Le Pape souhaite que «cessent les projets de conquête et d’agression»

Echange entre le Pape et l’ancien président Bill Clinton ce lundi 18 septembre 2023.

Le Pape souhaite que «cessent les projets de conquête et d’agression»

Depuis le Vatican, le Pape est intervenu ce lundi à un évènement de la Clinton Global Initiative. Pour faire face aux défis mondiaux les plus urgents de l’époque, François plaide pour une culture de la rencontre et le retour de la diplomatie. Une responsabilité commune est attendue. «Ce n’est qu’ensemble que nous sortirons grandis». La précieuse mission de l’hôpital pédiatrique Bambino Gesù a été évoquée.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Une nouvelle fois, le Pape dit «non» à la guerre et appelle à s’engager dans la lutte contre le changement climatique avant qu’il ne soit trop tard. François est intervenu ce lundi 18 septembre, dans le cadre d’un événement de deux jours à New York organisé par la Clinton Global Initiative afin d’identifier et de partager les moyens de mettre en œuvre une véritable conversion des modes de vie pour avancer ensemble à petits pas.

Comment aller de l’avant, malgré les difficultés, pour construire un avenir plus fort pour tous? Gravitant autour de cette question, plusieurs panels ont été organisés pour discuter de questions cruciales qui interpellent l’opinion publique et les dirigeants politiques du monde entier. L’événement central de la matinée (aux États-Unis) s’est ouvert sur une conversation spéciale entre le président Clinton et le Pape François, retransmise à distance.

Œuvrer ensemble pour le bien commun

Dans une intervention prononcée en espagnol et diffusée en direct en visioconférence, le Pape constate un «changement d’époque» qui appelle selon lui une réponse commune. «Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons en sortir grandis (…) que nous pourrons guérir le monde de l’anonymat qu’est la mondialisation de l’indifférence». Pour parvenir à cet élan collectif, François suggère de «diffuser une culture de la rencontre, une culture du dialogue, une culture de l’écoute et de la compréhension», mais aussi de«partager l’opinion sur la manière de contribuer au bien commun», enfinde ne pas laisser de côté les personnes les plus vulnérables. Trois attitudes «nécessaires» estime François.

Cette ‘méthode’ proposée par le Souverain pontife vaut pour affronter les nombreux défis d’aujourd’hui. Dans son intervention précédant celle du Pape, l’ancien président américain, le démocrate Bill Clinton, a évoqué le changement climatique, les crises humanitaires qui touchent les migrants et les réfugiés, la protection des enfants. Le Pape tient à en ajouter un dernier: «le vent de la guerre qui souffle sur le monde».

«Non à la guerre»

«Il est temps que les armes cessent. Il est temps de revenir au dialogue, à la diplomatie. Il est temps que cessent les projets de conquête et d’agression militaire. C’est pourquoi je répète: “non à la guerre”», clame François. Il faut là, assumer une grande responsabilité commune, estime-t-il. Le Pape qui exhorte les «enfants de Dieu», les hommes et femmes de bonne volonté, à ne pas baisser les bras face à l’adversité.

«Les difficultés font partie de la vie», elles révèlent le pire ou le meilleur, «c’est là que réside le défi». François plaide en faveur d’un combat qui vise à remplacer «l’égoïsme, le narcissisme, la division, par la générosité, l’humilité, le dialogue», « mieux vaut l’unité que le conflit».

Climat et migration

Concernant le climat, le Pape explique son choix d’écrire un nouveau document, dix ans après l’encyclique Laudato Si’. Parce qu’il «est temps», là aussi, de «travailler ensemble» pour éviter la catastrophe. «S’il vous plaît, arrêtons pendant qu’il est encore temps» a lancé François.

Concernant les urgences migratoires, le Pape rappelle l’importance de se souvenir des yeux des enfants dans les camps de réfugiés. Ce sont des hommes et non des chiffres.

Le Bambino Gesù, un signe de qualité et de gratuité

Enfin, concernant la protection des enfants, le Pape s’attarde sur ce qui explique les raisons de sa présence à cet événement de la fondation Clinton, l’hôpital pédiatrique du Bambino Gesù, situé à deux pas du Vatican. «Il est connu dans le monde entier comme l’hôpital du Pape, mais ce n’est pas pour cela qu’il est « unique »». Conscient des limites imposées par la structure – «notre petit hôpital ne peut pas résoudre les problèmes des enfants malades du monde entier»– François souligne le témoignage offert par l’établissement. Il montre «qu’il est possible (au milieu de tant d’efforts) de combiner une recherche scientifique de grande qualité afin de guérir les enfants, et l’accueil gratuit de ceux qui sont dans le besoin». Un signe qui unit science et hospitalité. Des enfants venus du monde entier sont accueillis au Bambino Gesù. Plus de deux mille enfants ukrainiens y ont été soignés.

«Dans le domaine de la santé, aujourd’hui plus que jamais, la première et la plus concrète forme de charité est la science, la capacité de guérir, qui doit cependant être accessible à tous». Le Bambino Gesù est un signe concret de la charité et de la miséricorde de l’Église. «Il y a des maladies inguérissables, mais il n’y a pas d’enfants incurables», précise le Pape qui insiste: «il y a des maladies inguérissables, mais il n’y a pas d’enfants incurables». C’est la marque de fabrique de cet hôpital pédiatrique qui tient tant au cœur du Pape.

Clinton Global Inititiative

La Clinton Global Inititiative, lancée par l’ancien président Clinton en 2005, est un projet qui a permis de créer une communauté de personnes qui ont élaboré une série d’«engagements à agir». Elles sont plus de 3 900 à ce jour, émanant de plus de 9 000 organisations.

