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18.10.2024 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
Schönstatt : une « Alliance d’Amour » avec la Mère de Dieu

Schönstatt : une « Alliance d’Amour » avec la Mère de Dieu
En Allemagne, dans un petit village des bords du Rhin, à Schönstatt au début du XXe siècle, le Père Joseph Kentenich enseigne le latin et l’allemand dans l’école des Pallotins. Il a 25 ans et vient d’être ordonné prêtre. Cependant, très vite, remarqué par sa hiérarchie, il devient le père spirituel de l’établissement.
Il propose alors à ses élèves, dans la lumière de la spiritualité mariale de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, de se mettre sous la protection de la Vierge et de cheminer avec elle, afin d’aller à Jésus.
En 1914, élèves et père spirituel élaborent alors ensemble les statuts d’une nouvelle Congrégation Mariale qui vient de naître et qui sera bientôt approuvée par l’évêché de Trèves.
A la veille de la 1ère guerre mondiale, le Père Kentenich, entouré d’une vingtaine de ses étudiants qui vont partir au front, se retrouvent dans la chapelle médiévale du vallon de Schönstatt. Ensemble, ils scellent une « Alliance d’Amour » avec la Mère de Dieu à qui le Père Kentenich demande d’établir désormais son trône dans la petite chapelle.
Cela se passe le 18 octobre 1914 : il s’agit de l’acte de fondation de Schönstatt ; la petite chapelle devient le lieu de reconnaissance du mouvement marial de Schönstatt.
Très vite, l’endroit devient aussi un lieu de pèlerinage et c’est par dizaines de milliers que les pèlerins commenceront à y affluer toujours plus nombreux…
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
18.10.2024 – SAINT DU JOUR

St Luc
ÉVANGÉLISTE (IER SIÈCLE)
Saint Luc
Évangéliste et martyr
(Ier siècle)
Luc, né à Antioche, est une des principales gloires de cette ville. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore même si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée.
Luc selon le témoignage de saint Paul, à la fin de sa Lettre aux Colossiens « Vous avez la salutation de Luc, le médecin bien-aimé, et de Démas. » (4, 14), était médecin. Personne n’a autant mérité que lui le titre de « porteur de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur » !
Son œuvre comporte deux parties reliées par Jérusalem : son Évangile en est comme l’ascension depuis Bethléem et Nazareth (l’évangile de l’Enfance), et le témoignage des Actes des Apôtresnous conduit de Jérusalem à Rome. Saint Luc nous a ainsi laissé, avec saint Paul, la plus importante contribution personnelle au Nouveau Testament : il est l’historien de l’Église naissante.
Ami et compagnon de saint Paul, avec Timothée il sera l’un des amis les plus intimes de l’Apôtre des Nations, spécialement au cours des 2e et 3e missions, à travers l’Asie mineure, la Grèce, la Méditerranée et enfin Rome.
Saint Luc, en communion étroite avec le témoignage des Apôtres et de l’Église de Jérusalem, se fera, selon l’expression de Dante, « le chantre de la mansuétude du Christ » ! Dans la personne et le visage de Jésus le Sauveur, Luc met d’abord en relief, avec une très vive sensibilité, l’amour qui est tendresse et miséricorde.
C’est dans son évangile qu’on trouve les récits les plus forts : de l’Agonie de Jésus au Jardin des oliviers, de l’accueil sans limites à tous les pécheurs, à tous les malades d’où qu’ils viennent. On y trouve les paraboles du publicain et du bon Samaritain et le témoignage du bandit qui meurt dans la paix, en croix près de Jésus. Les femmes, dans l’œuvre de saint Luc, ont une place considérable qui correspond parfaitement aux attitudes du Seigneur : l’accueil de la pécheresse, l’hospitalité de Marthe et l’écoute de Marie à Béthanie, les veuves de Naïm et du Temple… et surtout la place faite à Marie, Mère de Jésus. Luc nous en a laissé la plus belle Icône en témoignant : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » (Luc 2,19)
Qui n’a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ? D’après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait, et la divine Mère aurait consenti à poser devant lui ; le travail terminé, la Sainte Vierge l’aurait béni en disant : « Ma grâce sera toujours avec cette image. » Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux.
Les Actes s’achevant brutalement, sans que l’on sache ce qu’il advint de saint Paul toujours détenu à Rome, le lecteur en conclut que saint Luc mourut avant lui. Cependant, Selon Épiphane (Haer. 51), à la mort de Paul, Luc serait revenu évangéliser en Macédoine. Vivant une vie de moine, il serait mort à l’âge de 84 ans.
Selon d’autres sources, il aurait connu le martyre (crucifiement). Au IVe siècle, sa dépouille aurait été transférée de Patras à l’église des Apôtres de Constantinople, ce qui donna lieu à la dispersion et la vénération de nombreuses reliques du saint (comme celle de sa tête emportée par saint Grégoire jusqu’à Rome) ; en outre, plusieurs icônes de la Vierge étaient considérées comme ayant été peintes par saint Luc, car à sa pratique des langues, du droit et de la médecine il aurait ajouté celle de la peinture.
Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.
Luc est symbolisé par le taureau, animal de sacrifice, parce que son évangile commence par l’évocation d’un prêtre sacrificateur desservant le Temple de Jérusalem : Zacharie, le père de Jean-Baptiste.
Pour un approfondissement :
>>> Livre des Actes des Apôtres
>>> Évangile selon saint Luc
Saint Luc priez pour nous !

