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12.01.2024 – MESSE À LOURDES
12.01.2024 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
Pourquoi un Rosaire sur la place publique ?

Pourquoi un Rosaire sur la place publique ?
Prier le Rosaire en public est un moyen puissant de promouvoir sa récitation ! De plus, la prière publique est bien plus puissante que la prière privée.
Notre culture affiche ouvertement le péché : avortement, mariagehomosexuel… Notre Rosaire est un acte public de réparation pour ces péchés perpétrés contre le Cœur Immaculé de Marie et le Cœur Sacré de Jésus. Le rosaire public console Dieu !
À Fatima, au Portugal, le 13 octobre 1917, pendant la prière publique du Rosaire, notre Sainte Mère nous a obtenu un miracle du soleil. Soixante-dix mille personnes, dont des athées, des communistes et des anticatholiques, étaient présentes. Le soleil a semblé tourner dans le ciel et tomber vers la Terre ; il pleuvait à verse. Le sol était saturé d’eau, mais il s’est immédiatement asséché. Les gens pensaient que la fin du monde était venue, mais le soleil est remonté dans le ciel et de nombreuses personnes se sont converties. Notre Rosaire était l’un des 22 000 rassemblements semblables organisés en même temps dans tous les États-Unis !
Le programme de prière comprenait le chant de Marie Immaculée, l’Angélus, le Saint Rosaire suivi des prières de Fatima à réciter après chaque dizaine, les Litanies de la Bienheureuse Vierge Marie, la Prière de Consécration Totale, les Louanges Divines et le Salve Regina.
Lucille Krump, 16 octobre 2023
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
12.01.2024 – SAINT DU JOUR

St Bernard de Corleone
FRÈRE O.F.M. CAP. († 1667)
Saint Bernard de Corleone
Frère o.f.m. cap.
Bernard (Bernardo) de Corleone, dans le siècle Filippo Latino, naît à Corleone, le 6 février 1605. Sa maison, au dire des gens, était une maison de saints.
C’est que le père, Leonardo, habile cordonnier et artisan du cuir, se dépensait en bonté envers les miséreux jusqu’à les amener chez lui pour les laver, les habiller de neuf et les restaurer avec une exquise charité. Les frères et les sœurs de Filippo aussi étaient gens de grande vertu. Il était donc à bonne école pour apprendre, jeune, à pratiquer la charité et à prier le Christ et la Vierge. Gérant d’une boutique de cordonnier, il savait bien traiter ses employés et il ne lui rebutait pas de solliciter les aumônes « par la ville, durant l’hiver, au profit des pauvres prisonniers ».
Il n’avait qu’un seul défaut évident, au dire de deux des témoins de son procès de béatification : « la promptitude à prendre l’épée en main à la moindre provocation » ; cette promptitude ne manquait pas d’effrayer ses parents. Spécialement après un incident au cours duquel Filippo avait blessé à la main un provocateur arrogant. C’était en 1624, alors que Filippo avait 19 ans. La scène avait eu beaucoup de témoins et avait fait grand bruit. Ce tueur à gages y avait laissé le bras mais Filippo, promu « meilleure lame de Sicile » en était resté profondément ébranlé, jusqu’à demander le pardon du blessé qui deviendra ensuite son ami.
Cela contribua certainement à mûrir sa vocation. À 27 ans, le 13 décembre 1631, au noviciat de Caltanissetta, il reçut l’habit des capucins, les frères les plus intimement liés aux classes populaires. Désormais, il s’appellerait frère Bernard.
Il a mené une vie simple, passée dans les divers couvents de la province : Bisacquino, Bivona, Castelvetrano, Burgio, Partinico, Agrigento, Chiusa, Caltabellotta, Polizzi et aussi, peut-être, Salemi et Monreale. Il n’est pourtant pas possible d’en établir la chronologie exacte. On sait qu’il a passé les 15 dernières années de sa vie à Palerme où il accueillit « sœur la mort » le 12 janvier 1667.
Son emploi a toujours été celui de cuisinier ou d’aide-cuisinier. À cela, cependant, il ajoutait le soin des malades et une foule de tâches supplémentaires qui lui donnaient la satisfaction d’être utile à tout le monde, aux confrères surchargés de travail et aux prêtres dont il lavait les habits. Avec le temps, il était devenu le buandier de presque tous ses confrères. Son impressionnante physionomie spirituelle ressort d’un mosaïque de faits et de dits assaisonnés de pénitences et de mortifications héroïques, pour ne pas dire incroyables.
Les témoignages des procès qui ont conduit à sa canonisation forment un splendide recueil de traits de sa personnalité à la fois douce et forte, comme sa patrie sicilienne. « Il nous exhortait toujours à aimer Dieu et à faire pénitence pour nos péchés ». « Il était constamment absorbé dans la prière… Pour lui, aller à l’église, c’était participer à un copieux festin dans l’oraison et l’union à Dieu ».
En ces moments, le temps s’arrêtait, il vivait en extase. Il venait volontiers à l’église durant la nuit et s’en expliquait disant « qu’il n’est pas bon de laisser le Saint Sacrement tout seul et qu’il lui tiendrait compagnie en attendant l’arrivée des autres frères ». Il trouvait le temps d’aider le sacristain puisque cela lui permettait de rester tout près du tabernacle. À l’encontre de la coutume de son époque, il recevait la communion chaque jour. À tel point que durant les dernières années de sa vie, ses supérieurs qui le voyaient accablé par ses pénitences constantes, ne lui confièrent plus d’autre emploi que le service de l’autel.
Sa solidarité avec ses confrères s’ouvrait aussi sur une dimension sociale. À Palerme, en temps de calamité naturelle, tremblements de terres ou ouragans, il se faisait médiateur devant le tabernacle et combattait comme Moïse : « Doucement, Seigneur, doucement ! Use envers nous de ta miséricorde !». Et le fléau cessait, la catastrophe s’atténuait.
Sur son lit de mort, recevant avec joie une dernière bénédiction avant d’expirer, il répétait : « Allons-y, allons-y ! » C’était le mercredi 12 janvier 1667, à 14 heures.
Fr. Antonino da Partanna, un confrère qui lui était très proche, l’a vu en esprit, tout entouré de lumière et proclamant dans une joie ineffable : « Le paradis ! Le paradis ! Le paradis ! Bénies soient les disciplines ! Bénies soient les veilles ! Bénis les pénitences, les renoncements à la volonté propre et les gestes d’obéissance ! Bénis les jeûnes ! Béni le désir de pratiquer une vie religieuse parfaite ! ».
Bernard de Corleone a été béatifié, en 1768, par le Pape Clément XIII (Carlo Rezzonico, 1758-1769) et canonisé le 10 juin 2001, à Rome, par Saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).
Saint Bernard de Corleone priez pour nous !

