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01.11.2023 – ANGÉLUS DE LA TOUSSAINT
Angélus de la Toussaint: «La sainteté est un don et un chemin»
Devant les fidèles rassemblés place Saint-Pierre, le Pape François a rappelé la signification de la Solennité de la Toussaint. Les saints ne sont pas des héros inaccessibles ou lointains, a t-il souligné, mais des personnes comme nous, nos amis, dont le point de départ est le même don que nous avons reçu.
Olivier Bonnel – Cité du Vatican
En cette solennité de la Toussaint, des milliers de fidèles se sont retrouvés place Saint-Pierre pour prier l’Angélus avec le Pape François. Depuis la fenêtre du palais apostolique, le Souverain pontife s’est arrêté sur la signification de cette fête. La Toussaint, a t-il dit, «est à la fois un don et un chemin». «La sainteté est un don de Dieu que nous avons reçu au moment du baptême : si nous la laissons grandir, elle peut changer complètement notre vie (cf. Exhortation apostolique Gaudete et Exsultate, 15), en l’illuminant de la joie de l’Évangile» a expliqué François. Ainsi, les saints «ne sont donc pas des héros inaccessibles ou lointains, mais des personnes comme nous, nos amis, dont le point de départ est le même don que nous avons reçu».
Le Pape a expliqué que dans nos vies, nous avons sûrement déjà rencontré «des saints ou des saintes d’ »à côté » : des personnes généreuses qui, avec l’aide de Dieu, ont assorti le don qu’elles ont reçu et se sont laissées transformer jour après jour par l’action de l’Esprit Saint». «Tout don doit être accueilli, et comporte la responsabilité d’une réponse et l’invitation à s’engager pour qu’il ne soit pas gaspillé», a poursuivi l’évêque de Rome, citant la constitution de Vatican II Lumen Gentium qui affirme que tous les baptisés ont reçu le même appel à conserver et achever par leur vie cette sanctification qu’ils ont reçue.
Cheminer sur le chemin de la sainteté
La sainteté est aussi un chemin à parcourir ensemble, en s’aidant mutuellement, a encore souligné le Pape, «unis à ces excellents compagnons que sont les saints». Ces saints «sont nos frères et nos sœurs aînés, sur lesquels nous pouvons toujours compter : ils nous soutiennent et, lorsque nous prenons une mauvaise direction sur le chemin, ils ne manquent jamais de nous corriger par leur présence silencieuse ; ce sont des amis sincères, en qui nous pouvons avoir confiance, parce qu’ils veulent notre bien, ils ne nous montrent pas du doigt et ne nous trahissent jamais».
Avec les saints, nous formons ainsi «une grande famille en marche». Un don et un chemin, deux notions qui ont conduit François a interroger les fidèles : «est-ce que je me souviens avoir reçu le don de l’Esprit Saint, qui m’appelle à la sainteté et m’aide à y parvenir ? Est-ce que je l’en remercie ? Est-ce que je sens les saints près de moi, est-ce que je me tourne vers eux ? Est-ce que je connais l’histoire de quelques-uns d’entre eux ?». Cela nous fait du bien de connaître la vie des saints, d’êtres mus par leur exemple, de nous tourner vers eux dans la prière a conclu le Saint-Père.
Source : VATICANNEWS, le 1er novembre 2023
01.11.2023 – MESSE À LOURDES
01.11.2023 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
Le 1er novembre 1950, le dogme de l’Assomption affirme le destin surnaturel du corps humain

Le 1er novembre 1950, le dogme de l’Assomption affirme le destin surnaturel du corps humain
Le 1er novembre 1950, la Constitution apostolique « Munificentissimus Deus » est donnée par le pape Pie XII et proclame le dogme de l’Assomption.
Annoncé le jour de la Toussaint (1er novembre), le dogme de l’Assomption a une signification pour la destinée de tous les saints : « l’Agneau sera leur pasteuret les conduira aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. » (Apocalypse 7, 17).
Le pape fait cette proclamation en l’année 1950, très peu de temps après la fin de la guerre mondiale et des horreurs nazies dans les camps d’extermination tels Auschwitz, Dachau et bien d’autres où le corps humain a été si gravement humilié et désacralisé. Et voici que le dogme de l’Assomption affirme le destin surnaturel et la dignité de tout corps humain, appelé par le Seigneur à devenir un instrument de sainteté et à participer à sa gloire. (1)
Source :
Françoise Breynaert, À l’écoute de Marie, préface Mgr Rey, tome II, éditions du ver luisant, Brive 2007 (diffusion Mediaspaul), p. 185.
Jean-Paul II, Catéchèse (audience) du 9 juillet 1997, § 5
Prions :
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen
Source : une minute avec Marie
01.11.2023 – SAINT DU JOUR

