Le Père Maximilien Kolbe, né en Pologne dans une famille assez pauvre mais profondément croyante, était assez turbulent jusqu’au jour où sa mère s’écrie : « Mon pauvre enfant, qu’est-ce que tu deviendras ? ».
Cette question le bouleverse. Il s’ensuit un événement fondamental qu’il avouera à sa mère : « J’ai beaucoup prié la Sainte Vierge de me dire ce que je deviendrai. Alors elle m’est apparue en tenant deux couronnes, l’une blanche et l’autre rouge. Elle m’a regardé avec amour et me les a proposées. La blanche signifie que je serai toujours pur et la rouge que je serai martyr. Je les ai acceptées toutes les deux ! »
Le 17 février 1941, des policiers de la Gestapo se saisissent du Père Maximilien Kolbe et de quatre autres frères qu’ils emmènent d’abord à la prison de Pawiak à Varsovie (Pologne). Le Père y est violemment frappé en tant que religieux et prêtre. Il écrit à ses frères en religion restés à Niepokalanow (1) :
« L’Immaculée Mère très aimante, nous a toujours entourés de tendresse et veillera toujours. Laissons-nous conduire par Elle, de plus en plus parfaitement où qu’elle veuille et quel que soit son bon plaisir, afin que, remplissant nos devoirs jusqu’au bout, nous puissions, par amour, sauver toutes les âmes ». Et quelques jours plus tard, le Père Kolbe est transféré au camp d’Auschwitz.
(1) Niepokalanów, surnommé « Cité de la Mère Immaculée de Dieu », est un monastère catholique polonais fondé en 1927 par saint Maximilien Kolbe. Il est situé à Teresin, à l’ouest de Varsovie.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Sts Sept Fondateurs de l’Ordre « Servites de Marie »
Saint Alexis Falconieri et les sept fondateurs de l’Ordre
« Servites de Marie »
Alexis, en italien Alessio, Falconieri, né en 1200 à Florence (Toscane), où il est mort le 17 février 1310, est l’un des sept fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.
Il est fêté dans l’Église catholique le 17 février, date de sa mort, en même temps que ses autres compagnons, canonisés ensemble « comme un seul homme » par le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903), le 15 janvier 1888.
Alexis était le fils de Bernard Falconieri, riche négociant de Florence. Sa famille appartenait au parti des Guelfes, favorable à la papauté, et opposé aux tenants du Saint-Empire romain germanique. Il grandit dans une atmosphère pieuse, cultivant l’humilité et la charité et rejoignit, ensuite, une confraternité religieuse dédiée à la Vierge Marie, où il rencontra ses six futurs compagnons : Bonfils (Bonfilio), Bienvenu (Bonagiunta), Manet (Manetto), Amédée (Amadeo), Sosthène (Sostegno) et Hugues (Uguccione).
Tous les sept fondèrent l’Ordre des Servites de Marie.
Ses biographes ont relaté l’apparition qu’il eut de la Vierge Marie, le 15 août 1233.
Il ne voulut jamais être ordonné prêtre, ne s’estimant pas digne de cette fonction, et préféra rester frère lai, occupé aux basses besognes, allant mendier la subsistance de ses frères.
En 1252, avec l’aide financière de Chiarissimo Falconieri, il acheva la construction de l’église de Cafaggio, dans les faubourgs de Florence. Il fut le directeur spirituel de sa nièce, Julienne Falconieri, qui fut canonisée en 1737.
À la fin de sa vie, Alexis Falconieri se retira d’abord à La Camarzia, une maison à l’extérieur de la ville, et enfin à l’abbaye de Monte Senario où il mourut, âgé de 110 ans, le 17 février 1310.
Ses six compagnons étaient partis vers la maison du Père bien des années avant lui :
– Bonfilio († 1er janvier 1262)
– Bonagiunta († 31 août 1267)
– Manetto († 20 août 1268)
– Amadio († 18 avril 1266)
– Sostegno et Uguccione († 3 mai 1282)
Les sept fondateurs des Servites de Marie sont habituellement représentés ensemble, vêtus de bure noire, en contemplation devant la Vierge Marie.
Comme un même lien de vraie fraternité avait uni ces sept hommes durant leur vie, ainsi la postérité les embrassa dans une seule et même vénération.
Leurs corps sont ensevelis au Mont Sénario, près de l’église de l’Annonciation, à Florence, dans le même sépulcre, afin qu’une même châsse conserve, une fois morts, ceux que la vie fraternelle avait unis.
