06.01.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3,23-38.

Quand il commença, Jésus avait environ trente ans ; il était, à ce que l’on pensait, fils de Joseph, fils d’Éli,
fils de Matthate, fils de Lévi, fils de Melki, fils de Jannaï, fils de Joseph,
fils de Mattathias, fils d’Amos, fils de Nahoum, fils de Hesli, fils de Naggaï,
fils de Maath, fils de Mattathias, fils de Séméine, fils de Josek, fils de Joda,
fils de Joanane, fils de Résa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri,
fils de Melki, fils d’Addi, fils de Kosam, fils d’Elmadam, fils d’Er,
fils de Jésus, fils d’Éliézer, fils de Jorim, fils de Matthate, fils de Lévi,
fils de Syméon, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Jonam, fils d’Éliakim,
fils de Méléa, fils de Menna, fils de Mattatha, fils de Natham, fils de David,
fils de Jessé, fils de Jobed, fils de Booz, fils de Sala, fils de Naassone,
fils d’Aminadab, fils d’Admine, fils d’Arni, fils d’Esrom, fils de Pharès, fils de Juda,
fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, fils de Thara, fils de Nakor,
fils de Sérouk, fils de Ragaou, fils de Phalek, fils d’Éber, fils de Sala,
fils de Kaïnam, fils d’Arphaxad, fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamek,
fils de Mathusalem, fils de Hénok, fils de Jareth, fils de Maléléel, fils de Kaïnam,
fils d’Énos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

évêque, théologien et martyr

Contre les hérésies, livre III, 22,3; 23,1 (SC 211; trad. A. Rousseau, L. Doutreleau; Éds du Cerf 1974, p. 439s rev.)

« Fils d’Adam »

Luc présente une généalogie allant de la naissance de notre Seigneur à Adam et comportant soixante-douze générations ; il rattache de la sorte la fin au commencement et donne à entendre que le Seigneur est celui qui a récapitulé en lui-même toutes les nations dispersées à partir d’Adam, toutes les langues et les générations des hommes, y compris Adam lui-même. C’est aussi pour cela que Paul appelle Adam « la préfiguration de celui qui devait venir » (Rm 5,14), car le Verbe, Artisan de l’univers, avait ébauché d’avance en Adam l’histoire future de l’humanité dont se revêtirait le Fils de Dieu. (…) Le Seigneur, en devenant le Premier-né des morts (Col 1,18) et en recevant dans son sein les anciens pères, les a fait renaître à la vie de Dieu ; il est devenu le premier, le principe des vivants, parce qu’Adam était devenu le principe des morts. (…) En commençant sa généalogie par le Seigneur, pour la faire remonter jusqu’à Adam, Luc indique que ce ne sont pas les pères qui ont donné la vie au Seigneur, mais lui au contraire qui les a fait renaître dans l’Évangile de vie. Ainsi également le nœud de la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie, car ce que la vierge Ève avait lié par son incrédulité, la Vierge Marie l’a délié par sa foi. Il était donc indispensable que, venant vers la brebis perdue (Mt 18,12), récapitulant une si grande histoire, recherchant son ouvrage modelé par lui-même (Lc 19,10; Gn 2,7), le Seigneur sauve l’homme qui avait été fait à son image et à sa ressemblance (Gn 1,26), c’est-à-dire Adam.

Les deux Adams

LECTURES :

Première lettre de saint Jean 5,5-13.

Bien-aimés, qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.
En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,
l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un.
Nous acceptons bien le témoignage des hommes ; or, le témoignage de Dieu a plus de valeur, puisque le témoignage de Dieu, c’est celui qu’il rend à son Fils.
Celui qui met sa foi dans le Fils de Dieu possède en lui-même ce témoignage. Celui qui ne croit pas Dieu, celui-là fait de Dieu un menteur, puisqu’il n’a pas mis sa foi dans le témoignage que Dieu rend à son Fils.


Et ce témoignage, le voici : Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils.
Celui qui a le Fils possède la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu ne possède pas la vie.
Je vous ai écrit cela pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui mettez votre foi dans le nom du Fils de Dieu.

Psaume 147,12-13.14-15.19-20.

Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Célèbre ton Dieu, ô Sion !
Il a consolidé les barres de tes portes,
dans tes murs il a béni tes enfants.