St Nuno de Sainte Marie
FRÈRE O.C. († 1431)
Saint Nuno Álvarès Pereira
Religieux o.c.
(1360-1431)
Nuno Álvarès Pereira fut à la fois un grand chef militaire et un saint. Sous l’étendard de la Sainte Vierge lui est due la victoire d’Aljubarrota.
Il naît le 24 juin 1360, à Sernache de Bomjardim, au Portugal. À l’âge de seize ans il se marie et a trois enfants. Sa fille Brités épouse, en 1410, un fils naturel de Jean 1er, don Alfonso, le premier duc de Bragance et le chef de la maison de ce nom.
Fidèle au roi Jean 1er qui l’avait nommé connétable, il l’aide à chasser les Espagnols du sol portugais. En récompense, le roi lui donne le comté d’Ourem.
Sa vie de mortification et volontairement austère le pousse à aller vers les pauvres afin de les aider et de les assister. D’ailleurs ces derniers voyaient en lui un saint.
Après la mort de son épouse, en 1387, il continue à défendre sa patrie et à rester au service des nécessiteux, tout en ayant des charges auprès du roi qu’il défendait.
En 1423, Nuno Alvarès Pereira distribue presque tous ses biens aux pauvres, renonçe à tous ses honneurs, fait construire un monastère où s’installent des religieux, puis il rentre dans les Ordres du Carmel par amour de la Très Sainte Vierge Marie. Pour tous, il était un parfait modèle à tout point de vue.
Il passait de très longues heures devant le Saint Sacrement à prier chaque jour l’Office divin et assistait à toutes les Messes.
Durant toute sa vie, il eut une grande dévotion pour la Sainte Vierge. Le Portugal lui doit beaucoup d’églises qu’il fit construire en son honneur. Très attentif aux besoins des pauvres, il secourait ceux qui avaient besoin d’aides, à l’image de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Il meurt le 1er avril 1431. La nation le pleura comme son libérateur et l’honora comme un saint. On l’appelle au Portugal le bienheureux Nuno de Sainte-Marie.
En 1918 le pape Benoît XV (Giacomo della Chiesa, 1914-1922) le déclare Bienheureux.
Nuno Álvarès Pereira a été canonisé le 26 avril 2009 avec quatre autres Bienheureux : Arcangelo Tadini (1846-1912), Bernardo Tolomei (1272-1348), Gertrude Comensoli (1847-1903), Caterina Volpicelli (1839-1894), par le pape Benoît XVI (>>>Homélie du Pape).
Saint Nuno priez pour nous !

01.11.2023 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)
abbé
L’oraison monastique (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 451-452 ; rev.)
Les saints : des chercheurs de Dieu infatigables !
Les saints font cortège au Christ (…), et quand nous louons leurs vertus et chantons leurs mérites, nous exaltons et célébrons Celui qui, étant leur chef, est aussi, à présent, leur couronne (…). Il existe, entre ces saints, une grande variété ; chacun, selon sa vocation, et « la mesure de la grâce du Christ qui lui a été octroyée » (cf. Ep 4,7), a reproduit un des aspects de la plénitude des perfections de l’Homme-Dieu. Un même esprit, dit S. Paul (cf. 1 Co 12,4), a donné à chacun une grâce spéciale, qui, se greffant sur la nature, fait resplendir chacun des élus d’un éclat particulier. Chez les uns, la force a dominé ; chez les autres, la prudence ; chez d’autres encore, le zèle pour la gloire de Dieu ; celui-ci a particulièrement brillé par la foi, celui-là, par la pureté. Mais qu’ils soient apôtres, martyrs ou pontifes, qu’il s’agisse de vierges ou de confesseurs, un caractère commun se retrouve en eux tous. Quel est ce caractère ? La stabilité dans la recherche et l’amour de Dieu. Quelles que soient les circonstances où ils se sont trouvés, les tentations par lesquelles ils ont été ballottés, les difficultés qu’ils ont rencontrées, les séductions dont ils ont été entourés, les saints sont tous demeurés stables et fidèles. Et c’est là une grande vertu, car l’inconstance est un des périls les plus redoutables qui menacent l’homme. Les saints ont cherché Dieu infatigablement, quelles que fussent l’aridité du chemin, la sécheresse du ciel, les luttes à soutenir ; aussi, au jour de leur entrée dans le Royaume éternel, Dieu les a-t-il couronnés de gloire et enivrés de joie. (…) Parce que, dans la recherche du Bien unique, ils ne se sont pas laissé détourner, les saints sont parvenus au terme glorieux.

