La vie est vocation à la joie, par Mgr Francesco Follo

Mgr Francesco Follo

La vie est vocation à la joie, par Mgr Francesco Follo

Méditation des lectures du 2e dimanche du Temps Ordinaire

Avec le souhait de comprendre que notre vocation est un choix de Dieu qui nous appelle pour être collaborateurs de la joie

Rite romain – IIe dimanche du temps ordinaire – Année B – 14 janvier 2024

1S 3,3-10.19; Ps 39; 1Co 6,13-15.17-20; Jn 1,35-42.

  1. La vocation dans la vie de tous les jours

Après la célébration du Baptême de Jésus qui dimanche dernier a conclu la période de Noël, la Liturgie présente aujourd’hui un passage du premier chapitre de l’Evangile de Jean pour compléter la narration des événements qui ont marqué la manifestation de Jésus comme Messie et Fils de Dieu, qui appelle à le suivre.

Ce n’est pas un hasard, si même pour les deux autres lectures de la messe de ce dimanche, la IIe du temps ordinaire, la vocation est le thème central. Nous avons tous été appelés à suivre une “vocation” à réaliser dans notre vie de tous les jours. Nous sommes tous appelés à vivre notre vocation de fils de Dieu dans le Fils unique dans l’apparente banalité de la vie quotidienne. Nous sommes tous appelés à être avec le Christ, avant que de faire quelque chose pour le Christ. Le plus bel exemple à cet égard nous est offert par la Vierge Marie qui, avant de “faire” la mère, “fut” et “est” encore mère. Et les apôtres aussi dont nous parle l’Evangile de ce jour, avant de faire quelque chose pour le Christ, furent avec le Christ. A Jean et André qui lui demandaient : “Maître, où habites-tu?”, Jésus répondit: “Venez et vous verrez”, c’est-à-dire qu’il leur proposa d’“être” avec Lui, avant de “faire” quelque chose avec Lui.

Ce n’est pas un hasard non plus si la liturgie du temps ordinaire demande que le prêtre porte les ornements verts, pour signifier le temps vert de notre vie. Il s’agit d’un temps chargé d’espoir, qui accompagne et illumine le quotidien que nous devons “passer” à la suite du Christ. Le temps ordinaire n’est pas un temps mineur, c’est le temps dans lequel le Mystère de la vie du Christ et de notre vie en Lui s’écoule sous nos yeux de manière ordinaire et nous, nous sommes appelés à le recevoir et à le comprendre, pour parcourir la voie du salut, en Jésus Christ, notre Voie.

Chaque existence est déjà un appel : Dieu nous a sauvés de l’abîme vertigineux du néant et, en nous offrant l’être, il nous a donné aussi un projet à accomplir, un dessein à réaliser qui est même gravé “sur ses paumes” (Isaïe 49). C’est là le sens de notre vie : être avec Dieu et collaborer au grand projet qu’Il nourrit de toute éternité pour chacun de nous. 

Nous sommes souvent tentés de croire que la vocation que Dieu nous donne, est un devoir pénible, une vertu obligatoire et ennuyeuse. Non. Dieu adresse aux hommes un appel à  tisser un lien d’amour avec Lui. Il les invite dans sa demeure, les accueille de nouveau dans sa maison quand ils reviennent à son amour. Et non seulement ils peuvent rester avec Lui mais Lui reste dans leur cœur. La philosophie de l’homme dans la quête éternelle de sa maison est la nostalgie de sa patrie, de sa maison natale, comme l’a écrit le philosophe et écrivain allemand Novalis (1772 -1801) : “la philosophie est la nostalgie de retour à la maison”. Eh bien l’Evangile d’aujourd’hui montre comment on arrive à cette maison. En suivant le Christ, en Lui demandant où il habite et en demeurant avec Lui.

L’effet le plus admirable de cette démarche est que nous devenons sa demeure. Car se rapprocher de Dieu c’est devenir une cathédrale vivante. En recevant sa Présence en nous, nous comprenons la grandeur de la condition “humaine” à laquelle nous sommes appelés. La Bible abonde d’histoires de vocation : à titre d’exemple, Abraham, Moïse, David, chacun des prophètes, le petit Samuel dont il est question dans la première lecture d’aujourd’hui (1 Samuel 3,3-10), la Vierge Marie, les apôtres.

Chacun sous des formes différentes, mais nous avons tous en commun de recevoir cette invitation à donner à notre existence la valeur suprême de s’ouvrir à la relation avec Dieu, en disant comme Marie : “Amen, Fiat, que tout se passe pour moi comme tu l’as dit”. 

2) Les trois verbes de la vocation, qui n’est pas une profession

Les lectures de la messe d’aujourd’hui montrent que la vocation se caractérise par trois verbes : appeler, écouter, répondre. 

Appeler. Excepté les rares appels directs, la vocation se produit par l’intermédiaire d’autres hommes, comme on le voit dans l’épisode d’aujourd’hui : pour les deux disciples du Baptiste, c’est lui l’intermédiaire, qui leur désigne l’Agneau de Dieu ; pour Pierre, c’est son frère André; pour Samuel enfant, c’est son “tuteur” Eli.

Ecouter, comme il le fit le petit Samuel qui répondit à Dieu qui l’appelait par son nom “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute”. 

Répondre en allant habiter auprès de Celui qui nous dit, comme à Jean et André: “Venez et vous verrez”.

Revenons au passage de l’Evangile d’aujourd’hui, où il nous est  raconté que, remarquant Jean et André qui le suivaient, Jésus se retourna et demanda : “Qu’est-ce que vous cherchez ?”. Jésus ne posa pas cette question pour se renseigner, mais pour provoquer la réponse et les amener à prendre conscience de leur propre recherche. Jésus oblige l’homme à s’interroger sur les raisons de son propre chemin. 

La recherche doit être mise en question. Il y a, effectivement, recherche et recherche. Il y a celui qui cherche vraiment Dieu et qui, en réalité se cherche lui-même. 

Donc, la première condition est de vérifier continuellement l’authenticité de sa propre recherche de Dieu. La deuxième est de ne pas chercher à comprendre la vocation comme une recherche visant à ordonner le monde ni à trouver sa place dans le monde, parce que la vocation n’est pas le fruit d’un projet humain ou d’une stratégie d’organisation. Elle est  vocation à l’Amour reçu et offert. La vocation n’est pas un choix, c’est être choisi : “Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais c’est moi qui vous ai choisis” (Jn 15, 16).

3) La vocation au bonheur à travers un exode

Dans l’Evangile de Marc on lit : “Puis il fit venir la foule avec ses disciples et il leur dit : Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. (…) Jésus le regarda et se prit à l’aimer ; il lui dit : « Une seule chose te manque : va, ce que tu as vends-le, et donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens, suis-moi.” (Mc 8, 34-35; 10,21). 