Il fait régner la paix à tes frontières,
et d’un pain de froment te rassasie.
Il envoie sa parole sur la terre :
rapide, son verbe la parcourt.

Il révèle sa parole à Jacob,
ses volontés et ses lois à Israël.
Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ;
nul autre n’a connu ses volontés.

Massacres au Nigeria: la honte du cardinal Onaiyekan

Dans le village de Maiyanga, les survivants enterrent les morts à la suite des massacres perpétrés lors des fêtes de Noël. (AFP or licensors)

Massacres au Nigeria: la honte du cardinal Onaiyekan

Dans une interview à Vatican News, le cardinal John Onaiyekan, archevêque émérite d’Abuja au Nigeria, appelle à une réponse concrète à la crise sécuritaire dont témoigne le massacre de Noël 2023. Il met en garde contre cette série coordonnée d’attaques qui soulève des questions sérieuses, et exprime sa gratitude envers le Pape François pour avoir attiré l’attention sur l’«horreur» qui sévit dans la nation ouest-africaine.

Entretien réalisé par Deborah Castellano Lubov – Cité du Vatican

Le cardinal John Onaiyekan suggère que les dernières attaques dans l’État du Plateau au Nigeria, qui se sont manifestées par des massacres coordonnés sur plusieurs villages pendant les vacances de Noël, soulèvent des questions sérieuses et nécessitent une réponse concrète. L’archevêque émérite d’Abuja l’a exprimé, notant que si la crise sécuritaire et les meurtres ne sont «rien de nouveau», cet incident récent suscite une plus grande inquiétude car il suggère qu’il pourrait y avoir de nouvelles organisations derrière ces événements.

Le Pape a attiré l’attention du monde sur l’horreur lors de son Angélus le 31 décembre, déplorant que «malheureusement, la célébration de Noël au Nigeria a été marquée par une violence sérieuse et de nombreuses victimes». Assurant ses prières pour elles et leurs familles, le pape a prié: «Que Dieu libère le Nigeria de ces atrocités!».

Les massacres perpétrés dans tout l’État du Plateau au Nigeria entre le 23 et le 26 décembre ont tué environ 200 personnes et blessé environ 500 autres. Ces attaques coordonnées meurtrières sur une trentaine de villages ont contraint plus de 200 familles à quitter leurs foyers et à se réfugier dans des camps pour personnes déplacées. Comment ces attaques reflètent-elles la crise sécuritaire dans le pays ?

Malheureusement, cela n’est pas nouveau. Nous disons cela depuis dix ans. Et le gouvernement nous assure qu’il maîtrise la situation. Des milliards de nairas (La monnaie locale au Nigéria, ndlr) sont budgétisés chaque année pour la sécurité. La zone est remplie d’agents de sécurité. Des soldats, des policiers, des points de contrôle partout. Et pourtant, les criminels ou les militants ou quoi que ce soient, des terroristes, peuvent commettre l’atrocité que nous avons vue le jour de Noël. Celle-ci, en particulier, impliquant pas moins de 200 personnes tuées et 37 villages rasés, a été décrite par des témoins oculaires comme des attaques simultanées sur tous les villages, ce qui signifie que c’était un acte coordonné, bien préparé et bien exécuté, parlant même de meurtres de masse. Et il est également suggéré que ceux qui ont commis ces crimes étaient également des personnes vivant avec les autochtones de ces zones. Ce sont des voisins avec lesquels ils ont eu des querelles. Maintenant, quand nous entendons le gouvernement dire qu’il enquête sur la question, nous sommes sceptiques car nous ne croyons pas qu’il soit possible de commettre ce genre de crime sans pouvoir découvrir qui en est responsable. Comment ont-ils été armés? Qui les arme? Qui les forme? Et quel est leur objectif? Les victimes sont principalement ceux que nous appelons les propriétaires d’origine, les autochtones de la région, principalement des chrétiens et des agriculteurs.

L’accusation vise les colons Fulani qui viennent avec leurs vaches, et récemment, ces éleveurs se sont particulièrement armés. Nous ne savons pas si ce sont les éleveurs que nous connaissons, ou si ces éleveurs ont été infiltrés par des terroristes armés. La deuxième suggestion semble être la plus plausible. Mais même si c’est le cas, Dieu nous a fait connaître cela et nous devons trouver un moyen de l’arrêter. On ne peut pas simplement permettre que des vies humaines soient gaspillées ainsi.