LECTURES :
Livre de l’Apocalypse 7,2-4.9-14.

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer :
« Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. »
Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël.

Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! »
Tous les anges se tenaient debout autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants ; se jetant devant le Trône, face contre terre, ils se prosternèrent devant Dieu.
Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »
Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »

Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6.
Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.
Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.
Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !

Première lettre de saint Jean 3,1-3.
Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est.
Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

01.11.2023 – TOUSSAINT – HOMÉLIE

L’art d’éclairer la nuit
Toussaint — 1er novembre 2023
Évangile de Matthieu Mt 5, 1-12a
La Toussaint c’est comme le changement d’heure en hiver : il fait noir plus tôt ; il faut éclairer d’avantage. Il y a des gens qui n’aiment pas le changement d’heure en hiver. Ce sont ceux qui ne possèdent pas la science de l’éclairage. J’ose dire l’art d’éclairer : réorienter les lampes, les changer de place ; jouer des intensités, des tonalités, en fonction du moment ; ajouter quelques bougies et tout de suite une ambiance chaleureuse se dessine. Ceux qui n’aiment pas le changement d’heure en hiver sont ceux qui n’éprouvent pas la joie d’illuminer leur intérieur, la nuit.
La sainteté c’est l’art d’éclairer.
Il y a des moments où nos vies sombrent dans la pénombre, et même la nuit. Tout en nous est noir. Peut-être sommes-nous nombreux à avoir traversé des épisodes dépressifs, qui savons qu’ils peuvent parfois apparaître obscurs, terriblement obscurs, et longs, insupportablement longs ? Peut-être sommes-nous nombreux à avoir vu notre vie spirituelle sombrer un moment dans la nuit, la joie totalement disparaître et l’espérance aussi ? Et c’est alors l’Enfer.
Dans une logique binaire, qui garde toute sa valeur en première approche, si, comme l’annonce le Christ, le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à nous, l’Enfer aussi est arrivé jusqu’à nous. S’il faut nous départir des images d’un autre temps où l’Enfer est ce lieu bouillonnant où nagent de terribles démons mangeurs d’hommes, qui visaient à effrayer plus qu’à enseigner, qu’aujourd’hui nous trouvons caricaturales et risibles, je crois qu’actuellement, sur cette Terre, des gens se trouvent objectivement en Enfer. C’est-à-dire vivant un complet enfermement dans la nuit de l’existence. C’est ça l’Enfer. Et ceux qui l’ont quelque peu traversé savent qu’il n’est pas si éloigné de nous …
Puis la lueur revient.
D’abord, nous ne la percevons pas. Qui est passé par là sait qu’un épisode dépressif entretient sa propre dynamique d’enfermement, que même ce qui est une simple joie n’apparaît plus comme telle, obscurcie par la volonté d’amplifier la noirceur, à force de désespoir. Une lueur revient et, d’emblée, nous ne la percevons pas.
Notre sainteté réapparaît dès que nous réfléchissons cette lueur. Beaucoup reste encore sombre mais nous recommençons à témoigner d’espoir, à pouvoir à nouveau savourer quelque peu la joie, finalement à revivre. On peut toujours sortir de l’Enfer : nous suivons un Christ qui y est descendu et a ressuscité.
Comment suis-je sorti de la dépression ? Ça reste essentiellement un mystère qui me donne à penser que Dieu est venu me chercher. Voilà ce que vous diront tant de croyants passés par là. Au fond de la nuit de l’existence, la lueur ne peut effectivement venir que de Dieu.
La sainteté c’est l’art d’éclairer de la lumière de Dieu.
Nous sommes déjà saints quand à travers nous passe une lueur d’espérance. Ce n’est que ça la sainteté : témoigner essentiellement d’espoir – de l’espoir d’une résurrection – et on le fait d’autant spontanément que l’on sait être soi-même revenu à la Vie.
A celui qui est dans la nuit donner à espérer. Au pauvre de cœur, donner à espérer. À celle qui pleure, donner à espérer. Au persécuté, à celle que l’on insulte, donner encore à espérer.
Ainsi, on comprend mieux l’à propos des Béatitudes pour célébrer la Toussaint, cette grande fête de la lueur dans la nuit. Ils sont saints les pauvres de cœur désormais heureux ; elles sont saintes celles qui pleuraient et qui rayonnent du bonheur d’avoir été consolées ; il est saint l’assoiffé de justice rassasié ; elle est sainte celle qu’on persécute et insulte et qui témoigne encore de joie. Et avec eux les doux, les miséricordieux, les cœurs purs et les artisans de paix.
N’avez-vous, vous aussi, jamais mesuré le bonheur qu’il y a à rendre espoir ?
À ceux qui se désolent si fort du changement d’heure en hiver, de ce qu’il fera désormais noir plus tôt, j’ai un conseil à proposer : sortez déjà quelques décorations de Noël, devancez l’Avent : votre intérieur a certainement besoin d’un nouvel éclairage, votre âme d’une ambiance plus chaleureuse. C’est la Toussaint, il est temps de penser à raviver la Lumière, à attiser notre propre Sainteté, à exercer notre art de savoir éclairer – nous-mêmes et autrui – de la lumière de Dieu.
La Toussaint est une fête qui fonctionne comme une lampe posée sur une tombe.
La Toussaint, alors que les jours tombent, est l’art d’éclairer la nuit.

