Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du 1e dimanche du temps de Carême, année B.
Étiquette : apostolat Fatima
La Vierge égrenait son chapelet …

La Vierge égrenait son chapelet …
Dans la vie de Bernadette, le chapelet permet de faire le lien entre les différentes époques. Juste avant les apparitions, elle avait passé six mois à Bartrès : une de ses seules joies durant ces six mois était d’avoir le temps et la liberté de dire son chapelet tout en gardant quelques moutons.
Bernadette a continué à dire son chapelet toute sa vie et ses compagnes de Nevers attestent qu’elle le récitait avec ferveur. Cela n’est-il pas remarquable, alors qu’elle avait reçu de la Vierge une prière pour elle toute seule ? Elle aurait pu considérer que cette prière, donnée directement par Marie, dévaluait la prière commune, la prière populaire, du chapelet. Non : en cela comme dans tout le reste de son comportement, Bernadette a voulu être et rester « comme tout le monde ». Si elle, la voyante de Lourdes, n’a pas dédaigné de continuer à dire son chapelet, nous serions bien orgueilleux de le mépriser.
Bernadette a toujours aimé occuper ses doigts et brodait à merveille. Or, réciter son chapelet est une activité manuelle. La Vierge elle-même égrenait son chapelet entre ses doigts, même si elle ne remuait les lèvres qu’en fin de dizaine, au Gloria Patri.
Mgr Jacques Perrier. 21 février 2014 (Zenit.org)
Et aussi : Bernadette Soubirous (1846 – 1879) dans l’Encyclopédie Mariale
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
18.02.2024 – SAINTE DU JOUR

Ste Bernadette Soubirous
VIERGE († 1879)
Sainte Bernadette Soubirous
Vierge (1844-1879)
C’est un 18 février que la Vierge Marie lui dit : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre. » : cette date a été retenue pour la commémoration en France.
Par contre, le Martyrologe Romainet d’autres pays la commémorent le 16 avril (dies natalis).
Bernadette avait quatorze ans lorsqu’elle vit pour la première fois la Vierge.
Fille aînée d’une famille de meuniers que l’arrivée des moulins à vapeur jettera dans une extrême pauvreté, Bernadette Soubirous est accueillie en janvier 1858 à l’Hospice de Lourdes dirigé par les Sœurs de la Charité de Nevers, pour y apprendre à lire et à écrire afin de préparer sa première communion.
En février 1858, alors qu’elle ramassait du bois avec deux autres petites filles, la Vierge Marie lui apparaît au creux du rocher de Massabielle, près de Lourdes.
Dix-huit apparitions auront ainsi lieu entre février et juillet 1858. Chargée de transmettre le message de la Vierge Marie, et non de le faire croire, Bernadette résistera aux accusations multiples de ses contemporains.
En juillet 1866, voulant réaliser son désir de vie religieuse, elle entre chez les Sœurs de la Charité de Nevers à Saint-Gildard, Maison-Mère de la Congrégation. Elle y mène une vie humble et cachée. Bien que de plus en plus malade, elle remplit avec amour les tâches qui lui sont confiées.
Elle meurt le 16 avril 1879 à trente-cinq ans.
Elle est béatifiée le 14 juin 1925 puis canonisée le 8 décembre 1933, par le Pape Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939). Son corps retrouvé intact, repose depuis 1925, dans une châsse en verre dans la chapelle. Chaque année, venant du monde entier, des milliers de pèlerins et de visiteurs, se rendent à Nevers pour accueillir le message de Bernadette.
Pour un approfondissement :
>>> Bernadette Soubirous / Lourdes
Ste Bernadette Soubirous priez pour nous !

18.02.2024 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,12-15.

