Miséricorde divine : le livre qui a bouleversé le pape François

©ALESSIA GIULIANI/CPP

Miséricorde divine : le livre qui a bouleversé le pape François

La miséricorde revêt une importance capitale aux yeux du pape François et il ne manque jamais une occasion de le rappeler. Et si cette clef de son pontificat lui avait été inspirée par la lecture d’un ouvrage pendant le conclave ? C’est ce que soutient le cardinal allemand Walter Kasper, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

Huit ans après, le cardinal allemand s’en souvient encore. C’était en mars 2013. Mgr Walter Kasper est à Rome, comme tous les autres cardinaux-électeurs du monde entier, afin de participer au conclave provoqué par le départ surprise de Benoît XVI. Avant de se retrouver dans la chapelle Sixtine pour désigner le successeur de Pierre, les cardinaux arrivent au compte-goutte et sont accueillis dans la résidence Sainte-Marthe, un bâtiment du Vatican prévu à cet effet, dont le futur pontife fera, bouleversant les usages, son lieu de vie quelques jours plus tard. Le cardinal Kasper se présente à l’accueil et on monte sa valise dans sa chambre, qui se trouve être juste en face de celle de l’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Mario Bergoglio.

C’est la parole de notre Dieu, sans elle nous sommes perdus.

À l’époque, vient de paraître l’édition hispanophone du dernier livre du cardinal Kasper publié un an auparavant, La miséricorde, notion fondamentale de l’Évangile et clef de la vie chrétienne. Le haut prélat en reçoit plusieurs exemplaires de son éditeur et décide d’en remettre à ses confrères hispanophones qui sont alors une vingtaine dans le collège des électeurs. Naturellement, il en apporte un exemplaire à son voisin de chambrée. Et la réaction du futur pontife l’a beaucoup marqué : stupéfait, le cardinal Bergoglio voit le mot « Miséricorde » dans le titre et s’écrit : « C’est la parole de notre Dieu, sans elle nous sommes perdus ». Une version légèrement différente existe de cet événement. On la retrouve dans le livre de Gerard O’Connell, L’élection du pape François (2020, Artège). En effet, selon le vaticaniste canadien, qui a récolté de très nombreux témoignages de cardinaux pendant cette période cruciale du conclave, le Pape serait allé encore plus loin et aurait affirmé au cardinal Kasper : « C’est le nom de notre Dieu ! ».

L’anecdote aurait pu paraître insignifiante si le conclave n’avait pas abouti à l’élection de l’Argentin. D’ailleurs, quelques jours après avoir choisi le nom de François, le pontife s’était présenté à la fenêtre du Palais apostolique pour réciter l’Angélus, et avait évoqué à cette occasion le livre sur la miséricorde du cardinal Kasper, qu’il avait décrit comme l’œuvre d’un « bon théologien ». Il avait même plaisanté, affirmant ne vouloir pas faire de la publicité pour les livres des cardinaux.PUBLICITÉ

Dès cet instant se sont alors croisées la petite et la grande histoire : la miséricorde est en effet devenue par la suite un des mots-clés du pape François. Il s’est mis dans les pas de Jean Paul II, grand admirateur de la mystique sainte Faustine Kowalska, qui avait reçu ce message du Christ : « L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde ». 

Après le pape polonais et le dimanche de la miséricorde divine, institué le dimanche de l’octave de la fête de Pâques, François a en effet poursuivi cette intuition pour l’Église du XXIe siècle. En 2015, il a ainsi lancé les « vendredis de la miséricorde ». Le principe de ces événements, dans le prolongement du dimanche de la miséricorde divine, est simple : faire au moins d’un vendredi par mois, le jour marqué par un acte concret de miséricorde. 

Source: ALETEIA, le 10 avril 2021

Fête de la Miséricorde divine: des missionnaires de la miséricorde aux côtés du pape

Missionnaires De La Miséricorde 10/04/2018 © Vatican Media
Missionnaires De La Miséricorde 10/04/2018 © Vatican Media

Fête de la Miséricorde divine: des missionnaires de la miséricorde aux côtés du pape

Mais les restrictions sanitaires seront observées

A l’occasion de la fête de la Miséricorde divine, dimanche prochain, 11 avril 2021, à 10h30, le pape François présidera la messe dans le sanctuaire romain de la Miséricorde, l’église Santo Spirito in Sassia entourés de missionnaires de la miséricorde, indique le dicastère pour la Nouvelle évangélisation.

Quelques Missionnaires de la Miséricorde concélèbreront avec le pape François: ils représenteront plus d’un millier de prêtres, institués lors du Jubilé de la Miséricorde. Le pape leur a confié une mission particulière, liée à la célébration du sacrement de la réconciliation et à la prédication du mystère de la miséricorde divine.

En effet, envoyés par le pape, ces missionnaires de différents pays ont reçu le pouvoir d’absoudre dans la confession cinq types de péchés habituellement réservés au Siège apostolique : profanation de l’Eucharistie, violence contre le Successeur de Pierre, absolution d’un complice, ordination d’un évêque sans mandat du pape, violation du secret de la confession.

Conformément aux normes anti-Covid, la capacité de l’église a été réduite à 80 personnes.

Signe de la miséricorde en actes, seront présents un groupe de détenus des prisons romaines de Regina Coeli, de Rebibbia pour les femmes et de Casal del Marmo, des soeurs hospitalières de la miséricorde, des infirmières de l’hôpital S. Spirito in Sassia, des personnes handicapées, une famille de migrants d’Argentine, de jeunes réfugiés de Syrie, du Nigéria et d’Égypte, dont deux Égyptiens appartenant de l’Église copte et un volontaire syrien de la Caritas et de l’Église catholique syrienne.

Les lectures seront proclamées par un séminariste, tandis que le service liturgique sera assuré par des jeunes d’une paroisse de la banlieue de Rome.

Seront aussi présents des volontaires du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation qui a compétence sur tout ce qui touche à la spiritualité de la Miséricorde divine, et des volontaires de l’Association nationale des carabiniers.

Après la célébration, pape conduira la prière mariale du Regina Caeli depuis l’église de Santo Spirito, à midi. Une traduction en langue des signes italienne (LIS) sera disponible.

L’an dernier, le pape avait déjà célébré cette fête à Santo Spirito in Sassia, pour le vingtième anniversaire de la canonisation de sœur Faustine Kowalska (1905-1938) et de l’institution du « Dimanche de la miséricorde divine ».

