Marie elle-même a invité les Vénézuéliens à recevoir le don de la foi

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Marie elle-même a invité les Vénézuéliens à recevoir le don de la foi

Parce que la conquête du Venezuela par les Espagnols n’a pas été indemne d’ambiguïté, les indigènes ont parfois confondu la résistance à la domination des conquistadores avec le refus de l’Évangile des missionnaires. C’est dans ce contexte historique que rayonne le sanctuaire de Coromoto (Guanare) où la Vierge Marie elle-même invita les indigènes à recevoir le don de la foi. Coromoto est devenu le sanctuaire national.

De nombreuses villes se placèrent sous le patronage de la Vierge Marie. Par exemple, en l’an 1570, la ville de Trujillo élut pour patronne Notre Dame de la Paix. Et la capitale, Caracas, fut appelée en l’an 1766 « la ville de Marie », avec l’inscription gravée : « Salue Marie, conçue sans péché au premier instant de son existence naturelle. »

Le nom de Marie fut surtout inscrit dans les cœurs : c’est sa sollicitude protectrice que l’on expérimente en 1638, quand un insecte menaçait de détruire les riches plantations de cacao ; puis en 1766 lorsque les victimes d’un tremblement de terre sortent indemnes des décombres de Caracas, et en 1813-1815 pendant la guerre d’indépendance contre les Espagnols. Les libertadores, Simón Bolívar et Antonio José de Sucre, plaçaient leurs troupes sous la protection de la Vierge Marie et venaient la remercier ensuite.

D’un point de vue marial, le XXe siècle a été marqué par la consécration votive de la nation dans les mains de Marie, le 27 janvier 1985 à Caracas, et par les apparitions déjà officiellement reconnues, qui ont eu lieu à Bétania, dans les années 1976 à 2001. L’apparition a d’abord concernée Maria Esperanza, stigmatisée avant d’être vue par de très nombreux témoins. La Vierge Marie s’y est montrée sous le titre de « Notre-Dame Réconciliatrice des Peuples ».

L’équipe de Marie de Nazareth

Encyclopédie Mariale

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

03.11.2023 – SAINT DU JOUR

St Martin de Porres

St Martin de Porres

RELIGIEUX († 1639)

Saint Martin de Porres
Religieux du Tiers-Ordre de saint Dominique
(1579-1639)

 

Martin naît à Lima, dans l’Amérique du Sud, le 9 décembre 1579. Son père, Don Juan de Porres, était un conquérant espagnol, et sa mère, Anna Velasquez, une esclave noire devenue libre. Comme Martin ressemblait beaucoup à sa mère par sa couleur, son père l’abandonna à son sort. Sa pureté de mœurs, sa modestie, son humilité et sa charité pour les pauvres furent les vertus caractéristiques de son enfance et de toute sa vie.

 

À quinze ans, Martin de Porres entra dans le Tiers-Ordre de saint Dominique. Il déploya son dévouement dans l’office d’infirmier dont il fut chargé.

 

Dieu se plut à honorer l’éminente charité de son serviteur en le gratifiant de faveurs extraordinaires. Tout comme saint Padre Pio, saint Martin de Porres connaissait les secrets des cœurs, prédisait l’avenir, dévoilait les ruses des démons et repoussait leurs assauts avec autorité. Pendant une épidémie qui sévit au couvent du Rosaire, on garda toutes les portes closes. Les malades furent ébahis de constater la présence subite du saint près de leur lit. On a vu et entendu saint Martin de Porres en Europe, en Chine, en Algérie, au Japon, alors qu’il n’a jamais quitté l’Amérique.

 

Quoiqu’il n’eût point fait d’études religieuses, l’humble infirmier résolvait les plus graves questions de la théologie avec tant de sûreté que les hommes les plus doctes proclamaient avec émerveillement que sa science ne pouvait lui venir que du ciel.

 

Il meurt à Lima, à l’âge de soixante ans,  le 3 novembre 1639.


Béatifié le 19 mars 1836, par le pape Grégoire XVI (Bartolomeo Cappellari, 1836-1846), Martin de Porres a été canonisé le 6 mai 1962 par saint Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli, 1958-1963).

 

Pour un approfondissement biographique, lire :

>>> Saint Martin de Porrès

Saint Martin de Porres priez pour nous !

03.11.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1-6.

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Or voici qu’il y avait devant lui un homme atteint d’hydropisie.