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert
et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Saint Grégoire de Nazianze (330-390)
évêque et docteur de l’Église
Sermon XL, 10
La tentation après le baptême
Si, après le baptême, tu es attaqué par le persécuteur, le tentateur de la lumière, tu auras matière à victoire. Il t’attaquera certainement, puisqu’il s’en est pris au Verbe, mon Dieu, trompé par l’apparence humaine qui lui dérobait la lumière incréée. Ne redoute pas le combat. Oppose-lui l’eau du baptême, oppose-lui l’Esprit Saint dans lequel s’éteignent tous les traits enflammés lancés par le Malin. (…) S’il t’expose le besoin qui t’accable — il n’a pas manqué de le faire à Jésus —, s’il te rappelle que tu as faim, n’aie pas l’air d’ignorer ses propositions. Apprends-lui ce qu’il ne connaît pas ; oppose-lui la Parole de vie, ce vrai Pain envoyé du ciel et qui donne la vie au monde. S’il te tend le piège de la vanité — il en usa contre le Christ, lors qu’il le fit monter sur le pinacle du Temple et lui dit : « Jette-toi en bas » pour lui faire manifester sa divinité —, prends garde de ne pas déchoir pour avoir voulu t’élever. (…) S’il te tente par l’ambition en te montrant, dans une vision instantanée, tous les royaumes de la terre comme soumis à son pouvoir et s’il exige de toi l’adoration, méprise-le : ce n’est qu’un pauvre frère. Dis-lui, confiant dans le sceau divin : « Je suis, moi aussi, l’image de Dieu ; je n’ai pas encore été, comme toi, précipité du haut de ma gloire à cause de mon orgueil ! Je suis revêtu du Christ ; je suis devenu un autre Christ par mon baptême ; c’est à toi de m’adorer. » Il s’en ira, j’en suis sûr, vaincu et mortifié par ces paroles. Venant d’un homme illuminé par le Christ, elles seront ressenties par lui comme si elles émanaient du Christ, la lumière suprême. Voilà les bienfaits qu’apporte l’eau du baptême à ceux qui reconnaissent sa force.

LECTURES :
Livre de la Genèse 9,8-15.
Dieu dit à Noé et à ses fils :
« Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous,
et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre, tout ce qui est sorti de l’arche.
Oui, j’établis mon alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre.
Dieu dit encore : « Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais :
je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre. »
Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre, et que l’arc apparaîtra au milieu des nuages,
je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants : les eaux ne se changeront plus en déluge pour détruire tout être de chair.

Psaume 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9.
Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.
Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas.
en raison de ta bonté, Seigneur.
Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Première lettre de saint Pierre Apôtre 3,18-22.
Bien-aimés, le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit.
C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité.
Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau.
C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ,
lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel, lui à qui sont soumis les anges, ainsi que les Souverainetés et les Puissances.

17.02.2024 – MESSE À SAINT GERMAIN L’AUXERROIS
17.02.2024 – CHAPELET À LOURDES
17.02.2024 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU SACRÉ-COEUR DE MONTMARTRE
17.02.2024 – MESSE À LOURDES
Martyrs coptes en Libye: Rome et Alexandrie réaffirment l’œcuménisme du sang