Sainte Faustine Kowalska, l’apôtre de la Miséricorde divine, est née le 25 août 1905, à Glogowiec, en Pologne. Elle a été béatifiée par Jean-Paul II à Rome en avril 1993 et canonisée par le pape polonais à Rome, le 30 avril 2000. Le même jour, le pape instituait la fête liturgique de la Miséricorde divine fixée au IIe dimanche de Pâques.

Par son intermédiaire, Jésus a transmis au monde entier son grand message de la Miséricorde Divine et a montré un modèle de perfection chrétienne fondée sur la confiance en Dieu et sur une attitude miséricordieuse envers le prochain. Cette fête se prépare par une neuvaine qui commence le Vendredi Saint.

Source: ZENIT.ORG, le 9 avril 2021

Lectures de dimanche : la miséricorde est la justice qui recrée avec amour

Jésus miséricordieux, tableau de Vilnius par Eugeniusz Kazimirowski @ faustine-message.com
Jésus Miséricordieux, Tableau De Vilnius Par Eugeniusz Kazimirowski @ Faustine-Message.com

Lectures de dimanche : la miséricorde est la justice qui recrée avec amour

Par Mgr Francesco Follo

Un dimanche avec quatre noms

« La miséricorde est la justice qui recrée avec amour » : c’est le titre de la méditation de Mgr Francesco Follo sur les lectures de dimanche prochain, 11 avril 2021, Dimanche de la Miséricorde (Année B – Ac 4,32-35; Ps 117; 1 Jn 5,1-6; Jn 20,19-31).

« La paix et la joie sont un cadeau du Ressuscité qui sont enracinés dans l’amour », souligne l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Unesco à Paris, « mais il faut briser l’attachement à soi-même ».

Prémices : un dimanche avec quatre noms.


Pour aider à comprendre la richesse de ce deuxième dimanche de Pâques je pense utile rappeler qu’il s’agit d’un dimanche avec quatre appellations.


1. Dimanche « in Albis ». Selon une tradition qui remonte aux premiers siècles de l’Église, le dimanche d’aujourd’hui prend le nom de « in Albis », car ce jour-là, les baptisés lors de la veillée pascale portaient à nouveau leur robe blanche, symbole de la lumière que le Seigneur leur avait donnée dans le baptême. Ensuite, même s’ils avaient enlevé leur tunique blanche, ils devaient continuer à introduire dans leur vie quotidienne la lumière du Christ reçue le jour du baptême. La flamme délicate de la vérité et du bien que le Seigneur avait allumée en eux, par eux devait – avec constance et diligence – apporter quelque chose de l’éclat et de la bonté de Dieu dans le monde.


2. Dimanche « Quasi modo ». Appellation qui vient du premier mot de l’antienne d’entrée de la messe d’aujourd’hui. « Quasi modo geniti infántes, alleluia: rationabiles, sine dolo lac concupíscite, alleluia, alleluia alleluia (1 Pt 2, 2), dont la traduction libre est : « Comme les nouveau-nés, alléluia, ayez envie du lait spirituel pur, alleluia, alleluia, alleluia », qui vous fait grandir vers le salut. Par la liturgie, l’Église adresse cette invitation aux nouveaux baptisés (mais par extension, à nous tous). C’est une invitation à goûter les joies spirituelles des prémices de la vie chrétienne, comme enfants.


3. Dimanche de Saint Thomas : cet autre nom, plus répandu dans les Eglise Orientales, dérive de l’épisode évangélique lu ce jour-là, à savoir l’admirable Théophanie (manifestation du Christ comme Dieu) résultant de l’incrédulité de l’apôtre Thomas qui ne croit pas au Ressuscité jusqu’à ce qu’il ne L’ait touché. Nous pouvons tirer l’enseignement suivant de l’homélie de saint Grégoire le Grand sur cet évangile (XXVI) : Jésus apparaît aux disciples rassemblés, après être entré à huis clos (comme il était entré, avant sa naissance, dans le sein encore fermé de la Vierge Marie) ; et en dépit d’être non corrompu, et d’être ressuscité, il est en même temps palpable : c’est avec ces signes incompréhensibles que le Seigneur se manifeste.


4. Dimanche de la Divine Miséricorde. En 1992 le Pape Saint Jean-Paul II a voulu que ce dimanche soit célébré comme la Fête de la Miséricorde Divine : dans le mot « miséricorde », il a trouvé tout le mystère de la Rédemption résumé et réinterprété pour notre temps. La présence de Dieu opposant les forces de Dieu avec sa puissance totalement différente et divine : avec la puissance de la miséricorde. C’est la miséricorde qui place une limite au mal. En lui s’exprime la nature très particulière de Dieu – sa sainteté, la puissance de la vérité et de l’amour.

1) Une rencontre qui confirme la foi.


Est-ce que les disciples avaient perdu la foi à cause de la passion et de la mort de Jésus ? Est-ce que la foi de ces futurs pêcheurs d’hommes pouvait être réduite à rien ? Certes les jours dramatiques qui se sont terminés avec la mort du Christ sur la Croix, l’avaient fragilisée et leur cœur était rempli de crainte. En effet, même s’ils sont restés à Jérusalem, ils se sont enfermés dans le Cénacle avec les portes bien verrouillées par crainte des Juifs. Mais voilà que des femmes (comme l’Evangile de dimanche dernier nous l’a rappelé) leur avaient annoncé que le Christ était ressuscité. Toutefois cette annonce ne leur fut suffisante. En effet, il était nécessaire que quelqu’un ait vu le Christ et ait annoncé sa résurrection, mais ce n’était pas suffisant : il était nécessaire Le rencontrer.


Dans le lieu où ils s’étaient réfugiés, il y avait encore un vent de peur. Peur des Juifs, mais aussi et surtout peur d’eux-mêmes, de leur propre lâcheté, de la manière dont ils avaient agi pendant la nuit de la trahison. Et pourtant, même si leur cœur était faible – et le nôtre lent – Jésus entra chez eux et resta parmi eux.


Jésus savait que leur foi pouvait fleurir à nouveau et être confirmée pas seulement par le souvenir qu’ils avaient de Lui, de ce qu’Il avait dit et fait dans les trois années qu’Il avait passées avec ses apôtres. Le souvenir, même s’il est très vivant, n’est pas suffisant à rendre vivante une personne. Il peut au plus faire naitre une école de vie et de pensée.
Donc, après avoir quitté le lieu de mort qu’était le sépulcre, Jésus entra où sont ses disciples morts de peur et morts dans le cœur ; Il resta parmi eux, ce qui signifie – à mon avis- au centre de leur cœur.