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus, en d’autres termes, répète cette invitation à Jean et André pour qu’eux aussi se mettent en route à sa suite. Dans les deux cas, le Christ demande de parcourir avec Lui le nouvel exode, qui n’est pas uniquement de libération du mal et de tout autre esclavage physique ou moral, mais pour la liberté, la vérité, l’amour, la joie qui nous tiennent tant à coeur.

Un exemple de saint qui accepta totalement de faire cet exode avec le Christ, c’est celui de Saint François d’Assise (1182 –1226), qui exprima son expérience de libération et de vocation par ces paroles connues sous le nom de La Prière simple :

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.

Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.

Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde, que je mette l’union.

Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.

Là où il y a le doute, que je mette la foi.

Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, 

à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, 

car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, 

c’est en pardonnant qu’on est pardonné, 

c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

Des siècles avant, un autre saint exprima l’expérience d’être appelé de manière très profonde. Il s’agit de Saint Augustin d’Hippone (354 – 430), dont la vocation-conversion fut obtenue par la prière et les larmes de sa mère, Monique. Dans les Confessions, écrites pour raconter sa vocation et rendre gloire à Dieu pour sa miséricorde, ce grand Saint affirme que “le poids de l’amour élève vers le haut” (Pondus meum amor meus – Confessions, XIII, 9, 10). Autrement dit, l’ Evêque d’Hippone ajoutait : “En quelque lieu que j’aille, c’est l’amour qui m’y porte”.

Lui aussi avait trouvé l’amour et non seulement il ne voulait pas le perdre, mais il voulait lui rester fidèle pour toujours.

Pendant des années il avait cherché la vérité et l’amour. Quand il l’eut rencontré dans la personne du Christ, il resta fidèle à jamais.

A lui aussi, le Christ dit “que cherches-tu?”, et à sa réponse interrogative : “Maître où habites-tu?” la réponse est encore “viens et tu verras”. 

4) Le témoignage des Vierges consacrées dans le monde

La vocation de Jean et André fut suscitée par le témoignage de leur “vieux” maître, Jean le Baptiste, qui avait désigné Jésus comme “l’Agneau qui enlève les péchés du monde”, mais elle devint plus claire dans le dialogue avec le Christ : “Que cherchez-vous ?”, “ Maître, où habites-tu?, “Venez et vous verrez”.

A Jean et à André, comme à l’interminable cortège de personnes qui Le cherchent et Lui demandent : “ Où habites-tu?”, Jésus répond par un impératif (“venez”) et par une promesse (“vous verrez”). La recherche n’est jamais finie. La découverte de Dieu n’est jamais terminée. Jésus ne dit pas ce qu’ils verront ni quand. C’est en demeurant avec Lui que l’avenir se dévoilera et s’épanouira.

Suivre Jésus ne signifie pas savoir à l’avance où Il nous conduit ; cela veut dire lui faire confiance, pleinement confiance. Cet abandon total est vécu de manière particulière par le Vierges consacrées. Ces femmes nous donnent le témoignage que la vocation consiste à reconnaitre le Christ comme centre affectif de la vie humaine. A leur exemple, à la question du Christ “Qui, que cherchez-vous ?”, nous répondons : “Toi”, et dans le quotidien “oui” (fiat), elles se conforment à son dessein d’amour, en renouvelant  fidèlement le “oui” prononcé entre les mains de l’Evêque le jour de leur consécration.

Nous savons tous que l’amour de Dieu pour l’homme est fidèle et éternel : “ Je t’ai aimé d’un amour éternel ”, dit Dieu à l’homme (Jér31, 3). Les Vierges consacrées nous témoignent que même nous, nous pouvons vivre la vocation à l’amour de Dieu qui est lumière, bonheur, et épanouissement de la vie ici-bas et pour l’éternité.

Lecture Patristique

Saint Thomas d’Aquin

Ev. sec. Ioan., 1, 15, 1 s.

C’est maintenant le contenu du témoignage du Baptiste qui nous est exposé. Par ces paroles, non seulement il montre le Christ, mais il admire sa puissance. Isaïe avait dit: Il sera appelé l’Admirable. Et vraiment Il est d’une puissance admirable, cet Agneau qui, égorgé, tua le lion, ce lion dont il est dit: Votre adversaire le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Aussi ce même Agneau a-t-il mérité d’être appelé Lion vainqueur et glorieux — Il a vaincu, le Lion de la tribu de Juda.

Jean donne brièvement son témoignage:

VOICI L’AGNEAU DE DIEU, soit parce que les disciples à qui il présentait ce témoignage étaient déjà suffisamment informés sur le Christ par tout ce qu’ils avaient entendu de Jean, soit encore parce que cela fait bien comprendre toute l’intention de Jean, qui était uniquement d’amener ses disciples au Christ. Et Jean ne leur dit pas: « Allez à Lui », pour que ses disciples ne paraissent pas faire une grâce au Christ en Le suivant, mais il met en lumière la grâce du Christ comme un bienfait pour eux s’ils Le suivent. C’est pourquoi il dit VOICI L’AGNEAU DE DIEU, c’est-à-dire voici Celui en qui est la grâce, et la puissance purificatrice des péchés. On offrait en effet un agneau en sacrifice pour les péchés, comme le dit l’Ecriture

LES DEUX DISCIPLES L’ENTENDIRENT PARLER  AINSI, ET ILS SUIVIRENT JESUS.

JESUS SE RETOURNA, LES VIT QUI LE SUIVAIENT ET LEUR DIT: « QUE CHERCHEZ-VOUS? » ILS LUI REPON DIRENT: « RABBI (CE QUI SIGNIFIE MAITRE), OU HABITES-TU? » » VENEZ ET VOYEZ », LEUR DIT-IL. ILS VINRENT DONC ET VIRENT OU IL DEMEURAIT, ET ILS DEMEURERENT AUPRES DE LUI CE JOUR LA. C’ETAIT ENVIRON LA DIXIEME HEURE.

L’Evangéliste rapporte ici le fruit de ce témoignage. Il expose en premier lieu le fruit du témoignage de Jean et de ses disciples, ensuite celui de la prédication du Christ.

Le premier point comporte deux parties. Dans la première, l’Evangéliste expose le fruit du témoignage de Jean, dans la seconde celui de la prédication d’un de ses disciples. Au sujet du fruit provenant du témoignage de Jean, l’Evangéliste indique d’abord sa formation première, puis son achèvement par le Christ.

L’Evangéliste dit d’abord: LES DEUX DISCIPLES qui étaient avec Jean L’ENTENDIRENT qui disait: VOICI L’AGNEAU DE DIEU, et ILS SUIVIRENT JESUS — littéralement: ils s’en allèrent avec Lui.

A ce sujet on peut faire, selon Chrysostome 1, quatre remarques.

