05.11.2023 – HOMÉLIE DU 31ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 23,1-12

Dans la fidélité à Dieu, vivons ce que nous annonçons.

Par l’Abbé Jean Compazieu

Pistes pour l’homélie


Textes bibliques : Lire


Dans la première lecture et dans l’Évangile de ce jour, chacun en prend pour son grade, les prêtres, le peuple, les scribes et les pharisiens. Le prophète Malachie reproche aux prêtres de son temps de « pervertir l’alliance ». Ils ont pour fonction de se consacrer à Dieu et de chercher sa gloire. Ils doivent enseigner la loi qui leur a été confiée par Moïse. Or voilà qu’au lieu de penser à la gloire de Dieu, ils ne font que rechercher leur seul intérêt. Mais en leur montrant leur péché, le prophète les appelle à la conversion. Il leur rappelle que Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants.

Ce rappel à l’ordre s’adresse aussi à nous tous, prêtres et laïcs. À travers ces paroles du prophète, c’est Dieu qui nous parle aujourd’hui. Il nous invite à accueillir son amour et à nous laisser transformer par lui. Ce qui est premier, c’est précisément cet amour de Dieu pour chacun de nous. Quand nous nous en sommes écartés, il ne cesse de nous appeler à revenir vers lui de tout notre cœur. Son amour va jusqu’au pardon. Quels que soient nos torts, il n’a jamais cessé de nous aimer. Il ne veut que notre bonheur. Nous sommes donc invités à recentrer notre vie sur Dieu et à retrouver son amour.

Dans l’Évangile, Jésus nous montre les pièges de l’autorité. S’adressant à la foule, il dénonce les comportements des scribes et des pharisiens. Mais ce qu’il dit pour eux vaut aussi pour chacun de nous. Qu’il s’agisse des autorités religieuses, politiques ou parentales, ces pièges sont les mêmes.

Premier piège : « Ils disent et ne font pas ». Nous reconnaissons tous le décalage entre nos belles paroles et notre vie de tous les jours. Il est important que chacun pratique ce qu’il enseigne. Un jour, Jésus a dit : « Il ne suffit pas de dire seigneur, Seigneur pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon Père. » Nous sommes envoyés pour annoncer l’Évangile du Christ, mais il importe que toute notre vie soit ajustée à cette Parole.

Deuxième piège : pratiquer l’autorité comme une domination et non comme un service. Jésus reproche aux scribes et aux pharisiens de lier « des fardeaux pesants » et d’en charger les épaules des gens ; mais eux-mêmes « ne veulent pas les remuer du doigt ». Ils ont l’avoir, le savoir et le pouvoir. Cela pourrait être un merveilleux moyen de servir les autres. Au lieu de cela, ils ne pensent qu’à dominer.

Troisième piège : vouloir paraître : « Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes ». Nous connaissons tous cette tentation d’aimer paraître, de rechercher la considération et l’intérêt. Dans le sermon sur la montagne, Jésus nous recommande de n’agir que par amour pour Dieu et par amour pour nos frères sans chercher les louanges des hommes.

Quatrième piège : se croire important, avoir le goût des honneurs. « Ils aiment les places d’honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues, ils aiment recevoir le titre de Rabbi (Maître). L’orgueil vient les détourner de Dieu et des autres. Jésus vient leur rappeler la valeur de l’humilité. Les titres et les honneurs ne sont pas mauvais en eux-mêmes. Mais le fait de les porter implique une responsabilité, un témoignage à donner, une mission à accomplir. On ne se grandit qu’en se mettant au service des autres. Cet humble service nous grandit aux yeux de Dieu comme au regard de nos frères.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous donne un merveilleux exemple d’une attitude authentiquement chrétienne et authentiquement apostolique. Plutôt que de se présenter comme apôtre du Christ et d’insister sur l’autorité qui lui vient de Dieu, il adresse aux chrétien un message plein de douceur et d’humilité. Il manifeste envers tous un amour plein d’affection. Sa générosité est extrême. Elle ira jusqu’à offrir sa vie pour les chrétiens. L’attitude de Paul correspond à ce que nous recommande l’Évangile de ce jour. Elle s’inspire de l’amour qui vient de Dieu.

