Étiquette : apostolat Fatima
Face à la levée de boucliers suscitée par Fiducia supplicans, le Vatican publie un communiqué pour clarifier sa position

Face à la levée de boucliers suscitée par Fiducia supplicans, le Vatican publie un communiqué pour clarifier sa position
Le communiqué suffira-t-il à apaiser le débat ? On peut en douter… C’est en tout cas un beau gâchis qui compromet la crédibilité de l’institution.
BÉNÉDICTION DES HOMOSEXUELS : LE VATICAN CLARIFIE SA POSITION DANS UN COMMUNIQUÉ
Lundi 18 décembre 2023, le dicastère pour la doctrine de la foi donnait son feu vert pour la bénédiction des couples dits « irréguliers », homosexuels ou personnes divorcées, dans un document validé par le pape François intitulé Fiducia supplicans. Depuis, le texte fait polémique au sein de l’Église. Le Vatican a donc publié un communiqué pour apporter des précisions au texte initial. Retrouvez-le en intégralité.
Communiqué de presse pour aider à clarifier la réception de Fiducia supplicans, recommandant une lecture complète et attentive de la Déclaration pour mieux comprendre le sens de sa proposition.
1. Doctrine
Les déclarations compréhensibles de certaines conférences épiscopales par rapport au document Fiducia supplicans ont le mérite de mettre en évidence la nécessité d’un plus long temps de réflexion pastorale. Ce qu’ont exprimé ces conférences épiscopales ne peut être interprété comme une opposition doctrinale parce que le document est clair et classique sur le mariage et la sexualité. Plusieurs phrases fortes dans la Déclaration ne laissent planer aucun doute :
«Cette déclaration reste ferme sur la doctrine traditionnelle de l’Église concernant le mariage, n’autorisant aucun type de rite liturgique ou de bénédiction similaire à un rite liturgique qui pourrait prêter à confusion». On agit, face à des couples en situation irrégulière, «sans valider officiellement leur statut ni modifier en quoi que ce soit l’enseignement pérenne de l’Église sur le mariage» (Présentation).
«Sont inadmissibles les rites et les prières qui pourraient créer une confusion entre ce qui est constitutif du mariage, à savoir « une union exclusive, stable et indissoluble entre un homme et une femme, naturellement ouverte à la génération d’enfants », et ce qui le contredit. Cette conviction est fondée sur la doctrine catholique pérenne du mariage. Ce n’est que dans ce contexte que les relations sexuelles trouvent leur sens naturel, propre et pleinement humain. La doctrine de l’Église sur ce point reste ferme»(4).
«Tel est également le sens du Responsum de l’ancienne Congrégation pour la Doctrine de la Foi, lorsqu’il affirme que l’Église n’a pas le pouvoir de donner des bénédictions aux unions entre personnes du même sexe»(5).
«C’est pourquoi, étant donné que l’Église a toujours considéré comme moralement licites uniquement les relations sexuelles vécues dans le cadre du mariage, elle n’a pas le pouvoir de conférer sa bénédiction liturgique lorsque celle-ci peut, d’une certaine manière, offrir une forme de légitimité morale à une union qui se présente comme un mariage ou à une pratique sexuelle extra maritale»(11).
Il est clair qu’il n’y aurait pas de place pour se distancer doctrinalement de cette Déclaration ou pour la considérer comme hérétique, contraire à la Tradition de l’Église ou blasphématoire.
2. Réception pratique
Toutefois, certains évêques s’expriment surtout sur un aspect pratique: les possibles bénédictions de couples en situation irrégulière. La Déclaration contient la proposition de brèves et simples bénédictions pastorales (ni liturgiques ni ritualisées) de couples en situation irrégulière (et non pas des unions), étant entendu qu’il s’agit de bénédictions sans forme liturgique qui n’approuvent ni ne justifient la situation dans laquelle se trouvent ces personnes.
Les documents du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, tels que Fiducia supplicans, peuvent requérir, dans leurs aspects pratiques, plus ou moins de temps pour leur application selon les contextes locaux en fonction du discernement de chaque évêque diocésain dans son propre diocèse. En certains endroits, il n’y a pas de difficulté pour une application immédiate, ailleurs, il est nécessaire de ne pas innover tout en prenant le temps nécessaire pour la lecture et l’interprétation.
Certains évêques, par exemple, ont établi que chaque prêtre peut discerner mais qu’il ne peut réaliser ces bénédictions qu’en privé. Cela ne pose pas de problème si on l’exprime dans le respect d’un texte signé et approuvé par le Souverain Pontife lui-même en cherchant à accueillir la réflexion qu’il contient.
Chaque évêque local, en vertu de sa fonction propre, a toujours le pouvoir de discernement in loco, dans ce lieu concret qu’il connait mieux que d’autres parce qu’il s’agit de son troupeau. La prudence et l’attention au contexte ecclésial et à la culture locale pourraient admettre différentes modalités d’application, mais pas une négation totale ou définitive de ce chemin proposé aux prêtres.
3. La situation délicate de certains pays
Le cas de certaines conférences épiscopales doit etre compris dans son contexte. En différents pays, il existe de fortes questions culturelles, voire juridiques, qui exigent du temps et des stratégies pastorales qui vont au-delà du court terme.
S’il existe des législations qui condamnent à l’emprisonnement et, dans certains cas, à la torture voire à la mort le simple fait de se déclarer homosexuel, on comprend qu’une bénédiction serait imprudente. Il est évident que les évêques ne veulent pas exposer les personnes homosexuelles à la violence. Ce qui est important c’est que ces conférences épiscopales ne défendent pas une doctrine différente de celle de la Déclaration approuvée par le Pape, puisqu’elle est la doctrine établie, mais qu’elles proposent plutôt la nécessité d’une étude et d’un discernement afin d’agir avec prudence pastorale dans ce contexte.
En vérité, les pays qui condamnent, interdisent et criminalisent l’homosexualité à des degrés divers ne sont pas rares. Dans ces cas, au-delà de la question des bénédictions, il y a une tâche pastorale, vaste et à long terme, qui comprend la formation, la défense de la dignité humaine, l’enseignement de la doctrine sociale de l’Église et diverses stratégies qui n’admettent pas la précipitation.
4. La véritable nouveauté du document
La véritable nouveauté de cette Déclaration, celle qui demande un effort généreux de réception et dont personne ne devrait se déclarer exclu, n’est pas la possibilité de bénir des couples en situation irrégulière. C’est l’invitation à distinguer deux formes différentes de bénédictions: «liturgique ou ritualisée» et«spontanée ou pastorale». Dans la Présentation, il est clairement expliqué que «la valeur de ce document, [… ], est qu’il offre une contribution spécifique et innovante à la signifìcation pastorale des bénédictions, qui permet d’en élargir et enrichir la compréhension classique, étroitement liée à une perspective liturgique. Cette réflexion théologique, basée sur la vision pastorale du Pape François, implique un réel développement par rapport à ce qui a été dit sur les bénédictions dans le Magistère et les textes officiels de l’Église».
En arrière-plan on trouve l’ évaluation positive de la «pastorale populaire» qui apparait en de nombreux textes du Saint-Père. Dans ce contexte, il nous invite à une valorisation de la foi simple du peuple de Dieu qui, même au milieu de ses péchés, sort de l’ immanence et ouvre son cœur pour demander l’aide de Dieu.
C’est pourquoi, plutôt que de se rapporter à la bénédiction des couples en situation irrégulière, le texte du Dicastère a adopté le haut profil d’une Déclaration qui est bien plus qu’un Responsum ou qu’une Lettre. Son thème centrai, qui nous invite surtout à un approfondissement qui enrichisse notre pratique pastorale, est la compréhension plus ample des bénédictions et la proposition d’accroitre les bénédictions pastorales qui ne requièrent pas les mêmes conditions que les bénédictions en contexte liturgique ou rituel. Par conséquent, au-delà des polémiques, ce texte réclame un effort de réflexion sereine, avec un cœur de pasteur, hors de toute idéologie.