Voici la première: Jean parle, le Christ se tait, et c’est à la parole de Jean que ses disciples se rassemblent autour du Christ. Cela correspond à un mystère. Le Christ est en effet l’époux de l’Eglise; Jean, l’ami de l’époux et son paranymphe. Le rôle du paranymphe est de remettre l’épouse à l’époux et, avec les paroles voulues, de livrer la dot. Il revient à l’époux de se taire, comme par réserve, mais, une fois qu’il a reçu l’épouse, de disposer d’elle comme il le veut. Ainsi Jean remet au Christ les disciples qui Lui sont fiancés par la foi. Jean parle, le Christ se tait; mais après les avoir reçus, Il les instruit avec soin.

La seconde remarque est celle-ci: lorsque Jean sou lignait la dignité du Christ en disant: Il existait avant moi, et moi, je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure 2, personne ne s’est converti. Mais quand il a parlé des abaissements du Christ et du mystère de l’Incarnation, alors ses disciples ont suivi Jésus. Car les abaissements du Christ, ce qu’Il a souffert pour nous, nous émeuvent davantage. En ce sens on lit dans le Cantique des Cantiques: Ton nom est une huile répandue 3. Il s’agit de la miséricorde avec laquelle Il a procuré le salut des hommes; aussi l’Ecriture ajoute-t-elle aussitôt: Les jeunes filles t’aiment.

La troisième remarque de Chrysostome est la sui vante. La parole de la prédication est comme une semence qui tombe en diverses terres. Dans l’une elle fructifie, dans l’autre, non. Ainsi, lorsque Jean prêche, il ne convertit pas au Christ tous ses disciples mais deux seulement, ceux qui étaient bien disposés. La jalousie, au contraire, anime les autres contre le Christ; aussi soulèvent-ils à son endroit une accusation: Pourquoi, tandis que les Pharisiens et nous, nous jeûnons souvent, tes disciples ne jeûnent-ils pas? 4

Dernière remarque: ayant entendu son témoignage, les disciples de Jean ne se permirent pas de parler sur-le-champ à Jésus, mais pleins à la fois d’ardeur et de retenue, ils cherchèrent à s’entretenir avec Lui en parti culier dans un endroit retiré — Il y a en effet pour toute chose un temps et un jugement.

1. Ioannem hom., 18, PG 59, col. 115-118.

2. Jean 1, 27.

3. Cant 1, 3.

4. Mt 9, 14.

Source : ZENIT.ORG, le 12 janvier 2024

François invite catholiques et orthodoxes à dépasser les préjugés

Le Pape avec les étudiants du Comité catholique pour la collaboration culturelle avec les Églises orthodoxes et les Églises orthodoxes orientales (Vatican Media)

François invite catholiques et orthodoxes à dépasser les préjugés

«Que ces années soient prophétie de charité et des germes d’unité»: c’est le vœu adressé par le Pape François aux étudiants du Comité catholique pour la collaboration culturelle avec les Églises orthodoxes et les Églises orthodoxes orientales, à l’occasion du 60e anniversaire de leur institution. Le Saint-Père les a rencontrés ce vendredi 12 janvier au Vatican, soulignant l’importance de ces échanges dans une perspective œcuménique. 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

60 ans déjà que le Comité catholique pour la collaboration culturelle avec les Églises orthodoxes et les Églises orthodoxes orientales permet à des étudiants catholiques et orthodoxes de perfectionner leur formation. À cette occasion, et à quelques jours de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le Pape François en a accueilli ce vendredi matin les membres accompagnés notamment par le cardinal Koch, préfet du dicastère pour la Promotion de l’unité des chrétiens.

Dans son discours, le Saint-Père s’est félicité du fait que ces étudiants mettent à disposition leurs compétences acquises dans leur communauté à leur retour. En ce sens, ils accomplissent, «au nom de toute l’Église catholique, un service concret et désintéressé en faveur des Églises sœurs d’Orient, contribuant à la préparation des clercs et des laïcs qui, grâce à leurs études, pourront servir la mission de l’unique Corps du Christ».

Construire des ponts de dialogue et d’unité

Lors de ces études, catholiques et orthodoxes vivent «l’expérience de la vie communautaire dans les collèges ecclésiastiques», ce qui «aide non seulement les étudiants orthodoxes et orthodoxes orientaux, mais aussi les catholiques, à dépasser les préjugés et à abattre les barrières et à construire les ponts de dialogue et d’amitié».

Cette expérience fait penser au Pape «à la communauté des origines» dont les membres «étaient vraiment très différents». «Pourtant, il est difficile de penser à un groupe plus uni. Ils ont trouvé leur cohésion en Jésus», remarque-t-il. Le même schéma se répète avec les étudiants d’aujourd’hui. «Pour vous, la voie est celle-ci: cheminer ensemble à la suite de Jésus, animés par le même Esprit». «Si à la base il y a le partage fraternel de cette expérience, poursuit le Saint-Père, je crois que nos propres histoires passées, gâchées par les erreurs et les incompréhensions, par les péchés et les stéréotypes, peuvent être graduellement assainies si elles sont comprises à l’intérieur d’une histoire beaucoup plus grande, celle de la fidélité du Christ».

C’est pourquoi François espère que ces années d’études seront «une prophétie de charité et des germes d’unité pour le bien de tous les chrétiens dans le monde, et du monde même, qui a besoin de voir fleurir de nouvelles graines de paix et de communion».

Source : VATICANNEWS, le 12 janvier 2024

En accord avec le Pape, les Églises africaines ne béniront pas les couples homosexuels

Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et président du Sceam

En accord avec le Pape, les Églises africaines ne béniront pas les couples homosexuels

Un message diffusé par le cardinal Fridolin Ambongo, président du Sceam, fait la synthèse des positions des différentes conférences épiscopales du continent africain et répond, en accord avec le Souverain pontife, à l’inquiétude exprimée par des fidèles laïcs, des personnes consacrées et des pasteurs, après la publication de Fiducia Supplicans.

Entretien réalisé par Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

La bénédiction des couples homosexuels proposée par Fiducia supplicans ne peut être mise en œuvre en Afrique «sans s’exposer au scandale», mais chaque évêque sera libre de choisir comment agir dans son diocèse. Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et président du Sceam (Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar), a diffusé un message jeudi 11 janvier sur les bénédictions «extraliturgiques» proposées dans la déclaration du dicastère pour la Doctrine de la foi, qui -rendue publique le 18 décembre dernier- ouvre la possibilité de bénir les couples en situation «irrégulière» au regard de la morale catholique, y compris ceux formés par des personnes de même sexe, mais en dehors de toute ritualisation et imitation du mariage.

