Le Pape encourage le clergé du Venezuela à servir avec amour

Le Pape encourage le clergé du Venezuela à servir avec amour

Dans un message-vidéo diffusé à l’occasion d’un rassemblement virtuel, le Pape François s’adresse aux évêques et aux prêtres diocésains et religieux du Venezuela, pays d’Amérique latine durement frappé par la crise sanitaire, politique et économique. Il leur demander de garder le Christ pour modèle, en l’imitant dans l’amour et le service du prochain.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

À l’heure de la pandémie qui accentue la souffrance du peuple vénézuélien, «nous ne pouvons pas agir tout seuls, isolés, autosuffisants, avec des agendas cachés», prévient le Saint-Père dans ce message-vidéo. François invite les pasteurs de ce pays d’Amérique Latine à retourner «toujours à Jésus» et à former une «fraternité sacramentelle». Réunis les 19 et 20 janvier à l’initiative de la Conférence épiscopale du Venezuela pour une rencontre en ligne sur le thème “Nos prêtres dans la pandémie: leur expérience et leur exercice ministériel durant cette période”, évêques et prêtres sont invités à des partages d’expérience et de bonnes pratiques.

S’inspirer de la Dernière Cène

Le Souverain Pontife vient leur rappeler que c’est Dieu «qui nous sauve, nous ne sommes que des instruments entre ses mains». Il leur indique aussi «deux principes qui ne devraient jamais être perdus de vue, et qui garantissent la croissance de l’Église, si nous y sommes fidèles: l’amour du prochain et le service les uns des autres». Deux principes qui s’enracinent respectivement dans «l’Eucharistie» et le «lavement des pieds», laissés par Jésus comme fondements de son message.

Le Seigneur veut que ses prêtres soient «experts dans le devoir d’aimer les autres», insiste François. Il s’agit de montrer «dans la simplicité de petits gestes quotidiens d’affection et d’attention, la caresse de la tendresse divine». Jésus invite aussi à devenir «serviteur», en particulier vis-à-vis des personnes défavorisées ou rejetées, afin qu’elles se sentent, «en cette période de crise», «accompagnées, soutenues, aimées».

Se tenir près de ceux qui souffrent

«Je vous invite à aller de l’avant, en travaillant avec joie et détermination à votre œuvre pastorale», poursuit le Saint-Père dans cette vidéo, avant d’adresser au clergé vénézuélien de chaleureux remerciements, pour son «témoignage d’amour et de service» envers les autres. Un témoignage «qui se manifeste par votre attention aux malades, auxquels vous avez apporté la force de la parole de Dieu et de l’Eucharistie; qui se manifeste par votre accompagnement du personnel médical et paramédical et des bénévoles qui aident les patients dans cette pandémie ; qui se manifeste par votre zèle à aider les pauvres et les exclus», détaille François.

Toujours rester unis

Le Pape assure enfin de sa proximité et de sa prière ceux qui accomplissent «la mission de l’Église au Venezuela, dans l’annonce de l’Évangile et dans les nombreuses initiatives de charité envers nos frères et sœurs épuisés par la pauvreté et la crise sanitaire». Il adresse à ces prêtres et évêques sa bénédiction, avant de conclure par un appel à l’unité: «Ne soyez pas divisés, mes frères ! Ne soyez pas divisés. Il y a toujours une possibilité de s’unir. Tout comme il y a toujours une possibilité de s’isoler et de créer une attitude sectaire du cœur, en dehors de l’unité de l’Église», met en garde en François. 

Source: VATICANNEWS, le 19 janvier 2021

Les chrétiens d’Irak appelés à prier pour la visite du Pape

Des chrétiennes irakiennes en prière dans une église de Bagdad lors de la messe de Noël, en 2019.Des chrétiennes irakiennes en prière dans une église de Bagdad lors de la messe de Noël, en 2019.  (ANSA)

Les chrétiens d’Irak appelés à prier pour la visite du Pape

Le patriarche chaldéen Louis Raphaël Sako demande aux paroisses de l’Église locale de prier pour le maintien de la visite du Pape François, prévue du 5 au 8 mars prochains.

Les chrétiens irakiens attendent le Pape François et prient pour que sa visite puisse avoir lieu début mars, aux dates prévues, et porte des fruits de dialogue et de paix grâce à la collaboration de tous. En effet, le pays ne cesse d’enregistrer des tensions surtout aux frontières avec la Syrie, mais aussi à l’intérieur du pays, notamment dans la région de Mossoul, capitale du soi-disant « État islamique », entre 2014 et 2017, où les traumatismes de l’oppression djhadiste sont encore vifs.

«Depuis quelque temps, nous vivons dans la peur, mais aussi dans l’espérance», a déclaré le patriarche de Babylone des Chaldéens, dès que le voyage du Pape a été officialisé, le 7 décembre dernier. Il affirmait voir dans cette annonce un signe de renaissance pour le pays, «un nouveau Noël».

Aujourd’hui, dans ce même esprit, le cardinal Louis Raphaël Sako a composé une prière demandant, par le biais du patriarcat, que les fidèles la récitent ensemble lors des messes tous les dimanches à partir du prochain, le 17 janvier.

«Seigneur notre Dieu, accorde au Pape François santé et prospérité afin qu’il puisse mener à bien cette visite tant attendue, écrit le cardinal Sako dans cette prière. Bénis ses efforts pour renforcer le dialogue et la réconciliation fraternelle et pour instaurer la confiance, consolider les valeurs de paix et de dignité humaine, en particulier pour nous, Irakiens, témoins des événements douloureux qui nous ont touchés.»

«Seigneur, notre créateur, éclaire nos cœurs de ta lumière afin que nous puissions voir la bonté et la paix et commencer à les réaliser», écrit le cardinal irakien avant de confier son peuple à la Vierge Marie, et de conclure avec cette supplication: «Que le Seigneur nous accorde la grâce de vivre en pleine communion nationale, en coopérant fraternellement pour construire un avenir meilleur pour notre pays et ses citoyens.»