Mème si certains évêques considèrent qu’il est prudent, pour le moment, de ne pas donner ces bénédictions, nous devons tous grandir dans la conviction que les bénédictions non ritualisées ne sont pas une consécration de la personne ou du couple qui les reçoit, elles ne sont pas une justification de toutes leurs actions, elles ne sont pas une ratification de la vie qu’il mène. Lorsque le Pape nous a demandé de grandir dans une compréhension plus ample des bénédictions pastorales, il nous a proposé de penser à une manière de bénir qui ne nécessite pas de poser de nombreuses conditions pour ce geste simple de proximité pastorale qui est une ressource pour promouvoir l’ouverture à Dieu au milieu des circonstances les plus diverses.
5. Comment se présentent concrètement ces «bénédictions pastorales»?
Pour se distinguer clairement des bénédictions liturgiques ou ritualisées, les «bénédictions pastorales» doivent avant tout être très brèves (cf. n° 28). Ce sont des bénédictions de quelques secondes, sans Rituel et sans Livre des bénédictions. Si deux personnes s’ approchent pour l’implorer, on demande simplement au Seigneur la paix, la santé et d’autres choses bonnes pour ces deux personnes qui la sollicitent. On demande aussi qu’elles puissent vivre en pleine fidélité à l’Évangile du Christ et que l’Esprit Saint délivre ces deux personnes de tout ce qui ne répond pas à sa volonté divine et de tout ce qui a besoin d’une purification.
Cette forme de bénédiction non ritualisée, par la simplicité et la brièveté de sa forme, ne prétend pas justifier quelque chose qui n’est pas moralement acceptable. Il ne s’agit évidemment pas d’un mariage, mais il ne s’agit pas non plus d’une «approbation» ou d’une ratification de quoi que ce soit. Il s’agit simplement de la réponse d’un pasteur à deux personnes qui demandent l’aide de Dieu. Dans ce cas, le pasteur ne pose pas de conditions et ne veut pas connaître la vie intime de ces personnes.
Puisque certains ont exprimé leur difficulté à comprendre à quoi pourraient ressembler ces bénédictions, prenons un exemple concret: imaginons qu’au cours d’un grand pèlerinage, un couple de divorcés engagés dans une nouvelle union dise au prêtre: «S’il vous plaìt, donnez-nous une bénédiction, nous ne pouvons pas trouver de travail, lui est très malade, nous n’avons pas de maison, la vie devient très lourde: que Dieu nous aide!».
Dans ce cas, le prêtre peut dire une prière simple, semblable à celle-ci : «Seigneur, regarde tes enfants, accorde-leur la santé, le travail, la paix et l’aide réciproque. Délivre-les de tout ce qui contredit ton Évangile et donne-leur de vivre selon ta volonté. Amen». Et il conclut par un signe de croix sur chacun des deux.
Il s’agit de 10 ou 15 secondes. Y aurait-il un sens à refuser ce type de bénédiction à ces deux personnes qui l’implorent? Est-ce que cela ne vaut pas la peine de soutenir leur foi, qu’elle soit petite ou grande, de soutenir leurs faiblesses grâce à la bénédiction divine et d’offrir un canal à cette ouverture à la transcendance qui pourrait les conduire à être plus fidèles à l’Évangile?
Pour éviter toute ambiguïté, la Déclaration ajoute que lorsque la bénédiction est demandée par un couple en situation irrégulière, «bien qu’exprimée en dehors des rites prescrits par les livres liturgiques, [… ] cette bénédiction ne sera jamais accomplie en même temps que les rites civils d’union, ni même en relation avec eux. Ni non plus avec des vêtements, des gestes ou des paroles propres au mariage. Il en va de même lorsque la bénédiction est demandée par un couple de même sexe» (39). Il est donc entendu qu’elle ne doit pas avoir lieu en un lieu important d’un édifice sacré ni devant l’autel car cela créerait de la confusion.
Par conséquent, chaque évêque dans son diocèse est autorisé par la Déclaration Fiducia supplicans à permettre ce type de bénédictions simples, avec toutes les recommandations de prudence et d’attention, mais en aucun cas il n’est autorisé à proposer ou à mettre en œuvre des bénédictions qui pourraient ressembler à un rite liturgique.
6. Catéchèse
Peut-être qu’en certains lieux une catéchèse sera nécessaire pour faire comprendre que ce genre de bénédictions n’est pas une ratification de la vie menée par ceux qui la demandent. Elles sont encore moins une absolution car ces gestes sont loin d’être un sacrement ou un rite. Ce sont de simples expressions de proximité pastorale qui n’ont pas les mêmes exigences qu’un sacrement ou un rite formel. Nous devrons nous habituer à accepter que si un prêtre donne ce genre de bénédiction simple, il n’est pas hérétique, il ne ratifie rien et il ne nie pas la doctrine catholique.
Nous pouvons aider le peuple de Dieu à découvrir que ce type de bénédictions sont de simples canaux pastoraux qui aident les personnes à manifester leur foi, même si elles sont de grands pécheurs. Par conséquent, en donnant cette bénédiction à deux personnes qui s’approchent spontanément pour l’implorer, nous ne les consacrons pas, nous ne les félicitons pas et nous n’approuvons pas ce type d’union. En réalité, il en va de même lorsque nous bénissons des individus, car l’individu qui demande une bénédiction -et non pas l’absolution- peut être un grand pécheur, mais nous ne lui refusons pas, pour ce motif, ce geste paternel au milieu de sa lutte pour survivre.
Si cela est éclairé par une bonne catéchèse, nous pouvons nous libérer de la peur que nos bénédictions n’expriment quelque chose d’inadéquat. Nous pourrions être des ministres plus libres et peut-être plus proches et plus féconds, avec un ministère empli de gestes de paternité et de proximité, sans craindre d’être mal compris.
Demandons au Seigneur nouveau-né de répandre sur tous une bénédiction généreuse et gratuite, afin que nous puissions vivre une année 2024 sainte et heureuse.
Victor Manuel Card. FERNANDEZ, Préfet
Mons. Armando MATTEO, Secrétaire pour la Section Doctrinale
Source : RCF, le 4 janvier 2024
Cardinal Fernández : les directives du Vatican sur les bénédictions homosexuelles sont une « réponse claire » aux évêques allemands

Cardinal Fernández : les directives du Vatican sur les bénédictions homosexuelles sont une « réponse claire » aux évêques allemands
Au milieu d’une grande confusion concernant les récentes orientations du Vatican sur les bénédictions homosexuelles, l’architecte du document s’en est pris à ceux qui défendent l’interprétation la plus libérale : Le leadership catholique en Allemagne.
Le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère du Vatican pour la doctrine de la foi (DDF) et conseiller théologique de longue date du pape François, a décrit Fiducia Supplicans comme une « réponse claire » aux projets allemands visant à officialiser les bénédictions liturgiques pour les couples de même sexe, ce qui est explicitement interdit par les orientations du 18 décembre.
« Ce n’est pas la réponse que les gens de deux ou trois pays aimeraient avoir », a déclaré Mgr Fernández à propos de Fiducia Supplicans dans une interview accordée le 3 janvier au journal catholique allemand Die Tagespost. « Il s’agit plutôt d’une réponse pastorale que tout le monde pourrait accepter, même si c’est avec difficulté.
Les orientations du Vatican proposent la possibilité de « bénédictions spontanées » pour les couples de même sexe et ceux qui ont des « relations irrégulières », mais « sans valider officiellement leur statut ni modifier de quelque manière que ce soit l’enseignement pérenne de l’Église sur le mariage ». Pour éviter toute confusion, Fiducia Supplicans interdit la promotion de bénédictions formelles et l’utilisation de tout vêtement ou symbole qui pourrait donner l’impression d’une bénédiction maritale.
Les membres de la controversée Voie synodale allemande, une collaboration entre la Conférence épiscopale allemande (DBK) et un puissant lobby laïc (ZdK), ont approuvé à une écrasante majorité l’élaboration de textes rituels formalisés pour les bénédictions de personnes de même sexe lors d’une assemblée qui s’est tenue en mars 2023 à Francfort.
