La béatitude des martyrs, amis du Paradis

«C’est qu’en eux triomphait Celui qui vivait en eux; et pour avoir vécu, non pour eux mais pour lui, ils ne sont pas morts en mourant. » 
(Sant’Augustin, Discours 280) 

par Gianni Valente
Rome (Agence Fides) – Aujourd’hui, 24 mars 2023, la trente et unième Journée des Missionnaires Martyrs est célébrée
En 1992, le Mouvement des Jeunes des Œuvres Pontificales Missionnaires italiennes (aujourd’hui Missio Giovani) a proposé pour la première fois à l’Église italienne la célébration d’une Journée en mémoire de ceux qui sont tués chaque année au cours de leur service pastoral. La célébration a alors été placée le jour de l’assassinat d’Oscar Arnulfo Romero, l’archevêque salvadorien tué le 24 mars 1980 alors qu’il célébrait la messe dans la chapelle de l’Hospedalito, à San Salvador.
Le 8 janvier 2015, le Congrès des théologiens de la Congrégation pour les causes des Saints avait reconnu à l’unanimité que Mgr Romero était un martyr, tué « in odium fidei » : ce n’est pas la volonté d’éliminer un ennemi politique qui a poussé les bourreaux à l’éliminer, mais la haine déclenchée par sa préférence pour les pauvres, reflet direct de sa foi dans le Christ et de sa fidélité au Magistère de l’Église. La foi », ont reconnu à l’époque les théologiens du dicastère du Vatican, « a été la source de ses actions, des paroles qu’il a prononcées et des gestes qu’il a posés dans le contexte dans lequel il était appelé à travailler et à vivre en tant qu’archevêque ».

Dans le Salvador des escadrons de la mort et de la guerre civile, l’Église a subi une persécution féroce de la part de personnes qui étaient au moins sociologiquement chrétiennes. C’est précisément le travail du procès de béatification qui a confirmé que Romero – comme l’a écrit le professeur Roberto Morozzo della Rocca – était « un prêtre et un évêque romain, obéissant à l’Église et à l’Évangile par le biais de la Tradition », appelé à exercer son ministère de pasteur « dans cet Occident extrême et déformé qu’était l’Amérique latine de ces années-là ». Là où les prêtres et les catéchistes étaient assassinés et où, dans les campagnes, il devenait dangereux de posséder un Évangile. Là où il suffisait de demander justice pour être taxé de communiste subversif. 

La reconnaissance du martyre de Mgr Romero a été un moment décisif dans le processus de sa canonisation. L’archevêque martyr a été élevé à la gloire des autels en tant que bienheureux le 23 mai 2015 et a été proclamé saint avec le pape Paul VI et cinq autres bienheureux par le Pape François, lors de la liturgie eucharistique solennelle qu’il a présidée sur la place Saint-Pierre le 14 octobre 2018.  

Ces derniers jours, l’Agence Fides a reproposé les histoires de cinq missionnaires martyrs, pour lesquels le procès de béatification est en cours ou vient de s’achever. Dans la série d’articles dirigée par Stefano Lodigiani, les histoires du martyre de Sœur Maria Agustina Rivas, tuée le 27 septembre 1990 au Pérou par la guérilla du Sendero Luminoso ; celles du médecin italien Luisa Guidotti, missionnaire laïque tuée au Zimbabwe le 6 juillet 1979 ; et celles du jeune pakistanais Akash Bashir, tué à la suite d’un attentat à la bombe ; celles du jeune Pakistanais Akash Bashir, tué le 15 mars 2015 à Lahore par un terroriste kamikaze ; et celles de João de Deus Kamtedza et Sílvio Alves Moreira, pères jésuites enlevés et tués au Mozambique le 30 octobre 1985.  

L’histoire de Saint Romero, ainsi que celles des nouveaux martyrs retracées par Fides (une religieuse, une laïque, un jeune homme, deux prêtres) aident à percevoir la chaîne lumineuse qui, tout au long de l’histoire du salut, tisse le lien entre martyre, mission apostolique et sainteté. L’Église ne s’est jamais plainte de ses martyrs. Elle n’a jamais hésité à proclamer que ce sont précisément eux, avec leur vie arrachée de force et dans la douleur à une mort sanglante infligée par des bourreaux assoiffés de sang, qui préfigurent la gloire du Paradis. Ils attestent et témoignent d’une prédilection qui fait que ces mêmes vies sont embrassées et revêtues d’une félicité sans pareille. Dans le dynamisme incomparable de la grâce, du scandale et de la folie du monde, martyre et félicité deviennent synonymes.  

Au début de l’histoire chrétienne dans le monde, l’appellation « martyr », c’est-à-dire « témoin », était réservée aux apôtres et aux disciples de Jésus. À ceux qui avaient été les « témoins oculaires » de la vie du Christ, de sa passion et de sa mort, et qui avaient rencontré le Ressuscité. Mais dès les grandes persécutions des premiers siècles du christianisme, ceux qui ont été condamnés à mort « in odium fidei », à cause de leur foi, ont commencé à être définis comme des « martyrs ».  