Source : VATICANNEWS, le 18 septembre 2023

À Marseille, une mosaïque de la Méditerranée pour tisser l’identité et l’altérité

Vue sur la basilique Notre-Dame de la Garde

À Marseille, une mosaïque de la Méditerranée pour tisser l’identité et l’altérité

La semaine des Rencontres méditerranéennes s’est ouverte à Marseille par une procession aux flambeaux et une prière mariale sur la colline de la Garde samedi soir et une messe pour les 70 jeunes de la Méditerranée dimanche soir. Après Bari et Florence, la nouveauté de ce processus méditerranéen marseillais est le tandem formé par les jeunes et les évêques. Un document final sera remis au Pape François samedi 23 septembre au Palais du Pharo et publié par la suite. 

Delphine Allaire – Envoyée spéciale à Marseille

Réfléchir à faire de cette mer fragmentée et blessée une «mosaïque d’espérance», un espace de paix, de réconciliation, et de charité. C’est l’impulsion que va donner Marseille au processus méditerranéen en cours dans l’Église, alors que les drames liés aux flux migratoires, de Briançon à Lampedusa, percutent l’actualité. Cette fois, pour manifester le visage méditerranéen de l’Église, des jeunes rejoindront les évêques de Palerme, Tunis, Alep, Athènes, Chypre, Odessa, Tanger ou Alger, entre autres. 

Accueillis dans des familles marseillaises pour être au plus près de la rencontre et de la fraternité, les 70 étudiants et jeunes professionnels de 25 à 35 ans, dont dix Français, proviennent de 25 pays bordant la Méditerranée, comme la Bosnie-Herzégovine, l’Italie, l’Espagne, la Syrie, le Liban, l’Algérie, ou l’Ukraine, l’espace slave englobant la mer Noire et la mer d’Azov étant parfois oublié du vaste ensemble méditerranéen. Or, «une goutte qui arrive du Dniepr finira un jour à Gibraltar», rappelle souvent le cardinal Jean-Marc Aveline, hôte de ces 3e Rencontres. La première édition avait été inaugurée par le Pape à Bari (février 2020) et poursuivie à Florence (février 2022), où François était absent.

La feuille de route du Pape pour la Méditerranée

«Le Pape ne vient pas à Marseille pour qu’on le regarde lui, mais pour, qu’avec le Pape, l’on regarde la Méditerranée, ses défis, ses ressources, ses moyens», commente le cardinal Aveline, appelant, avant la messe d’ouverture de la session des jeunes dimanche soir, «à prendre la mesure de la complexité des contextes». Un enjeu de taille pour la France, qui a une responsabilité en Méditerranée, estime l’archevêque, soulignant le rôle non négligeable joué par l’Hexagone dans l’histoire en Méditerranée, «parfois pour le meilleur, d’autres fois pour le pire». Pour cela, il ne faudrait pas que la France s’en départît. Marseille et sa population bigarrée d’une centaine de nationalités, ville française dotée du plus grand nombre de consulats, a là un rôle à jouer «de ville-message».

«Par-delà les convictions religieuses différentes, le message de Marseille est que toute identité renferme toujours une part d’altérité. Marseille le sait plus que toute autre. Les identités qui ne veulent jamais voir l’altérité deviennent des identités meurtrières», ajoute le cardinal Aveline citant l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, auteur en 1998 de l’essai remarqué «Les Identités meurtrières».

Réfléchir et témoigner de son histoire

Répartis en une équipe francophone et neuf équipes anglophones, les 70 jeunes vont précisément expérimenter leur identité et leur altérité à travers ces trois jours de rencontres. Partageant leur histoire personnelle, celle de Marseille et de la Méditerranée, l’objectif est de se former sur trois sujets: faire mémoire de son histoire, le dialogue dans toutes les dimensions de la vie associative et les enjeux écologiques et migratoires «pour écouter le cri de détresse poussé par la terre».

À partir de jeudi 21 septembre, les 70 jeunes formeront des binômes de travail avec les évêques pour plancher sur un document final remis samedi matin au Souverain pontife, devant un parterre d’officiels au Pharo -le président de la République française, autorités ecclésiales, politiques, diplomatiques, économiques et civiles. Dans un état d’esprit «ouvert à la surprise», ces équipes mixtes de jeunes et d’évêques exploreront différentes questions, écologiques, économiques, relatives aux conflits, à la liberté religieuse et à la liberté de conscience.

Des visagessur des rives

Priscille Riondel, Marseillaise de 26 ans, qui souhaite poursuivre des études en Italie, espère beaucoup créer du lien et nouer des amitiés cette semaine. «Pouvoir mettre des visages sur d’autres rives de la Méditerranée et dialoguer avec ces jeunes que nous n’aurions jamais rencontrés dans un autre cadre. Je pourrais mieux découvrir ma foi et mon histoire grâce à cela. La densité du programme va nous souder très rapidement ensemble comme une famille», espère-t-elle, impatiente de réaliser des projets avec ces nouvelles connaissances.

La jeune femme, également référente France du Conseil des jeunes pour la Méditerranée fondé cet été par l’épiscopat italien, explique s’être laissée interpeller par la migration depuis sa rencontre cette année avec un migrant de 16 ans à Marseille. Cette expérience fondatrice l’ayant touché au cœur lui fait donc penser «que le Seigneur l’attend là».