Nous remercions le Saint-Père d’avoir mentionné notre situation ouvertement le jour de Noël sur la place Saint-Pierre. Nous ne sommes pas fiers que notre Nigeria soit mentionné avec ce genre d’atrocités, mais nous remercions le Saint-Père de l’avoir porté à l’attention de la communauté internationale.

Quel rôle le gouvernement doit-il jouer dans tout cela ?

Nous ne savons pas ce que fera le gouvernement actuel. Ce que nous savons, c’est que le dernier gouvernement était totalement irresponsable. En fait, certains ont suggéré que le dernier gouvernement dirigé par le président Buhari était complice de ces atrocités. Nous ne comprenons pas comment la même chose peut continuer avec un nouveau gouvernement, avec un nouveau président venant d’une autre partie du pays, même si le nouveau gouvernement est du même parti que celui qui nous a gouvernés pendant huit ans.

Maintenant, nous ne savons pas si ces atrocités seront de nouveau étouffées comme les précédentes, ou si la virulence de ces atrocités, notamment celle qui a été commise ce jour de Noël dernier, forcera les personnes concernées à agir sérieusement, concrètement, pour changer la donne.

Que faut-il faire ? Qu’est-ce qui contribue à cela et doit être combattu ?

À mon avis, ce qui doit être fait est simplement ceci: découvrir qui sont les groupes en colère ou qui ont des raisons de vouloir tuer leurs concitoyens nigérians. Nous devons les identifier. Et les rappeler à l’ordre. Il y a toute une série de théories du complot autour de l’une d’entre elles, qui semble être la plus faisable, c’est que les hommes de main veulent maintenant occuper des territoires occupés depuis longtemps par des agriculteurs. En harcelant constamment et en tuant ces agriculteurs, en détruisant leurs villages et même en prenant possession de leurs fermes et en les utilisant. Ils espèrent ainsi étendre leurs terres, occuper le territoire, puis chasser les habitants d’origine dans des camps de personnes déplacées ou les laisser trouver un autre endroit où aller. Si c’est cela, si c’est la réalité, alors le gouvernement doit savoir qui est derrière tout cela, qui les organise. Et évidemment, peut-être que les personnes qui les organisent sont connues. Elles sont trop bien placées pour être touchées, auquel cas nous n’avons pas un bon gouvernement. Il ne devrait y avoir personne de trop bien placé pour que nous ne puissions pas le nommer, le traduire en justice et le punir afin que la nation puisse vivre en paix. Nous ne voyons que le cas du massacre massif à Jos, mais de manière générale au Nigeria, il y a un terrible état d’insécurité. Chaque fois que nous voyageons par la route, nous avons toujours peur d’être arrêtés, kidnappés contre rançon ou volés de quelque manière que ce soit. Il n’y a plus aucune partie du Nigeria qui soit vraiment sûre.

Les habitants des villages attaquées creusent des tombes pour les plus de 200 morts. 

Comment cela se manifeste-t-il ?

Malgré la présence d’agents de sécurité partout, nous ne comprenons pas ce qui se passe. Notre pays n’était pas comme ça avant. J’ai grandi dans ce pays. J’ai maintenant 80 ans. Jusqu’à mes 70 ans, nous n’avions pas ce genre de problème. Tout cela a commencé il y a dix ans. Nous sommes réticents à lui donner même une coloration religieuse, mais j’ai bien peur qu’il n’y ait aucun moyen de l’éviter, car il y a définitivement une dimension du terrorisme et du fanatisme islamique. Et encore une fois, aussi délicate que soit la question, nous devons la traiter et demander des comptes aux dirigeants musulmans pour ce que font ces criminels. La réponse générale de nos dirigeants musulmans est de dire que ces personnes ne sont pas musulmanes. Ce sont des criminels. Ils ne font pas ce qu’ils font au nom de l’islam. Mais nous savons que lorsqu’ils se livrent à des actes violents, ils crient des slogans islamiques «Allahu akbar, Allahu akbar». Et donc, ils ont ceux qui prêchent dans leurs mosquées et qui leur disent quoi faire. Nous devons donc faire face à cet aspect. Il y a bien sûr la dimension ethnique et la dimension économique, mais nous n’avons aucune excuse pour permettre que cela continue.