Depuis lors, plusieurs évêques allemands ont autorisé la bénédiction publique de couples de même sexe dans leurs diocèses. Suite à la publication de Fiducia Supplicans, Birgit Mock, vice-présidente du ZdK, a déclaré que l’Église en Allemagne n’abandonnerait pas son projet d’élaborer un texte officiel pour les bénédictions de couples de même sexe, malgré les interdictions de la directive.
Mgr Fernández a suggéré que certains catholiques allemands pourraient ne pas apprécier les perspectives des catholiques d’autres parties du monde sur les questions liées à la sexualité.
« En écoutant certaines réflexions faites dans le cadre du chemin synodal allemand, il semble parfois qu’une partie du monde se sente particulièrement ‘éclairée’ pour comprendre ce que les autres pauvres misérables sont incapables de saisir parce qu’ils sont fermés ou médiévaux, et ensuite cette partie ‘éclairée’ croit naïvement que grâce à elle, toute l’Église universelle est réformée et libérée des vieux schémas », a déclaré Mgr Fernández à Die Tagespost.
De même, le chef du DDF a suggéré que certains dirigeants catholiques allemands n’apprécient pas les efforts du pape François pour maintenir l’unité de l’Église.
« Certains évêques allemands ne semblent pas comprendre qu’un pape libéral ou éclairé ne pourrait pas garantir cette communion entre les Allemands, les Africains, les Asiatiques, les Latino-Américains, les Russes, et ainsi de suite », a déclaré Mgr Fernández. En revanche, un pape « pastoral » est en mesure de le faire, car il préserve l’enseignement de l’Église tout en lui permettant « d’entrer en dialogue avec la vie concrète, souvent si blessée, des fidèles ».
Mgr Fernández a également remis en question le fondement de la Voie synodale pour essayer de changer radicalement l’enseignement et la pratique de l’Église en matière de sexualité et de gouvernance, à savoir la nécessité de s’attaquer aux causes systémiques de la crise des abus sexuels.
« Croire que dans une partie du monde, la crise causée par les abus sexuels peut être résolue par des décisions contraires à l’enseignement de l’Église universelle n’est, à mon avis, même pas raisonnablement justifié », a déclaré Mgr Fernández, notant que « certaines communautés chrétiennes non catholiques » ayant des conceptions différentes de la sexualité et de l’autorité sont également en proie à des problèmes liés aux abus sexuels.
La publication de Fiducia Supplicans a été marquée par une grande confusion et des interprétations contradictoires, les évêques de pays d’Afrique et d’Europe de l’Est interdisant les bénédictions proposées dans leurs juridictions, tandis que les prélats de pays comme l’Allemagne ont qualifié le document de confirmation de leur volonté de changement.
L’interview de mercredi n’était pas la première fois que Mgr Fernández abordait l’impact de Fiducia Supplicans, et notamment son importance pour l’Église catholique en Allemagne.
Dans une interview accordée le 23 décembre, il a déclaré à The Pillar que la promotion par certains épiscopats de bénédictions rituelles de couples irréguliers était « inadmissible » et qu' »ils devraient reformuler leur proposition à cet égard ».
L’Argentin a également déclaré qu’il « prévoyait un voyage en Allemagne pour avoir des conversations que je crois importantes ».
Dans l’interview accordée à Die Tagespost, le cardinal a également évoqué les dialogues en cours entre le Vatican et les représentants de la DBK. Deux d’entre eux ont déjà eu lieu, le prochain devant se tenir à Rome ce mois-ci.
Mgr Fernández a réaffirmé que la discussion sur les changements de l’enseignement de l’Église sur la sexualité et les ordres sacrés réservés aux hommes ne serait pas à l’ordre du jour des prochaines réunions, ce que le secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, avait déjà fait savoir à la DBK dans une lettre datée du mois d’octobre. Toutefois, le chef du DDF a laissé entendre que « la porte reste ouverte » pour discuter de la manière dont les aspects réformables des questions concernées « peuvent être approfondis » et éventuellement conduire à « un développement pastoral » similaire à Fiducia Supplicans.
Le cardinal a également abordé les préparatifs en cours des dirigeants de l’Église allemande en vue d’établir un « conseil synodal » d’évêques et de laïcs – ce qui a été interdit par les hauts responsables du Vatican dans une lettre de janvier 2023 explicitement approuvée par le pape François.
Le comité synodal qui prépare le terrain pour le Conseil synodal a tenu sa première réunion les 10 et 11 novembre, bien qu’elle ait été boycottée par quatre ordinaires allemands, tandis que quatre autres n’ont pas été en mesure d’y assister, invoquant des conflits d’horaire. Le DBK devrait voter sur l’adoption des statuts du comité lors de sa session plénière de février à Augsbourg. Dans son interview au quotidien Die Tagespost, Mgr Fernández a mis l’accent sur la patience.
La condition de la poursuite du dialogue entre le Vatican et la DBK est que « nous ne continuions pas à prendre des décisions qui ne seront discutées que lors de réunions ultérieures ».
Nous devons nous rappeler que « le temps vaut plus que l’espace », a-t-il déclaré, citant Evangelii Gaudium, l’exhortation apostolique de 2013 du pape François que Mgr Fernández aurait rédigée. « Restons donc calmes et pensons à la situation dans son ensemble ».
Jonathan Liedl est rédacteur en chef du National Catholic Register. Il a travaillé pour des conférences catholiques d’État, a suivi une formation de trois ans au séminaire et a été tuteur dans un centre d’études chrétiennes à l’université. Liedl est titulaire d’une licence en sciences politiques et en études arabes (Univ. de Notre Dame), d’une maîtrise en études catholiques (Univ. de St. Thomas) et termine actuellement une maîtrise en théologie au Séminaire Saint-Paul.
Source : CNA, le 3 janvier 2024
Bénédiction des couples homosexuels : toutes les faussetés de Fiducia supplicans

Bénédiction des couples homosexuels : toutes les faussetés de Fiducia supplicans
De Riccardo Cascioli et Stefano Fontana sur la Nuova Bussola Quotidiana
La doctrine changée tout en affirmant le contraire, falsification de la notion de couple, jeux de mots et formules ambiguës, rejet de la loi naturelle. La Bussola et l’Observatoire Van Thuan proposent une vision concise du document du Vatican qui divise l’Eglise.
La Nuova Bussola Quotidiana et l’Observatoire du Cardinal Van Thuân proposent dans ces lignes une évaluation globale de la Déclaration Fiducia supplicans. Nous avons laissé passer un certain temps depuis sa publication afin de favoriser une réflexion précise et complète. En effet, la Déclaration soulève de nombreuses et graves questions qui doivent être abordées séparément, mais aussi et surtout dans un cadre unifié. Elle semble avoir franchi une étape fatale, un tournant dans la doctrine et la pratique de l’Église, une limite semble avoir été franchie de manière décisive. Certains commentateurs ont parlé de « catastrophe » et de « scandale ». Cela appelle une analyse responsable et complète.
Quelques observations formelles
La déclaration a été publiée le 18 novembre 2023. Elle est signée par le préfet, le cardinal Victor Manuel Fernández et, avec la formule ex audientia, par le pape François. Elle n’a pas été examinée par l’assemblée du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, mais seulement, comme l’indique le texte, par la Section doctrinale. La formule d’approbation papale est parmi les plus faibles : elle semble dire seulement que le pape a été informé, ce qui contraste avec la grande pertinence magistérielle d’une Déclaration. Une chose similaire s’était produite avec le Responsum de 2021, qui, comme nous le savons, disait le contraire et envers lequel François n’avait pas caché son impatience. Dans ce cas, au bas du texte, il était seulement dit que le pape avait été informé.
Deux autres aspects formels de la Déclaration sont à noter. Le premier est que la plupart des références magistérielles renvoient à des interventions de François. Il n’y a jamais eu de document aussi limité dans ses références au magistère précédent. Il est dit que la Déclaration est « basée sur la vision pastorale du Pape François », comme s’il s’agissait d’un unicum. Troisièmement, l’argumentation du texte est très faible et son niveau est défiguré par rapport à la structure argumentative, par exemple, de Dominus Jesus (2000), qui était également une Déclaration comme celle-ci, c’est-à-dire un document de haut rang magistériel.
