Angélus: «La foi commence par la conviction d’avoir besoin de Dieu»
Lors de la prière de l’Angélus ce dimanche, le Pape François est revenu sur l’Évangile où Jésus calme la tempête devant ses disciples apeurés, invitant les fidèles à mettre le Christ au centre de leur vie et à garder confiance, même quand «nous nous sentons submergés par les problèmes».
Le Pape François a repris l’Évangile du jour où saint Marc relate l’épisode de la tempête apaisée (Mc 4, 35-41). La barque dans laquelle les disciples traversent le lac de Tibériade est battue par les vents et les vagues et ils ont peur de couler. Jésus lui, dort sur un coussin à l’arrière de la barque. Remplis de crainte, les disciples le réveillent et lui crient «Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?»
«Tant de fois, nous aussi, assaillis par les épreuves de la vie, nous avons crié au Seigneur: « Pourquoi restes-tu silencieux et ne fais-tu rien pour moi ?”» a expliqué le pape, «surtout lorsque nous avons l’impression de couler, parce que l’amour ou le projet dans lequel nous avions placé de grands espoirs s’évanouit; ou lorsque nous sommes à la merci des vagues insistantes de l’anxiété; ou lorsque nous nous sentons submergés par les problèmes ou perdus au milieu de la mer de la vie, sans cap et sans port».
Un sommeil qui nous pousse à nous réveiller
«Dans ces situations et dans bien d’autres, nous aussi nous sentons étouffés par la peur, a relevé François, et, comme les disciples, nous risquons de perdre de vue ce qui est le plus important». Jésus en effet, même s’il dort, est bien là, avec ses disciples. Son sommeil, même s’il peut nous étonner, «nous met à l’épreuve» a expliqué le Pape. «Le Seigneur, en effet, attend que nous l’impliquions, que nous l’invoquions, que nous le mettions au centre de ce que nous vivons. Son sommeil nous pousse à nous réveiller»
Et le Saint-Père d’expliquer qu’il ne suffit pas de croire que Dieu existe, mais qu’il faut «s’engager avec lui, élever la voix avec lui» comme il l’a fait pour calmer la tempête. Demandons-nous ainsi «quels sont les vents qui soufflent sur ma vie, quelles sont les vagues qui entravent ma navigation ?» a t-il poursuivi.
Nous avons besoin de Jésus pour trouver notre cap
«Dieu veut que nous nous accrochions à Lui pour trouver un abri contre les raz-de-marée de la vie» a encore souligné François. L’Évangile nous dit que les disciples s’approchent de Jésus, le réveillent et lui parlent (cf. v. 38). «C’est le début de notre foi: reconnaître que par nous-mêmes nous ne sommes pas capables de rester à flot, que nous avons besoin de Jésus comme les marins des étoiles pour trouver notre cap».
La foi commence par la conviction que nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes, «par le sentiment d’avoir besoin de Dieu» a précisé le Pape. Quand nous surmontons «la tentation de ne pas nous enfermer en nous-mêmes, quand nous surmontons aussi la fausse religiosité qui ne veut pas déranger Dieu», quand nous crions vers Lui, alors il peut faire des miracles.
Dans l’Évangile de Marc, Jésus pose enfin une question à ses disciples, qui nous concerne tous a encore souligné le Souverain Pontife: «pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ?» «Combien de fois restons-nous à fixer les problèmes au lieu d’aller vers le Seigneur et de Lui confier nos soucis !» a ainsi interrogé François. «Combien de fois laissons-nous le Seigneur dans un coin, au fond de la barque de la vie, pour ne le réveiller qu’au moment où l’on en a besoin !» Le Pape a ainsi invité à demander la grâce d’une foi «qui ne se lasse pas de chercher le Seigneur, de frapper à la porte de son cœur».
Angélus: l’Eucharistie guérit parce qu’elle nous unit à Jésus
Ce dimanche 6 juin, où la Solennité du Corps et du Sang du Christ est fêtée en divers pays, le Pape François est revenu sur le sens du sacrement de l’Eucharistie. En elle le Seigneur nous rejoint dans nos fragilités, et nous permet de passer de l’égoïsme au don de soi-même.
Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican
Un pain béni, rompu, puis partagé, à la veille de la crucifixion: «c’est ainsi, avec simplicité, que Jésus nous donne le plus grand sacrement», a rappelé le Saint-Père en commentant l’Évangile de cette solennité du Corpus Domini. Le Seigneur montre lors de la dernière Cène «que le but de la vie est de se donner, que la plus grande chose est de servir».
Trouver la force dans la faiblesse
François a particulièrement insisté sur la fragilité qui se dégage du sacrement de l’Eucharistie, devenant paradoxalement «une force: force de l’amour qui se fait petit pour être accueilli et non craint; force de l’amour qui se brise et se divise pour nourrir et donner la vie; force de l’amour qui se fragmente pour nous rassembler tous dans l’unité», et aussi «force d’aimer ceux qui se trompent». Jésus l’a montré face à Judas qui le trahissait.
Mais à ce « »non » de Judas», le Christ répond «par le « oui » de la miséricorde». Il fait de même avec nous, car «il ne renonce pas à unir sa vie à la nôtre», malgré nos erreurs. Et le Pape de souligner que «l’Eucharistie n’est pas le prix des saints, mais le Pain des pécheurs».D’où ce «n’ayez pas peur! Prenez et mangez», adressé à tous.
Seul Jésus Eucharistie nous guérit
Chaque fois que nous recevons le Pain de Vie, «Jésus vient donner un sens nouveau à nos fragilités», a poursuivi le Successeur de Pierre. Le Seigneur nous rappelle que nous avons du prix à ses yeux, «qu’il est heureux que nous partagions nos faiblesses avec lui». Sa miséricorde vient nous guérir «de ces fragilités que nous ne pouvons pas guérir par nous-mêmes»: ressentiment, isolement, tourments et angoisses. «L’Eucharistie est un médicament efficace contre ces fermetures», a assuré François, elle «guérit parce qu’elle nous unit à Jésus».