En ce dimanche, les textes bibliques nous provoquent à une véritable remise en question. Le Seigneur nous appelle à revenir vers lui et à nous ajuster à son amour. Il est notre compagnon de route et il chemine avec nous. En célébrant cette Eucharistie, nous le remercions de remettre en l’endroit ce qui était à l’envers dans nos vies.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 29 octobre 2023

Le pape Benoît XVI explique l’interaction possible entre nos morts et nous

Unsplash/Tofin Creations

Le pape Benoît XVI explique l’interaction possible entre nos morts et nous

Que l’amour puisse parvenir jusqu’à l’au-delà, que soit possible un mutuel donner et recevoir, dans lequel les uns et les autres demeurent unis par des liens d’affection au-delà des limites de la mort – cela a été une conviction fondamentale de la chrétienté à travers tous les siècles et reste aussi aujourd’hui une expérience réconfortante.

Qui n’éprouverait le besoin de faire parvenir à ses proches déjà partis pour l’au-delà un signe de bonté, de gratitude ou encore de demande de pardon ?

À présent on pourrait enfin se demander: si le « purgatoire » consiste simplement à être purifié par le feu dans la rencontre avec le Seigneur, Juge et Sauveur, comment alors une tierce personne peut-elle intervenir, même si elle est particulièrement proche de l’autre ?

Quand nous posons une telle question, nous devrions nous rendre compte qu’aucun homme n’est une monade fermée sur elle-même. Nos existences sont en profonde communion entre elles, elles sont reliées l’une à l’autre au moyen de multiples interactions.

Continuellement la vie des autres entre dans ma vie: en ce que je pense, je dis, je fais, je réalise. Et vice-versa, ma vie entre dans celle des autres : dans le mal comme dans le bien. Ainsi mon intercession pour quelqu’un n’est pas du tout quelque chose qui lui est étranger, extérieur, pas même après la mort. Dans l’interrelation de l’être, le remerciement que je lui adresse, ma prière pour lui peuvent signifier une petite étape de sa purification.

Et avec cela il n’y a pas besoin de convertir le temps terrestre en temps de Dieu : dans la communion des âmes le simple temps terrestre est dépassé.

Il n’est jamais trop tard pour toucher le cœur de l’autre et ce n’est jamais inutile. Ainsi s’éclaire ultérieurement un élément important du concept chrétien d’espérance.

Notre espérance est toujours essentiellement aussi espérance pour les autres; c’est seulement ainsi qu’elle est vraiment espérance pour moi. En tant que chrétiens, nous ne devrions jamais nous demander seulement : comment puis-je me sauver moi-même ? Nous devrions aussi nous demander : que puis-je faire pour que les autres soient sauvés et que surgisse aussi pour les autres l’étoile de l’espérance ? Alors j’aurai fait le maximum pour mon salut personnel.

Benoît XVI, encyclique Spe Salvi § 48

Encyclopédie Mariale

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

02.11.2023 – SAINTE DU JOUR

Bse Marguerite de Lorraine

DUCHESSE D’ALENÇON († 1521)

Bse Marguerite de Lorraine
Duchesse d’Alençon, puis clarisse

Marguerite de Lorraine nait en 1463 : elle est la fille de Yolande d’Anjou et du dernier comte de Vaudémont Ferri. Elle était la sœur du duc René II, le vainqueur de Charles le Téméraire.

La vie de Marguerite de Lorraine est en tout point admirable. Elle vécut un temps de son enfance en Provence auprès du bon roi René. À la mort de ce dernier, elle revint en Lorraine et en 1488, son frère, le duc de Lorraine, René II, lui fit épouser le duc René d’Alençon (fils du célèbre compagnon de Jeanne d’Arc). 

Un fils aîné, nommé Charles, et deux filles, Françoise et Anne, naquirent en l’espace de quatre ans. Hélas, René d’Alençon mourut en 1492 en la fête de la Toussaint. 

