Soutien et bénédiction du Pape aux Commissaires de Terre Sainte

Vue sur Jérusalem.Vue sur Jérusalem.  (AFP or licensors)

Soutien et bénédiction du Pape aux Commissaires de Terre Sainte

Le 14 février prochain, les Commissaires de Terre Sainte fêteront les 600 ans de leur institution par le Pape Martin V. Dans une lettre publiée ce vendredi, le Pape François estime que leur mission de pont entre les pays du monde et la terre où a vécu Jésus reste d’actualité. Il évoque un service précieux et espère qu’il puisse être toujours davantage une graine de fraternité.

Il y a 600 ans, l’Église reconnaissait officiellement le rôle des Commissaires de Terre Sainte. La bulle His quae pro ecclesiasticarum du Pape Martin V du 14 février 1421 est considérée comme étant leur acte de naissance.

«Après tous ces siècles, la mission des Commissaires est toujours d’actualité: soutenir, promouvoir et renforcer la mission de la Custodie de Terre Sainte en rendant possible un réseau de relations ecclésiales, spirituelles et caritatives qui ont comme point focal la terre où Jésus a vécu.» Dans une lettre manuscrite au Custode de Terre Sainte, fr. Francesco Patton, publiée ce vendredi 12 février, le Pape a réaffirmé son soutien, et bénit «ce précieux service», espérant qu’il deviendra de plus en plus «une graine de fraternité».

Créés pour soutenir la mission sur la terre de Jésus alors sous domination ottomane depuis la prise d’Acre en 1291, ils ont été initialement confiés par les frères franciscains à quelques laïcs. Leur responsabilité était de «procurer» une aide économique à la Terre Sainte. C’est ainsi qu’est née la figure du Procureur, et plus tard celle de l’Économat, rapporte la Custodie de Terre Sainte.  

67 pères commissaires

«L’histoire situe leur naissance dans une période difficile de la vie de la Custodie, dans laquelle un soutien fort à la mission en Terre Sainte était nécessaire», déclare le Frère Marcelo Ariel Cichinelli, responsable Bureau de coordination des Commissaires de Terre Sainte.

Le premier laïc connu à se voir confier par les franciscains les aumônes qu’ils reçoivent est un marchand vénitien du XIVe siècle, Ruggero Contarini. Mais au cours des siècles, les laïcs ont été remplacés par des frères franciscains. Aujourd’hui, les 67 commissaires répartis dans 51 nations sont tous des religieux nommés par leur supérieur territorial, en accord avec le Custode de Terre Sainte.

Au fil des siècles, les Commissariats de Terre Sainte se sont répandus dans le monde entier. La couronne espagnole, par exemple, a été à l’origine de la création des commissaires de Mexico, Lima, Carthagène, Quito et Buenos Aires à la fin du XVIe siècle, peu après ceux de Madrid et de l’actuel Saint-Jacques de Compostelle. Alors que c’est la couronne lusitanienne, après la fondation du Commissariat de Lisbonne, qui a soutenu la création des Commissariats généraux d’Ouro Preto, de Salvador de Bahia et de Rio de Janeiro. Au fil du temps, les économats ont assumé la fonction d' »ambassadeurs » des Lieux Saints, allant même jusqu’à organiser des pèlerinages.

La Custodie remercie Dieu et l’Église pour cette institution

Aujourd’hui, ils représentent des ponts entre la mission de la Terre Sainte et les Églises locales et leur travail est promu, non seulement par l’Ordre franciscain, mais aussi par l’Église elle-même qui les soutient également grâce à la « Collecta pro Locis Sanctis« , instituée par le pape Léon XIII le 26 décembre 1887 et qui se tient chaque année le Vendredi saint.

Forte de 600 ans d’histoire, «la Custodie veut célébrer cette institution et dire merci à Dieu et à l’Église pour l’autorisation de cette institution, déclare le Frère Marcelo Ariel Cichinelli. Nous voulons communiquer au monde que nous ne sommes pas figés dans le passé, mais que cette figure a toujours évolué en suivant les temps et en marchant à ses côtés aussi à travers les congrès des commissaires, dont le dernier ne date que de fin 2018 et le travail continu d’animation».

Le 15 février, les pères commissaires célébreront leurs six siècles d’existence. Le Custode de Terre Sainte célébrera une messe près de l’Édicule du Sépulcre à Jérusalem à 6h30, en mémoire de tous les bienfaiteurs et en reconnaissance du travail des Commissaires. À cette occasion, le Custode lira le message manuscrit du Saint Père et tous les frères prieront de façon particulière pour le Pape François et son ministère, peut-on lire sur le site de la Custodie.