La connotation martyriale accompagne et accompagnera toujours le cheminement de l’Église dans l’histoire. Et l’Église reconnaîtra toujours le lien intime et particulier de communion qui unit les martyrs au Christ lui-même et à son Mystère de salut. C’est également pour cette raison que la législation actuelle sur les causes de canonisation, définie sur ce point par la Constitution apostolique Divinus perfectionis Magister, promulguée par Jean-Paul II le 25 janvier 1983, établit que dans les procédures de béatification d’un martyr, la preuve et la reconnaissance d’un miracle survenu par l’intercession de la personne béatifiante ne sont pas requises. Le martyre est reconnu comme une manifestation si évidente de l’amour de Dieu et de la conformation au Christ que la « confirmation » de la reconnaissance d’un miracle n’est pas nécessaire pour affirmer que les martyrs, tous les martyrs, sont au Paradis. 

Comme l’écrit Saint Augustin dans le Discours 280, en rappelant le « dies natalis » des martyrs romains Perpétue et Félicité, « Seul il a donné sa vie pour tous; à son exemple, les martyrs ont donné la leur pour leurs frères; ils ont pour produire cette immense et fertile moisson des peuples chrétiens, arrosé la terre de leur sang. C’est ainsi que nous sommes aussi le fruit de leurs sueurs. Nous élevons vers eux notre admiration, ils ont pour nous de la pitié. Nous leur applaudissons, ils prient pour nous. ”.

Source :Agence Fides, 24 mars 2023

Une école chrétienne de Nazareth mitraillée

Basilique de l'Annonciation à Nazareth.Basilique de l’Annonciation à Nazareth.

Une école chrétienne de Nazareth mitraillée

Jeudi 16 mars, l’école et le couvent des sœurs franciscaines de Nazareth ont été mitraillés par des inconnus. Choquée, la communauté chrétienne israélienne demande au gouvernement israélien de garantir la sécurité des lieux d’enseignement. 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Le climat de violence et d’insécurité en Israël n’épargne pas les écoles. Pour la première fois une école chrétienne, l’école et le couvent des sœurs franciscaines de Nazareth, a été mitraillée jeudi 16 mars, à 18h30 par deux personnes à moto. Aucun élève n’était présent à cette heure-là et les sœurs étaient en train de prier dans leur chapelle. Ce sont des passants qui ont donné l’alerte et appelé la police, raconte Mgr Rafiq Nahara, le vicaire patriarcal latin en Israël.

Après cette attaque, «extrêmement grave», il a écrit aux ministères israéliens de l’Éducation, de l’Intérieur et des Affaires étrangères pour réclamer «une enquête rapide»et des mesures pour qu’un tel événement n’arrive plus. «Nous considérons cet événement avec sévérité, car les couvents et les écoles chrétiennes ont toujours été à l’écart du cercle vicieux de la violence qui sévit dans la société arabe. C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de victime dans cet incident et qu’une énorme catastrophe ait été évitée», a-t-il écrit.

Une société arabe de plus en plus violente

Pour les chrétiens d’Israël, un tel acte est une surprise: «nous n’avons pas l’habitude de tels événements violents particulièrement en rapport avec nos écoles. Elles ont une bonne réputation, ce sont des lieux ouverts à des élèves chrétiens, musulmans, ce sont des lieux de vie commune», reconnait-il en répondant à Radio Vatican – Vatican News.

Pourtant, cette attaque s’inscrit dans un climat de violence latent au sein de la société arabe israélienne, surtout depuis quatre ans, concède Mgr Nahara. «Dans les cités arabes, il y a beaucoup de tirs, parfois contre des personnes, des extorsions d’argent ou de prêts usuraires qui peuvent mener à des violences physiques», décrit-il. Dans un tel contexte, il voudrait que les écoles chrétiennes restent en dehors de «ce cycle de violence».

Des écoles chrétiennes fragilisées économiquement

L’attaque contre l’école des sœurs franciscaines de Nazareth intervient alors que la politique en matière d’éducation du gouvernement israélien lèse les structures gérées par les Églises, et notamment celles du Patriarcat latin. Les subventions gouvernementales ont drastiquement diminué et ne représentent plus que le tiers de celles accordées aux établissements publics, affirment le vicaire. Une évolution qui concerne d’abord et avant tout les écoles primaires. «Probablement, l’État d’Israël voudrait que toutes les écoles soient publiques et du coup, il supporte moins les écoles privées sur lesquelles il a moins de contrôle».

Pour compenser cette perte de revenus, les écoles chrétiennes sont contraintes d’augmenter les frais de scolarité, et «les salaires des enseignements sont devenus nettement plus bas que dans les écoles publiques, et les avantages pour les professeurs sont moindres»explique Mgr Nahara. «C’est un problème pour nous, reconnait-il,parce que cela signifie la fuite des meilleurs enseignants, parce qu’il y a les craintes des parents; pour nous c’est très difficile».