Pendant les vingt années de régence du duché d’Alençon, Marguerite va révéler que la gestion des affaires temporelles n’est pas incompatible avec l’idéal évangélique. 
Elle assainit les finances du duché, réforme les coutumes, humanise la vie sociale en assurant une aide aux « pauvres honteux » (ceux qui n’osaient pas mendier), refait l’unité du diocèse de Séez divisé entre deux évêques, réforme les abbayes d’Almenèches et de Saint-Martin de Sées et fonde un monastère de clarisses à Alençon, Mortagne, Château-Gontier, Mayenne et Argentan où elle se retirera après vingt-deux ans de règne. 
Elle restaure ou embellit aussi de nombreux monuments civils et religieux, entre autres les églises de Mortagne, Argentan et Alençon. Ainsi, est achevée en 1505 la construction de l’église Saint Léonard d’Alençon, et en 1515 le porche de la basilique Notre-Dame.
Elle élève enfin chrétiennement ses trois enfants et transmet le pouvoir à sa majorité, à son fils aîné Charles, l’époux de celle qui allait devenir Marguerite de Navarre, la sœur du roi François 1er. 

Douairière, elle se consacre plus pleinement au service des malades et des plus pauvres qu’elle appelait « ses seigneurs ». Vision sacrée de la pauvreté qui s’enracinait dans l’Évangile et la tradition franciscaine. Lorsqu’elle s’installe dans le « petit hôpital » de Mortagne, elle veille aussi à la tenue des hôpitaux qui, aux soins, ajoutent l’accueil « des pensionnaires ayant plein vivre ou demi vivre à l’hôpital » et l’hébergement « pour la nuitée » des indigents de passage. 

Ainsi a-t-elle mis en œuvre avant la lettre, cette spiritualité des laïcs décrite dans la constitution sur l’Église du Concile Vatican II : « Suivant les conditions de vie de chacun : vie conjugale et familiale, célibat et veuvage ; état de maladie, activité professionnelle et sociale… exercer ses propres charges sous la conduite de l’esprit évangélique, manifestant le Christ aux autres avant tout par le témoignage de vie, rayonnant de foi, d’espérance et de charité… » (Lumen Gentium 4).

Marguerite choisit de terminer sa vie simple religieuse au couvent des sœurs Clarisses d’Argentan où elle meurt le 2 novembre 1521, couvent qu’elle avait elle-même fondé et où elle avait prononcé ses vœux en 1520. Elle montrait ainsi la haute opinion qu’elle avait non seulement de la vocation de laïque mais aussi de consacrée. 

Marguerite de Lorraine fut déclarée bienheureuse par le pape Benoît XV (Giacomo della Chiesa, 1914-1922) le 20 mars 1921, l’Église reconnaissant en elle un « modèle pour ceux qui gouvernent les peuples ». 

Elle est la protectrice des familles et la patronne des dentellières, car on doit à cette pieuse duchesse la création du point d’Alençon dont le couvent des Clarisses de cette ville conserve deux superbes pièces de broderie de sa main.

Bse Marguerite de Lorraine priez pour nous !

02.11.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,31-46.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.


Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.


Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”


Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

pape et docteur de l’Église

Livre XIV, SC 212 (Morales sur Job; trad. A. Bocognano; éd. du Cerf, 1974; p. 423-425)

« Oui, je sais que mon Rédempteur est vivant. » (Jb 19,25 Vg)

« Oui, je sais que mon Rédempteur est vivant. » (Jb 19,25 Vg) Job ne dit pas Créateur, mais Rédempteur : il désigne clairement celui qui, après avoir tout créé, voulant nous racheter de notre captivité est apparu parmi nous dans l’Incarnation et par sa Passion nous a libérés de la mort éternelle. Et il faut remarquer avec quelle foi Job s’engage sur la puissance de la divinité de celui dont Paul a pu dire : « Oui, il a été crucifié en raison de sa faiblesse, mais il est vivant par la puissance de Dieu. » (2Co 13,4) Job dit, en effet : « Oui, je sais que mon Rédempteur est vivant. » C’est dire sans ambages : il a été flagellé, raillé, meurtri de soufflets, couronné d’épines, couvert de crachats, crucifié, il est mort, voilà ce que saura l’incroyant : moi, je crois d’une foi sûre que depuis sa mort il est vivant, lui qui est tombé entre les mains des impies. Mais, bienheureux Job, quelle confiance te donne la résurrection du Maître en la résurrection de ta propre chair, de grâce, proclame-le ouvertement. Le texte poursuit : « Je sais que je ressusciterai de la terre au dernier jour. » Oui, la résurrection qu’il manifeste en sa personne, en nous aussi il l’accomplira un jour. Oui, la résurrection qu’il manifeste en lui, il nous l’a promise, parce que les membres participent de la gloire de leur Tête.