Prenant la parole, Jésus s’adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens pour leur demander : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? »
Ils gardèrent le silence. Tenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller.
Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? »
Et ils furent incapables de trouver une réponse.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

pape

Lettre apostolique « Dies Domini » 31 mai 1998, 61 (trad. DC 2186, p. 674; © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Le sabbat a été fait pour l’homme » (Mc 2,27)

Au terme de toute l’œuvre de la création, le « shabbat », septième jour béni et consacré par Dieu, se relie immédiatement à l’œuvre du sixième jour, où Dieu a fait l’homme « à son image, comme sa ressemblance » (Gn 1,26). Ce lien très étroit entre le « jour de Dieu » et le « jour de l’homme » n’a pas échappé aux Pères quand ils ont médité sur le récit biblique de la création. Ambroise dit à ce sujet : « Je rends grâce au Seigneur notre Dieu, qui a fait une œuvre telle qu’il puisse s’y reposer. Il a fait le ciel, mais je ne lis pas qu’il se soit reposé ; il a fait la terre, mais je ne lis pas qu’il se soit reposé ; il a fait le soleil, la lune et les étoiles, et là non plus, je ne lis pas qu’il se soit reposé, mais je lis qu’il a fait l’homme et qu’alors il se reposa, en ayant quelqu’un à qui il puisse remettre ses péchés ». Ainsi, le « jour de Dieu » sera à jamais directement lié au « jour de l’homme ». Quand le commandement de Dieu dit : « Tu te souviendras du jour du sabbat pour le sanctifier » (Ex 20,8), la pause ordonnée pour honorer le jour qui lui est consacré n’est nullement un commandement pesant pour l’homme, mais plutôt une aide qui lui permet de reconnaître sa dépendance vitale et libératrice à l’égard du Créateur, ainsi que sa vocation à collaborer à son œuvre et à accueillir sa grâce. En honorant le « repos » de Dieu, l’homme se redécouvre pleinement lui-même ; ainsi le jour du Seigneur se révèle profondément marqué par la bénédiction divine (Gn 2,3) et, grâce à elle, on pourrait le dire doué comme les animaux et les hommes d’une sorte de « fécondité » (Gn 1,22.28). Cette fécondité s’exprime surtout en ce que le sabbat ravive et, en un sens, « multiplie » le temps lui-même, accroissant en l’homme, par la mémoire du Dieu vivant, la joie de vivre et le désir de promouvoir et de donner la vie.

LECTURES :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 9,1-5.

Frères, c’est la vérité que je dis dans le Christ, je ne mens pas, ma conscience m’en rend témoignage dans l’Esprit Saint :
j’ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante.
Moi-même, pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais être anathème, séparé du Christ :
ils sont en effet Israélites, ils ont l’adoption, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses de Dieu ;
ils ont les patriarches, et c’est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles. Amen.

Psaume 147,12-13.14-15.19-20.

Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Célèbre ton Dieu, ô Sion !
Il a consolidé les barres de tes portes,
dans tes murs il a béni tes enfants.

Il fait régner la paix à tes frontières,
et d’un pain de froment te rassasie.
Il envoie sa parole sur la terre :
rapide, son verbe la parcourt.

Il révèle sa parole à Jacob,
ses volontés et ses lois à Israël.
Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ;
nul autre n’a connu ses volontés.

Chine : Une nouvelle université catholique en Chine

Institut Caritas D’enseignement Supérieur

Chine : Une nouvelle université catholique en Chine

Troisième université privée de Hong Kong

Si l’autorisation est accordée, une nouvelle université privée verra le jour à Hong Kong, la troisième de la ville, aux côtés des universités existantes Shue Yan et Hang Seng. La particularité de cette université est qu’elle sera la première université catholique de la région et qu’elle ne se limitera pas aux professions de santé, comme l’Institut Caritas d’enseignement supérieur. Selon les annonces précédentes du diocèse, la nouvelle institution s’appellera Université Saint-François.

Les autorités de Hong Kong sont sur le point d’approuver officiellement le projet du diocèse de créer une nouvelle université catholique. Cette initiative a été annoncée à plusieurs reprises par l’évêque Stephen Chow, récemment devenu cardinal, nommé par le pape François lors du consistoire du 30 septembre.

Selon Headline Daily, l’Institut Caritas d’enseignement supérieur, un établissement d’enseignement de l’Église catholique à Hong Kong, connu principalement pour sa formation d’infirmières, a été approuvé par le Conseil d’accréditation des qualifications académiques et professionnelles (Council for the Accreditation of Academic and Professional Qualifications). Cet organisme a certifié qu’il remplissait toutes les conditions nécessaires pour élever un établissement d’enseignement supérieur au rang d’université. Il ne reste plus que la dernière étape, qui est de nature politique et nécessite l’approbation formelle du gouvernement, dirigé par le chef de l’exécutif John Lee.