Le Pape François a spécifiquement mentionné la violence au Nigeria, à la fois lors de son message Urbi et Orbi le jour de Noël et également pendant l’Angélus…

Il l’appelle une «horreur» et c’est vrai. C’est horrible. Oui. Et ce message du Pape a été relayé par de nombreux journaux nationaux nigérians. Tout le pays l’a entendu. Ils ont dit que même le Pape s’est immiscé dans notre problème d’insécurité. C’est quelque chose dont nous avons honte. Nous attendons toujours parce que cela s’est produit il y a plus d’une semaine. Jusqu’à présent, nous n’avons pas entendu parler de personnes importantes qui ont été arrêtées, ou d’explications claires sur ce qui s’est passé, qui a fait quoi, pourquoi ils l’ont fait, etc… Pendant ce temps, ceux qui ont été tués, que Dieu reçoive leurs âmes, ont été enterrés. Ceux qui sont en deuil ont pansé leurs plaies et ont regardé vers le ciel pour obtenir de l’aide.

Éminence, les Nigérians sont-ils généralement conscients de la prière du Pape pour eux et de sa proximité ?

Oui, oui. En fait, notre peuple a un très grand respect pour le Pape et le fait qu’il nous ait mentionnés ce jour-là. Pour ceux qui ont été blessés, c’est une grande consolation pour eux. Je ne sais pas ce que les auteurs penseront ou diront de l’intervention du Pape. C’est leur problème. Mais nous qui sommes chrétiens et même d’autres Nigérians, même des musulmans nigérians, d’autres qui qui ne sont pas croyants, qui ne sont pas d’accord avec cette manière de se comporter, sont tous reconnaissants au Pape d’avoir porté notre problème à l’attention du monde entier, car ils savent que lorsque le Pape parle, non seulement les plus de 1,4 milliard de catholiques sur plus de 2 milliards de chrétiens dans le monde entier écoutent, mais presque toute l’humanité écoute.

Source : VATICANNEWS, le 5 janvier 2024

07.01.2024 – HOMÉLIE POUR L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR – MATTHIEU 2, 1-12

L’éclat de nos vies

Étymologiquement, le mot « épiphanie », qui vient du grec, signifie « sur-briller ». On le traduit en français par « manifestation », mais on perd alors un peu la notion d’éclat. L’adjectif grec « epiphanês » signifie « illustre ». L’Épiphanie, c’est la célébration de l’éclat du Christ.

Dans l’Évangile, ils ne sont ni trois, ni rois. Mais ce sont des mages, c’est à dire des savants et des astronomes, venus déposer leurs trésors aux pieds de l’enfant Dieu. La symbolique derrière le récit est forte : ce sont les sagesses du monde qui viennent s’incliner devant le mystère de l’incarnation. Et les objets qu’apportent les mages symbolisent cette reconnaissance : de l’or pour signifier sa royauté ; de l’encens pour témoigner de sa divinité : de la myrrhe pour embaumer son corps quand il décédera. Face au mystère d’un Dieu tout-puissant qui prend chair humaine, accepte la souffrance, l’humiliation et même la mort, toutes les sciences s’inclinent. En filigrane du récit de l’Épiphanie, il y a le mystère de la Résurrection. Nous l’avions évoqué le 4e dimanche de l’Avent, en relevant que de nombreuses icônes de la Nativité placent l’enfant Jésus non pas dans une mangeoire mais dans un sarcophage, emmailloté d’un linceul. Dès la crèche, dès la mise au monde de Dieu, vie et mort s’embrassent.

Au début de l’Avent, j’ai rappelé que le cycle de la Nativité que nous célébrons ne s’achevait pas à Noël, mais aujourd’hui, à l’Épiphanie. Noël célèbre la venue intime de Dieu dans notre chair, l’Épiphanie la manifestation de son éclat au monde. Et c’est pourquoi le monde orthodoxe la célèbre avant tant d’éclat ; ce qui nous manque sans doute aujourd’hui.