Une chance à saisir pour l’Irak

Déjà au début du mois de décembre, le patriarche Sako, dans une lettre adressée au peuple irakien, avait demandé à ce dernier de se préparer adéquatement à la visite du Pape, qui ne sera pas un «voyage touristique», mais un pèlerinage chargé d’un «message de réconfort pour tous en un temps d’incertitude»«Nous devons en faire une occasion de grand retournement, afin que la foi et l’espérance en nous deviennent un engagement», avait-il souligné.

Le pèlerinage du Pape François en Irak, à l’invitation des autorités civiles et de l’église catholique locale, a été officiellement annoncé début décembre, marquant la reprise des voyages apostoliques, interrompus tout au long de l’année 2020 en raison de la pandémie de coronavirus.

Les dates prévues sont du 5 au 8 mars, avec comme étapes Bagdad, la plaine d’Ur, liée à la mémoire d’Abraham, la ville d’Erbil, ainsi que Mossoul et Qaraqosh, dans la plaine de Ninive. Quatre jours intenses pour se rapprocher d’un peuple qui a souffert et continue de souffrir de la guerre dans un pays qui a vu les chrétiens quitter lentement leurs terres.

Depuis 2019, le Pape François a évoqué à plusieurs reprises ce voyage comme une priorité de son pontificat. Saint Jean-Paul II avait également prévu de se rendre en Irak en 1999, alors que Saddam Hussein était encore au pouvoir, mais ce déplacement avait été annulé en raison de la situation politique.

Source: VATICANNEWS, le 15 janvier 2021

AUDIENCE GÉNÉRALE DU 13 JANVIER 2021 À ROME

Audience générale: la louange purifie l’âme dans les moments difficiles

Pour sa première audience générale de l’année 2021, le Saint-Père a poursuivi son cycle de catéchèse sur la prière, méditant aujourd’hui sur la louange, depuis la Bibliothèque du Palais apostolique. Le Pape a invité les fidèles à la pratiquer particulièrement dans les moments difficiles. 

«En pleine crise, Jésus bénit le Père, il le loue. Pourquoi?», s’interroge d’emblée le Souverain pontife. Avant tout il le loue pour ce qu’il est: «Père, Seigneur du ciel et de la terre»,répond le Pape. En effet, Jésus se réjouit dans son esprit parce qu’il sait et il sent que son Père est le Dieu de l’univers, et inversement, le Seigneur de tout ce qui existe est le Père, «mon Père». «C’est de cette expérience de se sentir ‘’fils du Très-Haut’’ que jaillit la louange» en déduit l’évêque de Rome.

Dieu privilégie les petits

François esquisse une autre raison pour laquelle le Christ loue le Père: «car il privilégie les petits». C’est ce dont il fait lui-même l’expérience, en prêchant dans les villages: les «sages» et les «intelligents» sont suspicieux et fermés, tandis que les «petits» s’ouvrent et accueillent le message.

«Cela ne peut qu’être la volonté du Père, et Jésus s’en réjouit», affirme le Pape exhortant tous les fidèles «à se réjouir et louer Dieu» parce que «les personnes humbles et simples accueillent l’Évangile». Dans l’avenir du monde et dans les espérances des Eglises, il y a ainsi les «petits»: ceux qui ne se considèrent pas meilleurs que les autres, qui sont conscients de leurs limites et de leurs péchés, qui ne veulent pas dominer les autres, explique le Successeur de Pierre.

Louer Dieu quand le mal prévaut

Donc, en ce moment d’échec apparent, Jésus prie en louant le Père, poursuit le Pape, ajoutant ceci: «Et sa prière nous conduit aussi, nous lecteurs de l’Evangile, à juger de manière différente nos échecs personnels, les situations où nous ne voyons pas clairement la présence et l’action de Dieu, quand il semble que prévaut le mal et qu’il n’existe aucune façon de l’arrêter.»

A qui sert donc la louange? A nous ou à Dieu? François cite un texte de la liturgie eucharistique qui invite à prier Dieu de cette manière: «Tu n’as pas besoin de notre louange, et pourtant c’est toi qui nous inspires de te rendre grâce: nos chants n’ajoutent rien à ce que tu es, mais ils nous rapprochent de toi, par le Christ notre Seigneur» (Missel romain, préface commune IV).

Louange et béatitude des cœurs

La prière de louange nous sert donc à nous aussi. Le Catéchisme la définit ainsi: «Elle participe à la béatitude des cœurs purs qui l’aiment dans la foi avant de le voir dans la Gloire» (n. 2639).

De ce fait, paradoxalement, le Pape relève que la louange doit être pratiquée non seulement quand la vie nous remplit de bonheur, mais surtout dans les moments difficiles, «quand le chemin grimpe». «Parce que nous apprenons qu’à travers cette montée, ce sentier fatigant, ces passages difficiles, on arrive à voir un panorama nouveau, un horizon plus ouvert», insiste le Saint-Père, comparant l’acte de louer «à respirer de l’oxygène pur». «Louer purifie l’âme, fait voir loin, empêche de rester prisonniers des difficultés». 

L’exemple des saints

Et le Pape François de prendre enfin exemple sur l’enseignement de saint François, le Poverello d’Assise, qui composa le «Cantique des créatures» au milieu des difficultés. François est presque aveugle, et il ressent dans son âme le poids d’une solitude qu’il n’avait jamais éprouvée auparavant Mais à cet instant, François prie : «Loué sois-tu, mon Seigneur…». François loue Dieu pour tout, pour tous les dons de la création, et aussi pour la mort, qu’il l’appelle avec courage «sœur», relève le Pape, concluant: «Les saints et les saintes nous montrent ainsi que l’on peut toujours louer, dans le bien et dans le mal, parce que Dieu est l’Ami fidèle, son amour ne manque jamais. Il est toujours proche de nous et nous attend. Il est la sentinelle qui se fait proche de nous, et nous fait avancer avec sûreté.»