Jésus ressuscité reste avec ses disciples : mais pour faire quoi ? Il apporte Sa paix.
Je peux avoir la première expérience de résurrection dans le lieu clos où je me trouve, dans mes peurs. Le Christ y est présent, Il vient au cœur de mon cœur et m’annonce Sa paix. C’est dans le lieu fermé de mes peurs qu’Il vient à ma rencontre.


Donc, cette rencontre est importante. Après la rencontre avec Marie-Madeleine qui cherche Jésus avec un saint amour et une pure piété, nous sommes appelés aujourd’hui à célébrer la rencontre d’amour et de piété avec le Christ qui nous cherche. Le Ressuscité vient à notre rencontre, à nous qui sommes morts dans nos peurs, dans nos fragilités, dans notre péché, dans nos fermetures, dans notre obscurité, pour nous faire renaitre à la paix et la joie.


La paix et la joie sont un cadeau du Ressuscité qui sont enracinés dans l’amour. Paix et joie sont un don du Ressuscité et, en même temps, elles sont les marques caractéristiques pour Le reconnaitre. Mais il faut briser l’attachement à soi-même. Seulement ainsi, nous ne serons plus sous chantage et nous serons libérés de la peur. La paix et la joie fleurissent dans la liberté et le don de soi : deux conditions sans lesquelles aucune expérience de la présence du Ressuscité n’est possible.


Le ressuscité Jésus, riche de miséricorde, de bonté et de paix, n’a pas été arrêté par le huis clos du Cénacle. Saint Augustin explique que « les portes fermées n’ont pas empêché l’entrée de ce Corps en lequel la divinité habitait. Celui qui avait laissé intègre la virginité de sa mère en naissant, pu entrer au Cénacle à huis clos et confirmer la faible foi des disciples en montrant ses plaies glorieuses. »

2) Un geste de miséricorde.


Comme il nous est dit dans le récit de l’Evangile d’aujourd’hui, huit jours après, Jésus réapparait au milieu de ses disciples, et cette fois-là l’apôtre Thomas est présent.
Jésus s’adresse à lui en disant : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant”. Thomas se mit à genoux et il fit une splendide profession de foi : “Mon Seigneur et mon Dieu”.


Le Christ ressuscité montra les signes de la passion jusqu’à concéder à l’incroyant Thomas de les toucher. La divine condescendance nous permet d’apprendre aussi de Thomas incrédule, et pas seulement de disciples croyants. En effet, en touchant les blessures du Seigneur, le disciple qui doute ne guérit pas seulement sa propre méfiance, mais aussi la nôtre.


Tout d’abord, il n’avait pas cru que Jésus puisse être apparu en son absence et avait dit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jn 20, 19). Huit jours plus tard, le Christ ressuscité retourna au Cénacle et resta au milieu des disciples. Jésus reste debout, tout droit (c’est la position du Vivant dont le corps « gisait » dans le sépulcre) et il s’adresse à la communauté toute entière. En effet, il dit : « Paix à vous ! ». Paix aussi à Thomas ! Jésus s’adresse personnellement à lui en lui disant cette phrase déjà citée : « « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! ». C’est le Ressuscité-même qui choisit les signes de sa crucifixion pour se faire reconnaître : le coté et les mains transpercées. Jésus invite Thomas à réaliser son désir : voir et toucher les trous provoqués par les clous qui avaient soutenu Jésus sur la croix, et la blessure que la lance avait faite dans le coté du Rédempteur.


La Résurrection n’abolit pas la Croix : elle la transfigure. Les séquelles de la crucifixion restent toujours visibles parce que ce sont vraiment elles qui indiquent l’identité du Ressuscité et le chemin que le disciple doit parcourir pour le rejoindre.


Le Ressuscité porte pour toujours les blessures, maintenant glorieuses, mémoire pour toujours de son immense amour pour nous. Saint Thomas put mettre son doigt dans le trou des clous et avancer sa main dans la blessure ouverte par la lance, parce qu’il pensait à juste titre que les signes qualifiants de l’identité du Christ étaient surtout ses plaies, dans lesquelles se manifeste aussi aujourd’hui jusqu’à quel point Dieu nous a aimés et que le Ressuscité est le Crucifié.
Les blessures du Christ restent mystérieusement ouvertes aussi après la résurrection : elles sont la porte grande ouverte par laquelle le Fils de Dieu s’ouvre à nous et par laquelle nous entrons en lui. Comme Thomas, aujourd’hui nous sommes appelés à voir et à toucher le Corps du Christ, pour entre en communion avec Lui.

3) L’Amour est mission.


Le récit de l’Evangile d’aujourd’hui ne nous parle pas seulement de la rencontre entre le Ressuscité et Saint Thomas, mais il va au-delà, afin que tous puissent recevoir le don de la paix et de la vie avec le “Souffle créateur”. En effet, par deux fois, Jésus dit à ses disciples : “La paix soit avec vous” et ajouta : “ « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. ». Voilà la mission de l’Eglise toujours assistée par le Saint Esprit : apporter à toutes et à tous l’heureuse nouvelle, la joyeuse réalité de l’Amour miséricordieux de Dieu.
L’amour est toujours missionnaire parce qu’il met la personne « hors d’elle ». Non pas dans le sens de perdre la tête, c’est à dire de devenir fous, mais dans le sens de sortir de son propre égoïsme pour affirmer l’autre, afin que l’autre vive. L’amour du Père qui nous offre son Fils nous pousse vers nos frères ((cf. 2 Cor 5, 14) afin qu’ils découvrent cet amour divin et qu’ils l’accueillent. Alors Dieu sera tout en tous (cf. 1 Cor 15, 28).


Pour nous permettre d’accomplir cette mission, Jésus nous donne son souffle de vie : la Vie de Dieu devient notre vie. C’est l’esprit nouveau qui nous enlève le cœur en pierre et nous donne un cœur de chair, capable de vivre selon la parole de Dieu et d’habiter la terre (cf. Ez 36, 24 ss). C’est le souffle que Dieu expira sur Adam (cf. Gn 2,7) et que le nouvel Adam “expira” de la Croix, en faisant sortir de son coté du sang (signe de l’Eucharistie) et de l’eau (signe di Baptême).
C’est l’Esprit du Fils de Dieu qui nous rend capable de vivre en frères et sœurs, en vainquant le mal par le bien. Donc la mission des disciples est celle de pardonner les péchés. Le pardon fraternel réalise l’amour du Père. En cette façon l’Eglise, sacrement du salut pour tous, continue la mission de l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde.