Ce que nous célébrons ce dimanche, c’est en effet bien plus que la fête des Rois-Mages, qu’une savoureuse galette désignera au hasard d’une fève. Ce que nous fêtons, c’est l’éclat de Dieu illuminant le monde aujourd’hui à travers nos vies. C’est le rayonnement éclatant du Christ à travers notre humanité que nous célébrons aujourd’hui, l’éclat de nos vies.

Prenons donc un temps pour méditer sur cet éclat. Quand ma vie a-t-elle été lumineuse, rayonnante, éclatante ? Certains penseront sans doute à la naissance de leurs enfants, à leur rencontre amoureuse. D’autres se remémoreront peut être quelques succès, quelques belles victoires à l’occasion d’une épreuve. D’autres encore poseront un regard apaisé sur leur passé et se réjouiront de toutes ses lueurs de joie. C’est l’Épiphanie, faisons l’effort de regarder l’éclat de notre vie.

Enfin, peut-être y a-t-il parmi nous des personnes que ne voient que peu d’éclat dans leur vie, qui ont même l’impression pesante de ténèbres, voire qui vivent actuellement un calvaire. Votre prodigieux éclat se trouve dans le simple fait que vous êtes debout – spirituellement debout. C’est votre acceptation du réel et votre volonté d’un pas de plus qui est lumineuse. C’est votre force vitale malgré les épreuves qui est éclatante.

Il y a de l’éclat en chacun de nous et cet éclat c’est l’éclat de notre cœur, l’éclat de notre amour pour la vie et pour les autres. Nos vies sont rayonnantes à mesure que nous nous laissons envahir par l’amour de Dieu, jusqu’à vaincre toute part d’ombre ou de ténèbres.

A Noël, j’avais osé prêcher : « l’enfant de la crèche c’est nous » pour dire que Dieu voulait vivre chaque instant de notre vie. C’est une identité audacieuse que seule une folle espérance peut maintenir : celle de la totale incarnation de Dieu dans nos vies. Aujourd’hui, je proclame : « L’éclat de vos vies, c’est l’amour de Dieu qui vit en vous ».

Bien sûr aujourd’hui nous faisons mémoire de l’Épiphanie de Dieu à travers la naissance de Jésus Christ, mais ce que nous célébrons ce n’est pas tant un souvenir que son actualité. C’est à travers l’éclat de nos vies que Dieu se manifeste au monde aujourd’hui.

Fais, Seigneur, de nos vies des Épiphanies, des manifestations éclatantes de la puissance de ton amour.

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RESURGENCE.BE, le 3 janvier 2024

07.01.2024 – HOMÉLIE POUR L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR – MATTHIEU 2, 1-12

Le Sauveur de tous les peuples

Pistes pour l’homélie par l’ Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Dans le prolongement de Noël, nous célébrons aujourd’hui la fête de l’Épiphanie. En évoquant cette fête, nous pensons à la visite des mages auprès de l’enfant Jésus. Mais beaucoup ne connaissent pas la signification de ce mot. Il faut savoir qu’une épiphanie c’est une manifestation éclatante de la présence de Dieu. Ce qui était caché devient évident. Dieu s’est manifesté tout au long de l’histoire de son peuple et il continue aujourd’hui.

C’est ce message que nous trouvons dans le livre d’Isaïe (1ère lecture). Le prophète s’adresse à un peuple qui vit une situation désespérée : il lui annonce une bonne nouvelle : les choses vont changer ; l’avenir reste ouvert ; Dieu confirmera son alliance avec David. La ville de Jérusalem deviendra le centre du monde. Les nations viendront vers elle, non plus pour piller mais pour offrir leurs trésors. Elles reconnaitront “les exploits du Seigneur”, ce salut qu’il apporte à tous les peuples.

La seconde lecture fait suite au bouleversement de Paul sur le chemin de Damas. Il y a reçu une révélation extraordinaire : les nations païennes “sont associées au même héritage, au même Corps au partage de la même promesse dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile”. Le Salut en Jésus Christ est offert à tous. Il faut absolument l’annoncer à toutes les nations. Paul a participé à cette mission. Il a été l’apôtre des étrangers. A travers ses lettres, ses discours et ses voyages dans le monde païen, il témoignera de cet amour universel qui est en Dieu.