Source: VATICANNEWS, le 12 février 2021

Cana en Galilée : souvenir du premier miracle de Jésus

Cana en Galilée : souvenir du premier miracle de Jésus

« Ce dimanche, ici, à Cana en Galilée, nous sommes invités à comprendre toute la valeur de l’amour humain, à commencer par l’amour que Dieu a pour son peuple et l’humanité toute entière, qui est comme l’amour de l’époux pour l’épouse ». C’est par ces mots que le Custode de Terre Sainte, fr. Francesco Patton, a expliqué la signification de la solennité célébrée le 17 janvier dans le sanctuaire de Cana en Galilée, où se trouve l’église du premier miracle de Jésus. Selon l’Evangile de Jean, Jésus, invité à un banquet de mariage, transforma l’eau en vin, répondant ainsi à une demande de Marie, sa mère (Jn 2, 1-11). Avec ce premier miracle, il révéla sa nature divine et, à partir de là, il accomplit d’autres signes et prodiges. Chaque année, la Custodie de Terre Sainte commémore ce passage d’Evangile par une messe solennelle dans le sanctuaire qui se trouve maintenant dans le village arabe de Kafr Kana en Galilée.

« Ce dimanche, cependant, chacun et chacune d’entre nous sommes appelés à découvrir que notre relation personnelle avec le Seigneur doit aussi être une relation d’amour, une relation sponsale », a poursuivi dans son homélie fr. Patton. Le Custode a rappelé de ne pas oublier dans la prière en cette « année de la famille » tous les fiancés et les époux du monde, en particulier « les familles et les mariages en crise, les situations dans lesquelles le vin de la joie, de l’amour et du service mutuel fait défaut ».

L’évangéliste Jean place ce passage de l’Evangile des noces de Cana au début du ministère de Jésus précisément pour nous faire comprendre, selon le Custode, que le mariage entre Dieu et son peuple se réalise dans la vie de Jésus, dans son ministère et sa Pâque. « Nous sommes faits pour un amour infini. Nous sommes faits pour recevoir l’amour de Dieu dans une relation de réciprocité si intense et personnelle que nous ne pouvons trouver de similitude que dans l’image du mariage ».

Chaque année, précisément pendant cette fête, de nombreux couples de la paroisse se pressaient dans l’église jusqu’à occuper la cour extérieure et renouvelaient leurs promesses de mariage devant le prêtre. « On célébrait cette fête d’une façon bien spéciale. De nombreux chrétiens de Galilée venaient renouveler leurs promesses de mariage et les gens attendaient impatiemment ce moment – raconte le curé de la paroisse, fr. Haitham Franso Yalda Hano –. Chaque année, au moins 70 familles de notre paroisse renouvelaient leurs promesses de mariage ». Les paroissiens n’ayant pas pu être présents en raison des restrictions dues à la pandémie de Coronavirus, le curé a assuré qu’il y aurait un certificat spécial pour « rappeler aux fidèles qu’ils sont présents avec nous, même s’ils ne sont pas là physiquement. Il sera ensuite remis personnellement aux familles, lors de la visite pour la bénédiction des maisons pendant le Carême ». 

La messe dans l’église du Premier Miracle, présidée par le Custode de Terre Sainte, a été suivie uniquement par des frères des communautés de Galilée, dont celles de Nazareth, du Mont Thabor, de Tibériade et de Haïfa.

Aujourd’hui, au couvent de Cana, trois franciscains de la Custodie de Terre Sainte sont en service, poursuivant les activités de la paroisse et animant le sanctuaire, actuellement fermé en raison du confinement imposé par les autorités israéliennes pour lutter contre la pandémie. 

L’église est un point de référence pour les plus de 3 000 chrétiens locaux, dont 700 sont catholiques, et les autres grecs-orthodoxes et melkites. Comme dans les autres paroisses, pendant cette période de restrictions, les messes dominicales sont diffusées sur la page Facebook de l’église.

Un nouveau projet est également en cours à Cana : la construction d’un lycée attendu pour l’année prochaine. Autrefois, les franciscains ont dirigé une école à Cana, qui a fermé dans les années 1950.

Dès l’époque byzantine, divers témoins parlent de Kafr Kana comme lieu du premier miracle de Jésus, mais il n’y a aucune information certaine au cours des quatre siècles précédents. En 1641, les franciscains de la Custodie de Terre Sainte achetèrent légalement ce Lieu Saint, mais ce n’est qu’en 1862 qu’ils réussirent à en prendre possession. En 1879, sur les ruines d’une ancienne Basilique, la nouvelle église avec un couvent annexé fut construite, puis agrandie entre 1897 et 1905. L’autel en marbre et les fresques de style nazaréen sont l’œuvre d’artistes bavarois. Le curé, originaire de Salzbourg, s’inspira de la cathédrale de sa ville pour la façade.

