02.04.2021 – EVANGILE DU VENDREDI SAINT

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18,1-40.19,1-42. 

En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.
Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.
Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. »
Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. »
Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ».
Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus.
Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »
Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent.
Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe qui était grand prêtre cette année-là.
Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »
Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre – sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre.
Cette jeune servante dit alors à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? » Il répondit : « Non, je ne le suis pas ! »
Les serviteurs et les gardes se tenaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer.
Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement.
Jésus lui répondit : « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette.
Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j’ai dit. »
À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
Jésus lui répliqua : « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »
Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.
Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? » Pierre le nia et dit : « Non, je ne le suis pas ! »
Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista : « Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? »
Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.
Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal.
Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? »
Ils lui répondirent : « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. »
Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »
Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.
Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »
Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.
Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »
Alors ils répliquèrent en criant : « Pas lui ! Mais Barabbas ! » Or ce Barabbas était un bandit.
Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.
Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Ils s’avançaient vers lui et ils disaient : « Salut à toi, roi des Juifs ! » Et ils le giflaient.
Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : « Voici l’homme. »
Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.
Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? »
Jésus répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. »
Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. »
En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha.
C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. »
Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »
Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus.
Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha.
C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec.
Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs”. »
Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : ‘Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement.’ C’est bien ce que firent les soldats.
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. »
Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : ‘Aucun de ses os ne sera brisé.’
Un autre passage de l’Écriture dit encore : ‘Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.’
Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

franciscain, docteur de l’ÉgliseDimanche de la Quinquagésime (Une Parole évangélique, trad. V. Trappazzon, éd. Franciscaines, 1995, p. 72-74)

« Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19,37)

Père, la tête de ton Fils Jésus qui fait trembler les archanges, est frappée par un roseau ; son visage dans lequel les anges désirent plonger leur regard (1 P 1,12), est conspué de crachats, blessé de gifles ; sa barbe est arrachée, il est frappé de coups de poing, traîné par les cheveux. Et toi, Dieu très clément, tu te caches, tu te dissimules et préfères qu’un seul, ton Unique, soit couvert de crachats et giflé plutôt que tout le peuple périsse (cf. Jn 11,50). A toi la louange, à Toi la gloire, parce que des crachats, des gifles et des coups de poing tu as extrait le contrepoison qui chasse de notre âme le venin de l’antique serpent. (…) « Ses mains qui, d’après l’épouse du Cantique, sont des globes d’or, garnis de hyacinthes » (cf. Ct 5,14), furent percées par les clous. Ses pieds, auxquels la mer s’offrit pour qu’il puisse y marcher dessus, furent cloués à la croix. Son visage qui est comme le soleil à son zénith, se couvrit de la pâleur de la mort. Ses yeux très aimés, auxquels aucune créature n’est invisible, furent fermés dans la mort. Peut-il y avoir douleur aussi grande que ma douleur ? Au milieu de tout cela, seul vint à son secours le Père, dans les mains duquel il confia son esprit en disant : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23,46). Et, sur ces mots, inclinant la tête ― lui qui n’avait aucun autre lieu où reposer sa tête (Mt 8,20) ― il expira. (…) Prions, frères bien-aimés, et demandons avec insistance et piété au Seigneur Jésus Christ qui a redonné la vue à l’aveugle-né et à Tobie, d’éclairer les yeux de notre âme par la foi en son Incarnation et par l’amertume de sa Passion, afin que nous méritions de contempler le même Fils de Dieu, Lumière née de la lumière, dans la splendeur des saints, dans la clarté des anges. Que vienne à notre secours celui qui vit et règne avec le Père et l’Esprit pour les siècles des siècles.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 52,13-15.53,1-12.

Notre-Dame des 3 Vallées | Doyennés de Bouillon et Gedinne (Namur,  Belgique) | Page 212

Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s’élèvera, il sera exalté !
La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme.
Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler.
Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ?
Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire.
Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.
En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.
Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.
Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche.
Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple.
On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche.
Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.
Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes.
C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.

Vendredi Saint : En ce Vendredi noir, en ce Vendredi saint


Psaume 31(30),2ab.6.12.13-14ad.15-16.17.25.