La Méditerranée en communion

Une première illustration des altérités méditerranéennes s’est elle vécue lors de la procession aux flambeaux à Notre-Dame de la Garde à laquelle ont participé samedi soir des jeunes issus des quartiers nord de Marseille. Suivie d’une prière mariale, elle clôturait la neuvaine en communion avec neuf sanctuaires du pourtour; tout comme le lendemain, lors de la messe d’ouverture de la session jeunes dans l’église bondée des Chartreux, l’une des plus anciennes de la ville, construite sous Louis XIV. Chants mariaux et Notre-Père en arabe, prières universelles en italien, psaumes en hébreu et en anglais ont résonné devant l’apothéose de Sainte-Marie-Madeleine signée de la main du peintre baroque marseillais Michel Serre (1658 -1733). L’archevêque de Marseille en est convaincu: «La mémoire heureuse d’une convivialité possible peut guérir les mémoires blessées des conflits d’aujourd’hui».

Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, lors de la messe d'ouverture de la session des jeunes, le 17 septembre 2023 à Marseille.
Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, lors de la messe d’ouverture de la session des jeunes, le 17 septembre 2023 à Marseille.

Source : VATICANNEWS, le 18 septembre 2023

Le Pape François à Marseille, programme officiel du voyage

Le stade Vélodrome de Marseille où le Souverain pontife va célébrer une messe, le 23 septembre 2023.

Le Pape François à Marseille, programme officiel du voyage

Le Pape François se rendra à Marseille les 22 et 23 septembre pour conclure les Rencontres méditerranéennes. Le Saint-Père passera un peu moins de 30 heures dans la principale ville française sur la Méditerranée. Il célèbrera une messe pour la première fois en France. Ce sera aussi l’occasion de rencontrer le président français et de prendre la parole à quatre reprises. 

C’est un programme dense qui attend le Pape François les 22 et 23 septembre prochains à Marseille, dans le sud de la France. Dévoilé ce samedi, en la mémoire des saintes Marthe et Marie et de saint Lazare, patrons du diocèse de Marseille, il prévoit toute une série de rencontres à commencer dès son arrivée à l’aéroport de Marignane. Le Souverain pontife y sera accueilli le vendredi 22 septembre à 16h15 par le président de la République française, Emmanuel Macron.

Prière à Notre-Dame de la Garde

Direction ensuite Notre-Dame de la Garde, sur les hauteurs de la cité phocéenne, pour une prière mariale avec le clergé diocésain, l’occasion pour le Saint-Père de faire ses salutations.

Moment fort de ces premières heures dans la capitale provençale, le moment de recueillement avec les chefs religieux près du mémorial dédié aux marins et aux migrants perdus en mer, à 18h00. Le Pape y prendra la parole.

La journée du samedi 23 septembresera riche en rendez-vous. Tout d’abord, à 8h45, François s’entretiendra en privé avec certaines personnes en précarité économique à l’archevêché, avant de participer au palais du Pharo à 10h00 à la session conclusive des Rencontres méditerranéennes organisées cette année à Marseille. Le Pape y prononcera un discours. À 11h30, il s’entretiendra avec le président français, toujours au palais du Pharo, surplombant le Vieux-Port.

Sainte messe au Vélodrome

Dans l’après-midi, à 16h15, le Pape présidera la messe au stade Vélodrome, haut-lieu de la vie marseillaise. Ce sera la grande rencontre entre le Saint-Père et les fidèles français, lors de la première messe célébrée sur le sol français par le Pape argentin depuis le début de son pontificat il y a dix ans. À l’issue de la célébration eucharistique, François se rendra à Marignane pour reprendre l’avion et décoller à 19h15, direction Rome-Fiumicino.

C’est la première fois que le Souverain pontife revient en France, après une journée à Strasbourg en novembre 2014 consacrée aux institutions européennes. Avec Marseille, ancienne Phocée, marquée par les figures de Marie-Madeleine, de saint Jean Cassien, des missionnaires du XIXe siècle, port ouvert sur le monde, cité cosmopolite, le Pape découvrira une cité qui porte en elle une certaine vision de paix, réfléchie et transmise à travers une «pastorale de la Méditerranée». L’Église marseillaise a d’ailleurs dédié un service diocésain à cette pastorale, dès 2021.

Source : VATICANNEWS, le 29 juillet 2023

Marseille appelée par François à être un «port d’espérance»

Marseille appelée par François à être un «port d’espérance»

Le Pape rejoindra vendredi des responsables, religieux ou civils, réunis dans le sud de la France pour promouvoir la paix en Méditerranée. S’exprimant à l’issue de l’Angélus, François espère que le défi migratoire sera relevé «ensemble», car il est «essentiel au futur de chacun». 

À l’issue de la prière de l’Angélus, dimanche 17 septembre, le Pape a évoqué son prochain déplacement à Marseille, dans le sud de la France. Il participera aux conclusions des Rencontres méditerranéennes qui se sont ouvertes samedi soir par une prière mariale à Notre-Dame de la Garde, en présence de l’archevêque de la ville, le cardinal Jean-Marc Aveline.

Toute cette semaine, des responsables civils et ecclésiastiques se réunissent dans la cité phocéenne «pour promouvoir des parcours de paix, de collaboration et d’intégration» sur les rives du Mare Nostrum «avec une attention particulière accordée au phénomène migratoire» résume le Pape.

Il s’agit d’«un défi qui n’est pas facile à relever» comme en témoignent, note-t-il, les informations de ces derniers jours concernant les arrivées massives sur l’île sicilienne de Lampedusa, en Italie.