Alors, par cette union, nous Lui devenons semblable, et à notre tour, nous pouvons «répondre au mal par le bien» et nous tourner vers les autres avec bienveillance et générosité. Le Saint-Père a évoqué «la logique de l’Eucharistie»,consistant à recevoir Jésus «qui nous aime et guérit nos fragilités pour aimer les autres et les aider dans leurs fragilités».
Il a enfin invoqué Marie, afin qu’elle «nous aide à accueillir avec un cœur reconnaissant le don de l’Eucharistie et à faire de notre vie un don également». «Que l’Eucharistie nous fasse un don pour tous les autres».
Paralysé à 75%, il reçoit la bénédiction du Pape avant son expédition au Pôle Nord
Paralysé à 75% suite à un accident de jet-ski, Michael Haddad a pu échanger quelques instants avec le pape François ce mercredi 2 juin, avant de lui demander sa bénédiction pour sa prochaine aventure : dans près d’un an, il prévoit de traverser l’Arctique à pied, sur 100 km !
C’est un moment des plus touchants, auquel ont assisté des dizaines de fidèles suffisamment bien placés pour voir la scène, ce mercredi 2 juin, à l’issue de l’audience générale. Venu écouter la catéchèse du pape François dans la cour Saint-Damase du Vatican, Michael Haddad, un libanais de 40 ans qui se déplace essentiellement en fauteuil roulant, a eu le bonheur de pouvoir échanger plusieurs minutes avec le Saint-Père. Alors qu’il n’avait que 6 ans, Michael Haddad a perdu les trois quarts de ses fonctions motrices, suite à un malheureux accident de jet-ski.
Deux marathons pour les victimes des explosions à Beyrouth
Un évènement tragique, qui ne l’a pas empêché de devenir un athlète professionnel : grâces aux prouesses de la médecine et à une équipe d’ingénieurs qui l’accompagne, il parvient malgré tout à se lever et à marcher – non sans difficultés -, et même à pratiquer ses deux passions : le ski et l’escalade en montagne. Suite aux explosions survenues dans le port de Beyrouth le 4 août 2020, Michael Haddad a participé à deux marathons, au Caire (Égypte) et dans la capitale libanaise, afin de récolter des fonds pour aider son pays natal. Il est aujourd’hui ambassadeur de bonne volonté pour le Programme des Nations unies pour le développement.
Toi, pries pour moi au pôle Nord !
« Parcourir 100 kilomètres jusqu’au pôle Nord n’est pas seulement un message, mais une contribution à la science. Tout ce que nous prévoyons avant, pendant et après cette marche contribuera à la recherche scientifique pour aider d’autres personnes à remarcher grâce à de nouveaux systèmes »,a-t-il notamment expliqué à Vatican News, ce mercredi 2 juin. Il a également raconté avec émotion son court échange avec le pape François : « Lorsque j’ai raconté mon histoire au Saint-Père, il a posé sa main sur ma tête. Je lui ai dit que nous essayons d’apporter un message d’humanité, en faveur de la terre et de l’environnement. Il m’a béni et j’ai dit : “Père, priez pour moi”. Le Pape m’a répondu : “Toi, pries pour moi au pôle Nord” ».
Urbi et Orbi: le Pape exhorte à vaincre la mentalité de la guerre
À l’issue de la messe de Pâques célébrée par le Pape François en présence de 150 fidèles en la basilique saint-Pierre, le Souverain pontife a donné sa bénédiction « Urbi et Orbi », à la Ville et au monde, devant l’autel de la Chaire de saint Pierre, dimanche 4 avril 2021. Un message de soutien spirituel aux plus fragiles qui souffrent de la crise mondiale, et d’appels à la paix là où règne toujours le conflit dans certaines régions du monde.
Delphine Allaire – Cité du Vatican
«L’annonce de Pâques ne montre pas un mirage, elle ne révèle pas une formule magique, elle n’indique pas une échappatoire face à la situation difficile que nous traversons». En ces termes, le Pape François a inauguré son message à la Ville et au monde en ce jour de Pâques, point culminant de l’année liturgique, dans une atmosphère encore une fois très particulière cette année.
La pandémie est encore en cours, et la crise sociale et économique est très lourde, en particulier pour les plus pauvres, a rappelé François, qui s’est dit scandalisé par le fait que «les conflits armés ne cessent pas et les arsenaux militaires se renforcent». «C’est le scandale d’aujourd’hui», a-t-il répété.
Le crucifié est ressuscité
Au milieu de cette réalité complexe, a relevé le Saint-Père, l’annonce de Pâques renferme en quelques mots un événement qui donne l’espérance qui ne déçoit pas: «Jésus, le crucifié, est ressuscité».
Et le Successeur de Pierre de préciser: «Cette annonce de Pâques ne parle pas d’anges ou de fantômes, mais d’un homme, un homme en chair et en os, avec un visage et un nom : Jésus. Le crucifié, pas un autre, est ressuscité.»
Et les témoins de cette résurrection rapportent d’ailleurs un détail important: Jésus ressuscité porte gravées les plaies des mains, des pieds et du côté. «Ces plaies sont le sceau éternel de son amour pour nous. Quiconque souffre une dure épreuve, dans son corps et dans son esprit, peut trouver refuge dans ces blessures, recevoir à travers elles la grâce de l’espérance qui ne déçoit pas», a assuré le Saint-Père, avant de détailler les espérances du Christ pour diverses catégories de personnes, comme «ceux qui souffrent encore à cause de la pandémie, les malades et ceux qui ont perdu une personne chère».