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ;
garde-moi d’être humilié pour toujours.
En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

Je suis la risée de mes adversaires
et même de mes voisins,
je fais peur à mes amis
s’ils me voient dans la rue, ils me fuient.

On m’ignore comme un mort oublié,
comme une chose qu’on jette.
J’entends les calomnies de la foule :
ils s’accordent pour m’ôter la vie.

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s’acharnent.

Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ;
sauve-moi par ton amour.
Soyez forts, prenez courage,
vous tous qui espérez le Seigneur !

Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ;
sauve-moi par ton amour.
Soyez forts, prenez courage,
vous tous qui espérez le Seigneur !

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Lettre aux Hébreux 4,14-16.5,7-9.

Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.
Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect.
Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance
et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

Une “Via Crucis” du Vendredi Saint chargée des grandes et petites croix de l’enfance

Le Pape François sur la place Saint-Pierre lors du Chemin de Croix du Vendredi Saint, le 10 avril 2020.Le Pape François sur la place Saint-Pierre lors du Chemin de Croix du Vendredi Saint, le 10 avril 2020.  (Vatican Media)

Une “Via Crucis” du Vendredi Saint chargée des grandes et petites croix de l’enfance

Après avoir été confiées à des prisonniers l’an dernier, les méditations du Chemin de Croix présidé par le Pape en ce Vendredi Saint, pour la cérémonie qui se tiendra sur la place Saint-Pierre et non au Colisée, ont été confiées cette année è des enfants. Avec une émouvante sincérité, ils y relisent les grands et petits drames de leur quotidien à la lumière des étapes de la Passion du Christ.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

Le Chemin de Croix sera présidé par le Pape François ce vendredi à 21h sur la place Saint-Pierre, en raison de la pandémie tout comme l’an dernier, et non au Colisée comme c’était la tradition jusqu’en 2019. Il sera retransmis par Vatican News.

Cette année, les méditations de la Via Crucis ont été confiées par le Pape à un groupe de scouts de l’Ombrie (centre de l’Italie) et aux enfants d’une paroisse de Rome. Les illustrations accompagnant les méditations de ce chemin de Croix ont été réalisées cette année par des enfants et des jeunes vivant dans des centres d’accueil de la capitale italienne. 

Seul Jésus comprend les blessures des enfants

«Cher Jésus, tu sais que, nous aussi les enfants, nous avons des croix qui ne sont ni plus légères ni plus lourdes que celles des grands, mais ce sont de véritables croix que nous sentons lourdes, même durant la nuit. Et toi seul le sais et les prends au sérieux. Toi seul», est-il écrit en introduction de ce parcours, avant une liste des grandes et petites humiliations qui marquent et parfois provoquent un traumatisme pour les petits, même si elles semblent parfois anecdotiques pour les grands: la peur du noir, la honte d’avoir fait pipi au lit, la dyslexie et les moqueries qu’elle peut engendrer à l’école, l’incompréhension face aux parents qui se disputent, la frustration de ne pas pas pouvoir accéder aux mêmes biens que les enfants de familles plus favorisées, ou encore le fardeau des secrets qui ne peuvent pas être dits.

«Mon cher bon Jésus, tu sais surtout que, dans le monde, il y a des enfants qui n’ont pas à manger, qui n’ont pas d’instruction, qui sont exploités et forcés à faire la guerre. Aide-nous chaque jour à porter nos croix comme tu as porté la tienne. Aide-nous à devenir toujours meilleurs : à être comme tu nous veux. Et je te remercie parce que je sais que tu m’es toujours proche et que tu ne m’abandonnes jamais, surtout quand j’ai plus peur, et parce que tu as envoyé mon Ange gardien qui me protège chaque jour et m’éclaire», conclut la méditation introductive.