Avec le don de son Esprit, Jésus nous envoie nous-aussi à continuer dans le monde son œuvre de miséricorde et réconciliation. Les vierges consacrées dans le monde participent à ce ministère de miséricorde d’une façon significative et très particulière.


Quand une chose est consacrée, elle est soustraite à tout autre usage pour être utilisé seulement pour un but sacré. C’est ainsi pour un objet quand il est destiné au culte divin. Mais il arrive la même chose pour une personne quand elle est appelée par Dieu à Lui rendre un culte parfait. Etre consacrée au Christ signifie se laisser conduire par lui, avoir confiance en Lui et apporter son amour miséricordieux dans la vie de chaque jour. “Prions le Seigneur qu’Il multiplie sur les vierges consacrées Sa grâce afin qu’elles accomplissent des œuvres de miséricorde, et que tous ceux qui les voient glorifient le Père de la Miséricorde qui est aux Cieux” (Sainte Faustine Kowalska.). Ceci est, entre autres, confirmé dans le Rituel de la Consécration des Vierges qui affirme que leur tâche est celle de s’adonner “chacune selon son état et ses charismes propres, aux œuvres pénitence et de miséricorde , à l’activité apostolique et à la prière” (Praenotanda, n. 2, en version originale latine)

Lecture Patristique


Saint Cyrille d’Alexandrie (+ 444)
Commentaire sur l’évangile de Jean, 12
PG 74, 704-705.

Le corps du Ressuscité est le corps du Crucifié

En entrant dans le Cénacle toutes portes closes, le Christ a montré une fois de plus qu’il est Dieu par nature, et qu’il n’est pas différent de celui qui vivait auparavant avec les disciples. En découvrant son côté et en montrant la marque des clous, il manifestait à l’évidence qu’il a relevé le temple de son corps qui avait été suspendu à la croix, en détruisant la mort corporelle, puisque par nature il est la vie et il est Dieu.

Mais alors que le moment était venu de transformer son corps par une gloire inexprimable et prodigieuse, on le voit tellement soucieux de fonder la foi en la résurrection future de la chair qu’il a voulu, conformément à l’économie divine, apparaître tel qu’il était auparavant. Ainsi ne penserait-on pas qu’il avait alors un corps différent de celui avec lequel il était mort sur la croix.

Même si le Christ avait voulu déployer la gloire de son corps devant les disciples, avant de monter vers le Père, nos yeux n’auraient pu en supporter la vue. Vous le comprendrez facilement si vous vous rappelez la transfiguration qui avait jadis été montrée sur la montagne. En effet, saint Matthieu écrit que le Christ fut transfiguré devant eux, que son visage resplendit comme l’éclair et que ses vêtements devinrent blancs comme neige. Quant à eux, ne pouvant supporter la vision, ils tombèrent la face contre terre.

C’est pourquoi, afin d’observer exactement le plan divin, notre Seigneur Jésus apparaissait encore, au Cénacle, sous sa forme antérieure, et non pas selon la gloire qui est due et convient à son Temple transfiguré. Il ne voulait pas que la foi en la résurrection se porte sur un aspect et sur un corps différent de ceux qu’il reçut de la sainte Vierge et dans lesquels il est mort après avoir été crucifié selon les Écritures. En effet, la mort n’avait pouvoir que sur la chair, dont elle allait être chassée. Car, si ce n’est pas son corps mort qui est ressuscité, quelle espèce de mort a donc été vaincue ? Ou encore, comment le pouvoir de la corruption aurait-il cessé, sinon par la mort d’une créature raisonnable ? Car ce ne fut pas l’œuvre de l’âme, ni de l’ange, ni même du Verbe de Dieu. Donc, puisque la mort ne peut exercer son pouvoir que sur ce qui est corruptible par nature, on aura raison d’estimer que la force de résurrection peut s’exercer aussi sur cela, pour que la tyrannie de la mort soit renversée.

Le Seigneur salue ses disciples en disant : Paix à vous. Il déclare ainsi que lui-même est la paix. Car ceux auprès desquels il est présent bénéficient d’un esprit parfaitement apaisé. C’est évidemment ce que saint Paul souhaitait aux fidèles quand il disait : Que la paix du Christ, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, garde votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus (Ph 4,7). Pour saint Paul, la paix du Christ, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer, n’est autre que son Esprit: celui qui participe à son Esprit sera rempli de tout bien.

Source: ZENIT.ORG, le 8 avril 2021

Miséricorde Divine, cardinal Dziwisz: ne perdez pas la foi en Dieu

La statue de Jean-Paul II devant le Sanctuaire de la Miséricorde Divine à Cracovie en Pologne. La statue de Jean-Paul II devant le Sanctuaire de la Miséricorde Divine à Cracovie en Pologne.  

Miséricorde Divine, cardinal Dziwisz: ne perdez pas la foi en Dieu

Le secrétaire particulier de Jean-Paul II et son plus proche collaborateur, le cardinal Stanislas Dziwisz, archevêque émérite de Cracovie, remonte aux origines de la fête de la Miséricorde Divine, à la demande du saint Pape polonais. Il relie également la figure de sainte Faustine Kowalska à celle du Pape François en tant qu’apôtre de la Divine Miséricorde. 

Giancarlo Lavella et Gabriella Ceraso – Cité du Vatican

Le Pape François a présidé, ce Dimanche 19 avril 2020, une messe en la fête de la Miséricorde Divine, instituée il y a 20 ans par Saint Jean-Paul II, le deuxième dimanche de Pâques, suite à ce que Jésus lui-même avait demandé dans l’une des apparitions à Sœur Faustine Kowalska à Plock en 1931. Elle a eu lieu aujourd’hui à 11 heures en l’Église Santo Spirito in Sassia, non loin de la Place Saint-Pierre, le sanctuaire romain dédié précisément à la la spiritualité de la Miséricorde Divine.

La vague de miséricorde déversée sur l’humanité

C’est la première fois qu’un Pape revient dans cette église, 25 ans après saint Jean-Paul II qui avait béni l’image du Christ miséricordieux vénéré ici. Ce même Christ décrit par Sœur Faustine dans ses visions mystiques, dont partent du cœur transpercé «deux faisceaux de lumière qui illuminent le monde», et d’où – selon les mots de Karol Wojtyla – «jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité». C’est la sainte polonaise qui a fait connaître au monde cette dévotion et la volonté de Jésus lui-même: «Je désire que la fête de la miséricorde soit un refuge et un abri pour toutes les âmes. L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde», est-il écrit dans le journal de Faustine.

