Symphorien, né à Autun, appartenait à l’une des familles de cette ville les plus illustres par ses ancêtres, par ses richesses et par ses fonctions. Il resta pur au milieu des dangers de la jeunesse ; avec le rayonnement de la vertu, son beau front reflétait la noblesse et l’intelligence ; il était déjà l’ornement de la cité.
Un jour que le peuple, en grande partie païen, célébrait la fête de la déesse Cybèle, Symphorien témoigna hautement son mépris pour ces démonstrations ridicules et refusa de joindre ses hommages à ceux de la foule. Il n’en fallait pas davantage pour être saisi et traîné devant les tribunaux : « Déclare ton nom et ta condition, lui dit le juge. – Je m’appelle Symphorien, et je suis chrétien. – Pourquoi n’as-tu pas voulu adorer la déesse ? – Je n’adore que le Dieu vivant; quant à votre déesse, donnez-moi un marteau, et je la briserai en mille pièces. – Si tu ne veux pas obéir à l’édit des empereurs, tu paieras ta révolte de ton sang. – Dieu punit les méchants, mais Il récompense les justes en proportion de leurs mérites ; je n’ai donc point lieu de craindre tes supplices ; plus je souffrirai, plus ma couronne sera belle. »
Après une sanglante flagellation, le jeune martyr fut jeté dans un noir cachot ; quelques jours après, non seulement on ne le trouva pas amolli, mais il se montra plus ferme encore. Comme le juge l’exhortait à sacrifier aux idoles :
« Ne perdez pas votre temps en discours vains et frivoles » lui dit Symphorien. Le juge insistant, pour le flatter, sur les honneurs qui l’attendaient : « Les biens des chrétiens, dit-il, leurs honneurs, ne sont pas de ce monde; le monde passe comme une ombre ; Dieu seul donne le vrai bonheur. – Obéis, dit le juge furieux, ou je te condamne à mort ! – Je crains Dieu seul ; vous avez pouvoir sur mon corps, mais vous ne pouvez rien sur mon âme. – Symphorien, vous êtes condamné à périr par le glaive ! »
C’est alors qu’eut lieu une scène sublime. La mère du jeune martyr avait assisté à sa glorieuse confession de foi; elle voulait assister à son couronnement et suivit le cortège jusqu’aux murailles de la cité, près du lieu où devait s’accomplir le sacrifice. Là, du haut des remparts, cette femme, digne émule de la mère des Macchabées, fit entendre à son fils cette exhortation touchante : « Courage, mon fils, courage, la mort nous conduit à la vie. Regardez en haut, mon enfant, regardez Celui qui règne au Ciel ! »
Fortifié par ces paroles, le jeune chrétien livra sans hésiter sa tête au fer du bourreau.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,1-12.
En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)
capucin
T, 54 (trad. Une Pensée, Mediaspaul 1991, p. 84)
« Qui s’abaissera sera élevé »
Ne cesse pas de faire des actes d’humilité et d’amour à l’égard de Dieu et des hommes ; car Dieu parle à celui qui tient son cœur humble devant lui, et il l’enrichit de ses dons. Si Dieu te réserve les souffrances de son Fils et veut te faire toucher du doigt ta propre faiblesse, mieux vaut faire acte d’humilité que perdre courage. Fais monter vers Dieu une prière d’abandon et d’espérance quand ta fragilité cause ta chute, et remercie le Seigneur de toutes les grâces dont il t’enrichit.
LECTURES :
Livre d’Ézéchiel 43,1-7a.
L’homme me conduisit vers la porte, celle qui fait face à l’orient ; et voici que la gloire du Dieu d’Israël arrivait de l’orient. Le bruit qu’elle faisait ressemblait au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de cette gloire. Cette vision ressemblait à celle que j’avais eue lorsque le Seigneur était venu détruire la ville ; elle ressemblait aussi à la vision que j’avais eue quand j’étais au bord du fleuve Kebar. Alors je tombai face contre terre. La gloire du Seigneur entra dans la Maison par la porte qui fait face à l’orient. L’esprit m’enleva et me transporta dans la cour intérieure : voici que la gloire du Seigneur remplissait la Maison. Et j’entendis une voix qui venait de la Maison, tandis que l’homme se tenait près de moi. Cette voix me disait : « Fils d’homme, c’est ici le lieu de mon trône, le lieu sur lequel je pose les pieds, et là je demeurerai au milieu des fils d’Israël, pour toujours. La maison d’Israël ne rendra plus impur mon saint nom ; ni elle, ni ses rois avec leurs débauches, ni les cadavres de ses rois avec leurs tombes.