Saint Alexis Falconieri et les sept fondateurs de l’Ordre priez pour nous !
En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » Abandonnant tout, l’homme se leva ; et il le suivait. Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison ; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »
Pour traduire en actes ce bien de la charité, mes frères, il est vrai que tous les temps sont bons ; et pourtant, les jours que nous vivons nous y exhortent particulièrement. Ceux qui désirent accueillir la Pâque du Seigneur avec la sainteté de l’esprit et du corps doivent s’efforcer avant tout d’acquérir cette grâce qui contient la somme des vertus et « couvre une multitude de péchés » (1 P 4,8). Sur le point donc de célébrer le plus grand de tous les mystères, celui où le sang de Jésus Christ a effacé nos iniquités, préparons tout d’abord le sacrifice de la miséricorde. Ce que la bonté de Dieu nous a donné, nous le rendons ainsi à ceux qui nous ont offensés. Que les injures soient jetées dans l’oubli, que les fautes ignorent désormais la torture et que toutes les offenses soient libérées de la peur de la vengeance ! (…) Ainsi lorsque nous dirons, selon l’enseignement du Seigneur : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » (Mt 6,12), nous ne douterons pas, en formulant notre prière, d’obtenir le pardon de Dieu. Nous devons aussi montrer une bonté plus généreuse envers les pauvres et ceux qui souffrent de diverses faiblesses, pour que des voix plus nombreuses puissent rendre grâces à Dieu et que nos jeûnes contribuent au soulagement de ceux qui sont dans le besoin. Aucun dévouement des croyants n’est plus agréable au Seigneur que celui dont ses pauvres bénéficient : là où Dieu trouve le souci de la miséricorde, il reconnaît l’image de sa bonté.
LECTURES :
Livre d’Isaïe 58,9b-14.
Ainsi parle le Seigneur : Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi. Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais. Tu rebâtiras les ruines anciennes, tu restaureras les fondations séculaires. On t’appellera : « Celui qui répare les brèches », « Celui qui remet en service les chemins ». Si tu t’abstiens de voyager le jour du sabbat, de traiter tes affaires pendant mon jour saint, si tu nommes « délices » le sabbat et déclares « glorieux » le jour saint du Seigneur, si tu le glorifies, en évitant démarches, affaires et pourparlers, alors tu trouveras tes délices dans le Seigneur ; je te ferai chevaucher sur les hauteurs du pays, je te donnerai pour vivre l’héritage de Jacob ton père. Oui, la bouche du Seigneur a parlé.
Psaume 86(85),1-2.3-4.5-6.
Écoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux. Veille sur moi qui suis fidèle, ô mon Dieu, sauve ton serviteur qui s’appuie sur toi.
Prends pitié de moi, Seigneur, toi que j’appelle chaque jour. Seigneur, réjouis ton serviteur : vers toi, j’élève mon âme !
Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent, écoute ma prière, Seigneur, entends ma voix qui te supplie.
Rencontre au Vatican le 16 février 2024 avec le séminaire de l’archevêché de Naples. (VATICAN MEDIA Divisione Foto)
Le Carême, un temps de «renouveau» pour le séminaire de l’archevêché de Naples
À l’occasion du 90e anniversaire de l’inauguration du séminaire de l’archevêché de Naples, le Pape a reçu en audience ce 16 février l’archevêque Domenico Battaglia, ainsi que les évêques et autres membres de la communauté. François les a invités à être «constamment en mouvement», afin d’être à la hauteur des défis contemporains.
Vatican news
Le séminaire Alessio Ascalesi, inauguré par le cardinal du même nom en 1934, de l’archevêché de Naples célèbre cette année ses 90 ans d’histoire. C’est à cette occasion que le Pape François a reçu son archevêque, Mgr Domenico Battaglia, ses évêques, séminaristes et autres membres de la communauté en audience ce vendredi 16 février au Vatican.
Remerciant chacun pour leur «précieux service», le Souverain pontife a notamment exprimé sa gratitude aux séminaristes «pour avoir répondu l’appel du Seigneur», et pour leur «disponibilité à servir son Église». «Je dois vous encourager à cultiver chaque jour la beauté de la fidélité, avec enthousiasme et engagement, en remettant votre vie à l’œuvre incessante de l’Esprit Saint, qui vous aide à revêtir la forme du Christ» a déclaré le Saint-Père, en précisant que la formation sacerdotale ne se termine jamais mais «dure toute la vie», et «si l’on s’arrête, on ne stagne pas là où l’on était, mais on revient en arrière».