La thèse centrale de la Déclaration
Fiducia supplicans soutient que la doctrine catholique sur le mariage et la sexualité reste inchangée et que les nouvelles indications qu’elle contient sont uniquement pastorales et, en tant que telles, complètent, sans le nier, le Responsum de 2021, qui se serait limité au seul domaine doctrinal. La nouveauté pastorale consisterait en une révision du sens des bénédictions, prévoyant, outre les bénédictions déjà doctrinalement clarifiées qui ont lieu dans des contextes liturgiques, également des bénédictions dans des contextes non liturgiques que la Déclaration appelle « privés » ou « spontanés ».
Ces arguments n’ont aucun fondement plausible. Si ce n’est pas un laïc qui bénit, comme un père bénissant ses enfants, mais un prêtre, cette bénédiction est déjà liturgique en elle-même, même si elle ne suit pas une formulation préparée par l’autorité compétente. Elle est liturgique en substance, parce qu’elle est donnée par un prêtre et qu’elle implique donc l’Église. Il ne s’agit pas seulement de constater qu’une telle bénédiction purement pastorale et non liturgique n’a jamais été envisagée par l’Église, mais aussi qu’elle n’existe pas et qu’elle n’a pas été envisagée et réglementée parce qu’elle ne peut pas exister.
Il en découle un autre aspect de ce que soutient la Déclaration, à savoir que la bénédiction n’est pas une approbation de la situation de vie du couple béni, mais seulement une invocation à l’aide de Dieu pour qu’il donne au couple la force de développer les aspects positifs de leur relation, tels que l’attention à l’autre et l’aide mutuelle dans les difficultés de la vie. Cette perspective échoue pour deux raisons liées à ce qui a été vu plus haut : la première est que le contexte déjà liturgique, étant donné la présence du prêtre, ne permet pas la bénédiction d’une réalité publique en grave contraste avec la loi de Dieu ; la seconde est que ces éventuels aspects positifs se situent à l’intérieur d’une relation de couple d’exploitation mutuelle violente, même si elle est consentie, qui les défigure : si les deux se font violence, comment peuvent-ils s’aider mutuellement ?
Sur le « couple
La bénédiction est un sacramentel et, en tant que tel, elle exige de la part du bénéficiaire une disposition appropriée par le repentir et la volonté de sortir d’un certain état de vie. Dans ces conditions, la bénédiction peut également être donnée à une personne individuelle en état de péché. Dans ce sens, oui, la bénédiction est une ouverture à la volonté de Dieu et une demande d’aide pour confirmer et renforcer le repentir et la décision de changer de vie. Mais ce n’est pas le cas lorsque la bénédiction est donnée à un couple irrégulier, qu’il soit hétérosexuel ou homosexuel. Dans ce cas, la situation de vie des personnes impliquées est reconnue, confirmée et justifiée. Si les deux sont bénis en tant que couple, on reconnaît qu’il s’agit d’un couple, même s’il ne l’est pas, car il s’agit de deux individus qui s’accordent l’un l’autre pour leurs intérêts particuliers.
Cela s’applique non seulement au couple homosexuel, mais aussi à la cohabitation de fait entre un homme et une femme. La complémentarité ici, contrairement au cas précédent, semble être là, mais ce n’est pas le cas parce que les deux ne répondent pas à une vocation, avec leurs devoirs respectifs indisponibles, mais seulement à leur alliance individuelle. Bénir un couple qui n’est pas un couple, c’est confirmer le faux. De plus, si les deux reçoivent la bénédiction en tant que couple, il est évident qu’ils n’ont pas l’intention de se séparer, puisqu’ils la demandent en tant que couple. Il n’y a pas de repentir ni de volonté de changer de vie et donc les conditions de la bénédiction sont absentes. On peut revenir à dire que ce ne sont pas les aspects violents et contre-nature de leur relation qui sont bénis mais seulement les aspects positifs à partir desquels on peut repartir, mais on a vu plus haut que ces aspects positifs restent déformés par la qualité négative de la relation du couple, ils peuvent être là dans les individus mais pas dans le couple.
Une pastorale qui change de doctrine
Comme nous l’avons vu, Fiducia supplicans confirme la doctrine habituelle sur les bénédictions des couples irréguliers, mais invente ensuite une nouvelle bénédiction qui n’est que pastorale. Cette sphère neutre – c’est-à-dire la bénédiction uniquement pastorale – n’existe pas car, comme nous l’avons vu, toute bénédiction est publique et liturgique par nature, puisqu’elle est donnée par un prêtre. En revanche, si l’on veut maintenir cette indépendance, une bénédiction qui ne tient pas compte des exigences doctrinales est considérée comme possible. La prétendue neutralité de la pastorale, qui ne devrait pas affecter la doctrine, se transforme donc en demande d’une nouvelle doctrine sur elle-même.
La pastorale n’a pas d’indépendance propre ou d’autonomie par rapport à la doctrine, comme le prétendent de nombreux courants théologiques contemporains, car lorsqu’elle affirme cette indépendance, elle le fait en énonçant une doctrine, précisément la doctrine de l’indépendance de la pastorale par rapport à la doctrine. La praxis ne se passe pas de la théorie, ni ne peut être créatrice de théorie : lorsqu’elle exprime cette affirmation, elle le fait théoriquement. La solution pastorale ne peut donc pas rester simplement pastorale, mais comme elle nie la doctrine (malgré les assurances contraires qui, à ce stade, se révèlent instrumentales), elle se comprend comme ne dépendant pas de la doctrine, c’est-à-dire comme capable de changer la doctrine elle-même. Il s’agit là d’un résultat inévitable : les nouvelles bénédictions considérées uniquement comme pastorales sont également doctrinales, à la fois parce qu’elles nient leur propre dimension doctrinale en exprimant une nouvelle doctrine, et parce qu’elles appellent implicitement à sa reformulation. Une nouvelle doctrine y est déjà implicitement contenue. Au contraire, ceux qui les proposent ont déjà en vue la nouvelle doctrine, qu’ils entendent cependant poursuivre par des moyens pastoraux, c’est-à-dire par des moyens indirectement doctrinaux plutôt que directement doctrinaux. Ce n’est pas nouveau, puisqu’à partir d’Amoris laetitia, nous avons déjà eu d’importantes anticipations de la tendance à faire des exigences pastorales des occasions de transformer les circonstances en exceptions et de pousser ainsi à des processus de renouvellement doctrinal, tout en ne disant pas qu’on les veut, mais plutôt en prétendant que les doctrines précédentes restent confirmées.
Les sophismes astucieux du magistère
Avec les observations que nous venons de voir, nous avons abordé les sophismes astucieux de la Déclaration Fiducia supplicans, qui prétend dire sans dire et qui est donc trompeuse. Le discours devrait cependant être étendu à l’ensemble du pontificat actuel, où les jeux de mots et l’utilisation d’un langage qui n’est pas théologique mais « bavardage social » se sont manifestés en de nombreuses occasions. À cet égard, l’exhortation Amoris laetitia est le texte le plus représentatif, même s’il n’est pas unique. Les questions sans réponse qui véhiculent un message non formulé, les périodes fixées à « oui … mais » qui insinuent des exceptions à la norme, l’ambiguïté de nombreuses expressions (par exemple, « l’Eucharistie n’est pas un prix pour les parfaits, mais un remède généreux et une nourriture pour les faibles »), les phrases qui poussent leurs composantes à l’extrême, faisant violence à la réalité et proposant subrepticement une vision toute faite, les images colorées et hyperboliques (comme les « pierres mortes à jeter aux autres » en ce qui concerne la doctrine) et ainsi de suite.
Essayons de donner quelques exemples en ce qui concerne la Fiducia supplicans. Prenons cette phrase : « Une analyse morale exhaustive ne doit pas être posée comme condition préalable pour la conférer [la bénédiction, ndlr]. Aucune perfection morale préalable ne doit être exigée d’eux ». Lorsqu’un prêtre donne une bénédiction, il ne demande aucune « perfection morale ». La bénédiction est également donnée aux pécheurs. La rhétorique tendancieuse de la Fiducia voudrait faire croire que ne pas accorder de bénédiction aux couples irréguliers reviendrait à exiger une perfection morale, mais il s’agit là d’une distorsion idéologique évidente de la réalité.