Source : VATICANNEWS, le 20 mars 2023

Jérusalem : le patriarcat grec dénonce un « attentat odieux » dans un lieu saint

L’Église orthodoxe grecque a dénoncé dimanche comme un « attentat odieux » une attaque survenue pendant la messe dominicale, en plein carême, au Tombeau de la Vierge, un des plus importants lieux saints chrétiens à Jérusalem. 

Dans un communiqué publié vers 10h15 (8h15 GMT) et faisant référence à cet incident la police israélienne indique être intervenue à Jérusalem-Est, partie de la Ville sainte annexée par Israël, et avoir arrêté « un suspect (âgé de 27 ans et habitant le sud d’Israël) pour son implication dans un incident violent dans l’église », sans plus de détail sur son identité.

Selon Bilal Abou Nab, un vendeur qui tient une échoppe à côté du sanctuaire et qui affirme avoir été témoin des faits, l’agression a été commise par deux juifs, l’un portant une kippa, et l’autre « un pantalon avec des franges pendant sur les côtés » (les « tsitsit » portés par de nombreux juifs pratiquants).

Appelant à une « protection internationale des lieux saints », le Patriarcat orthodoxe grec de Jérusalem, copropriétaire du Tombeau de la Vierge (lieu du dernier repos de la mère de Jésus, selon une tradition chrétienne), a publié un communiqué faisant état d' »une tentative de porter atteinte physiquement à [un] archevêque [qui officiait] et d’agresser un prêtre ». 

Le communiqué de la police ne mentionne qu’un seul agresseur, « entré dans l’église [en] criant et menaçant les personnes présentes avec une barre de fer ».

« Il n’y a pas eu de blessés », ajoute le texte.

M. Abou Nab affirme, lui, qu' »un religieux a été blessé au front », que l’un des agresseurs criait et proférait « des insultes et le deuxième tenait une barre de fer et frappait » des fidèles.

« Nous avons appelé la police, mais ils sont arrivés sur les lieux après plus d’une demi-heure », ajoute-t-il. Entre temps, dit-il l’un des agresseurs avait été maîtrisé, mais l’autre s’était enfui.

« Les attaques terroristes par des groupes israéliens radicaux visant des églises, des cimetières et des propriétés chrétiennes, en plus des agressions physiques et verbales contre le clergé chrétien sont devenues quasi-quotidiennes et leur intensité augmente de façon évidente en période de fêtes chrétiennes », déplore le patriarcat.

En janvier, un cimetière épiscopalien de Jérusalem avait été profané, et en février, une statue du Christ vandalisée dans une chapelle franciscaine de la Vieille ville.

Ville sainte pour les trois monothéismes, Jérusalem est au cœur des tensions du conflit israélo-palestinien. En décembre 2021, des responsables d’églises locales avaient affirmé que les chrétiens étaient « devenus la cible d’attaques répétées de la part de groupes radicaux et marginaux » à Jérusalem et ailleurs en Terre sainte et dénoncé l’inaction des autorités israéliennes.

Source : INFOCHRETIENNE, le 20 mars 2023

Chili : les attaques contre les églises se multiplient

crédit Mons. Fernando Chomali

Du site de l’Aide à l’Eglise en Détresse (France) :

CHILI : Nouvelle chapelle incendiée

13/03/2023

Vers minuit le samedi 4 mars, huit inconnus armés et cagoulés se sont approchés de la chapelle Nuestra Señora de los Rayos, située dans la localité rurale de California, dans la région d’Arauc

« Les voisins ont été choqués de voir comment, en quelques instants, le bâtiment a été réduit en cendres. Leur douleur est grande et ils ne comprennent pas la raison de cette attaque », explique Magdalena Lira, directrice nationale du bureau chilien de l’AED.

Les assaillants ont laissé des tracts et une banderole revendiquant leur crime et annonçant des actions plus violentes. « Chaque balle qui sera tirée sera rendue. Temucuicui résiste. RMM », peut-on lire sur la banderole. L’acronyme RMM signifie « Résistance Mapuche Malleco », un groupe de guérilleros qui prétend défendre les droits du peuple autochtone mapuche et qui a déjà été responsable d’autres attaques dans le passé.

« Les flammes ont consumé le bâtiment en quelques minutes, laissant la communauté, principalement composée de familles mapuches, sans église pour ses activités. La petite chapelle avait été construite par les voisins eux-mêmes en 1952, d’où la douleur qu’ils ont exprimée en voyant tout brûler et finir en cendres. La police n’a retrouvé que les restes de la toiture métallique et une poutre qui a résisté au feu, rendant méconnaissable ce qui était un lieu de foi », explique Lira.

« Comme un petit miracle, une petite statue en plâtre de la Vierge Marie qui était restée longtemps dans une grotte voisine a été sauvée », ajoute la directrice de l’AED en Chili.

