d’églises et de pastorale s’est poursuivi pendant des décennies. L’un des prêtres originaires de Chan Thar, le père Joseph, note à Fides avec amertume : » Nous voyons la destruction de Chan Thar avec les larmes aux yeux. Aujourd’hui, les militaires birmans ne sont plus les soldats professionnels d’une armée d’État, avec une éthique ou une mission de défense de la nation. Ils sont devenus des groupes armés sans contrôle, commettant toutes sortes de crimes, d’abus et de méfaits ».
La communauté locale se souvient avec tristesse qu’au moins, onze enfants sont morts à la suite d’une attaque aérienne de l’armée régulière sur une zone peuplée de civils à Sagaing, le 16 septembre, L’archevêque de Mandalay, Marco Tin Win, note : « Nous vivons une période de grande souffrance.
La moitié du territoire de l’archidiocèse de Mandalay est touchée par les affrontements et cela nous inquiète beaucoup. Nous aidons des milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays dans cinq centres installés dans cinq paroisses catholiques : nous faisons ce que nous pouvons ». « Alors que la violence fait rage, en particulier dans certaines régions, dit l’archevêque, nous ne perdons pas espoir car nous savons que nous avons le Seigneur avec nous.
Les fidèles ont confiance en Lui et le fait que la chapelle d’adoration de l’église détruite ait été épargnée par les flammes est un fait symbolique qui console les fidèles et leur rappelle que notre seul refuge est le Seigneur ».
Ce qu’il reste du temple frappé par un attentat dimanche 16 janvier à Kasindi.
Le Pape prie pour les évangéliques victimes d’un attentat au Nord-Kivu
Au moins 14 personnes ont été tuées et 63 blessées dans l’attentat à la bombe perpétré dimanche dans une église pentecôtiste de Kasindi, dans l’est de la République démocratique du Congo, à la frontière avec l’Ouganda. À quelques jours de son voyage apostolique en RDC, le Pape François prie pour les personnes touchées par ce drame.
Vatican News
Le nonce apostolique en poste à Kinshasa décrit l’ampleur et l’horreur de l’attaque perpétrée dimanche contre l’église pentecôtiste de Kasindi: «Les images qui me sont parvenues témoignent d’un véritable enfer, des corps d’adultes et d’enfants mutilés, un édifice endommagé». Dimanche, une bombe artisanale a explosé dans le temple dit « du Christ au Congo« . Au moins 14 personnes ont perdu la vie selon les autorités congolaises, une vingtaine selon l’Etat islamique qui a revendiqué l’attentat.
Le don de la paix
Le Pape, attendu le 31 janvier à Kinshasa, a été informé des faits. «Avec tristesse», il a appris la mort «d’innocents». Dans un télégramme signé par le cardinal Secrétaire d’État Pietro Parolin, François «exprime sa compassion et sa proximité à toutes les familles durement frappées par ce drame». En RDC, le Souverain Pontife viendra consoler les Congolais blessés par les violences, à l’Est notamment. Une parole de réconfort que l’on trouve dès aujourd’hui dans le message envoyé à la présidente de l’Église du Christ au Congo, la révérende Andrée Bokundoa-Bo-Likabe. «Dans la prière, le Saint-Père confie les défunts et les blessés à la miséricorde de Dieu. il implore le Christ, Seigneur de la vie, afin que les personnes affligées trouvent consolation et confiance en Dieu, invoquant sur elles le don de la paix», peut-on lire dans le communiqué.
L’action des ADF
Selon le gouvernement, l’attaque aurait été menée par les Forces démocratiques alliées, un groupe de rebelles musulmans d’origine ougandaise accusées d’avoir massacré des milliers de Congolais ces dernières années et que l’État islamique décrit comme étant l’une de ses branches en Afrique centrale. Un suspect kenyan a été arrêté dimanche soir par les forces de l’ordre, ainsi que plusieurs victimes jugées suspectes. L’enquête est toujours à un stade préliminaire, prévient le porte-parole de l’armée de RDC, Antony Mualushayi. Il précise que la sécurité a été renforcée à Kasindi, car deux bombes pourraient encore être dissimulées dans la ville.