«Pour un internationalisme des vaccins»
Le Pape a ensuite invoqué le réconfort du Seigneur pour «les efforts des médecins et des infirmiers», pour «les personnes les plus fragiles, qui ont besoin d’assistance et ont le droit d’avoir accès aux soins nécessaires». Avant de lancer un appel au partage équitable des vaccins: «Dans l’esprit d’un “internationalisme des vaccins”, j’exhorte donc toute la Communauté internationale à un engagement partagé afin de surmonter les retards dans leur distribution et en favoriser le partage, en particulier avec les pays les plus pauvres».
Crise sociale et économique
Et le Pape de poursuivre sur la sévère crise socio-économique des temps présents: «Le Crucifié ressuscité est un réconfort pour ceux qui ont perdu leur travail ou traversent de graves difficultés économiques et qui sont privés de protections sociales adéquates. Que le Seigneur inspire l’action des autorités publiques afin qu’à tous, en particulier aux familles les plus nécessiteuses, soient offertes les aides nécessaires à une subsistance suffisante.»
Au cher peuple d’Haïti
«Il faut que les pauvres de toute sorte se reprennent à espérer», disait saint Jean-Paul II lors de son voyage à Haïti, cité par le Pape François. Et c’est justement vers «le cher peuple haïtien» que la pensée et les encouragements du Primat d’Italie se sont tournés en premier en ce jour, «pour qu’il ne soit pas vaincu par les difficultés mais qu’il regarde vers l’avenir avec confiance et espérance».
Aux jeunes du monde et de Birmanie
«Jésus ressuscité est l’espérance aussi pour de nombreux jeunes qui ont été contraints de passer de longues périodes sans aller à l’école ou à l’université ni partager le temps avec leurs amis», a continué le Pape, assurant combien nous avons tous besoin de vivre des relations humaines réelles et pas seulement virtuelles. «Je suis proche des jeunes du monde entier et, en ce moment, en particulier de ceux de Birmanie, qui s’engagent pour la démocratie en faisant entendre pacifiquement leur voix, conscients que la hainene peut être éliminée que par l’amour», a ajouté François qui suit de très près la situation politico-militaire dans ce pays qu’il avait visité en 2017.
Les migrants et ceux qui leur viennent en aide
Que la lumière du Ressuscité soit source de renaissance pour les migrants fuyant la guerre et la misère, a espéré le Pape. «Sur leurs visages, reconnaissons le visage défiguré et souffrant du Seigneur qui monte au Calvaire». François a remercié ainsi les pays qui accueillent avec générosité ceux qui souffrent et cherchent refuge, «en particulier le Liban et la Jordanie qui accueillent de très nombreux réfugiés ayant fui le conflit syrien».
Pour le Liban et la Syrie
«Que le peuple libanais, qui traverse une période de difficultés et d’incertitudes, fasse l’expérience de la consolation du Seigneur ressuscité et soit soutenu par la Communauté internationale dans sa vocation d’être une terre de rencontre, de coexistence et de pluralisme»,a soutenu le Souverain pontife, souhaitant également la paix dans «la bien-aimée et martyrisée Syrie, où des millions de personnes vivent désormais dans des conditions inhumaines», ainsi qu’au Yémen «dont les événements sont entourés d’un silence assourdissant et scandaleux», et en Libye «où l’on entrevoit enfin la sortie d’une décennie de disputes et d’affrontements sanglants».
Pour le Moyen-Orient et l’Afrique
Le Pape a ensuite tourné ses pensées naturellement vers Jérusalem, appelant Israéliens et Palestiniens à retrouver la force du dialogue pour une solution stable à deux États, de même que vers l’Irak, pays visité le mois dernier, pour lequel le Pape prie pour que «puisse continuer le chemin de pacification entrepris».
François a invoqué «la force du Ressuscité» pour les populations africaines qui voient leur avenir compromis par des violences internes et par le terrorisme international, en particulier au Sahel et au Nigeria, ainsi que dans la région du Tigré et de Cabo Delgado.
Vaincre la mentalité de guerre
«Il y a encore trop de guerres et trop de violence dans le monde!», s’est enfin indigné le Saint-Père, appelant le Seigneur à nous aider «à vaincre la mentalité de la guerre». François a aussi prié pour les prisonniers de guerre, particulièrement en Ukraine orientale et dans le Haut-Karabakh, avant de rappeler, ce 4 avril, Journée mondiale de lutte contre les mines antipersonnel, combien ces «sournois et horribles engins qui tuent ou mutilent chaque année de nombreuses personnes innocentes, empêchent l’humanité de marcher ensemble sur les chemins de la vie». «Comme un monde sans ces instruments de mort serait meilleur!», s’est-il exclamé.
Pour la fin des restrictions sanitaires aux cultes
Enfin, le Pape François a appelé les gouvernements à supprimer les restrictions d’accès au culte à cause de la pandémie. «Prions pour que ces restrictions, comme toute restriction à la liberté de culte et de religion dans le monde, puissent être supprimées et que chacun soit autorisé à prier et à louer Dieu librement.»
«À la lumière du Ressuscité, nos souffrances sont transfigurées. Là où il y avait mort, il y a maintenant vie, là où il y avait deuil, il y a maintenant consolation. Et maintenant prions pour que les effets bénéfiques de cette guérison s’étendent à travers le monde entier. Joyeuses Pâques à tous!», a conclu le Successeur de Pierre, avant de donner sa bénédiction Urbi et Orbi.