Les attaques contre les églises au Chili se multiplient

Malheureusement, l’attaque de cette chapelle n’est qu’un exemple parmi d’autres. Des dizaines de lieux sacrés chrétiens ont été attaqués au Chili. Selon le Rapport mondial sur la liberté religieuse de 2021, rédigé par l’AED , rien qu’entre octobre 2019 et octobre 2020, des actes de vandalisme et des dommages ont été commis au Chili, dans 59 églises à travers le pays, dont 53 catholiques et 6 évangéliques. Bien qu’il n’y ait pas de décompte officiel actuel, il existe un consensus sur le fait que ce nombre a considérablement augmenté depuis lors.

« Beaucoup de ces attaques ont eu lieu en octobre 2019, à la suite de l’explosion sociale qui s’est produite au Chili, mais avant cela, il y avait eu plusieurs attaques dans la région de l’Araucanie, imputables à des groupes subversifs prétendant défendre la cause des Mapuches, le peuple autochtone de cette région. Il s’agit de groupes minoritaires violents qui ne représentent pas la majorité du peuple mapuche », explique Magdalena Lira.

« Pour certains de ces petits groupes, qui utilisent la violence comme un moyen d’exiger la restitution des terres, le christianisme est un symbole de colonisation, ce qui est inexact. Plusieurs études montrent que la grande majorité du peuple mapuche est et se sent chrétien. De nombreuses chapelles ont été construites au prix de grands efforts par l’ensemble de la communauté, comme celle qui vient d’être incendiée. Pouvez-vous imaginer la douleur et l’impuissance de la communauté quand elle a vu le feu consumer ce qu’elle avait construit et entretenu avec tant de soin ? L’église ne se résume pas à ses murs, elle renferme la mémoire de toute une communauté qui a développé sa vie de foi autour d’elle », ajoute-t-elle.

Source: Aide à l’Eglise en Détresse (France) , le 13 mars 2023

L’Union européenne doit accepter de voir en face la montée des actes antichrétiens !

«Si la montée inquiétante de la violence contre les religions touche l’ensemble des croyants, le christianisme demeure la première cible des actes antireligieux en France comme en Europe, selon le ministère de l’Intérieur et l’OSCE.» AFP

Du site du Figaro (via Tribune Juive) :

Tribune collective. “L’Union européenne doit accepter de voir en face la montée des actes antichrétiens!”

TRIBUNE COLLECTIVE – Deux religieuses du quartier Bouffay, à Nantes, vont quitter la ville, épuisées par l’insécurité. Si la montée inquiétante de la violence contre les religions touche l’ensemble des croyants, le christianisme demeure la première cible des actes antireligieux en France comme en Europe. Dans une tribune collective, une vingtaine de personnalités appellent l’Union européenne à réagir et rappellent que tous les actes antireligieux doivent être combattus avec la même force.

L’actualité récente avec les religieuses contraintes de quitter leur quartier à Nantes en raison del’insécurité tout comme la lecture du dernier rapport parlementaire des députés Isabelle Florennes etLudovic Mendes sur les actes antireligieux et antichrétiens dans notre pays nous rappellent que la haine ne connaît pas de trêve.

Si la montée inquiétante de la violence contre les religions touche l’ensemble des croyants, lechristianisme demeure la première cible des actes antireligieux en France comme en Europe,selon le ministère de l’Intérieur et l’OSCE.

L’évaluation précise de ces derniers, tant quantitative que qualitative, est certes complexe, mais il esten revanche une certitude: ce phénomène gagne en amplitude, en gravité et en visibilité.

Ainsi, ce début d’année assombri par la fusillade dans une église londonienne, les dégradations descalvaires, les actes de vandalisme et les tentatives d’incendie des églises à Champagne- au-Mont-d’Or et à Paris n’est, hélas, que le reflet d’une violence persistante.

Protéger la liberté de conscience

Face à cette résurgence de la haine, qui demeure toutefois sans commune mesure avec les crimes et les persécutions commis ailleurs dans le monde, l’heure n’est plus aux demi-mesures et aux effets d’annonce convenus et répétitifs. Tous les actes antireligieux doivent être combattus avec la même force, car ils menacent non seulement l’ensemble des croyants, mais également lesprincipes fondateurs de notre civilisation, au premier rang desquels la liberté de conscience.

Endiguer ce fléau des violences antireligieuses qui ont quitté le terrain du droit légitime à la critique pour rejoindre celui des délits et des crimes implique une action coordonnée à l’échelle européenne. Dans la mise en œuvre de sa stratégie contre le racisme et les actes de haine, l’Union européenne a adopté la décision-cadre du Conseil du 28 novembre 2008 et, dans le prolongement, a créé des fonctions de coordinateurs en charge de la lutte contre l’antisémitisme et la haine antimusulmane.

Si un tel combat s’avère indispensable, ce que nul ne conteste, ne serait-il pas juste de l’étendre à la lutte contre ce qu’il faut bien appeler l’antichristianisme

Un “deux poids, deux mesures” injustifié

Pourquoi, dans un courrier du 11 novembre 2022 en réponse à une demande formulée à ce propospar l’association La France en partage, la Commission européenne a-t- elle explicitement confirmé son refus de désigner un coordinateur en charge de la lutte contre les actes antichrétiens?