Psaume 85(84),9ab.10.11-12.13-14.
R/ La gloire du Seigneur habitera notre terre. (Ps 84, 10b)
J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles. Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.
Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.
Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.
Seule la Vierge Marie peut répondre aux inquiétudes suscitées par l’IA
L’Irlande catholique était conviée le 6 juin 2026 au All-Ireland Rosary Rally 2026, ce rendez-vous annuel du 1er samedi du mois de juin au sanctuaire de Knock (1), qui en est à sa 41e édition.
C’est en présence de l’archevêque d’Armagh et primat d’Irlande, Mgr Eamon Martin, que s’est déroulé le pèlerinage qui se présente ouvertement comme une réponse aux demandes de la Vierge Marie d’accomplir la dévotion des cinq premiers samedis du mois, et il a été marqué par le renouvellement de la consécration de l’Irlande au Cœur Immaculé de Marie par Mgr Martin.
Celui-ci a prononcé une homélie remarquable lors de la messe de l’après-midi sur le thème « Marie et l’ère de l’intelligence artificielle ». À la suite de la publication de l’encyclique de Léon XIV, Magnifica Humanitas, Mgr Martin a mis en exergue les dangers de l’IA qui renouvelle la tentation originelle à laquelle ont succombé Adam et Eve : « Vous serez comme dieu », dans un monde dressé contre Dieu.
En choisissant le vocable traditionnel de Marie comme « la nouvelle Eve », celle qui choisit l’obéissance totale à Dieu et que son divin Fils a désignée comme Mère de tous les hommes, et en citant le Salve Regina, l’archevêque a rappelé que seule la Vierge Marie peut répondre aux inquiétudes suscitées par le développement de l’IA.
Il a ainsi exhorté tous les Catholiques à être fidèles au chapelet quotidien et aux sacrements, les invitant à se tourner vers Marie afin qu’elle protège l’humanité dans cette nouvelle ère technologique.
(1) Le sanctuaire de Notre-Dame de Knock est un sanctuaire marial catholique situé dans la ville de Knock, en Irlande. Ce sanctuaire préserve et célèbre la mémoire des événements qui ont conduit à sa fondation, à savoir l’apparition mariale de Knock à quinze personnes, le 21 août 1879
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Source : une minute avec Marie
HOMÉLIE COMPLÈTE DU MGR EAMON MARTIN :
Homélie de Mgr Eamon Martin « Marie et l’ère de l’intelligence artificielle »
« Enfants d’Eve, exilés, nous crions vers vous. Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes. »
Mes amis, ces derniers mois, j’ai médité de plus en plus sur cette prière du cœur qui s’adresse à Marie dans le Salve Regina – le Salut, ô Reine !
C’est de bien des façons que notre monde actuel ressemble à une « vallée de larmes ». On dirait que nous sommes cernés par les mauvaises nouvelles : les guerres et la violence, la cupidité et la faim, les phénomènes météorologiques extrêmes, les virus, la traite des êtres humains et tant d’attaques contre la dignité de la vie humaine.
Je constate que de plus en plus de gens me demandent une bénédiction ou une prière parce qu’ils ont peur : pour le monde, pour leurs proches et pour eux-mêmes. Vous l’avez sans doute aussi remarqué lorsque vous avez annoncé que vous alliez à Knock aujourd’hui : vos amis et les membres de votre famille vous ont demandé de prier ou d’allumer un cierge pour eux.
Mais nous n’avons aucune raison d’avoir peur. Nous sommes ici au bon endroit. Knock est un lieu de guérison, où nous, pauvres « enfants d’Eve exilés », pouvons nous tourner en toute confiance vers Jésus, par Marie.