Source : RÉSURGENCES.BE, le 24 octobre 2023
Cardinal Filoni: au Proche-Orient, la politique de la terre brûlée n’est pas une solution

Cardinal Filoni: au Proche-Orient, la politique de la terre brûlée n’est pas une solution
Le cardinal Fernando Filoni, grand maître de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, a exprimé sa préoccupation pour la guerre en Terre Sainte, mardi 31 octobre, au Vatican. «Il est impensable de penser qu’Israël n’a pas le droit d’exister, mais cela vaut aussi pour les Palestiniens. Si nous ne surmontons pas la barrière de défense de son propre droit exclusif, nous restons bloqués», a affirmé l’ancien nonce apostolique en Irak et en Jordanie.
Antonella Palermo – Cité du Vatican
Du 6 au 10 novembre prochain, l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem tiendra à Rome sa Consulta ou assemblée générale sur le thème de la formation. «Un moment pour étreindre à distance nos frères et sœurs dans ces lieux chers, pour prier pour la paix», a déclaré mardi le Grand maître de l’Ordre, le cardinal italien Fernando Filoni.
«Dépasser la conception du droit exclusif»
«En ce moment, il est impensable de penser qu’Israël n’a pas le droit d’exister et de rester, mais cela vaut aussi pour les Palestiniens. Il s’agit de deux droits». Le cardinal Filoni s’est dit extrêmement préoccupé par la situation en Terre Sainte, où le rôle des chrétiens devrait historiquement continuer à être celui d’un pont entre les différents groupes ethniques et culturels, multiples dans la région, a-t-il rappelé, ajoutant: «Si nous ne surmontons pas la barrière de défense de son droit exclusif, nous resterons bloqués. Si nous ne sortons pas de cette vision simpliste de contrastes pour voir les droits de tous, nous n’en sortirons pas».
Un conflit resté enfoui dans les tiroirs internationaux
«Nous pensons aussi aux difficultés psychologiques que vivent les deux réalités. Nous voulons les soutenir, les aider, les appuyer et leur dire que nous sommes proches pour que la Terre Sainte continue à être ce qu’elle doit être, un lieu de dialogue et non de conflit», a précisé à Radio Vatican le cardinal Filoni. Face à l’escalade de la haine, l’ancien diplomate du Saint-Siège plaide pour une solution à des problèmes qui, selon lui, sont, pendant longtemps, «restés enfouis dans les tiroirs internationaux, dans les réalités qui auraient pu et dû agir». «Il faut la volonté et la contribution de ceux qui ont la responsabilité des peuples. Nous ne pouvons pas nous refermer sur nous-mêmes», a-t-il noté.
L’un des aspects du drame actuel concerne le piège dans lequel la population de Gaza est enfermée: «On ne peut pas penser résoudre le problème en pensant simplement à tout détruire, on ne peut pas. On ne peut pas penser à laisser mourir Samson et tous les Philistins».
L’Ordre accroît son aide au Proche-Orient
