Apparitions de Jésus à sainte Faustine: le Pape écrit au sanctuaire de Płock

Sainte Faustine et Jésus tel qu'il est apparu à la religieuseSainte Faustine et Jésus tel qu’il est apparu à la religieuse 

Apparitions de Jésus à sainte Faustine: le Pape écrit au sanctuaire de Płock

Le sanctuaire de Płock, dans le centre de la Pologne, fête ce 22 février le 90ème anniversaire de l’apparition de Jésus à sainte Faustine Kowalska. Pour l’occasion, le Saint-Père a adressé une lettre à l’évêque de la ville.

Le 22 février 1931, au monastère de Płock, sœur Faustine Kowalska eut une vision du Christ Miséricordieux, qu’elle raconte dans son Petit Journal. Le Seigneur lui aurait alors demandé de peindre une image avec comme inscription «Jésus, j’ai confiance en Toi» (“Jezu, ufam Tobie).

«Que soit peint un tableau d’après le dessin que tu vois, avec la légende: Jésus, j’ai confiance en Toi. Je souhaite que ce tableau soit d’abord vénéré dans votre chapelle et ensuite dans le monde entier», rapporte la religieuse polonaise, citant les mots de Jésus (Journal 47).

Répandre dans le monde «le feu de la Miséricorde»

À l’occasion du 90ème anniversaire de cette apparition, le Pape François a écrit une lettre à Mgr Piotr Libera, évêque de Płock. Dans la missive, datée du 15 février et publiée ce lundi, le Saint-Père assure se joindre «aux prières des participants à la célébration solennelle dans le sanctuaire de la Miséricorde Divine». Il rappelle aussi des mots du Seigneur écrits par sainte Faustine Kowolska: «L’humanité ne connaîtra pas la paix tant qu’elle ne se sera pas tournée vers la source de ma miséricorde» (Actes 699). Le Pape encourage à se tourner «vers cette source»,en demandant «au Christ le don de la miséricorde». «Ayons le courage de revenir à Jésus, de rencontrer son amour et sa miséricorde dans les sacrements. Ressentons sa proximité et sa tendresse, et alors nous serons nous aussi plus capables de miséricorde, de patience, de pardon et d’amour», recommande le Souverain Pontife.

François cite aussi son prédécesseur saint Jean-Paul II, qui affirmait le 17 août 2002 depuis la Pologne que le «feu de la miséricorde doit être communiqué au monde. Dans la miséricorde de Dieu, le monde trouvera la paix et l’humanité trouvera le bonheur». Un encouragement que le Pape actuel renouvelle en s’adressant aujourd’hui aux fidèles de Płock et du monde entier: «Transmettez au monde le feu de l’Amour de Jésus. Soyez pour chacun un signe de Sa présence parmi vous».

Ce dimanche 21 février, après la prière de l’Angélus, François s’était également exprimé à propos de cet anniversaire: «Aujourd’hui, mes pensées vont au sanctuaire de Płock, en Pologne, où il y a 90 ans le Seigneur Jésus s’est manifesté à sainte Faustine Kowalska, en lui confiant un message spécial de la Divine Miséricorde. Avec saint Jean-Paul II, ce message est parvenu au monde entier, et ce n’est pas autre chose que l’Évangile de Jésus-Christ, mort et ressuscité, qui nous donne la miséricorde du Père. Ouvrons-lui le cœur, en disant avec foi: « Jésus, j’ai confiance en Toi ».»

Une vie d’alliance avec Jésus miséricordieux

Durant ses 13 ans de vie religieuse, sainte Faustine Kowalska, née en 1905, eut de nombreuses apparitions du Christ et de la Vierge Marie et consigna par écrit toute les paroles qu’elle reçut d’eux.

Le Seigneur l’invita à propager dans le monde le culte de la Miséricorde Divine, par divers moyens: le tableau du Christ avec l’inscription “Jésus, j’ai confiance en Toi!”, la fête de la Miséricorde Divine le premier dimanche après Pâques, le chapelet à la Miséricorde Divine et la prière à l’heure de la Miséricorde Divine (à 15 heures). Le Seigneur Jésus a lié de grandes promesses à la propagation de la dévotion à la Miséricorde, à condition de se fier à Dieu et de pratiquer la charité envers le prochain.