Il y a 20 ans, Jorge Mario Bergoglio devenait cardinal
Ce dimanche marquera le 20e anniversaire du cardinalat de Jorge Mario Bergoglio, le futur Pape François, appelé par saint Jean-Paul II au sein du Sacré-Collège. Cet anniversaire donne l’occasion d’identifier les lignes de continuité entre son épiscopat en Argentine et son pontificat.
Amedeo Lomonaco – Cité du Vatican
C’était le 21 février 2001. Le Pape Jean-Paul II, dans son homélie à l’occasion du premier Consistoire public ordinaire du XXIe siècle, a souligné qu’il s’agissait d’un jour spécial: «Aujourd’hui est une grande fête pour l’Église universelle, qui s’enrichit de 44 cardinaux», avait déclaré le Pape polonais. Parmi ces nouveaux cardinaux, figurait l’archevêque de Buenos Aires de l’époque, le jésuite Jorge Mario Bergoglio, élu ensuite Souverain Pontife le 13 mars 2013.
«La Rome « catholique » se rassemble autour des nouveaux Cardinaux dans une étreinte chaleureuse, consciente qu’une autre page significative de son histoire bimillénaire est en train de s’écrire.», avait déclaré saint Jean-Paul II, qui, quelques semaines plus tôt, avait clôturé le Grand Jubilé de l’an 2000. «Après avoir abondamment puisé à la source de la miséricorde divine au cours de l’Année Sainte, la nef mystique de l’Église s’apprête à « prendre à nouveau le large » pour apporter dans le monde le message du Salut. Ensemble nous voulons hisser les voiles au vent de l’Esprit, en scrutant les signes des temps et en les interprétant à la lumière de l’Évangile pour répondre « aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques » (Gaudium et spes, n. 4).»
Une Église qui ouvre ses portes
Cette homélie de Jean-Paul II est toujours d’actualité et fait écho aux préoccupations du pontificat actuel. «Le monde devient toujours plus complexe et changeant, la conscience aiguë des inégalités existantes engendre ou augmente les contradictions et les déséquilibres», avait alors déclaré le Pape polonais aux cardinaux venus des quatre coins du monde. Tout comme celui de 2001, le monde de 2021, ébranlé par la pandémie et par une crise anthropologique, a besoin d’amour. «Il a soif d’un cœur qui accueille, qui ouvre des portes», écrit l’archevêque de Buenos Aires dans son message du 28 mars 2001 adressé aux communautés éducatives, quelques mois avant la violente crise qui allait plonger son pays dans une grave instabilité, et qui allait montrer l’autorité prophétique du cardinal Bergoglio, l’Église en Argentine demeurant un pôle de stabilité indispensable dans une société fragilisée par l’effondrement de l’État.
Quitte à se mettre personnellement en danger, à la suite du Christ, l’archevêque de Buenos Aires ne cessera de se battre pour l’humanité blessée et rejetée, l’Église étant appelée à devenir «un hôpital de campagne». Et aussi par une «Église pauvre pour les pauvres». Lorsque le 28 février 1998, Jorge Mario Bergoglio – né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires dans une famille d’émigrants piémontais – a été nommé archevêque de la capitale argentine, il a choisi de vivre dans un appartement et de préparer son propre dîner. «Mon peuple est pauvre et je suis l’un d’entre eux», a-t-il dit un jour pour expliquer ce choix.
Un cœur qui accueille
En tant qu’archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio pense à un programme missionnaire axé sur la communion et l’évangélisation. Ce projet a quatre objectifs principaux: des communautés ouvertes et fraternelles, l’émergence d’un laïcat engagé, l’évangélisation dirigée vers chaque habitant de la ville, l’assistance aux pauvres et aux malades.
Ordonné prêtre le 13 décembre 1969, quatre jours avant son 33e anniversaire, il a toujours indiqué, à ses confrères jésuites comme aux prêtres diocésains sur lesquels il avait autorité, le chemin de la miséricorde, des portes ouvertes et de la compassion. Lorsqu’il monta sur le trône de Pierre, il conserva la devise qu’il avait choisie depuis sa consécration épiscopale : « miserando atque eligendo« , que l’on pourrait traduire imparfaitement par: «il l’a choisi en l’entourant de sa miséricorde».
La miséricorde a une signification particulière dans son itinéraire spirituel. Le jour de la fête de Saint Matthieu en 1953, le jeune Jorge Bergoglio a fait l’expérience, à l’âge de 17 ans, d’une manière très particulière, de la présence aimante de Dieu dans sa vie. Ce jour-là, il a senti son cœur se toucher. Il a senti la souffle de la miséricorde de Dieu, qui l’a appelé à la vie religieuse à l’instar de Saint Ignace de Loyola. Et le 11 mars 1958, il est entré dans la Compagnie de Jésus comme novice.
Entre 1998 et 2013, Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, est une figure de proue de tout le continent latino-américain. Un pasteur très apprécié dans son diocèse, qui voyage loin dans les banlieues de cette gigantesque agglomération, même en métro et en bus, sans escorte ni privilège. Avant de partir à Rome pour le Consistoire du 21 février 2001, il n’avait pas acheté de nouveau costume mais il avait simplement fait réparer celui de son prédécesseur, le cardinal Antonio Quarracino, décédé en 1998, et dont il avait été le coadjuteur. Le Pape Jean-Paul II lui a confié le titre de cardinal de l’église romaine de Saint-Robert-Bellarmin, le saint jésuite et docteur de l’Église.
De Buenos Aires à Rome
En parcourant les homélies et les discours prononcés par le cardinal Jorge Mario Bergoglio, on retrouve des thèmes et des réflexions qui sont également au centre de son pontificat. Lors de la veillée pascale du 15 avril 2001, l’archevêque de Buenos Aires a souligné que «nous vivons dans une situation où nous avons besoin de beaucoup de mémoire». Il faut donc «se souvenir, porter dans son cœur la grande réserve spirituelle de notre peuple».