La naissance de cette université catholique à Hong Kong est un projet dans lequel l’actuel cardinal Stephen Chow avait déjà été impliqué lorsqu’il était le responsable local des jésuites avant d’être nommé évêque. Au départ, l’idée de construire une nouvelle université à Fanling, une zone proche de la frontière avec la Chine continentale, avait été évoquée mais officiellement rejetée par les autorités pour des raisons d’urbanisme. C’est pourquoi, lorsqu’il est devenu évêque de Hong Kong, il a repris le projet et demandé la transformation de l’Institut Caritas d’enseignement supérieur en université.

Pendant la cérémonie au cours de laquelle le cardinal Chow a reçu sa barrette cardinalice à Rome, le Hong Kong Diocesan Weekly a publié un article dans lequel le cardinal parlait du voyage du pape François en Mongolie et des mots qu’il a dédiés à la Chine à la fin de la messe à Oulan-Bator.

Le cardinal a exprimé son souhait que la poignée de main du pape ait inclus Mgr Stephen Lee, évêque de Macao, et a mentionné un autre évêque chinois présent à la cérémonie. Malgré cela, le cardinal a souligné que le geste du pape François reflète son amour profond pour la Chine et son peuple. Il a également souligné qu’il n’y a pas de contradiction entre le fait d’être un bon chrétien et un bon citoyen, et que les deux identités devraient coexister en harmonie.

En ce qui concerne le travail d’évangélisation, le cardinal Chow a souligné qu’il ne s’agit pas de faire du prosélytisme, mais plutôt de témoigner de l’amour de Dieu, qui prend soin de nous et nous soutient lorsque nous tombons. Pour que l’Église grandisse, il est essentiel d’engager les autres à travers notre témoignage de vie, afin qu’ils comprennent qui nous sommes et qu’ils soient prêts à travailler ensemble pour le bien commun.

Malgré les efforts du pape François et de ses prédécesseurs pour rassurer le gouvernement chinois sur la mission d’amour de l’Église, le cardinal a souligné l’importance de ne pas oublier les blessures historiques causées pendant les années où la Chine a été exploitée et attaquée par des puissances étrangères, dans lesquelles certains missionnaires ont également pu jouer un rôle. Il a également mentionné les difficultés imposées par la bureaucratie gouvernementale, présente dans tous les pays.

Dans ce contexte, le cardinal Chow a conclu en encourageant la prière, la patience, la sincérité et la cohérence, et en maintenant l’espoir dans l’amour indéfectible de Dieu.

Source : ZENIT.ORG, le 1er novembre 2023

À Bethléem, la peur de l’avenir face à la guerre

A l’hôpital de la Sainte Famille de Bétléem.

À Bethléem, la peur de l’avenir face à la guerre

Michelle Bowe, ambassadrice de l’Ordre de Malte en Palestine, raconte la tragédie vécue dans les territoires palestiniens avec l’escalade de la guerre et comment la population de Bethléem, et la maternité qu’elle dirige, ne peuvent plus accéder aux services et biens de base.

Linda Bordoni – Cité du Vatican

Pour les Palestiniens, la peur est une compagne quotidienne, qu’ils soient à Gaza, soumise à des bombardements continus depuis l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre, ou en Cisjordanie. Outre le nombre atroce de victimes qui ne cesse d’augmenter et qui compte à ce jour plus de 8 000 morts du côté palestinien et 1 400 du côté israélien, avec 240 otages aux mains des terroristes, il y a les bombardements quotidiens à Gaza, et il y a les conséquences dans tous les territoires, touchés par les bouclages et les restrictions de circulation qui bloquent la distribution des produits de première nécessité et l’impossibilité pour les médecins et le personnel de santé, en particulier, d’accéder aux hôpitaux.

Peur et désir de sécurité

Michele Burke Bowe, ambassadrice de l’Ordre de Malte en Palestine et présidente de l’hôpital de la Sainte-Famille à Bethléem, témoigne de la tragédie qui a suivi la guerre à Bethléem, déjà dévastée par la fragilité de la situation dans la région. «Les gens ont peur, explique t-elle, les prix des produits alimentaires dans les magasins ont explosé, beaucoup de choses sont difficiles à trouver, y compris certains médicaments ou le lait maternisé; de plus, après les premiers jours de guerre, les enfants sont retournés à l’école dans une atmosphère de grande peur». Les fréquentes opérations de sécurité, les arrestations menées par les Israéliens et l’isolement imposé par le mur de séparation qui exacerbe la situation déjà difficile, empêchant les habitants de se déplacer librement, ajoutent également à la tension. «Les habitants de Gaza éprouvent un immense sentiment de tristesse et d’impuissance, déclare l’ambassadrice, et aspirent à la paix, pour pouvoir reprendre leur vie quotidienne, s’occuper de leur famille, gagner leur vie et vivre en sécurité».