Avec l’aide du Père Michel Sopoćko, son confesseur, Faustine entreprend la mission confiée par Jésus. Plusieurs versions du tableau sont par exemple peintes, et des images distribuées à Cracovie et à Wilno devant lesquelles les fidèles commencent à prier. Cette image, destinée à devenir le symbole de la Miséricorde Divine, présente Jésus après la Résurrection, donnant la grâce des sacrements. Il porte un vêtement blanc, sa main droite se lève en signe de bénédiction et l’autre touche le vêtement sur la poitrine. De son côté blessé sortent deux grands rayons, l’un rouge, l’autre blanc, l’eau et le sang, représentant le don gratuit et illimité de la Miséricorde Divine. «Je promets que l’âme qui honorera cette image ne sera pas perdue. Je lui promets aussi la victoire sur ses ennemis dès ici-bas, et spécialement à l’heure de la mort. Moi-même, je la défendrai comme ma propre gloire», promet Jésus à sainte Faustine.

Le message de sœur Faustine a été noté dans son Petit Journal, rédigé par la volonté du Seigneur et de ses confesseurs. Ce n’est après la mort de la religieuse qu’il a commencé à se répandre et à prendre de l’ampleur. Ses écrits ont été traduits en de nombreuses langues, par exemple en anglais, allemand, italien, espagnol, français, portugais, russe, hongrois, tchèque et slovaque.

Sœur Faustine est morte à Cracovie le 5 octobre 1938, âgée de 33 ans. Le 18 avril 1993, elle fut béatifié par saint Jean-Paul II. Le Pape polonais l’a ensuite canonisée le 30 avril 2000. C’était en la Fête de la Miséricorde Divine, instaurée le même jour pour l’Église Universelle. Ses reliques reposent au sanctuaire de la Miséricorde Divine de Cracovie-Łagiewniki.

Source: VATICANNEWS, le 22 février 2021

Je ne sais, ô Seigneur, à quelle heure Tu viendras…

Je ne sais, ô Seigneur, à quelle heure Tu viendras, je veille donc sans cesse et je tends l’oreille, comme Ta bien-aimée que Tu as élue.

Car je sais que Tu aimes venir inaperçu. Mais je T’attends, Seigneur, dans le calme et le silence, avec au cœur une grande nostalgie et un désir inassouvi.

Viens donc enfin, mon très doux Seigneur, et emporte mon cœur altéré là-bas, chez Toi, dans les hautes contrées des Cieux où règne éternellement Ta vie.

La vie sur Terre n’est qu’une agonie, car mon cœur sent qu’il est créé pour les hauteurs et rien ne l’intéresse des misères de cette vie. Car ma patrie c’est le Ciel, et je crois en cela invinciblement. Ainsi soit-il.

Prière extraite du « Petit Journal » de Sainte Marie Faustine Kowalska (1905-1938) surnommée aussi Sœur Faustine du Saint Sacrement, religieuse mystique polonaise de la Congrégation de Notre-Dame de la Miséricorde et Apôtre de la Miséricorde divine canonisée en 2000 par Jean-paul ll.

05.10.2020 – SAINTE DU JOUR

Sainte Faustine Kowalska
« Apôtre de la Miséricorde Divine »

Sainte Sœur Marie-Faustine Kowalska (1905-1938). Fête le 05 Octobre.

Faustine Kowalska, apôtre de la Miséricorde Divine, compte aujourd’hui parmi les Saints les plus célèbres de l’Église. Par son intermédiaire, le Seigneur Jésus transmet au monde entier Son grand message de la Miséricorde Divine et montre un modèle de perfection chrétienne fondée sur la confiance en Dieu et sur une attitude miséricordieuse envers le prochain.

Faustine naît le 25 août 1905, troisième des dix enfants de Marianna et Stanisław Kowalski, agriculteurs dans le village de Głogowiec. Au baptême, dans l’église paroissiale de Świnice Warckie, elle reçoit le prénom d’Hélène. Depuis son enfance, elle se distingua par l’amour de la prière, l’assiduité, l’obéissance et par une grande sensibilité à la misère des hommes. 

À neuf ans, elle fait sa Première Communion qu’elle a profondément vécue, consciente de la présence de l’Hôte Divin dans son âme. Elle fréquente l’école pendant moins de trois ans. Adolescente, elle quitte la maison familiale pour gagner sa vie et pour aider ses parents comme servante dans des familles aisées à Aleksandrów, Łódź et Ostrówek.

