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Marie nous protège de l’IA sans conscience (II)

Marie nous protège de l’IA sans conscience (II)
En mai 2026, le pape Léon XIV publiait sa première encyclique adressée au monde entier à l’occasion de la fête de Marie, Mère de l’Eglise. Intitulée Magnifica Humanitas (sur la grandeur de l’humanité), cette encyclique est une réflexion sur la protection de la personne humaine en cette nouvelle ère de l’intelligence artificielle. Le Pape nous demande de ne pas oublier que chaque être humain possède un visage et une voix uniques. Avant d’être un profil, une statistique, un pseudonyme, un consommateur, un plaignant ou un « dossier », une personne est un être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Et il nous rappelle que lorsque Dieu a voulu sauver l’humanité de l’orgueil, du péché et de la mort, il a choisi de le faire en venant parmi nous avec une voix humaine, un visage humain et un cœur humain.
Les Chrétiens, ainsi que toutes les personnes de bonne volonté, peuvent donc se poser ces questions au sujet de l’intelligence artificielle : Est-elle véridique ? Est-elle juste ? Honore-t-elle la personne humaine créée à l’image de Dieu ? Protège-t-elle les plus vulnérables et sert-elle le bien commun, ou se contente-t-elle d’accumuler richesse et pouvoir entre les mains de quelques-uns ?
Quelles sont ses répercussions sur la vie et la dignité humaines, la solidarité, la justice et le souci de la création de Dieu ? Sert-elle les personnes humaines ou tend-elle au contraire à les déshumaniser, ou cherche-t-elle même à les remplacer ?
C’est pourquoi je vous encourage à prier souvent, en union avec Marie, pour que l’humanité soit protégée en cette ère technologique qui avance à grands pas. Marie, la Nouvelle Eve, Mère de tous les vivants, agit comme une « boussole » qui nous guide à travers les eaux inconnues qui s’étendent devant nous.
Le pape Léon affirme que Marie dirige nos regards sur « les points de fracture de l’humanité, là où se produit la distorsion du monde » (MH 244). Elle nous enseigne « à regarder le monde… avec les yeux de ceux qui souffrent, et non avec le regard des grands ; avec les yeux des petits et non avec la perspective des puissants ; à interpréter les événements de l’histoire du point de vue de la veuve, de l’orphelin, de l’étranger, de l’enfant blessé, de l’exilé, du fugitif ».
Et lorsque nous soupirons vers Marie, elle considère nos soupirs dans son Cœur Immaculé : elle porte dans son cœur nos peurs et nos angoisses, ainsi que toutes les questions complexes et déroutantes auxquelles l’humanité est confrontée en ce moment. Marie connaît nos faiblesses humaines ; elle sait quelles tentations nous assaillent. Et son Cœur Immaculé nous supplie de rechercher les voies de la paix dans le monde ; de prier le Rosaire chaque jour ; de nous laisser nourrir par l’Eucharistie et la Confession. Marie nous exhorte à faire des actes de réparation pour les péchés qui menacent de détruire la « grandeur de l’humanité ». Elle nous montre la voie d’une « civilisation de l’amour », de la beauté, de la vérité, de la charité et du pardon, et dans sa sollicitude maternelle, elle s’efforce de nous détourner de la laideur de l’égoïsme, de la colère, de la violence, de la guerre, de la cupidité et de l’exploitation des plus faibles.