Martyrs coptes en Libye: Rome et Alexandrie réaffirment l’œcuménisme du sang
À l’occasion de la première commémoration dans l’Église catholique des 21 martyrs coptes de Libye, une prière œcuménique a lieu dans la chapelle du chœur de la basilique Saint-Pierre. La célébration suit une année riche d’anniversaires pour les relations entre le siège de saint Pierre et le siège de saint Marc, 50 ans après la première rencontre d’un Pape et d’un patriarche copte orthodoxe depuis le concile de Chalcédoine en 1973, dix après celle de François et Tawadros II.
Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican
C’est une célébration rare qui a lieu en la basilique Saint-Pierre jeudi 15 février à 17h00. La première commémoration commune de la mémoire des 21 martyrs coptes en Libye, égorgés par l’organisation de l’État islamique sur une plage de Syrte, le 15 février 2015. Neuf ans après, Église catholique et Église copte orthodoxe, majoritaire chez les chrétiens d’Égypte, les honorent ensemble lors de cette cérémonie présidée par le cardinal Kurt Koch, préfet du dicastère pour la Promotion de l’unité des chrétiens. Offertes par le patriarche d’Alexandrie Tawadros II le 11 mai 2023 au Pape François, les reliques des martyrs sont exposées à la vénération des fidèles. Don précieux au regard de la vive importance des martyrs dans la foi copte.
Cette étape est marquante aussi pour l’unité des chrétiens et l’amitié entre coptes et catholiques, accrue par les liens de proximité entretenus par l’évêque de Rome et le patriarche d’Alexandrie, comme en témoigne leur réunion sur le parvis de la basilique Saint-Pierre le 11 mai dernier pour l’audience générale.
Entretien avec l’égyptologue et orientaliste belge Christian Cannuyer, directeur de Solidarité-Orient basé à Bruxelles.
Quel sens revêt cette première et rare célébration commune en la basilique Saint-Pierre de la mémoire des 21 martyrs coptes orthodoxes en Libye?
Il faut y voir un signe des temps, une initiative prophétique. Pour la première fois, l’Église catholique inscrit au martyrologe romain des saints appartenant à une Église qui n’est plus en communion historique avec Rome. Ce sont des martyrs qui sont en même temps des frères séparés. Cela correspond à l’œcuménisme du sang forgé par le Pape François. Au-delà du dialogue théologique institutionnel, parfois décevant par sa lenteur et son manque de témérité, il y a cette communion dans la souffrance et dans la persécution que partagent, notamment au Proche-Orient, face au fanatisme, les catholiques, les protestants et les orthodoxes. Ce modèle est à approfondir. Je prie le ciel pour que bientôt dans toutes les Églises séparées la sainteté des martyrs, qui, depuis les temps de la séparation ont jalonné l’histoire des Églises avec lesquelles malheureusement nous ne sommes plus en communion, soit reconnue.
Les reliques sont exposées à la vénération. Quelle est l’importance de la dévotion à ces 21 martyrs en Libye dans le monde copte depuis neuf ans maintenant?
Les coptes ont une sensibilité très vive à l’égard du phénomène du martyre. L’ère copte commence non pas avec la naissance de Notre-Seigneur, mais en l’an 284 de notre ère avec le règne de Dioclétien, qui a été l’empereur à avoir persécuté en dernier lieu les chrétiens. On l’appelle l’ère des martyrs. Les églises coptes sont truffées d’icônes représentant des martyrs anciens, souvent représentés à cheval, symbole du bien qui domine le mal. Aujourd’hui, depuis la montée en puissance de l’islamisme et les problèmes que connaît l’Égypte, il y a régulièrement des martyrs chrétiens. En Égypte, les coptes ont une attitude exemplaire vis-à-vis de ces saints persécutés en notre époque contemporaine.
Beaucoup de mes amis chrétiens d’Orient, en Palestine, en Syrie, en Irak, s’étonnent toujours de la réaction des familles coptes à la télévision, lorsque l’une d’elles vient de perdre l’un de ses membres dans un attentat. Il y a de la tristesse, de la révolte, mais aussi cette immense fierté de compter un saint martyr dans la famille, un intercesseur, un ami privilégié de Dieu, témoin par excellence de la foi.
D’ailleurs, les martyrs de février 2015 se sont vus érigés avec le financement de l’État, une grande basilique, un martyrium. C’est un lieu extraordinaire où les martyrs sont exposés, il y a des reliques et des statues; un lieu de vie où les familles viennent avec les enfants, et les enfants jouent parmi les témoins. Loin d’être un lieu de désespérance, c’est un lieu de foi, de prière, de communion et d’espérance en l’avenir de l’Église d’Égypte.
Comment regardez-vous la création, l’été dernier par le Pape, d’une commission pour les nouveaux martyrs-témoins de la foi, issus de toutes les confessions chrétiennes?
C’est une intuition prometteuse. Il faudra bien qu’un jour les Églises séparées reconnaissent la sainteté de ces témoins de la foi ayant jalonné l’histoire de ces Églises depuis leur séparation. Je suis toujours étonné, quand je vais en Éthiopie, par exemple, de voir la dévotion que beaucoup de chrétiens orthodoxes nourrissent à l’égard de la petite Thérèse de l’Enfant-Jésus. De même, beaucoup de chrétiens catholiques éprouvent une grande admiration pour la spiritualité d’un saint Séraphin de Sarov. En Égypte, la si populaire Vierge des apparitions de Zeitoun en 1968, est en fait l’image de la Vierge de la rue du Bac qui est apparue à Catherine Labouré. Ces capillarités de sainteté touchent nos Églises, malgré les séparations historiques et théologiques qui les opposent.
Comment ont évolué récemment les relations entre Rome et Alexandrie? Tawadros II et François ont-ils noué un lien particulier?