Elle a senti la vocation dans son âme dès l’âge de sept ans, mais ses parents n’étant pas d’accord pour qu’elle entre dans les ordres, elle a essayé d’étouffer cette voix intérieure. Cependant, exhortée par la vision du Christ souffrant, elle est partie pour Varsovie où, le 1er août 1925, elle a rejoint la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de la Miséricorde. 

Devenue sœur Marie-Faustine, elle a passé au couvent treize ans, en remplissant les fonctions de cuisinière, de jardinière et de sœur portière dans plusieurs maisons de la Congrégation, le plus souvent à Płock, Wilno et Cracovie.

Rien ne trahissait à l’extérieur sa vie mystique d’une extrême richesse. C’est avec zèle qu’elle remplissait toutes ses tâches, elle observait fidèlement les règles, recueillie et silencieuse, mais en même temps naturelle, pleine d’un amour bienveillant et désintéressé. Sa vie, très ordinaire, monotone et grise en apparence, cachait la profondeur extraordinaire de l’union à Dieu.

Sa spiritualité reposait sur la Miséricorde Divine à laquelle elle réfléchissait et qu’elle contemplait dans la parole de Dieu et dans l’aspect quotidien de sa vie. La connaissance et la contemplation du mystère de la Miséricorde Divine développaient chez elle une attitude de confiance d’enfant face à Dieu et de miséricorde envers les autres. 

« Ô mon Jésus, chacun de Tes saints reflète en sa personne l’une de tes vertus, moi, je désire refléter Ton Cœur compatissant et plein de miséricorde, je veux le glorifier. Que Ta miséricorde, ô Jésus, soit imprimée dans mon cœur et dans mon âme, tel un sceau, ce sera là mon emblème en cette vie et en l’autre » (P.J. 1242). Sœur Marie Faustine était une fidèle fille de l’Église qu’elle aimait comme une Mère et comme le Corps Mystique de Jésus Christ. Consciente de son rôle au sein de cette l’Église, elle a collaboré avec la Miséricorde Divine dans l’œuvre du salut des âmes égarées. Sur le souhait et en suivant l’exemple du Seigneur Jésus, elle a sacrifié sa vie en holocauste. Dans sa vie spirituelle, elle se distinguait aussi par son amour de l’Eucharistie et par sa dévotion profonde pour Notre Dame de la Miséricorde.

Les années passées au couvent abondaient en grâces extraordinaires : révélations, visions, stigmates cachés, participation à la Passion du Seigneur, don de bilocation, de pénétrer le cœur des autres, de la prophétie, ou bien le don rarissime de fiançailles et d’épousailles mystiques. Le vif contact avec Dieu, Notre Dame, les anges, les saints, les âmes au purgatoire – tout cet univers surnaturel – lui apparaissait comme étant non moins réel et vrai que celui qu’elle percevait par ses sens. Malgré cette abondance de grâces extraordinaires accordées, elle savait que celles-ci ne décidaient pas de l’essence de la sainteté. « Ce ne sont ni les grâces, ni les apparitions, ni les ravissements, ni aucun don accordé qui la rendent parfaite, mais l’union intérieure de mon âme avec Dieu. Ces dons ne sont que des ornements de l’âme, mais ils ne constituent ni le contenu, ni la perfection. Ma sainteté et ma perfection consistent en une étroite union de ma volonté avec celle de Dieu » (P.J. 1107).

Sœur Marie-Faustine a été élue par le Seigneur Jésus secrétaire et apôtre de sa Miséricorde pour transmettre au monde entier son grand message. « Dans l’Ancien Testament, lui dit-Il, j’ai envoyé à mon peuple des prophètes et avec eux la foudre. Aujourd’hui, je t’envoie vers toute l’humanité avec ma miséricorde. Je ne veux pas punir l’humanité endolorie, mais je désire la guérir en l’étreignant sur mon cœur miséricordieux » (P.J. 1588).

La mission de sœur Marie Faustine consistait en trois tâches :

1) rendre proche et annoncer au monde entier la vérité révélée dans les Écritures Saintes sur l’amour miséricordieux de Dieu envers tout homme.