L'Ordre de Malte à Béthléem

L’Ordre de Malte à Béthléem

Le blocus de l’hôpital

L’hôpital de la Sainte-Famille s’était déjà accommodé des difficultés créées pour les civils par la pandémie de Covid-19, lorsque, à la suite de la fin des pèlerinages, principal moyen de subsistance de l’économie locale, les gens ont eu du mal à joindre les deux bouts. «Les mères qui n’avaient pas mangé depuis deux jours arrivaient», poursuit Michelle Bowe, «les gens vendaient leurs meubles et leurs voitures. Les soins de santé étaient devenus un luxe, les gens devaient donc choisir entre les soins de santé et la nourriture ou l’électricité, et aujourd’hui, c’est la douloureuse constatation, « ils sont à nouveau dans la même situation».

L’hôpital de la Sainte-Famille, qui joue un rôle essentiel dans la fourniture de services médicaux à la région, a également été gravement touché par la guerre, en particulier par l’impossibilité d’acheminer des médicaments. La clinique médicale mobile, qui se rend dans les villages, n’est plus en mesure d’atteindre sa destination, et «il y a des femmes et des enfants dans les villages qui ne reçoivent pas de traitement» qui ont été bloqués en particulier. Les problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité ont aggravé les difficultés, poursuit l’ambassadrice Bowe, certains villages ont été privés d’électricité et même les sources d’eau s’épuisent : «Bethléem est aux prises non seulement avec la dévastation économique, mais aussi avec un profond sentiment de peur quant à ce que l’avenir pourrait lui réserver».

Le renforcement des mesures de sécurité israéliennes ajoute aux difficultés rencontrées par le personnel de l’hôpital de la Sainte-Famille. Les quelque 500 points de contrôle mis en place ces dernières semaines ont en effet bouclé la ville, obligeant l’établissement à réorganiser son personnel, en échangeant les médecins résidents avec d’autres hôpitaux pour qu’ils puissent travailler plus près de chez eux. L’un des problèmes est qu’il y a peu de spécialistes : «Nous avons un médecin à Bethléem, une cardiologue pédiatrique, il n’y en a pas beaucoup en Cisjordanie, et elle ne peut pas se rendre à Ramallah, à l’hôpital où elle travaille».

A l'hôpital de la Sainte famille à Béthléem

A l’hôpital de la Sainte famille à Béthléem

Les religions œuvrent pour la paix

En tant que président de la maternité de Bethléem, l’ambassadrice Bowe se sent particulièrement touchée par la situation dans les hôpitaux de Gaza, notamment l’hôpital néonatal. «Cela me brise le cœur de voir cela. Un bébé prématuré ou malade est si fragile et en même temps si fort», souligne-t-elle, expliquant que si un enfant reçoit les soins appropriés, il peut en effet s’épanouir, mais «dans une situation de guerre, sans pouvoir recevoir quoi que ce soit, avec une électricité précaire, la réalité est que la plupart de ces enfants n’auront pas de chance dans la vie».

Faisant écho à l’appel du Pape François à se joindre à lui pour prier pour la paix en Terre Sainte, l’ambassadrice explique qu’il s’agit de «prier, de jeûner, d’appeler et d’écrire des lettres à des personnes influentes pour faire prévaloir la paix.La Terre Sainte est un lieu important pour les trois religions monothéistes et nous devons juste travailler ensemble et avoir la paix». Mme Bowe pense aux paroles de l’Écriture où Jésus pleurait à la vue de Jérusalem. «À présent je ne peux qu’imaginer que Jésus pleure de voir son peuple bien-aimé prendre les armes, de voir les résultats désastreux pour les civils innocents, les enfants et les personnes âgées qui souffrent aux mains de la guerre».

Source : VATICANNEWS, le 1er novembre 2023

«La Jérusalem céleste est liée aux malheurs de la Jérusalem terrestre»

«Les pages finales de la Bible nous montrent l’horizon ultime du chemin du croyant: la Jérusalem du Ciel, la Jérusalem céleste.» Pape François, 23.08.17

«La Jérusalem céleste est liée aux malheurs de la Jérusalem terrestre»

Au lendemain de la solennité de tous les saints et en ce jour de commémoration des fidèles défunts, réflexion sur le double horizon terrestre et céleste de l’humanité sous le prisme de la cité sainte de Jérusalem. Entretien avec le dominicain polonais frère Lukasz Popko, bibliste à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, sur l’un des thèmes spirituels emblématiques des fins dernières: la Jérusalem céleste. 