L’Église-chantier
François a ensuite convoqué l’image du «chantier», applicable selon l’évêque de Rome à plusieurs échelles. À celle de l’Église premièrement, car celle-ci «est avant tout un chantier toujours en cours», «constamment en mouvement, ouvert à la nouveauté de l’Esprit, surmontant la tentation de se préserver et de préserver ses propres intérêts», a expliqué le Pape tout en rappelant que l’œuvre principale de «l' »Église-chantier » est de marcher en compagnie du Christ ressuscité, en apportant aux hommes la beauté de son Évangile».
La formation sacerdotale est elle aussi un chantier, a poursuivi François. Tels «des ouvriers d’un chantier en construction», les séminaristes doivent dans leur pastorale faire preuve de discernement dans chaque situation, et ne pas «offrir des réponses monolithiques et toutes faites à la réalité complexe d’aujourd’hui». «Il ne faut jamais commettre l’erreur de se croire arrivé, de s’estimer prêt à relever les défis», a mis en garde le Pape.
Travailler à la maturité affective et humaine
«N’ayez donc pas peur de laisser le Seigneur agir dans votre vie; comme dans un chantier, l’Esprit viendra d’abord démolir ces aspects, ces convictions, ce style et même ces idées incohérentes sur la foi et le ministère qui vous empêchent de grandir selon l’Évangile; puis le même Esprit, après avoir nettoyé les faussetés intérieures, vous donnera un cœur nouveau, (…) vous fera devenir des créatures nouvelles et des disciples missionnaires», a-t-il précisé. «Et permettez-moi de vous recommander une chose: travaillez sur votre maturité affective et humaine. Sans cela, vous n’irez nulle part!».
Enfin, poursuit l’évêque de Rome, la structure même du séminaire est un grand chantier aujourd’hui, avec de nombreuses transformations «en accord avec les défis qui attendent le ministère sacerdotal et qui requièrent l’engagement, la passion et une saine créativité de la part de tous».
Le sacerdoce en temps de Carême
En rappelant son message pour le Carême de 2024, selon lequel il s’agit d’un «temps de petits et grands choix à contre-courant […] pour repenser les styles de vie», le Pape a invité la communauté du séminaire à parcourir «ce chemin de conversion et de renouveau». Pour ce faire, le Saint-Père a énuméré plusieurs conseils, parmi lesquels celui de se laisser «conquérir avec un émerveillement renouvelé par l’amour de Dieu, fondement de la vocation», deretrouver «avec joie le goût de la sobriété et en évitant le gaspillage», de se «donner aux autres», d’«être attentifs aux plus pauvres», de prendre «soin de la justice et de la création», ou encore de surmonter les divisions et d’apprendre «à vivre en fraternité avec humilité».
Rencontre au Vatican le 16 février 2024 avec le séminaire de l’archevêché de Naples. (VATICAN MEDIA Divisione Foto)
Le Carême, un temps de «renouveau» pour le séminaire de l’archevêché de Naples
À l’occasion du 90e anniversaire de l’inauguration du séminaire de l’archevêché de Naples, le Pape a reçu en audience ce 16 février l’archevêque Domenico Battaglia, ainsi que les évêques et autres membres de la communauté. François les a invités à être «constamment en mouvement», afin d’être à la hauteur des défis contemporains.
Vatican news
Le séminaire Alessio Ascalesi, inauguré par le cardinal du même nom en 1934, de l’archevêché de Naples célèbre cette année ses 90 ans d’histoire. C’est à cette occasion que le Pape François a reçu son archevêque, Mgr Domenico Battaglia, ses évêques, séminaristes et autres membres de la communauté en audience ce vendredi 16 février au Vatican.
Remerciant chacun pour leur «précieux service», le Souverain pontife a notamment exprimé sa gratitude aux séminaristes «pour avoir répondu l’appel du Seigneur», et pour leur «disponibilité à servir son Église». «Je dois vous encourager à cultiver chaque jour la beauté de la fidélité, avec enthousiasme et engagement, en remettant votre vie à l’œuvre incessante de l’Esprit Saint, qui vous aide à revêtir la forme du Christ» a déclaré le Saint-Père, en précisant que la formation sacerdotale ne se termine jamais mais «dure toute la vie», et «si l’on s’arrête, on ne stagne pas là où l’on était, mais on revient en arrière».