2) implorer la Miséricorde Divine pour le monde entier, en particulier pour les pécheurs, notamment par la pratique des formes nouvelles, annoncées par le Seigneur Jésus, du culte de la Miséricorde Divine, qui sont les suivantes :

> le tableau du Christ avec l’inscription Jésus, j’ai confiance en Toi

> la Fête de la Miséricorde Divine le premier dimanche après Pâques, 

>>>   Chapelet de la Miséricorde Divine (audio)  [À dire à 15 heures].

Le Seigneur Jésus liait à ces formes du culte, ainsi qu’à la propagation de la dévotion à la Miséricorde, de grandes promesses à condition de se fier à Dieu et de pratiquer un amour actif envers le prochain.

3) la troisième tâche que comportait la mission de sœur Marie-Faustine consistait à inspirer le mouvement apostolique de la Miséricorde, qui est chargé de propager et d’obtenir par la prière la Miséricorde Divine pour le monde et qui tend à la perfection sur le chemin montré par sœur Faustine. Ce chemin est celui d’une confiance d’enfant en Dieu, laquelle s’exprime dans l’accomplissement de Sa volonté et dans une attitude de miséricorde envers les autres. À l’heure actuelle, ce mouvement au sein de l’Église concerne des millions de personnes à travers le monde, à savoir : des congrégations, des instituts laïques, des prêtres, des confréries, des associations, différentes communautés d’apôtres de la Miséricorde Divine et des particuliers qui se chargent, à titre individuel, des tâches transmises par le Seigneur Jésus par l’intermédiaire de sœur Marie-Faustine.

Le message de sœur Faustine a été noté dans son Petit Journal (>>> « Petit Journal » de Sœur Faustine en PDF) qu’elle rédigea par la volonté du Seigneur Jésus et de ses confesseurs. Elle y a fidèlement noté tous les souhaits de Jésus, de même qu’elle a décrit l’union intime de son âme avec Dieu. « Secrétaire de mon plus profond mystère, disait le Seigneur Jésus à sœur Faustine, ton devoir est d’écrire tout ce que je te fais connaître à propos de ma miséricorde au profit des âmes qui en lisant ces écrits seront consolés et auront le courage de s’approcher de moi (P.J. 1693). Cet ouvrage nous rend proche d’une manière extraordinaire le mystère de la Miséricorde Divine. Il enchante non seulement les gens simples, mais aussi les scientifiques qui y découvrent une source supplémentaire de recherche théologique. Le Petit Journal a été traduit en plusieurs langues, entre autres en anglais, allemand, italien, espagnol, français, portugais, russe, hongrois, tchèque et slovaque.

Ravagée par la maladie et par de nombreuses souffrances qu’elle a supportées en tant que sacrifice bénévole pour les pécheurs, entièrement épanouie spirituellement et unie à Dieu, sœur Marie-Faustine est morte à Cracovie le 5 octobre 1938, âgée à peine de 33 ans. La gloire de la sainteté de sa vie a crû rapidement avec la propagation de la dévotion pour la Miséricorde Divine et au fur et à mesure des grâces obtenues par son intercession. De 1965 à 1967, à Cracovie s’est déroulé le procès diocésain sur sa vie et ses vertus et en 1968, à Rome, a été ouvert le procès de béatification, clos en décembre 1992. 

Marie-Faustine Kowalska a été béatifiée le 18 avril 1993 et canonisée le 30 avril 2000, sur la Place Saint-Pierre de Rome, par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) qui institua, au cours de la célébration, la Fête de la Miséricorde Divine (le premier dimanche après Pâques).

Les reliques de sainte Faustine reposent au sanctuaire de la Miséricorde Divine de Cracovie-Łagiewniki ; une partie est dispersée dans le monde entier. 

Pour un approfondissement biographique :
>>> Sainte Faustine – Cracovie, Pologne

Sainte Faustine Kowalska priez pour nous !

Aide-moi, Seigneur, à être miséricordieux ». Prière et bibliographie de Sainte  Faustine pour exercer la Miséricorde - Chorale Belgo-Burundaise CSFA

Miséricorde Divine, cardinal Dziwisz: ne perdez pas la foi en Dieu

La statue de Jean-Paul II devant le Sanctuaire de la Miséricorde Divine à Cracovie en Pologne. La statue de Jean-Paul II devant le Sanctuaire de la Miséricorde Divine à Cracovie en Pologne.  