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Évoquées à de multiples reprises dans la Bible à commencer par le livre de l’Exode, la Jérusalem céleste juive est originellement associée à la construction du temple de Dieu, mais par le mystère de l’Incarnation, le temple devient le Christ lui-même et la nouvelle Jérusalem céleste chrétienne n’en a plus besoin pour se manifester. Horizon de gloire, elle devient alors le but ultime de notre pèlerinage terrestre, où l’origine et la fin se rejoignent, renfermant toute l’histoire du salut. «Dans la ville, je n’ai pas vu de sanctuaire, car son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau.» (21, 22, Apocalypse selon saint Jean)

Frère Łukasz Popko est professeur d’exégèse à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF). Il publie ces jours avec le père Timothy Radcliffe un ouvrage en italien intitulé « Questions de Dieu, questions à Dieu. En dialogue avec la Bible », préfacé par le Pape, à la Librairie éditrice vaticane (LEV).

Non sans écho aux signes des temps en Terre Sainte, le dominicain polonais revient sur les inextricables liens entre «la Jérusalem d’en-haut»et «la Jérusalem d’en bas».

Quelles sont les différentes occurrences de la Jérusalem céleste dans les Écritures?

Dans sa lettre aux Galates, chapitre 4, saint Paul évoque deux types de Jérusalem: tandis que «la Jérusalem d’en haut est libre», en tant que cité de chrétiens sauvés par la grâce et «est notre mère», la «Jérusalem d’en bas» ou Jérusalem terrestre, est liée à la loi. L’apôtre des Gentils n’est pas le premier à en parler. À l’origine, cette référence est très ancienne et  provient du livre de l’Exode. Quand Moïse doit construire le temple, il reçoit de Dieu un modèle: il doit construire le Tabernacle, le modèle du Temple au désert selon ce qu’il a vu au Ciel. Cela présuppose qu’il y a un Temple céleste. Jérusalem est importante non comme ville de Judée, mais comme ville accueillant le Temple de Dieu. Ainsi s’élève dans le ciel cette construction avec le temple céleste, une Jérusalem céleste, duquel le temple terrestre n’est qu’une réflexion.

Paradoxalement, à la fin de l’Apocalypse, l’on apprend que cette nouvelle ville n’abrite pas de temple. Différente de la vision de la Jérusalem céleste juive, la Jérusalem céleste chrétienne n’a pas de temple, car elle n’en a pas besoin. L’Agneau, la personne de Jésus Christ, se substitue au temple.

Dans l’Apocalypse en particulier, Jérusalem céleste est décrite au moyen de nombreux chiffres, symboles et éléments géométriques. Un carré, douze portes, douze perles, et un roseau d’or pour la mesurer. Quelle en est la signification?

Ces images peuvent être contradictoires et ne sont pas des descriptions cohérentes car ce sont des notions théologiques.

Par exemple, si l’on parle de portes toujours ouvertes, de pierres précieuses, il faut chercher plus profondément la notion de quelque chose qui est permanent, ultimement resplendissant. Cette vision vient aussi d’Isaïe, il s’agit presque de la gloire de Dieu présente sur la terre. La gloire n’est pas la personne même, mais ce quelque chose qui révèle cette personne. La gloire de Dieu est Jérusalem si elle est belle. Mais la gloire de Dieu, évidemment est le peuple lui-même qui révèle quelque chose du Dieu visible; car le Dieu invisible a besoin de quelque chose de visible pour nous montrer ce qui est. La parole-clé serait la gloire pour comprendre Jérusalem céleste dans toute sa splendeur.

Plusieurs fois par le passé des tentatives d’interprétations symboliques précises ont été effectuées, mais même aujourd’hui, au niveau scientifique, nous avons du mal à identifier le terme grec avec des objets ou les pierres.

Les malheurs de la Jérusalem terrestre sont-ils liés à l’existence de la Jérusalem céleste?

La notion même de Jérusalem céleste est née principalement des malheurs de Jérusalem terrestre. Jérusalem était détruite plusieurs fois, son temple l’a été plusieurs fois. La question était toujours: que se passe-t-il? Comment contacter Dieu? Le temple de Dieu est-il vraiment détruit? La réponse théologique est bien sûr non. Le temple de Dieu est intouchable car il se trouve au ciel.