Autre exemple : « dans des situations moralement inacceptables d’un point de vue objectif, la charité pastorale exige de ne pas traiter simplement comme des « pécheurs » d’autres personnes dont la culpabilité ou la responsabilité peut être atténuée par divers facteurs qui affectent l’imputabilité subjective ». Ici, comme également dans d’autres contextes d’Amoris laetitia, les choses sont confuses : en interdisant la bénédiction des couples irréguliers, on ne se prononce pas sur la responsabilité subjective des personnes impliquées, mais sur l’opposition objective et publique de cette relation aux « desseins de Dieu inscrits dans la Création et pleinement révélés par le Christ Seigneur ». La phrase est donc sophistique.
Il y a aussi une série d’affirmations centrées sur les attitudes de fermeture et de condamnation, nous invitant à ne pas « perdre la charité pastorale qui doit traverser toutes nos décisions et nos attitudes » et à ne pas « être des juges qui ne font que nier, rejeter, exclure » ; « Dieu ne repousse jamais celui qui s’approche de lui ». Ici aussi, nous sommes en présence de forçages et d’extrêmes rhétoriques. Ne pas bénir les couples irréguliers ne signifie pas les rejeter, mais les accueillir en vérité, ce qui est la première forme de respect qui leur est due.
Un dernier exemple concerne l’utilisation dans un document ecclésial du mot « couple » appliqué à une situation pour laquelle le Magistère précédent n’a jamais utilisé ce mot parce que cette réalité, tant du point de vue naturel que du point de vue révélé, n’est pas un couple. Dans ce cas, la tromperie est certainement grave, car elle contient déjà une évaluation positive de la relation irrégulière qui, en utilisant ce terme, est perçue par le lecteur comme régulière.
Il convient de rappeler que bon nombre des phrases ci-dessus sont directement tirées des discours de François. La Fiducia supplicans était requise par le développement général de son enseignement qui est appliqué ici. Certains résultats perturbateurs de son « nouveau paradigme » y sont concentrés.
L’oubli délibéré du contexte réceptif
Mais la Fiducia supplicans révèle aussi des astuces d’un autre ordre, outre celles liées à l’usage de la langue. D’un point de vue argumentatif, la Déclaration prétend admettre les bénédictions en question tant qu’elles ne se prêtent pas à être assimilées au mariage. Ce raisonnement est trompeur car le fait qu’elles ne puissent pas être assimilées au mariage en raison de leur forme extérieure liturgique ou non liturgique ne résout pas la question de leur validité en soi. La validité intrinsèque d’une chose ne dépend pas d’autre chose, mais seulement de sa nature. Il faut noter que cette erreur d’approche est également commise par les clercs lorsqu’ils traitent de la reconnaissance juridique des unions civiles de facto et homosexuelles dans la sphère civile. François lui-même l’a souligné. Même dans ces cas, on affirme que ces unions peuvent être réglementées légalement tant qu’elles se distinguent du mariage, sans compter qu’elles sont injustes en elles-mêmes et par leur nature même, et qu’elles le restent même si la loi ne les assimile pas au mariage. Le critère « à condition qu’ils ne… » est un raisonnement trompeur car il évite de se prononcer sur la licéité ou non de la chose elle-même.
Un autre aspect trompeur consiste à ignorer délibérément le contexte factuel dans lequel les nouvelles dispositions sont placées. Fiducia supplicans dit que les bénédictions irrégulières ne doivent pas être placées dans un contexte liturgique, alors qu’elles y ont été placées depuis longtemps avec l’acceptation de l’autorité ecclésiastique elle-même, qui dit maintenant le contraire sans tenir compte du fait qu’elle les a déjà acceptées. En mars 2023, donc deux ans après l’interdiction du Responsum, lors de leur visite ad limina, les évêques de Belgique ont informé le pape de la nouvelle liturgie qu’ils avaient préparée pour la bénédiction des couples homosexuels et François, après avoir vérifié qu’ils étaient tous d’accord (ndlr : depuis quand un simple accord d’opinion est-il un indice de vérité ?), leur a dit de continuer. En Allemagne, la bénédiction de couples de même sexe dans l’Église, et pas seulement sous une forme « privée » et « spontanée » comme l’envisage Fiducia supplicans, est désormais une pratique courante, et le Saint-Siège n’a jamais pris de dispositions canoniques à cet égard comme le demandaient certains cardinaux ; en effet, les évêques les plus exposés sur cette ligne ont été nommés pour jouer des rôles importants au Vatican, d’abord au sein du « Conseil des 9 », puis à la tête du Synode sur la synodalité. En même temps, François a écrit des lettres d’encouragement à des associations promouvant les soi-disant droits des LBGT, a approuvé et soutenu le travail du Père James Martin et de Sœur Jeannine Gramick qui luttent pour ces mêmes objectifs. Cependant, Fiducia supplicans est publié comme si tout cela n’existait pas, c’est-à-dire comme s’il n’y avait pas de contexte prêt à l’accueillir et à l’appliquer aux fins qu’il vise (sans le dire).
Le rejet de la loi naturelle
Etant donné que nous nous concentrons sur la Doctrine sociale de l’Eglise, nous avons l’intention de mentionner les aspects négatifs de Fiducia supplicans dans ce domaine. La doctrine politique catholique, dans la continuité et le développement de la philosophie politique classique, a toujours soutenu que le mariage et la famille sont les fondements de la société civile. À l’origine, il n’y a pas des individus sans identité, ou avec une identité égale et sérielle, mais un homme et une femme. Leur appartenance au couple découle de cette unité complémentaire naturelle, indissoluble et ouverte à la vie. Le compagnonnage social ne résulte pas de conventions humaines mais du projet du Créateur. La référence à la loi naturelle est donc incontournable, car elle exprime un ordre naturel finaliste et soustrait la vie politique à l’arbitraire du plus fort. La légitimation de l’autorité politique est fondée sur le droit naturel. La bénédiction des couples irréguliers considère un couple comme étant ce qu’il n’est pas. Elle légitime donc implicitement une égalité substantielle entre le vrai couple décrit ci-dessus et le pseudo-couple irrégulier. Et ce, même en l’absence d’une déclaration explicite et formelle d’égalité, même en présence d’une affirmation contraire à cette égalité : le fait de considérer comme un couple deux individus qui ne le sont pas est plus fort que toute autre affirmation exonératoire. Il semble donc évident que Fiducia supplicans porte également un préjudice considérable à la Doctrine sociale de l’Église.
La division dans l’Église
Les effets immédiats, et plus encore à long terme si des faits radicalement nouveaux n’interviennent pas, de cette Déclaration divisent fortement l’Église, qui est divisée. Le soulèvement de conférences épiscopales entières le prouve sans conteste. La division ne concerne cependant pas seulement le sujet spécifique, mais bien plus, car elle implique également les deux visions théologiques incompatibles qui conduisent différemment vers le sujet en question. Cette division caractérisera chaque nation, chaque diocèse, chaque paroisse, chaque communauté catholique et même chaque famille. Elle passera des discussions savantes des théologiens à la vie de chaque catholique, avec des effets désastreux.
Source : la Nuova Bussola Quotidiana, le 4 janvier 2024
73 millions de morts par avortement en 2023 !

En 2023, l’avortement était clairement la première cause de mortalité dans le monde et en tête de toutes les statistiques de mortalité avec 52 %.
C’est une nouvelle que la plupart des médias passeront sous silence en 2024 et qui devrait également être un sujet de préoccupation pour la plupart des représentants de l’Église en Allemagne, en Autriche ou en Suisse (mais aussi en Belgique ou en France) : en 2023, 73 millions d’enfants ont été tués par avortement. En 2023, l’avortement était clairement la première cause de mortalité dans le monde et, avec 52 %, il était en tête de toutes les statistiques de mortalité. C’est ce que montrent les statistiques de Worldometer et de l’OMS, comme le rapporte « LifeNews ». Worldometer collecte différentes statistiques auprès des gouvernements et d’autres organisations, rassemble ces données et les extrapole ensuite à d’autres pays. Aux États-Unis, entre 1500 et 2500 avortements sont actuellement pratiqués chaque jour. Cela signifie qu’environ 20 % des grossesses se terminent par le meurtre d’enfants à naître.