Source: VATICANNEWS, le 13 janvier 2021

« Un temps pour changer » : 15 perles du pape François

Basilique Santa Maria La Antigua, Panama © Vatican Media
Basilique Santa Maria La Antigua, Panama © Vatican Media

« Un temps pour changer » : 15 perles du pape François

« La vraie religion n’est pas un congélateur »

La Covid-19 est notre « moment de Noé »… la vraie religion n’est pas un congélateur… comment il vaut mieux mourir… la pauvreté se cache sous la honte… voici 15 perles trouvées au fil des pages du livre d’entretien avec le pape François écrit par le journaliste Austen Ivereigh, « Un temps pour changer », publié le 2 novembre 2020 aux éditions Flammarion.

« Il vaut mieux mourir après une courte vie au service des autres, qu’après une longue vie passée à résister à cet appel. »

« La Covid-19 est notre ‘moment de Noé’, à condition que nous puissions trouver notre chemin vers l’Arche des liens qui nous unissent : l’arche de l’amour et d’une appartenance commune. »

« La myopie existentielle consiste toujours à s’accrocher à quelque chose que nous avons peur de lâcher. »

« Chaque fois que, dans le monde, tu trouves une réponse claire, immédiate, personnelle et consolante, qui propose une solution, Dieu est là. »

« Nous devons prendre conscience de notre je-m’en-foutisme, et nous ouvrir aux bourrasques qui nous parviennent maintenant de tous les coins du monde. »

« Il n’y a pas de honte à trembler un peu. La peur de la mission peut, de fait, être un signe de l’Esprit-Saint. »

« Aujourd’hui, nos peuples manquent de joie : il est une tristesse qu’aucun plaisir ni distraction ne peuvent soulager. Tant qu’une partie de l’humanité souffre de la misère la plus abjecte, comment un seul d’entre nous peut-il être dans la joie ? »

« Quiconque se réfugie dans le fondamentalisme a peur de s’engager sur le chemin de la vérité. »

« La Tradition n’est pas un musée, la vraie religion n’est pas un congélateur, et la doctrine n’est pas statique mais elle grandit et se développe. »

« Jésus n’a pas fondé l’Église comme une citadelle de pureté ni comme un défilé constant de héros et de saints… C’est quelque chose de beaucoup plus dynamique : une école de conversion, un lieu de combat spirituel et de discernement, où la grâce abonde en même temps que le péché et la tentation. »

« Partout où l’Esprit de Dieu est présent, les tentations de le faire taire ou de le distraire sont aussi présentes. »

« La pauvreté se cache sous la honte. Pour la voir, la comprendre et la ressentir, tu dois t’en approcher. On ne peut pas connaître la pauvreté de loin, il faut la toucher. »

« La santé d’une société peut être jugée à sa périphérie. Une périphérie qui est abandonnée, mise à l’écart, méprisée et négligée montre une société instable et malsaine qui ne peut pas survivre longtemps sans réformes majeures. »

« La technologie a cessé pour nous d’être un moyen pour devenir un maître. Elle a changé notre mentalité. Comment ? Nous devenons plus intolérants face aux limites : si c’est possible et rentable, nous ne voyons aucune raison de ne pas le faire. »

« Pour sortir du labyrinthe, nous devons laisser derrière nous la culture du ‘selfie’ pour aller à la rencontre des autres : pour regarder les yeux, les visages, les mains et les besoins de ceux qui nous entourent. »

Source: ZENIT.ORG, le 24 novembre 2020

«Un temps pour changer, Viens, parlons, osons rêver… «, le livre du pape François paraît le 2 décembre 2020 aux éditions Flammarion

Sur le sujet, voir aussi l’article « «Un «temps pour changer», nouveau livre du pape François » publié le 23 novembre 2020 sur CATH.CH

Ce que recherche le Pape derrière la protection juridique des personnes homosexuelles

Pope Audience

Antoine Mekary | ALETEIA

Ce que recherche le Pape derrière la protection juridique des personnes homosexuelles

Le Saint-Siège vient de confirmer dans une note adressée aux nonces apostoliques le sens des propos du pape François sur les unions civiles. Si l’Église ne peut soutenir aucun droit de fonder une famille entre personnes homosexuelles, celles-ci doivent pouvoir être protégées juridiquement. Pour grandir, la grâce requiert le respect de la dignité de tous.

Les récents propos filmés du pape, où il se déclare favorable aux unions civiles entre personnes homosexuelles ont de nouveau choqué de nombreux catholiques. Un certain apaisement leur a été apporté quand on leur a expliqué que le film en question collait les paroles sur les unions civiles juste après des propos du pape déplorant le rejet de personnes homosexuelles par leur famille. Il est clair que le pape ne soutient pas le droit pour ces personnes de fonder une famille avec un conjoint homosexuel. Par ailleurs, les propos du pape sur les unions civiles n’ont pas d’autorité magistérielle et peuvent donc être considérés comme une simple opinion personnelle, ce qu’a confirmé le Saint-Siège. Cela est vrai et ne doit pas être perdu de vue, mais ce serait se cacher la portée ultime des paroles du pape, qui apparaît quand on les met en perspective avec d’autres évolutions doctrinales qui, elles, relèvent bien du développement magistériel. Maintenant que les premières réactions épidermiques sont retombées, essayons de les examiner sereinement.

Chercher la croissance de la grâce

L’exhortation apostolique post-synodale Amoris lætitia enseigne que des personnes vivant dans une union de fait dont elles ne mesurent pas pleinement le caractère moralement irrégulier ou à laquelle elles ne trouvent pas d’issue, puissent progresser dans l’amitié avec Dieu. Certes, le couple de fait homosexuel n’est pas spécifiquement le type d’union irrégulière considérée par Amoris lætitia. L’exhortation, en effet, à la suite du synode, ne voit pas (n. 251) « d’analogie même lointaine » entre le mariage et le « couple » homosexuel. Néanmoins il est incontestable que le type de raisonnement sur l’imputabilité diminuée de l’acte humain, que ce document utilise dans son chapitre VIII à propos de l’accès à la vie sacramentelle, a une portée plus universelle, qui peut être appliquée aux personnes engagées de fait dans un « couple » homosexuel.

En bon jésuite, le Pape veut espérer que des dispositions civiles actuelles puissent se révéler aussi comme des espaces où la grâce peut continuer à travailler dans les cœurs.