Evolution critique de la situation à l’Est
Cet attentat est un signal inquiétant, affirme le nonce en RDC à Vatican News. «L’attaque montre qu’ils (ADF) ont acquis une grande influence à Butenbo, une grande ville près de Kasindi. Et le fait qu’elle ait été revendiquée par l’EI montre également que les liens entre les ADF et l’EI se renforcent. Les méthodologies des attaques deviennent malheureusement de plus en plus homogènes, ce qui ne peut qu’être inquiétant pour la sécurité régionale et surtout pour celle des populations qui sont les victimes constantes des carnages dont elles sont victimes», précise Mgr Ballestrero à Antonella Palermo. Selon lui, les choses évoluent mal.
«Nous sommes dans une province, le Nord-Kivu, qui est en état de siège depuis plus d’un an». Le diplomate du Saint-Siège évoque également les victimes du M23, un autre groupe armé actif, soutenu par le Rwanda – des dires même des Nations unies. L’Église catholique est aux côtés des 500 000 personnes qui ont fui les combats opposant les rebelles à l’armée, s’entassant le long d’une route au sud de Goma, en proie aux maladies et à la famine. «Les prêtres et les religieuses restent sur place, ils sont devenus des catalyseurs d’aide, récoltant et distribuant des vêtements, des médicaments de quoi manger». Tous attendent un parole un geste de consolation du Pape. Le diocèse est de fait coupé en deux. Six des 32 paroisses sont dans des territoires occupés.
Lors de son voyage apostolique, le Pape rencontrera des victimes des conflits en cours à l’Est du pays. Il ne sera rendra pas toutefois à Goma, comme cela était prévu en juillet dernier, pour des raisons de sécurité.
» Ils sont venus pour tuer. Si leur but était un vol ou un kidnapping, ils auraient agi différemment « , a déclaré à l’Agence Fides Mgr Luka Sylvester Gopep, évêque auxiliaire de Minna, le diocèse où a eu lieu l’agression au cours de laquelle le Père Isaac Achi a été tué.
L’agression s’est produite à 3 heures du matin, le dimanche 15 janvier, lorsqu’un groupe armé a tenté de pénétrer dans la résidence paroissiale du père Isaac Achi, de l’église Saint-Pierre-et-Paul, à Kaffin Koro, dans le diocèse de Minna, dans l’État du Niger, au centre-nord du Nigeria. « Les voyous auraient tenté de s’introduire dans la maison, échouant, ils ont mis le feu à la maison, brûlant le prêtre vivant. Avant même de mettre le feu à la maison, les bandits ont tiré sans discernement. C’est le signe d’une volonté de tuer », dit l’évêque Gopep. Selon l’évêque auxiliaire de Minna, « l’agression a été commise par une bande de bergers peuls. Mais nous nous demandons qui les a envoyés pour attaquer la « maison paroissiale ».
Dans la fusillade, un autre prêtre a été blessé alors qu’il s’enfuyait de la maison paroissiale. « Le père Collins Omeh a été touché à l’épaule », a déclaré Mgr Gopep. « Il est maintenant à l’hôpital et les médecins nous ont rassurés : aucun organe vital ou os important n’a été touché ».
Dans une autre région du Nigeria, un autre prêtre a été enlevé le samedi 14 janvier. Le père Michael Olubunimi Olofinlade, pasteur de l’église St George, Omu Ekiti, dans la zone de gouvernement local d’Oye de l’État d’Ekiti, Fédération du Sud-Ouest. « Le père Olofinlade était en mission pastorale en dehors de la paroisse. Son enlèvement s’est produit alors qu’il rentrait à la paroisse vers 18 heures », indique un communiqué du diocèse d’Ekiti. L’endroit où le prêtre a été enlevé se situe entre Itaji-Ekiti et Ijelu-Ekiti, dans la zone de gouvernement local d’Oye, à environ 4 km de la paroisse ».
Les États-Unis mettent en garde le Vatican : « La liberté religieuse des catholiques en Chine est en danger ».