Source : KATH.NET, le 4 janvier 2024
« Mère, prends une fois de plus l’initiative pour nous, en ces temps déchirés »

« Mère, prends une fois de plus l’initiative pour nous, en ces temps déchirés »
Voici le texte de la prière du pape François à la Vierge Marie récitée vendredi soir 27 octobre 2023 dans la basilique Saint-Pierre, en conclusion de la prière pour la paix dans le monde (extraits) :
« Marie, regarde-nous ! Nous sommes ici devant toi. (…) En cette heure sombre, nous nous plongeons dans ton regard lumineux et nous nous en remettons à ton cœur, attentif à nos difficultés. Il n’a pas été épargné par les soucis et les peurs : quelle appréhension lorsqu’il n’y avait pas de place pour Jésus dans le logis, quelle peur lorsque vous avez fui précipitamment en Égypte parce qu’Hérode voulait le tuer, quelle angoisse lorsque vous l’avez perdu dans le temple ! Mais dans les épreuves, tu as été courageuse et audacieuse : tu as eu confiance en Dieu et tu as répondu à l’appréhension par l’attention, à la peur par l’amour, à l’angoisse par l’offrande. (…) Et lorsque, sur le Calvaire, une épée a transpercé ton âme, toi, femme humble et forte, tu as tissé la nuit de la souffrance d’une espérance pascale.
Maintenant, Mère, prends une fois de plus l’initiative pour nous, en ces temps déchirés par les conflits et dévastés par les armes. “Tourne ton regard miséricordieux vers la famille humaine qui a perdu le chemin de la paix”, qui a préféré Caïn à Abel et qui, perdant le sens de la fraternité, ne retrouve pas l’atmosphère de la maison. Intercède pour notre monde en danger et dans la tourmente. Apprends-nous à accueillir et à prendre soin de la vie – de toute vie humaine ! – et à rejeter la folie de la guerre, qui sème la mort et détruit l’avenir.
Marie, tu t’es souvent approchée de nous pour nous demander prière et pénitence. Mais nous, pris par nos besoins et distraits par des intérêts mondains, nous sommes restés sourds à tes invitations. Mais toi, qui nous aimes, tu ne te lasses pas de nous. (…)
Seuls, nous n’y arrivons pas, sans ton Fils, nous ne pouvons rien faire. Mais toi, tu nous ramènes à Jésus, qui est notre paix. C’est pourquoi, Mère de Dieu et notre Mère, nous venons à toi, nous cherchons refuge en ton Cœur immaculé. Nous invoquons la miséricorde, Mère de miséricorde ; la paix, Reine de la paix ! Secoue l’âme de ceux qui sont pris au piège de la haine, convertis ceux qui nourrissent et attisent les conflits. Sèche les larmes des enfants, assiste ceux qui sont seuls et âgés, soutiens les blessés et les malades, protège ceux qui ont dû quitter leur patrie et leurs êtres chers, console ceux qui sont découragés, redonne de l’espérance.
Nous te confions et te consacrons nos vies, chaque fibre de notre être, tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes, pour toujours. (…) Toi, Reine de la paix, répands en nos cœurs l’harmonie de Dieu. Amen ».
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source: une minute avec Marie
06.01.2024 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
Dieu, les Rois mages et nous, par Mgr Follo

Dieu, les Rois mages et nous, par Mgr Follo
L’Epiphanie est aussi la solennité de l’adoration et de la donation
Épiphanie
Is 60,1-6 ; Ps 71 ; Eph 3,2-3.5-6 ; Mt 2,1-12
1) Trois questions et un conte pour comprendre l’Epiphanie.
Avec la fête de l’Épiphanie[1] les fêtes de Noël ont leur achèvement qui donne au mystère de l’Incarnation la nouvelle perspective d’universalité du salut, sa signification la plus consolante d’espoir infini. En effet, à la question : « A qui Dieu veut-il faire connaître son Fils Incarné? » La réponse qui nous est proposée aujourd’hui est : « A tous ». Mais alors, « pourquoi n’est-t-il pas reconnu par tous? » Parce qu’il ne suffit pas de savoir ce l’Ecriture que dit sur le Messie pour croire en Jésus. C’est qui arriva aux prêtres interrogés par Hérode sur la naissance du Messie. Ils donnèrent la réponse juste mais n’allèrent pas à la grotte de Bethléem. Ils ne peuvent même pas le rencontrer qui Le sent comme ennemi potentiel, comme Hérode qui voulait savoir où Jésus était né pour l’éliminer.
Comme les pasteurs et les gens simples à Noël, seuls les Rois Mages – et aujourd’hui ceux qui ont la même attitude – trouvent Jésus qui se manifeste comme l’objectif de leur voyage (Epiphanie signifie manifestation). Mettons-nous en route nous aussi, il ne nous arrivera pas de ne pas le rencontrer et de ne pas l’accueillir, tandis que des étrangers viendront de loin pour nous demander où le Roi est né.
Qu’avaient-ils en commun les Pasteurs et les Rois Mages? Le désir du salut, reconnu dans un Enfant à qui les premiers donnèrent du lait et de la laine et les seconds de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais surtout ils donnèrent soi-même, en s’agenouillant et en adorant.
Aujourd’hui nous sommes appelés à avoir la même attitude de chercheurs de l’Infini et d’adorateurs de la Vérité qui se manifeste dans cet amour d’Enfant. Dieu ne se manifeste pas comme un enfant, Lui est cet Enfant, qui manifeste le cœur du Père, qui nous le donne pour qu’il devienne nourriture pour notre chemin, médicament pour nos faiblesses, ami de notre conversation.
Cet enfant grandira, sera un jeune homme, adulte, sera Maître et opérateur de miracles, sera moqué, refusé, abandonné, enterré, ressuscitera parmi les morts, à nouveau et éternellement vivant : en tout cela, Lui est « épiphanie » dans laquelle Dieu se manifeste. C’est ce Dieu, que nous, comme les Rois Mages, adorons.
Mais chaque être humain est, dans un certain sens, Epiphanie de Dieu. Dieu a décidé de se révéler en se « cachant » dans chaque homme. Cet écrivain anonyme nous le rappelle et nous invite à chercher et trouver des restes du visage de Dieu dans le visage des frères :
« Il était une fois un moine appelé Epiphane. Un jour il découvrit un don qu’il ne pensait pas posséder : il savait peindre de belles icones. Il voulait absolument peindre le visage de Jésus. Mais où trouver un modèle qui exprime, à la fois, la souffrance et la joie, la mort et la résurrection, la divinité et l’humanité.
Epiphane se mit alors en voyage. Il parcourut la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, examinant chaque visage. Rien : le visage qui pouvait représenter le Christ n’existait pas. Fatigué, il s’endormit en répétant les paroles du psaume : « Je cherche ton visage, Seigneur, montre-moi ton visage! ». Il fit un rêve. Un Ange lui apparut, il le ramena auprès des personnes rencontrées et pour chaque personne il lui indiqua un détail qui rendait ce visage semblable à celui de Jésus : la joie d’un amoureux, l’innocence d’un enfant, la force d’un paysan, la souffrance d’un malade, la peur d’un condamné, la tendresse d’une mère, la consternation d’un orphelin, l’espoir d’un jeune, la joie d’un clown, la miséricorde d’un confesseur, le mystère du visage bandé d’ un lépreux…… Et alors, Epiphane comprit et retourna dans son couvent. Il se mit au travail et l’icône fut prête en peu de temps et la présenta à son abbé. Celui-ci fut surpris: elle était merveilleuse. Il voulut savoir qui était le modèle dont il s’était servi parce qu’il désirait la montrer aux autres artistes du monastère. Le moine répondit « personne, père, ne m’a servi de modèle, parce que personne n’est comme le Christ mais le Christ est semblable à tous. Tu ne trouves pas le Christ dans le visage d’un seul homme, mais tu trouves des fragments du visage du Christ en chaque homme. »
2) Un chemin cohérent à l’idéal
Les Rois Mages sont un modèle pour nous non seulement parce qu’ils furent des chercheurs de l’Infini, mais parce qu’ils l’ont trouvé en sachant le reconnaître dans en enfant ou, mieux exprimé, dans cet Enfant. Ils ont été très grands dans leur fidélité au fragile signe d’une étoile, sans se faire conditionner par la nostalgie des palais qu’ils avaient quittés (cf T.S. Eliot). Ils surent continuer la recherche de l’Exceptionnel, de l’Extraordinaire sur les chemins du quotidien.