100 ans après la naissance de Jean-Paul II

Le Pape François a donc choisi cette fête, si liée à son magistère et à son bien-aimé prédécesseur, et précisément ce sanctuaire romain, pour sa deuxième sortie publique en période de confinement.

«Ne perdez jamais la foi et l’espoir en Jésus Miséricordieux, ne doutez jamais de la protection des Apôtres de la Miséricorde Divine, de Sainte Faustine Kowalska et de Saint Jean-Paul II», assure  le cardinal Stanislas Dziwisz, archevêque émérite de Cracovie et ancien secrétaire personnel du Pape polonais.

100 ans après la naissance de Jean-Paul II, le 18 mai prochain, c’est précisément la fervente dévotion à Jésus Miséricordieux «qui le rend vivant et présent, et encore aujourd’hui «don pour l’Église et l’humanité», ajoute le cardinal polonais.

Entretien avec le cardinal Stanislas Dziwisz

Ce dimanche est la fête de la Miséricorde Divine: nous la vivons tous différemment cette année sans pouvoir participer aux rites en personne et aussi en restant loin du Pape physiquement. Nous sommes dans une période de pandémie, alors comment concilier cette fête avec le moment difficile que nous vivons?

Ne perdons pas la foi en la Miséricorde Divine. Nous devons, une fois de plus, nous tourner vers Jésus Miséricordieux comme nous l’avons fait pendant la Seconde Guerre mondiale. Même maintenant, c’est un moment difficile pour toute l’humanité, et nous devons toujours avoir de l’espérance et nous confier à Jésus Miséricordieux et aux apôtres de la Divine Miséricorde, Sœur Faustine et Jean-Paul II. Ils sont nos protecteurs et nous l’avons déjà vécu, ils sont toujours proches de nous et nous protègent toujours. C’est pourquoi la grande fête de la Miséricorde Divine nous rappelle ceci: ne perdez pas l’espérance et la confiance en Dieu.

Il y a 20 ans, Saint Jean-Paul II a institué ce dimanche spécial en réponse à la demande de Jésus transmise à Sainte Faustine Kowalska. À votre avis, comment cet anniversaire a-t-il affecté l’Église universelle pendant tout ce temps?

Certes, au début, les ecclésiastiques n’en étaient pas si convaincus; puis ils ont progressivement compris qu’il s’agissait d’une chose inspirée par le Seigneur, par l’Esprit Saint et qu’il était nécessaire de marcher sur ce chemin à la suite de Jean-Paul II.

Pour le Pape François aussi, peut-on utiliser la définition d’Apôtre de la miséricorde comme pour Sainte Faustine, vénérée précisément comme l’apôtre de la miséricorde divine? Quelles similitudes lisez-vous dans leurs chemins?

Nous l’avons entendu à maintes reprises: le Pape François est également dévoué à la Miséricorde Divine. Nous l’avons notamment vécu lors des Journées mondiales de la jeunesse à Cracovie. Il en a aussi souvent parlé en invitant les jeunes à avoir de l’espoir et de la confiance en Dieu miséricordieux.

Le 18 mai prochain, nous commémorerons les cent ans de la naissance de Karol Wojtyla. Toute l’Église, et pas seulement en Pologne, se prépare à cette journée. Pour vous, qui étiez aux côtés du Pape polonais depuis si longtemps, qu’est-ce que cet horizon suscite dans votre cœur? Quelles émotions, quels souvenirs, quels espoirs?

Il est certain qu’au fil du temps, cette grande figure du Pape me revient toujours à l’esprit, comme un don pour l’Église et pour l’humanité. Il est mort depuis 15 ans, mais il continue à inspirer et continue à le faire encore aujourd’hui, précisément par sa dévotion à Jésus Miséricordieux.

Source: Vaticannews, le 19 avril 2020

Méditation du 2ième dimanche de Pâques : Dimanche de la Miséricorde

2020.04.17 Divina Misericordia S. Spirito in Sassia

Méditation du 2ième dimanche de Pâques : Dimanche de la Miséricorde 

Le Père jésuite Adrien Lentiampa nous introduit à la méditation avec les lectures du deuxième dimanche de Pâques

Chers Frères et Sœurs,


En ce deuxième dimanche de Pâques, nous lisons le récit des apparitions qui conduisent à la profession de foi de l’apôtre Thomas. Ce récit nous fait voir, d’une certaine manière, le chemin à parcourir dans notre foi au Christ-Ressuscité, pour trouver en lui notre Paix et notre Joie.
En effet, l’Evangile de ce jour met en évidence le parcours de foi de l’Apôtre Thomas, le Didyme, le jumeau. S’il est jumeau, cela veut dire qu’il y a un autre derrière son personnage, quelqu’un avec qui il a partagé le cordon ombilical. Ce jumeau de Thomas, de qui le récit garde silence, n’est autre que chacun de nous.
La particularité de notre jumeau, Thomas, dans ce récit, c’est d’avoir besoin du temps pour réaliser et vivre de la Résurrection du Christ. Il lui faudrait pratiquement une octave, huit jours après la nuit de la Résurrection, pour reconnaitre son Seigneur et son Dieu. C’est que les événements de la passion de Jésus l’ont tellement bouleversé, que sa foi est mise à dure épreuve ; la mort de son Maître lui a fait perdre tout repère. Et, c’est qui est admirable, c’est le fait que le Ressuscité se met à son niveau et se soumet à ses exigences : il l’invite à mettre son doigt dans la marque laissée par les clous de sa passion, et de placer sa main dans son côté transpercé. Thomas voulait une preuve que le Ressuscité est bien celui qui avait souffert la passion. Et celui-ci le laisse expérimenter cela. N’oublions pas que si Jésus a les mains trouées par les clous, s’il a le côté transpercé par l’épée, c’est parce qu’il a accepté de mourir pour les siens par amour : « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1).
En ce deuxième dimanche de Pâques, Pâques si particulière cette année où beaucoup n’ont pu participer aux célébrations liturgiques, l’évangile nous invite à faire le pas et à reconnaitre le Christ Ressuscité au cœur de ce monde si fortement désemparé. Nous savons que le Christ souffre ce moment avec nous. Nous savons aussi que, quel qu’en soit l’issu, le Christ en est vainqueur, et nous avec lui. Comme à Thomas, nous sommes invités à nous réfugier dans son côté transpercé, et à trouver notre force dans ses mains percées par les clous de la croix, pour annoncer au monde son espérance.
Plus que jamais, nous sommes invités à prendre conscience de notre mission de chrétien : délier le monde de son obscurité et de son péché ; plus que jamais, entendons le Seigneur nous dire : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ! ». Si donc le Christ Ressuscité souffle sur nous et nous donne son Esprit, c’est pour que nous témoignions de la transformation qu’apporte la résurrection du Seigneur ; transformation dont témoigne la première communauté des chrétiens ayant fait l’expérience du Ressuscité à laquelle fait allusion la première lecture de ce dimanche. Et une telle transformation se manifestera par la paix du Christ qui doit nous caractériser au cœur de ce temps trouble ; la paix étant le principal don qu’apporte le Christ ressuscité aux siens. Voilà pourquoi, Frères et Sœurs, même en ce temps où le monde est désemparé, nous pouvons, avec notre jumeau, l’Apôtre Thomas, reconnaitre en Jésus et lui dire : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »


 Méditation dominicale avec le Père Adrien Lentiampas, SJ

Source: Vaticannews le 18 avril 2020

La miséricorde, un sentiment qui pousse à agir

Zurbaran, St Thomas d'Aquin © Wikimedia
Zurbaran, St Thomas d’Aquin © Wikimedia

La miséricorde, un sentiment qui pousse à agir

Alors que l’Église célèbre ce dimanche la fête de la Divine miséricorde, il est peut-être parfois difficile de comprendre le sens profond de cette vertu. Parce qu’on la croit peu connectée avec la vie quotidienne, elle peut dérouter ou faire peur.

Dans nos existences contemporaines y-a-t-il une place pour la miséricorde ? Réponse inspirante de saint Thomas d’Aquin.

Alors que le pape François va célébrer à l’occasion de la fête de la Divine miséricorde la messe à l’église Santo Spirito in Sassia, connue comme le sanctuaire de la Divine Miséricorde, ce dimanche 19 avril (à suivre en direct sur Aleteia), en lisant avec attention les écrits du Souverain pontife sur la miséricorde on se rend compte que saint Thomas d’Aquin est le théologien le plus fréquemment cité. Mais pourquoi ? Étudier ce grand penseur du Moyen-Âge apparemment peu abordable pourrait en décourager certains…  Pourtant, c’est bien lui qui est convoqué comme expert numéro 1, dans le document du pape François proclamant l’Année de la Miséricorde : «La miséricorde est le propre de Dieu, et c’est en cela que se manifeste au plus haut point sa toute-puissance» (IIa IIae, q. 30, a. 4, resp.).

Et le Pape de commenter : «Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute-puissance de Dieu.» (Misericordiæ vultus, n° 6). Mais comment cultiver alors cette vertu qu’en premier lieu, on ne prête qu’à Dieu ? C’est ce que saint Thomas justifie : si la miséricorde caractérise Dieu, elle est aussi une vertu humaine :

« La miséricorde est la compassion que notre cœur éprouve en face de la misère d’autrui, sentiment qui nous pousse à lui venir en aide si nous le pouvons. »

Être miséricordieux, c’est donc compatir à la misère de l’autre. Mais ce qui nous attriste et nous fait souffrir le plus, c’est le mal qui nous atteint nous-mêmes. Nous nous attristerons donc et nous souffrirons de la misère d’autrui dans la mesure où nous la regarderons comme la nôtre. Cependant, en cultivant la vertu de la miséricorde, on peut aller plus loin et agir. Dans une relation amicale ou amoureuse, celui qui aime considère son ami comme un autre lui-même. Par conséquent, il considère son mal comme le sien. Il en souffre comme s’il en était lui-même frappé. C’est ce sentiment d’amitié qu’Aristote définit de façon très juste : il consiste à « partager les peines d’un ami ». Un sentiment qui pousse à aider l’autre.

Un sentiment qui pousse à agir

Selon saint Thomas d’Aquin, pour qu’il y ait vertu, il faut que la raison s’en mêle. Ainsi donc, la miséricorde est une émotion à laquelle on répond rationnellement. Elle est alors une vertu qui pousse à agir. Elle est la plus grande des vertus, car il lui appartient de donner à l’autre, et de soulager sa misère. Aussi, se montrer miséricordieux est regardé comme le propre de Dieu. C’est par là surtout que se manifeste Sa toute-puissance.

La miséricorde de Dieu, comme le souligne Jean Paul II dans son encyclique Dives in misericordia, thème majeur de son enseignement jusqu’à instituer la fête de la Miséricorde, le premier dimanche après Pâques, elle est cet amour bienveillant de Dieu qui pardonne et revalorise. « L’Eglise ne se lasse pas d’en répéter l’annonce car elle sait que le monde a besoin de cette miséricorde, qui n’humilie pas l’homme mais qui lui donne une nouvelle dignité en l’élevant au niveau de Dieu. » Plus encore, la miséricorde divine est l’ultime rempart opposé par Dieu au mal : « La miséricorde signifie une puissance particulière de l’amour, qui est plus fort que le péché et l’infidélité. »

Source: Aleteia, le 18.04.2020, par Marzena Wilkanowicz-Devoud

Messe du Dimanche de la Miséricorde avec le pape François – 19.02.2020 à 11h00 (direct) – Célébration à l’église Santo Spirito de Sassia

Dimanche de la Miséricorde: face à la pandémie, tendre la main 

Une semaine après avoir célébré la résurrection du Christ dans une Basilique Saint-Pierre déserte, le Pape François, a présidé, ce dimanche 19 avril 2020, la messe en l’église Santo Spirito in Sassia de Rome, en la fête de Miséricorde Divine. Dans son homélie, le Saint-Père a exhorté à construire un nouveau monde en combattant le virus de l’égoïsme et de l’injustice.

C’est dans le «sanctuaire de la miséricorde à Rome», privé de ses fidèles en raison de la pandémie de coronavirus, que le Pape François a célébré la fête de la Miséricorde Divine, instituée par Saint Jean-Paul II, il y a vingt ans, le 30 avril 2000, jour de la canonisation de Sœur Faustine Kowalska, apôtre de la Divine Miséricorde. En ce deuxième dimanche de Pâques, le Saint-Père, commentant l’Évangile selon Saint Jean, a posé son regard sur l’apôtre Thomas et sur sa résurrection qui «s’accomplit quand son humanité fragile et blessée entre dans celle de Jésus».