Un cœur simple, capable de reconnaître les fautes

Pour la première station (« Ponce Pilate condamne Jésus à mort »), un enfant revient sur un incident survenu à la cantine de l’école: «Quand j’étais au cours préparatoire, Marc, un enfant de ma classe, a été accusé d’avoir volé le déjeuner de son compagnon de banc. Je savais que ce n’était pas vrai, mais je suis resté en silence, ce n’était pas mon problème, et, en plus, tous le désignaient comme le coupable. Pourquoi aurais-je dû intervenir? Chaque fois que j’y repense, j’ai encore honte, je ressens de la peine pour mon action. J’aurais pu aider mon ami, dire la vérité et aider à rendre justice, mais je me suis comporté comme Pilate et j’ai préféré faire semblant de rien. J’ai choisi la route la plus confortable et je m’en suis lavé les mains. Aujourd’hui, je le regrette beaucoup : j’aurais voulu avoir eu un peu de courage, suivre mon cœur et aider mon ami en difficulté. Parfois, nous n’entendons que la voix de celui qui fait et veut le mal, alors que la justice est une route en montée, avec des obstacles et des difficultés, mais nous avons Jésus à nos côtés, prêt à nous soutenir et à nous aider», écrit-il. Les enfants demandent donc au Seigneur de leur donner la grâce d’avoir un «cœur simple et sincère».

Ne pas blesser et humilier par nos actions

Pour la deuxième station (« Jésus est chargé de sa croix »), c’est un incident survenu avec une jeune fille dyslexique qui est revenu à la mémoire d’un enfant: «Quand Martine a commencé à lire, elle a commencé à confondre les lettres les unes avec les autres et ainsi, les phrases ont perdu leur sens. Mot après mot j’ai commencé à rire, et avec moi tous les autres. Je me souviens encore de Martine, le visage tout rouge, la voix cassée et les yeux pleins de larmes (…). La persécution n’est pas un lointain souvenir d’il y a deux mille ans : parfois, certaines de nos actions peuvent juger, blesser et piétiner un frère ou une sœur.» «Rends-nous capables d’aimer nos frères et nos sœurs moins chanceux», demandent les enfants.

Se relever des échecs, avec l’aide de Jésus

Pour la troisième station (“Jésus tombe pour la première fois”), un enfant plutôt bon élève raconte sa déception et sa honte après son premier échec à un examen de mathématiques: «J’ai pensé que j’étais un nul, j’ai senti le poids d’un échec inattendu, j’étais seul et personne ne m’a réconforté. Mais ce moment m’a fait grandir : à la maison, mes parents m’ont réconforté et m’ont fait ressentir leur amour ; je me suis relevé et j’ai continué à me consacrer à mes études. Aujourd’hui, je sais que nous vacillons chaque jour, et nous pouvons tomber, mais Jésus est toujours là pour nous tendre la main, pour se charger du poids de nos croix et pour raviver en nous l’espérance», écrit-il.

Se laisser toucher par la tendresse de Marie

Pour la quatrième station (“Jésus rencontre sa Mère”), c’est la tendresse maternelle qui est mise en avant par un enfant: «Quand je pense à maman, je vois son visage aimable, je sens la chaleur de ses câlins et je me rends compte de tout son amour pour moi. (…) Le soir, même si elle est fatiguée, elle m’aide pendant que je fais mes devoirs ; et la nuit quand j’ai des cauchemars, elle se met à côté de moi, me tranquillise et attend que je m’endorme de nouveau. (…) Et dans les moments les plus difficiles, je n’ai pas besoin de dire des mots, il suffit d’un regard, elle comprend tout de suite et m’aide à surmonter toute souffrance.» «Jésus, rends-nous capables de nous laisser embrasser par Marie notre mère du Ciel», demandent les enfants.