LECTURES :

Livre de la Sagesse 2,23.3,1-6.9.

Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il a fait de lui une image de sa propre identité.
Les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux.
Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; leur départ est compris comme un malheur,
et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix.
Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait.
Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui.


Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille.
Qui met en lui sa foi comprendra la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront, dans l’amour, près de lui. Pour ses amis, grâce et miséricorde : il visitera ses élus.

Psaume 27(26),1.4.7.8.9a.13-14.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »
ne me cache pas ta face.
Mais, j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur

sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,3-9.

Frères, ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts.


Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à La Croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui.

François compte sur la «sagesse humaine» pour arrêter l’escalade de la guerre

Interview du Pape à la RAI

François compte sur la «sagesse humaine» pour arrêter l’escalade de la guerre

Entretien du Pape François avec le directeur de l’information de la première chaine de la RAI: un conflit mondial «est une possibilité, il ne faut pas s’habituer à la guerre, le problème, ce sont les industries d’armement». «Je me rendrai à Dubaï du 1er au 3 décembre» pour la COP28. Verdict positif sur le Synode, plus d’espace pour les femmes mais sans les ordonner; «je ne pense pas que cela aide» d’abolir la législation sur le célibat.

Vatican News

Pour le Pape François, l’extension de la guerre qui a éclaté en Israël et en Palestine «est une possibilité», mais il espère qu’elle ne se produira pas en faisant confiance à la «sagesse humaine». Il a tenu ces propos lors d’un long entretien avec Gianmarco Chiocci, directeur de l’information de la première chaine de la RAI diffusé dans la soirée du mercredi 1er novembre.

Israël et Gaza

Au sujet de ce qui se passe au Moyen-Orient, le Souverain pontife a déclaré: «Chaque guerre est une défaite. Rien ne se résout par la guerre. Rien. Tout se gagne avec la paix, avec le dialogue. Ils sont entrés dans les kibboutzim, ils ont pris des otages. Ils ont tué des gens. Et puis la réaction. Les Israéliens vont chercher les otages, pour les sauver. Dans la guerre, une gifle en provoque une autre. L’une dure et l’autre plus dure encore, et ainsi de suite. La guerre est une défaite. Je l’ai ressentie comme une défaite de plus. Deux peuples qui doivent vivre ensemble. Avec cette sage solution: deux peuples, deux États. L’accord d’Oslo: deux États bien délimités et Jérusalem avec un statut spécial».

Rappelant la prière pour la paix de la semaine dernière, François a répété que le monde traversait une «heure très sombre. La capacité de réfléchir clairement manque, et j’ajoute: une défaite de plus. Il en est ainsi depuis la dernière guerre mondiale, de 1945 à aujourd’hui, une défaite après l’autre parce que les guerres n’ont pas cessé. Mais le plus grand problème reste l’industrie de l’armement. Une personne compétente en matière d’investissements, que j’ai rencontrée lors d’une réunion, m’a dit qu’aujourd’hui, les investissements qui rapportent le plus sont les usines d’armement».

Le Pape a déclaré qu’il reçoit chaque jour par téléphone des nouvelles des religieux qui se trouvent à Gaza. «Le curé égyptien, le père Joseph, je l’appelle tous les jours et il me dit « mais c’est terrible, maintenant la dernière chose qu’ils ont bombardé, c’est l’hôpital, mais ils nous respectent dans la paroisse, où nous avons 563 personnes, des chrétiens, quelques musulmans et des enfants malades soignés par les religieuses de Mère Teresa ». Dans cette petite paroisse, il y a 563 personnes. Chaque jour, j’essaie de les accompagner. Pour l’instant, Dieu merci, les forces israéliennes respectent cette paroisse».

