Coronavirus: les messes pourront passer à 100 personnes

Coronavirus: les messes pourront passer à 100 personnes

Un nouvel assouplissement des mesures de lutte contre le coronavirus aura lieu lundi 31 mai 2021. Les célébrations religieuses pourront recevoir 100 personnes à l’intérieur et 300 à l’extérieur. 

Le Conseil fédéral a publié le 26 mai 2021 les nouvelles directives sanitaires dans la lutte contre le coronavirus. Une série importante d’assouplissements est prévue, en particulier pour les lieux de cultes et les services religieux. Pour les manifestations accueillant du public, c’est-à-dire aussi les célébrations religieuses, le nouveau plafond est de 100 personnes – au lieu de 50 – à l’intérieur et de 300 – au lieu de 100 – à l’extérieur. La moitié des places disponibles peuvent être occupées, au lieu d’un tiers jusqu’à présent. Il faut néanmoins toujours respecter les distances et porter le masque. A l’extérieur, la limite de 300 personnes devrait permettre d’organiser la célébration de la Fête-Dieu dans les paroisses.

La situation épidémiologique continue à s’améliorer et le nombre de cas à reculer. D’ici à la fin du mois de mai, la plupart des cantons auront en outre terminé de vacciner les personnes vulnérables, marquant la fin de la phase de protection, explique le Conseil fédéral. C’est donc la deuxième phase, dite de stabilisation, qui débute. Il convient toutefois de rester vigilant afin de ne pas menacer la campagne de vaccination en cours

50 personnes pour les réunions associatives ou les mariages

Pour les autres événements, la rencontre d’une association ou une visite guidée par exemple, le nombre maximal de participants, à l’intérieur comme à l’extérieur, est désormais de 50 au lieu de 15.

Cette limite s’applique aussi pour les événements privés comme les mariages ou les anniversaires lorsqu’ils ne sont pas organisés dans des locaux privés. Quant aux rassemblements dans l’espace public, ils ne font plus l’objet de restriction.

Les centres pastoraux et les maisons de retraites spirituelles pourront à nouveau accueillir des groupes jusqu’à 100 personnes pour autant que les personnes soient vaccinées ou disposent d’un test négatif au coronavirus. Le port du masque reste prescrit.

Chorales: concerts en plein air 

Il est à nouveau possible d’organiser des spectacles, auxquels s’appliquent les mêmes règles que pour les manifestations accueillant du public. Les chorales qu’elles soient professionnelles ou non peuvent à nouveau donner des concerts, mais seulement à l’extérieur. S’agissant des fanfares et harmonies, les surfaces à respecter passent de 25 m2 à 10 m2 par musicien.

Nouvel assouplissement avant l’été

Le prochain assouplissement sera décidé le 23 juin par le Conseil fédéral pour une entrée en vigueur le 1er juillet. Mais dès le 1er juin 2021, il est possible d’organiser des manifestations dites ›pilotes’. Elles peuvent accueillir jusqu’à 600 personnes à l’intérieur. A l’extérieur, ce nombre est de 1’000. Chaque canton peut accueillir cinq manifestations pilotes. Dans le cas des manifestations en plein air, les personnes assises ne sont pas tenues de porter un masque. 

Source: Cath.ch, le 27 mai 2021

«L’Église n’est pas dépendante de l’État, elle doit défendre sa liberté et son indépendance»

«L’Église n’est pas dépendante de l’État, elle doit défendre sa liberté et son indépendance»

Card. Müller

Dans une interview parue le 7 mai dans La Nuova Bussola Quotidiana. (traduction française par : www.lecarmel.ch), du Cardinal Gerhard L. Müller, ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, s’exprime au sujet de la suspension des messes publiques. 

«Ce virus a représenté une tragédie pour de nombreuses personnes. C’est précisément la raison pour laquelle l’Église a le devoir de proposer une lecture de la souffrance humaine et de l’existence, dans la perspective de la vie éternelle, à la lumière de la foi. La suspension des messes publiques est une abdication de cette tâche, c’est la réduction de l’Église à la dépendance de l’État. C’est inacceptable.»

Lors d’un entretien téléphonique avec le journaliste Riccardo Cascioli, le cardinal Müller est très clair dans son jugement sur ce qui se passe en Italie et dans de nombreux autres pays.
Votre Éminence, pour de nombreux fidèles, à la souffrance de la maladie s’est ajoutée la souffrance de l’interdiction d’assister à la messe, du refus de la tenue des funérailles et de la justification de tout cela par la hiérarchie ecclésiastique.

C’est très grave, c’est la pensée laïciste qui est entrée dans l’Église. C’est une chose de prendre des mesures de précaution pour minimiser les risques de contagion, c’est une autre d’interdire la liturgie. L’Église n’est pas un dépendante de l’État et aucun évêque n’a le droit d’interdire ainsi l’Eucharistie. De plus, nous avons vu des prêtres punis par leurs évêques pour avoir célébré la messe pour quelques personnes seulement, ce qui signifie qu’ils se considèrent comme des fonctionnaires de l’État. Mais notre pasteur suprême est Jésus-Christ, pas Giuseppe Conte ni aucun autre chef d’État. L’État a sa tâche, mais l’Église a la sienne.

Il semble que beaucoup trouvent difficile de concilier leur devoir envers l’État et la nécessité d’un culte public rendu à Dieu. 