En 1973, Chenouda III et Paul VI ont signé une déclaration christologique commune, reconnaissant que nous confessons le même Seigneur Jésus-Christ, malgré les divisions de l’histoire. Tawadros II et François ont décidé de commémorer chaque année cet accord et d’en faire une journée de l’amitié et de la fraternité entre l’Église copte et l’Église de Rome. Ils sont très proches et partagent la même perspective œcuménique. Tawadros II a ainsi joué un rôle dans les liens qu’a tissé le Pape François avec le grand imam d’Al-Azhar Ahmed el-Tayeb, notamment lors de la signature de la Déclaration sur la fraternité humaine à Abou Dhabi.
Tawadros II a succédé à Chenouda III, qui fut peu ouvert à l’œcuménisme et à une certaine modernité théologique. Tawadros II a brisé ce carcan et s’engage beaucoup dans la voie œcuménique. Il a par exemple participé à la consécration du patriarche copte catholique Ibraham Isaac Sidrak. C’était une première inattendue.
L’un des points communs avec François est que Tawadros II rencontre sur ce sujet une opposition de la part d’une frange très frileuse de son Église et de son épiscopat, tout comme le Pape rencontre, lui aussi, des résistances. J’ose ajouter qu’il en va de même pour le grand imam d’Al-Azhar. Les relations du recteur de la mosquée-université Al-Azhar avec Rome sont mal vues de la part de toute une partie des oulémas, des docteurs de la foi, de l’islam égyptien.
Tous les trois sont unis par cette conviction que la fraternité humaine doit toujours primer sur l’exclusivisme théologique ou les solidarités de chapelle. Tous les trois sont convaincus que Dieu ne permet pas qu’on se tue et qu’on s’oppose en son nom. Tous les trois rencontrent sur cette question l’opposition de ceux qui maintiennent une vision très exclusiviste, voire «va-t-en guerre»de la religion.
Dans un Orient chrétien à l’horizon assombri par les guerres, quel peut être le témoignage de cette amitié entre coptes orthodoxes et catholiques?
C’est la preuve que les divisions de l’histoire et les incompréhensions théologiques qu’on ne peut pas résoudre en un tournemain, -elles sont là et nous devons les assumer-, ne sont pas un obstacle à la fraternité. Cela vaut évidemment sur le plan œcuménique, entre Églises chrétiennes qui partagent la même foi dans le même Seigneur et la même espérance eschatologique, mais cela vaut aussi entre les religions abrahamiques ancrées dans la même source, la foi du prophète et patriarche Abraham.
C’est une illustration de la possibilité qu’il y a de surmonter les haines historiques, les divisions, les incompréhensions, pour reconstruire un tissu humain, fraternel et solidaire, et pour faire en sorte que le poids de Dieu n’écrase pas trop l’homme en cet Orient qui se distingue souvent par un dynamisme spirituel dans toutes les communautés, loin du côté plus affadi de la vie spirituelle en Occident. La contrepartie, c’est que parfois Dieu est trop lourd et écrase l’homme. Ce que font donc François et Tawadros II est un exemple qui a valeur d’universalité.
Quelle est la vitalité spirituelle et pastorale actuelle de l’Église copte orthodoxe?
Depuis les années 1950, l’Église copte orthodoxe connaît un renouveau spirituel extraordinaire qui se traduit notamment par le renouveau de la vie monastique. Au début des années 1950, les monastères en Égypte étaient ce qu’ils sont un peu en Occident, pour la plupart peuplés de moines chenus, fragiles et peu nombreux.
Et il y a eu un renouveau extraordinaire sous l’égide du patriarche copte orthodoxe Cyrille VI, puis de personnalités comme Matta El Meskin. C’est un renouveau porté par un phénomène initié au début du XXᵉ siècle dans l’Égypte copte, celui des écoles du dimanche, c’est-à-dire cet effort d’éducation chrétienne que l’Église a engagé au service des laïcs à l’issue de la messe dominicale: l’étude de l’exégèse, de la liturgie, des grandes figures spirituelles. Dans ce berceau-là, sont nées toutes les grandes figures réformatrices du monachisme égyptien actuel. Quand nous visitons l’Égypte, nous ne pouvons qu’être frappé par la ferveur de la population chrétienne d’Égypte. Parfois, cette attitude spirituelle nous fait penser à la piété de nos grands-parents, la foi du charbonnier, qui ne se pose pas toujours beaucoup de hautes questions philosophico théologiques; mais le dynamisme de l’Église d’Égypte, notamment marqué par la fréquentation des offices et le respect des jeûnes, est tout à fait admirable.
Dans le contexte régional actuel,comment l’Église copte orthodoxe se positionne-t-elle en Égypte par rapport à la guerre ravageant ses confins, à savoir le sud de la bande de Gaza?
Les coptes orthodoxes sont arabes. Ils partagent toutes les espérances et tous les idéaux de l’arabité depuis le début du XXᵉ siècle. La plupart des chrétiens d’Égypte sont solidaires du peuple palestinien, et pas seulement des chrétiens de Gaza ou des chrétiens de Cisjordanie qui vivent aujourd’hui des heures difficiles. Il ne s’agit pas pour les chrétiens d’Égypte ni pour les Égyptiens de sanctionner ce qui s’est passé le 7 octobre. Comme l’a dit l’archevêque d’Alger, Mgr Jean-Paul Vesco, le drame du 7 octobre est inexcusable, mais il n’est pas sans cause. Les souffrances du peuple palestinien et des chrétiens de Palestine touchent bien entendu les chrétiens d’Égypte. Pendant longtemps, la papauté copte leur a empêché de visiter Jérusalem parce que la ville sainte était sous occupation israélienne. Tawadros II a levé l’interdiction le 7 janvier 2022.
Source : VATICANNEWS, le 15 février 2024