Le cardinal Ambongo souligne une spécificité culturelle de l’Afrique, profondément enracinée dans les valeurs de la loi naturelle concernant le mariage et la famille, qui complique l’acceptation des unions de personnes de même sexe, considérées, relève le message du Sceam, «comme contradictoires aux normes culturelles et intrinsèquement mauvaises».

Monsieur le cardinal, pouvez-vous nous donner les raisons de cette inapplicabilité de Fiducia Supplicans sur le continent africain?

Fiducia Supplicans est un document qui a été signé par Sa Sainteté le Pape François, et par le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi. C’est un document qui s’impose à toute l’Église en tant que document qui traite des bénédictions. Il est donc applicable dans notre Église en Afrique.

Il y a seulement un point sur lequel les Églises d’Afrique sont en difficulté et ne peuvent pas l’appliquer, c’est celui qui concerne la bénédiction des couples homosexuels, tout simplement. Mais le reste du document est bon.

Est ce qu’on peut parler d’une spécificité africaine?

Effectivement, nous vivons aujourd’hui dans un monde multiculturel. Ce qui est bon pour l’Occident ne l’est pas nécessairement pour l’Asie ou pour l’Afrique. Je crois que nous sommes dans ce cas-là.

Toutes les conférences épiscopales, puisque vous avez rassemblé les différentes réactions, et vous aviez émis le souhait très rapidement après la publication de Fiducia Supplicans de présenter des lignes d’orientations communes pour tout le continent africain, sont-elles à l’unisson?

Vous avez pu prendre connaissance des déclarations des différentes conférences épiscopales d’Afrique. Mon message d’aujourd’hui est justement et uniquement la synthèse de ce que les évêques ont dit. Ils sont tous unanimes pour réaffirmer leur communion avec le Pape François en tant que facteur de communion, d’unité dans l’Église; ils sont tous unanimes pour reconnaître que ce document a créé des frustrations et des troubles chez les fidèles et en tant que pasteurs; ils ont tous estimé qu’il est impossible d’appliquer la partie de Fiducia Supplicans qui traite de la bénédiction des couples homosexuels.

Seulement ce point? Concernant, par exemple, les couples divorcés remariés, la question ne se poserait pas?

Mais pas du tout. Quand nous partons de la théologie de la bénédiction, c’est déjà une pratique. Dans toutes les églises du monde, nous bénissons tout le monde, nous bénissons même des criminels, nous bénissons même des animaux, nous bénissons des voitures, et ce n’est pas un problème. La bénédiction à accorder aux homosexuels en tant que personne n’est pas un problème. Ce qui pose problème chez nous, c’est la bénédiction du lien entre les deux, parce que ça brouille la théologie du mariage.

Il y a quand même l’expression d’une forme d’opposition à un document doctrinal, ou tout du moins à une partie d’un document doctrinal. Parallèlement, les évêques d’Afrique réaffirment leur pleine communion avec le Pape François. Ne sommes-nous pas dans une situation délicate?

Oui, cela a créé un grand malaise, il faut le dire. Et c’est justement à cause de cela que je suis venu. Dès que le document est sorti, il y a eu une sorte de levée de boucliers partout en Afrique. Personnellement, en tant que président du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar, j’ai pris ma responsabilité. J’ai invité non pas les évêques, les prêtres ou les fidèles individuellement, mais les conférences épiscopales, à se prononcer. Ceci nous a permis de récupérer le dossier au lieu que de le laisser aller dans toutes les directions. Ce sont les conférences qui se sont prononcées, et j’ai fait la synthèse de toutes ces réactions. Mais je ne suis pas que le président du Sceam. Je suis aussi membre du conseil des cardinaux, le C9. Je suis aussi conseiller du Pape, et c’est à ce titre, en tant que conseiller que je suis venu auprès de lui. Nous avons échangé avec lui, nous avons échangé avec le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, et c’est à l’issue de tous ces échanges, en accord avec le Pape et le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, que j’ai signé mon message d’aujourd’hui.

Source : VATICANNEWS, le 11 janvier 2024

Fernandez au Dicastère pour la Doctrine de la Foi : une erreur de calcul du pape François ?

Pape François et le Cardinal Víctor Manuel Fernández. Image via

Fernandez au Dicastère pour la Doctrine de la Foi : une erreur de calcul du pape François ?

Le cardinal Víctor Manuel Fernández a connu quatre premiers mois difficiles en tant que préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi (DDF).

Entré en fonction en septembre, le choix du pape pour le département doctrinal a commencé par la mise à l’écart de la moitié des attributions du dicastère, après que le pape l’en ait dispensé pour avoir joué un rôle dans le traitement des affaires d’abus sexuels commis par des ecclésiastiques.

Depuis lors, Mgr Fernández a dû faire face à des questions répétées quant à son aptitude à assumer ce rôle à la lumière de ses écrits antérieurs, et a supervisé la mise en œuvre très controversée d’une déclaration sur la bénédiction des couples de même sexe ou des couples en situation irrégulière.

Bien que les rumeurs selon lesquelles le cardinal aurait offert sa démission au pape François soient certainement exagérées, Mgr Fernández est devenu une cible pour les critiques et les controverses, attirant une attention souvent hostile sur un ministère qui garde un profil plus bas sous le pape actuel.

Dans le même temps, bon nombre des critiques les plus virulents et des défenseurs les plus acharnés du cardinal partagent la même opinion selon laquelle Mgr Fernández fait ce que François souhaitait pour ce poste : repousser les limites et mener une action audacieuse, voire radicale, pour intégrer la vision pastorale du pape dans l’enseignement de l’Église.

Mais était-ce ce que le pape François voulait lorsqu’il a nommé Mgr Fernández à ce poste ? Pas nécessairement, selon certaines personnes travaillant au Vatican et dans l’orbite papale. En effet, selon certains, Fernández n’était pas du tout la préférence du pape pour ce poste, et sa nomination était un pari qui, selon certains, ne semble pas porter ses fruits.

Lorsque Mgr Fernández, alors archevêque, a été annoncé comme nouveau préfet du DDF l’été dernier, de nombreux commentateurs du Vatican ont salué cette sélection comme un choix audacieux et, d’une certaine manière, évident de la part du pape François. Argentin, ami et collaborateur de longue date de François, « Tucho », comme l’appellent ses amis, semblait tout désigné pour consolider la réforme curiale du pape à la DDF, après la promulgation de la constitution apostolique Praedicate evangelium en 2022.  

Et en tant que rédacteur fantôme souvent crédité de certains des textes les plus discutés du pape, y compris les passages les plus controversés d’Amoris laetitia, certains observateurs de l’Église ont affirmé avec confiance que Fernández avait toujours été dans l’esprit du pape, comme l’homme pour convertir la DDF d’une police de la pensée doctrinaire en un groupe de réflexion pastorale avant-gardiste. 