« Je ne crois pas que le pape François soit aveugle à ce qui se passe en Chine, je pense plutôt qu’il n’est pas pleinement informé ». Nury Turkel, avocat américain d’origine ouïgoure et actuel président de la Commission américaine pour la liberté religieuse, ne cache pas sa « déception » face à l’ouverture de crédit que le Vatican continue d’accorder à Pékin malgré les nouvelles décourageantes provenant de nombreuses zones intérieures, où les catholiques qui refusent de souscrire aux règles édictées par l’Association patriotique (l’Église contrôlée par le Parti communiste) ont de gros problèmes avec la loi. Menaces, contrôles étouffants, pressions et, dans certains cas, restriction de leur liberté, pouvant aller jusqu’à la prison. Ce n’est pas la persécution musclée des camps de détention des Ouïghours, la minorité musulmane de Chine, mais la situation concernant le manque de liberté religieuse qui est également jugée alarmante par plusieurs cardinaux, missionnaires et évêques.
Ce matin, M. Turkel a eu un long entretien au Vatican avec le ministre des affaires étrangères du pape François, Monseigneur Paul Gallagher, pour discuter des effets négatifs de l’accord diplomatique signé avec le gouvernement de Pékin il y a quatre ans, dans le but de normaliser les nominations d’évêques. Ce qui s’est partiellement produit, même si le gouvernement de Pékin, suggère Turkel, tente ainsi de « siniser la religion » de manière rampante, en orientant le choix vers des évêques presque aplatis par le parti communiste. « Le problème de cet accord reste son caractère secret. Le gouvernement de Pékin ne veut pas que cela se sache ». La ligne de conduite du gouvernement chinois consiste à exercer une pression constante sur les chefs religieux, afin de guider la diffusion de la doctrine communiste par le biais de nominations. « Dommage que la religion soit autre chose et qu’elle se base sur la Parole, la Bible, les livres saints et non sur les directives du parti ».
Lors de la longue conversation au Vatican avec Monseigneur Gallagher, la grande question de Taïwan n’a pas été abordée. Pour le Saint-Siège, il s’agit d’un nœud diplomatique qui traîne en longueur depuis des années : l’île considérée comme rebelle par Pékin entretient des relations diplomatiques complètes avec le Saint-Siège depuis 1949, lorsque l’arrivée au pouvoir de Mao Tsé Toung a entraîné l’expulsion du nonce apostolique de l’époque, M. Riberi, qui a dû se réfugier à Formose. Les Chinois font depuis longtemps pression sur le Vatican pour qu’il révise les accords diplomatiques avec Taïwan, en déplaçant la nonciature de Taipei à Pékin, mais cette hypothèse ne semble pas se profiler à l’horizon pour le moment. « Nous n’avons pas parlé de ce sujet, le temps a manqué. Nous nous sommes uniquement concentrés sur les questions liées à la « liberté religieuse ».
Nury a ensuite raconté son histoire à un groupe de journalistes invités à l’ambassade des États-Unis. Il est lui-même né dans un camp de rééducation pendant la révolution culturelle chinoise : sa mère a été emprisonnée alors qu’elle était enceinte, tandis que son père était détenu dans un autre camp de travail agricole. « J’ai perdu mon père en avril de cette année et je n’ai même pas pu le pleurer ».
M. Nury a également qualifié d' »homme de paix et de courage » le cardinal émérite de Honk Kong, Zen Ze Kiung, qui a récemment été condamné par un tribunal pour avoir aidé des manifestants lors de manifestations contre l’introduction d’une législation sur la sécurité dans l’ancien protectorat britannique. Le cas de Zen pour moi reste emblématique. Selon lui, il n’y a toutefois aucun signe indiquant que le Vatican souhaite annuler l’accord avec la Chine.
C’est le dernier chapitre de la répression exercée par l’administration du président Ortega sur l’Église. Assigné à résidence depuis le mois d’août, Mgr Rolando Alvarez connait désormais les faits qu’on lui reproche. L’évêque de Matagalpa a été inculpé ce mardi, il est poursuivi pour complot et propagation de fausses nouvelles.
Marie Duhamel – Cité du Vatican
Début août, les autorités l’avaient d’abord empêché de sortir de l’évêché. Mgr Alvarez avait émis des critiques contre la fermeture de cinq radios de son diocèse, accusées de ne pas avoir les autorisations nécessaires pour émettre. L’évêque de Managua depuis avril 2011, avait pourtant, en personne, déposé les documents requis en 2016, sans jamais obtenir de réponse. Mise devant le fait accompli, le diocèse de Matagalpa assure qu’il continuera à informer et «à dénoncer toute situation qui, comme celle-ci, continue à violer la liberté d’expression et de religion au Nicaragua», rappelle l’agence Fides. La télévision de la conférence épiscopale avait déjà été fermée.