«Une semaine s’est écoulée, une semaine que les disciples, bien qu’ayant vu le Ressuscité, ont passée dans la peur, « les portes verrouillées » (Jn 20, 26), sans même réussir à convaincre de la résurrection l’unique absent, Thomas. Le disciple, «arrivé en retard», lorsqu’il touche du doigts «la proximité amoureuse de Dieu», dans ces blessures et embrasse la miséricorde, «dépasse les autres disciples: il ne croit pas seulement à la résurrection, mais à l’amour sans limites de Dieu». 

Cette résurrection du disciple commence, observe le Pape dans son homélie, «à partir de cette miséricorde fidèle et patiente, à partir de la découverte que Dieu ne se lasse pas de nous tendre la main pour nous relever de nos chutes». Il veut que nous le voyions, «non pas comme un patron à qui nous devons rendre des comptes, mais comme notre Papa qui nous relève toujours».

Confier au Seigneur nos précieuses fragilités

Alors que le monde entier est aujourd’hui traversé par une profonde souffrance liée à l’épidémie de Covid-19, le Pape invite à s’immerger dans cette miséricorde qui nous relève de terre, à l’image du disciple Thomas et de Sainte Faustine en confiant au Seigneur «nos misères» et en nous redécouvrant précieux dans nos fragilités.

«Dans l’épreuve que nous sommes en train de traverser, nous aussi, comme Thomas, avec nos craintes et nos doutes, nous nous sommes retrouvés fragiles. Nous avons besoin du Seigneur, qui voit en nous, au-delà de nos fragilités, une beauté indélébile».

Avec lui, relève le Pape François, «nous découvrons que nous sommes comme de très beaux cristaux, fragiles et en même temps précieux. Et si, comme le cristal, nous sommes transparents devant lui, sa lumière, la lumière de la miséricorde, brille en nous, et à travers nous, dans le monde».

Combattre le virus de l’égoïsme indifférent

Face à «une lente et pénible récupération, suite à la pandémie», le Saint-Père met en garde contre le danger d’«oublier celui qui est resté en arrière». Le risque, insiste-t-il, serait d’être infecté par «un virus pire encore, celui de l’égoïsme indifférent» qui peut porter «à sélectionner les personnes, à écarter les pauvres, à immoler sur l’autel du progrès celui qui est en arrière».

Cependant, poursuit-il, cette pandémie nous rappelle qu’«il n’y a ni différences ni frontières entre ceux qui souffrent. Nous sommes tous fragiles, tous égaux, tous précieux. Ce qui est en train de se passer nous secoue intérieurement: c’est le temps de supprimer les inégalités, de remédier à l’injustice qui mine à la racine la santé de l’humanité tout entière ! ».

Bâtir un monde miséricordieux envers les plus vulnérables

Le Pape François exhorte alors à «construire un nouveau monde» en étant, à l’image  de la communauté chrétienne des origines décrite dans le livre des Actes des Apôtres, «miséricordieux envers celui qui est plus faible». Il ne s’agit pas d’une idéologie, c’est le christianisme, précise le Saint-Père.

Déplorant qu’aujourd’hui, une petite partie de l’humanité soit allée de l’avant, tandis que la majorité est restée en arrière, le Pape souligne que cette épreuve offre l’occasion de préparer l’avenir de tous non pas en privilégiant «nos intérêts partisans» mais en remédiant à «l’injustice qui mine à la racine la santé de l’humanité tout entière», en étant «miséricordieux envers celui qui est plus faible».

Sans une vision d’ensemble, il n’y aura d’avenir pour personne conclu le Saint-Père en souhaitant que «l’amour désarmé et désarmant de Jésus ressuscite le cœur du disciple et que nous aussi, comme l’apôtre Thomas, puissions accueillir la miséricorde, salut du monde».

Source: Vaticannews, le 19 avril 2020

2ème Dimanche de Pâques – 19.04.2020 – Dimanche de la Divine Miséricorde – Messe à Lourdes à 10h00 (direct)

——      POINTS DE REPÈRES      ——

Le Dimanche de la Miséricorde Divine

Le dimanche après Pâques est le Dimanche de la Miséricorde Divine. Il a été institué par saint Jean-Paul II en avril 2000, le jour de la canonisation de la religieuse polonaise, sainte Faustine Kowalska. « Il est important, avait alors dit le Saint-Père, que nous recevions entièrement le message qui provient de la Parole de Dieu en ce deuxième Dimanche de Pâques, qui dorénavant, dans toute l’Eglise, prendra le nom de Dimanche de la Miséricorde divine ».

Qu’est-ce que la Miséricorde ?

Le mot miséricorde vient de deux mots latins qui veulent dire « misère » et « cœur». C’est une attitude caractéristique de Dieu, qui montre l’immense amour que le Père prodigue à ses enfants. Dieu écoute avec attention ce qui monte du cœur de l’homme ce qui provoque en Lui un soin quasi-maternelle.

Qui est sainte Faustine ?

sainte faustine

Religieuse polonaise (1905-1938), sainte Faustine est surnommé « l’apôtre de la miséricorde divine ». Le Christ lui est apparu et lui a dit Son désir de faire part au monde entier de Sa miséricorde. C’est elle qui est à l’origine de l’icône de la Miséricorde, représentant le Christ avec deux rayons sortant de son cœur, l’un rouge et l’autre blanc, symbole du sang et de l’eau sortis du coté de Jésus sur la Croix.


Le Jubilé de la Miséricorde

logo jubilé misericorde

En mars 2015, deux ans après son élection au pontificat, le pape François a décrété un Jubilé de la Miséricorde. Il en a présidé la messe d’ouverture en décembre 2015, introduisant une année jubilaire ponctuée de pèlerinages à Rome et de nombreuses rencontres.

Elément central de cette année jubilaire, les portes saintes : partout dans le monde, les catholiques ont été invités à franchir ces portes installées dans les cathédrales et les sanctuaires, symbole de l’accueil dans la maison de Dieu pour y recevoir le pardon des péchés, la remise des pénitences et rendre grâce dans l’Eucharistie.

Deuxième dimanche de Pâques – 19.04.2020 – Dimanche de la Divine Miséricorde – Dimanche de saint Thomas – Dimanche in albis

Au terme de l’octave pascale – toute la semaine n’est considérée que comme un seul jour célébrant « la fête des fêtes » (saint Augustin) -, le deuxième dimanche de Pâques inaugure l’octave de dimanches qui mène jusqu’à la Pentecôte, comme aussi un jour unique de fête, un « grand dimanche » (saint Athanase) d’allégresse, manifestée par la flamme du cierge pascal qui brûle près de l’ambon.