Mais ce sentiment d’inévitabilité autour de la nomination de Fernández a fait oublier des prédictions antérieures, catégoriques, selon lesquelles le rôle allait être confié à un autre. En décembre 2022, le moulin à rumeurs du Vatican s’est emballé, annonçant que le pape François était sur le point de nommer l’évêque allemand Heimer Wilmer à la tête de la DDF. Selon un schéma qui s’est répété plus d’une fois au cours du pontificat de François, les blogs du Vatican ont annoncé la nouvelle du projet, qui a suscité de furieuses critiques dans certains milieux, avant d’être défendu par de fervents partisans du pape, pour ensuite ne jamais se concrétiser. Entre-temps, la supposée nomination imminente de Mgr Wilmer a fait l’objet d’une large couverture médiatique, avec suffisamment de poids pour que des cardinaux de haut rang, dont le cardinal Luis Ladaria Ferrer S.J., alors préfet en exercice, aient personnellement fait part de leurs inquiétudes au pape, selon des sources vaticanes.

Après le non-événement de la non-nomination de Wilmer, certains observateurs du Vatican ont affirmé qu’une réaction courroucée d’une masse critique du Collège des cardinaux avait effrayé François dans sa décision ; d’autres ont soutenu que Wilmer n’avait jamais été un candidat sérieux pour le poste, mais que François avait habilement utilisé son nom pour attirer les foudres et faire paraître moins controversée sa préférence réelle pour Fernández.

En l’absence d’une confidence papale, nous ne saurons probablement jamais à quel point Wilmer a été proche d’être le choix réel du pape pour diriger la DDF. Mais l’idée que sa candidature ait été lancée pour ouvrir la voie à Fernández semble peu plausible – François n’a pas la réputation d’un pape qui se soucie beaucoup de contrarier l’opinion dite conservatrice une fois qu’il a pris sa décision. Mais certaines personnalités proches du processus de nomination ont déclaré à The Pillar que François était sincèrement ouvert à l’idée de nommer Wilmer et qu’il a été convaincu contre cette idée par le poids des réactions négatives qu’il a reçues. « Le pape ne voulait pas provoquer de conflit avec une nomination, a déclaré un haut fonctionnaire curial proche du DDF, il a une vision de la manière dont il souhaite voir le dicastère fonctionner, mais cela n’implique pas de créer des conflits.

La même source a déclaré à The Pillar que François est soucieux de voir son style et sa vision de la pastorale « reçus » dans toute l’Église, mais que cet objectif serait mieux servi par une présentation « sensible » qui ne crée pas ou n’exacerbe pas les divisions. Dans cette optique, des sources ont déclaré à The Pillar que si Mgr Fernández était un candidat évident dans la mesure où il est en phase avec la pensée et les priorités du pape, il n’était pas le premier ou l’unique choix de François pour le poste de préfet de la DDF. Et que, loin de chercher la controverse, le pape préférait en fait quelqu’un qui pourrait agir comme une force stabilisatrice au bureau doctrinal. « En fait, le pape François était convaincu que le cardinal [Joseph] Tobin [de Newark] était l’homme de la situation », a déclaré à The Pillar une source haut placée à la Secrétairerie d’État. Le fonctionnaire ayant connaissance de la préférence apparente du pape a déclaré que le cardinal Tobin était préféré en raison de ses antécédents en tant que prélat capable de s’exprimer sur des questions pastorales sensibles tout en évitant les divisions partisanes épiscopales – rappelant la dispute publique et parfois acrimonieuse de l’USCCB sur la question de la « cohérence eucharistique », dont Tobin est resté largement à l’écart. Mais, selon le haut fonctionnaire, François a finalement décidé de ne pas nommer Tobin au DDF parce qu’il préférait le garder en tant que personnalité de haut rang aux États-Unis.

Le pape a dit : « Ce devrait être Tobin, je le sais. Mais il a dit qu’il avait besoin de lui en Amérique ». La même source a indiqué que le maintien de la voix de Mgr Tobin au sein de la conférence épiscopale américaine était un élément à prendre en considération, mais que le pape souhaitait avant tout que le cardinal soit disponible pour s’installer à moyen terme dans l’archidiocèse de Washington. L’archevêque actuel de la capitale américaine, le cardinal Wilton Gregory, est âgé de 76 ans.

« Le cardinal Fernández n’était pas la préférence finale du pape, mais il l’a choisi parce que [sans Tobin] il pouvait bien travailler avec [Fernández], comme ils l’ont fait, et d’autres questions pouvaient être résolues ». La même source a indiqué que la mise à l’écart de Fernández des dossiers d’abus cléricaux de la DDF visait à prévenir les critiques concernant la gestion par le cardinal des dossiers de l’archidiocèse de La Plata. « Le Saint-Père ne veut pas de désordre [dans les affaires d’abus], et il ne veut pas créer d’accusations de désordre.

Mais si le choix de Fernández pour diriger la DDF était en quelque sorte un pari calculé, compensant les avantages de sa proximité avec la pensée du pape par ses faiblesses potentielles, il apparaît de plus en plus comme un mauvais calcul. La publication du décret Fiducia supplicans avant Noël a provoqué des divisions instantanées et globales au sein du Collège des évêques, des conférences entières et même des continents semblant rejeter catégoriquement ses prémisses théologiques et son application, tandis que d’autres ont immédiatement cherché à appliquer le document au-delà des limites qu’il s’était fixées.

Fernández a été contraint d’entreprendre une série d’interviews explicatives pour tenter de calmer la controverse, avant de publier un communiqué de presse de cinq pages cherchant à offrir le type de conseils d’interprétation détaillés du texte qu’il avait précédemment déclaré ne pas être à venir.

À Rome même, la Fiducia supplicans a également causé des problèmes. Le cardinal Arthur Roche, préfet du dicastère pour le culte divin, se serait plaint que son département n’ait pas été consulté sur le texte, sa publication ou son application, et que les exemples largement diffusés de prêtres semblant bénir des unions homosexuelles aient créé un mal de tête pour son département.

Pour ne rien arranger, la capacité de Mgr Fernández à maîtriser son premier grand projet a été entravée par la réapparition d’un livre qu’il avait écrit en 1998 alors qu’il était encore prêtre. Ce texte, « Mystical Passion », une méditation souvent graphique sur la sexualité et la spiritualité, a de nouveau obligé le cardinal à prendre ses distances par rapport à ses travaux antérieurs, déclarant publiquement qu’il n’écrirait plus jamais un tel ouvrage et qu’il n’était pas favorable à ce qu’il continue d’être diffusé.

Outre les critiques formulées à l’encontre du texte lui-même, le livre a également soulevé de nouvelles questions quant à l’aptitude de Mgr Fernández à assumer son rôle de préfet, étant donné qu’il remet en cause, dans certaines parties, le caractère coupable des actes sexuels extraconjugaux et qu’il propose, dans d’autres, une sexualisation potentiellement problématique de la spiritualité.