Elle est la Reine de la Paix et elle a promis la paix au monde à Fatima, si seulement nous parvenons à rester fidèles au rosaire et à son Cœur Immaculé.
Mgr Eamon Martin Archevêque d’Armagh, primat d’Irlande
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
28.08.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Augustin d’Hippone
Évêque d’Hippone, Docteur de l’Église
(354-430)
Augustin est l’un des plus grands génies qui aient paru sur la terre et l’un des plus grands saints dont Dieu ait orné son Église. Moine, pontife, orateur, écrivain, philosophe, théologien, interprète de la Sainte Écriture, homme de prière et homme de zèle, il est une des figures les plus complètes que l’on puisse imaginer. Ce qu’il y a de plus admirable, c’est que Dieu tira cet homme extraordinaire de la boue profonde du vice pour l’élever presque aussi haut qu’un homme puisse atteindre ; c’est bien à son sujet qu’on peut dire : « Dieu est admirable dans ses saints ! »
Augustin naît à Tagaste, en Afrique, l’an 354, et, s’il reçut de la part de sa sainte mère, Monique, les leçons et les exemples de la vertu, il reçut les exemples les plus déplorables de la part d’un malheureux père, qui ne se convertit qu’au moment de la mort. À l’histoire des égarements de cœur du jeune et brillant étudiant se joint l’histoire des égarements étranges de son esprit ; mais enfin, grâce à trente années de larmes versées par sa mère, Dieu fit éclater invinciblement aux yeux d’Augustin les splendeurs de la vérité et les beautés seules vraies de la vertu, et le prodigue se donna tout à Dieu : « Le fils de tant de larmes ne saurait périr ! » avait dit un prêtre vénérable à la mère désolée. Parole prophétique, qui renferme de grands enseignements pour les nombreuses Moniques des Augustins modernes.
C’est à Milan, sous l’influence d’Ambroise, qu’Augustin était rentré en lui-même. La voix du Ciel le rappela en Afrique où, dans une retraite laborieuse et paisible, avec quelques amis revenus à Dieu avec lui, il se prépara aux grandes destinées qui l’attendaient. Augustin n’accepta qu’avec larmes l’évêché d’Hippone, car son péché était toujours sous ses yeux, et l’humilité fut la grande vertu de sa vie nouvelle. Il fut le marteau de toutes les hérésies de son temps ; ses innombrables ouvrages sont un des plus splendides monuments de l’intelligence humaine éclairée par la foi, et ils demeurent comme la source obligée de toutes les études théologiques et philosophiques.
Si les écrits d’Augustin sont admirables par leur science, ils ne le sont pas moins par le souffle de la charité qui les anime ; nul cœur ne fut plus tendre que le sien, nul plus compatissant au malheur des autres, nul plus sensible aux désastres de la patrie, nul plus touché des intérêts de Dieu, de l’Église et des âmes. Il passa les dix derniers jours de sa vie seul avec Dieu, dans le silence le plus absolu, goûtant à l’avance les délices de l’éternité bienheureuse.
Pour approfondir, lire le Catéchèses du Pape Benoît XVI :
>>> Saint Augustin (1)
>>> Saint Augustin (2)
>>> Saint Augustin (3)
>>> Saint Augustin (4)
>>> Saint Augustin (5)
Et plus encore >>> Œuvres complètes de Saint Augustin
Sources principales : livres-mystiques.com ; vatican.va (« Rév. x gpm »).
Saint Augustin priez pour nous !