Le dimanche de la Divine Miséricorde a porté de nombreux noms :

* Ce fut le dimanche in albis (« en blanc ») car, ce jour-là, les baptisés de Pâques revêtent pour la dernière fois le vêtement blanc de leur naissance nouvelle. 

* Ce fut le dimanche de Quasimodo, du premier mot latin de l’antienne d’ouverture de la messe : « Comme des enfants nouveau-nés ont soif du lait qui les nourrit, soyez avides du lait pur de la Parole, afin qu’il vous fasse grandir pour le salut, alléluia ! » 

* Et, depuis le 30 avril 2000, le pape Jean-Paul II a demandé qu’il soit fêté comme le « dimanche de la Divine Miséricorde », selon la demande faite par le Christ à sœur Faustine Kowalska — canonisée ce jour-là — : « Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques, ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde » (1931).

La liturgie y résonne encore tout entière de l’alléluia pascal, cette acclamation de la liturgie hébraïque qui loue joyeusement le Seigneur et retentit, dans l’Apocalypse, comme le chant des rachetés par le sang de l’Agneau. Et toutes les lectures concourent à « raviver dans les cœurs le mystère pascal » (prière après la communion). 

Le psaume 117 est repris comme un chant de victoire et, plus encore, comme un rappel de la mort-résurrection du Christ :

« La pierre rejetée des bâtisseurs est devenue la tête d’angle… 

Voici le jour que fit le Seigneur : qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! »  

(Ps 117 -118-, 22-24) 

Mais la célébration de ce dimanche est dominée par la figure de l’apôtre Thomas et l’expérience du Ressuscité qu’il connut « huit jours plus tard » (Jean 21, 26). À travers Thomas, c’est à tous ses disciples que le Seigneur apporte sa paix et qu’il demande : 

« Cesse d’être incrédule, sois croyant » (Jean 21, 27). Par-delà l’apôtre Thomas, c’est à nous que s’adresse directement cette béatitude, la dernière de l’Évangile : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jean 21, 29)

« L’incrédulité de Thomas vient au secours de notre foi », chante l’hymne de l’office de la Résurrection. Ainsi la première lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres qui, pendant tout le temps pascal, relate les débuts de l’Église, décrit la première communauté de Jérusalem, ceux qui déjà sont rassemblés au nom du Seigneur et croient sans l’avoir vu. Fondés sur la Parole, l’amour fraternel et l’Eucharistie, ils représentent l’archétype de toute communauté chrétienne, la communion réalisée de tous ceux qui se sont reconnus frères dans le frère aîné et, en lui, fils d’un même Père. N’y a-t-il pas déjà là une anticipation du bonheur céleste ouvert par la Résurrection du Christ ?

Covid-19 : les Colombiens invités à prier le chapelet de la Divine Miséricorde

Un chiffon rouge aux fenêtres comme un signal de détresse alimentaire. Ici à Comuna 13 dans la ville de Medellin.Un chiffon rouge aux fenêtres comme un signal de détresse alimentaire. Ici à Comuna 13 dans la ville de Medellin.  (AFP or licensors)

Covid-19 : les Colombiens invités à prier le chapelet de la Divine Miséricorde 

Face à la crise économique provoquée par la pandémie de nouveau coronavirus, les Colombiens réclament, parfois même dans la rue, des allocations et de la nourriture. L’Église a mis en place une campagne de solidarité nationale et invite les fidèles à prier le chapelet de la Divine Miséricorde demain.

Marie Duhamel – Cité du Vatican 

Ce dimanche 19 avril, la conférence épiscopale de Colombie invite les fidèles à réciter le chapelet de la Divine Miséricorde à partir de 15 heures, heure locale, adhérant ainsi à l’initiative du Pape qui propose de s’en remettre à Jésus Miséricordieux pour demander la fin de la pandémie pour l’Église et pour toute l’humanité. 

L’Église colombienne a préparé un document pastoral, qui peut être téléchargé sur le site www.iglesiantecoronavirus.cec.org.co , afin d’aider les catholiques à célébrer au mieux, à la maison, le « Dimanche de la Miséricorde », institué le deuxième dimanche de Pâques en l’an 2000 par saint Jean-Paul II, l’année de la canonisation de sœur Faustine Kowalska, messagère de la Divine Miséricorde et religieuse polonaise de la congrégation des Sœurs de la Bienheureuse Vierge Marie de la Miséricorde.

Le site internet www.iglesiantecoronavirus.cec.org.co a été créé il y a quelques semaines pour rassembler en un même lieu l’ensemble des actions pastorales et des interventions de l’Église colombienne et d’Amérique latine visant à soutenir la communauté catholique et à lutter contre la propagation du virus. 

Les vendeurs ambulants privés de revenus

Une campagne de solidarité intitulée «Partage chrétien des biens» a notamment été lancée. Elle prévoit de prendre soin et d’accueillir des personnes sans-abris dans les grandes villes du pays, mais également de rester en contact avec les familles les plus en souffrance à cause, par exemple, de violences conjugales. Une présence physique et un travail psycho-social est proposé.

L’Église s’engage enfin à faire parvenir de la nourriture aux personnes en situation d’urgence alimentaire. À travers le pays, des chiffons rouges apparaissent aux fenêtres en signe d’appel à l’aide. En Colombie, le taux de chômage est supérieur à 11% et 47% de la population active travaille dans le secteur informel aujourd’hui à l’arrêt.

Concerts de casseroles

Le gouvernement a annoncé avoir débloqué 15 milliards de dollars, mais le versement des aides n’est pas toujours parvenu aux personnes dans le besoin. La maire de Bogota, Claudia Lopez, déplore un retard dû à des irrégularités dans les données de paiement. Elle affirme néanmoins que 280 000 des 500 000 versements promis ont été effectués et 1,8 million de colis ont été distribués. Ce n’est manifestement pas assez au regard des concerts de casseroles improvisés, des tentatives de pillage de supermarchés ou du blocage d’une station de bus hier soir dans le sud de la capitale. Les villes de Medellin et Cali sont également touchées.

Dans le pays, le Covid-19 affecte plus de 3 000 personnes et près de 150 victimes ont été enregistrées depuis le 6 mars dernier. Le confinement a commencé le 23 mars et il devrait durer au moins jusqu’au 26 avril.

Source: Vaticannews, le 18.04.2020