Ces mots rejoignent l’invitation, exprimée à plusieurs reprises durant le pontificat, à renforcer le sentiment d’appartenance au peuple, à «avoir la mémoire du peuple de Dieu». Dans une lettre adressée aux catéchistes, publiée en août 2002, le cardinal Jorge Mario Bergoglio cite le saint qui sera la principale source d’inspiration pour son pontificat, et qu’il choisira comme nom de Pape. «Adorer, c’est s’approcher de l’unité, c’est découvrir que nous sommes les enfants d’un même Père, les membres d’une même famille. C’est comme l’a découvert saint François : chanter des louanges unies à toute la création et à tous les hommes», écrit alors le cardinal argentin.
Inclusion ou exclusion
En 2003, à l’occasion de la célébration du Te Deum, le Primat d’Argentine a souligné que nous sommes appelés à rejeter ce qu’il définira à plusieurs reprises, en tant que Pontife, comme une «culture du déchet». L’inclusion ou l’exclusion des plus fragiles, doit être le curseur de tous les projets économiques, politiques, sociaux et religieux, avait alors martelé le cardinal Bergoglio, devant les principales autorités politiques du pays, un peu destabilisées par la portée programmatique de son homélie dans une cérémonie habituellement plutôt symbolique et protocolaire.«Chaque jour, nous sommes tous confrontés au choix d’être de bons samaritains ou des voyageurs indifférents qui passent», avait ajouté l’archevêque de Buenos Aires, utilisant une image qu’il reprendrait dans son encycliqueFratelli tutti.
La défense de la vie, de toutes les vies, sera également un axe fondamental de son épiscopat comme de son pontificat. Le 25 mars 2004, jour de la célébration de la Journée de l’enfant à naître, l’archevêque de Buenos Aires exprime l’espoir que la Vierge Marie «fera croître dans nos cœurs des attitudes de tendresse, d’espoir et de patience pour protéger toute vie humaine, en particulier la plus fragile, la plus marginalisée, la moins apte à se défendre».
Au-delà des inégalités pour une authentique fraternité
Parmi les blessures que Bergoglio a dénoncées à plusieurs reprises en tant que cardinal, puis en tant que Pape, figurent celles de la pauvreté et de l’injustice. En 2007, lors de la conférence d’Aparecida, il a dénoncé des déséquilibres toujours plus profonds. «Cette mondialisation en tant qu’idéologie économique et sociale, a eu des effets négatifs sur nos secteurs les plus pauvres. Les injustices et les inégalités sont toujours plus grandes et plus profondes», avait-il dénoncé, s’inquiétant de voir de grandes masses de la population exclues et marginalisées par les décisions des puissants. Là encore, son expérience de la crise économique de 2001 et de la pression des créanciers sur une Argentine surendettée l’avait certainement motivé à lancer ce cri, en pleine connaissance de cause.
En 2008, réfléchissant sur le thème « Culture et religiosité populaire », l’archevêque de Buenos Aires souligne qu’une «culture de mort» progresse. Parmi les signes les plus évidents de cette culture, on peut citer l’augmentation de la pauvreté et la concentration des richesse, mais aussi la pollution de l’environnement, comme le rappelle à plusieurs reprises l’encycliqueLaudato si’. Un autre trait distinctif du pontificat du Pape François est lié au concept de fraternité, au cœur de l’encyclique Fratelli tutti. «La fraternité dans l’amour telle que Jésus l’a vécue nous soulage, rend le joug doux. Dieu ne se fatigue pas de pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander pardon», a déclaré le cardinal Bergoglio le 25 mai 2011 lors de la célébration du Te Deum.
Sa dernière homélie en tant que cardinal
Avant de partir pour Rome, pour le conclave de 2013, l’archevêque de Buenos Aires a préparé une homélie qu’il comptait prononcer le 28 mars 2013, à l’occasion de la messe chrismale. Mais le 13 mars de cette année-là, il monte sur le trône de Pierre. Le texte de l’homélie, non prononcé, tourne autour d’un concept fondamental : la mission de l’Église dans les périphéries. C’est dans les périphéries, lit-on dans le texte, «que nous devons sortir pour faire l’expérience de notre onction, de la puissance du Seigneur et de son efficacité rédemptrice». Le chemin indiqué est donc celui d’une Église en sortie, d’un «chemin de fraternité, d’amour, de confiance entre nous». Ce n’est finalement pas à la cathédrale de Buenos Aires qu’il prononcera ces mots, mais à la loggia de la basilique Saint-Pierre, devant le peuple de Rome et le monde entier, ouvrant un nouveau chapitre de l’histoire de l’Église catholique.
Pape François : « Comme saint Francisco et sainte Jacinta … Cramponnons-nous à Marie ! »
Cent après les apparitions de Fatima, le Saint-Père canonise les deux petits bergers et appelle les chrétiens à puiser en ces « deux petits messagers de l’espérance » la force de susciter « une vraie mobilisation générale » contre l’indifférence et la myopie du monde.
Les petits bergers de Fatima, Francisco et Jacinta, ont été canonisés solennellement par le pape François, ce samedi matin 13 mai, au cours d’une longue messe célébrée sur l’immense parvis du sanctuaire marial portugais. Moment extrêmement intense, que la foule – des centaines de milliers de pèlerins venus du monde entier – a accueilli par une salve d’applaudissements, jusqu’à couper le Saint-Père dans l’énoncé de la formule de canonisation : « nous déclarons et définissons comme saints… Francisco Marto et Jacinta Marto, et nous les inscrivons au calendrier des saints, en établissant que, dans toute l’Église, ils soient pieusement honorés comme des saints. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ».