Cependant, alors que Mgr Fernández est confronté à d’importants vents contraires, la préoccupation la plus pressante du pape François pourrait être de savoir ce que les crises en série de son préfet de la DDF signifient pour son propre héritage. À 87 ans, le pape François est, selon toute vraisemblance, dans les dernières années de son pontificat. Si sa principale préoccupation en nommant un préfet du DDF était de consolider sa vision théologique, en s’assurant qu’elle survivrait à son propre mandat, Mgr Fernández pourrait bien être en passe de réaliser l’inverse.

Plus que tout autre pape, François a diversifié le Collège des cardinaux, préférant nommer des prélats issus de ce qu’il appelle les « périphéries mondiales ». Paradoxalement, c’est dans de nombreuses régions périphériques, en particulier en Afrique, que l’opposition à la Fiducia supplicans s’est exprimée le plus vivement, de même que les critiques à l’encontre de Fernández.

Loin de faire le lit de l’héritage de François, son préfet de la DDF, de plus en plus enclin aux scandales, pourrait finir par créer un contrecoup. Dans ce cas, la question se pose de savoir combien de temps François sera disposé à maintenir en fonction un ami et collaborateur de longue date.

Source : THE PILLAR, le 10 janvier 2024

Fiducia Supplicans : la forme ecclésiale du “wokisme” selon Thibaud Collin

Dire du bien de ce qui est mal ? Libres propos d’un philosophe sur « Fiducia supplicans »

s.m.) Je reçois et je publie. L’auteur de la note, Thibaud Collin, est professeur de philosophie à Paris et a publié des essais importants sur la crise contemporaine du mariage.

Le « wokisme » auquel il fait référence est la vague actuelle de répulsion envers tout ce qui est considéré comme issu d’injustices passées. Dans l’Église, c’est la raison naturelle démolie par une nouvelle et contradictoire religion de l’inclusion, au nom de la miséricorde.

*

Un « wokisme » ecclésial

de Thibaud Collin

Josef Ratzinger n’a cessé de rappeler que l’Eglise primitive a fait le choix d’une part de la raison en quête de sagesse contre le mythe et, d’autre part, de la nature, objet du questionnement de la raison contre la coutume dominant à une époque. Ce choix originel a scellé le devenir de l’intelligence de la foi et fondé les liens étroits qui unissent la théologie et la philosophie.

La lecture de “Fiducia supplicans” suscite des questions dans l’esprit du lecteur philosophe. Comme le dit Boileau dans “L’Art poétique” (1674) « ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ». Or les lectures attentives de la déclaration du 18 décembre et du communiqué du 4 janvier 2024 ne permettent pas de lever quelques confusions. Les propos qui suivent n’ont d’autre but que de contribuer à l’intelligence de ce texte.

La question centrale nous semble être : à qui Dieu est-il censé donner sa bénédiction quand le prêtre l’invoque sur les personnes qui lui en font la demande ?

Jusqu’au § 30 inclus, la déclaration, après avoir distingué différents types de bénédiction, envisage comme sujet récepteur de la bénédiction les individus. Puis soudainement au § 31 elle affirme que ces distinctions fondent la possibilité de « bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe. » Ce passage d’individu à couple n’est pas justifié alors qu’il est le cœur du texte, tout le monde admettant que Dieu peut bénir une personne humaine en tant que telle.

La déclaration affirme donc que le sujet récepteur d’une bénédiction, fut-elle informelle et effectuée en dix secondes, peut être « un couple irrégulier » ou « un couple de même sexe ».  Or bénir un couple, est-ce la même chose que bénir deux individus ? Ce qui amène à poser la question : qu’est-ce qui fait qu’un couple est un couple ?

Un couple est un tout qui est plus que la somme de ses parties, à savoir les deux individus. C’est une entité ayant sa consistance propre, un être relationnel distinct des deux termes en relation. Quel est le fondement de cet être si ce n’est le choix réciproque par lequel ces deux individus consentent ensemble à un même lien qui les oblige ? Bref, en droit naturel ce qui constitue un couple est le mariage.

Le mariage est une institution irréductible à une simple relation d’intersubjectivité car les deux conjoints assument un lien objectif que la nature humaine, la société et ultimement Dieu leur proposent. Les deux individus s’engagent l’un envers l’autre en tant qu’homme et femme et leur alliance est potentiellement le lieu de l’advenue à l’être d’un tiers, l’enfant. La notion de couple connote donc en elle-même la conjugalité qui, rappelons-le, a pour racine le joug, instrument distinct des deux bœufs qu’il relie. Dès lors, parler de « couple irrégulier » ou de « couple de même sexe » est lourd de sens car un tel usage reconnaît, au moins implicitement, que la relation entre ces deux individus participe analogiquement à l’ordre de la conjugalité. Telle est la logique laïque de certaines législations civiles qui considèrent le mariage comme dissoluble et sexuellement indifférencié. Telle n’est pas la logique catholique réaffirmée dans les § 4 et 11 de la déclaration.

Mais comment lire de manière logique le § 31 après les énoncés des § 4 et 11 ? Utiliser la notion de couple pour désigner la relation entre deux individus n’étant pas mariés signifierait-il que l’Eglise reconnaît désormais que la relation sexuelle est par elle-même suffisante pour que ces deux individus forment une entité à part entière, susceptible d’être le sujet récepteur d’une bénédiction de Dieu ? Et Dieu peut-il bénir une relation formant un « couple » dont l’élément constitutif est en contradiction avec son dessein de sagesse et d’amour envers les êtres humains ?

A cette question le § 31 semble répondre en disant que Dieu bénit « tout ce qui est vrai, bon et humainement valable dans leur vie et dans leurs relations ». Mais qui ne voit que bénir ce qui est bon dans une relation n’est pas bénir la relation elle-même ? Or la déclaration affirme bien que c’est le couple lui-même qui est censé être béni par Dieu. Le texte passe d’individu à couple comme sujet récepteur grâce à l’argument des éléments positifs qui sont engagés dans la relation. Dieu ne bénirait pas leurs relations sexuelles contraire à sa sage volonté mais les biens authentiques qui sont vécus et partagés ; Dieu bénirait alors leur relation en tant qu’elle est une amitié, relation dans laquelle chaque ami est affirmé par l’autre dans sa valeur même de personne et jamais réduit à ses valeurs sexuelles.

Faut-il en conclure que par cette déclaration, l’Eglise enseigne désormais que toute amitié crée un couple, alors que jusqu’à maintenant « être en couple » était une expression renvoyant à un lien exclusif contrairement aux liens d’amitié ? Cela paraît peu probable. Le sens des mots résiste donc à notre questionnement et nous conduit à formuler une hypothèse interprétative afin de saisir l’intelligence du texte.

