François-Xavier Bellamy dénonce la « folie » de vouloir supprimer le mot « Noël »

Devant le Parlement européen, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy s’est insurgé avec force contre le document de la Commission européenne invitant à ne plus utiliser le mot « Noël » au nom de l’« inclusion ». La vidéo de son intervention est devenue virale.


L’eurodéputé français François-Xavier Bellamy est intervenu en session plénière du Parlement européen le 15 décembre pour dénoncer un texte de la Commissionjj – retirée depuis – qui voulait supprimer le mot Noël… – © European Union 2021 – Source : EP/Philippe BUISSIN

Après le coup de gueule du Vatican le 30 novembre, c’est au tour du député européen François-Xavier Bellamy de s’indigner contre les « Lignes directrices de la Commission européenne sur le langage inclusif » suite à la publication puis au retrait du « guide du vocabulaire inclusif » de la commissaire européenne Helena Dalli. Celle-ci invitait fin novembre, au nom de l’inclusivité, à ne plus utiliser le mot Noël car trop connoté… Une « folie » qui conduirait à « détruire toute possibilité d’appartenir à une culture commune », a dénoncé François-Xavier Bellamy dans un discours très percutant lors d’un débat en session plénière du Parlement européen mercredi 15 décembre. L’eurodéputé français souligne le paradoxe de la Commission qui finance parallèlement une campagne proclamant que « la joie est dans le hijab ».

Le discours intégral de François-Xavier Bellamy 

« On peut se demander, écrivait Bernanos, on peut se demander s’il y aura encore longtemps des nuits de Noël, avec leurs anges et leurs bergers, pour ce monde si étranger à l’esprit d’enfance ». Incroyable mais vrai : le jour est arrivé. Il faut maintenant tenter de sauver Noël, que la Commission européenne semblait avoir prévu de condamner. La commissaire Dalli considère que le terme n’est pas assez « inclusif »…

Folie d’atteindre ainsi la haine des racines qui ont fait l’Europe. Madame Dalli l’a peut-être oublié : Noël n’est pas que le prétexte des « vacances d’hiver », comme elle dit. C’est le jour où est né le monde dont nous héritons, le début de notre ère, la référence à partir de laquelle nous comptons nos années. Madame Dalli, prétendez-vous nous retirer jusqu’à ce repère commun ?

Folie, parce que nier ce qui nous relie, c’est détruire toute possibilité d’appartenir à une culture commune, tout espoir d’assimilation, et ouvrir ainsi la voie à l’éclatement de nos sociétés, aux revendications communautaristes qui préparent les affrontements à venir. Le même mois, la Commission européenne condamne Noël parce qu’il faut être inclusif, et finance une campagne proclamant que « la joie est dans le hijab », parce qu’il faut être inclusif… Vous croyez que nous ne comprenons pas ? Quand vous nous appelez à éviter les prénoms chrétiens – à privilégier, je cite, « Malika plutôt que Maria » – vous n’attaquez pas des symboles superflus. Et je le dis ici à tous nos collègues qui seraient tentés de ne pas prendre ce problème au sérieux : vous attaquez ce qui unit l’Europe, et vous ouvrez la voie à toutes les fractures de demain.

Jean-Paul Sartre écrivait – Jean-Paul Sartre ! – : « Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche« . Et vous avez voulu nous retirer ce droit. Et vous n’êtes pas la première, Madame Dalli. Mais il faut assumer votre responsabilité : même si vous n’avez pas eu le courage de venir répondre ici [dans l’hémicycle], je sais que vous nous entendez. Vous avez tout fait pour nier l’Europe, et vous aviez pour mission de la servir. Mais c’est en vain. Folie, en effet, de croire que vous pouvez détruire cela. Toutes les madame Dalli de Bruxelles n’empêcheront jamais que le jour de Noël, les bureaux de la Commission seront vides à cause de l’infinie espérance dont parlait Hannah Arendt – preuve que Noël est inclusif – à travers ce qu’elle décrivait comme la plus grande des bonnes nouvelles, la bonne nouvelle des Évangiles : « un enfant nous est né ». Madame Dalli, nous parlons ici, mais en vérité nous n’avons pas besoin de sauver Noël : c’est Noël, cette année encore, qui nous sauvera, autant que durera l’Europe. Joyeux Noël. »À lire aussi

Source: FAMILLE CHRÉTIENNE, le 16 décembre 2021