La canonisation des deux petits bergers a lieu 17 ans après leur béatification par Jean Paul II à Fatima, en mai 2000. Elle fait d’eux les plus jeunes enfants, frère et sœur, non martyrs, à devenir saints. Comme le veut la tradition, le Pape a prononcé la formule de circonstance après la demande solennelle de l’évêque de Leiria-Fatima, Mgr Antonio Marto, d’inscrire les deux témoins des six apparitions initiées il y a tout juste 100 ans, au calendrier des saints.
« Chers pèlerins, nous avons une Mère ! Une “Dame très belle“, comme disaient entre eux les voyants de Fatima sur la route de la maison, en ce jour béni du 13 mai, il y a cent ans (…) Je ne pouvais pas ne pas venir ici pour la vénérer et lui confier ses fils et ses filles… De ses bras viendront l’espérance et la paix dont ils ont besoin ! », a promis le Saint-Père au cours de l’homélie, durant la célébration. Après s’être recueilli, juste avant la cérémonie, aux pieds des tombes de Francesco et Jacinta, à l’intérieur de la basilique Notre-Dame du Rosaire, François a invité l’assemblée à prendre exemple sur eux pour « supporter les contrariétés et les souffrances de la vie » et être « des messagers d’espérance », en puisant à cette force qui les distinguait et venait « de la Lumière de Dieu », de leurs prières « insistantes » pour les pécheurs, et de cette « adoration » qu’ils avaient pour Dieu, grâce à Marie, et qui ne les a jamais lâchés.
Sous le manteau de Marie
La Vierge Mère, a poursuivi le Pape, « n’est pas venue ici pour que nous la voyions : pour cela nous aurons toute l’éternité, si nous allons au ciel, bien entendu », mais « en présageant et nous mettant en garde contre le risque de l’enfer où mène la vie – souvent proposée et imposée – sans Dieu et qui profane Dieu dans ses créatures, elle est venue nous rappeler la lumière de Dieu qui demeure en nous et qui nous couvre ». Comme le croient et le sentent de nombreux pèlerins, « si non tous ! » , ainsi Fatima est surtout » ce manteau de lumière qui nous couvre, ici comme partout ailleurs sur la terre quand nous nous réfugions sous la protection de la Vierge Marie pour lui demander, comme l’enseigne le Salve Regina, “montre-nous Jésus” « .
« Cramponnés à elle comme des enfants, vivons de l’espérance fondée sur Jésus », a exhorté le Saint-Père, « fixons notre espérance, comme une ancre, dans cette humanité placée dans le ciel à la droite du Père », et que cette espérance, a-t-il encouragé, soit un » levier de la vie » pour chaque croyant, « une espérance » qui le « soutient toujours, jusqu’au dernier souffle ». Car le Seigneur, a-t-il rappelé, « nous a créés comme une espérance pour les autres, une espérance réelle et réalisable selon l’état de vie de chacun ». Oui, la mission est « exigeante », a reconnu le Pape, car cela demande à chacun d’accomplir « son devoir d’État », mais elle peut déclencher, comme à l’époque, « une vraie mobilisation générale contre cette indifférence qui gèle le cœur et aggrave notre myopie ».
Face aux souffrances…
Face aux souffrances d’autrui, le chrétien ne saurait être « une espérance avortée », la vie « ne peut survivre que grâce à la générosité d’une autre vie « . Alors, a conclu le Pape, sous la protection de Marie, soyons, dans le monde, « des sentinelles du matin qui savent contempler le vrai visage de Jésus Sauveur, celui qui brille à Pâques, et redécouvrir le visage jeune et beau de l’Église, qui resplendit quand elle est missionnaire, accueillante, libre, fidèle, pauvre en moyens et riche d’amour « .
Pendant la célébration, les reliques de Francesco et Jacinta ont été placées aux pieds de la Vierge de Fatima. Les deux nouveaux saints seront fêtés le 20 février dans le calendrier liturgique. A la fin de la messe de canonisation, le pape François a béni les malades, les exhortant à considérer leur existence comme un « don » et un « trésor précieux de l’Église ». Nouvelle occasion pour le Saint-Père d’encourager les chrétiens à « reconnaître les plaies cachées de Jésus » dans leurs frères et sœurs malades et souffrants, comme ils ont « devant les yeux Jésus caché mais présent dans l’Eucharistie ».
« Apparut dans le ciel une femme ayant le soleil pour manteau » atteste le voyant de Patmos dans l’Apocalypse (12,1), faisant aussi observer qu’elle est sur le point de donner naissance à un fils. Puis, dans l’Evangile, nous avons entendu Jésus dire au disciple : « Voici ta mère » (Jn 19, 26-27). Nous avons une Mère ! Une “Dame très belle“, comme disaient entre eux les voyants de Fatima sur la route de la maison, en ce jour béni du 13 mai, il y a cent ans. Et, le soir, Jacinthe ne réussit pas à se retenir, et elle révèle le secret à sa maman : « Aujourd’hui j’ai vu la Vierge ». Ils avaient vu la Mère du ciel. Le regard d’un grand nombre s’est dirigé dans la direction que suivaient leurs yeux, mais… ils ne l’ont pas vue. La Vierge Mère n’est pas venue ici pour que nous la voyions : pour cela nous aurons toute l’éternité, si nous allons au ciel, bien entendu.