François évoque son voyage à Marseille

La dignité humaine à mettre au premier plan

Ce défi, «il convient de le relever ensemble», juge François, d’autant qu’il «essentiel au futur de chacun». Et pour le Pape, ce futur ne pourra être prospère «que s’il est construit sur la fraternité, en mettant au premier plan la dignité humaine, les personnes concrètes et, en particulier, les plus démunis». Depuis les fenêtres des appartements pontificaux, le Pape a demandé aux fidèles d’accompagner de leurs prières ces rencontres.

François a remercié enfin les autorités religieuses et civiles ainsi que tous ceux qui œuvrent à ces Rencontres méditerranéennes dans la ville de Marseille, «riche de peuples et appelée à être un port d’espérance». Il salue également les habitants de la cité phocéenne, dans l’attente de pouvoir les rencontrer en personne. Dès ce lundi, Marseille accueille les travaux de 70 jeunes, puis mercredi soir, 70 évêques des cinq rives. Il seront rejoints par le Pape vendredi et samedi prochain.

Source : VATICANNEWS, le 17 septembre 2023

« Par ses larmes, Marie nous aide à saisir la douloureuse gravité du péché »

Unsplash/Jaka Škrlep

« Par ses larmes, Marie nous aide à saisir la douloureuse gravité du péché »

Le 19 septembre 1846, deux enfants ignorants, Maximin (onze ans) et Mélanie (presque quinze ans) gardent leurs troupeaux dans la montagne, au-dessus du village de La Salette, dans le diocèse de Grenoble (France). Une vive clarté leur apparaît, dans laquelle ils distinguent, dans l’attitude d’une profonde douleur, celle qu’ils appelleront « la Belle Dame », assise, la tête dans ses mains et la poitrine secouée de sanglots. Les deux petits bergers éprouvent d’abord une grande frayeur, mais la Belle Dame se lève et les appelle d’une voix très douce : «Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur». Sans plus hésiter, ils se précipitent et se campent si près d’elle qu’ils la touchent presque. Elle porte sur les épaules et la poitrine deux chaînes retenant une croix sur laquelle saigne le Christ resplendissant de lumière.

Ses yeux sont remplis d’une immense tristesse : « Elle a pleuré tout le temps qu’elle nous a parlé, affirmera Mélanie ; j’ai bien vu couler ses larmes ». Elle leur dit : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils ; il est si fort et si pesant que je ne puis plus le retenir… Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l’accorder… Ceux qui conduisent les charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon Fils au milieu (de leurs jurons). Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils ».

Après avoir parlé de récoltes désastreuses dues aux péchés des hommes, elle ajoute : « S’ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en monceaux de blé… » Elle termine ainsi : « Allons, mes enfants, vous ferez bien passer ce message à tout mon peuple ». Enfin, montant vers le sommet du plateau, elle s’élève au-dessus de terre et disparaît lentement.

« Marie, Mère pleine d’amour », écrivait le Pape Jean-Paul II, le 6 mai 1996, « a montré à La Salette sa tristesse devant le mal moral de l’humanité. Par ses larmes, elle nous aide à mieux saisir la douloureuse gravité du péché, du rejet de Dieu, mais aussi la fidélité passionnée que son Fils garde envers ses enfants, Lui, le Rédempteur dont l’amour est blessé par l’oubli et les refus ».

Source : Extraits de Le Capitaine Darreberg, par H. Perrin.

Association des pèlerins de La Salette, 38970 Corps. 6e édition, 1973

www.clairval.com

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

Haïti: rester une Église en sortie «en ces heures sombres de l’histoire»

Dans leur message, les évêques appellent la police à devenir l’alliée de la population. Ici face à des manifestants contre la vie chère de Petit-Goave, le 14 septembre 2023. (AFP or licensors)

Haïti: rester une Église en sortie «en ces heures sombres de l’histoire»

Dans un message «d’espérance» publié le 14 septembre dernier, les évêques haïtiens appellent à une chaine de prière en la prochaine fête de saint Michel Archange pour «la délivrance» de leur pays. Ils proposent aux baptisés d’être «signes d’unité» alors que l’État a perdu le contrôle du territoire national au profit des gangs armés.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Après les religieux d’Haïti, les dix évêques du pays prennent la plume pour «faire retentir le cri de tout un peuple face à l’abandon». «Un peuple affecté jusqu’aux entrailles», écrivent-ils. Dans leur message, publié en fin de semaine dernière, les évêques expriment leur amertume et leur douleur face aux souffrances causées par «la violence aveugle des bandits lourdement armés, le cynisme et l’indifférence des dirigeants politique et les hésitations de la communauté internationale».

Perte de contrôle du territoire

Au terme de quatre ans de crise – sociopolitique et sécuritaire, le constat est sans appel: «l’Etat a perdu le contrôle du territoire national». Si la région de la capitale Port-au-Prince est presque entièrement sous le joug des bandits organisés en gangs, l’ensemble des départements, tous les diocèses, presque toutes les grandes villes sont maintenant concernés par «leurs actions terroristes». Les haïtiens sont attaqués, et avec eux les églises et lieux de culte des différentes religions «qui ne peuvent plus fonctionner».

Une population prise en otage

Une «guerre de basse intensité contre la population paisible et désarmée sévit çà et là». Elle qui ne demande qu’à vivre «dans la dignité et la paix» est de facto «prise en otage» par les gangs et leurs «alliés». Les évêques dénoncent l’inaction et le silence complice du gouvernement. Ils empruntent les mots du Pape François dans Fratelli tutti pour décrire «les ombres épaisses ‘de la violence au service d’intérêt mesquins de pouvoir, de cupidité et de clivage‘.»

Réagir

Depuis trois ans, «aucun cri aucune force morale n’a pu les arrêter», et ainsi que faire ? s’interrogent les évêques. Parce qu’ils savent que la solution «n’est pas dans la passivité», parce qu’ils savent que devenir un peuple demande un processus constant où chaque nouvelle génération se trouve engagée, ces derniers jugent possible, moyennant «beaucoup de courage», de «transformer ces conflits déshumanisants en maillon d’un nouveau processus». Pour eux, la charité sociale doit être «l’âme» de cette démarche en vue d’obtenir l’ordre social et politique.

Neuvaine de prière

À tout le peuple de Dieu qui est en en Haïti, les évêques demandent de demeurer «activement» une église qui sert et sort de chez elle pour «accompagner la vie, soutenir l’espérance, être signe d’unité (…) semer la réconciliation». Solidarité, proximité, exhortations citoyennes sont les mots d’ordre de leur agenda. La prière aussi. Le prêtres, religieux et laïcs sont invités à organiser une «véritable chaîne de prière», et plus spécialement une neuvaine de prière dans les dix diocèses du pays à l’occasion, le 29 septembre prochain de la fête de saint Michel Archange, pour «ladélivrance» du pays.

Toutes initiatives visant à «arrêter les robinets de sang qui coulent à flot»ont déjà le soutien de l’Eglise. Les évêques enfin se tournent une fois de plus vers ceux qui ont les tenants du pouvoir en main, les invitant à poser des gestes «concrets et forts» de réconciliation en cessant leur soutien aux gangs et en jetant les bases d’un dialogue qui correspondent réellement aux besoins du peuple.

Source : VATICANNEWS, le 17 septembre 2023

19.09.2023 – SAINT DU JOUR

St Janvier

St Janvier

ÉVÊQUE ET MARTYR († IVE S.)

Saint Janvier
Évêque et martyr à Naples
(† 305)

Janvier vivait au IIIe siècle. Sa piété et sa science l’avaient fait élever au siège épiscopal de Bénévent, qu’il n’accepta que par ordre du pape. Au temps de la persécution de Dioclétien, saint Janvier se multipliait pour soutenir le courage des chrétiens et les exhorter au martyre. Le préfet de la province l’apprit et le fit comparaître à son tribunal : « Offrez de l’encens aux idoles ou renoncez à la vie, lui dit-il. “Je ne puis immoler des victimes au démon, répond le saint, moi qui ai l’honneur de sacrifier tous les jours au vrai Dieu.” » Il passa de l’interrogatoire à la fournaise ; mais il en sortit saint et sauf. Puis vint le supplice des ongles de fer, qui mit en lambeaux le corps du martyr. Jeté ensuite en prison : « Courage, dit-il à ses compagnons ; combattons généreusement contre le démon. Le Seigneur m’a réuni à vous pour que le pasteur ne soit point séparé de son troupeau. »

Le lendemain, Janvier et les autres martyrs sont exposés aux bêtes dans l’amphithéâtre de Pouzzoles, en présence d’une foule de peuple. Tous ces héros du Christ se munissent du signe de la croix ; ils chantent des hymnes, en attendant que la dent des lions permette à leur âme de s’envoler vers le ciel. Les bêtes sont lâchées. Ô prodige ! Lions et tigres, se couchent comme des agneaux aux pieds de leurs victimes et caressent ceux qu’ils devaient dévorer. Janvier et ses compagnons sont alors condamnés à avoir la tête tranchée. Le supplice fut accompagné de grands miracles. À un vieillard chrétien qui lui demandait un morceau de ses vêtements comme relique, il promit le linge qui devait servir à lui bander les yeux ; et comme, après sa mort, le bourreau piétinait le bandeau sanglant en disant au martyr décapité : « Porte donc ce bandeau à celui à qui tu l’as promis » la victime obéit, et le bandeau, à l’étonnement de tous, se trouva entre les mains du vieillard chrétien.

L’histoire des reliques de saint Janvier est encore plus extraordinaire que celle de sa vie. Par saint Janvier, Naples fut délivrée de la peste, l’an 1497 et l’an 1529 ; un enfant fut ressuscité par le contact de l’image du glorieux martyr ; la cité napolitaine fut plusieurs fois préservée de l’éruption du Vésuve. Mais un miracle qui se renouvelle trois fois chaque année à époques fixes, c’est le miracle célèbre de la liquéfaction et de l’ébullition du sang de saint Janvier. Ce saint est la grande célébrité de Naples, qui l’invoque comme son puissant protecteur.

Saint Janvier priez pour nous !

Alep: le frère Jallouf ordonné évêque, un symbole pour les Syriens

La consécration épiscopale du frère Hanna Jallouf, OFM, vicaire apostolique d’Alep pour les fidèles de rite latin.

Alep: le frère Jallouf ordonné évêque, un symbole pour les Syriens

Le préfet du dicastère pour les Églises orientales, avec le nonce en Syrie et le patriarche latin de Jérusalem, a célébré hier l’ordination épiscopale du curé franciscain de Knaye, à quelques kilomètres d’Idlib, depuis 22 ans. Une communauté qu’il n’a jamais abandonnée, malgré la récurrence des menaces. «Vous êtes un symbole pour la Syrie», a déclaré Mgr Gugerotti, puis l’appel pour le peuple syrien: «Maudies soient les armes. Repentez-vous ceux qui, par la violence, prétendent imposer la paix».

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Le premier à être ému aux larmes, c’est lui, le père Hanna Jallouf. Le furent aussi les participants à la messe: les fidèles dont il s’occupe depuis 22 ans comme curé de Knaye au nord de la Syrie, ceux de la communauté latine d’Alep dont il est désormais le vicaire apostolique, ainsi que les évêques de diverses Églises orientales catholiques et orthodoxes.

Hier, dimanche 17 septembre, dans la cathédrale d’Alep, le futur cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, ainsi que le cardinal Mario Zenari, nonce apostolique en Syrie, et le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa – également parmi les cardinaux qui seront créés lors du Consistoire du 30 septembre – ont présidé l’ordination épiscopale de ce «petit» franciscain de la Custodie de Terre sainte, enlevé en 2014 par les miliciens d’Al-Nosra et devenu ces dernières années un symbole d’espérance pour l’Église en Syrie, pour n’avoir jamais abandonné, malgré les difficultés, les communautés qui lui étaient confiées. Au contraire, il a continué à assurer son service dans un territoire toujours sous le contrôle des forces rebelles islamiques de Hayat Tahrir al-Sham, où les chrétiens ont été fortement opprimés et où leur vie est en danger.

Des drames vécus sur sa propre peau

Idlib a également vécu un drame dans le drame avec le terrible tremblement de terre du 6 février dernier, qui a causé le plus de dégâts dans le gouvernorat du même nom. À cette occasion, le père Jallouf se trouvait à Damas et, à son retour, il a trouvé devant lui un panorama de dévastation totale. Le frère mineur n’en n’était pas à sa première tragédie. Des drames, il en a même vécu en personne, menacé à plusieurs reprises, il fut détenu en prison. C’est pour cette raison que son ordination épiscopale comme vicaire épiscopal d’Alep des Latins, voulue par le Pape François en juillet dernier, qui lui avait déjà remis la « Fleur de la gratitude » au Vatican en décembre 2022 pour son engagement auprès des plus faibles, a eu un large retentissement. Un choix, celui du Pape, qui a d’abord surpris le père Jallouf. «Je suis un petit curé d’une région difficile du nord de la Syrie et je n’aurais jamais pensé que le Saint-Père puisse me choisir pour cette tâche très importante», a-t-il commenté à Vatican News – Radio Vatican immédiatement après la nomination.

L’homélie de Mgr Gugerotti

«Je suis venu de loin, et avec moi beaucoup d’autres, parce que le père Hanna m’a demandé de célébrer avec vous ce jour d’espérance lumineuse et de vous apporter l’étreinte, la bénédiction et l’affection du Pape François. On ne pouvait pas dire non à cette invitation», a commencé Mgr Gugerotti dans son homélie.

Ce fut une journée d’espérance avant tout «pour tous les catholiques, pour les chrétiens et pour tous les Syriens, depuis si longtemps assoiffés de paix et d’une vie digne d’un être humain, une vie faite d’amour, de travail, d’éducation, d’accès à la santé, de sérénité, en un mot: de dignité« , a déclaré le préfet, dénonçant «les luttes politiques, internes et externes à votre pays» qui «ont créé la mort et la fuite, la destruction et la misère». Elles sont «une insulte à cette dignité qui est la vôtre».

Le nouveau vicaire apostolique et les fidèles réunis lors de sa messe d'ordination épiscopale.

Le nouveau vicaire apostolique et les fidèles réunis lors de sa messe d’ordination épiscopale.

Maudites soient les armes

Mgr Gugerotti interpelle les habitants de la Syrie tourmentée «vous êtes un peuple doux et généreux, depuis longtemps vous avez appris à vivre ensemble, comme des enfants de la paix ; même si des religions différentes peuplent la Syrie, cette convivialité a été le secret de votre sérénité et nous vous avons admirés pour cela». Ce patrimoine humain a été défiguré par les armes, par la division des familles, par le «meurtre de tant de personnes, même au nom de Dieu», par la souffrance des enfants et par «tant de solitude». Et récemment encore, le tremblement de terre qui, selon le futur cardinal, «a ajouté des ruines aux ruines».

«Maudites soient les armes», s’est exclamé le prélat, «ce sont des instruments construits uniquement pour la mort». En ces temps que nous appelons modernes, nous continuons à utiliser des armes non pas pour nous défendre contre les dangers naturels, mais pour frapper d’autres hommes, des frères, aimés de Dieu, appelés à construire la « maison de la paix »».

Maison de la paix

« Ici c’est une maison de paix et vous n’entrez pas les armes au poing», voilà ce que le père Hanna a dit à ceux qui étaient entrés violemment dans sa maison à Knaye, voilà ce qu’a rappelé Mgr Gugerotti. «Aujourd’hui, l’Esprit de guidance te consacrera père de ce peuple et gardien de cette maison de paix qu’est l’Église, où l’on n’entre pas les armes au poing, mais avec l’arme désarmée de la foi».

«Malheur à ceux qui tentent de violer cette maison», a poursuivi le préfet, «que tous ceux qui prétendent imposer la paix par la violence se repentent. De même ceux qui, dans le monde, se croient missionnaires de la paix et obligent les pauvres à vivre mille difficultés, sans lumière, parfois sans eau, sans combustible et surtout sans développement, en isolant un peuple, votre peuple. Ceci – a fait remarquer Monseigneur Gugerotti – ne concerne pas les puissants de ce monde, mais les pauvres, toujours plus nombreux, en les privant des échanges qui leur permettent de vivre au moins une vie normale et digne».