12.01.2024 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,1-12.

Quelques jours après la guérison d’un lépreux, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison.
Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »

Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes :
« Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?
Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé –
je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »
Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Augustin (354-430)
évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Discours sur les Psaumes, Ps. 36, no. 3, §3
« Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé »
Un homme dont les forces intérieures sont affaiblies pour tout bien, ne pouvons-nous pas le soulever comme le paralytique de l’Evangile, et lui ouvrir le toit de l’Écriture pour le descendre aux pieds du Seigneur ? Vous le voyez bien, un tel homme est un paralytique spirituel. Et je vois ce toit (de l’Écriture), et je sais que le Christ est caché sous ce toit. Je vais faire donc, autant qu’il me sera possible, ce que le Seigneur a approuvé chez ceux qui découvrirent le toit de la maison et descendirent le paralytique à ses pieds.
Celui-ci lui dit en effet : « Mon fils, prends courage ! Tes péchés te sont remis. » Et Jésus guérit cet homme de la paralysie intérieure : il lui remit ses péchés et il affermit sa foi. Mais il y avait là des gens dont les yeux ne pouvaient pas voir la guérison de la paralysie intérieure. Ils prirent pour un blasphémateur le médecin qui l’avait opérée. « Quel est donc cet homme, disent-ils, qui remet les péchés ? Il blasphème. Quel autre que Dieu peut remettre les péchés ? » Mais comme ce médecin était Dieu, il entendait ces pensées en leur cœur. Ils croyaient que Dieu avait vraiment ce pouvoir mais ils ne voyaient pas Dieu présent devant eux. Alors ce médecin agit aussi sur le corps du paralytique, pour guérir la paralysie intérieure de ceux qui tenaient ce langage. Il opéra quelque chose qu’ils puissent voir pour qu’ils croient eux aussi. Courage donc, toi aussi dont le cœur est faible, toi qui es malade jusqu’à être incapable de tout bien face à ce qui se passe dans le monde. Courage, toi qui es intérieurement paralysé ! Ensemble, découvrons le toit des Écritures pour descendre aux pieds du Seigneur.