J’aime que Marie soit parfois appelée « la nouvelle Eve » ! Quel beau titre, et comme il est riche de sens ! Dès les premiers temps du christianisme, des théologiens tels que saint Irénée et saint Justin le Martyr aimaient à décrire Marie comme « la nouvelle Eve », tout comme l’a fait le saint cardinal John Henry Newman au XIXe siècle. Ils ont vu dans le « oui » sans réserve de Marie à Dieu lors de l’Annonciation, lorsqu’elle s’est soumise librement et pleinement à la volonté divine, un renversement total de la désobéissance d’Adam et Eve au jardin de l’Eden, par laquelle le péché et la mort sont entrés dans le monde.
C’est pour cela que Marie est la « nouvelle Eve ». Elle nous redonne confiance dans le fait que l’humanité peut revenir à ce que Dieu voulait qu’elle soit quand Il nous a créés au commencement !
Le Catéchisme l’explique ainsi :
« Dans la descendance d’Eve, Dieu a choisi la Vierge Marie pour être la Mère de son Fils.…(Elle) a “coopéré au salut des hommes avec sa Foi et son obéissance libres” (LG 56). Elle a prononcé son oui “au nom de toute la nature humaine”. Par son obéissance, elle est devenue la nouvelle Eve, mère des vivants. »
Frères et sœurs, n’ayons donc pas peur aujourd’hui, lors de ce rassemblement du Rosaire, de soupirer vers Marie : de profonds soupirs spirituels d’abandon, en remettant tout ce qui nous trouble à Jésus par l’intermédiaire de Marie. Il y a quelques semaines, à la grotte de Notre-Dame de Lourdes, je me suis retrouvé en train d’inspirer profondément le souffle de l’Esprit Saint, puis, dans un grand soupir spirituel, à expirer toutes mes inquiétudes, mes questions, mes intentions et mes demandes à Marie, notre Sainte Mère. J’avais l’impression d’entendre ces paroles de Jésus sur la croix : « Voici ta Mère » ; son invitation à « lui adresser nos soupirs ». A ce moment-là, Jésus nous confiait, nous, pauvres « enfants d’Eve, exilés et brisés », à Marie, la Nouvelle Eve, modèle de l’humanité et mère de tous les vivants.
Chers amis, il y a deux semaines, le pape Léon XIV choisissait de publier sa première encyclique adressée au monde entier à l’occasion de la fête de Marie, Mère de l’Eglise. Intitulée Magnifica Humanitas (sur la grandeur de l’humanité), cette encyclique est une réflexion sur la protection de la personne humaine en cette nouvelle ère de l’intelligence artificielle.
Je pense que ce n’est pas un hasard si le pape Léon a choisi la fête de Marie comme date de publication de cette encyclique. En cette phase historique de l’histoire de l’humanité, le pape Léon remettait une fois de plus le sort de toute l’humanité entre les mains et dans le cœur aimants de Marie, mère de tous les vivants, la Nouvelle Eve.
L’intelligence artificielle façonne déjà la vie humaine dans les foyers, sur les lieux de travail et au sein des communautés, dans les hôpitaux, les services publics et les économies. L’IA est capable d’accomplir des choses remarquables et utiles. Elle peut trier d’énormes quantités d’informations, reconnaître des schémas récurrents et accélérer les progrès dans les domaines de la médecine, de l’éducation, des sciences et de la protection de l’environnement. Elle peut même imiter le comportement et les voix humaines, mais elle ne peut ni aimer, ni souffrir, ni pardonner, ni prier, ni espérer à la manière des hommes, et elle ne peut pas non plus être réellement « sage ». L’IA n’a pas de conscience.
Comme le dit le pape Léon : « les prétendues intelligences artificielles ne vivent pas d’expérience, ne possèdent pas de corps, ne connaissent ni la joie ni la douleur… ne savent pas de l’intérieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié, la responsabilité ».
Le Saint-Père s’inquiète à juste titre de ce que l’intelligence artificielle puisse nous amener à construire un monde dominé par l’orgueil, le profit, la domination et la confusion ; un monde où Dieu notre créateur est oublié ; un monde où, au contraire, les êtres humains pensent : « nous pouvons être Dieu » – c’est la tentation classique d’Adam et Eve par le serpent dans le jardin d’Eden.
Au lieu de cela, le pape Léon propose une vision de la construction de la « Cité sainte de Dieu », fondée sur la paix et la réconciliation, l’amour et la fraternité ; un monde profondément respectueux de la dignité humaine pour tous. C’est un monde où les hommes s’élèvent dans l’action de grâces vers le Dieu transcendant, leur Créateur, qui a sauvé l’humanité d’elle-même en envoyant son Fils unique, Jésus, le nouvel Adam, né de la Vierge Marie, la nouvelle Eve.