L’Église-chantier
François a ensuite convoqué l’image du «chantier», applicable selon l’évêque de Rome à plusieurs échelles. À celle de l’Église premièrement, car celle-ci «est avant tout un chantier toujours en cours», «constamment en mouvement, ouvert à la nouveauté de l’Esprit, surmontant la tentation de se préserver et de préserver ses propres intérêts», a expliqué le Pape tout en rappelant que l’œuvre principale de «l' »Église-chantier » est de marcher en compagnie du Christ ressuscité, en apportant aux hommes la beauté de son Évangile».
La formation sacerdotale est elle aussi un chantier, a poursuivi François. Tels «des ouvriers d’un chantier en construction», les séminaristes doivent dans leur pastorale faire preuve de discernement dans chaque situation, et ne pas «offrir des réponses monolithiques et toutes faites à la réalité complexe d’aujourd’hui». «Il ne faut jamais commettre l’erreur de se croire arrivé, de s’estimer prêt à relever les défis», a mis en garde le Pape.
Travailler à la maturité affective et humaine
«N’ayez donc pas peur de laisser le Seigneur agir dans votre vie; comme dans un chantier, l’Esprit viendra d’abord démolir ces aspects, ces convictions, ce style et même ces idées incohérentes sur la foi et le ministère qui vous empêchent de grandir selon l’Évangile; puis le même Esprit, après avoir nettoyé les faussetés intérieures, vous donnera un cœur nouveau, (…) vous fera devenir des créatures nouvelles et des disciples missionnaires», a-t-il précisé. «Et permettez-moi de vous recommander une chose: travaillez sur votre maturité affective et humaine. Sans cela, vous n’irez nulle part!».
Enfin, poursuit l’évêque de Rome, la structure même du séminaire est un grand chantier aujourd’hui, avec de nombreuses transformations «en accord avec les défis qui attendent le ministère sacerdotal et qui requièrent l’engagement, la passion et une saine créativité de la part de tous».
Le sacerdoce en temps de Carême
En rappelant son message pour le Carême de 2024, selon lequel il s’agit d’un «temps de petits et grands choix à contre-courant […] pour repenser les styles de vie», le Pape a invité la communauté du séminaire à parcourir «ce chemin de conversion et de renouveau». Pour ce faire, le Saint-Père a énuméré plusieurs conseils, parmi lesquels celui de se laisser «conquérir avec un émerveillement renouvelé par l’amour de Dieu, fondement de la vocation», deretrouver «avec joie le goût de la sobriété et en évitant le gaspillage», de se «donner aux autres», d’«être attentifs aux plus pauvres», de prendre «soin de la justice et de la création», ou encore de surmonter les divisions et d’apprendre «à vivre en fraternité avec humilité».
Vous connaissez sans doute l’importance symbolique des nombres dans la Bible. 40 est le chiffre qui parcourt les lectures d’aujourd’hui : 40 jours de déluge, 40 jours de Jésus au désert, 40 jours de Carême.
On trouve ailleurs d’autres mentions symboliques du nombre 40 : Moise, comme Jésus, se retire 40 jours sur la montagne pour jeûner ; le prophète Élie monte également vers l’Horeb, la montagne de Dieu, au terme d’une marche de 40 jours et 40 nuits ; bien sûr, l’Exode, les 40 ans d’errance du peuple libéré d’Égypte dans le désert avant d’entrer en Terre promise ; mais aussi les rois David et Salomon qui règnent tous deux 40 ans ; enfin, c’est 40 jours après la Résurrection que Jésus monte vers le Père.
Dans la tradition juive, quarante ans c’est le temps qu’il faut pour façonner un homme selon le cœur de Dieu, le temps de la maturation du disciple. On retrouve le Carême, qui est aussi un temps de maturation, de formation des disciples à la joie de Pâques.
Alors, quelles grandes lignes dégager de ces événements que le chiffre quarante rapproche ?
Le déluge est survenu, comme le dit le Livre de la Genèse, parce que « toutes les pensées du cœur de l’homme se portaient uniquement vers le mal à longueur de journée » (Gn 6, 5-8). Dieu, nous dit le texte, se repend d’avoir crée le vivant et fait de la Terre un désert maritime où erre seule, sans but, pendant quarante jours, l’arche de Noé. Vous connaissez la suite, une colombe lui apportera la promesse d’une terre émergée – d’une Terre promise et ainsi, d’une vie nouvelle.