LECTURES :
Premier livre de Samuel 8,4-7.10-22a.
En ces jours-là, tous les anciens d’Israël se réunirent et vinrent trouver Samuel à Rama.
Ils lui dirent : « Tu es devenu vieux, et tes fils ne marchent pas sur tes traces. Maintenant donc, établis, pour nous gouverner, un roi comme en ont toutes les nations. »

Samuel fut mécontent parce qu’ils avaient dit : « Donne-nous un roi pour nous gouverner », et il se mit à prier le Seigneur.
Or, le Seigneur lui répondit : « Écoute la voix du peuple en tout ce qu’ils te diront. Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent : ils ne veulent pas que je règne sur eux. »
Samuel rapporta toutes les paroles du Seigneur au peuple qui lui demandait un roi.
Et il dit : « Tels seront les droits du roi qui va régner sur vous. Vos fils, il les prendra, il les affectera à ses chars et à ses chevaux, et ils courront devant son char.
Il les utilisera comme officiers de millier et comme officiers de cinquante hommes ; il les fera labourer et moissonner à son profit, fabriquer ses armes de guerre et les pièces de ses chars.
Vos filles, il les prendra pour la préparation de ses parfums, pour sa cuisine et pour sa boulangerie.
Les meilleurs de vos champs, de vos vignes et de vos oliveraies, il les prendra pour les donner à ses serviteurs.
Sur vos cultures et vos vignes il prélèvera la dîme, pour la donner à ses dignitaires et à ses serviteurs.
Les meilleurs de vos serviteurs, de vos servantes et de vos jeunes gens, ainsi que vos ânes, il les prendra et les fera travailler pour lui.
Sur vos troupeaux, il prélèvera la dîme, et vous-mêmes deviendrez ses esclaves.
Ce jour-là, vous pousserez des cris à cause du roi que vous aurez choisi, mais, ce jour-là, le Seigneur ne vous répondra pas ! »
Le peuple refusa d’écouter Samuel et dit : « Non ! il nous faut un roi !
Nous serons, nous aussi, comme toutes les nations ; notre roi nous gouvernera, il marchera à notre tête et combattra avec nous. »
Samuel écouta toutes les paroles du peuple et les répéta aux oreilles du Seigneur.
Et le Seigneur lui dit : « Écoute-les, et qu’un roi règne sur eux ! »

Psaume 89(88),16-17.18-19.
Heureux le peuple qui connaît l’ovation !
Seigneur, il marche à la lumière de ta face ;
tout le jour, à ton nom il danse de joie,
fier de ton juste pouvoir.
Tu es sa force éclatante ;
ta grâce accroît notre vigueur.
Oui, notre roi est au Seigneur ;
notre bouclier, au Dieu saint d’Israël.

11.01.2024 – MESSE À SAINT GERMAIN L’AUXERROIS
11.01.2024 – CHAPELET À LOURDES
14.01.2024 – HOMÉLIE DU 2ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – JEAN 1,35-42