Pourquoi refuse-t-elle ainsi d’ouvrir les yeux sur une réalité certes déplaisante, mais dont attestent les statistiques et l’expérience quotidienne de nombreux Français?

Que justifie ce “deux poids, deux mesures” dont on doit bien reconnaître qu’il constitue une discrimination à l’égard de la communauté chrétienne? L’Union européenne ne doit pas oublier que les valeurs communes qui la fondent sont l’égale protection des individus.

L’Europe serait-elle à ce point mal à l’aise avec la protection de l’identité héritée de son histoire qu’elle refuserait de voir en face la montée des actes antichrétiens?

Ce qui se joue ici, c’est l’égale garantie des libertés fondamentales de pensée et de croyance en Europe. Mais c’est aussi, dans l’indifférence coupable des pouvoirs publics, le maintien du lien avec ce qui a fondé la culture européenne elle-même, du monachisme des origines aux douze étoiles de son drapeau. Et, avec elle, la pérennité d’un élément essentiel de notre civilisation.

Si nous voulons vivre en harmonie, il faut lutter de façon égale contre toutes les idéologies de destruction. C’est pourquoi nous prions avec insistance la Commission européenne de reconsidérer sa réponse et de nommer un coordinateur en charge de la lutte contre les actes antichrétiens, visant les personnes et les biens.

La Commission doit faire ce pas pour confirmer son attachement à l’égale liberté de conscience pour tous. Nous ne pouvons plus nous payer de mots et nous contenter de répéter sans y croire que l’ensemble des croyants bénéficie de la même protection européenne.

Pour qu’une telle protection existe, elle doit être instituée. Si les instances européennes devaient persister dans leur refus de prendre en compte cette demande, il sera alors impératif de mobiliser l’ensemble des voies politiques et juridiques pour la faire aboutir.

Signataires:

Carine Chaix, avocate à la cour, présidente de l’association La France en partage

Alban du Rostu, directeur général du Fonds du bien commun

Jérôme Bascher, sénateur, vice-président du groupe France Saint-Siège au Sénat

Henri de Beauregard, avocat à la cour

Jérôme Besnard, juriste et essayiste

Olivier Bonassies, auteur, directeur de l’association Marie de Nazareth

Loris Chavanette, historien

Typhanie Degois, ancienne députée LREM

Denis Duverne, président de l’association Saint-Jean de Passy

Maxime Bonassies, responsable de l’association M de Marie

Michel Degoffe, professeur de droit public

Thomas Delenda, directeur de l’association Hozana

Jean- Michel Fauvergue, romancier, ancien député LREM

Julien Le Page, président de SOSCalvaires

Charles Prats, vice-président de l’Association professionnelle des magistrats

Gregor Puppinck, juriste, directeur du think-tank ECLJ

Jean-Bernard Prim, délégué général de l’Alliance Siméon

Thierry Rambaud, professeur de droit public, avocat à la cour

Frédéric Rouvillois, professeur de droit public, délégué général de la Fondation du Pont-Neuf

Joseph Macé-scaron, écrivain

Nicola Speranza, secrétaire général de la FAFCE

Source : LE FIGARO, le 6 mars 2023

Asia Bibi demande au Pakistan de protéger les victimes de la loi anti-blasphème

Une photo d'Asia Bibi avant ses années de prison au Pakistan.Une photo d’Asia Bibi avant ses années de prison au Pakistan.

Asia Bibi demande au Pakistan de protéger les victimes de la loi anti-blasphème

Dans sa première interview vidéo donnée depuis qu’elle a été acquittée par la Cour Suprême du Pakistan en 2018 , Asia Bibi qui vit désormais en exil au Canada interpelle les agences gouvernementales pakistanaises à enquêter «rigoureusement» sur les affaires liées au blasphème.

Avec Eglises d’Asie

«Protégez les innocents plutôt que de les battre dans les commissariats. Les innocents doivent être libérés. De longues peines pour des accusations sans preuves, c’est une grande injustice dans notre pays», peut-on lire dans cette interview, publiée en ligne le 1er décembre.

Une situation toujours incertaine

Dans cet entretien Asia Bibi revient sur sa nouvelle vie d’exil, confiant occuper un travail modeste en raison de son faible niveau d’éducation et évoque parmi les problèmes d’intégration dans son pays adoptif la barrière de la langue. Aujourd’hui, elle vit dans une maison louée. «Il y a des gens qui ont profité de mon nom mais je n’ai rien eu. Notre communauté aurait dû nous aider. Les gens pensent que nous gagnons beaucoup d’argent depuis qu’on nous a accordé le droit d’asile. Le gouvernement nous a seulement soutenus durant un an», précise-t-elle.