Nous devons également prier publiquement parce que nous savons que tout dépend de Dieu. Dieu est la cause universelle, puis il y a les causes secondes qui passent par notre liberté. Dans tout ce qui se passe, nous, créatures finies, ne savons pas mesurer ce qui dépend de la causalité de Dieu, ni mesurer ce qui dépend de nous-mêmes: c’est le point de la prière. Nous devons prier Dieu pour surmonter les défis de notre vie personnelle et sociale, mais sans oublier la dimension transcendantale, cette vision de la vie éternelle et de l’union intime avec Dieu et avec Jésus-Christ, même dans nos souffrances. (…) Interdire la participation à la liturgie va dans le sens inverse. La prise de certaines mesures extérieures incombe à l’État, notre tâche est de défendre la liberté et l’indépendance de l’Église ainsi que la supériorité de l’Église dans la dimension spirituelle. Nous ne sommes pas une agence subordonnée à l’État.

Nombreux sont ceux, y compris les prêtres et les évêques, qui se rendent compte qu’il existe un fort risque de mal comprendre le sens de la liturgie en raison de la prolifération des messes à la télévision et en streaming vidéo.

Ces formes ne peuvent pas être considérés comme un remplacement de la messe. Bien sûr, si vous êtes en prison ou dans un camp de concentration ou dans d’autres circonstances exceptionnelles, vous pouvez participer spirituellement à l’Eucharistie, mais ce n’est pas une situation normale. Dieu nous a créés corps et âme. Dieu a accompagné son peuple à travers l’histoire, il l’a libéré de l’esclavage en Égypte, il n’a pas effectué une libération virtuelle. Jésus, Fils de Dieu, est devenu chair, nous croyons à la résurrection de la chair. C’est pourquoi la présence corporelle est absolument nécessaire pour nous. Pour nous, pas pour Dieu. Dieu n’a pas besoin des sacrements, nous en avons besoin. Dieu a institué les sacrements pour nous. Le mariage ne fonctionne pas seulement spirituellement, il faut l’union du corps et de l’âme. Nous ne sommes pas des idéalistes platoniciens, nous ne pouvons pas suivre la messe de chez nous, sauf dans des circonstances particulières. Non, nous devons aller à l’église, rencontrer les autres, partager la Parole de Dieu. L’ensemble du vocabulaire de l’Église indique également ce besoin: la sainte communion; la communion doit réunir; l’Église est le peuple de Dieu convoqué ensemble. Le psaume dit: « Oui il est bon, il est doux pour des frères de vivres ensemble et d’être unis ».

Pouvez-vous également voir la manifestation d’une attaque claire contre l’Eucharistie, le cœur de l’Église?

Oui. Pensez à ceux qui, avant et pendant le Synode sur l’Amazonie, ont dit avec force que les peuples autochtones avaient absolument besoin de l’Eucharistie et pour cela, il était nécessaire d’ordonner prêtres des hommes mariés. Maintenant, les mêmes personnes soutiennent sans vergogne l’exact opposé, à savoir que nous n’avons pas besoin de l’Eucharistie. Ils raisonnent comme les protestants, ignorant que le point central de la controverse depuis le début de la Réforme protestante, est l’Eucharistie (…). C’est une façon de penser pervertie. Et ce catholicisme « moderne » est une idéologie autodestructrice. Il y a un besoin, en particulier en Italie, d’évêques de la stature de saint Charles Borromée, et quiconque est dans la Curie devrait prendre le cardinal Robert Bellarmin comme exemple.

Au cours des derniers mois, nous avons entendu des dirigeants épiscopaux dire souvent que le premier devoir était de protéger la santé.

Il s’agit d’une Église bourgeoise sécularisée, pas d’une Église qui vit de la Parole de Jésus-Christ. Jésus a dit « cherchez d’abord le Royaume de Dieu ». Que vaut la vie, tous les biens du monde, y compris la santé, si vous perdez votre âme?
Cette crise a montré que beaucoup de nos pasteurs pensent comme le monde, ils se conçoivent plus comme des fonctionnaires d’un système socio-religieux que comme des pasteurs d’une Église qui est une communion intime avec Dieu et avec les hommes. Nous devons toujours combiner la foi et la raison. Évidemment, nous ne sommes pas des fidéistes, nous ne sommes pas comme ces sectes chrétiennes qui disent que nous n’avons pas besoin de médicaments, que nous nous confions uniquement à Dieu. Au contraire, se confier à Dieu ne contredit pas la valorisation de toutes les possibilités offertes par la médecine moderne. Mais la médecine moderne n’est pas un substitut à la prière: ce sont deux dimensions qui ne doivent pas être séparées.

Pour justifier la suspension des messes publiques, certains disent que si nous contaminons d’autres personnes, nous sommes responsables de leur mort éventuelle.

Les médecins courent également ce risque, il y a un risque dans chaque activité humaine. Il est vrai que nous devons être prudents et veiller à ne pas mettre en danger la vie et la santé des autres, mais ce n’est pas la valeur suprême. Malheureusement, cette situation nous a montré que de nombreux prêtres et évêques de bonne qualité manquent de bases théologiques pour réfléchir à cette situation et pour offrir un jugement conforme à l’Évangile et à la doctrine de l’Église.

C’est peut-être aussi pour cette raison que de nombreux évêques ont rejeté la demande des fidèles italiens concernant la consécration au Cœur Immaculé de Marie.

Il y a une sous-estimation de l’aspect surnaturel. Nous sommes plongés dans la conception naturaliste issue des Lumières. L’Église, la grâce, les sacrements ne s’expliquent pas selon la dimension naturelle. Le cœur de notre religion chrétienne est le Dieu transcendant qui devient immanence dans notre vie, il est le Christ, vrai homme et vrai Dieu à travers l’Incarnation.