Dans l’entretien filmé du pape, il se déclare par ailleurs favorable à des unions civiles comme protection juridique de la cohabitation entre personnes homosexuelles. Je ne pense pas qu’il affirme que c’est le seul espace où une sanctification est possible pour les personnes homosexuelles, car elles peuvent toujours choisir tout aussi librement le célibat, mais que c’est unespace où la conversion et la croissance en grâce reste possible, ce qui n’est pas la même chose. En bon jésuite, le pape veut espérer que des dispositions civiles actuelles puissent se révéler aussi comme des espaces où la grâce peut continuer à travailler dans les cœurs. Certes, si on considère avant tout dans ces unions de fait la composante sexuelle qu’elles impliquent souvent, mais pas forcément ni toujours, on les considèrera comme des structures inclinant au péché. Mais celle-ci évolue avec la vie et de plus elle n’empêche pas complètement la dimension oblative de l’amour de se manifester et de grandir, comme on l’a constaté dans des exemples d’amitié généreuse, quand l’un des compagnons avait été gravement atteint par le sida.

Les effets négatifs de la marginalisation

Le Pape n’a donc certes pas proposé les unions civiles comme un espace moralement privilégié où les personnes homosexuelles peuvent poursuivre leur sanctification. En revanche, je crois qu’il a voulu contredire la marginalisation et plus encore la criminalisation de l’homosexualité, en vigueur — ne l’oublions pas — dans un nombre significatif de pays. Celles-ci semblent très clairement restreindre l’espace de liberté nécessaire pour le discernement et le choix moral, quand la personne homosexuelle souffre le rejet familial ou social, et plus encore si elle risque la prison ou la mort. 

La moralisation authentique doit aller de pair avec une croissance en respect de la dignité humaine au plan social, comme l’Église l’a manifesté à Vatican II dans sa Déclaration sur la liberté religieuse. Comme le propose à son tour Amoris lætitia, une pédagogie qui intègre le temps de la patience dans l’acquisition progressive des vertus, surtout dans un domaine marqué par la faiblesse, est plus favorable à l’authentique croissance morale que la contrainte ou la menace. Les régimes politiques d’ordre moral ne moralisent pas en profondeur les populations par la contrainte, comme le montre la débâcle des mœurs qui a suivi le retrait de leur corset autoritaire.

La dignité quelle que soit la faute

Outre cette déclaration conciliaire, je pense qu’il y a un autre document du magistère qui est en lien avec cette question du respect dû à la dignité de la personne humaine, quelle que soit la gravité de sa faute morale. La nouvelle rédaction du n. 2267 du Catéchisme de l’Église catholique a développé la doctrine antérieure du magistère sur cette question en déclarant que la peine de mort est, non pas injuste en stricte justice, mais néanmoins « inadmissible car elle attente à la dignité de la personne humaine ». Il s’en suit que n’importe quel moyen social de moralisation n’est pas de soi légitime s’il porte atteinte au respect dû à la personne humaine par une dimension inhumaine. 

Je pense volontiers que le Pape, qui ne s’adresse pas exclusivement au monde occidental, où les homosexuels sont protégés par la loi et où l’homosexualité a médiatiquement pignon sur rue, mais où l’homophobie reste néanmoins bien présente socialement, avait aussi cela en vue dans ses propos filmés. Les unions civiles lui apparaissent, malgré leurs ambiguïtés, comme une protection juridique de la dignité de la personne des homosexuels contre tout forme de rejet social ou de persécution.

Source: ALETEIA, le 13 novembre 2020

Le coup de fil du pape François à un prêtre… pour lui parler de Noël

Massimo Valicchia / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le coup de fil du pape François à un prêtre… pour lui parler de Noël

Le pape François a appelé par téléphone un prêtre espagnol de la ville de Pampelune, le 7 novembre 2020, pour le féliciter de la teneur d’un texte qu’il avait écrit sur Noël à l’heure de la pandémie. Le curé espagnol y souligne que le 25 décembre prochain, plus simple et plus silencieux que les Noëls des années précédentes, ferait enfin honneur à la naissance de Jésus.

En entendant la voix du pape François « mon cœur a failli éclater », a confié le père Javier Leoz au journal espagnol Navarra.com, le 7 novembre. Le curé de la paroisse de San Lorenzo de Pampelune venait d’avoir le pape François au téléphone. « Ce fut vraiment très surprenant. À 16.30, j’étais dans la maison paroissiale de San Lorenzo quand mon portable a sonné », explique le prêtre qui pensait alors qu’il s’agissait d’un appel commercial ou d’une des nombreuses personnes de la paroisse. Au bout du fil : le pape François qui l’appelait pour lui dire qu’il avait lu son texte écrit quelques jours auparavant sur Noël à l’heure du Covid-19. Intitulé « Pas de Noël », le texte, qui se présente comme un poème, réaffirme ce qu’est vraiment Noël. « Certes, la fin d’année risque d’être moins agitée que les précédentes, souligne le prêtre. Mais justement. C’est là une occasion de vivre enfin le silence et la paix de Bethléem. »

Selon le curé, le pape François a beaucoup apprécié le message du poème et lui a confié que Noël serait « plus pur » en raison de la crise sanitaire. « Il m’a raconté comment l’esprit chrétien de cette époque nous a été volé », rapporte enfin le père Javier Leoz.

Le média Navarra.com a publié le texte original du prêtre espagnol. Voici sa traduction française :

Il n’y aura pas de Noël ? 
Bien sûr qu’il y en aura un ! Plus silencieux et plus profond, Plus semblable au premier Noël, quand Jésus est né, Sans beaucoup de lumières sur la terre, Mais avec l’étoile de Bethléem, Les routes clignotantes de la vie dans son immensité. Pas d’impressionnantes parades royales, Mais avec l’humilité des bergers à la recherche de la Vérité. Sans grands banquets, Mais avec la présence d’un Dieu tout puissant.  Il n’y aura pas de Noël ? 
Bien sûr qu’il y en aura un ! Sans que les rues ne débordent, Mais avec un cœur ardent pour Celui qui est sur le point d’arriver. Pas de bruit ni de tintamarres, Réclamations ou bousculades… Mais en vivant le Mystère, Sans peur du “covid-Hérode”, Lui qui prétend nous enlever le rêve de l’attente.  Il y aura Noël parce que DIEU est de notre côté. 
Et nous partagerons, comme le Christ l’a fait dans une crèche, £Notre pauvreté, notre épreuve, nos pleurs, notre angoisse et notre condition d’orphelin. Il y aura Noël parce que nous avons besoin De cette lumière divine au milieu de tant de ténèbres. Le Covid-19 ne peut jamais atteindre le cœur et l’âme De ceux qui, dans le ciel, mettent leur espoir et leur idéal. Il y aura bien Noël ! Nous chanterons des chants de Noël ! Dieu naîtra et nous apportera la liberté !