«Même mes filles n’ont pas pu étudier à cause de ma situation, et aujourd’hui elles font face à un avenir incertain. Mes années de souffrances nous ont affaiblis. Mon mari a été opéré de la vésicule biliaire au Pakistan, et il a cherché du travail durant quatre ans» souligne la jeune femme catholique. Trois de ses enfants vivent toujours au Pakistan

Une organisation chrétienne appelle à abroger les lois sur le blasphème

De son côté, le 29 novembre, l’organisation britannique CSW (Christian Solidarity Worldwide) a appelé à réviser les lois draconiennes sur le blasphème lors d’un événement virtuel sur la situation de la liberté de religion et de croyance au Pakistan. Selon CSW, le pays «doit assurer que des amendements sont appliqués afin de minimiser le détournement de ces lois à court terme, et tendre vers une abrogation totale à long terme».

Le blasphème reste une question très sensible au Pakistan. Le Centre pour la justice sociale (CSJ), basé à Lahore, estime qu’au moins 1 949 personnes ont été accusées dans le cadre des lois sur le blasphème entre 1987 et 2021. Un grand nombre de ces affaires doivent encore être jugées.

«Ils ne comprennent ni la bible ni le coran même après les avoir étudiés. Au nom de Dieu, ouvrez vos cœurs à la pitié. Le Pakistan n’est pas que pour les musulmans. Je me sens en colère quand de bons musulmans sont visés pour avoir sympathisé avec des minorités religieuses démunies», ajoute-t-elle.

La jeune femme évoque plusieurs affaires d’assassinats liées à des accusations de blasphème, dont celui de l’ancien gouverneur du Pendjab Salman Taseer, tué en 2011 pour avoir dénoncé la loi sur le blasphème comme une «loi mauvaise», et celui de l’ancien ministre des Minorités Shahbaz Bhatti, assassiné la même année pour avoir appelé à réformer la législation sur le blasphème.

Source : VATICANNEWS, le 3 décembre 2022

UKRAINE : UN SÉMINAIRE CATHOLIQUE DÉVASTÉ PAR LES MILITAIRES RUSSES

Statue de Notre-Dame de Fatima jetée à terre par des pillards russes

Pas même un séminaire n’est épargné par les pillages et les destructions à Vorzel, en Ukraine.

« Ils ont pris presque tout ce qui peut être vendu. Des climatiseurs, des machines à laver, des ordinateurs, des routeurs, des équipements de cuisine… … même les vieilles baskets du recteur, avec lesquelles il aimait courir », explique l’évêque du diocèse de Kiev-Zhytomyr, Vitaliy Kryvytsky.

« Ils ont volé tout ce qui pouvait être vendu : climatiseurs, machines à laver, routeurs, ordinateurs, et même les baskets du recteur avec lesquelles il aimait courir. Et aussi des objets sacrés, dont un calice commémorant la Sainte Messe célébrée par Jean-Paul II en 2011. »

Le triste témoignage sur son profil facebook est celui de l’évêque du diocèse de Kiev-Zhytomyr, Vitaliy Kryvytskyi, où il décrit le pillage par les militaires russes du séminaire catholique de Vorzel. « Deux jours quand nous sommes retournés à notre séminaire à Vorzel. Son aspect est triste, mais il est gratifiant que tout le monde ait survécu. L’évacuation était nécessaire. Le séminaire a toujours été hospitalier, mais cette fois-ci, il n’a pas été paisible. Les pilleurs ont ouvert la porte pour entrer et ne pas ressortir les mains vides.

Ils ont pris presque tout ce qui pouvait être vendu. Des climatiseurs, des machines à laver, des ordinateurs, des routeurs, des équipements de cuisine … … même les vieilles baskets du Père Recteur, avec lesquelles il aimait courir. Il est peu probable que ces derniers soient vendus (…). D’autres prêtres et séminaristes ont également perdu de nombreux effets personnels.

Certains objets liturgiques ont également été volés, dont un calice commémorant la Sainte Messe présidée par St Jean Paul II en 2001 sur le « Seagull ».

Les barbares ont endommagé plusieurs voitures, mais ils sont en mouvement. Certaines salles sont endommagées par les explosions, mais nous remercions Dieu tout-puissant d’avoir sauvé notre Alma Mater de toute nouvelle destruction.

Il faut du temps pour que la vie au séminaire revienne. Il n’y a pas d’eau, de lumière, de gaz. Le recteur, le prêtre spirituel et les diacres sont déjà rentrés dans leurs maisons froides. Un groupe d’hommes sympathiques est arrivé et a accepté de partager ces conditions spartiates et d’aider à relancer le séminaire dès que possible. Merci sincèrement à tous pour votre courage et votre sacrifice !

Les personnes locales qui ont besoin d’aide arrivent déjà au séminaire. Merci pour les différents transports humanitaires que notre Caritas diocésaine a déjà envoyés.