C’est presque comme si nous nous résignions à suivre un monde qui ne raisonne qu’en fonction de la dimension naturelle, et nous appelons cela le réalisme.

C’est l’idéologie du pragmatisme. Aujourd’hui, par exemple, l’idée prévaut dans l’Église qu’il faut des évêques qui ne soient que pasteurs, c’est-à-dire pragmatiques. Mais l’évêque est ministre de la Parole, il doit réfléchir à partir de la Parole. Saint Paul et Saint Pierre n’étaient pas des têtes vides, les pères de l’Église n’étaient pas seulement pragmatiques, ils réfléchissaient sur la foi chrétienne et ses implications. Un bon enseignant de la foi chrétienne doit être capable d’expliquer une situation comme la situation actuelle en partant de la foi, dans son sens surnaturel, et non du naturalisme. Encore une fois, les deux dimensions doivent être maintenues ensemble: nous ne pouvons pas réduire l’existence humaine à la simple nature, et en même temps ne pas même penser – comme le prétendent les marxistes – que le christianisme ne concerne que l’au-delà. En Jésus-Christ, nous avons l’unité entre l’au-delà et l’immanence de la vie. Un bon chrétien devrait savoir être un excellent médecin et scientifique, mais cela ne contredit pas la confiance en Dieu. Il y a intégration entre foi et raison, entre confiance en Dieu et compétence en sciences naturelles.

(Traduction française par : www.lecarmel.ch , mise à jour le 8.5.20)

Fatima célèbre ses apparitions sans pèlerins

Fatima célèbre ses apparitions sans pèlerins

Pour la première fois depuis 1917, les apparitions de la vierge de Fatima seront célébrées, ce mercredi 13 mai, sans public, pour cause du coronavirus.

« C’est un moment douloureux. Le sanctuaire de Fatima existe pour accueillir les pèlerins et ne pas pouvoir le faire est vraiment triste ». Le 4 mai, le père Carlos Cabecinhas, recteur du sanctuaire de Fatima mettait un terme à l’espoir des fidèles de pouvoir assister aux célébrations de l’apparition de la Vierge Marie aux trois bergers de Fatima en 1917.

« Le cardinal Antonio Marto, évêque de Leiria-Fátima, avait pris la décision il y a un mois d’organiser les célébrations sans la présence des pèlerins. Et elle a été confirmée, compte tenu de la situation actuelle d’épidémie et les recommandations et décisions des autorités sanitaires », explique le père Manuel Barbosa, porte-parole de la Conférence Épiscopale Portugaise (CEP).

Fatima étant un sanctuaire national, la résolution est le fruit d’une concertation entre le diocèse de Leiria et la CEP. C’est un acte de responsabilité envers les pèlerins, pour protéger leur santé et leur bien-être, ont tenu à préciser les porte-parole de l’Église catholique. Pour la première fois en cent trois ans, pour cause d’épidémie du Covid-19, l’immense esplanade de Fatima, bordée de ses deux basiliques, ne sera pas accessible aux fidèles.

La restriction est appliquée depuis le 12 mai. Car cette date est importante pour les rituels de commémoration. La procession des bougies attire une foule dense, qui se munit de bougies, psalmodie le rosaire et chante tandis que la statue de la Vierge de Fatima circule dans les allées entre les pèlerins. Un moment d’émotion et de ferveur collective cher à tous ceux qui participent aux premières commémorations annuelles.

« Nous sommes très tristes. Car lorsqu’on arrive au sanctuaire, c’est un moment extraordinaire. L’émotion nous envahit, nous tendons vers ce but, et nous avons l’impression d’arriver chez nous», raconte, très émue, Adelaïde Martins. Avec son groupe d’une cinquantaine de personnes de Marvão, dans le sud-est du Portugal, elle parcourt d’habitude les 176 kilomètres qui les séparent du sanctuaire.

Le départ se fait le 9 mai pour arriver à temps. Cette année, en lieu et place du recueillement avant le signal du départ, il a fallu se résoudre à prier par l’intermédiaire d’une plateforme sur Internet. Les célébrations sont d’ailleurs retransmises à la télévision pour que chacun puisse les suivre au sein de son foyer. Le sanctuaire a invité à parcourir un chemin spirituel.

« Une bonne décision malgré notre tristesse »

« Bien sûr, ce n’est pas pareil. Mais c’est une bonne décision d’empêcher le rassemblement à cause de la maladie. Nous ne pouvons qu’être d’accord malgré notre tristesse de ne pas communier ensemble ce 13 mai », reconnaît Adelaïde qui a commencé à « faire le chemin de Fatima » en 2017, au moment de la visite du pape François pour les 100 ans des apparitions.

En raison des circonstances exceptionnelles, un dispositif de 3 500 forces de l’ordre a été déployé pour interdire l’accès à l’enceinte. Chaque année, Fatima reçoit plus de 5 millions de visiteurs. Et pour les célébrations des apparitions, qui se répètent chaque 13 du mois jusqu’en octobre, date de la dernière apparition de la Vierge Marie, le sanctuaire peut accueillir jusqu’à 350 mille personnes. « En juin nous devrions pouvoir célébrer à nouveau en présence des pèlerins. L’interdiction des messes et célébrations sera levée le week-end du 30 mai », précise le père Manuel Barbosa. Fatima renouera alors avec la ferveur et l’émotion qui la caractérisent.