Les jours passent, Mgr Alvarez célèbre la messe en direct sur les réseaux sociaux, y remercie les fidèles pour leur soutien, jusqu’au raid du 20 août. En pleine nuit, les forces anti-émeutes entrent dans l’évêché. Le prélat et 8 autres personnes –des prêtres et des laïcs- sont emmenés manu militari. Dès le lendemain, le Pape se disait préoccupé et appelait au dialogue à l’issue de la prière mariale de l’angélus place Saint-Pierre.
L’évêque est emmené dans la capitale, maintenu en détention. À 56 ans, Mgr Alvarez est en bonne santé et vit un isolement partiel, puisqu’il a peu recevoir la visite du cardinal Leopoldo Brenes qui le premier expérimenta –avec d’autres- la répression des autorités.
4 ans d’hostilité contre l’Église catholique
En juillet 2018, l’archevêque de Managua est président de la conférence épiscopale nationale. Avec le nonce apostolique, Mgr Stanislaw Waldemar Sommertag, et plusieurs évêques, ils se rendent à 40 kilomètres au sud de la capitale pour aller à la rencontre d’un petit groupe de détracteurs du pouvoir qui s’est réfugié dans la basilique San Sebastian de Diriamba pour fuir des affrontements meurtriers avec les forces de l’ordre, lors d’une manifestation. Les évêques sont accueillis par les insultes des partisans du président Ortega, puis malmenés par les 200 paramilitairesqui font irruption dans la basilique. Les blessés sont nombreux, même au sein du clergé.
Dès lors, l’Église est perçue comme un adversaire politique par les sandinistes au pouvoir; elle conduisait pourtant la table de dialogue.
Considérée comme non alignée au pouvoir, le gouvernement ne cache plus son hostilité. Il retire son agrément au nonce apostolique contraint de quitter le pays, des prêtres sont assignés à résidence, d’autres arrêtés sans explications ou pour des allégations de violence à caractère sexuel. Plus de 3 200 ONG ont été fermées depuis 2018, soit 43% d’entre elles, officiellement parce qu’elles ne respectaient pas ou négligeaient leurs obligations. Parmi elles, l’associations des Missionnaires de la Charité de mère Teresa. Les religieuses sont chassées du pays.
Plusieurs procédures judiciaires
Aujourd’hui, on connait finalement les accusations qui pèsent contre Mgr Alvarez. Il est inculpé pour divulgation de fausses informations et pour conspiration visant à porter atteinte à l’intégrité nationale. La première comparution est prévue en janvier.
Sur le volet judiciaire, un mandat a par ailleurs été émis contre le père Uriel Vallejos. L’ancien directeur de Caritas Nicaragua et curé de l’église de la Divine Miséricorde de Sébaco, dans le diocèse de Matagalpa, aurait quitté le pays, selon l’agence américaine Associated Press.
Professer encore et toujours l’espérance
En octobre dernier, lors d’une visite au Vatican pour présenter le document du Synode du Celam, le cardinal Brenes réaffirmait à Radio Vatican-Vatican News que «l’Église n’est d’aucun parti ou idéologie». «Nous continuons à faire notre travail qui est un travail pastoral, en accompagnant notre peuple, en professant l’espérance», soutenait-il.
Le 19 novembre dernier, dans leur message pour l’Avent, les évêques du Nicaragua écrivaient que «même au milieu des incertitudes et des tristesses, le Royaume de Dieu se rend présent dans notre histoire». À l’approche de Noël, ils évoquent leur joie et leur espérance parce que «le Christ vient parmi nous». «La force de sa vie nouvelle et celle de notre Mère, la Vierge Marie ne nous abandonnent pas», surenchérissent les évêques qui formulent deux vœux: faire du Nicaragua un pays de frères et entamer une conversion pour que l’Église soit à la hauteur de la mission que le Seigneur lui a confiée.