Source: ALETEIA, le 9 novembre 2020

Les condoléances du Pape à l’évêque de Nice

Basilique Notre-Dame de Nice
Basilique Notre-Dame de Nice

Les condoléances du Pape à l’évêque de Nice

Priant pour les victimes du « sauvage attentat » survenu dans la basilique Notre-Dame de Nice, le Pape adresse ses condoléances à l’évêque de la ville, Mgr André Marceau, et exhorte le peuple français à l’unité.

« Informé du sauvage attentat qui a été perpétré ce matin dans une église de Nice, causant la mort de plusieurs personnes innocentes, Sa Sainteté le Pape François s’associe par la prière à la souffrance des familles éprouvées et partage leur peine. Il demande au Seigneur de leur apporter le réconfort et il recommande les victimes à sa miséricorde. Condamnant de la plus énergique manière de tels actes violents de terreur, il assure de sa proximité la Communauté catholique de France et tout le peuple français qu’il appelle à l’unité. Confiant la France à la protection de Notre-Dame, il donne de grand cœur la Bénédiction apostolique à toutes les personnes que touche ce drame », peut-on lire dans ce télégramme signé par le cardinal Pietro Parolin et adressé à l’évêque de Nice, Mgr André Marceau.

Plus tôt dans la journée, un communiqué officiel a été publié par Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. «C’est un moment de douleur dans un temps de confusion. Le terrorisme et la violence ne peuvent jamais être acceptésL’attentat d’aujourd’hui a semé la mort dans un lieu d’amour et de consolation, comme la maison du Seigneur», déclare-t-il.

La ville de Nice et la France entière sont sous le choc après l’odieux attentat commis ce matin dans la basilique Notre-Dame, dans le centre de la cité portuaire, éprouvée il y a quatre ans déjà par l’attentat du 14 juillet.

Réactions et condamnations affluent de par le monde. Les fidèles catholiques de France s’unissent à la douleur de leurs frères niçois. Toutes les églises du pays sonneront le glas à 15h cet après-midi.

Source: VATICANNEWS, le 29 octobre 2020

A noter que le cardinal du Vatican, Robert Sarah, a déclaré jeudi que l’Occident devait se réveiller face à la menace de l’islamisme après que trois personnes ont été tuées, dont une décapitée, dans une église française par un assaillant criant «Allahu Akbar. »

« L’islamisme est un fanatisme monstrueux qui doit être combattu avec force et détermination », a de son côté réagi le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. « Il n’arrêtera pas sa guerre. Nous africains le savons hélas trop bien. Les barbares sont toujours les ennemis de la paix. L’Occident, aujourd’hui la France, doit le comprendre », déclare-t-il.

Le lendemain du meurtre de Paris, le cardinal Sarah a tweeté qu’il priait à Rome «pour la France martyrisée».

FRATELLI TUTTI : SIGNATURE DE LA NOUVELLE ENCYCLIQUE

Après Lumen Fidei et Laudato Si’, le pape François signe samedi 3 octobre sa nouvelle encyclique sur le thème de la Fraternité universelle, telle que prônée par saint François. Un événement à suivre en direct d’Assise, sur KTO.

Publication de “Fratelli tutti”, l’encyclique sociale du Pape François

La fraternité et l’amitié sociale sont les voies indiquées par le Pape pour construire un monde meilleur, plus juste et plus pacifique, avec l’engagement de tous, peuples et institutions. Il rappelle avec force l’opposition à la guerre et à la mondialisation de l’indifférence.

Quels sont les grands idéaux mais aussi les voies concrètes que peuvent parcourir ceux qui veulent construire un monde plus juste et plus fraternel dans leurs relations quotidiennes, dans leur vie sociale, dans la vie politique, dans les institutions? C’est la question à laquelle veut répondre Fratelli tutti, que le Pape présente comme une «encyclique sociale». Elle tire son titre des Admonitions de saint François d’Assise, qui utilisait ces paroles «en s’adressant à tous ses frères et sœurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile» (1). L’encyclique a pour objectif de promouvoir une aspiration mondiale à la fraternité et à l’amitié sociale. «Quand je rédigeais cette lettre, a soudainement éclaté la pandémie de la Covid-19 qui a mis à nu nos fausses certitudes», écrit François. Mais la crise sanitaire mondiale a démontré que «personne ne se sauve tout seul» et qu’est vraiment arrivé le moment de «rêver d’une seule et même humanité» dans laquelle nous sommes «tous frères» (7-8).

Dans le premier des huit chapitres, intitulé «les ombres d’un monde fermé», le document s’arrête sur les nombreuses distorsions de l’époque contemporaine: la manipulation et la déformation de concepts comme la démocratie, la liberté, la justice ; l’égoïsme et le désintérêt pour le bien commun ; la prévalence d’une logique de marché fondée sur le profit et la culture du déchet ; le chômage, le racisme, la pauvreté ; la disparité des droits et ses aberrations comme l’esclavage, la traite, les femmes exploitées et ensuite forcées à avorter, le trafic d’organes (10-24). Il s’agit de problèmes globaux qui exigent des actions globales, souligne le Pape, en pointant le doigt aussi contre une «culture de murs» qui favorise la prolifération des mafias, alimentées par la peur et la solitude (27-28).