Le pape Léon nous demande de ne pas oublier que chaque être humain possède un visage et une voix uniques. Avant d’être un profil, une statistique, un pseudonyme, un consommateur, un plaignant ou un « dossier », une personne est un être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Et il nous rappelle que lorsque Dieu a voulu sauver l’humanité de l’orgueil, du péché et de la mort, il a choisi de le faire en venant parmi nous avec une voix humaine, un visage humain et un cœur humain.
Les chrétiens, ainsi que toutes les personnes de bonne volonté, peuvent donc se poser ces questions au sujet de l’intelligence artificielle : Est-elle véridique ? Est-elle juste ? Honore-t-elle la personne humaine créée à l’image de Dieu ? Protège-t-elle les plus vulnérables et sert-elle le bien commun, ou se contente-t-elle d’accumuler richesse et pouvoir entre les mains de quelques-uns ?
Quelles sont ses répercussions sur la vie et la dignité humaines, la solidarité, la justice et le souci de la création de Dieu ? Sert-elle les personnes humaines ou tend-elle au contraire à les déshumaniser, ou cherche-t-elle même à les remplacer ?
C’est pourquoi je vous encourage, à l’occasion de ce rassemblement du Rosaire, à prier souvent, en union avec Marie, pour que l’humanité soit protégée en cette ère technologique qui avance à grands pas.
Marie, la Nouvelle Eve, Mère de tous les vivants, agit comme une « boussole » qui nous guide à travers les eaux inconnues qui s’étendent devant nous.
Le pape Léon affirme que Marie dirige nos regards sur « les points de fracture de l’humanité, là où se produit la distorsion du monde » (MH 244). Elle nous enseigne « à regarder le monde… avec les yeux de ceux qui souffrent, et non avec le regard des grands ; avec les yeux des petits et non avec la perspective des puissants ; à interpréter les événements de l’histoire du point de vue de la veuve, de l’orphelin, de l’étranger, de l’enfant blessé, de l’exilé, du fugitif ».
Et lorsque nous soupirons vers Marie, elle considère nos soupirs dans son Cœur Immaculé : elle porte dans son cœur nos peurs et nos angoisses, ainsi que toutes les questions complexes et déroutantes auxquelles l’humanité est confrontée en ce moment. Marie connaît nos faiblesses humaines ; elle sait quelles tentations nous assaillent.
Et son Cœur Immaculé nous supplie de rechercher les voies de la paix dans le monde ; de prier le Rosaire chaque jour ; de nous laisser nourrir par l’Eucharistie et la Confession. Marie nous exhorte à faire des actes de réparation pour les péchés qui menacent de détruire la « grandeur de l’humanité ». Elle nous montre la voie d’une « civilisation de l’amour », de la beauté, de la vérité, de la charité et du pardon, et dans sa sollicitude maternelle, elle s’efforce de nous détourner de la laideur de l’égoïsme, de la colère, de la violence, de la guerre, de la cupidité et de l’exploitation des plus faibles.
Elle est la Reine de la Paix et elle a promis la paix au monde à Fatima, si seulement nous parvenons à rester fidèles au rosaire et à son Cœur Immaculé.
Le Cœur immaculé de Marie – uni au Sacré-Cœur de Jésus – nous rappelle qu’il faut aimer, même quand cela fait mal, et nous invite à venir tout près, cœur à cœur, d’elle et du Seigneur, afin que nous n’oubliions jamais que « nous sommes aimés » et que « nous sommes appelés à aimer les autres », avec tendresse et compassion, en particulier les plus vulnérables, les pauvres, les malades et ceux qui souffrent.
C’est ainsi que le pape Léon conclut sa première encyclique, Magnifica Humanitas, en nous encourageant à devenir comme Marie, des « tisseurs d’espérance » dans le monde, et en demandant qu’elle, la Mère du Christ, la Femme du Magnificat, guide nos pas en cette période de changement afin que nous puissions « témoigner de la beauté d’une magnifique humanité habitée par Dieu ». Amen.