De même que l’ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe a modifié la nature même du mariage, de même la possibilité de bénir des « couples irrégulier ou de même sexe » change la nature de la bénédiction. De quoi cette nouvelle bénédiction serait-elle alors le nom ? Notre hypothèse est qu’elle devient synonyme de reconnaissance, en entendant dans ce terme toute la charge sémantique que les « minorités discriminées et éveillées » ont investi dans ce que l’on appelle « la politique de la reconnaissance ». En offrant la possibilité d’être béni en tant que « couple », “Fiducia supplicans” veut manifester à ces personnes en souffrance qu’elles sont aimées de Dieu. En qualifiant leur relation de « couple », elle autorise les prêtres à user de leur médiation sacerdotale pour attribuer de facto une certaine légitimité à leur situation relationnelle.

Si tel n’était pas le cas, il aurait suffi de dire que le prêtre peut bénir chaque individu et il n’y aurait pas eu besoin d’inventer un nouveau type de bénédiction. Le texte affirme qu’alors la bénédiction liturgique exige que ce qui est béni soit conforme à la volonté de Dieu (§ 9), la « simple bénédiction » n’exige pas de « conditions morales » préalables. Pourtant il est manifeste que le Rituel romain propose déjà de nombreuses bénédictions n’exigeant pas les mêmes dispositions individuelles que pour la réception des sacrements. Il faut donc envisager que l’expression « conditions morales » désigne ici des situations relationnelles(et non individuelles) contraires à la volonté de Dieu. Le nouveau type de bénédiction est pensé comme un geste pastoral censé signifier « la force inconditionnelle de l’amour de Dieu » (§ 12).

Posons dès lors la question sur ce que présuppose ici le texte. Quel est le type de bénédiction qui manifeste le plus l’amour inconditionnel de Dieu : la bénédiction conditionnelle (liturgique) ou la bénédiction inconditionnelle (spontanée) ? La réponse est dans la question ! La bénédiction liturgique discrimine-t-elle ? Oui, mais ce ne sont pas les personnes qui sont discriminées mais les situations relationnelles, certaines pouvant être bénies pas Dieu car étant conformes à sa volonté et d’autres ne le pouvant pas puisqu’elles lui sont opposées. Donc le critère de distinction entre les deux types de bénédiction est que la bénédiction liturgique discrimine les « couples irréguliers » et les « couples de même sexe » alors que la nouvelle bénédiction ne les discrimine pas.

Elle est donc la manifestation d’une volonté ecclésiale d’ « inclusion » (§ 19) que le texte justifie comme manifestant la miséricorde infinie de Dieu. Ainsi Dieu serait « inclusif » quand il bénit spontanément et non liturgiquement tous les « couples », et ceux qui refuseraient de bénir certains « couples » seraient des « juges qui ne font que refuser, rejeter, exclure » (§ 13) La logique inclusive refusant de différencier promeut une indifférenciation sémantique du terme couple. La logique liturgique et dogmatique, elle, distingue ; et à ce titre, elle est présentée dans le texte comme manifestant moins la bonté de Dieu. Mais alors que Dieu veut-il ? Peut-il vouloir d’une main ce qu’il refuse de l’autre ? Dieu peut-il dire du bien de ce qui contredit son sage et bienveillant dessein ?

Comment sortir de cette contradiction ? Soit en niant que Dieu puisse vouloir bénir des « couples irréguliers et des couples de même sexe » en tant que tels. Soit en remettant en cause le fondement sur lequel l’Eglise s’est appuyée jusqu’alors pour affirmer que Dieu ne peut pas vouloir bénir de tels « couples ».

D’où la question centrale : dans quelle mesure la déclaration “Fiducia supplicans” ne déconstruit-elle pas implicitement la doctrine morale et anthropologique fondant la pratique des bénédictions ? Si c’est le cas, elle ferait sienne une autre logique, celle de l’inclusion, justifiée au nom d’une pastorale présentée comme plus adéquate à la miséricorde divine.

Cette nouvelle pastorale serait la forme ecclésiale du “wokisme”, car elle engendrerait de facto une déconstruction de ce qui s’y oppose, l’ordre humain naturel jusqu’alors assumé par la doctrine catholique et jugé aujourd’hui par l’esprit du monde comme discriminatoire.

Source: DIAKONOS, le 12 janvier 2024

La beauté de Marie nous révèle la beauté de Dieu

Shutterstock/HappySloth

La beauté de Marie nous révèle la beauté de Dieu

On parle de la bonté de Dieu, de la puissance de Dieu, mais on oublie souvent de considérer la beauté de Dieu. Cette beauté s’exprime dans la création. Les premières pages de la Bible dans le récit de la Genèse, disent : « Dieu vit que cela était bon. » En serrant de près le texte hébreu, il faudrait traduire ce passage : « Dieu vit que cela était beau. »

Dieu est beau en son œuvre parce qu’il est beau en son être. La lumière qui est la première réalité créée par Dieu au commencement du monde, va traverser toute la création et rayonner dans le Christ, « lumière du monde », comme il se définit lui-même. Au Thabor, lors de la Transfiguration, les apôtres découvrirent cette beauté de Jésus qui se manifeste dans toute sa gloire. A cet éclat révélé aux disciples, se joint cette parole : « Celui-ci est mon Fils Bien Aimé, en qui j’ai mis tout mon amour » (Mt 17).

Cette beauté du Christ est le rayonnement de l’amour qui l’habite. Elle restera pourtant tamisée, contenue, en retrait, tout au cours de sa vie. Mais elle se diffusera auprès de ceux qui vont côtoyer Jésus. Comme le disait St Jean de la Croix : « en passant parmi les hommes, Jésus revêt toute chose de sa beauté. »

Les différentes apparitions de la Vierge Marie à travers le monde et au cours de l’histoire, attestent que sa beauté jaillit de son être au contact de Jésus. « Ton Dieu sera ta splendeur », prophétisait déjà Isaïe (60, 19).

La sainteté de Marie tient à son humilité, à sa transparence, à sa pureté. Préservée de la faute originelle par pure prévenance de Dieu, Marie « est plus jeune que le péché », disait Bernanos. Marie a trouvé grâce auprès de Dieu dès sa conception. Elle est « pleine de grâce », comme nous le récitons dans le « Je vous salue Marie ». La fête de l’Immaculée Conception honore le choix de Dieu qui a fait bénéficier la Vierge, avant l’heure, des fruits de la Rédemption.

La beauté de Marie que nous contemplons et que les artistes ont manifestée dans leurs créations à travers les âges, souligne cette transparence de son corps et de son âme.