L’Évangile nous parle de ces mages qui se sont mis en route pour se prosterner devant le Roi des juifs. Les premiers adorateurs de ce Messie Roi sont des païens. Pour ce rendre à Bethléem, ils ont été guidés par une étoile, puis par l’Écriture. Les chefs religieux qui connaissent bien la la Bible les ont orientés vers cette ville toute proche de Jérusalem. Arrivés devant ce nouveau-né, ils lui offrent leurs présents : l’or destiné à un roi, l’encens à un Dieu, et la myrrhe à un mortel. Comme les mages, nous sommes appelés à la crèche pour y rencontrer le Seigneur et l’adorer.

Ces mages dont nous parle l’Évangile représentent toutes les nations païennes qui viennent se prosterner devant le Christ Sauveur. A travers elles, c’est le monde païen qui a accès au Salut. L’Évangile nous dit qu’ils se sont mis en route. Mais n’oublions pas : c’est Dieu lui-même qui a agi dans leur cœur. Plus tard, le Christ dira : “Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire à moi.” Cet Évangile de l’Épiphanie doit être lu à la lumière de la Pentecôte. Ce jour-là, les nations rassemblées à Jérusalem découvriront la foi annoncée dans leur langue.

Voilà cette fête de l’Épiphanie : Dieu qui se manifeste au monde sous les traits d’un nouveau-né. Le même Dieu continue à se manifester au monde d’aujourd’hui. Malgré la pauvreté et le péché de ses membres, elle continue à rendre témoignage en annonçant l’Évangile jusque dans les “périphéries”. En ce dimanche, notre solidarité et notre prière sont tout spécialement pour les communautés d’Afrique. Elles ont besoin de notre prière et de notre aide matérielle. Ce sera une manière de prendre part à l’évangélisation de ce continent.

L’Épiphanie c’est ce témoignage extraordinaire qui parvient de l’Église du silence en Syrie, en Irak, en Corée du Nord et dans de nombreux autres pays. Dans leurs prisons ou derrière les barbelés, les chrétiens continuent à prier pour leurs persécuteurs. Beaucoup meurent simplement parce qu’ils ont osé proclamer que Dieu existe. Des Épiphanies, nous pourrions en citer bien d’autres. Dans tous les cas c’est la présence de Dieu qui se manifeste sous des formes variées et diverses.

C’est de cela que nous avons à témoigner dans les ténèbres qui environnent notre terre. Nous y voyons des pauvres de plus en plus pauvres et des riches qui ont peur de perdre ce qu’ils croient être leur force, leur richesse. Qu’en cette fête, l’espérance l’emporte ! Que tous les peuples, riches et pauvres, reconnaissent que le petit enfant trouvé par les mages est leur Sauveur.

En ce jour, nous nous tournons vers loi, Seigneur : “Lumière des hommes, nous marchons vers toi. Fils de Dieu, tu nous sauveras.”

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 31 décembre 2023

L’humilité, condition de la paix

L’humilité, condition de la paix

« En vérité, en vérité, le Sauveur du monde a posé la douceur et l’humilité au fondement des vertus. Abstinence, jeûne, austérité, pauvreté intérieure ou extérieure, bonnes œuvres, miracles, tout n’est rien sans l’humilité du cœur. Mais toutes ces choses reprendront vie et recevront bénédiction, si l’humilité les soutient.

L’humilité du cœur est la force génératrice des vertus, la tige et les branches ne procèdent que de la racine. Parce que son prix est infini, parce qu’elle est le fondement sur lequel s’élève toute perfection spirituelle, le Seigneur n’a voulu confier qu’à lui-même le soin de nous dire : “Soyez humbles”.

Et la Vierge Marie, parce que l’humilité est la gardienne universelle, la Vierge Marie, comme si elle eût oublié toutes les autres vertus de son âme et de son corps, n’a admiré qu’une chose en elle-même, et n’a donné qu’une raison à l’incarnation du Fils de Dieu en elle : “Parce qu’il a regardé l’humilité de sa servante”. C’est pour cela, et non pas pour autre chose, que s’est élevé le cri des générations qui l’ont proclamée bienheureuse ».

Sainte Angèle de Foligno (+ 4.1.1309)

Extrait de son  « Livre des Visions et instructions » 

Et aussi : Encyclopédie MarialeLectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie