Avec le pape François, prions pour Haïti en proie à une grande incertitude

VALERIE BAERISWYL / AFP

Avec le pape François, prions pour Haïti en proie à une grande incertitude

L’assassinat du président haïtien, Jovenel Moïse, mercredi 7 juillet plonge le pays dans l’incertitude. Le Pape ainsi que les évêques de France assurent les Haïtiens de leurs prières.

Stupeur et confusion règnent dans les rues de Port-au-Prince. La capitale haïtienne et l’île entière ont été placées en état de siège. L’assassinat du président de la République Jovenel Moïse vient s’ajouter à la liste des crises que traverse le pays. Crise d’abord sécuritaire mais également sociale et politique. 

Face à la situation qui semble inextricable, la conférence épiscopale d’Haïti a reçu le soutien du pape François. Dans un télégramme daté du 8 juillet et signé par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, le pape François « présente ses condoléances au peuple haïtien ». « Priant le Père de miséricorde pour le repos de l’âme du défunt, le Saint-Père exprime sa tristesse et condamne toute forme de violence comme moyen de résolution des crises et des conflits », écrit le cardinal Parolin. Le Pape recommande à Dieu l’épouse du président défunt, gravement blessée.

Mgr Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France a également apporté son soutien à Mgr Saturné, président de la Conférence épiscopale d’Haïti. À l’archevêque de Cap-Haïtien, Mgr Éric de Moulins-Beaufort adresse les mots suivants : « en ces heures inquiétantes pour votre pays, permettez-moi de vous assurer de la prière toute spéciale des catholiques de France. » 

Les évêques dénoncent la violence

Dans un communiqué publié mercredi, la conférence des évêques d’Haïti « déplore et condamne ce meurtre inadmissible et révoltant » qui vient selon eux marquer « un tournant regrettable » dans l’histoire du pays. Condamnant fermement l’usage de la violence comme moyen de résoudre les tensions dans le pays, les prélats appellent vigoureusement la population à « dépasser leur orgueil personnel et leurs intérêts de groupes » au nom du bien commun. « Déposez les armes ! (…) Choisissez enfin le vivre ensemble fraternel dans l’intérêt de tous et dans l’intérêt d’Haïti ! », écrivent-ils.

Cet assassinat intervient après plusieurs mois de flambée des violences entre gangs à Port-au-Prince, sur fond de crise humanitaire et politique. Il y a un mois, les évêques publiaient une note dans laquelle ils s’opposaient à la volonté du président en place d’organiser un référendum constitutionnel sans l’accord du Parlement. S’en suivait une dénonciation des « maux terrifiants » qui touchent la population du pays : « le kidnapping », « la criminalité », « l’impunité », « l’instabilité politique » ou encore « la détérioration des structures de l’État ».

SOURCE: ALETEIA, le 8 juillet 2021

Haïti : sœur Dachoune Sévère finalement libérée

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Haïti : sœur Dachoune Sévère finalement libérée

Une petite sœur de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, sœur Dachoune Sévère, a été enlevée à Haïti dans la nuit de vendredi à samedi 9 janvier. Ses ravisseurs réclamaient une rançon. Elle a été libérée dimanche soir.

Soulagement au sein de la communauté catholique d’Haïti. Enlevée dans la nuit de vendredi à samedi 9 janvier alors qu’elle était dans sa résidence située à Port-au-Prince sœur Dachoune Sévère, religieuse au sein de la congrégation des Petites Sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a été libérée dimanche 10 janvier dans la soirée, indique l’agence Fides. « Nous rendons grâce à Dieu pour la libération de la religieuse et dans le même temps nous remercions tous ceux qui ont prié pour sa libération », a communiqué le père Gilbert Peltrop, secrétaire général de la Conférence des Religieux d’Haïti.

Si cet enlèvement a suscité une réelle inquiétude à travers le pays, il n’est malheureusement pas un cas isolé. Missionnaire à Haïti, le père Renold Antoine a expliqué à l’agence Fides qu’une dizaine de cas similaires sont enregistrés chaque jour dans la zone de Port-au-Prince. « Jusqu’ici les autorités de l’État n’ont rien fait pour bloquer cette dérive qui sème la peur et le deuil parmi la population haïtienne », affirme-t-il. « Dans la mesure où cette situation représente aujourd’hui une menace significative pour tous les Haïtiens, nous implorons la miséricorde de Dieu sur Haïti, de manière à ce que cesse ce mal qui dévore actuellement la société ».

Pays caribéen de 12 millions d’habitants situé sur l’île d’Hispaniola, territoire qu’il partage avec la République dominicaine, Haïti se trouve depuis plusieurs années dans une situation critique. Alors que plus de six millions d’Haïtiens vivent sous le seuil de pauvreté, 60% de sa population subsiste avec moins deux dollars par jour.

Source: ALETEIA, le 11 janvier 2021

Une religieuse enlevée à Haïti, les ravisseurs réclament une rançon

Une manifestation contre le président Jovenel Moïse, le 9 juin 2019 à Port-au-Prince, la capitale haïtienne. Image d'illustration. Une manifestation contre le président Jovenel Moïse, le 9 juin 2019 à Port-au-Prince, la capitale haïtienne. Image d’illustration.  

Une religieuse enlevée à Haïti, les ravisseurs réclament une rançon 

Dans la soirée du vendredi 8 janvier, une petite sœur de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a été enlevée dans sa résidence à Brochette 99, commune de Carrefour en Haïti, par des inconnus, selon le communiqué de Mgr Pierre-André Dumas, évêque de Anse-à-Veau et Miragoâne

Marine Henriot – Cité du Vatican

L’enlèvement a eu lieu vers 9 heures vendredi soir, détaille Gilbert Peltrop, secrétaire général de la Conférence Haïtienne des Religieux (CHR). Soeur Dachoune Sévère a été capturée par des individus lourdement armés, rapportent les médias locaux, tandis qu’elle se trouvait dans sa chambre dans la résidence des Petites Soeurs de sainte Thérèse.

Le secrétaire général de la CHR a confié au site d’information local Vant Bèf Info (VBI) que les ravisseurs réclamaient une rançon de 250 000 dollars américains en échange de sa libération, accordant un délai de trois jours à la conférence des évêques pour trouver la somme. Gilbert Peltrop souhaite mettre en place une chaîne de prière, «jusqu’à sa libération et celle de tous ceux et celles qui sont kidnappés, mais aussi pour la libération de notre chère Haïti».

«Que ces horribles actes inhumains s’arrêtent sur la terre d’Haïti qui fut la première dans le monde à avoir mis mis fin à l’esclavage et aux trafics humains. Prions pour que le Seigneur Dieu touche l’humanité de ses ravisseurs et les conduise à la compassion et à l’empathie!», déclare de son côté Mgr Pierre-André Dumas, dans un communiqué délivré à l’issue du rapt. 

Recrudescence des enlèvements

Depuis l’automne, Haïti enregistre une recrudescence des enlèvements contre rançon qui touchent indistinctement les habitants les plus riches et la majorité vivant sous le seuil de pauvreté. Cela fait plusieurs longs mois que l’insécurité est grandissante sur l’île, et les manifestations contre le pouvoir se multiplient. «La Conférence épiscopale haïtienne continue de jouer son rôle de sentinelle, en faisant des mises en garde, en rappelant l’urgence d’une transformation en profondeur des mentalités, des structures, de la manière de gouverner et de faire de la politique», nous déclarait en novembre 2020, Mgr Launay Saturné, archevêque de Cap-Haïtien et président de la Conférence épiscopale haïtienne, à propos du marasme politique et social que traverse son pays. 

Jeudi 7 janvier, le conseil électoral provisoire d’Haïti, nommé unilatéralement par le très critiqué président Jovenel Moïse, a annoncé la tenue, d’ici la fin de l’année, d’un référendum constitutionnel et de scrutins présidentiel, législatifs et locaux alors que l’insécurité liée aux gangs gangrène le pays. 

Le référendum doit être organisé le 25 avril. Selon les autorités, les élections présidentielle et législatives doivent suivre et se tenir fin septembre 2021, en même temps que les élections locales. Des scrutins qui auraient dû se tenir en 2018, mais n’ont pas eu lieu, laissant le président sans contre-pouvoir, depuis la fin du mandat des parlementaires en janvier 2020. Depuis, Jovenel Moïse gouverne par décret. Cependant, la mainmise des gangs armés dans de nombreux territoires représente une menace à la bonne tenue des élections. 

Carrefour (Ouest) : kidnapping de la religieuse Dachoune Sévère en la résidence des sœurs à Brochette 99
La sœur Dachoune Sévère kidnappée, le 9 janvier 2021, à l’intérieur de la résidence des sœurs de Sainte-Thérèse située dans la commune de Carrefour (photo internet)

Source: VATICANNEWS, le 10 janvier 2021