18.10.2024 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9.

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.

Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.

Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
3ème Homélie sur l’inscription des Actes des Apôtres ; PG 51,87 (trad. coll. Migne, n° 66, p. 132)
Saint Luc, évangéliste : « J’ai décidé…d’écrire pour toi un exposé suivi » (1,3)
La lecture des saintes Écritures est un pré spirituel et un paradis de délices, bien plus agréable que le paradis d’autrefois. Ce paradis, Dieu ne l’a pas planté sur la terre, mais dans les âmes des fidèles. Il ne l’a pas placé dans l’Éden, ni en Orient dans un lieu précis (Gn 2,8), mais il l’a étendu partout sur la terre et l’a déployé jusqu’aux extrémités de la terre habitée. Et puisque tu comprends qu’il a étendu les saintes Écritures sur toute la terre habitée, écoute le prophète qui dit : « Leur voix a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde » (Ps 18,5; Rm 10,18)… Ce paradis a aussi une source comme celui d’autrefois (Gn 2,6.10), source d’où naissent d’innombrables fleuves… Qui le dit ? Dieu lui-même qui nous a fait le don de tous ces fleuves : « Celui qui croit en moi, dit-il, selon le mot de l’Écriture, de son sein couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7,38)… Cette source est incomparable non seulement par son abondance, mais encore par sa nature. En effet ce ne sont pas des rivières d’eau, mais les dons de l’Esprit. Cette source se partage entre toutes les âmes des fidèles, mais elle n’en est pas diminuée. Elle est divisée, mais elle n’est pas épuisée… Tout entière chez tous et tout entière en chacun : tels sont en effet les dons de l’Esprit. Veux-tu savoir quelle est l’abondance de ces rivières ? Veux-tu savoir la nature de ces eaux ? En quoi elles sont différentes des eaux d’ici-bas, parce qu’elles sont meilleures et plus magnifiques ? Écoute à nouveau le Christ parlant à la Samaritaine pour comprendre l’abondance de la source : « L’eau que je donnerai à celui qui croit, dit-il, deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4,14)… Veux-tu aussi connaître sa nature ? Fais-en usage ! Elle n’est pas utile en effet pour la vie d’ici-bas, mais pour la vie éternelle. Passons donc notre temps dans ce paradis : soyons invités à boire à cette source.

LECTURES :
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,10-17b.
Bien-aimé, Démas m’a abandonné par amour de ce monde, et il est parti pour Thessalonique. Crescent est parti pour la Galatie, et Tite pour la Dalmatie.
Luc est seul avec moi. Amène Marc avec toi, il m’est très utile pour le ministère.
J’ai envoyé Tychique à Éphèse.
En venant, rapporte-moi le manteau que j’ai laissé à Troas chez Carpos. Apporte-moi aussi mes livres, surtout les parchemins.
Alexandre, le forgeron, m’a fait beaucoup de mal. Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres.
Toi aussi, prends garde à cet individu, car il s’est violemment opposé à nos paroles.
La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. Que cela ne soit pas retenu contre eux.
Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent.