Demain, dimanche des Rameaux, toutes les recettes de nos paroisses seront traditionnellement versées au séminaire diocésain. Merci d’avance pour tout don ! Nous aurons besoin de ces fonds pour rénover les installations et relancer la vie du séminaire, pour le bien de l’Église. Après tout, l’Ukraine, qui sera reconstruite après la guerre, aura également besoin de chefs spirituels – des prêtres. Priez pour que le Seigneur appelle ceux qu’il a choisis pour son ministère spécial. »

Source: VATICANNEWS, le 10 avril 2022

François-Xavier Bellamy dénonce la « folie » de vouloir supprimer le mot « Noël »

Devant le Parlement européen, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy s’est insurgé avec force contre le document de la Commission européenne invitant à ne plus utiliser le mot « Noël » au nom de l’« inclusion ». La vidéo de son intervention est devenue virale.


L’eurodéputé français François-Xavier Bellamy est intervenu en session plénière du Parlement européen le 15 décembre pour dénoncer un texte de la Commissionjj – retirée depuis – qui voulait supprimer le mot Noël… – © European Union 2021 – Source : EP/Philippe BUISSIN

Après le coup de gueule du Vatican le 30 novembre, c’est au tour du député européen François-Xavier Bellamy de s’indigner contre les « Lignes directrices de la Commission européenne sur le langage inclusif » suite à la publication puis au retrait du « guide du vocabulaire inclusif » de la commissaire européenne Helena Dalli. Celle-ci invitait fin novembre, au nom de l’inclusivité, à ne plus utiliser le mot Noël car trop connoté… Une « folie » qui conduirait à « détruire toute possibilité d’appartenir à une culture commune », a dénoncé François-Xavier Bellamy dans un discours très percutant lors d’un débat en session plénière du Parlement européen mercredi 15 décembre. L’eurodéputé français souligne le paradoxe de la Commission qui finance parallèlement une campagne proclamant que « la joie est dans le hijab ».

Le discours intégral de François-Xavier Bellamy 

« On peut se demander, écrivait Bernanos, on peut se demander s’il y aura encore longtemps des nuits de Noël, avec leurs anges et leurs bergers, pour ce monde si étranger à l’esprit d’enfance ». Incroyable mais vrai : le jour est arrivé. Il faut maintenant tenter de sauver Noël, que la Commission européenne semblait avoir prévu de condamner. La commissaire Dalli considère que le terme n’est pas assez « inclusif »…

Folie d’atteindre ainsi la haine des racines qui ont fait l’Europe. Madame Dalli l’a peut-être oublié : Noël n’est pas que le prétexte des « vacances d’hiver », comme elle dit. C’est le jour où est né le monde dont nous héritons, le début de notre ère, la référence à partir de laquelle nous comptons nos années. Madame Dalli, prétendez-vous nous retirer jusqu’à ce repère commun ?

Folie, parce que nier ce qui nous relie, c’est détruire toute possibilité d’appartenir à une culture commune, tout espoir d’assimilation, et ouvrir ainsi la voie à l’éclatement de nos sociétés, aux revendications communautaristes qui préparent les affrontements à venir. Le même mois, la Commission européenne condamne Noël parce qu’il faut être inclusif, et finance une campagne proclamant que « la joie est dans le hijab », parce qu’il faut être inclusif… Vous croyez que nous ne comprenons pas ? Quand vous nous appelez à éviter les prénoms chrétiens – à privilégier, je cite, « Malika plutôt que Maria » – vous n’attaquez pas des symboles superflus. Et je le dis ici à tous nos collègues qui seraient tentés de ne pas prendre ce problème au sérieux : vous attaquez ce qui unit l’Europe, et vous ouvrez la voie à toutes les fractures de demain.

Jean-Paul Sartre écrivait – Jean-Paul Sartre ! – : « Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche« . Et vous avez voulu nous retirer ce droit. Et vous n’êtes pas la première, Madame Dalli. Mais il faut assumer votre responsabilité : même si vous n’avez pas eu le courage de venir répondre ici [dans l’hémicycle], je sais que vous nous entendez. Vous avez tout fait pour nier l’Europe, et vous aviez pour mission de la servir. Mais c’est en vain. Folie, en effet, de croire que vous pouvez détruire cela. Toutes les madame Dalli de Bruxelles n’empêcheront jamais que le jour de Noël, les bureaux de la Commission seront vides à cause de l’infinie espérance dont parlait Hannah Arendt – preuve que Noël est inclusif – à travers ce qu’elle décrivait comme la plus grande des bonnes nouvelles, la bonne nouvelle des Évangiles : « un enfant nous est né ». Madame Dalli, nous parlons ici, mais en vérité nous n’avons pas besoin de sauver Noël : c’est Noël, cette année encore, qui nous sauvera, autant que durera l’Europe. Joyeux Noël. »À lire aussi

Source: FAMILLE CHRÉTIENNE, le 16 décembre 2021

Mgr Lebrun : « Le Royaume de nos désirs n’est pas facile à gouverner »

Diocèse de RouenMesse en hommage au père Jacques Hamel célébrée par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, le 26 juillet 2020.