Miséricorde Divine, cardinal Dziwisz: ne perdez pas la foi en Dieu

Le secrétaire particulier de Jean-Paul II et son plus proche collaborateur, le cardinal Stanislas Dziwisz, archevêque émérite de Cracovie, remonte aux origines de la fête de la Miséricorde Divine, à la demande du saint Pape polonais. Il relie également la figure de sainte Faustine Kowalska à celle du Pape François en tant qu’apôtre de la Divine Miséricorde. 

Giancarlo Lavella et Gabriella Ceraso – Cité du Vatican

Le Pape François a présidé, ce Dimanche 19 avril 2020, une messe en la fête de la Miséricorde Divine, instituée il y a 20 ans par Saint Jean-Paul II, le deuxième dimanche de Pâques, suite à ce que Jésus lui-même avait demandé dans l’une des apparitions à Sœur Faustine Kowalska à Plock en 1931. Elle a eu lieu aujourd’hui à 11 heures en l’Église Santo Spirito in Sassia, non loin de la Place Saint-Pierre, le sanctuaire romain dédié précisément à la la spiritualité de la Miséricorde Divine.

La vague de miséricorde déversée sur l’humanité

C’est la première fois qu’un Pape revient dans cette église, 25 ans après saint Jean-Paul II qui avait béni l’image du Christ miséricordieux vénéré ici. Ce même Christ décrit par Sœur Faustine dans ses visions mystiques, dont partent du cœur transpercé «deux faisceaux de lumière qui illuminent le monde», et d’où – selon les mots de Karol Wojtyla – «jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité». C’est la sainte polonaise qui a fait connaître au monde cette dévotion et la volonté de Jésus lui-même: «Je désire que la fête de la miséricorde soit un refuge et un abri pour toutes les âmes. L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde», est-il écrit dans le journal de Faustine.

100 ans après la naissance de Jean-Paul II

Le Pape François a donc choisi cette fête, si liée à son magistère et à son bien-aimé prédécesseur, et précisément ce sanctuaire romain, pour sa deuxième sortie publique en période de confinement.

«Ne perdez jamais la foi et l’espoir en Jésus Miséricordieux, ne doutez jamais de la protection des Apôtres de la Miséricorde Divine, de Sainte Faustine Kowalska et de Saint Jean-Paul II», assure  le cardinal Stanislas Dziwisz, archevêque émérite de Cracovie et ancien secrétaire personnel du Pape polonais.

100 ans après la naissance de Jean-Paul II, le 18 mai prochain, c’est précisément la fervente dévotion à Jésus Miséricordieux «qui le rend vivant et présent, et encore aujourd’hui «don pour l’Église et l’humanité», ajoute le cardinal polonais.

Entretien avec le cardinal Stanislas Dziwisz

Ce dimanche est la fête de la Miséricorde Divine: nous la vivons tous différemment cette année sans pouvoir participer aux rites en personne et aussi en restant loin du Pape physiquement. Nous sommes dans une période de pandémie, alors comment concilier cette fête avec le moment difficile que nous vivons?

Ne perdons pas la foi en la Miséricorde Divine. Nous devons, une fois de plus, nous tourner vers Jésus Miséricordieux comme nous l’avons fait pendant la Seconde Guerre mondiale. Même maintenant, c’est un moment difficile pour toute l’humanité, et nous devons toujours avoir de l’espérance et nous confier à Jésus Miséricordieux et aux apôtres de la Divine Miséricorde, Sœur Faustine et Jean-Paul II. Ils sont nos protecteurs et nous l’avons déjà vécu, ils sont toujours proches de nous et nous protègent toujours. C’est pourquoi la grande fête de la Miséricorde Divine nous rappelle ceci: ne perdez pas l’espérance et la confiance en Dieu.

Il y a 20 ans, Saint Jean-Paul II a institué ce dimanche spécial en réponse à la demande de Jésus transmise à Sainte Faustine Kowalska. À votre avis, comment cet anniversaire a-t-il affecté l’Église universelle pendant tout ce temps?

Certes, au début, les ecclésiastiques n’en étaient pas si convaincus; puis ils ont progressivement compris qu’il s’agissait d’une chose inspirée par le Seigneur, par l’Esprit Saint et qu’il était nécessaire de marcher sur ce chemin à la suite de Jean-Paul II.

Pour le Pape François aussi, peut-on utiliser la définition d’Apôtre de la miséricorde comme pour Sainte Faustine, vénérée précisément comme l’apôtre de la miséricorde divine? Quelles similitudes lisez-vous dans leurs chemins?