Accueillir les personnes seules et marginalisées

Pour la cinquième station (« le Cyrénéen aide Jésus à porter sa croix »), un enfant raconte son amitié avec un jeune immigré: «Durant l’été, je jouais avec des amis du quartier dans le parc devant la maison. Depuis quelques mois, nous avions de nouveaux voisins qui avaient un fils de mon âge. Mais il ne jouait pas avec nous, il ne comprenait pas bien notre langue. Un jour, j’avais remarqué qu’il nous regardait de loin, il voulait jouer avec nous, mais il n’avait pas le courage de le demander. Je me suis approché, nous nous sommes présentés et je l’ai invité à jouer un match de football avec nous. Depuis ce jour, Walid est l’un de mes meilleurs amis, et le gardien de notre équipe», témoigne-t-il. «Jésus, fais-moi accueillir avec amour tous les frères seuls et marginalisés que je rencontrerai sur mon chemin», demande la prière des jeunes.

Recevoir la consolation d’un ami

Pour la sixième station (“Une femme essuie le visage de Jésus”), un enfant raconte son stress alors qu’il devait jouer un match de football important, qu’il avait perdu. La présence de son meilleur ami venu le consoler au stade en le rejoignant dans les vestiaires pour lui donner un jus d’orange, alors qu’il ne s’intéressait pas spécialement au foot, fut un baume réconfortant. «La défaite est devenue un souvenir moins amer. Une rencontre, un regard, un geste peuvent changer notre journée et remplir notre cœur. Dans le visage souffrant d’un ami, ou même d’un étranger, il y a le visage de Jésus qui passe sur ma route… Aurai-je le courage de m’approcher?»

Savoir sortir de sa propre frustration et reconnaître la souffrance de l’autre

Pour la septième station (“Jésus tombe pour la seconde fois”), un enfant raconte sa frustration de pas avoir été choisi pour un rôle qu’il convoitait dans une pièce de théâtre préparée par sa classe. «À ce moment, je me suis senti humilié et énervé, contre moi-même, contre la maîtresse et contre Jean. La pièce de théâtre fut un succès. À partir de ce moment, Jean s’est ouvert de plus en plus avec toute la classe. Ma déception avait servi à aider une autre personne, le choix de la maîtresse avait donné une occasion à celui qui en avaient vraiment besoin.»«Jésus, fais de moi un instrument de ton amour, fais que j’écoute le cri souffrant de celui qui vit une situation de difficulté, afin de pouvoir le consoler.»

Être honnête vis-à-vis de ses parents et de son frère

Pour la huitième station (“Jésus rencontre les femmes de Jérusalem”), un enfant raconte qu’il a dû aider son frère à reprendre ses devoirs, après qu’ils eurent menti à leur maman en prétendant avoir fait leur travail pour l’école, alors qu’ils avaient préféré jouer aux jeux vidéo. «Corriger un frère est un geste difficile mais nécessaire, il faut du courage, de la simplicité et de la délicatesse.»

Ne pas se laisser écraser par la solitude

Pour la neuvième station (“Jésus tombe pour la troisième fois”), une jeune fille raconte sa souffrance de la solitude en raison des contraintes liées à la pandémie, qui l’éloigne de ses grands-parents mais aussi de ses copines du volley-ball et du scoutisme. «Souvent je me sens seule. L’école aussi est fermée. Avant j’y allais parfois de mauvais gré, mais maintenant je voudrais juste retourner en classe pour revoir mes camarades et les maîtresses. La tristesse de la solitude devient quelquefois insupportable, nous nous sentons “abandonnés” de tous, incapables de sourire encore. Comme Jésus, nous nous trouvons écroulés sur le sol.» La prière des jeunes est ici une émouvante supplication, un cri d’une jeunesse brisée dans son élan par les contraintes liées à la pandémie: «Jésus, lumière éternelle, brille, je t’en prie, quand je me perds dans des pensées plus sombres en m’éloignant de toi.»

Savoir donner ses biens pour s’alléger l’âme

Pour la 10e station (“Jésus est dépouillé de ses vêtements”), une petite fille raconte qu’elle a offert sa collection de poupées pour des enfants réfugiés du Kosovo. «Nous libérer du superflu allège l’âme et nous libère des égoïsmes. Donner rend plus heureux que recevoir.» «Jésus, veille sur mon cœur, rends-le libre de l’esclavage des biens matériels. Aide-moi à donner non seulement le superflu, mais aussi quelque chose de nécessaire», est-il écrit dans la prière.