Face à tant d’ombres, toutefois, l’encyclique répond avec un exemple lumineux, celui du bon samaritain, auquel est dédié le second chapitre, «Un étranger sur la route». Le Pape y souligne que, dans une société malade qui tourne le dos à la douleur et qui est «analphabète» dans le soin des plus faibles et des plus fragiles (64-65), nous sommes tous appelés à nous faire proches de l’autre (81), en surmontant les préjugés et les intérêts personnels. Tous, en effet, nous sommes coresponsables dans la construction d’une société qui sache inclure, intégrer et soulager celui qui souffre (77). L’amour construit des ponts et nous «sommes faits pour l’amour» (88), ajoute le Pape, exhortant en particulier les chrétiens à reconnaître le Christ dans le visage de tout exclu (85).

Le principe de la capacité d’aimer selon «une dimension universelle» (83) est repris aussi dans le troisième chapitre, «Penser et gérer un monde ouvert». François nous exhorte à «sortir de nous-mêmes» pour trouver dans les autres «un accroissement d’être» (88), en nous ouvrant au prochain selon le dynamisme de la charité qui nous fait tendre vers la «communion universelle» (95). Fondamentalement, l’encyclique rappelle que la stature spirituelle de la vie humaine est définie par l’amour qui nous amène à chercher le meilleur pour la vie de l’autre (92-93). Le sens de la solidarité et de la fraternité naît dans les familles, qui doivent être protégées dans leur «mission éducative première et incontournable» (114).

Le droit à vivre dans la dignité ne peut être nié à personne, affirme encore le Pape, et puisque les droits sont sans frontières, personne ne peut rester exclu en fonction de son lieu de naissance (121). Dans cette optique, le Pape appelle aussi à penser à une «éthique des relations internationales» (126), car chaque pays est aussi celui de l’étranger et les biens du territoire ne peuvent pas être niés à celui qui est dans le besoin et provient d’un autre lieu. Le droit naturel à la propriété privée sera donc secondaire par rapport au principe de la destination universelle des biens créés (120). L’encyclique se penche aussi sur la question de la dette extérieure : le principe du remboursement de toute dette légitimement contractée reste ferme, mais cela ne doit pas compromettre la croissance et la subsistance des pays les plus pauvres (126).

Le thème des migrations est abordé dans le deuxième et le quatrième chapitre, «Un cœur ouvert au monde entier». Avec leurs «vies détruites», ayant fui des guerres, des persécutions, des catastrophes naturelles, des trafiquants sans scrupule, arrachés à leurs communautés d’origine, les migrants doivent être accueillis, protégés, promus et intégrés. Dans les pays de destination, le juste équilibre doit être trouvé entre la protection des droits des citoyens et la garantie de l’accueil et de l’assistance pour les migrants (38-40). Dans le détail, le Pape indique certaines «réponses indispensables» surtout pour ceux qui fuient de «graves crises humanitaires»: développer et simplifier l’octroi de visas, ouvrir des couloirs humanitaires, assurer logement, sécurité et services essentiels, offrir des possibilités de travail et de formation, favoriser le regroupement familial, protéger les mineurs, garantir la liberté religieuse. Ce qui est surtout nécessaire, est-il précisé dans le document, c’est une gouvernance globale pour les migrations, qui puisse ouvrir des projets à long terme, en allant au-delà de la seule gestion des urgences, au nom d’un développement solidaire de tous les peuples (129-132).

Le thème du cinquième chapitre est «La meilleure politique», c’est-à-dire celle qui représente une des formes les plus précieuses de la charité parce qu’elle se met au service du bien commun (180) et reconnaît l’importance du peuple, compris comme une catégorie ouverte, disponible au débat et au dialogue (160). Ceci est le sens du peuple indiqué par François, qui s’oppose au «populisme» qui ignore la légitimité de la notion de «peuple», en créant du consensus pour l’instrumentaliser à son propre service (159).

Mais la meilleure politique est aussi celle qui protège le travail, une «dimension incontournable de la vie sociale» et cherche à assurer à tous la possibilité de développer ses propres capacités (162). La vraie stratégie anti-pauvreté, affirme l’encyclique, ne vise pas simplement à contenir les indigènes, mais à les promouvoir dans l’optique de la solidarité et de la subsidiarité (187). Le devoir de la politique est en outre de trouver une solution à tout ce qui attente contre les droits humains fondamentaux, comme l’exclusion sociale, le trafic d’organes, de tissus humains, d’armes et de drogue, l’exploitation sexuelle, l’esclavage, le terrorisme et le crime organisé. Le Pape réitère un appel fort pour l’élimination de la traite, «une honte pour l’humanité», et de la faim, qui est «un crime» car l’alimentation est un «droit inaliénable» (188-189).

La politique dont on a besoin, souligne encore François, est celle qui est centrée sur la dignité humaine et non pas soumise à la finance, parce que «tout ne se résout pas avec la liberté du marché». Les «ravages» provoqués par la spéculation financière l’ont démontré (168). Les mouvements populaires ont donc une importance particulière. Ils doivent être impliqués dans la société, d’une façon coordonnée, en provoquant un «torrent d’énergie morale». C’est de cette façon qu’on pourra passer d’une politique dirigée «vers» les pauvres à une politique élaborée «avec» eux et venant d’eux (169).

Un autre souhait présent dans l’encyclique concerne la réforme de l’ONU: face à la prédominance de la dimension économique, en effet, le devoir des Nations unies sera de donner un caractère concret au concept de «famille de Nations» en travaillant pour le bien commun, l’éradication de la pauvreté et la protection des droits humains. En assurant «un recours inlassable à la négociation, aux bons offices et à l’arbitrage», l’ONU doit promouvoir la force du droit sur le droit de la force, affirme le document pontifical (173-175).

Du sixième chapitre, «Dialogue et amitié sociale», émerge en outre le concept de la vie comme «art de la rencontre»avec tous, aussi avec les périphéries du monde et avec les peuples premiers, parce qu’on «peut apprendre quelque chose de chacun, personne n’est inutile» (215). Le Pape appelle au «miracle de la gentillesse», une attitude à récupérer parce que cela constitue «une étoile dans l’obscurité» et une «libération de la cruauté, de l’anxiété et de l’empressement distrait» qui prévalent à notre époque contemporaine (222-224).