Source: La-Croix, le 13 mai 2020

« Qu’est-ce qui nous empêche de célébrer des messes dans les maisons ? »

« Qu’est-ce qui nous empêche de célébrer des messes dans les maisons ? »

« Qu’est-ce qui nous empêche de célébrer des messes dans les maisons ? »

Entretien 

Prêtre des missions étrangères en Inde, actuellement confiné en France, et chroniqueur pour la Croix, le père Yann Vagneux porte son regard de missionnaire sur la prolongation du confinement pour les croyants.

La Croix : Vous êtes missionnaire à Bénarès, en Inde, mais actuellement confiné à Paris. Quel regard portez-vous sur la déception des catholiques privés de messe encore jusqu’au 2 juin ?

Père Yann Vagneux (1) : J’entends bien le cri des chrétiens qui ont besoin de la messe, de se nourrir de l’eucharistie, de pouvoir prier ensemble. Des rassemblements de 10 personnes seront possibles après le 11 mai, alors utilisons cette possibilité, plutôt que d’attendre de retrouver nos grandes églises ! Pourquoi rester paralysé par le contexte et par le droit canonique ? Le droit canon, comme le rappelle le pape François, est d’abord fait pour le « salut des âmes ». Il s’agit de s’adapter.

Ainsi qu’est-ce qui nous empêche de faire des tournées et de célébrer des messes dans les maisons, comme cela se fait en Inde ou en Argentine pendant le temps pascal ? Ce fut la joie du début de mon sacerdoce en retournant dans le barrio où j’ai vécu jadis en Argentine. Les familles se sentaient visitées, considérées, honorées de recevoir le Seigneur chez elles.

On n’imagine pas la force de célébrer dans une maison. Souvent, les fidèles se sentent loin du célébrant, comme des spectateurs passifs dans une église à moitié vide. Or quand on célèbre dans une maison, la proximité est tout autre. La messe réassume toute la vie concrète de la famille, elle ressaisit tout son quotidien. Les Évangiles sont pleins de récits de Jésus entrant dans les foyers.

C’est ce qu’a vécu l’Église primitive, l’Église dans la persécution, l’Église missionnaire aussi. Depuis des siècles, les missionnaires sont allés de lieux reculés en lieux reculés et ont célébré la messe dans les maisons avec des petites communautés rassemblées… Le début de l’aventure missionnaire, c’est cela : on avait établi un programme, il y a eu des blocages, mais le blocage a été une chance pour inventer d’autres choses.

Source et suite sous : La-Croix, le 30 avril 2020

COVID-19 : FAUDRA-T-IL RÉSERVER SA PLACE POUR PARTICIPER AUX MESSES ?

COVID-19 : FAUDRA-T-IL RÉSERVER SA PLACE POUR PARTICIPER AUX MESSES ?

La date de la reprise des célébrations religieuses n’est pas encore connue, mais les évêques suisses souhaitent que les églises se préparent d’ores et déjà. Compte tenu des premières mesures d’assouplissement dans d’autres domaines de la vie publique, la Conférence des évêques suisses  se prononce en faveur d’un assouplissement de l’interdiction de messes publiques. L’Eglise catholique entend naturellement respecter les prescriptions fédérales en vigueur, notamment celles qui concernent l’hygiène et la distance sociale. La Conférence des évêques suisses a ainsi publié un plan-cadre  de protection * avec une série de directives pour réduire les risques de propagation du coronavirus (COVID-19) lors des célébrations . Il sera valable dès le jour décidé par le Conseil fédéral, précise un communiqué de la CES.

Nous faisons le point avec l’abbé Pascal Desthieux, Vicaire épiscopal à Genève.

Quel est le message des Évêques ?

La Conférence des évêques suisses fait sienne l’espérance de bien des fidèles de pouvoir bientôt célébrer à nouveau des messes publiques, mais rappelle que les contraintes sont un geste de respect, pour soi et les autres, et que le plein rétablissement de la vie ecclésiale et religieuse n’est pas pour tout de suite. Il dépendra de l’évolution de la situation. En ces temps difficiles, nos évêques soulignent aussi que les messes publiques ne constituent qu’une partie de ce qui fait la richesse de la vie chrétienne ! Ils mentionnent notamment des pratiques comme la liturgie domestique et la prière à la maison, en famille, mais également par les personnes vivant seules.

Dans l’attente de connaître une date pour la reprise des messes, la Conférence des évêques suisses (CES) a publié un plan-cadre de protection pour se préparer à la reprise des célébrations publiques. Quelles sont les dispositions ?

Ce plan décrit minutieusement les mesures pratiques qui permettent de respecter les prescriptions de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Bancs, portes et autres points de contact devront par exemple être désinfectés avant les messes. Le nombre de personnes autorisées à entrer dans les églises devra être  limité à un tiers du nombre maximum possible et chaque fidèle doit disposer d’un espace de 4m2 au minimum. Le texte des évêques souligne qu’il faudra prévoir des mesures adéquates pour ces distances nécessaires soient respectées. Par exemple la fermeture d’un banc ou ligne de chaises sur deux ; éloignement des chaises ; marquage en couleur des places.

Faudra-t-il dès lors réserver sa place avant d’aller à la messe ?

En effet, pour éviter qu’aux messes bien fréquentées certains fidèles qui se présentent soient renvoyés, les évêques recommandent la mise en place de mécanismes de réservation et de places numérotées. Des solutions pourront être proposées aux fidèles qui ne pourront pas rentrer dans l’église :  un autre lieu, une autre date, éventuellement en semaine.

Nous vivons une situation extraordinaire qui nous dicte des comportements de prudence et une plus grande organisation. Je suis confiant que, comme d’autres secteurs, nous serons en mesure de répondre aux défis qui se posent. Tout doit être mis en œuvre pour que les rassemblements en église ne deviennent des foyers d’infection.

Les personnes dites vulnérables pourront-elles participer aux célébrations ?

Les fidèles qui sont malades ou se sentent malades sont sollicités à ne pas se rendre à la messe. Dans le respect des mesures prescrites, ils peuvent recevoir la communion chez eux par des personnes formées et mandatées pour cela. Les évêques conseillent aux fidèles faisant partie des groupes à risque de ne pas fréquenter la messe dominicale. La CES précise que, toujours dans le respect absolu des dispositions étatiques, ils peuvent fréquenter la messe en semaine comptant moins de fidèles

D’autres dispositions sont prévues. En entrant dans les églises, au lieu de tremper le bout des doigts dans l’eau bénite des bénitiers, les fidèles devront par exemple se nettoyer les mains avec un produit désinfectant virucide !

En effet, les bénitiers resteront vides et il est recommandé que les fidèles se désinfectent les mains avant d’entrer dans l’église. L’échange du signe de la paix est supprimé et plusieurs directives sont prévues pour la communion. Par exemple, le dialogue « Le Corps du Christ » – « Amen » sera prononcé communautairement avant que l’on procède à la distribution de la communion. Pour recevoir l’eucharistie, il faudra respecter les distances et les règles d’hygiène. L’ensemble de ces dispositions peut paraître lourd à observer, mais il ne dénature pas les messes et je suis certain que le jour où nous allons pouvoir à nouveau célébrer ensemble la joie l’emportera sur ces quelques désagréments.

Qu’en sera-t-il des baptêmes, des premières communions, des confirmations et des mariages ?

Ils sont conditionnés au respect rigoureux des normes de protection établies en matière de distance sociale et d’hygiène. S’il est possible de reporter la fête, il faut le faire, en accord avec la famille, car il faut éviter les grands rassemblements.

Et pour les funérailles ?

Le coronavirus a bouleversé le processus de deuil, qui passe aussi par la célébration de funérailles en présence des personnes chères, par des gestes de contact et de proximité qui ne peuvent pas avoir lieu. Les obsèques dans la plus stricte intimité sont difficiles à vivre pour la famille et les proches qui ne peuvent pas y participer.

Dès le 27 avril, les conditions ont été néanmoins assouplies. Les obsèques doivent être toujours célébrées avec aussi peu de monde que possible. Toutefois, le nombre total de personnes présentes dépend maintenant du choix du lieu où se déroule la cérémonie. Comme pour les messes, les curés doivent établir un plan de protection et calculer pour chaque église ou chapelle le nombre maximum possible de participants. Pour les chapelles du centre funéraire à Genève, ce nombre est de 27 personnes.

Image ©ECR

SD&D, 29 avril 2020

*Il énumère des objectifs-type, offrant une orientation auxdits diocèses et abbayes territoriales quant à leurs propres concepts de protection, qui demandent à être adaptés par ceux-ci, en collaboration avec les autorités cantonales correspondantes, aux situations concrètes saisies.

PS. Selon les décisions annoncées par le Conseil fédéral le 29 avril 2020, la reprise de la célébration publique d’offices religieux et donc des messes en présence des fidèles n’aura pas lieu avant le 8 juin 2020. Cette reprise fait partie de la troisième phase du déconfinement dont le plan sera décidé le 27 mai.

Source: Eglise Catholique Romaine, de Genève, le 29 avril 2020

L’Église italienne insatisfaite suite au nouveau décret de Giuseppe Conte

Giuseppe Conte présente les modalités de la phase 2 du confinement, Rome, Palais Chigi, le 26 avril 2020Giuseppe Conte présente les modalités de la phase 2 du confinement, Rome, Palais Chigi, le 26 avril 2020  (ANSA)

L’Église italienne insatisfaite suite au nouveau décret de Giuseppe Conte

Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a annoncé dimanche 26 avril une série de mesures pour alléger le confinement auquel sont soumis les Italiens depuis le 9 mars. De nombreuses activités devraient reprendre progressivement. En revanche, les messes avec participation des fidèles restent interdites, ce qui a suscité le mécontentement de la Conférence Épiscopale Italienne (CEI). 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Le volet ecclésial de la phase 2 du confinement présentée ce dimanche soir a déçu l’épiscopat italien, qui planchait depuis quelques temps sur la manière dont les catholiques du pays pourraient retrouver leurs églises après une longue privation. Le nouveau décret de Giuseppe Conte apporte tout de même un changement important: dès le 4 mai prochain, les funérailles seront à nouveau autorisées, avec des assemblées de 15 personnes maximum, limitées à l’entourage proche du défunt.

«Les évêques italiens ne peuvent accepter de voir l’exercice de la liberté de culte compromis. Il devrait être clair pour tous que l’engagement au service des pauvres, si important dans cette situation d’urgence, découle d’une foi qui doit être nourrie à sa source, en particulier la vie sacramentelle», explique une note de la CEI publiée dans la foulée de l’intervention du président du Conseil.