Mais elle, présageant et nous mettant en garde contre le risque de l’enfer où mène la vie – souvent proposée et imposée – sans Dieu et qui profane Dieu dans ses créatures, elle est venue nous rappeler la lumière de Dieu qui demeure en nous et qui nous couvre, car, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, « l’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu » (Ap 12, 5). Et, selon les paroles de Lucie, les trois privilégiés se trouvaient dans la lumière de Dieu qui rayonnait de la Vierge. Elle les enveloppait dans le manteau de lumière que Dieu lui avait donné. Comme le croient et le sentent de nombreux pèlerins, si non tous, Fatima est surtout ce manteau de lumière qui nous couvre, ici comme partout ailleurs sur la terre quand nous nous réfugions sous la protection de la Vierge Marie pour lui demander, comme l’enseigne le Salve Regina, “montre-nous Jésus”.
Chers pèlerins, nous avons une Mère, nous avons une Mère! Cramponnés à elle comme des enfants, vivons de l’espérance fondée sur Jésus, car, comme nous l’avons entendu dans la seconde lecture, à cause de Jésus-Christ, et de lui seul, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes régneront dans la vie (cf. Rm 5,17). Quand Jésus est monté au ciel, il a apporté auprès du Père céleste l’humanité – notre humanité – qu’il avait assumée dans le sein de la Vierge Mère ; et il ne s’en séparera jamais plus. Fixons notre espérance, comme une ancre, dans cette humanité placée dans le ciel à la droite du Père (cf. Ep 2,6). Que cette espérance soit le levier de la vie de chacun de nous ! Une espérance qui nous soutient toujours, jusqu’au dernier souffle.
Forts de cette espérance, nous sommes réunis ici pour remercier des innombrables bienfaits que le Ciel a accordés au cours de ces cent années, passées sous ce manteau de lumière que la Vierge, à partir de ce Portugal porteur d’espérance, a étendue aux quatre coins de la terre. Nous avons comme exemples devant nos yeux saint François Marto et sainte Jacinthe, que la Vierge Marie a introduits dans la mer immense de la lumière de Dieu et y a conduits pour l’adorer. De là leur venait la force de surmonter les contrariétés et les souffrances. La présence divine devint constante dans leur vie, comme cela se manifeste clairement par la prière insistante pour les pécheurs et par le désir permanent de rester près de “Jésus caché” dans le Tabernacle.
Dans ses Mémoires (III, n. 6), Sœur Lucie donne la parole à Jacinthe qui venait d’avoir une vision : « Ne vois-tu pas beaucoup de routes, beaucoup sentiers et de champs pleins de gens qui souffrent de faim et qui n’ont rien à manger ? Et le Saint-Père dans une église, devant le Cœur Immaculé de Marie en prière ? Et beaucoup de monde en prière avec lui ? ». Merci frères et sœurs, de m’accompagner ! Je ne pouvais pas ne pas venir ici pour vénérer la Vierge Mère et lui confier ses fils et ses filles. Sous son manteau ils ne se perdent pas ; de ses bras viendront l’espérance et la paix dont ils ont besoin, et que je demande pour tous mes frères dans le baptême et en humanité, en particulier pour les malades et les personnes avec handicap, pour les détenus et les chômeurs, pour les pauvres et les personnes abandonnées. Chers frères, prions Dieu dans l’espérance que les hommes nous écoutent ; et adressons-nous aux hommes avec la certitude que Dieu nous porte secours.
En effet, il nous a créés comme une espérance pour les autres, une espérance réelle et réalisable selon l’état de vie de chacun. En “demandant” et “exigeant” de chacun de nous l’accomplissement de son devoir d’état (Lettre de Sœur Lucie, 28 février 1943), le ciel déclenchait une vraie mobilisation générale contre cette indifférence qui nous gèle le cœur et aggrave notre myopie. Nous ne voulons pas être une espérance avortée ! La vie ne peut survivre que grâce à la générosité d’une autre vie. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24), a dit et fait le Seigneur qui nous précède toujours. Quand nous passons par quelque croix, il y est déjà passé en premier. Ainsi nous ne montons pas sur la croix pour trouver Jésus ; mais c’est lui qui s’est humilié et qui est descendu jusqu’à la croix pour nous trouver et, en nous, vaincre les ténèbres du mal et nous reconduire à la lumière.
Sous la protection de Marie, nous sommes, dans le monde, des sentinelles du matin qui savent contempler le vrai visage de Jésus Sauveur, celui qui brille à Pâques, et redécouvrir le visage jeune et beau de l’Eglise, qui resplendit quand elle est missionnaire, accueillante, libre, fidèle, pauvre en moyens et riche d’amour.
Le Pape encourage le clergé du Venezuela à servir avec amour
Dans un message-vidéo diffusé à l’occasion d’un rassemblement virtuel, le Pape François s’adresse aux évêques et aux prêtres diocésains et religieux du Venezuela, pays d’Amérique latine durement frappé par la crise sanitaire, politique et économique. Il leur demander de garder le Christ pour modèle, en l’imitant dans l’amour et le service du prochain.
Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican
À l’heure de la pandémie qui accentue la souffrance du peuple vénézuélien, «nous ne pouvons pas agir tout seuls, isolés, autosuffisants, avec des agendas cachés», prévient le Saint-Père dans ce message-vidéo. François invite les pasteurs de ce pays d’Amérique Latine à retourner «toujours à Jésus» et à former une «fraternité sacramentelle». Réunis les 19 et 20 janvier à l’initiative de la Conférence épiscopale du Venezuela pour une rencontre en ligne sur le thème “Nos prêtres dans la pandémie: leur expérience et leur exercice ministériel durant cette période”, évêques et prêtres sont invités à des partages d’expérience et de bonnes pratiques.
S’inspirer de la Dernière Cène
Le Souverain Pontife vient leur rappeler que c’est Dieu «qui nous sauve, nous ne sommes que des instruments entre ses mains». Il leur indique aussi «deux principes qui ne devraient jamais être perdus de vue, et qui garantissent la croissance de l’Église, si nous y sommes fidèles: l’amour du prochain et le service les uns des autres». Deux principes qui s’enracinent respectivement dans «l’Eucharistie» et le «lavement des pieds», laissés par Jésus comme fondements de son message.