Un père tendre mais fort

C’est pour ces visages concrets que le père Jallouf a été ordonné évêque. Des personnes auprès desquelles il s’est déjà montré «un bon père, tendre mais aussi fort si nécessaire». «Tu as été appelé à être le fils de saint François et donc le plus petit, le plus petit parmi les hommes. Rappelle-toi ce tau, ce signe de croix que tu as trouvé dessiné sur le mur de la prison où tu étais détenu. C’est le signe de ton identité» a affirmé Mgr Gugerotti.

Une «blague de Dieu»

D’où une demande de pardon pour la «plaisanterie de Dieu» qui a consisté à avoir jusqu’à trois cardinaux présents (deux, dit-on, au prochain Consistoire) à la célébration que le père Hanna avait demandé d’être la plus simple possible et, en effet, «sans cardinaux». «Et au lieu de cela, l’un d’entre eux, le nonce apostolique, est cardinal depuis un certain temps – signe de son extraordinaire dévouement au peuple syrien et de l’amour particulier que notre Pape, porte à ce pays martyr. Et juste après votre nomination épiscopale, le Pape nous a également appelés, le patriarche latin de Jérusalem et votre ancien supérieur, et moi-même, à être cardinaux dans quinze jours».

«Vous et votre peuple, a conclu le chef du dicastère, recevez ce sourire du Seigneur comme une invitation à garder le sourire malgré tout… Meilleurs vœux, Père Hanna, meilleurs vœux chers catholiques de Syrie. L’Eglise est avec vous et avec tout votre peuple».

La joie de Mgr Jallouf.

La joie de Mgr Jallouf.

Source : VATICANNEWS, le 18 septembre 2023

19.09 2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,11-17.

En ce temps-là, Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule.
Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on emportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule importante de la ville accompagnait cette femme.
Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. »


Il s’approcha et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »


Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.
La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »
Et cette parole sur Jésus se répandit dans la Judée entière et dans toute la région.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Sermon 98 (in 2000 ans d’homélies, année C; trad. L. Brésard; Éd. Soceval 2000; p. 172 rev.)

« Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi »

Nous trouvons dans l’Évangile trois morts ressuscités visiblement par le Seigneur, mais des milliers invisiblement… La fille du chef de la synagogue (Mc 5,22s), le fils de la veuve de Naïm et Lazare (Jn 11)…sont le symbole des trois sortes de pécheurs que le Christ ressuscite aujourd’hui encore. La jeune fille était encore dans la maison de son père…; le fils de la veuve de Naïm n’était plus dans la maison de sa mère, mais pas encore dans le tombeau…; Lazare était enseveli… Il y a donc des gens dont le péché reste dans le cœur, mais qui ne l’ont pas commis en acte… Ils ont consenti au péché, le mort est à l’intérieur de l’âme, il n’est pas encore transporté au-dehors. Or, il arrive souvent…que des hommes fassent cette expérience en eux-mêmes : après avoir entendu la parole de Dieu, le Seigneur semble leur dire : « Lève-toi. » Ils condamnent le consentement qu’ils ont donné au mal, et ils reprennent souffle pour vivre dans le salut et la justice… D’autres, après le consentement, vont jusqu’à l’acte ; ils transportent le mort qui était caché dans le secret de leur demeure et l’exposent devant tous. Faut-il désespérer d’eux ? Le Sauveur n’a-t-il pas dit à ce jeune homme : « Je te l’ordonne, lève-toi » ? Ne l’a-t-il pas rendu à sa mère ? Il en est ainsi de celui qui a agi de la sorte : s’il est touché et remué par la parole de vérité, il ressuscite à la voix du Christ, il est rendu à la vie. Il a pu faire un pas de plus dans la voie du péché, mais il n’a pas pu périr pour toujours. Quant à ceux qui s’enchaînent dans des habitudes mauvaises au point de leur ôter même la vue du mal qu’ils commettent, ils entreprennent de défendre leurs actes mauvais, ils s’irritent quand on les leur reproche… Ceux-là, écrasés sous le poids de l’habitude du péché, sont comme ensevelis dans le tombeau… Cette pierre placée sur le sépulcre, c’est la force tyrannique de l’habitude qui accable l’âme et ne lui permet ni de se lever ni de respirer… Écoutons donc, frères très chers, et faisons en sorte que ceux qui vivent, vivent, et que ceux qui sont morts, revivent… Que tous ces morts fassent pénitence… Que ceux qui vivent, conservent cette vie, et que ceux qui sont morts se hâtent de ressusciter.

La Résurrection du fils de la veuve de Naïm, par Jean-Baptiste Wicar, 1816

LECTURES :

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 3,1-13.

Voici une parole digne de foi : si quelqu’un aspire à la responsabilité d’une communauté, c’est une belle tâche qu’il désire.
Le responsable doit être irréprochable, époux d’une seule femme, un homme sobre, raisonnable, équilibré, accueillant, capable d’enseigner,
ni buveur ni brutal mais bienveillant, ni querelleur ni cupide.
Il faut qu’il dirige bien les gens de sa propre maison, qu’il obtienne de ses enfants l’obéissance et se fasse respecter.
Car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment pourrait-il prendre en charge une Église de Dieu ?
Il ne doit pas être un nouveau converti ; sinon, aveuglé par l’orgueil, il pourrait tomber sous la même condamnation que le diable.
Il faut aussi que les gens du dehors portent sur lui un bon témoignage, pour qu’il échappe au mépris des hommes et au piège du diable.
Les diacres, eux aussi, doivent être dignes de respect, n’avoir qu’une parole, ne pas s’adonner à la boisson, refuser les profits malhonnêtes,
garder le mystère de la foi dans une conscience pure.
On les mettra d’abord à l’épreuve ; ensuite, s’il n’y a rien à leur reprocher, ils serviront comme diacres.
Les femmes, elles aussi, doivent être dignes de respect, ne pas être médisantes, mais sobres et fidèles en tout.
Que le diacre soit l’époux d’une seule femme, qu’il mène bien ses enfants et sa propre famille.
Les diacres qui remplissent bien leur ministère obtiennent ainsi une position estimable et beaucoup d’assurance grâce à leur foi au Christ Jésus.