La joie de s’offrir aux autres

Pour la 11e station (“Jésus est cloué sur la croix”), un jeune scout raconte une journée de Noël passée loin de sa famille, pour un déjeuner offert aux pauvres, avec les sœurs Missionnaires de la Charité. À l’aller, il avait un pincement au cœur d’avoir renoncé à la tradition familiale, mais au retour il était dans la joie de cette journée offerte aux autres. «En revenant, je pensais aux visages des personnes que j’avais servies, à leurs sourires et à leurs histoires… La pensée d’avoir porté à ces personnes un moment de sérénité avait rendu ce Noël inoubliable. S’offrir soi-même et offrir son service avec amour est l’enseignement que Jésus nous donne sur la croix.»

Jésus est venu appelé les pécheurs qui ont l’humilité de se convertir

Pour la 12e station (“Jésus meurt sur la croix”), un jeune raconte avoir «écrit une dissertation sur le thème des enfants victimes de la mafia. Je me demandais : comment peut-on accomplir des actions aussi terribles ? Est-il juste de pardonner ces choses? Et moi, serais-je en mesure de le faire ? Jésus, en mourant sur la croix, a donné le salut à tous. Il n’est pas venu appeler les justes, mais les pécheurs qui ont l’humilité et le courage de se convertir.»

Trouver une relation bien ajustée face à la mort

La 13e station (“le corps de Jésus est descendu de la croix”) revient, à travers le regard d’un enfant, sur le drame des décès par temps de coronavirus, et sur notre attitude face à la mort. «De l’ambulance sont descendus des hommes qui ressemblaient à des astronautes, couverts de combinaisons, gants, masques et visières, ils ont emmené  mon grand-père qui avait du mal à respirer depuis quelques jours. C’était la dernière fois que je voyais le grand-père. Il est mort quelques jours après à l’hôpital, j’imagine en souffrant aussi de solitude. Je n’ai pas pu rester proche de lui physiquement, lui dire adieu et le réconforter. J’ai prié pour lui chaque jour. J’ai ainsi pu l’accompagner dans son dernier voyage terrestre.»

La mort n’est pas la fin de tout

Pour la 14e station (“le corps de Jésus est déposé dans le sépulcre”), ce sont des paroles de reconnaissance qui rythment ce message à Jésus de la part de Sara, 12 ans: «Je veux te remercier parce que tu m’as enseigné aujourd’hui à faire le bien au nom de ton amour. Tu m’as enseigné à dépasser la souffrance en me confiant à toi ; à aimer l’autre comme mon frère ; à tomber et à me relever ; à servir les autres ; à me libérer des préjugés ; à reconnaître l’essentiel et surtout à unir chaque jour ma vie à la tienne. Aujourd’hui, grâce à ton geste d’amour infini, je sais que la mort n’est pas la fin de tout.» «Jésus, aide-nous à ne pas interrompre nos prières quand nous sentons le cœur lourd devant la pierre de ton tombeau», supplient les jeunes.

La prière conclusive, pour retrouver la pureté du regard et du coeur

Le Chemin de Croix des jeunes se conclut avec ces mots :

«Seigneur, Père très bon, cette année encore nous avons fait mémoire de la Via Crucis de ton Fils Jésus, et nous l’avons faite avec les voix et les prières des enfants, que toi-même as données comme exemple pour entrer dans ton Royaume.

Aide-nous à devenir comme eux, petits, nécessiteux de tout, ouverts à la vie. Fais que nous retrouvions la pureté du regard et du cœur.

Nous te demandons de bénir et de protéger chaque enfant du monde, afin qu’il puisse grandir en âge, sagesse et grâce, pour connaître et suivre le projet du bien que tu as pensé pour chacun.

Bénis aussi les parents et ceux qui collaborent avec eux dans l’éducation de tes enfants, pour qu’ils se sentent toujours unis à toi dans le don de la vie et de l’amour.

Par le Christ notre Seigneur. Amen. »

Source: VATICANNEWS, le 31 mars 2021