Psaume 145(144),10-11.12-13ab.17-18.
R/ Que tes fidèles, Seigneur, disent la gloire de ton règne. (Ps 144, 12)
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.
Ils annonceront aux hommes tes exploits,
la gloire et l’éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.
Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

17.10.2024 – MESSE À SAINT-GERMAIN L’AUXERROIS
17.10.2024 – CHAPELET À LOURDES
20.10.2024 – LECTURE ET COMMENTAIRE DE L’ÉVANGILE DU 29ÈME DIMANCHE ORDINAIRE
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’Évangile du 29e dimanche du temps ordinaire, année B : Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 35-45
20.10.2024 – HOMÉLIE DU 29ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MARC 10,35-45

Rembourser Dieu ?
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot
Faut-il souffrir pour Dieu ? Dans l’Évangile, Jésus dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez » ; « Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous » et puis ce mot : « rançon », dans le verset que nous venons de lire : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Peut-on encore, de nos jours, parler de « rançon » ? Ne vaudrait-il pas mieux traduire « donner sa vie pour la libération de la multitude » ? Il y a, dans la notion de rançon, celle de rachat, d’échange économique, l’idée qu’il faudra quelque part payer. N’est-ce pas finalement une théologie d’un autre temps ? Du sacrifice de soi, pour rendre au Christ le don de lui-même ?
Que les choses soient claires : nous n’avons aucune dette envers Dieu ; nous ne lui devons rien. C’est en effet une fausse et dangereuse théologie. Nous avons lu la semaine passée l’Évangile du jeune homme riche, auquel le Christ conseille de donner son argent aux pauvres. Il ne lui dit pas : « tu dois donner ton argent aux pauvres » ; le texte insiste sur le fait que Jésus l’aima bien avant de lui conseiller la pauvreté. La proposition était simplement d’avancer dans son cœur la venue du Royaume. Et, si le texte nous dit que le jeune homme riche repartit triste, il n’y a aucune trace de réprobation par Jésus, ni d’un geste, ni d’une parole pour le retenir.
Nous n’avons pas de dette envers Dieu, ni pour le bonheur ; ni pour le malheur. La plupart des gens qu’un malheur accable n’ont rien fait pour mériter ça ; ils sont purement innocents. Et Dieu le sait parfaitement. Nous ne sommes pas non plus redevables du bonheur. Il n’y a pas de dette à payer pour les joies. Il n’y a pas de sacrifice à faire pour recevoir la grâce. Tous les dons de Dieu à notre endroit sont gratuits, purement gratuits parce qu’il nous aime gratuitement. Nous ne devons rien à Dieu.
Reste la question du « péché », aussi un mot qui peut apparaître à certains d’un autre âge : n’est-ce pas encore présenter un Dieu qui juge et qui condamne, qui pointe du doigt, accuse et exige réparation ? N’est-ce pas précisément maintenir cet autoritarisme passé, ce paternalisme rigide qu’on imaginait de Dieu et qui a fait tant de mal ? Peut-on encore dire, au XXIe siècle que « Le Christ, par sa mort, a racheté nos péchés ? » Justement, le cléricalisme passé, ne nous oblige-t-il pas à adoucir la traduction, par exemple en écrivant : « Le Christ a offert sa vie pour nous sauver ? »