Le septième chapitre, intitulé «Parcours d’une nouvelle rencontre», réfléchit sur la valeur de la promotion de la paix. Le Pape y souligne que la paix est «proactive» et vise à former une société basée sur le service des autres et sur la poursuite de la réconciliation et du développement réciproque. La paix est un «artisanat» dans lequel chacun doit faire sa part et dont la tâche n’est jamais terminée (227-232). Le pardon est relié à la paix : il faut aimer tout le monde, sans exception, mais aimer un oppresseur signifie l’aider à changer et ne pas lui permettre d’opprimer le prochain (241-242). Le pardon ne veut pas dire l’impunité, mais la justice et la mémoire, parce que pardonner ne signifie pas oublier, mais renoncer à la force destructrice du mal et de la vengeance. Le Pape exhorte à ne jamais oublier des horreurs comme la Shoah, les bombardements atomiques à Hiroshima et Nagasaki, les persécutions et les massacres ethniques. Ils doivent toujours être rappelés à nouveau, pour ne pas nous anesthésier et maintenir vive la flamme de la conscience collective. Et il est aussi important de faire mémoire du bien (246-252).

Une partie du septième chapitre s’arrête ensuite sur la guerre, une «menace constante» qui représente «la négation de tous les droits»«l’échec de la politique et de l’humanité», la «reddition honteuse aux forces du mal». En outre, à cause des armes nucléaires, chimiques et biologiques qui frappent de nombreux civils innocents, on ne peut plus penser comme dans le passé à une possible «guerre juste» mais il faut réaffirmer avec force «Jamais plus la guerre!».

L’élimination totale des armes nucléaires est «un impératif moral et humanitaire», et, avec l’argent des armements il serait plus judicieux de constituer un Fonds mondial pour l’élimination de la faim (255-262). François exprime une position tout aussi nette à propos de la peine de mort : elle est inadmissible et doit être abolie dans le monde entier. «Le meurtrier garde sa dignité personnelle et Dieu lui-même s’en fait le garant», écrit le Pape (263-269). Est également rappelée la nécessité de respecter «la sacralité de la vie» (283), là où aujourd’hui «certaines parties de l’humanité semblent dignes d’être sacrifiées», comme les enfants en gestation, les pauvres, les handicapés, les personnes âgées (18).

Dans le huitième et dernier chapitre, le Pape s’arrête sur «Les religions au service de la fraternité dans le monde» et rappelle que le terrorisme n’est pas dû à la religion, mais à des interprétations erronées des textes religieux, ainsi qu’à des politiques de faim, de pauvreté, d’injustice et d’oppression (282-283). Un chemin de paix entre les religions est donc possible. Il est nécessaire pour cela de garantir la liberté religieuse, un droit humain fondamental pour tous les croyants (279). L’encyclique mène en particulier une réflexion sur le rôle de l’Église: elle ne doit pas reléguer sa mission dans la sphère privée, et sans pour autant faire de la politique, elle ne renonce pas à la dimension politique de l’existence, à l’attention au bien commun et à la préoccupation pour le développement humain intégral, selon les principes évangéliques (276-278).

Enfin, François cite le Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, signé par lui le 4 février 2019 à Abou Dhabi, avec le Grand-Imam d’Al-Azhar, Ahmed Al-Tayyeb : de cette pierre milliaire du dialogue interreligieux, le Pape reprend l’appel afin qu’au nom de la fraternité humaine, on adopte le dialogue comme voie, la collaboration commune comme conduite, la connaissance réciproque comme méthode et critère (285).

Source: VATICANNEWS, le 4 octobre 2020

N.B.: L’ENCYCLIQUE FRATELLI TUTTI EST TÉLÉCHARGEABLE SUR LE SITE DU VATICAN.

Italie : le pape téléphone à la mère d’un jeune romain décédé d’un accident de la route

Fabrizio Di Bitetto © interris.it

Fabrizio Di Bitetto © Interris.it

Italie : le pape téléphone à la mère d’un jeune romain décédé d’un accident de la route

Le pape François a téléphoné à la mère d’un jeune homme décédé dans un accident de la route à l’automne dernier, le 26 juillet 2020.

« Il est 16h20 quand sonne mon portable ce dimanche après-midi, raconte Cinzia Desiati au site Interris. Numéro inconnu… Curieuse, je répond aussitôt et à l’autre bout une voix très douce me dit : “Allô c’est madame Cinzia? Je suis le pape François”. »

La mère de Fabrizio Di Bitetto, jeune romain qui a perdu la vie dans un accident de la route le 5 octobre 2019 à 21 ans, dans la zone Eur de Rome, exprime sa surprise : « J’ai pensé que c’était une blague, je lui ai dit et il m’a rassurée tout de suite en me disant “tout le monde pense que c’est une blague quand j’appelle”, mais c’était sa voix. »

Le pape répondait à une récente lettre de Cinzia Desiati : « Cela n’a pas été des mois faciles et au début du mois de juillet j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai décidé d’écrire une lettre au pape. Dans mon flot de paroles, je lui ai raconté qui était Fabrizio en faisant une synthèse de ma situation familiale. J’ai joint aussi une photo de mon fils et j’ai conclu en disant que je souhaitais le rencontrer. »

« “Comment allez-vous ? a demandé le pape. Et comment va votre mari ?”… Nous avons parlé de Fabrizio et il m’a dit que ce genre de malheur ne devrait pas arriver », poursuit-elle : « Je lui ai raconté comment cet événement avait bouleversé la vie de tout le monde autour de nous et je lui ai confié que mon mari avait perdu la foi. Il m’a réconfortée en me disant “Je comprends. C’est normal que cela arrive”. Avec les paroles d’un père, il m’a répété plusieurs fois qu’il comprenait l’attitude de mon mari sans le condamner… il l’a compris en le justifiant par la forte souffrance ».