Mgr Eamon Martin Archevêque d’Armagh, primat d’Irlande
Symphorien, mort à Autun à la fin du IIe siècle, est vénéré depuis l’Antiquité comme le premier martyr autochtone de la future Bourgogne. Très tôt, il jouit d’une immense popularité. Mais le texte de sa Passion, rédigé trois siècles après sa mort, est romancé, ce qui pourrait le faire reléguer un peu vite au rang de figure légendaire, fabriquée afin d’embellir les origines chrétiennes d’Autun. Cependant, l’indiscutable ancienneté de son culte, la cohérence des éléments historiques du récit et les données archéologiques appuient la réalité de son existence et de sa mort pour le Christ.
Les raisons d’y croire
Dès le IIIe siècle, hors les murailles d’Augustodunum (Autun), le lieu où Symphorien a été martyrisé un 22 août, au début des années 180, et où il repose, fait l’objet de pèlerinages, y compris de la part des païens, en raison des miracles qui se produisent sur sa tombe. Une chapelle y est bâtie par le premier évêque d’Autun dans le courant du IVe siècle. Qu’un lieu de culte improvisé sur la tombe du chrétien ait pu perdurer jusqu’à ce qu’un édifice puisse être construit, un siècle et demi plus tard, et ce malgré les persécutions, prouve la véracité des faits et la popularité du jeune homme, sans quoi l’on n’aurait pas pris de risques pour préserver sa sépulture.
À la fin du VIe siècle, Grégoire de Tours connaît déjà le culte et les reliques de Symphorien. Il raconte notamment, dans À la gloire des martyrs, qu’une relique constituée de pierres tachées du sang du martyr était conservée dans une église d’Auvergne. Ce témoignage établit la large diffusion du culte de Symphorien à l’époque mérovingienne.
L’Église, à l’instar de saint Martin, qui a beaucoup évangélisé la région, ne souhaite pas qu’un culte indu soit rendu à un héros local de la résistance aux Romains mort pour des faits de guerre, et non pour le Christ. Elle ne désire pas non plus encourager par erreur une résurgence d’une dévotion païenne à une divinité des eaux de la source voisine. Néanmoins, caution est donnée à la vénération de la dépouille de Symphorien, ce qui montre que l’on n’avait aucun doute sur la réalité du martyre et sur son identité.
D’ailleurs, lors de fouilles entreprises au XIVe siècle afin d’embellir l’église d’origine, l’on a retrouvé le sarcophage du martyr et ceux qui abritaient les restes de ses parents, qui ont dû racheter le terrain témoin du martyre de leur fils unique pour en faire la sépulture familiale. Une inscription antique, datant de la paix de l’Église (313), confirmait l’identité de Symphorien, précisant que son corps avait été retrouvé incorrompu lors de la première translation. À l’époque médiévale, ces inscriptions étaient bien tenues pour authentiques.
Derrière les pieux embellissements de la Passion, il y a un contexte historique qui coïncide très bien avec les faits et permet de situer le martyre de Symphorien dans la vague de conversions provoquée par la persécution de Marc Aurèle. Nous savons en effet que la conséquence des martyres de Lyon en 177 et de la dispersion de cette forte communauté chrétienne fut la constitution un peu partout en Gaule de foyers de chrétienté improvisés, comme à Autun dans la famille de Symphorien.
Nous savons aussi que, profitant de l’accalmie consécutive à la mort de Marc Aurèle en 180 et de la relative sympathie de son fils et successeur, Commode, dont la favorite, Marcia, est une esclave chrétienne, l’Église va de nouveau se montrer au grand jour et prendre des mesures pour empêcher un développement anarchique de nouvelles communautés qui pourraient s’égarer dans des hérésies, comme l’hérésie montaniste, très active à Lyon. Que le nouvel évêque de Lyon, Irénée, ait envoyé des missionnaires à travers le pays pour voir ce qui s’y passait est donc très cohérent historiquement. Reçus dans la famille de Symphorien, ils ont fini de donner à la communauté locale l’instruction chrétienne nécessaire et procédé au baptême auquel ces gens aspiraient.