Mgr Lebrun : « Le Royaume de nos désirs n’est pas facile à gouverner »

Dans son homélie prononcée ce dimanche lors de la messe célébrée en hommage au père Jacques Hamel, Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, a habilement rappelé la portée du sacrifice de ce prêtre tout en élargissant la réflexion à un autre sujet qui va animer les débats cette semaine : la bioéthique.

« Tous les peuples, toutes les sociétés, tous les groupes humains sont ainsi faits : ils sont habités par des désirs nombreux et parfois contradictoires, difficiles à gouverner ». C’est une homélie particulièrement d’actualité qu’a prononcé Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, lors de la messe célébrée en mémoire de la mort du père Jacques Hamel, assassiné il y a quatre ans par deux terroristes. Si ses mots donnent à réfléchir sur le geste des deux terroristes ayant ôté la vie au père Hamel mais aussi à celui du père Hamel qui a témoigné du Christ jusqu’au bout, il ouvre également la réflexion sur un sujet qui va particulièrement animer les débats cette semaine : la bioéthique. En effet, le projet de loi bioéthique, ouvrant notamment la PMA à toutes les femmes, est débattu à l’Assemblée nationale en deuxième lecture dès ce lundi.

« Des aspirations fortes de certains s’opposent à des convictions d’autres », reprend ainsi l’archevêque. « La protection de la santé et le désir de liberté cohabitent mal dans nos têtes. Le désir d’enfants de certains défie le droit universel de l’enfant à être protégé de toute manipulation et marchandisation. Le désir de justice ne concorde pas toujours avec le désir de non-violence ».

Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner et discerner le bien et le mal”(1 R 3, 9).

Frères et sœurs, la première lecture nous offre cette prière du roi Salomon, une belle prière qui plaît à Dieu:“Puisque c’est cela que tu as demandé, répond Dieu, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis … je fais ce que tuas demandé” (1 R 3, 11).

Monsieur le Ministre, mesdames et messieurs les élus et les hautes autorités civiles et militaires, est-il nécessaire de vous dire que les lectures de ce dimanche n’ont pas été choisies en raison de votre présence?

Frères et sœurs,accueillons la prière de Salomon comme notre prière. Essayons d’en comprendre la portée pour nous-mêmes.Salomon parle du peuple “si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer –c’est-à-dire en mesurer la valeur, la force, la bonté –ni le compter –c’est à dire le dénombrer. Et devant ce peuple, Salomon avoue –au moins à Dieu –qu’il ne sait pas comment se comporter, comment gouverner.

Tous les peuples, toutes les sociétés, tous les groupes humains sont ainsi faits : ils sont habités par des désirs nombreux et parfois contradictoires, difficiles à gouverner. Des aspirations fortes de certains s’opposent à des convictions d’autres. La protection de la santé et le désir de liberté cohabitent mal dans nos têtes. Le désir d’enfants de certains défie le droit universel de l’enfant à être protégé de toute manipulation et marchandisation.Le désir de justice ne concorde pas toujours avec le désir de non-violence.

Le Royaume de nos désirs n’est pas facile à gouverner. C’est vrai pour un maire, c’est vrai pour un curé de Paroisse. Oserais-je dire ici que la période la plus difficile dans le ministère du Père Jacques Hamel semble avoir été le temps où il fut curé de Paroisse ?

Le Royaume de nos désirs n’est pas facile à gouverner : nous en faisons chacun personnellement l’expérience. Comment faire ? Les croyants ont la grâce de pouvoir rendre à Dieu ce qui lui appartient : notre cœur, avec ses joies, ses peines, ses doutes. Et, cela sans se décharger sur Dieu. Salomon ne demande pas une réussite qui serait magique.Il demande «un cœur attentif»

Ce qui touche Dieu, c’est que Salomon met son cœur à disposition : “Donne à ton serviteur un cœur attentif”. Combien de fois, avons-nous raison, et seulement raison? Et ces raisons sans cœur peuvent produire de la violence y compris dans nos propres cœurs.

Les assassins du Père Hamel pensaient avoir raison. Et nous avons raison de penser qu’ils avaient tort. Mais où cela mène-t-il sinon à l’affrontement ou la vengeance ?

Or, il y a « le dessein d’amour de Dieu », pour reprendre l’expression de saint Paul (Rm 8, 28). C’est le trésor ou la perle qui gît au fond de nous, notre désir le plus vrai: le désir d’aimer et d’être aimé. Et ce dessein est le guide de notre vie, le guide de notre cœur, celui qui rejoint la grande profondeur de l’humanité. Il appelle à rejoindre le Fils, Jésus, « pour qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29). Tel est le véritable horizon de nos désirs à ordonner: voir dans toute personne, y compris celui qui assassine, un frère, une sœur.

Le fils, Jésus,trace ce chemin. Dans l’Évangile de ce jour Jésus donne un double critère à ce chemin : la joie et le choix.

Source: ALETEIA, le 26 juillet 2020 par Agnès Pinard Legry