Ces trois marcheurs ne se sont pas contentés des richesses et de leur sagesse. Ils ne voulaient pas seulement savoir beaucoup de choses, mais ils voulaient savoir l’essentiel. Ils ont senti le coeur vibrer et se sont déplacés, en accrochant à une étoile au grognement de leurs animaux élevés dans les étables d’Orient. « Où se trouve le Roi des Juifs qui est né? » Ils choisirent le risque de l’inconnu à la sécurité des calculs, avec cette angoisse d’aller trouver un enfant : « la recherche de la Vérité était, pour les Rois Mages, plus importante que la dérision du monde en apparence intelligent » (Benoît XVI).
Dans leurs humbles pas, l’écho de mille voix résonne, de voix qui chantaient et disaient que tout ceci était pure folie. Le risque de la folie ou la sécurité de l’ignorance : les Rois Mages préfèrent le fragile chemin du ciel à la carte habituelle tracée par les hommes. Ils se sont servis de leur intelligence et de leur sagesse d’une façon qui pouvait apparaître humainement absurde et peu scientifique et se sont dirigés vers Bethléem. Ils ont échangé la sécurité de leurs habitudes avec le risque d’un voyage périlleux qui devint un pèlerinage.
En effet, le pèlerin n’a pas comme but un lieu touristique, mais un lieu sacré: un Temple où se trouve Dieu. Paul Claudel l’a bien compris « les choses ne sont plus le mobilier de notre prison mais celles de notre temple », où l’ Enfant Jésus rendit sacré même la paille. La grotte, la paille devenue un lit, les habits nécessaires et essentiels pour le voyage en Judée devient sacrés, se transfigurent autour du noyau essentiel du mystère de l’Incarnation dans une naissance.
L’Epiphanie n’est pas seulement la manifestation de Jésus Christ, Fils de Dieu incarné et Rédempteur de toute l’humanité mais est aussi la solennité de l’adoration et de la donation. Le texte de l’Evangile d’aujourd’hui nous rappelle l’arrivée des Rois Mages à la grotte de Bethléem et les trois actions importantes de ces rois devant le Roi des juifs : prostration, adoration et donation.
Prostration : c’est l’attitude d’humble révérence vers une autorité morale et spirituelle. Jésus est reconnu, par les sages de son temps, l’autorité morale et religieuse à laquelle se confronter.
Adoration : c’est l’autre action que font les Rois Mages devant Jésus. Ils adorent la divinité. Les païens adoraient les idoles. Dans un moment dramatique les Juif se construirent un veau en or et l’adorèrent pendant que Moïse était sur le Mont Sinaï avec Dieu. Toujours, l’homme se construit des fausses idoles et les a travaillés comme une solution possible de ses propres problèmes existentiels. Aujourd’hui encore, les idoles fascinent, celles du succès, du bien-être, de la carrière, du pouvoir économique, militaire, politique et religieux et tant d’autres qui mettent l’homme dans la condition d’offenser et de détruire d’autres hommes pour arriver à leurs buts. Au contraire, les Rois Mages adorent le Dieu vivant qui dans cet enfant, pauvre, humble, reposant dans cette crèche attire à juste raison toute leur attention et leur prière.
Donation : lorsqu’il y a la bonté dans le cœur et l’ouverture à l’autre presqu’instinctivement se déclenche l’action de donner quelque chose de soi à celui qui se trouve en face. Ici les Rois Mages se trouvent en face du Roi des juifs et leur offrent trois dons, de l’or, de l’encens et de la myrrhe, pour faire ressortir sa royauté, sa mission, sa mort et sa résurrection. A travers ces dons se trouve une signification spécifique qui peut être attribuée à l’ Enfant Jésus, ce Fils d Dieu et Rédempteur de l’humanité. De plus, comme je l’ai mentionné ci -dessus, ils donnent eux-mêmes.
Voilà la fête de l’Epiphanie qui ouvre indirectement sur une autre et plus importante fête liturgique de l’Eglise catholique : la Pâques de Jésus qui a donné soi-même, complètement. Nous serons sages comme les Mages si, en prenant Jésus comme Chemin, nous prenons le chemin de la foi, le chemin de la conversion, le chemin de l’amour.
Un exemple spécial de ce chemin d’amour est donné par les Vierges Consacrées dans le monde. Toute leur vie appartient au Seigneur. Par la consécration, elles se sont mises à la disposition de Dieu sans aucune réserve, de façon à ce que toute leur vie exprime prostration, adoration er donation pure et pleine à Dieu. La vie d’une personne consacrée dans le monde témoigne que l’on peut vivre du Christ à chaque instant et vivre dans l’espoir qui vient de la grotte de Bethléem. A ce propos, ce qui est affirmé dans l’Exhortation post-synodale Vita consecrata est éclairant. « Celui qui veille pour attendre l’accomplissement des promesses du Christ est en mesure de communiquer l’espérance à ses frères et sœurs, souvent découragés et pessimistes face à l’avenir. Son espérance se fonde sur la promesse de Dieu que contient la Parole révélée : l’histoire des hommes avance vers « le ciel nouveau et la terre nouvelle » (Ap 21, 1). » (Vita consecrata, n. 27).
Lecture Patristique
SAINT LÉON LE GRAND
SERMON 3 POUR L’ÉPIPHANIE
1-3. 5; PL 54, 240-244
Dans tout l’univers, le Seigneur a fait connaître son salut
.La miséricordieuse providence de Dieu a voulu, sur la fin des temps, venir au secours du monde en détresse. Elle décida que le salut de toutes les nations se ferait dans le Christ. ~
C’est à propos de ces nations que le saint patriarche Abraham, autrefois, reçut la promesse d’une descendance innombrable, engendrée non par la chair, mais par la foi ; aussi est-elle comparée à la multitude des étoiles, car on doit attendre du père de toutes les nations une postérité non pas terrestre, mais céleste.
Que l’universalité des nations entre donc dans la famille des patriarches ; que les fils de la promesse reçoivent la bénédiction en appartenant à la race d’Abraham, ce qui les fait renoncer à leur filiation charnelle. En la personne des trois mages, que tous les peuples adorent le Créateur de l’univers ; et que Dieu ne soit plus connu seulement en Judée, mais sur la terre entière afin que partout, comme en Israël, son nom soit grand.
Mes bien-aimés, instruits par les mystères de la grâce divine, célébrons dans la joie de l’Esprit le jour de nos débuts et le premier appel des nations. Rendons grâce au Dieu de miséricorde qui, selon saint Paul, nous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière, à l’héritage du peuple saint ; qui nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, et nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé. Ainsi que l’annonça le prophète Isaïe : Le peuple des nations, qui vivait dans les ténèbres, a vu se lever une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Le même prophète a dit à ce sujet : Les nations qui ne te connaissaient pas t’invoqueront ; et les peuples qui t’ignoraient accourront vers toi. Ce jour-là, Abraham l’a vu, et il s’est réjoui lorsqu’il découvrit que les fils de sa foi seraient bénis dans sa descendance, c’est-à-dire dans le Christ ; lorsqu’il aperçut dans la foi qu’il serait le père de toutes les nations ; il rendait gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis.
Ce jour-là, David le chantait dans les psaumes : Toutes les nations, toutes celles que tu as faites, viendront t’adorer, Seigneur, et rendre gloire à ton nom. Et encore : Le Seigneur a fait connaître son salut, aux yeux des païens révélé sa justice.