Le Seigneur veut que ses prêtres soient «experts dans le devoir d’aimer les autres», insiste François. Il s’agit de montrer «dans la simplicité de petits gestes quotidiens d’affection et d’attention, la caresse de la tendresse divine». Jésus invite aussi à devenir «serviteur», en particulier vis-à-vis des personnes défavorisées ou rejetées, afin qu’elles se sentent, «en cette période de crise», «accompagnées, soutenues, aimées».
Se tenir près de ceux qui souffrent
«Je vous invite à aller de l’avant, en travaillant avec joie et détermination à votre œuvre pastorale», poursuit le Saint-Père dans cette vidéo, avant d’adresser au clergé vénézuélien de chaleureux remerciements, pour son «témoignage d’amour et de service» envers les autres. Un témoignage «qui se manifeste par votre attention aux malades, auxquels vous avez apporté la force de la parole de Dieu et de l’Eucharistie; qui se manifeste par votre accompagnement du personnel médical et paramédical et des bénévoles qui aident les patients dans cette pandémie ; qui se manifeste par votre zèle à aider les pauvres et les exclus», détaille François.
Toujours rester unis
Le Pape assure enfin de sa proximité et de sa prière ceux qui accomplissent «la mission de l’Église au Venezuela, dans l’annonce de l’Évangile et dans les nombreuses initiatives de charité envers nos frères et sœurs épuisés par la pauvreté et la crise sanitaire». Il adresse à ces prêtres et évêques sa bénédiction, avant de conclure par un appel à l’unité: «Ne soyez pas divisés, mes frères ! Ne soyez pas divisés. Il y a toujours une possibilité de s’unir. Tout comme il y a toujours une possibilité de s’isoler et de créer une attitude sectaire du cœur, en dehors de l’unité de l’Église», met en garde en François.
Des chrétiennes irakiennes en prière dans une église de Bagdad lors de la messe de Noël, en 2019. (ANSA)
Les chrétiens d’Irak appelés à prier pour la visite du Pape
Le patriarche chaldéen Louis Raphaël Sako demande aux paroisses de l’Église locale de prier pour le maintien de la visite du Pape François, prévue du 5 au 8 mars prochains.
Les chrétiens irakiens attendent le Pape François et prient pour que sa visite puisse avoir lieu début mars, aux dates prévues, et porte des fruits de dialogue et de paix grâce à la collaboration de tous. En effet, le pays ne cesse d’enregistrer des tensions surtout aux frontières avec la Syrie, mais aussi à l’intérieur du pays, notamment dans la région de Mossoul, capitale du soi-disant « État islamique », entre 2014 et 2017, où les traumatismes de l’oppression djhadiste sont encore vifs.
«Depuis quelque temps, nous vivons dans la peur, mais aussi dans l’espérance», a déclaré le patriarche de Babylone des Chaldéens, dès que le voyage du Pape a été officialisé, le 7 décembre dernier. Il affirmait voir dans cette annonce un signe de renaissance pour le pays, «un nouveau Noël».
Aujourd’hui, dans ce même esprit, le cardinal Louis Raphaël Sako a composé une prière demandant, par le biais du patriarcat, que les fidèles la récitent ensemble lors des messes tous les dimanches à partir du prochain, le 17 janvier.
«Seigneur notre Dieu, accorde au Pape François santé et prospérité afin qu’il puisse mener à bien cette visite tant attendue, écrit le cardinal Sako dans cette prière. Bénis ses efforts pour renforcer le dialogue et la réconciliation fraternelle et pour instaurer la confiance, consolider les valeurs de paix et de dignité humaine, en particulier pour nous, Irakiens, témoins des événements douloureux qui nous ont touchés.»
«Seigneur, notre créateur, éclaire nos cœurs de ta lumière afin que nous puissions voir la bonté et la paix et commencer à les réaliser», écrit le cardinal irakien avant de confier son peuple à la Vierge Marie, et de conclure avec cette supplication: «Que le Seigneur nous accorde la grâce de vivre en pleine communion nationale, en coopérant fraternellement pour construire un avenir meilleur pour notre pays et ses citoyens.»
Une chance à saisir pour l’Irak
Déjà au début du mois de décembre, le patriarche Sako, dans une lettre adressée au peuple irakien, avait demandé à ce dernier de se préparer adéquatement à la visite du Pape, qui ne sera pas un «voyage touristique», mais un pèlerinage chargé d’un «message de réconfort pour tous en un temps d’incertitude». «Nous devons en faire une occasion de grand retournement, afin que la foi et l’espérance en nous deviennent un engagement», avait-il souligné.
Le pèlerinage du Pape François en Irak, à l’invitation des autorités civiles et de l’église catholique locale, a été officiellement annoncé début décembre, marquant la reprise des voyages apostoliques, interrompus tout au long de l’année 2020 en raison de la pandémie de coronavirus.
Les dates prévues sont du 5 au 8 mars, avec comme étapes Bagdad, la plaine d’Ur, liée à la mémoire d’Abraham, la ville d’Erbil, ainsi que Mossoul et Qaraqosh, dans la plaine de Ninive. Quatre jours intenses pour se rapprocher d’un peuple qui a souffert et continue de souffrir de la guerre dans un pays qui a vu les chrétiens quitter lentement leurs terres.
Depuis 2019, le Pape François a évoqué à plusieurs reprises ce voyage comme une priorité de son pontificat. Saint Jean-Paul II avait également prévu de se rendre en Irak en 1999, alors que Saddam Hussein était encore au pouvoir, mais ce déplacement avait été annulé en raison de la situation politique.