Aimer de tout son corps
Par le Fr. Laurent Mathelot
Aujourd’hui, la première lecture, du Premier livre de Samuel, le Psaume et l’Évangile nous invitent à méditer sur l’appel de Dieu. De Samuel qui dit à Dieu : « Parle, ton serviteur écoute », à la vocation de Pierre, en passant par le refrain du psaume qui chante : « Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté », après avoir célébré les mystères cachés de l’incarnation divine pendant le temps de Noël, nous entrons avec le Temps Ordinaire, dans la vie publique de Jésus, en méditant son appel à le suivre.
Une question que l’on peut se poser d’emblée est celle de l’a-propos de la Lettre de Paul aux Corinthiens parmi les lectures d’aujourd’hui, qui apparaît comme un vigoureux traité de morale charnelle, au milieu de textes évoquant le commencement de l’amitié personnelle avec Dieu. « Fuyez la débauche. (…) l’homme qui se livre à la débauche commet un péché contre son propre corps ». Comme si Paul se devait de doucher froidement, d’un flot de moralisme, la beauté simple de la rencontre primordiale avec le Christ …
A contrario, certains chrétiens se trouvent dérangés par les élans enflammés des mystiques. Notamment par s. Jean de la Croix quand il chante : « Ô vive flamme, ô sainte ardeur / Qui par cette douce blessure / Perce le centre de mon cœur » ou par la poésie de s. Thérèse de Lisieux « Jésus, mon seul Amour, au pied de ton Calvaire / Que j’aime chaque soir à te jeter des Fleurs ! », que certains ont pu dédaigneusement qualifier de « guimauve spirituelle ».
Les deux, Paul et les mystiques ont pourtant raison. Oui l’appel de Dieu est un appel à l’amour et cet amour s’entend jusqu’à sa plénitude charnelle.
Peut-être vous souvenez-vous du film « Des hommes et des Dieux », de Xavier Beauvois, sorti en 2010, qui raconte l’histoire des moines de Tibhirine, en Algérie. Au delà du récit, deux scènes m’ont particulièrement frappé – deux scènes spirituellement charnelles. La première est celle du frère Christophe, seul dans sa chambre qui supplie vers Dieu « Aide-moi ! Ne m’abandonne pas ! » et la seconde est celle du frère Luc, le médecin, soulageant le dos du frère Amédée, de gestes tendres et apaisés.
Il y a indéniablement un aspect charnel à l’amour de Dieu. Si désormais c’est par l’Esprit Saint que Dieu veut nous rejoindre, la parole de Dieu n’est pas qu’un ensemble d’idées et de mots que nous trouverions spirituellement éloquents. La parole de Dieu, c’est le Christ qui nous appelle à l’aimer – de tout notre esprit, de toute notre âme mais aussi de tout notre corps. Et c’est à mesure qu’il s’incarnera en nous que l’amour de Dieu nous emportera.
Êtes-vous épris d’amour pour Dieu ? Pourriez-vous lui dire dans un élan spontané : « Je t’aime » ?
L’amour de Dieu ne se dit pas que de mots ; notre Évangile n’est pas qu’une belle pensée pour mieux vivre. L’Esprit de Dieu qui nous parle doit s’incarner en nous sinon il reste de l’ordre de la théorie, du beau discours, voire de la simple philosophie de vie. Nous sommes appelés à bien plus qu’adhérer spirituellement à la parole de Dieu ; nous sommes appelés à aimer Dieu de tout notre être : corps et âme. Et même à l’aimer plus charnellement que tous ceux qui nous entourent.
A la question de Jésus aux deux disciples qui le suivent « Que cherchez-vous ? », ceux-ci répondent « Où demeures-tu ? » Et Jésus leur dit : « Venez, et vous verrez ». L’attitude du disciple c’est de demeurer avec le Christ, de vivre en amitié constante avec lui.
C’est ainsi que Paul peut dire « Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint ». En effet, si le Christ est Dieu et que la demeure de Dieu est un temple, alors ce temple c’est le corps avec lequel nous l’aimons. Loin de considérer notre chair sous l’angle de sa faiblesse, de sa pesanteur – comme dirait la philosophie Simone Weil – nous sommes invités à regarder notre corps comme le lieu béni de l’amour charnel pour Dieu, comme un temple où brûlent les flammes de son amour.
L’appel de Dieu est un appel à l’aimer de tout notre corps. De tout notre esprit, de toute notre âme, et donc finalement de tout notre corps. C’est la réponse charnelle à l’amour de Dieu qui est la réponse aboutie à son appel. Il ne s’agit pas seulement de se laisser séduire intellectuellement. Il s’agit de s’éprendre de l’amour de Dieu, jusqu’à l’élan charnel d’une réponse authentique.
Donne-nous, Seigneur, de tomber toute pudeur charnelle à te dire « Je t’aime ».