Personnellement, je déplore que le mot « péché » devienne tabou alors que l’Église est précisément l’endroit pour l’accueil des pécheurs. On a trop longtemps confondu péché et indignité. Ici aussi que les choses soient claires : j’espère sincèrement que nous soyons tous des saints en puissance, mais ici-bas nous restons tous pécheurs : la Bible au Livre des Proverbes (24:16) dit que le juste pêche sept fois par jour. Personne n’évite les manques d’amours, personne n’évite les petits et les grands égoïsmes et personne n’évite les assauts d’esprits mauvais.
Nous voilà, comme dit l’Évangile, « esclaves du péché », qui garde sur nous son emprise quotidienne et pourtant, le Christ, par le don sa vie, nous en a déjà libérés. Nous devons tenir ce paradoxe. Il n’est pas possible de vivre libre tant que nous gardons des attachements. Vivre, c’est se libérer par le don de soi.
Jusqu’au bout nous subirons des entraves ; pourtant, de chacune d’entre-elles, le Christ nous libérera. « En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance » dit la Lettre aux Hébreux.
Faut-il donc corriger le mot ‘rançon’ ? Non, dans le sens, justement, où il est un mot difficile à admettre et difficile à comprendre. Ainsi, il suscite la réflexion et l’approfondissement. La seule raison qu’il y aurait éventuellement de corriger la traduction, serait le mauvais usage qu’on a en fait par le passé, incitant au dolorisme.
Oui, le Christ a payé notre rançon et il l’a payée au prix le plus fort. Il a finalement accepté l’injustice qu’on le tue et il a offert sa vie. Le sacrifice auquel le Christ a consenti nous sauve parce qu’il nous montre que, de toute injustice, y compris celles que nous commettons, Dieu peut nous ressusciter.
Et rien ne pourra rembourser cette vie donnée du Christ. Aucune autre vie humaine en tous cas. Mais le Christ ne nous demande pas de le rembourser. Voilà, justement, l’immensité de son sacrifice : c’est que c’est un don total, totalement gratuit. Et ce don c’est l’Esprit Saint, « Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force » (Isaïe 11, 2), Esprit qui nous délivre de la souffrance et de la mort, Esprit qui redonne, en toutes circonstances, vie et joie.
Nous n’avons pas de dette envers Dieu, pas même la vie. Elle nous est totalement donnée, et nous pouvons choisir de nous en emparer pleinement, divinement – dans les joies comme dans les peines – grâce au don de l’Esprit Saint. Nous ne devons rien à Dieu : ni le bonheur, ni le malheur. Nous n’avons pas à souffrir pour notre salut ; nous n’avons pas à payer pour la joie. L’amour de Dieu est gratuit, donné en abondance et sans exigence de retour.
La seule chose est, si nous voulons hâter en nous la venue du Royaume, si nous voulons précipiter en nous la joie de Dieu, alors il convient – petit à petit – de nous détacher de tout ce qui nous relie ici-bas. Car, au-delà de la mort, finalement, nous n’emporterons rien. Voilà la libération finale, celle de la mort : le détachement de tout ce qui nous retient spirituellement ici-bas.
Mais ce n’est pas à Dieu que Jésus demande que nous abandonnions nos trésors et nos richesses ; c’est aux pauvres. Finalement à ceux qui restent injustement enchaînés aux aléas du monde et au péché des hommes.
Dieu ne nous demande pas que nous le remboursions des souffrances auxquelles il a consenti. Il nous invite simplement au détachement de nous-même, dans un amour altruiste – l’Esprit Saint – le seul qui redonne véritablement vie et joie.