Nous savons bien que tout cela s’est réalisé quand une étoile guida les trois mages, appelés de leur lointain pays, pour leur faire connaître et adorer le Roi du ciel et de la terre. Cette étoile nous invite toujours à suivre cet exemple d’obéissance et à nous soumettre, autant que nous le pouvons, à cette grâce qui attire tous les hommes vers le Christ.
Dans cette recherche, mes bien-aimés, vous devez tous vous entraider afin de parvenir au royaume de Dieu par la foi droite et les bonnes actions, et d’y resplendir comme des fils de lumière ; par Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.
[1] Epiphanie est le mot grec qui signifie “manifestation”.
Source : ZENIT.ORG, le 5 janvier 2024
François: aider ceux qui sont dans le besoin, c’est donner de la dignité

François: aider ceux qui sont dans le besoin, c’est donner de la dignité
Ce vendredi 5 janvier au Vatican, le Pape a reçu en audience la coopérative Unicoop de Florence et la Fondation “Il cuore si scioglie”, « Un coeur compatissant ». Le Saint-Père dans son intervention a affirmé que «la sauvegarde du bien de la personne ne signifie pas seulement la prise en charge de certains de ses intérêts sectoriels, mais la promotion de sa pleine réalisation et de sa dignité». François a remercié ses invités pour leur soutien à «l’Ukraine tourmentée».
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
Créée pour «sauvegarder les intérêts des consommateurs, leur santé et leur sécurité», la coopérative Unicoop de Florence, a mise en place une Fondation: “Il cuore si scioglie”, que l’on pourrait traduire par «Un coeur compatissant». Cette dernière, est destinée à encourager les personnes à assister les autres, c’est-à-dire à «vivre la charité et l’amour actif». «Nous pourrions dire, affirme le Pape, en utilisant une expression biblique: encourager la formation de « cœurs de chair » au lieu de « cœurs de pierre »» (cf. Ez 36, 36).
Le coeur, l’esprit, et les mains
Le cœur est une source de connaissance, sans le cœur, a déclaré l’évêque de Rome, il n’y a pas de connaissance humaine. François a invité ainsi à ne pas omettre que l’esprit est uni au cœur et aux mains; le cœur est uni aux mains pour faire, et à l’esprit; et les mains sont au service du cœur et de l’esprit. «N’oubliez pas cela dans vos actions», a recommandé le Saint-Père, soulignant que pour savoir, il faut savoir avec l’esprit, avec le cœur et ensuite faire avec les mains. Considérant dès le départ la protection des consommateurs au-delà de son simple aspect commercial, «vous avez saisi une dimension humaine fondamentale», a reconnu le Pape.
La dignité de la personne
François a ainsi porté une réflexion sur la valeur de ce chemin, expliquant que la sauvegarde du bien de la personne ne signifie pas seulement la prise en charge de certains de ses intérêts sectoriels, mais la promotion de sa pleine réalisation et de sa dignité.
Une union dans les différences, pour des relations vertueuses
«La rencontre, a t-il poursuivi, entre ceux qui ont plus de possibilités et ceux qui sont dans le besoin, loin de se réduire à une simple philanthropie, constitue toujours une occasion providentielle d’enrichissement réciproque». Tel un modèle de protection qui unit les individus non pas tant «contre» la menace d’un adversaire commun, mais «pour» la construction de relations vertueuses de soutien mutuel, a encore souligné le Pape.
Ce moment a été l’occasion également pour le Souverain pontife d’adresser ses remerciements pour ce que Unicoop fait «en Italie et à l’étranger; en particulier, en ce moment dramatique, pour soutenir l’Ukraine tourmentée». Les conseils donnés par François, concluant son discours, exhortent à viser dans le travail, le développement intégral de la personne, la croissance de la communauté dans le partage des ressources et des compétences, l’inclusion en valorisant ce que chacun apporte de lui-même, pour le bien de tous.
Source : VATICANNEWS, le 5 janvier 2024
06.01.2024 – SAINT DU JOUR

St André Corsini
ÉVÊQUE († 1373)
Saint André Corsini
Évêque de Fiesole
André (Andrea), issu de l’illustre famille des Corsini, naît à Florence, en 1302, le jour de saint André, dont il reçut le nom.
La veille de sa naissance, sa mère eut un songe, dans lequel il lui semblait mettre au monde un louveteau qui, entré dans l’église des Carmes, s’y transforma aussitôt en un agneau d’éclatante blancheur. Aussi cette pieuse mère eut-elle soin de vouer son enfant à la Très Sainte Vierge et de lui inspirer l’amour de la piété et de la vertu.
Malgré les exemples édifiants de ses parents et les sages instructions de ses précepteurs, André, entraîné par les mauvaises compagnies dans toute espèce de désordres, ne tarda pas à vérifier la première partie du songe maternel. Nouvelle Monique, la pauvre mère n’avait d’autres ressources que ses larmes et ses prières.
Or un jour, André, mû par un reste de tendresse, demanda à sa mère pourquoi elle pleurait ainsi : « Ah ! Mon fils, répondit-elle, je pleure sur le louveteau que j’ai mis au monde. Quand donc se changera-t-il en agneau ? Souviens-toi que tu appartiens à la Vierge Marie et que tu dois la servir. »
Ces paroles, comme une flèche divine, pénétrèrent le cœur d’André. Le lendemain il entra dans l’église des Carmes et, se prosternant devant l’image de Notre-Dame du Peuple :
« Glorieuse Vierge Marie, dit-il, voici le loup dévorant qui vous prie de le faire désormais agneau docile ; il veut vous servir dans l’Ordre du Carmel. » Aussitôt, il alla prier le supérieur du monastère de l’admettre dans son couvent. Il avait alors seize ans.
Dès le début de son noviciat, sa ferveur étonna les plus parfaits : l’esprit de la pénitence lui faisait accepter avec joie les offices les plus humbles. Ses passions un instant se révoltèrent, mais avec son énergie, l’amour de la prière et de la mortification, il les dompta si bien qu’il en demeura pour jamais vainqueur. Il fut un modèle d’obéissance, de ferveur et d’humilité.
Ordonné prêtre en 1328, il offrit à Dieu les prémices de son sacerdoce dans un petit couvent où il était inconnu et y célébra sa première Messe avec un recueillement et une dévotion extraordinaires. Aussitôt après la communion, la Très Sainte Vierge lui apparut, disant :
« Tu es mon serviteur, je t’ai choisi, et je serai glorifiée par toi. » Dans la suite André ne voulut plus d’autre titre que celui de serviteur de Marie.
Dieu donna à ses paroles une onction et une force merveilleuse pour convertir les pécheurs et le favorisa du don des miracles. Un de ses parents fut guéri par lui d’un mal de jambe qui lui rongeait les chairs, et il rendit la vue à un aveugle dans la ville d’Avignon où il terminait ses études près du cardinal Corsini, son oncle.
De retour dans sa patrie, élu prieur du couvent de Florence, il devint comme le second apôtre du pays. Dans son admiration pour André, la ville de Fiesole le choisit pour évêque. À cette nouvelle il prend la fuite et va se cacher dans un couvent de Chartreux ; mais un enfant dévoile sa retraite.
Son élévation lui fit redoubler ses austérités. Au cilice il joignit une ceinture de fer. Il couchait sur des sarments de vigne étendus à terre. Chaque jour il récitait les sept psaumes de la pénitence et les Litanies des Saints, et se donnait une rude discipline. Sa charité pour les pauvres et surtout pour les pauvres honteux était inépuisable ; Dieu lui accorda un jour de multiplier le pain qu’il distribuait aux indigents.
Pris d’un mal subit le jour de Noël, il pressentit avec joie son dernier moment. Il meurt, le 6 janvier 1373, dans la soixante-douzième année de son âge et la treizième de son épiscopat. Ses reliques sont conservées à Florence dans l’église des Carmes.
Andrea Corsini a été canonisé en 1629 par le pape Urbain VIII (Maffeo Barberini, 1623-1644).
Saint André Corsini priez pour nous !