Un flux continu d’argent arrive de toutes les parties de l’Ordre du Saint Sépulcre qui, par l’intermédiaire du Patriarcat, l’affecte aux besoins de ceux qui subissent la terreur de la guerre au Proche-Orient. Dans ce contexte historique de conflits, l’Ordre apporte une aide volontaire extraordinaire aux besoins humanitaires de la région, a déclaré l’ambassadeur Leonardo Visconti di Modrone, gouverneur général de l’Ordre. De cette façon, la vocation première de l’Ordre est encore renforcée: l’engagement dans des initiatives humanitaires qui, à la lumière des urgences découlant de la situation actuelle de violence, vont à l’éducation des nouvelles générations dans les écoles du Patriarcat latin, ouvertes aux étudiants de toutes les confessions, avec un enseignement inspiré par les valeurs évangéliques et les principes du dialogue, de la coexistence pacifique et du respect mutuel. Les ressources financières collectées bénéficient également aux universités, aux paroisses, aux hôpitaux, aux maisons de retraite, aux camps de réfugiés, avec une contribution volontaire annuelle d’environ 15 millions d’euros ces dernières années.
L’Ordre du Saint-Sépulcre face à la nécessité de la formation
L’Ordre compte quelque 30 000 Chevaliers et Dames, tous bénévoles, regroupés dans 64 Lieutenances ou délégations magistrales dans une quarantaine de pays. En expansion en Afrique, en Amérique latine et en Orient, c’est un organe central de l’Église, avec un cardinal Grand Maître nommé par le Pape. «La formation doit faire l’objet d’une plus grande attention, a souligné le cardinal Filoni,notamment en raison du fait qu’il ne s’agit pas d’un ordre honorifique de chevalerie, mais d’une entité active et vitale qui assume un engagement et une responsabilité particuliers en Terre Sainte». Il est donc essentiel de soutenir les Chevaliers et les Dames dans leur dimension spirituelle et communautaire, non seulement au sein de l’Ordre, mais aussi dans leurs diocèses et leurs églises locales. Mgr Tommaso Caputo, archevêque de Pompéi, assesseur de l’Ordre du Saint-Sépulcre, a également souligné que l’appartenance à l’Ordre est une occasion de vivre la fraternité et la charité, et qu’elle «ne doit jamais être une simple frise à exhiber». L’archevêque napolitain a souligné l’importance des figures d’accompagnement dans la redécouverte permanente des racines de la foi chrétienne.
Enfin, il a rappelé l’expérience de Bartolo Longo, fondateur du sanctuaire de Pompéi et premier chevalier laïc béatifié: «Il a toujours ressenti le besoin de se laisser guider dans les ‘choses de Dieu’ par un prêtre, depuis le chemin de la conversion jusqu’aux derniers jours de sa vie.»
Le cardinal Pizzaballa en visioconférence pour l’ouverture de la Consulta
La Consulta (c’est-à-dire l’assemblée générale des lieutenants/délégués magistraux, responsables des différentes structures périphériques de l’Ordre dans le monde) se réunit tous les quatre ans. La nouveauté de cette année est que les Grands Prieurs ont également été invités à la réunion en tant qu’observateurs, afin de souligner la nécessité d’une meilleure coordination entre les composantes laïques et ecclésiastiques. Le programme prévoit une session plénière d’ouverture, avec la participation de représentants de la Secrétairerie d’État et du dicastère pour les Églises orientales; le cardinal Pierbattista Pizzaballa interviendra par vidéoconférence lors de l’ouverture. L’instrumentum laboris préparé par le cardinal Grand Maître sera examiné et discuté, et un document final sera rédigé. À l’issue des travaux, les participants seront reçus en audience par le Pape et se rendront en pèlerinage à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs et au sanctuaire de Notre-Dame du Divin Amour, à Rome.
Source : VATICANNEWS, le 31 octobre 2023
01.11.2023 – TOUSSAINT – HOMÉLIE