Source: RÉSURGENCE.BE, le 10 janvier 2024
14.01.2024 – HOMÉLIE DU 2ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – JEAN 1,35-42

“Que cherchez-vous ?”
Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu
Depuis lundi dernier, nous sommes entrés dans la période du Temps ordinaire. C’est une période moins festive mais elle reste très importante. C’est là que nous avons à grandir dans la fidélité et l’écoute de la Parole de Dieu. Mais la liturgie de ce dimanche reste dans l’atmosphère de l’Épiphanie. Nous nous rappelons que cette fête évoque la manifestation de Dieu aux mages. Aujourd’hui, il se manifeste en revêtant la forme de l’appel.
Dans la première lecture, nous avons entendu le récit de la vocation du jeune Samuel. Le mot important c’est le verbe “appeler” qui revient onze fois. Deux points importants doivent être soulignés : le triple appel et la promptitude de la réponse. Cette réponse repose sur un acte de foi : “Parle Seigneur, ton serviteur écoute.” Et le texte ajoute : “L’enfant grandit. Le Seigneur était avec lui et aucune de ses paroles ne demeura sans effet”. Comme pour le jeune Samuel, il y a de nombreux appels dans notre vie ; nous ne les entendons pas toujours ; il nous faut l’aide et le discernement d’autres personnes.
Quand on a rencontré le Seigneur et entendu son appel, plus rien ne peut être comme avant. C’est ce que rappelle l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe. Il dénonce les divisions et les abus qui existent dans la communauté : les divisions entre fidèles, les atteintes à la chasteté chrétienne, les recours aux tribunaux païens, tout cela n’est pas tolérable. Notre rencontre avec le Christ doit être le point de départ d’une vie entièrement nouvelle. Nous chrétiens, nous pouvons être soumis à toutes sortes de tentations. Mais le Seigneur est là ; il ne cesse de nous appeler. Comme Samuel, nous sommes invités à écouter sa parole et à nous laisser guider par lui.
L’Évangile nous rapporte la vocation des premiers disciples. Ces hommes avaient commencé par suivre Jean Baptiste. Sur la parole de leur maître qui désigne Jésus comme “l’Agneau de Dieu”, ils s’empressent de le suivre. Jésus s’en rend compte et il leur pose la question : “Que cherchez-vous ?” C’est une manière de les inviter à creuser leur désir. Cette quête d’absolu qu’ils n’ont pas assouvie chez Jean, ils doivent la comprendre de l’intérieur.
La même question nous est posée à tous aujourd’hui : que cherchons-nous ? C’est vrai que, bien souvent, nous ne cherchons pas du bon côté. Beaucoup s’engagent sur des chemins de perdition. Mais le Seigneur est toujours là pour nous dire : “Venez et vous verrez !” Ce que vous verrez dépasse tout ce que vous pouvez imaginer. Comme les premiers disciples, nous sommes invités à entendre cet appel de Jésus et à demeurer avec lui. En l’écoutant, nous découvrirons que ses paroles sont celles de la Vie éternelle.
L’Évangile insiste donc sur l’importance de la rencontre avec le Christ. Mais pour que cette rencontre soit rendue possible, il a fallu des intermédiaires. C’est d’abord Jean Baptiste qui désigne Jésus. Puis c’est André qui lui amène son frère. Philippe qui a été personnellement appelé par Jésus lui amènera Nathanaël. Les chemins des uns et des autres sont différents, mais tous sont appelés à une même vocation : “disciples-missionnaires” comme dit le pape François.
C’est également vrai pour nous : si nous avons rencontré le Christ et si nous avons répondu à son appel, c’est grâce à des médiateurs. Il y a eu sur notre route des prêtres, des religieux et religieuses et des laïcs qui nous ont fait partager leur expérience de foi. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous marchons à la suite du Christ. Il n’a pas besoin des hommes mais il veut nous associer tous à son œuvre. Il compte sur chacun de nous pour être les “médiateurs” et les “messagers” dont le monde a besoin.
La bonne nouvelle de l’Évangile doit être annoncée à tous, enfants, jeunes et adultes. Il ne s’agit pas de convertir ni de convaincre mais de témoigner et de favoriser la rencontre personnelle avec le Christ. Relayé par les uns et par les autres, l’appel du Seigneur se fait entendre de génération en génération. C’est par nos réponses personnelles et collectives que s’édifie le Corps du Christ, Sanctuaire de l’Esprit Saint. Comme André, nous pourrons dire : “Nous avons trouvé celui que nous cherchions”.

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 7 janvier 2024