L’accoutumance à la guerre et à l’antisémitisme

«Je me souviens d’un moment très dur au début de mon pontificat, lorsque la guerre a éclaté avec en Syrie et que j’ai invité à la prière place Saint Pierre. Des chrétiens ont prié avec des musulmans qui avaient apporté un tapis de prière. Ce fut un moment très difficile. Pour moi, c’est une mauvaise chose, mais ensuite, ce n’est pas agréable à dire, on s’y habitue, malheureusement on s’y habitue. Nous ne devons pas nous y habituer».

Et au sujet d’une éventuelle extension mondiale, il souligne: «Ce serait la fin de beaucoup de choses et de beaucoup de vies. Je pense que la sagesse humaine permet d’éviter ce genre de choses. Oui, il y a une possibilité, et nous sommes concernés par cette guerre en raison de ce qu’elle signifie pour Israël, la Palestine, la Terre Sainte, Jérusalem, mais nous sommes également concernés par l’Ukraine parce qu’elle est proche. Cependant, il y a beaucoup d’autres guerres oubliées: le Kivu, le Yémen, la Birmanie avec les Rohingyas qui sont des martyrs. Le monde est en guerre et l’industrie de l’armement est derrière». François parle également de l’antisémitisme qui «reste malheureusement caché. On voit, des jeunes par exemple, ici ou là qui font quelque chose. Il est vrai que dans ce cas, c’est très important, mais il y a toujours des relents d’antisémitisme et ce n’est pas toujours suffisant de voir l’Holocauste de la Seconde Guerre mondiale, ces 6 millions de personnes tuées, réduites en esclavage et cela n’est pas passé. Malheureusement, ce n’est pas que du passé. Je ne sais pas comment l’expliquer et je n’ai pas d’explication, c’est un fait que je vois et que je n’aime pas».

Le conflit en Ukraine

Interrogé sur la réaction ukrainienne aux initiatives de paix du Saint-Siège, François a répondu: «Je pense au peuple ukrainien, nous ne devons pas le juger aujourd’hui. Le peuple ukrainien est un peuple martyr, il a subi des persécutions à l’époque de Staline, des persécutions très fortes. C’est un peuple martyr. J’ai lu un livre commémoratif à ce sujet et le martyre était terrible, la Sibérie…. C’est un peuple qui a beaucoup souffert et qui maintenant, craint la moindre chose qui leur fait revivre cela. Je le comprends et j’ai reçu le président Zelensky. Mais nous avons besoin de paix. Je comprends, mais nous avons besoin de paix. Arrêtez-vous un moment et cherchez un accord de paix, les accords sont la vraie solution, pour les deux parties».

Le Pape se souvient: «Le deuxième jour de la guerre en Ukraine, je suis allé à l’ambassade de Russie, j’ai senti que je devais y aller et j’ai dit que j’étais prêt à aller voir Poutine si cela pouvait aider. J’ai eu une bonne conversation avec l’ambassade de Russie. J’ai présenté une liste de prisonniers, et ils en ont libéré, ils ont même libéré certains prisonniers d’Azov. L’ambassade a très bien fait de libérer les personnes qui pouvaient l’être. Mais le dialogue s’est arrêté là. C’est alors que Lavrov m’a écrit : « Merci si vous voulez venir, mais ce n’est pas nécessaire ». Je voulais aller voir les deux parties».