Dans la fidélité à Dieu, vivons ce que nous annonçons.
Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
Dans la première lecture et dans l’Évangile de ce jour, chacun en prend pour son grade, les prêtres, le peuple, les scribes et les pharisiens. Le prophète Malachie reproche aux prêtres de son temps de « pervertir l’alliance ». Ils ont pour fonction de se consacrer à Dieu et de chercher sa gloire. Ils doivent enseigner la loi qui leur a été confiée par Moïse. Or voilà qu’au lieu de penser à la gloire de Dieu, ils ne font que rechercher leur seul intérêt. Mais en leur montrant leur péché, le prophète les appelle à la conversion. Il leur rappelle que Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants.
Ce rappel à l’ordre s’adresse aussi à nous tous, prêtres et laïcs. À travers ces paroles du prophète, c’est Dieu qui nous parle aujourd’hui. Il nous invite à accueillir son amour et à nous laisser transformer par lui. Ce qui est premier, c’est précisément cet amour de Dieu pour chacun de nous. Quand nous nous en sommes écartés, il ne cesse de nous appeler à revenir vers lui de tout notre cœur. Son amour va jusqu’au pardon. Quels que soient nos torts, il n’a jamais cessé de nous aimer. Il ne veut que notre bonheur. Nous sommes donc invités à recentrer notre vie sur Dieu et à retrouver son amour.
Dans l’Évangile, Jésus nous montre les pièges de l’autorité. S’adressant à la foule, il dénonce les comportements des scribes et des pharisiens. Mais ce qu’il dit pour eux vaut aussi pour chacun de nous. Qu’il s’agisse des autorités religieuses, politiques ou parentales, ces pièges sont les mêmes.
Premier piège : « Ils disent et ne font pas ». Nous reconnaissons tous le décalage entre nos belles paroles et notre vie de tous les jours. Il est important que chacun pratique ce qu’il enseigne. Un jour, Jésus a dit : « Il ne suffit pas de dire seigneur, Seigneur pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon Père. » Nous sommes envoyés pour annoncer l’Évangile du Christ, mais il importe que toute notre vie soit ajustée à cette Parole.
Deuxième piège : pratiquer l’autorité comme une domination et non comme un service. Jésus reproche aux scribes et aux pharisiens de lier « des fardeaux pesants » et d’en charger les épaules des gens ; mais eux-mêmes « ne veulent pas les remuer du doigt ». Ils ont l’avoir, le savoir et le pouvoir. Cela pourrait être un merveilleux moyen de servir les autres. Au lieu de cela, ils ne pensent qu’à dominer.
Troisième piège : vouloir paraître : « Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes ». Nous connaissons tous cette tentation d’aimer paraître, de rechercher la considération et l’intérêt. Dans le sermon sur la montagne, Jésus nous recommande de n’agir que par amour pour Dieu et par amour pour nos frères sans chercher les louanges des hommes.
Quatrième piège : se croire important, avoir le goût des honneurs. « Ils aiment les places d’honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues, ils aiment recevoir le titre de Rabbi (Maître). L’orgueil vient les détourner de Dieu et des autres. Jésus vient leur rappeler la valeur de l’humilité. Les titres et les honneurs ne sont pas mauvais en eux-mêmes. Mais le fait de les porter implique une responsabilité, un témoignage à donner, une mission à accomplir. On ne se grandit qu’en se mettant au service des autres. Cet humble service nous grandit aux yeux de Dieu comme au regard de nos frères.
Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous donne un merveilleux exemple d’une attitude authentiquement chrétienne et authentiquement apostolique. Plutôt que de se présenter comme apôtre du Christ et d’insister sur l’autorité qui lui vient de Dieu, il adresse aux chrétien un message plein de douceur et d’humilité. Il manifeste envers tous un amour plein d’affection. Sa générosité est extrême. Elle ira jusqu’à offrir sa vie pour les chrétiens. L’attitude de Paul correspond à ce que nous recommande l’Évangile de ce jour. Elle s’inspire de l’amour qui vient de Dieu.
En ce dimanche, les textes bibliques nous provoquent à une véritable remise en question. Le Seigneur nous appelle à revenir vers lui et à nous ajuster à son amour. Il est notre compagnon de route et il chemine avec nous. En célébrant cette Eucharistie, nous le remercions de remettre en l’endroit ce qui était à l’envers dans nos vies.

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 29 octobre 2023