Les fouilles archéologiques, menées en 1969 par le père Stanislao Loffreda et en 1997 par le père Eugenio Alliata, ont mis au jour une cour et les vestiges d’une synagogue avec des mosaïques aux motifs géométriques et de grenades. La synagogue, construite sur les vestiges d’habitations précédentes (Ier-IVe siècles après J.-C.), avait un atrium à portique avec une grande citerne au centre, est encore conservée aujourd’hui.

Sous l’église se trouvent les restes d’une maison où le miracle de Jésus aurait eu lieu. La maison du miracle, au milieu de l’église, a été transformée en crypte.

Source: CUSTODIA.ORG, le 17 janvier 2021

Mgr Pizzaballa: «Nous devons trouver un nouvel élan pastoral»

Mgr Pizzaballa (au centre), accueilli par le Custode de Terre Sainte Mgr Francesco Patton, le 4 décembre. Mgr Pizzaballa (au centre), accueilli par le Custode de Terre Sainte Mgr Francesco Patton, le 4 décembre.   (AFP or licensors)

Mgr Pizzaballa: «Nous devons trouver un nouvel élan pastoral»

Le nouveau patriarche latin de Jérusalem a fait vendredi son entrée solennelle dans la basilique du Saint-Sépulcre. Dans son discours, il a demandé à Dieu de l’éclairer dans sa nouvelle tâche et fait part de son désir d’approfondir les liens avec les Eglises-soeurs de Terre Sainte comme avec les juifs et les musulmans. 

Vatican News

Nommé Patriarche latin de Jérusalem le 24 octobre dernier par le Pape François, Mgr Pierbattista Pizzaballa a fait vendredi son entrée solennelle dans la basilique du Saint-Sépulcre de la ville Sainte. Au cours de cette cérémonie solennelle, qui marque officiellement sa prise de fonction, le nouveau patriarche, accueilli officiellement par le custode de Terre Sainte Francesco Patton, a prononcé un discours où il a fait part de ses orientations pastorales et missionnaires dans la nouvelle charge qu’il occupe.

«En ce Lieu Saint, je demande à Dieu de me donner la force, le courage et la constance de donner vie à cette Église, de l’aimer et de la conduire avec patience dans un esprit paternel» a t-il expliqué, rappelant que toute initiative ecclésiale se faisait sous le signe de la lumière pascale. 

«Ramené au Saint-Sépulcre»

Mgr Pizzaballa est revenu sur ses trente ans au service de l’Église en Terre Sainte, récemment comme administrateur apostolique du patriarcat de Jérusalem, avant sa nomination par le Pape François. «Au moment où je pensais qu’il était temps de partir, d’ouvrir un nouveau chapitre, le Seigneur, par l’intermédiaire du Saint-Père, le Pape François, m’a ramené ici, et m’appelle à nouveau à célébrer Pâques ici … avec vous» a t-il souligné.

Le nouveau patriarche latin est revenu sur les nombreux défis auquels il a dû faire face ces dernières années: «le Seigneur m’a guidé et accompagné dans de nombreuses décisions que je n’aurais jamais prises seul» et confié à Dieu les nombreux chantiers qui s’ouvrent. «Nous devons trouver un nouvel élan pastoral qui tienne compte des différents territoires et cultures, mais qui soit aussi capable de tous nous unir» a ainsi plaidé Mgr Pizzaballa.

«Toucher le coeur de tous»

Parmi les principaux défis, il y a ceux d’abord d’ordre économiques et sociaux, aggravés par la pandémie actuelle, a t-il relevé. «Nous espérons une politique claire et pacifique, et non des propositions fragiles et à court terme mais qui affectent profondément la vie de toutes nos familles. Nous espérons approfondir les rencontres avec les églises sœurs, nos frères musulmans et juifs» a précisé le patriarche. 

Depuis cette basilique du Saint-Sépulcre, Mgr Pizzaballa a enfin demandé aux fidèles de Jérusalem de prier pour sa mission. «Je n’ai pas le « don des langues », a t-il souligné non sans humour, mais je vous assure de mon désir sincère de toucher le cœur de tous, et en particulier celui de ceux qui sont en difficulté et dans le besoin en cette période

Source: VATICANNEWS, le 5 décembre 2020