La Jérusalem terrestre est une simple réflexion, et il y a des moments dans l’histoire, même dans la théologie juive où cette ressemblance est abandonnée, où parfois Dieu, lui-même, détruit Jérusalem. Par exemple, la destruction de Jérusalem par les Babyloniens n’est pas le plan des Babyloniens, mais le plan de Dieu lui-même qui détruit le temple de Jérusalem en utilisant les Babyloniens à cause du péché et parce qu’il ne se reconnaît plus dans cette image. La Jérusalem terrestre fonctionne comme l’homme et comme le monde. Cette ambiguïté et cette tension sont inscrites dans la réalité de la Jérusalem terrestre.

Quels sont les dangers à vouloir créer sur terre une Jérusalem céleste?

L’auteur le plus important qui poursuit et développe cette image est saint Augustin. Il écrit sciemment après le sac de Rome, alors que cette grande capitale devait être la Jérusalem terrestre. Saint Augustin met en garde contre cela. Les chrétiens ne peuvent pas s’appuyer sur quelconque pouvoir terrestre. Notre but n’est pas de créer ici une illusion du Royaume des cieux faite par nos propres mains.

Il réagit à l’idéologie impérialiste venue alors de l’Église orientale avec Constantin et la vision d’Eusèbe de Césarée. Pour ce dernier, l’Empereur qui construit l’Église sur terre est un nouveau messie et réalise la vision de Jérusalem céleste sur Terre. C’est tout de suite problématique. Méfiance envers les théologies et idéologies millénaristes où quelqu’un annonce construire Jérusalem céleste sur terre.

Quelle est la différence entre la Jérusalem céleste et le paradis?

Le paradis vient de la vision du livre de la Genèse, l’Éden. Paradisum est l’image d’un jardin. La première ville apparaît seulement comme construction de l’homme avec les descendants de Caïn. Les images des premières villes sont tout à fait négatives: Babel évidemment, Babylone la monstrueuse et l’orgueilleuse, Jéricho, ville confuse et dangereuse. Ce symbole de la ville, ambigu, qui commence d’une manière plutôt négative, est incorporé dans l’histoire du salut. La ville qui à certains égards est le signe d’une chute, devient une partie de l’image paradisiaque. Jérusalem céleste, notre société qui est sauvée, devient un paradis dans un second temps dans la description apocalyptique. On parle de paradis en utilisant aussi cette image de la ville. Et le terme peut s’appliquer à la Jérusalem céleste.

Comment approcher la Jérusalem céleste au fond de nos cœurs déjà sur terre?

À chaque moment où l’on s’approche de la personne de Jésus Christ, nous sommes près du paradis. C’est ce moment qui nous est déjà donné. Vu comme cela, le paradis n’est pas très loin. Chaque moment où l’on se retrouve près du Christ qui unit le ciel à la terre, Jérusalem céleste est là. Dès que nous sommes à côté de l’Agneau, nous sommes dans la Jérusalem céleste.

Source : VATICANNEWS, le 1er novembre 2023

François commémore les défunts au cimetière militaire du Commonwealth

François au cimetière de guerre du Commonwealth à Rome (Vatican Media)

François commémore les défunts au cimetière militaire du Commonwealth

En célébrant jeudi 2 novembre à Rome la messe des défunts au cimetière de guerre du Commonwealth, François a articulé son homélie autour de trois mots: mémoire, espérance et miséricorde, demandant la paix au Seigneur

Jean Charles Putzolu – Cité du Vatican

Le Saint-Père a choisi le cimetière de guerre du Commonwealth, au cœur de Rome, pour célébrer la commémoration des fidèles défunts. Le choix du cimetière militaire de la capitale italienne pour accueillir l’une des cérémonies les plus sacrées de l’année, revêt une importance particulière, puisqu’il coïncide avec l’année anniversaire du début de la campagne d’Italie, théâtre de combats parmi les plus durs et les plus sanglants de la Seconde Guerre mondiale.

La mémoire des disparus 

Sous un ciel nuageux, et quelques averses, en présence de 300 personnes, l’évêque de Rome a axé son homélie sur la mémoire et l’espérance; «la mémoire de ceux qui nous ont précédés, de ceux qui ont fait leur vie, de ceux qui ont terminé leur vie, la mémoire de nombreuses personnes qui nous ont fait du bien dans nos familles, parmi nos amis, et la mémoire aussi de ceux qui ne sont pas parvenus à faire beaucoup de bien, mais qui ont été accueillis dans la miséricorde de Dieu». C’est là, a ajouté le Pape, «le mystère de cette grande miséricorde du Seigneur».