Nous l’avons entendu à maintes reprises: le Pape François est également dévoué à la Miséricorde Divine. Nous l’avons notamment vécu lors des Journées mondiales de la jeunesse à Cracovie. Il en a aussi souvent parlé en invitant les jeunes à avoir de l’espoir et de la confiance en Dieu miséricordieux.

Le 18 mai prochain, nous commémorerons les cent ans de la naissance de Karol Wojtyla. Toute l’Église, et pas seulement en Pologne, se prépare à cette journée. Pour vous, qui étiez aux côtés du Pape polonais depuis si longtemps, qu’est-ce que cet horizon suscite dans votre cœur? Quelles émotions, quels souvenirs, quels espoirs?

Il est certain qu’au fil du temps, cette grande figure du Pape me revient toujours à l’esprit, comme un don pour l’Église et pour l’humanité. Il est mort depuis 15 ans, mais il continue à inspirer et continue à le faire encore aujourd’hui, précisément par sa dévotion à Jésus Miséricordieux.

Source: Vaticannews, le 19 avril 2020

La miséricorde, un sentiment qui pousse à agir

Zurbaran, St Thomas d'Aquin © Wikimedia
Zurbaran, St Thomas d’Aquin © Wikimedia

La miséricorde, un sentiment qui pousse à agir

Alors que l’Église célèbre ce dimanche la fête de la Divine miséricorde, il est peut-être parfois difficile de comprendre le sens profond de cette vertu. Parce qu’on la croit peu connectée avec la vie quotidienne, elle peut dérouter ou faire peur.

Dans nos existences contemporaines y-a-t-il une place pour la miséricorde ? Réponse inspirante de saint Thomas d’Aquin.

Alors que le pape François va célébrer à l’occasion de la fête de la Divine miséricorde la messe à l’église Santo Spirito in Sassia, connue comme le sanctuaire de la Divine Miséricorde, ce dimanche 19 avril (à suivre en direct sur Aleteia), en lisant avec attention les écrits du Souverain pontife sur la miséricorde on se rend compte que saint Thomas d’Aquin est le théologien le plus fréquemment cité. Mais pourquoi ? Étudier ce grand penseur du Moyen-Âge apparemment peu abordable pourrait en décourager certains…  Pourtant, c’est bien lui qui est convoqué comme expert numéro 1, dans le document du pape François proclamant l’Année de la Miséricorde : «La miséricorde est le propre de Dieu, et c’est en cela que se manifeste au plus haut point sa toute-puissance» (IIa IIae, q. 30, a. 4, resp.).

Et le Pape de commenter : «Ces paroles de saint Thomas d’Aquin montrent que la miséricorde n’est pas un signe de faiblesse, mais bien l’expression de la toute-puissance de Dieu.» (Misericordiæ vultus, n° 6). Mais comment cultiver alors cette vertu qu’en premier lieu, on ne prête qu’à Dieu ? C’est ce que saint Thomas justifie : si la miséricorde caractérise Dieu, elle est aussi une vertu humaine :

« La miséricorde est la compassion que notre cœur éprouve en face de la misère d’autrui, sentiment qui nous pousse à lui venir en aide si nous le pouvons. »

Être miséricordieux, c’est donc compatir à la misère de l’autre. Mais ce qui nous attriste et nous fait souffrir le plus, c’est le mal qui nous atteint nous-mêmes. Nous nous attristerons donc et nous souffrirons de la misère d’autrui dans la mesure où nous la regarderons comme la nôtre. Cependant, en cultivant la vertu de la miséricorde, on peut aller plus loin et agir. Dans une relation amicale ou amoureuse, celui qui aime considère son ami comme un autre lui-même. Par conséquent, il considère son mal comme le sien. Il en souffre comme s’il en était lui-même frappé. C’est ce sentiment d’amitié qu’Aristote définit de façon très juste : il consiste à « partager les peines d’un ami ». Un sentiment qui pousse à aider l’autre.

Un sentiment qui pousse à agir

Selon saint Thomas d’Aquin, pour qu’il y ait vertu, il faut que la raison s’en mêle. Ainsi donc, la miséricorde est une émotion à laquelle on répond rationnellement. Elle est alors une vertu qui pousse à agir. Elle est la plus grande des vertus, car il lui appartient de donner à l’autre, et de soulager sa misère. Aussi, se montrer miséricordieux est regardé comme le propre de Dieu. C’est par là surtout que se manifeste Sa toute-puissance.