À chacun ses responsabilités

Après «des semaines de négociations qui ont vu la CEI présenter des lignes directrices et des protocoles permettant d’aborder une phase transitoire en pleine conformité avec toutes les réglementations sanitaires, le décret de la présidence du Conseil des ministres adopté ce soir exclut arbitrairement la possibilité de célébrer la messe avec le peuple, peut-on lire encore. Il est rappelé à la Présidence du Conseil et au Comité technico-scientifique qu’ils ont le devoir de distinguer entre leur responsabilité – donner des indications précises de nature sanitaire – et celle de l’Église, appelée à organiser la vie de la communauté chrétienne, dans le respect des mesures prévues, mais dans la plénitude de leur autonomie».

Le quotidien Avvenire, dans un article publié ce dimanche, rapporte que Giuseppe Conte a reconnu des «rigidités» au sein du comité technico-scientifique. Ce comité, cité par l’agence ANSA, explique pour sa part que «la participation des fidèles aux services religieux implique, à l’heure actuelle, des problèmes critiques inéliminables qui incluent le déplacement d’un nombre important de personnes et un contact étroit pendant l’Eucharistie». Selon les experts, à partir du 4 mai et «pour les trois semaines suivantes», «l’impact des réouvertures partielles et de l’assouplissement progressif des mesures actuellement en vigueur sur la dynamique épidémique n’étant pas encore prévisible», il serait «prématuré de prévoir la participation des fidèles aux services religieux». Un avis, soulignent-ils cependant, qui pourrait être révisé «à partir du 25 mai, dans le sens d’une prévision vers la participation des fidèles aux services religieux, en respectant strictement les mesures de distanciation sociale sur la base des tendances épidémiologiques».

Une solution à l’étude

Mais la CEI rappelle que la ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese avait déclaré au quotidien Avvenire que «de nouvelles mesures étaient à l’étude par le gouvernement pour permettre l’exercice le plus large possible de la liberté de culte». Des propos encourageants tenus le 23 avril dernier «après une discussion continue et disponible entre le Secrétariat général de la CEI, le ministère de l’Intérieur et la présidence du Conseil elle-même». Au cours de cet échange, l’Église italienne avait «accepté, avec souffrance et sens des responsabilités, les limites gouvernementales assumées pour faire face à l’urgence sanitaire». Et elle avait aussi souligné «de manière explicite qu’au moment où les limites supposées pour faire face à la pandémie seraient réduites, l’Église exige de pouvoir reprendre son action pastorale».

Jusqu’à présent, tout rassemblement liturgique et pastoral est en effet interdit dans la péninsule italienne. Les fidèles peuvent se rendre dans les églises restées ouvertes – en général les paroisses – pour la prière individuelle, et parfois pour recevoir la communion ou se confesser.

L’exaspération des évêques italiens n’est toutefois pas restée sans effets. «La présidence du Conseil, lit-on dans une note du Palais Chigi publiée dans la nuit, prend note de la communication de la CEI et confirme ce qui a déjà été anticipé dans la conférence de presse du Président Conte. Dans les prochains jours déjà, nous allons étudier un protocole qui permettra dès que possible la participation des fidèles aux célébrations liturgiques dans des conditions de sécurité maximale».

La pandémie de Covid-19 a fait déjà près de 27 000 morts en Italie, le pays le plus durement touché en Europe. Parmi les victimes figurent plus d’une centaine de prêtres.

La situation s’améliore lentement. Si baisse du nombre de morts se confirme – 260 décès en 24 heures annoncés le 26 avril, soit le chiffre le plus bas depuis le 14 mars -, le nombre de personnes positives au coronavirus continue d’augmenter. Plus de 106 000 personnes sont actuellement contaminées. 

Source: Vaticannews, le 27 avril 2020

Coronavirus : le cardinal Bo dénonce la « culpabilité morale » de la Chine

Coronavirus : le cardinal Bo dénonce la « culpabilité morale » de la Chine

Coronavirus : le cardinal Bo dénonce la « culpabilité morale » de la Chine

Le cardinal birman Charles Bo tance dans une déclaration l’attitude « négligente » du régime chinois face à la pandémie du Covid-19. Il accuse la Chine d’un « échec » aux graves conséquences mondiales.

Le cardinal Charles Bo, archevêque de Rangoun (Myanmar, ex-Birmanie), ne mâche pas ses mots pour attaquer le régime chinois, coupable et responsable selon lui de la sévérité de la pandémie du Covid-19. Dans une déclaration publiée jeudi 2 avril sur le site de son diocèse, celui qui a reçu la barrette cardinalice des mains du pape François met ainsi vivement en cause le parti communiste chinois (PCC) « pour ce qu’il a fait et a échoué à faire ».

« C’est le PCC qui a été responsable, attaque l’archevêque de Rangoun, pas le peuple chinois (…), c’est la répression, les mensonges et la corruption du PCC qui sont responsables. » Pour le cardinal Bo, le régime chinois « despotique » a eu une « attitude négligente » en n’agissant pas plus rapidement contre le Covid-19, ce qui aurait permis d’en limiter grandement les effets.

La Birmanie, un pays « extrêmement vulnérable » devant la pandémie

De plus, poursuit-il, le PCC a fait taire les lanceurs d’alerte, refusé l’aide proposée par d’autres pays et certainement minoré « significativement » les statistiques sur la maladie. Et malgré cet « échec », s’indigne l’archevêque Rangoun, des « marchés humides » ont déjà rouvert en Chine, alors qu’il semble que l’épidémie soit née dans un tel lieu.