On voit déjà se dessiner un thème que l’on retrouve dans l’Exode. Dieu a libéré son peuple de l’esclavage de l’Égypte et maintenant il erre dans le désert. Un peu comme si, à l’instar de Noé, une fois sauvé par Dieu, il devait y avoir une certaine errance ; comme si, une fois qu’on est libéré par Dieu, il y avait nécessairement une période de tâtonnement, de flou, où l’objectif, la finalité n’apparaissent pas clairement, un peu comme quand on sort de l’obscurité vers la lumière éclatante et qu’on écarquille les yeux.
De même, pendant les quarante jours qui séparent la mort de Jésus de son Ascension, les disciples ont une impression très floue de ses apparitions, comme si ce temps d’errance était nécessaire pour qu’ils comprennent de ce qui se joue sous leurs yeux.
Quarante est clairement le nombre qui symbolise le temps où l’humanité erre après avoir été libérée par Dieu – libérée du Déluge, libérée d’Égypte, libérée à Pâque de la mort.
Et au fond, toute liberté n’est-elle d’abord et avant tout une liberté d’errance ? L’exercice d’une liberté commence par la liberté d’errer, quitte à se tromper. C’est précisément ça être libre : pouvoir dans une certaine mesure se perdre, errer.
Et quand Pierre, dans la seconde lecture, rapproche notre baptême du déluge, ne rend-il pas compte justement de la liberté des enfants de Dieu ? Ne sommes-nous pas nous-mêmes dans un temps d’errance entre la libération, le salut reçu à notre baptême, et la place qui nous est finalement réservée auprès de Dieu ? Effectivement, nous sommes dans cet état : déjà sauvés et pourtant en train d’encore errer et de parfois nous tromper.
Alors pourquoi Jésus va-t-il au désert ? Faut-il qu’il y subisse une épreuve ? Dieu veut-il le tester ? Est-il lui aussi en train d’errer entre le bien et le mal ?
On est juste après son baptême. Dieu vient à peine de dire « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » – qui sont précisément les paroles qui, aux yeux des hommes, scellent en lui l’alliance entre la divinité et l’humanité. On pourrait dire qu’à son baptême, ceux qui l’entourent comprennent que Jésus est divin. Dans la tentation au désert, c’est l’inverse : la divinité comprend pleinement l’humain. En Jésus, Dieu se fait homme jusqu’à la tentation.
Et évidement c’est pour nous une libération. La tentation, c’est la part ultime d’humanité que la divinité accepte, justement pour nous soyons libres, totalement libres. Être tenté, ce n’est donc pas pécher, c’est au contraire envisager la plénitude de la liberté que Dieu nous donne, y compris la liberté de nous tromper. Il n’y a pas un Dieu pour nous punir de nos errances. Au contraire, il y a un Dieu qui pardonne chaque faux pas que nous reconnaissons. Précisément parce qu’il nous veut libres.
Ce qui ne veut pas dire que nous puissions faire n’importe quoi : « tout m’est permis, dira Paul, mais tout ne convient pas » (1 Co 6, 12 et 10, 23).
Le carême est précisément le travail de la tentation ; par le jeûne et l’abstinence, par certaines privations, il est un apprentissage à être tenté et à cependant maintenir un cap que l’on s’est donné.
Il est normal et tout à fait juste d’être tenté par de la nourriture quand on a faim. En organisant cependant un jeûne, nous travaillons ce sentiment de tentation, de la faim qui nous titille, d’une certaine errance entre tenir bon ou céder. Et finalement, dans cette errance, nous faisons l’exercice concret de notre fondamentale liberté.
Nous n’avons pas à avoir peur des tentations, elles sont le reflet de la liberté que Dieu nos donne. Nous n’avons pas à en avoir peur, mais nous avons à les maîtriser, les dominer pour précisément rester libres. Et c’est à ça que nous entraîne le Carême.
Nous voici entrés dans le temps du Carême. Nous avons quarante jours pour nous préparer à la grande fête de Pâques. Le carême n’est pas d’abord un temps de pénitence et de privation. Bien au contraire, c’est un temps pour choisir la meilleure part. Il s’agit de rejeter la pacotille et de choisir le seul vrai trésor. Le Carême est un temps de conversion, un temps pour revenir à Dieu et lui redonner toute sa place dans notre vie. Nos appareils, nos voitures ont besoin d’une maintenance, d’une mise à jour. Il en est de même pour notre foi. Comme toute relation d’amour et d’amitié, elle a besoin d’entretien.