Demander au Seigneur la grâce de l’espérance 

Quant à l’espérance, elle est «une mémoire pour regarder devant nous», peuple de Dieu en marche vers une rencontre avec tous, et avec le Seigneur. «Nous devons demander au Seigneur cette grâce de l’espérance qui ne déçoit jamais, qui est la vertu théologale de tous les jours, qui nous fait avancer, qui nous aide à résoudre des problèmes et à trouver aussi des solutions».

Arrivé en fauteuil roulant, le Souverain pontife a longé les 426 tombes du cimetière du Commonwealth. «Je regardais l’âge de ces jeunes soldats. La majorité avait entre 20 et 30 ans. Ce sont des vies arrachées, des vies sans avenir. J’ai pensé à leurs parents aux mamans qui recevait cette lettre qui leur disait: “Madame j’ai l’honneur de vous dire que votre fils est un héros”. “Oui, un héros, mais ils me l’ont enlevé”».

Pensant à toutes ces vies tronquées, François s’est arrêté sur les guerres d’aujourd’hui. «On voit la même chose, de nombreuses personnes, des jeunes et des moins jeunes, dans les guerres du monde […], combien de morts», s’est interrogé le Pape. «On détruit la vie sans en avoir conscience», a-t-il regretté. Forts de cette espérance chrétienne, «demandons la paix au Seigneur pour que les personnes ne soient plus tués dans les guerres. Tant d’innocents sont morts, tant de soldats ont perdu la vie».

Répétant que les guerres sont toujours une défaite, le Successeur de Pierre a réaffirmé qu’il n’y a pas de victoire totale: «on peut gagner mais derrière il y a toujours la défaite du tribut payé».

La campagne d’Italie

Au début de l’année 1943, le vent de la Seconde Guerre mondiale avait tourné en faveur des Alliés et la libération de l’Italie, occupée par l’Allemagne Nazie était une priorité absolue. Mais la campagne s’est rapidement enlisée, et au terme de la bataille sanglante, les forces allemandes avaient subi environ 435 000 pertes, en comptant les morts, les blessés et les prisonniers. Les forces alliées ont perdu environ 311 000 hommes. Selon une estimation, plus de 150 000 civils italiens ont péri dans les combats. La campagne se termine lorsque les allemands se retirent et par l’entrée des troupes alliées à Rome le 5 juin 1944.

Le cimetière de guerre de Rome a vu le jour peu de temps après. 426 morts sont commémorés dans le cimetière militaire du Commonwealth, décédés entre novembre 1942 et février 1947. Ils venaient du Royaume-Uni, d’Australie, du Canada, d’Inde, de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud.

Messe des défunts au cimetière de guerre du Commonwealth à Rome.

Source : VATICANNEWS, le 2 novembre 2023

05.11.2023 – HOMÉLIE DU 31ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 23,1-12

Hypocrisie et abaissement

Par le Fr. Laurent Mathelot OP

Évangile de Matthieu Mt 23, 1-12

Si on est un tant soit peu conséquent, en tant que prêtre, on les prend avant tout pour soi, les lectures d’aujourd’hui : « Maintenant, prêtres, à vous cet avertissement (…) j’enverrai sur vous la malédiction, je maudirai les bénédictions que vous prononcerez. » ; « ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. » ; « Ne donnez à personne sur terre le nom de père ».

J’ai pour moi d’être encore un assez jeune prêtre et de ne pas encore me penser comme un « prince de l’Église ». Mais j’ose vous faire une confidence : je suis très mal à l’aise avec les compliments : « Oh, Père ! Comme vous avez bien prêché … » Ce qui m’effraie, c’est la crainte abyssale de la flagornerie ; au fait que je puisse y être sensible. Vous m’aiderez.

Il se pourrait que nous soyons beaucoup ici à nous souvenir d’avoir agit contrairement à nos paroles ; comme le dit l’Évangile : à avoir dit et n’avoir pas fait. C’est sans doute une constante de la nature humaine qu’il arrive que nous recommandions à d’autres d’agir autrement que nous-mêmes n’agissons. Mais ici l’accusation est plus grave : il s’agit de contraindre sous « de pesants fardeaux, difficiles à porter », sans soi-même « remuer du doigt ». Autrement dit : d’imposer à autrui une règle rigide alors que soi-même on ne la respecte pas. C’est l’hypocrisie du pouvoir que dénoncent les textes que nous lisons aujourd’hui. Et, en l’occurrence, l’hypocrisie du pouvoir clérical..