« Quand je lui ai demandé de le rencontrer, rapporte encore Cinzia Desiati, il m’a dit : on fera cette rencontre quand ce sera possible, en attendant je prie et je prierai pour votre famille, mais vous devez prier pour moi… »

« Ma foi aussi a vacillé, confie encore la mère éprouvée. J’ai déversé ma souffrance sur le Seigneur. J’ai enlevé tous les crucifix mais je me suis agrippée à la figure de la Vierge Marie parce qu’elle a vécu la même souffrance. »

Source: ZENIT.ORG, le 3 août 2020

« Se laisser provoquer par Dieu »: billet spirituel du pape François

Messe du 29 juin 2020, saints Pierre et Paul © Vatican Media

Messe Du 29 Juin 2020, Saints Pierre Et Paul © Vatican Media

La prophétie qui « change l’histoire »

Le pape François invite les baptisés à se « laisser provoquer par Dieu », et ainsi à être « prophétiques ».

Dans un billet spirituel sous forme de tweet posté sur son compte @Pontifex_fr, le pape François écrit en effet: « La prophétie naît lorsqu’on se laisse provoquer par Dieu ».

Il ajoute immédiatement cet avertissement anti-zone-de-confort: et « non pas quand on gère sa tranquillité et qu’on contrôle tout. »

Secoué de l’intérieur

C’est un passage de son homéliepour la fête des saints apôtres Pierre et Paul, le 29 juin dernier. Le pape confiait: « Ça me fait mal lorsque j’entends proclamer : “Nous voulons une Eglise prophétique”. Bien. Que fais-tu, pour que l’Eglise soit prophétique ? Il faut des vies qui manifestent le miracle de l’amour de Dieu. Non de puissance, mais de cohérence. Non de paroles, mais de prière. Non de proclamations, mais de service… Non de théories, mais de témoignage. »

Il donnait l’exemple de Pierre et de Paul: « Nos Apôtres ont été provoqué par Jésus. Pierre s’est entendu demander : « Toi, qui dis-tu que je suis » (cf. Mt 16, 15). A ce moment il a compris que les opinions générales n’intéressent pas le Seigneur, mais le choix personnel de le suivre. De même la vie de Paul a changé après une provocation de Jésus : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » (Ac 9, 4). »

Plus encore « provoquer », pour le pape, c’est « secouer de l’intérieur »: « Le Seigneur l’a secoué du dedans : plus que de le faire tomber à terre sur le chemin de Damas, il a fait tomber sa présomption d’homme religieux et respectable. Ainsi le Saul fier est devenu Paul : Paul qui signifie « petit ». Après ces provocations, après ces retournements de vie suivent les prophéties : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (Mt 16, 18) ; et à Paul : « Cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations » (Ac 9, 15). »

L’Evangile renverse les certitudes

Et voici le passage que le pape reprend dans le tweet de ce 23 juillet: « Donc, la prophétie naît lorsqu’on se laisse provoquer par Dieu : non pas quand on gère sa tranquillité et qu’on contrôle tout.  Elle ne naît pas de mes pensées, elle ne naît pas de mon cœur fermé. Elle naît si nous nous laissons provoquer par Dieu. Quand l’Evangile renverse les certitudes, la prophétie jaillit. »

Le pape invitait à « s’ouvrir » à ce Dieu qui « provoque »: « Seul, celui qui s’ouvre aux surprises de Dieu devient prophète. Et les voilà Pierre et Paul, des prophètes qui voient plus loin : Pierre qui le premier proclame que Jésus est « le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16, 16) ; Paul anticipe la fin de sa vie : « Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra » (2 Tm 4,8). »

« Aujourd’hui nous avons besoin de prophétie, mais de vraie prophétie : non de beaux parleurs qui promettent l’impossible, mais de témoignages que l’Evangile est possible », a insisté le pape.

Des amoureux de Dieu

Il ne s’agit pas de chercher à être « bien avec tout le monde »: « Nous n’avons pas besoin d’être riches, mais d’aimer les pauvres ; non de gagner pour nous-même, mais de nous dépenser pour les autres ; non du consentement du monde, se sentir bien avec tout le monde – chez nous on dit : “se sentir bien avec Dieu et avec le diable”, se sentir bien avec tout le monde – ; non, ce n’est pas une prophétie. »

Et cette « prophétie » vécue est source de joie intérieure: « Mais nous avons besoin de la joie pour le monde à venir ; non de ces projets pastoraux qui semblent avoir en soi leur efficacité, comme si c’étaient des sacrements, des projets pastoraux efficaces, non, mais nous avons besoin de pasteurs qui offrent leur vie : des amoureux de Dieu. »

3Amoureux » c’est le terme que le pape emploie aussi pour la mission de Pierre et Paul: « Ainsi, Pierre et Paul ont annoncé Jésus, en amoureux. Pierre, avant d’être mis en croix, ne pense pas à lui-même mais à son Seigneur et, se considérant indigne de mourir comme lui, demande d’être crucifié la tête en bas. Paul, avant d’être décapité, pense seulement à donner sa vie et écrit qu’il veut être « offert en sacrifice » (2 Tm 4, 6). »

Changer l’histoire

Voilà pour le pape ce qui est « prophétie »: « Non des paroles. Voilà la prophétie, la prophétie qui change l’histoire. »

Le pape lui-même a terminé son homélie par une provocation: « Il y a toujours ceux qui détruisent l’unité et éteignent la prophétie, mais le Seigneur croit en nous et il te demande : « Toi, tu veux-tu être bâtisseur d’unité ? Veux-tu être prophète de mon ciel sur la terre ? ». Frères et sœurs, laissons-nous provoquer par Jésus et trouvons le courage de lui dire : « Oui, je le veux ! ». »

En 2016 déjà, par exemple, dans un message pour la Journée mondiale de prière pour les vocations 2017, le pape parlait des jeunes et de la façon dont la parole de Jésus-Christ les « provoque »: « Face à la sensation répandue d’une foi fatiguée ou réduite à de purs ‘‘devoirs à accomplir’’, nos jeunes ont le désir de découvrir l’attrait toujours actuel de la figure de Jésus, de se laisser interroger et provoquer par ses paroles et par ses gestes et, enfin, de rêver, grâce à lui, d’une vie pleinement humaine, joyeuse de se consacrer à l’amour. »

Source: ZENIT.ORG, le 23 juillet 2020