28.08.2026 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)
pape et docteur de l’Église
Homélies sur les évangiles, 12 ; PL 76, 1119-1120
« Nos lampes s’éteignent »
« Les cinq vierges folles, en prenant leurs lampes, n’avaient pas emporté d’huile avec elles ; les sages au contraire portaient avec leurs lampes de l’huile dans des vases. » L’huile désigne ici l’éclat de la gloire ; les vases, ce sont nos cœurs, dans lesquels nous portons toutes nos pensées. Les vierges sages portent de l’huile dans leurs vases, parce qu’elles gardent au-dedans de leur conscience tout l’éclat de leur gloire, comme le dit saint Paul : « Ce qui fait notre gloire, c’est le témoignage de notre conscience » (2Co 1,12). Les vierges folles au contraire n’emportent pas d’huile avec elles, parce qu’elles ne portent pas leur gloire dans le secret de leur cœur, c’est à dire qu’elles la demandent aux louanges d’autrui. « Mais au milieu de la nuit, un cri retentit : ‘ Voici l’Epoux qui vient, allez au-devant de lui ! ‘ » Alors toutes les vierges se lèvent. Mais les lampes des vierges folles s’éteignent parce que leurs œuvres, qui du dehors paraissaient éclatantes aux yeux des hommes, ne sont plus au-dedans que ténèbres à l’arrivée du Juge ; et elles ne reçoivent de Dieu aucune récompense, ayant pour elles déjà reçu des hommes ces louanges qu’elles aimaient.