Mgr Dominique Rey

Homélie du 9 décembre 2022, Sanctuaire Notre-Dame de Grâces de Cotignac

www.france-catholique.fr

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

13.01.2024 – SAINT DU JOUR

St Hilaire

St Hilaire

ÉVÊQUE ET DOCTEUR DE L’ÉGLISE († 367)

Saint Hilaire
Évêque de Poitiers et Docteur de l’Église
(v. 310 – 367)

Hilaire naquit à Poitiers, de parents païens, probablement vers l’année 310. Après une éducation toute profane, il secoua, aidé de la grâce, le joug absurde et impur du paganisme, et reçut publiquement le baptême. Ce païen converti allait devenir l’une des plus brillantes lumières de l’Église, le marteau de l’hérésie et l’apôtre infatigable du dogme de la Sainte Trinité. Il composa notamment le De Trinitate, traité sur la divinité du Christ. La vertu d’Hilaire croissant chaque jour, on ne parlait, dans toute la province de Poitiers, que de la pureté de ses mœurs, de sa modestie, de sa charité et de son zèle.

Lorsque l’évêque de Poitiers vint à mourir, tous les fidèles le demandèrent pour pasteur. Dès lors, Hilaire entra dans la mêlée contre l’hérésie d’Arius et ne quitta pas le champ de bataille jusqu’à son dernier soupir. Ni les menaces des princes, ni la calomnie, ni l’exil, ne purent jamais ébranler son courage. Obligé de quitter son peuple, il se rend en Orient, où il devient le porte-étendard de la vérité chrétienne.

Il est enfin rendu à son troupeau, après plusieurs années d’exil ; ce retour prend le caractère d’un vrai triomphe. « La Gaule tout entière, dit saint Jérôme, embrassa un héros qui revenait victorieux du combat, la palme à la main. »

La France lui a voué un culte spécial, et une multitude d’églises s’honorent de l’avoir pour patron. Un historien a tracé le portrait suivant de saint Hilaire : « Il réunissait en sa personne toutes les excellentes qualités qui font les grands évêques. S’il a fait admirer sa prudence dans le gouvernement de l’Église, il y a fait éclater aussi un zèle et une fermeté apostoliques que rien ne pouvait abattre. »

Sa mémoire liturgique est célébrée le 13 janvier. En 1851, le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878) le proclama Docteur de l’Église.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :

>>> Saint Hilaire de Poitiers

Saint Hilaire priez pour nous !

13.01.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,13-17.

En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait.
En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre.
Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »
Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

évêque de Jérusalem et docteur de l’Église

Catéchèse baptismale n°2,10 (Les catéchèses, coll. Les pères dans la foi n° 53-54 ; trad. J. Bouvet ; Éd. Migne 1993 ; p. 46-47)

« Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs »

Le peuple entier a beau pécher, il ne décourage pas la miséricorde de Dieu. Le peuple fabriqua un veau et Dieu ne se départit pas de sa miséricorde ; les hommes renièrent Dieu, mais Dieu ne se renia pas lui-même (cf. 2Tm 2,13). « Voici tes dieux, Israël » (Ex 32,4), avaient dit les Hébreux, et même après cela le Dieu d’Israël, fidèle à lui-même, se fit leur sauveur. Or le peuple ne fut pas seul à pécher ; avec lui pécha son grand prêtre Aaron. C’est en effet Moïse qui dit : « La colère du Seigneur s’éleva aussi contre Aaron et », ajoute-t-il, « je priai pour lui, et Dieu lui pardonna » (cf. Dt 21,8). Alors Moïse, priant pour le grand prêtre pécheur, désarma le Seigneur, et Jésus, le Fils unique, lorsqu’il prie pour nous, ne désarme pas Dieu ? Celui-ci n’empêcha pas Aaron coupable d’accéder à la fonction de grand prêtre, et il t’empêchera, toi qui sors du paganisme, d’accéder au salut ? Fais désormais pénitence, toi aussi, ô homme, de la même manière, et rien n’empêchera la grâce de venir à toi. Adopte dorénavant une conduite irréprochable, car Dieu aime les hommes en vérité, et cet amour nul ne pourra fournir une explication plausible : quand bien même toutes les langues se grouperaient ensemble, elle demeureraient encore incapables de rendre un compte, même partiel, de la miséricorde de Dieu. Car nous, nous exposons une partie de ce qui est écrit sur sa miséricorde pour les hommes, mais nous ne savons pas à quel niveau s’est élevé son pardon à l’égard des anges : car à eux aussi il pardonne, puisqu’il n’y a qu’une seule créature sans péché : Jésus qui nous purifie de nos fautes. Aux anges aussi il accorde le pardon convenable.

LECTURES :

Premier livre de Samuel 9,1-4.10c.17-19.10,1.

Il y avait dans la tribu de Benjamin un homme appelé Kish, fils d’Abiel, fils de Ceror, fils de Becorath, fils d’Afiah, fils d’un Benjaminite. C’était un homme de valeur.
Il avait un fils appelé Saül, qui était jeune et beau. Aucun fils d’Israël n’était plus beau que lui, et il dépassait tout le monde de plus d’une tête.
Les ânesses appartenant à Kish, père de Saül, s’étaient égarées. Kish dit à son fils Saül : « Prends donc avec toi l’un des serviteurs, et pars à la recherche des ânesses. »
Ils traversèrent la montagne d’Éphraïm, ils traversèrent le pays de Shalisha sans les trouver ; ils traversèrent le pays de Shaalim : elles n’y étaient pas ; ils traversèrent le pays de Benjamin sans les trouver.
Alors ils allèrent à la ville où se trouvait l’homme de Dieu.
Quand Samuel aperçut Saül, le Seigneur l’avertit : « Voilà l’homme dont je t’ai parlé ; c’est lui qui exercera le pouvoir sur mon peuple. »
Saül aborda Samuel à l’entrée de la ville et lui dit : « Indique-moi, je t’en prie, où est la maison du voyant. »
Samuel répondit à Saül : « C’est moi le voyant. Monte devant moi au lieu sacré. Vous mangerez aujourd’hui avec moi. Demain matin, je te laisserai partir et je te renseignerai sur tout ce qui te préoccupe.
Alors, Samuel prit la fiole d’huile et la répandit sur la tête de Saül ; puis il l’embrassa et lui dit : « N’est-ce pas le Seigneur qui te donne l’onction comme chef sur son héritage ?

Psaume 21(20),2-3.4-5.6-7.

Seigneur, le roi se réjouit de ta force ;
quelle allégresse lui donne ta victoire !
Tu as répondu au désir de son cœur,
tu n’as pas rejeté le souhait de ses lèvres.

Tu lui destines bénédictions et bienfaits,
tu mets sur sa tête une couronne d’or.
La vie qu’il t’a demandée, tu la lui donnes,
de longs jours, des années sans fin.

Par ta victoire, grandit son éclat :
tu le revêts de splendeur et de gloire.
Tu mets en lui ta bénédiction pour toujours :
ta présence l’emplit de joie !