En août 180, le gouverneur est dans une position délicate. Symphorien, alors étudiant de la prestigieuse université d’Autun, lui a été déféré pour avoir perturbé, semble-t-il, les fêtes de Cybèle – des processions obscènes auxquelles il a refusé de participer, se proclamant chrétien. Comme ce sont des circonstances similaires qui ont provoqué l’arrestation et le martyre des chrétiens lyonnais trois ans plus tôt, il peut difficilement ignorer cette jurisprudence. Il va donc traiter le cas de Symphorien comme l’a fait son collègue de Lugdunum. Cependant, il ne fait pas de zèle et se borne à le faire décapiter, la peine la plus douce de l’arsenal romain.
La mère de Symphorien a suivi le chemin de croix de son fils unique en soutenant son courage et en se proclamant chrétienne, faisant fi de ce que cela lui faisait encourir. Il ne s’agit pas d’un embellissement, mais d’un usage attesté : l’on connaît le cas d’une mère, en Égypte, en 305, qui mourra d’une crise cardiaque auprès de son fils supplicié. Cela nous rappelle Marie, au pied de la Croix de Jésus.
Auteur :
Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.
Giuseppe Sarto, tel était son nom, naît à Riese (Trévise, Italie) le 2 juin 1835 et baptisé à la paroisse Saint-Matthieu le lendemain. Après deux ans dans la petite école de Riese, il poursuit ses études primaires à Castelfranco de Vénitie. Il reçoit sa première communion à Riese, aux Pâques 1847 (6 avril).
Il entre au séminaire de Padoue, le 13 novembre 1850, où il reste neuf ans. Tonsuré à la cathédrale d’Asolo, le 20 septembre 1851, il reçoit les deux premiers ordres mineurs en novembre 1856 et les deux autres le 6 juin 1857.
Il est ordonné sous-diacre le 19 septembre 1857 et diacre le 27 février 1858.
Il reçoit l’ordination sacerdotale dans la cathédrale de Castelfranco le 18 septembre 1858 ; célèbre sa première messe, le lendemain, à Riese et, le 29 novembre 1858, prend son poste de vicaire à Tombolo.
Nommé curé de Salzano, le 21 mai 1867, don Giuseppe Sarto quitte sa paroisse le 16 septembre 1875 pour devenir chanoine de Trévise.
Directeur du séminaire et chancelier épiscopal (28 novembre 1875). Primicier de la cathédrale le 12 juin 1879, il est, à la mort de l’évêque, élu par le chapitre vicaire capitulaire (27 novembre 1879).
Nommé à l’évêché de Mantoue en septembre 1884, il est sacré à Rome, dans l’église Saint-Apollinaire, le 23 novembre 1884, et entre à Mantoue le 18 avril 1885.
Créé cardinal du titre de Saint-Bernard des Thermes au Consistoire secret du 12 juin 1893, il est trois jours après promu patriarche de Venise où il ne peut entrer que le 24 novembre 1894 puisque le gouvernement italien n’a donné son exequatur que le 5 septembre 1894.
Élu pape le 4 août 1903, il prend le nom de Pie X, il est couronné le 9 août 1903.
Pie X passa de la terre au ciel durant la nuit entre le 20 et 21 août 1914 ; sa dépouille est déposée dans les Grottes vaticanes le 23 août 1914.
Pie X a été béatifié le 3 juin 1951par le vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) et proclamé saint, le 29 mai 1954, par le même Pape.
Sources principales : missel.free.fr/ ; vatican.va (« Rév. x gpm »).
Prière à la Vierge Marie Vierge très-sainte, qui avez plu au Seigneur et êtes devenue sa Mère, Vierge immaculée dans votre corps, dans votre âme, dans votre foi et dans votre amour, de grâce, regardez avec bienveillance les malheureux qui implorent votre puissante protection. Le serpent infernal, contre lequel fut jetée la première malédiction, continue, hélas ! à combattre et à tenter les pauvres fils d’Eve. Ah ! vous, ô notre Mère bénie, notre Reine et notre Avocate, vous qui avez écrasé la tête de l’ennemi dès le premier instant de votre Conception, accueillez nos prières, et, – nous vous en conjurons unis à vous en un seul coeur – présentez-les devant le trône de Dieu, afin que nous ne nous laissions jamais prendre aux embûches qui nous sont tendues, mais que nous arrivions tous au port du salut, et qu’au milieu de tant de périls, l’Eglise et la société chrétienne chantent encore une fois l’hymne de la délivrance, de la victoire et de la paix.