LECTURES :
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,17-25.
Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ.
Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu.
L’Écriture dit en effet : Je mènerai à sa perte la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents, je la rejetterai.
Où est-il, le sage ? Où est-il, le scribe ? Où est-il, le raisonneur d’ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l’a-t-il pas rendue folle ?
Puisque, en effet, par une disposition de la sagesse de Dieu, le monde, avec toute sa sagesse, n’a pas su reconnaître Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu’est la proclamation de l’Évangile.
Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse,
nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes.
Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

Psaume 33(32),1-2.4-5.10-11.
R/ Toute la terre, Seigneur, est remplie de ton amour. (Ps 32, 5b)
Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare,
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.
Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.
Le Seigneur a déjoué les plans des nations,
anéanti les projets des peuples.
Le plan du Seigneur demeure pour toujours,
les projets de son cœur subsistent d’âge en âge.

27.08.2026 – VÊPRES À NOTRE-DAME DE PARIS
27.08.2026 – CHAPELET À LOURDES
30.08.2026 – INTÉGRALE DES LECTURES DU 22ÈME DIMANCHE DU TEMPS PRDINAIRE
30.08.2026 – HOMÉLIE DU 22ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 16, 21-27

Dégringolade
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot
Lectures : Évangile selon saint Matthieu 16, 21 – 27
Entre dimanche passé et aujourd’hui, la chute de Pierre est vertigineuse. Au chapitre 16 de Matthieu, en cinq versets, on est passé de « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux » à « Passe derrière moi, Satan ! ». Quel crime Pierre a-t-il donc commis pour autant déchoir dans le regard du Christ ?
On se souvient que la semaine passée, nous avions médité autant sur le pouvoir que la responsabilité des clés : oui, nos propres ouvertures et fermetures d’esprit ouvrent et ferment l’accès au royaume des cieux – à l’amour divin –, d’où notre responsabilité de chrétien, envers nous-même comme envers nos proches. Les clés du royaume sont données, via Pierre, à toute l’Église, dont nous sommes part. C’est à tous les échelons de la vie ecclésiale que résident le pouvoir et la responsabilité des clés, comme une succession d’ouvertures et de fermetures vers Dieu.
Aujourd’hui, nous voici déconcertés. Ce qui peut sembler un élan d’amour vital vers le Christ alors qu’il évoque sa crucifixion – « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » – est vivement rejeté – « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ». Le problème ici n’est pas tant la prière de Pierre – « Dieu t’en garde, Seigneur ! » – que l’affirmation péremptoire de son exaucement – « Cela ne t’arrivera pas ».
Ce qui peut sembler un élan naturel d’amour humain envers le Christ dissimule en fait un manque de radicalité de l’amour, une incapacité à saisir l’ampleur de la volonté d’incarnation divine, une fermeture finalement au dessein de Dieu pour le salut ultime de l’Humanité. Pierre, refusant que le Christ souffre, projette sur lui sa propre peur de la mort et son refus de l’affronter, fermant ainsi l’accès au ciel, à peine en est-il muni des clés, c’est à dire de la confiance qui y conduit.
Instantanément, le Christ établit le lien avec la tentation satanique qu’il a déjà rencontrée au désert : le détourner de l’obéissance ultime à sa mission. C’est pourquoi il emploie envers Pierre le même langage qu’envers le diable : « Passe derrière moi » (Mt 4, 10), dénonçant une pensée « des hommes » cherchant à éviter la souffrance, préserver le confort et le succès apparent, opposée à la volonté « de Dieu » de rejoindre l’ultime détresse humaine. Ce que dénonce le Christ ici, c’est que Pierre, par son désir d’éviter la souffrance, l’empêche de rejoindre les plus miséreux, ceux qui souffrent une mort injuste. Si le Christ ne peut rejoindre une telle mort, comment comprendre que ces malheureux puissent être sauvés ? Par sa peur et eu égard à la responsabilité qu’il vient de recevoir, Pierre leur ferme la porte du ciel. « Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
C’est un message pour Pierre, pour l’Église et pour nous. La conséquence d’un christianisme placebo, de toutes nos réticences à voir et affronter spirituellement les souffrances humaines, sont des fermetures du ciel. Au contraire, plus nous parviendrons à rejoindre toute souffrance par la puissance de l’amour, plus nous créerons des liens vers le ciel. Il s’agit, même dans la souffrance, d’être tendu vers la Résurrection, de toujours envisager un au-delà de la mort et non, comme Pierre, de s’y arrêter. Car c’est alors effectivement l’enfer.
Frères et sœurs, oui, à travers Pierre, Dieu a transmis tout son pouvoir terrestre à l’Église sous l’égide de l’Esprit Saint, à savoir nous-mêmes. De nos propres ouvertures ou fermetures spirituelles dépendront l’accès que nous offrons personnellement au ciel, à l’amour de Dieu. Ainsi nos peurs de rejoindre par amour quelque souffrance humaine constituent-elles les limites de notre pouvoir divin. Oui, quel que soit l’état d’humanité que je sois incapable de rejoindre par amour, qu’il s’agisse de ma propre misère ou de celle d’autrui, j’en ferme l’accès au ciel. Nous sommes la religion de Dieu qui s’incarne, de notre ouverture à cette incarnation dépend notre perspective de salut.
La tentation du Christ que réveille ici Pierre est celle, humaine, que Jésus a déjà éprouvée, de perdre la perspective de Dieu dans l’abandon total de soi à sa volonté. Tous, et le Christ avec nous, affrontons cette crainte de vivre dans la souffrance cette solitude spirituelle : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). Et de faire face, ainsi, au désespoir ultime.
Dieu nous a confié un pouvoir immense, celui d’incarner son esprit d’amour dans tous les aspects de la vie. En conséquence nous échoit la responsabilité de constituer, par notre être, une ouverture ou une fermeture vers le ciel. Nos peurs, qui limitent notre capacité d’aimer, contingentent l’action effective de Dieu à travers nos vies.
Frères et sœurs, l’amour sans limites appelle un don de soi sans limites. Aux souffrances comme aux joies.

Source: RESURGENCE.BE, le 26 août 2026
30.08.2026 – HOMÉLIE DU 22ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 16 21-27