S’il est si critique contre la gestion « inhumaine et irresponsable » de la nouvelle infection par la Chine, explique le cardinal birman, c’est que son propre pays est « extrêmement vulnérable, (…) une pauvre nation sans ressources de santé et de protection sociale ». « Les systèmes de santé dans les pays les plus avancés du monde sont débordés, alors imaginez les dangers dans un pays pauvre et en proie aux conflits comme le Myanmar », s’alarme le cardinal Bo.

La Chine est « légalement responsable »

« Aucun coin du monde n’est épargné par cette pandémie, aucune vie n’est pas affectée » et les morts pourraient se compter en millions, accuse-t-il encore dans son message intitulé « Le régime chinois et sa culpabilité morale face à la contagion mondiale ». Reprenant les conclusions d’un professeur de droit international à Harvard, James Kraska, le cardinal Bo estime que la Chine est « légalement responsable de Covid-19 et des réclamations pourraient être faites en milliers de milliards de dollars ».

« Vérité et liberté sont les deux piliers sur lesquels toutes nos nations doivent construire les fondations plus sûres et plus solides », énonce le cardinal Bo en conclusion de son message, comme une maxime. Cette attaque en règle du cardinal birman contre le PCC est d’autant plus forte que les autorités de son pays sont relativement proches du régime chinois.

Source: La Croix, le 3 avril 2020, par Xavier Le Normand

Contre l’épidémie, avoir sur soi une image de la Vierge Marie…

Tout le monde connait aujourd’hui les principales recommandations formulées par les autorités sanitaires pour limiter la propagation du coronavirus. Mais à celles-là on pourrait en ajouter une autre d’ordre spirituel : avoir sur soi une image de la Vierge Marie et prier régulièrement.

Ce dernier conseil n’est autre que celui donné par saint Jean Bosco à Turin lors de l’épidémie de choléra qui a frappé la ville en 1854. Le prêtre italien avait alors demandé à des jeunes gens qu’il avait mandatés pour rendre visite aux malades de porter sur eux une image de la Vierge et de prier régulièrement.

Aucun d’entre eux n’avait été contaminé. Si les deux épidémies ne sont absolument pas comparables, son conseil est toujours valable : agir humblement avec foi et se confier à la Mère de Dieu.

Adapté d’un article de : Aleteia

Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Source: https://us3.campaign-archive.com/?e=011dea2e3f&u=bbaf519c73482457368060b5b&id=b89bcca75d

Mieux vivre nos dimanches sans messe

Depuis le début du confinement, les réseaux sociaux n’ont jamais vu autant d’offices et de messes en direct. Comment nous aider les uns les autres à suivre le mieux possible la liturgie dominicale en affrontant le principal ennemi : la durée du confinement ?

Qui eût pensé que nous réfléchirions sur ce point ? Il est évident que rien ne remplace l’assistance à la messe dominicale ! Cependant, en période de confinement, nous voilà affrontés à ce débat : comment nous aider les uns les autres à suivre le mieux possible la liturgie dominicale en affrontant le principal ennemi : la durée du confinement ?

Les réseaux sociaux n’ont jamais vu autant d’offices et de messes en direct ! Internet n’est plus seulement un nouveau presbytère, c’est tantôt un chœur de cathédrale, une petite église romane, une chambre aménagée en chapelle. Ces messes intimistes permettent de suivre au plus près chacun des gestes du prêtre, entrant davantage dans le grand mystère de l’eucharistie.

Les fidèles ont alors le choix de pouvoir suivre une communauté en particulier ou de se joindre aux messes grand public diffusées par les habitués de ces précieuses émissions que sont KTO tv et Le Jour du Seigneur (en cette période, il semble que tout le monde comprenne le soutien qu’il ne faut pas manquer d’apporter à la célèbre émission de la chaîne publique…).

Ce temps de confinement peut même devenir une véritable retraite avec, dans beaucoup de foyers, la messe et le chapelet suivis en direct aussi souvent que possible. Les fruits de ces rendez-vous télévisuels semblent donc assez évidents.

Ah, si seulement nous étions équipés en casques de réalité virtuelle et de caméras permettant de s’immerger complètement !

Lorsque l’on regarde la messe à la télévision, beaucoup essaient de s’y associer pleinement en vivant une véritable communion. La qualité des images et le rendu phonique nous font entrer dans une quasi-réalité, complétée bien souvent par une participation quasi complète des fidèles qui chantent, répondent et déploient des trésors d’ingéniosité (cierges, chaises disposées à la façon d’une chapelle, attitudes corporelles correspondantes aux moments de la messe…). Ah, si seulement nous étions équipés en casques de réalité virtuelle et de caméras permettant de s’immerger complètement !

Les prêtres multipliant les messes télévisées cherchent aussi à donner un supplément d’âme aux messes télévisées en créant une communion affective et virtuelle, se superposant à la communion des saints qui est visée.

Le défi du passage du virtuel au réel

Cependant, il est bon de glisser un bémol… Il ne s’agit pas d’opposer les différentes pratiques ni de remettre de bonnes notes. Nous sommes tous pauvres en cette période, et tout le monde est bien démuni. Rien qu’à l’idée que nous devions vivre la semaine sainte sous un de ces modes nous remplit d’un réel frémissement.

S’il n’y avait eu qu’un seul dimanche, qu’une seule semaine dans ce contexte, notre réflexion serait sûrement superflue. La motivation liée à l’aspect exceptionnel de ce qui est vécu aurait permis de surmonter l’obstacle, faute de mieux. Toutefois, la perspective de devoir durer nous oblige à repenser nos catégories.