Psaume 101(100),1-2ab.2cd-3ab.5.6.

Je chanterai justice et bonté :
à toi mes hymnes, Seigneur !
J’irai par le chemin le plus parfait ;
quand viendras-tu jusqu’à moi ?

Je marcherai d’un cœur parfait
avec ceux de ma maison ;
je n’aurai pas même un regard
pour les pratiques démoniaques.

Qui dénigre en secret son prochain,
je le réduirai au silence ;
le regard hautain, le cœur ambitieux,
je ne peux les tolérer.

Mes yeux distinguent les hommes sûrs du pays :
ils siégeront à mes côtés ;
qui se conduira parfaitement
celui-là me servira.

Pape: «Sans la prière, on ne tient pas debout et on ne sait pas où aller»

Le Pape, les Filles du Divin Zèle et les Rogationnistes du Cœur de Jésus, ce lundi 18 septembre. (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Pape: «Sans la prière, on ne tient pas debout et on ne sait pas où aller»

Lors d’une audience accordée ce lundi matin au Vatican, le Pape a encouragé les Rogationnistes du Cœur de Jésus et les Filles du Divin zèle, deux congrégations fondées à la fin du XIXe siècle par saint Hannibal Marie Di Francia, à être des spécialistes de la prière et de la charité.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Lors de leur chapitre général respectif, les frères rogationnistes du Cœur de Jésus et les sœurs Fille du divin zèle ont abordé diverses thématiques comme la consécration, la communion fraternelle ou la mission, «des aspects fondamentaux de la vie religieuse» dont l’approfondissement requiert «des capacités d’écoute et de discernement en prière et dans le partage», note le Pape ce matin lors d’une audience ce matin au Vatican. Prémisses ultérieures de son introduction: François sait «le courage nécessaire» à ces religieux et religieuses pour être attentifs aux besoins du monde tout en restant fidèles «à l’inspiration originale» du saint fondateur de leurs congrégations, Hannibal Marie Di Francia. Mais ce dont le Pape veut parler ce matin, c’est du Rogate, leur 4ème vœux, la prière pour les vocations.

L’importance d’une dialogue prolongé avec Dieu

«Sans la prière, on ne tient pas debout et on ne sait pas où aller». Le Pape souligne combien la vie d’Hannibal Marie Di Francia fut d’ailleurs traversée par la prière: il estimait qu’aucune vraie bonne action ne pouvait se produire sans le feu intérieur de la vie spirituelle, et sa vocation même lui apparut clairement alors qu’il était en adoration. Et ce qui vaut pour le fondateur vaut pour tous: «En effet, explique le Pape, lorsqu’on se place, docile et humble, devant Dieu, on reçoit souvent une compréhension spécifique du sens de sa vie: c’est dans la prière fidèle et persévérante, en particulier dans l’adoration, que tout s’harmonise, que l’on saisit mieux ses objectifs, trouvant dans le Seigneur la force et la lumière pour les mettre en œuvre selon ses plans.»  

Le Pape recommande ainsi d’entretenir un dialogue prolongé avec le Seigneur, chaque jour, et de l’invoquer avant chaque moment important, qu’il s’agisse d’une rencontre ou d’une prise de décision.

Les vocations

De manière particulière les rogationnistes prient pour les vocations. Le cœur de saint Hannibal Marie di Francia s’était rempli de zèle en entendant deux versets de l’Évangile selon saint Matthieu: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.» (Mt 9, 37-38). Et lui qui manifesta «une compassion poignante pour l’humanité pauvre de corps et d’esprit», comprit la préséance de la prière. «Certainement pas pour persuader Dieu d’envoyer des pasteurs, comme s’Il ne se souciait pas de son peuple mais, poursuit le Pape, pour se laisser de plus en plus envahir par la viscéralité de son amour paternel et maternel: apprendre, en priant, à être sensible aux besoins de ses enfants !» C’est ainsi que de la prière, «âme de toute l’activité apostolique et caritative», de saint Hannibal Di Francia sont nées les Filles du Divin Zèle, puis les Rogationistes du Cœur de Jésus. «Vous êtes nées des mains jointes d’un saint qui vous a consacrées au Christ par sa prière», résume François.

Besoin de témoins crédibles

Reprenant l’expression de saint Paul VI qui les avaient surnommés les «spécialistes de Dieu», le Pape François les invite à poursuivre leur prières pour les vocations en étant non pas des spécialistes «formés aux études de techniques, de statistiques et de théorie, aussi utiles soient-elles», mais des spécialistes de «cette sagesse qui mûrit en faisant d’abord les « callosités à genoux » et ensuite « sur les mains »». Le Pape les exhorte à être des spécialistes de l’art de la prière et de la charité: «les mains jointes devant Dieu et les mains tendues vers vos frères et sœurs». D’autant qu’aujourd’hui encore le Seigneur les appelle. Tant de jeunes ont besoin de témoins et de guides crédibles, estime François.

Source : VATICANNEWS, le 18 septembre 2023