La miséricorde de Dieu, comme le souligne Jean Paul II dans son encyclique Dives in misericordia, thème majeur de son enseignement jusqu’à instituer la fête de la Miséricorde, le premier dimanche après Pâques, elle est cet amour bienveillant de Dieu qui pardonne et revalorise. « L’Eglise ne se lasse pas d’en répéter l’annonce car elle sait que le monde a besoin de cette miséricorde, qui n’humilie pas l’homme mais qui lui donne une nouvelle dignité en l’élevant au niveau de Dieu. » Plus encore, la miséricorde divine est l’ultime rempart opposé par Dieu au mal : « La miséricorde signifie une puissance particulière de l’amour, qui est plus fort que le péché et l’infidélité. »

Source: Aleteia, le 18.04.2020, par Marzena Wilkanowicz-Devoud

Deuxième dimanche de Pâques – 19.04.2020 – Dimanche de la Divine Miséricorde – Dimanche de saint Thomas – Dimanche in albis

Au terme de l’octave pascale – toute la semaine n’est considérée que comme un seul jour célébrant « la fête des fêtes » (saint Augustin) -, le deuxième dimanche de Pâques inaugure l’octave de dimanches qui mène jusqu’à la Pentecôte, comme aussi un jour unique de fête, un « grand dimanche » (saint Athanase) d’allégresse, manifestée par la flamme du cierge pascal qui brûle près de l’ambon.

Le dimanche de la Divine Miséricorde a porté de nombreux noms :

* Ce fut le dimanche in albis (« en blanc ») car, ce jour-là, les baptisés de Pâques revêtent pour la dernière fois le vêtement blanc de leur naissance nouvelle. 

* Ce fut le dimanche de Quasimodo, du premier mot latin de l’antienne d’ouverture de la messe : « Comme des enfants nouveau-nés ont soif du lait qui les nourrit, soyez avides du lait pur de la Parole, afin qu’il vous fasse grandir pour le salut, alléluia ! » 

* Et, depuis le 30 avril 2000, le pape Jean-Paul II a demandé qu’il soit fêté comme le « dimanche de la Divine Miséricorde », selon la demande faite par le Christ à sœur Faustine Kowalska — canonisée ce jour-là — : « Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques, ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde » (1931).

La liturgie y résonne encore tout entière de l’alléluia pascal, cette acclamation de la liturgie hébraïque qui loue joyeusement le Seigneur et retentit, dans l’Apocalypse, comme le chant des rachetés par le sang de l’Agneau. Et toutes les lectures concourent à « raviver dans les cœurs le mystère pascal » (prière après la communion). 

Le psaume 117 est repris comme un chant de victoire et, plus encore, comme un rappel de la mort-résurrection du Christ :

« La pierre rejetée des bâtisseurs est devenue la tête d’angle… 

Voici le jour que fit le Seigneur : qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! »  

(Ps 117 -118-, 22-24) 

Mais la célébration de ce dimanche est dominée par la figure de l’apôtre Thomas et l’expérience du Ressuscité qu’il connut « huit jours plus tard » (Jean 21, 26). À travers Thomas, c’est à tous ses disciples que le Seigneur apporte sa paix et qu’il demande : 

« Cesse d’être incrédule, sois croyant » (Jean 21, 27). Par-delà l’apôtre Thomas, c’est à nous que s’adresse directement cette béatitude, la dernière de l’Évangile : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jean 21, 29)

« L’incrédulité de Thomas vient au secours de notre foi », chante l’hymne de l’office de la Résurrection. Ainsi la première lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres qui, pendant tout le temps pascal, relate les débuts de l’Église, décrit la première communauté de Jérusalem, ceux qui déjà sont rassemblés au nom du Seigneur et croient sans l’avoir vu. Fondés sur la Parole, l’amour fraternel et l’Eucharistie, ils représentent l’archétype de toute communauté chrétienne, la communion réalisée de tous ceux qui se sont reconnus frères dans le frère aîné et, en lui, fils d’un même Père. N’y a-t-il pas déjà là une anticipation du bonheur céleste ouvert par la Résurrection du Christ ?