La tragédie des migrants

«Je suis le fils de migrants», a déclaré le souverain pontife, «mais en Argentine, nous sommes 46 millions, je crois, et il n’y a que 6 millions d’indigènes, pas plus. Les autres sont tous des migrants. C’est vraiment un pays de migrations: Italiens, Espagnols, Ukrainiens, Russes, et beaucoup du Moyen-Orient. Mon père travaillait à la Banque d’Italie et a émigré, il y est resté et y est mort. Pour moi, l’expérience de la migration est une chose existentielle forte, qui n’a rien à voir avec la tragédie actuelle. Il y a eu de mauvaises migrations dans la période d’après-guerre, mais aujourd’hui, c’est encore très dramatique et il y a cinq pays qui souffrent le plus de la migration: Chypre, la Grèce, Malte, l’Italie et l’Espagne. Ce sont eux qui reçoivent le plus de migrants. Je recommande toujours la lecture d’un livre écrit par l’un de ces migrants qui a attendu plus de trois ans pour passer du Ghana à l’Espagne: il s’intitule « Petit frère », « Hermanito » en espagnol. Il s’agit d’un livre court, mais qui raconte la cruauté de la migration. Ce que nous avons vu en Calabre dernièrement est terrible. L’Europe doit être solidaire avec ces cinq pays qui ne peuvent pas accueillir tout le monde et les gouvernements européens doivent dialoguer. Il y a des petits villages vides avec dix, quinze personnes âgées qui ont besoin de gens pour travailler. Il faut une politique migratoire en phase avec les migrants: les accueillir, les accompagner, les promouvoir et les insérer dans le travail. Les laisser s’intégrer. Et une telle politique migratoire coûte de l’argent. Mais je pense à la Suède, qui a fait du bon travail à l’époque des dictatures latino-américaines…. Une politique d’immigration doit être constructive, pour le bien du pays et de ses habitants, et paneuropéenne. J’ai apprécié que la présidente de la Commission européenne se rende à Lampedusa pour se rendre compte de la situation: j’ai apprécié qu’elle essaie de prendre les choses en main».

Les femmes dans l’Église

 «Beaucoup de femmes travaillent au Vatican. Par exemple, la vice responsable du Gouvernorat est une femme, une religieuse, et le gouverneur a un rôle plus générique, mais c’est elle qui est responsable. Au sein du Conseil pour l’économie, il y a six cardinaux et six laïcs, et sur ces six laïcs, cinq sont des femmes. Ensuite, il y a déjà des secrétaires à la place des ‘monseigneurs’: le secrétaire du Dicastère pour la vie consacrée est une femme ; au Développement Humain Intégral, une autre femme, dans la commission qui choisit les évêques, il y a trois femmes, parce que les femmes comprennent des choses que nous ne comprenons pas. Je pense qu’elles devraient être incluses dans l’activité normal de l’Église». En ce qui concerne l’ordination des femmes, François a déclaré: «Il s’agit là d’un problème théologique et non d’un problème administratif. Les femmes peuvent tout faire dans l’Église, même gouverneur, il n’y a pas de problème. Mais du point de vue théologique et ministériel, il s’agit de deux choses différentes: le principe pétrinien, qui est celui de la juridiction, et le principe marial, qui est le plus important parce que l’Église est une femme, l’Église est une épouse, l’Église n’est pas masculine, c’est une femme. Il faut une théologie pour comprendre cela et le pouvoir de l’Église féminine et des femmes dans l’Église est plus fort et plus important que celui des ministres masculins. Marie est plus importante que Pierre, parce que l’Église est femme. Mais si nous voulons réduire cela au fonctionnalisme, nous perdons».

Synode et célibat

Pour François, le bilan du Synode sur la synodalité est «positif. Tout a été discuté en toute liberté. Et c’est une bonne chose, nous avons réussi à élaborer un document final, qui doit être étudié dans la deuxième session d’octobre 2024. Comme celui sur la famille, c’est un Synode en deux étapes. Je crois que nous sommes arrivés à cet exercice de synodalité que saint Paul VI avait voulu à la fin du Concile parce qu’il s’était rendu compte que l’Église d’Occident avait perdu la dimension synodale que les Églises d’Orient ont au contraire».

Répondant à une question sur le célibat des prêtres, il a expliqué: «C’est une législation positive, ce n’est pas une loi naturelle: les prêtres des églises catholiques orientales sont autorisés à se marier, alors que dans les églises occidentales, il y a une discipline du 12ème siècle, je crois, qui marque le début célibat. Mais c’est une loi qui peut être supprimée sans problème. Je ne pense pas que cela soit utile. Car le problème est tout autre. Le prêtre doit être un père, il doit être inséré dans une communauté. Je me souviens d’une fois où j’ai trouvé un homme de 65 ans, curé de trois petits villages dans les montagnes, chaque village comptant cinq cents âmes. Je lui ai dit: « Mais comment faites-vous ? Connaissez-vous les gens ? Il a souri et m’a dit: « Je connais même le nom des chiens des gens ». Ces prêtres qui s’intègrent, véritables pères de la communauté. Quand le prêtre revient un peu exquis, nous perdons».