Les lectures bibliques de ce dimanche nous révèlent un Dieu qui fait alliance avec l’humanité ; c’est ce message que nous avons entendu dans la 1ère lecture (Livre de la Genèse). Nous y avons retrouvé l’histoire de Noé qui a échappé au déluge. Ce récit nous parle de Dieu qui a établi son alliance avec tous les hommes et tous les êtres vivants qui sont avec eux. Cette alliance est inaltérable. C’est Dieu qui en a l’initiative ; il le fait sans condition, par pure gratuité. Il promet une fidélité indéfectible à ses alliés humains, même s’ils sont infidèles.
Comme signe de cette alliance, Dieu donne à Noé le signe de l’arc en ciel. Vivre le Carême c’est vivre sous cet arc qui nous mènera jusqu’à Pâques. Notre Dieu sera toujours là pour nous accompagner, pour nous prendre par la main et marcher avec nous. Il nous aide à discerner ce qu’il y a de positif dans nos vies, même si nous vivons des situations de trahison. Jamais il ne nous fermera les bras. Nous pouvons toujours compter sur son amour.
Dans sa lettre, l’apôtre saint Pierre revient sur le déluge. Il attire notre attention sur le petit nombre de sauvés, huit en tout. Ce chiffre lui permettra de montrer la grandeur du salut en Jésus. Le déluge est comme une figure du baptême. C’est bien plus qu’une simple purification. La famille de Noé est ressortie vivante des eux du déluge. Désormais c’est l’eau du baptême qui nous sauve. Nous sommes tirés de ce qui nous menait vers la mort et conduits vers Dieu. C’est lui qui fait alliance avec nous et qui nous invite à marcher avec lui.
L’Évangile de saint Marc nous rappelle que Jésus est venu pour le salut de tous les hommes. S’il est conduit au désert ce n’est pas pour construire une arche de sauvetage ; c’est pour se préparer aux combats qui l’attendent au cœur de ce monde. Pendant quarante jours, il a été tenté par Satan. L’Évangile nous dit qu’il vivait parmi les bêtes sauvages (Je peux vous assurer qu’on les y entend). Saint Marc ajoute que “les anges le servaient”. En quelques mots, l’Évangile nous la victoire de Jésus sur Satan. Il vit dans un monde réconcilié, en paix avec les bêtes sauvages et en communion avec Dieu.
Vivre le Carême c’est suivre Jésus à travers le désert. C’est là, dans le silence, que nous pourrons écouter la voix de Dieu. Dans le bruit et la confusion, ne n’est pas possible : on n’y entend que des voix superficielles. La voix de Dieu, nous l’entendons en nous mettant à l’écoute de sa Parole. Notre pape François insiste beaucoup sur la nécessité de lire l’Évangile chaque jour. C’est là que nous trouvons les paroles de la Vie éternelle. Quand nous les lisons, c’est Jésus qui est là, c’est lui qui nous parle. C’est avec lui que nous pourrons être victorieux de toutes les forces du mal.
Dans ce désert du Carême, nous ne sommes donc pas seuls. Jésus est là présent avec le Père et l’Esprit Saint. Comme pour Jésus, c’est le même Esprit Saint qui nous guide sur le chemin du Carême. Il nous aide à renoncer à Satan qui ne cesse de nous pousser au mal. Le Carême c’est d’abord un temps de libération. Le fil conducteur se trouve résumé en quelques mots : “Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche : Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle.” Annoncer la bonne nouvelle c’est dire que le règne de Dieu est en train de commencer. Le projet de Dieu est en train de se réaliser.
Nous vivons dans un monde imprégné par l’indifférence, l’incroyance, la “non foi”. C’est pour ce monde que le Christ est venu. À travers notre vie et notre témoignage de foi, tous doivent pouvoir reconnaître que “le règne de Dieu s’est approché.” En ce jour, nous nous tournons vers la Vierge Marie qui a été un modèle de docilité à l’Esprit Saint. Qu’elle nous aide à nous laisser conduire par lui. C’est avec Jésus et avec Marie que nous sommes en route vers la victoire de Pâques.