S’ajuster à Dieu
Homélie par Jean Compazieu
Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent les difficultés que les hommes peuvent avoir pour s’ajuster à Dieu. C’est ce qui se passe avec le prophète Jérémie (1ère lecture). Il est envoyé par Dieu pour appeler son peuple à la conversion. Mais il se trouve affronté à des gens qui ne veulent rien entendre. On le considère comme un véritable trouble-fête car il n’arrête pas d’annoncer des catastrophes imminentes. Nous le voyons rejeté de tous et criant son désespoir. Il voudrait échapper à Dieu. Mais celui-ci l’a séduit. Dans son cœur, c’est comme un feu qu’il ne peut contenir. Il ne peut se taire car la vérité de Dieu est plus forte que lui.
C’était il y a très longtemps ; aujourd’hui la situation n’a guère changé. Nous vivons dans un monde désireux de confort, de facilité et d’égoïsme. Beaucoup y souffrent de la violence, de l’intolérance et de l’exclusion. Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur ne cesse de nous envoyer des prophètes pour nous dire et nous redire : « Convertissez-vous, sinon vous courez à la catastrophe. Or ces appels ne sont pas pris au sérieux. Ils sont souvent tournés en dérision. Mais rien ni personne ne peut empêcher la progression de la Parole de Dieu. C’est à cette parole que nous devons nous ajuster chaque jour et non aux idées du monde. Comme Bernadette de Lourdes, nous ne sommes pas chargés « de faire croire mais de dire ».
Dans la seconde lecture, nous avons le témoignage de saint Paul. Après avoir été un persécuteur des chrétiens, il a changé de cap. Il s’est ajusté à Jésus Christ. Et aujourd’hui, il nous invite à faire de même : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu. » C’est en progressant dans l’amour que nous trouvons la vraie joie. Dieu est amour. Il ne sait pas être autre chose. Sa joie est d’aimer et de se donner avec une absolue générosité.
Dans l’Évangile, nous voyons Pierre qui a du mal à s’ajuster à Jésus. Dimanche dernier nous l’avons entendu faire une belle profession de foi. Il proclamait : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Jésus le proclamait « heureux ». Il lui a alors fait comprendre qu’il n’avait pas découvert cette vérité tout seul mais grâce à son Père du ciel. Mais il sait que ses disciples sont loin d’avoir tout compris. C’est pour cette raison qu’il leur impose le silence.
Aujourd’hui, nous comprenons mieux pourquoi. Jésus vient d’annoncer sa Passion, sa mort sur la croix et sa résurrection. Pour Pierre, c’est impensable. Il s’attendait à un Messie qui allait triompher avec puissance sur tous les obstacles. Il voyait en lui celui qui allait libérer son peuple de ses péchés et de l’occupation Romaine. Jésus résiste violemment à cette mentalité comme il le fit lors de la tentation au désert. Comme Pierre, nous risquons nous aussi de nous égarer en nous faisant une fausse idée de Jésus. C’est pour cela qu’il nous faut lire et relire les Évangiles chaque jour.
En ce jour, nous entendons, de la part de Jésus, une mise au point très ferme : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. » Il ne s’agit plus pour les disciples de tracer leur route selon leurs propres désirs mais de marcher derrière Jésus. C’est lui qui nous montre le chemin pour nous conduire vers la vraie vie. Son amour va jusqu’à livrer son corps et verser son sang pour nous et pour la multitude. Le chemin qu’il nous montre n’est pas un chemin de facilité mais de renoncement et de don de soi.
Être disciple du Christ c’est donc prendre notre croix. A ce sujet, une mise au point s’impose. Devant une personne éprouvée, il arrive qu’on entende dire : « Que voulez-vous, chacun doit porter sa croix ! » Il faut le dire et le redire : la croix ce n’est pas la maladie, ni le malheur, ni le chômage, ni la torture, même si c’est très lourd à porter et même si cela comporte des tourments physiques et moraux. Porter sa croix c’est accepter le risque de la fidélité, le risque d’être incompris, bafoué et mis à mort. C’est accepter de donner la priorité au service des autres. Nous sommes loin des perspectives du monde qui met le « moi » au premier plan, le service des autres au deuxième et le service de Dieu en dernier (quand il est considéré). Celui qui choisit les perspectives de ce monde peut obtenir des avantages matériels immédiats. Mais à quoi ça sert si nous devons y perdre notre véritable vie, celle qui conduit à Dieu ?
Voilà ces textes bibliques qui nous provoquent à nous ajuster à Dieu et à son projet. C’est une conversion de tous les jours qui se sera possible que dans la méditation de l’évangile et dans la prière. Si nous le voulons bien, le Christ sera toujours là pour nous guider sur le chemin de la vie et nous accompagner dans notre lutte contre la tentation. Avec lui, les forces du mal n’auront jamais le dernier mot. Il en a été victorieux et il veut nous associer tous à sa victoire.
En ce jour, nous te prions, Seigneur. Tu viens nous combler de ta vie et de ton amour. Garde-nous de faire obstacle à ta volonté. Affermis notre courage. En te suivant sur le chemin de la Croix, nous pourrons partager ta gloire pour les siècles des siècles. Amen

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 26.08.2026