Source: RÉSURGENCE.BE, le 16 octobre 2024
20.10.2024 – HOMÉLIE DU 29ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MARC 10,35-45

Un pouvoir, un service
Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie par le Père Jean Compazieu
Ce dimanche, nous clôturons la semaine missionnaire mondiale. Nous n’oublions pas que la mission de l’Église c’est d’annoncer la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Notre horizon et notre cœur doivent s’élargir aux dimensions du monde. Nous pensons à tous ces prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui ont quitté leur famille et leur pays pour être les messagers de l’Évangile dans des pays qu’ils ne connaissaient pas. Et actuellement, nous accueillons des prêtres, religieux et religieuses qui viennent de l’Afrique, de l’Inde ou d’ailleurs pour nous évangéliser.
Cette réponse à l’appel de Dieu n’a jamais été facile. C’est ce que nous comprenons en écoutant la 1ère lecture. Le prophète s’adresse à un peuple qui souffre de la persécution. Il fait comprendre à tous ces gens que leur souffrance n’est pas inutile ; Dieu ne les abandonne pas ; il se penche sur eux avec amour et prédilection. C’est en lui que chacun trouvera la force pour tenir le coup. L’important c’est de chercher cette force là où elle se trouve.
En lisant ce texte, nous pensons aux chrétiens qui sont persécutés ou tournés en dérision à cause de leur foi au Christ. C’est en lui qu’ils trouvent la force et le courage dont ils ont besoin pour rester fidèles jusqu’au bout. Face aux souffrances infligées par les persécuteurs, ils nous apprennent l’amour et le pardon. Ils nous font comprendre que la volonté de Dieu c’est le salut de tous, y compris des persécuteurs. Seul le pardon accordé par la victime peut convertir son bourreau.
La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous renvoie à Celui qui est vraiment au cœur de tout engagement missionnaire. En Jésus mort et ressuscité, les hommes ont trouvé le salut que l’humanité attend. Il est celui qui nous fait grâce et nous obtient la miséricorde. Il fait le lien entre la terre et le ciel. Le pape Jean-Paul II disait qu’il a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous appelés à participer à ce sacerdoce du Christ. Comme lui, nous sommes envoyés vers nos frères et sœurs, en particulier ceux et celles qui sont éprouvés par la maladie, la souffrance et les épreuves de toutes sortes. La bonne nouvelle doit être annoncée à tous, y compris à ceux et celles qui sont loin de Dieu. Cette mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Christ qui nous a appelés et envoyés.
L’Évangile nous parle d’un Messie qui est venu donner sa vie “en rançon pour la multitude”. Le danger de ce mot “rançon” c’est de comprendre le contraire de ce qu’il veut dire. Dans notre langage, ce mot désigne le montant à verser lors d’une prise d’otage. À l’époque du Christ, il désignait la libération. Ce mot “rançon” est dérivé d’un verbe qui signifie “délier, détacher, libérer”. Toute la Bible nous raconte la longue entreprise de Dieu pour délier son peuple puis l’humanité de ses esclavages. Cette libération passe par la conversion du cœur de l’homme. C’est de cela que nous avons à témoigner dans notre monde qui en a bien besoin.
Dans cet Évangile, nous voyons que les disciples n’ont rien compris. Jésus vient de leur annoncer sa Passion, sa mort et sa résurrection. Les Douze suivent sans empressement car ils ont peur. Ils savent ce qui les attend à Jérusalem. De ce groupe, deux hommes se détachent, Jacques et Jean. Pour être rassurés, ils demandent à Jésus de siéger à sa droite et à sa gauche dans son Royaume. Les autres disciples s’indignent : “Pourquoi pas nous ?” Mais Jésus ne s’indigne pas. Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. S’il intervient, c’est pour les amener et nous amener à changer de perspective. Il dénonce les rapports de force et de supériorité. Le pouvoir comme écrasement des autres ne doit pas avoir sa place parmi les disciples.
La gloire du Christ se manifestera sur la croix. À sa droite et à sa gauche, nous trouverons deux bandits. La coupe qu’il boira sera celle de sa Passion qui l’introduira dans le Royaume. Là, toutes les relations seront transformées. Chacun y découvrira que sa place est un don de Dieu. C’est ainsi que Jésus a aboli la loi du plus fort. Il l’a remplacée par celle du plus aimant. C’est une conversion de tous les jours que nous obtiendrons en contemplant et un accueillant « Jésus serviteur ». Il est celui qui « nous a aimés comme on n’a jamais aimé. »
C’est très important pour nous aujourd’hui. Notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous laisser imprégner par l’Esprit Saint pour ne pas déformer le message de l’Évangile. Notre travail c’est de poursuivre la mission du Christ ; c’est d’annoncer une bonne nouvelle, celle de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants. Mais dans notre monde, deux hommes sur trois ne le connaissent pas. C’est une raison de plus pour témoigner à temps et à contretemps de la bonne nouvelle de l’Évangile.
En conclusion nous faisons nôtre les paroles de ce chant :
« Allez-vous en sur les places et sur les parvis !
Allez-vous en sur les places, y chercher tous mes amis,
tous mes enfants de lumière qui vivent dans la nuit.
Allez-vous en sur les places
Et soyez mes témoins chaque jour. » Amen

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 12 octobre 2024