Au sujet des couples homosexuels, François a répondu: «Quand je dis “tous, tous, tous”, je parle des personnes. L’Église accueille les personnes, toutes les personnes, et ne demande pas ce que vous êtes. Ensuite, à l’intérieur, chacun grandit et mûrit dans son appartenance chrétienne. Il est vrai qu’aujourd’hui, c’est un peu à la mode de parler de cela. L’Église accueille tout le monde. C’est différent lorsque des organisations veulent entrer. Le principe est le suivan : l’Église accueille tous ceux qui peuvent être baptisés. Les organisations ne peuvent pas être baptisées. Les personnes le peuvent».

Abus dans l’Église et à l’extérieur

Lors de l’entretien sur la RAI, François a expliqué qu’il poursuivait le travail de Benoît XVI. «Un grand ménage a été fait. Il s’agissait de tous les cas d’abus et même certains membres de la Curie ont été renvoyés. Le Pape Ratzinger a fait preuve de courage. Il a pris ce problème en main et a pris de nombreuses mesures» avant de le laisser à son successeur. «Les abus, qu’ils soient de conscience, sexuels ou autres, ne doivent pas être tolérés. C’est contraire à l’Évangile, l’Évangile c’est le service et non l’abus, et nous voyons tant d’épiscopats qui ont fait un bon travail d’étude sur les abus sexuels, mais aussi sur d’autres formes d’abus. Nous n’avons pas la culture de travailler contre les abus: par exemple, les statistiques que j’ai reçues d’une entité internationale qui travaille sur ce sujet, dit que 42 à 46 pour cent des abus se produisent dans les familles ou dans les quartiers et les gens ont l’habitude de tout cacher. C’est affreux». Le Pape a reconnu que l’Église avait fait beaucoup dans la lutte contre la pédophilie, «mais il reste encore beaucoup à faire».

Le moment le plus difficile et l’Église à venir

Lorsqu’on lui a demandé quel avait été le moment le plus difficile de son pontificat, le Souverain pontife a répondu: «Peut-être lorsque j’ai dû aller à l’encontre de la guerre en Syrie, ces paroles que j’ai dites sur la place. Je ne savais pas quoi faire, c’était très difficile. Je n’étais pas habitué à ce genre de choses et j’avais peur de commettre une erreur et de faire du mal. C’était difficile. Il y a eu des moments faciles et d’autres moins faciles. Mais le Seigneur m’a toujours aidé à résoudre, ou du moins à être patient». Quant à l’Église qui suivra son pontificat, il déclare: «Le Seigneur le sait, mais il y a toujours la mélancolie du passé, que l’on retrouve dans les institutions et dans l’Église également. Ce sont ceux qui veulent revenir en arrière, ce sont les « en arrièristes ». Ils n’acceptent pas que l’Église aille de l’avant, qu’elle soit en mouvement. Parce que l’Église est toujours en mouvement, elle doit grandir. Et la manière d’être de l’Église doit aussi grandir avec les trois principes si beaux de Vincent de Lérins, ce père du premier siècle, elle doit grandir à partir de la racine, comme l’arbre qui pousse, mais toujours attaché à sa racine, une Église qui se détache des racines recule et perd sa saine tradition, qui n’est pas le conservatisme. La tradition grandit. Et elle doit aller de l’avant. Pensez par exemple à la peine de mort. Aujourd’hui, nous disons que la peine de mort n’est pas morale. On grandit aussi dans l’esclavage. Autrefois, les esclaves c’était normal. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La conscience morale grandit aussi. La possession d’armes atomiques».

À la question de savoir de quoi il a peur, le Pape a répondu: «Les petites peurs arrivent. Que ceci ou cela arrive. La guerre en Terre Sainte m’effraie. Comment va-t-elle se terminer? Mais devant le Seigneur tout s’apaise. Non pas que les craintes disparaissent. Mais elles subsistent d’une manière humaine, disons. C’est une bonne chose d’avoir des craintes».