« La communion à la messe c’est l’union des cœurs dans l’unique communion des saints vécue dans le Christ. »

La communion à la messe n’est pas simplement recevoir le Christ « caché dans l’hostie », comme le disait les petits voyants de Fatima. C’est bien plus que cela : l’union des cœurs dans l’unique communion des saints vécue dans le Christ. Il ne s’agit pas de faire comme si je vivais la messe ou d’être dans la quasi-réalité de ma participation eucharistique. Certes, l’union des cœurs peut s’appuyer par le média de la réalité augmentée qu’est la messe retransmise. Mais, comme tout moyen, Internet peut devenir un obstacle et m’empêcher de réaliser cette union. En clair, je considère que d’avoir passé une heure devant ma télévision équivaut à la messe, faute de mieux. N’ai-je pas rempli mon devoir dominical le mieux possible ? Une fois encore, cela est vrai. Mais si j’étais en Amazonie et que je devais passer l’année entière devant ma télévision chaque dimanche, je comprendrais qu’il me manque quelque chose.

Quinze jours ou plus de confinement, permettent de comprendre que l’on peut survivre dans notre foi, et même trouver des agréments à cette nouvelle manière de vivre notre foi (après tout, les enfants regardent l’écran, ils sont donc plus sages !). L’enjeu, surtout à l’entrée de la Semaine sainte, n’est plus de survivre mais bien de vivre pleinement notre foi. Que cette Semaine sainte ne soit pas une année suspendue ou annulée ou reportée. Pâques sera bien réellement Pâques, de même que les messes auxquelles je ne peux me rendre sont bien réellement célébrées.

La passivité de la messe devant l’écran (inévitable au bout d’un moment, lorsqu’elle devient routine) la réduit à un spectacle auquel je ne me joins que virtuellement, manquant non seulement l’union du cœur nécessaire, mais aussi les dimensions du ICI et MAINTENANT validant la réalité de la participation active au sacrifice du Christ. Je reste devant une image, avec toutes les vertus que cela peut créer en moi, mais aussi toutes les limites.

Je peux certes alors dire avec piété un bel acte de communion spirituelle. Je peux même me dire que le dimanche aussi, il m’arrive de ne pas être très attentif à la messe dans toute sa durée. Mais il n’empêche que dans mon salon, je ne suis pas à l’église !

Fais de ta maison une Église

Il est bon de redire que ces propos n’ont pas pour objectif de décourager tout le monde mais bien de mesurer l’enjeu immense des conséquences de ce confinement. Cela va être pour nous tous une occasion de grandir dans notre foi, de redécouvrir la piété en famille !

Il existe une autre manière de vivre le dimanche en étant éloigné d’une messe. Non pas de faire comme si j’allais à la messe mais de vivre un temps de liturgie familiale.

Il existe une autre manière de vivre le dimanche en étant éloigné d’une messe. Non pas de faire comme si j’allais à la messe mais de vivre un temps de liturgie familiale. Ce registre n’a rien de nouveau et est déjà proposé par l’Église, en absence de prêtre le dimanche. Certes, il est souvent associé à une période agitée de notre Église mais certaines familles en tireront sûrement de grands profits spirituels.

Rappelons que la famille est une ecclesiola, une petite église, une « église domestique ». Dans l’incapacité de pouvoir participer à la célébration de la messe, il est possible de vivre une liturgie de la Parole avec des lectures, voire même une actualisation de ces lectures dans nos vies, une prière universelle et un Notre-Père (quelques exemples ici ou ). On pourra même, si la famille dispose de quelques compétences dans ce domaine (!), se lancer dans les chants ! Des paroisses proposent une sélection de chants, une homélie en ligne et une prière universelle afin de créer cette communauté réelle, non devant l’écran mais, cette fois-ci dans une authentique union des cœurs.

Nous le savons, rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ ! Nous appuyant sur cette certitude, entrons dans la joyeuse espérance que le Seigneur nous promet !

Source: Aleteia, le 3 avril 2020, par l’Abbé Antoine Roland-Gosselin 

Coronavirus : le pape fait parvenir 60 000 euros à l’hôpital de Bergame

Message vidéo aux familles © Vatican Media
Message Vidéo Aux Familles © Vatican Media

Coronavirus : le pape fait parvenir 60 000 euros à l’hôpital de Bergame

Un signe concret de sa paternité

Le pape François a fait parvenir 60 000 euros à l’hôpital de Bergame, en signe de proximité pour la ville italienne de Lombardie mise à mal par la pandémie du Coronavirus Covd-19, indique le diocèse. Les médias du Vatican s’en font l’écho le 3 avril 2020.

Épicentre de l’épidémie dans la Péninsule, Bergame a vu le nombre de victimes et de contaminés augmenter encore ces derniers jours. Le don du pape a été remis au directeur de l’hôpital Jean XXIII, qui emploiera ce « signe concret de la paternité » du pape à aider la nouvelle structure mise en place pour répondre aux besoins de la population.

Le 18 mars dernier déjà, le pape avait téléphoné à l’évêque Mgr Beschi, qui explique dans un communiqué : « L’expression de sa paternité, comme cela est compréhensible, rejoint tous les diocèses touchés par la violence de la contamination, mais il souhaite la manifester particulièrement aux communautés qui sont les plus touchées. L’hôpital de Bergame, portant le nom du saint pape bergamasque, représente un motif de plus d’une valeur symbolique particulière pour ce geste de proximité du pape François. »

Source: Zenit.org, le 4 avril 2020, par Anne Kurian