Je ne sais pas si comme moi vous vous penchez de temps en temps sur les causes de l’actuelle déchristianisation de l’Occident, voire des différentes déchristianisations à travers l’Histoire, mais il me semble qu’une des causes majeures de la désaffectation pour l’Église a été son hypocrisie – je l’espère, passée. « Ils disent et ils ne font pas » : on comprend la perte de crédibilité quand on condamne en chaire les vices qui sont pourtant les siens ; on comprend l’absence de crédibilité quand on prêche la fraternité et que l’on exerce soi-même une tyrannie ; on comprend l’anéantissement abyssal de toute crédibilité lorsque des hommes prétendument pétris de l’amour de Dieu violent les enfants qui leur sont confiés.

Les textes aujourd’hui dénoncent l’abus de pouvoir à dessein d’écraser l’autre. Et on aurait tort de restreindre sa réflexion aux seuls pouvoirs institutionnels. Dans tout milieu professionnel ou associatif, au sein des familles, au sein des couples, il y a des enjeux de pouvoir et donc, hélas, la place pour des abus.

Et même en nous-mêmes : il est fort possible de devenir son propre tyran, son propre esclavagiste. Il nous arrive à nous-même « de dire et de ne pas faire » ; et, peut-être, nous arrive-t-il, par ailleurs, d’être envers nous-mêmes d’une complaisance hypocrite. Les deux vont souvent de paire : tyrannie et complaisance …

L’abus de pouvoir est souvent l’artifice de ceux qui cherchent à dissimuler en eux-mêmes une béance, une faille ou une absence morale, une contradiction intime que l’on ne parvient pas à résoudre. C’est forcément le cas, lorsqu’on se pense tout-puissant, intouchable voire que l’on se prend pour Dieu. « Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. » dénoncera l’Écriture qui d’emblée donne la solution : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé ».

C’est un vibrant appel à l’authenticité de soi face à l’hypocrisie. L’hypocrisie ne peut qu’évoluer en tyrannie, laquelle finit par s’exercer et doit alors être dénoncée. Y compris celle que nous exerçons envers nous-même.

Au contraire, au lieu de nous ériger en moralistes, nous mettre au service de la faiblesse. Comme le dit saint Paul : « pleins de douceur (…) comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons », comme le chante le Psaume : « sans avoir le regard fier, ni le cœur ambitieux », mais « d’une âme égale et silencieuse ».

Il y a fort à parier que si nos Églises se sont vidées, c’est parce qu’elles sont tombées par le passé dans un moralisme hypocrite que les scandales récents ont heureusement dévoilé. « À mon tour je vous ai méprisés, abaissés devant tout le peuple » dit Dieu dans le Livre de Malachie (Ml 2,9).

Au contraire, comment se remplissent les Églises ?

Si on regarde les premiers siècles chrétiens, ce n’est pas à coups de catéchisme et de discours théologiques que se sont opérées les conversions. C’est parce que l’Église était la seule à exercer un service social que n’offrait pas l’État. C’est quand elle prend soin des affligés que l’Église est en croissance, lorsqu’elle est au service et pas au pouvoir.

L’Église n’est pas là pour donner des leçons au pécheur, encore moins pour le juger et le condamner. Elle est là pour témoigner de ce que Dieu veut le rejoindre, le relever et finalement l’embrasser. L’Église est au service des pécheurs comme une mère bouleversée tendrait les bras vers son enfant s’il chute.

De même, spirituellement, envers autrui comme envers nous-même, il convient d’être au service et non au pouvoir. Ne pas juger, ne pas condamner mais s’abaisser pour rejoindre de tout cœur celui qui est malheureusement par terre. A cet égard, nous devons être miséricordieux envers tous les pécheurs, y compris celui que nous sommes. Les deux sont d’ailleurs intrinsèquement liés : mon manque de miséricorde envers le propre miséreux que je suis entraînera ma rigidité de cœur envers autrui, ma volonté de juger plutôt que rejoindre les faiblesses humaines. Toutes nos hypocrisies se résolvent par l’abaissement miséricordieux de nous-même au niveau de la misère qui nous touche.

Un vieux père me disait : « Il sent le bouc le Bon Pasteur » et il avait quelque part raison. C’est une manière parlante de redire que Christ a pris sur lui nos péchés (Is 53, 12 ; Mt 8, 17 ; 1 Pi 2, 24). Et c’est le propos de l’Église : affirmer que le Christ est venu rejoindre, relever et embrasser tout ceux qui ne sont précisément pas en odeur de sainteté.

N’ayons pas peur de nous abaisser vers toutes les misères de l’âme humaine. Celles des autres comme les nôtres. Au lieu de juger et condamner, cherchons les moyens de relever ceux qui sont tombés. Il n’y a, en effet, que notre abaissement charitable qui transforme toutes nos hypocrisies en authentique amour.

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 31 octobre 2023