Répondant à la question de ceux qui l’ont qualifié de « Pape de gauche », François a déclaré: «Je n’aime pas les qualificatifs de droite et de gauche. Ce sont des qualifications qui ne sont pas réelles. Les vraies qualifications sont: est-il cohérent, n’est-il pas cohérent? Les choses qu’il propose sont-elles cohérentes avec les racines, ou sont-elles étranges? Pensez à saint Paul VI: on l’a traité de toutes sortes de choses parce qu’il était un innovateur. Et il n’avait rien de gauchiste, rien de communiste».

François à Dubaï pour la COP 28

«Oui, je vais à Dubaï. Je pense que je partirai le 1er décembre jusqu’au 3 décembre. J’y resterai trois jours. Je me souviens quand je suis allée à Strasbourg, au Parlement européen, et que le président Hollande a envoyé la ministre de l’environnement Ségolène Royal pour me recevoir et qu’elle m’a demandé: « Mais est-ce que vous préparez quelque chose sur l’environnement? Faites-le avant la réunion de Paris ». J’ai appelé quelques scientifiques ici, qui se sont précipité : « Laudato si » a été publié avant Paris. Et la réunion de Paris a été la plus belle de toutes. Après Paris, tout le monde a reculé et il faut du courage pour aller de l’avant. Après « Laudato si », cinq grands responsables du secteur pétrolier ont demandé un rendez-vous. Tous pour se justifier… il faut du courage. Un pays qui est une île dans l’océan Pacifique achète des terres aux Samoa pour se relocaliser parce que dans vingt ans ils n’existeront plus, la mer les aura submergés. Mais nous n’y croyons pas. On peut encore tout arrêter. Notre avenir est en jeu. L’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Nous devons faire preuve de responsabilité. J’aime parler des pêcheurs de San Benedetto del Tronto (dans la région des Marches, en Italie). De braves gars sont venus me voir pour me dire que je ne sais pas combien de tonnes de plastique ils prennent et ne rejettent pas à la mer. Ils perdent de l’argent pour nettoyer un peu la mer. Nous avons été mauvais pour la sauvegarde de la création».

François a également confié que la dernière fois qu’il était allé à la mer, qu’il «aime tant», c’était en 1975. Il a également rappelé qu’avant de découvrir sa vocation religieuse, il s’était fiancé avec «une très gentille fille. Elle travaillait dans un cinéma. Puis l’archevêque de Rosario l’a trouvée dans une paroisse avec son mari et ses enfants».

Foi et santé

À la question de savoir si sa foi a déjà vacillé, le Pape répond: «Dans le sens de la perdre, non. Mais dans le sens de ne pas la sentir et de marcher sur des chemins obscurs, de me demander où est le Seigneur? J’ai parfois l’impression que le Seigneur se cache, ou bien qu’on s’éloigne de lui. Et toi, où es-tu, Seigneur? Et pourquoi ne résous-tu pas ce problème? Et là j’entends le Seigneur qui dit, au fond de moi: parce que je n’ai pas de baguette magique. Le Seigneur n’est pas la Mandrake le magicien, non. Il est autre chose».

En ce qui concerne sa santé, il déclare: «J’ai un problème de genou qui s’améliore, je peux mieux marcher. J’ai subi deux opérations. Et maintenant, je vais bien. Je peux manger ce que je veux».

Maradona, Messi et Pelé

Enfin, le Pape répond à la question sur les deux grands joueurs argentins Maradona et Messi. Mais il répond en préférer un troisième, Pelé. «J’ai suivi Maradona, c’est un grand joueur. Mais en tant qu’homme, il a échoué. Le pauvre a glissé avec la cour de ceux qui l’ont loué et ne l’ont pas aidé. Il est venu me voir ici la première année de mon pontificat et puis le pauvre s’est éteint. C’est curieux: beaucoup de sportifs finissent mal. Messi est très correct. C’est un gentleman. Mais pour moi, le grand gentleman, c’est Pelé. Un homme de cœur. J’ai parlé avec Pelé, je l’ai rencontré une fois dans un avion quand j’étais à Buenos Aires, nous avons parlé. Un homme d’une grande humanité. Ils sont tous les trois formidables. Chacun avec sa propre spécialité. Messi est bon en ce moment. Et Pelé était bon».

Source : VATICANNEWS, le 1er novembre 2023